Archives par mot-clé : Bénin

Les concepts centraux de la religion vaudoue

La religion vaudoue est originaire du royaume du Dahomey. Elle a essaimé en particulier du fait de l’esclavagisme qui a enlevé des pratiquants de cette religion pour en faire les victimes du travail forcé en divers endroits de la planète, en Haïti en particulier. Le mot « vaudoun » en langue fon se traduit en français par « sacré » ou « saint ». Les informations qui suivent m’ont été confiées à Cotonou (Bénin), le 2 octobre 1984.

Le wensagun

C’est le messager de la mort, ou pour prévenir d’un mal. C’est surtout vrai pour les croyants, c’est un signe vu dans la vie quotidienne ou vu dans un rêve. L’adepte voit son fétiche devant lui qui lui annonce le mal qui va arriver. On peut essayer d’anéantir ce mal avant qu’il n’arrive. Quand c’est la mort, on ne peut rien faire. On invite ses fils et ses petits-fils et on leur transmet sa science, les choses qu’on ne peut transmettre que juste avant sa disparition.
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La conquête du Dahomey (1894) : Ce qui s’est vraiment passé

Vous croyez savoir comment la France a conquis le Dahomey en 1894 ? La version que vous connaissez est trompeuse. Voici l’authentique déroulement des faits : vous trouverez ici les propos d’une personne qui a tenu en 1984 à ce que je sache ce qui s’était véritablement passé.

Gbéhanzin se réfugie à quelques lieues d’Agbomé. Il a un gri-gri (gbo) que seul le Gucili a aussi, un gri-gri qui permet de se cacher (de se rendre invisible). Gbéhanzin n’avertit pas son frère et quand les Français approchent il va se cacher avec cette « science ».

À l’origine, Gbéhanzin s’appelait Kondo. Le naja mord rarement car il a du mal à ouvrir la bouche, mais quand sa queue est enroulée autour de quelque chose, on ne peut la dénouer. « Quand le naja fait ce nœud on ne peut (aucune chose) ne peut dénouer ».
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L’Afrique et moi IV. La vérité : vraiment pas bonne à dire

Rappel : L’Afrique et moi I. Fonctionnaire des Nations-Unies ; II. Un poste de tout repos ; III. Des pêcheurs ne sachant pas pêcher.

La nouvelle que les pêcheurs béninois étaient migrants fit très mauvaise impression : toute la représentation de notre projet FAO s’écroulait. Que faire de nos filets danois et de nos moteurs japonais censés résoudre les problèmes de la pêche locale ? J’aggravai mon cas en cherchant à apporter une solution au cas des pêcheurs malades que l’on voyait effectivement assis à longueur de journée sur la plage, alimentant aux yeux d’un passant peu curieux (comme l’est un expert en aide au développement), l’image d’une paresse atavique. J’allai les voir eux. 

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L’Afrique et moi III. Des pêcheurs ne sachant pas pêcher

Rappel : L’Afrique et moi I. Fonctionnaire des Nations-Unies ; II. Un poste de tout repos

Le projet de la FAO au Bénin avait pour but de développer la pêche dans le pays. Il avait été constaté qu’au contraire des pays voisins, la pêche côtière y languissait. Le Bénin vivait à cette époque sous un régime marxiste-léniniste et l’on avait considéré en haut-lieu aux Nations-Unies que le temps était venu d’intervenir également dans des pays dont le gouvernement était de ce type-là.

Notre projet était patronné par le Danemark et par le Japon. Son objectif était de découvrir les raisons de la faiblesse de la pêche et d’y porter remède. Comme souvent dans les projets d’aide au développement, la conclusion à laquelle on aboutirait était préétablie : on pouvait la lire dans le fait que le Danemark avait offert des filets et le Japon, des moteurs hors-bord Yamaha.

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