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Chine : « Traverser le gué en tâtant une pierre à la fois »

Teng Hsiao-Ping avait dit à propos de l’exploration chinoise du capitalisme qu’il initiait : « Traverser le gué en tâtant une pierre à la fois ». C’est-à-dire, que l’on garderait un pied dans le communisme et que l’on essaierait de voir prudemment si tel ou tel aspect du capitalisme marche ou ne marche pas, en se réservant toujours la possibilité de revenir un pas en arrière si telle ou telle pierre du gué se révèle trop branlante. À la chinoise : sans confiance aucune accordée à une théorisation quelconque : par essais et erreurs uniquement !

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LES VIEUX SINGES DE TIRANA À QUI ON N’APPREND PAS À FAIRE DES GRIMACES

Je regarde les images des émeutes de la faim à Sarajevo et cela me rappelle mon passage le 8 juin 2011 au Ce soir (ou jamais !) de la télévision albanaise – sauf que nous n’étions que trois invités.

Dans la matinée j’avais parlé à l’Université européenne de Tirana et je vous en avais fait le petit compte rendu suivant :

Je me suis adressé aux étudiants et aux professeurs du département d’économie. Au moment des questions, une professeure a fait une brillante comparaison et distinction entre ce que j’avais dit et ce que l’on trouve chez Marx et Lénine. J’étais très admiratif. On m’a expliqué ensuite que, dans sa bouche, le simple fait qu’un rapprochement soit possible disqualifiait entièrement ce que j’avais pu dire !

À la télé, j’avais tenu à tempérer l’enthousiasme de mon contradicteur en chef, un thuriféraire inconditionnel du capitalisme : plus il était sauvage plus il l’aimait, sans que je manifeste aucune sympathie non plus pour le communisme, ni à l’ancienne sauce albanaise ni à aucune autre.

L’émission passait en fin de soirée en léger différé et au moment où je suis rentré à l’hôtel, le patron était assis à regarder l’émission dans le bar qui complétait l’hôtel. Je me suis assis, je lui ai demandé une bière. Une fois rassis, il s’est mis à regarder en alternance l’écran et moi assis là, jusqu’à ce que son opinion soit faite : sur la chaise de son bar et sur l’écran, c’était bien le même.

À un moment, il s’est levé, il est venu se poster derrière moi et avec une très grande tendresse, il m’a tapé silencieusement sur l’épaule à plusieurs reprises avant d’aller se rasseoir pour regarder la fin de l’émission.

Lui non plus n’était pas un vieux singe à qui l’on apprend à faire des grimaces.

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QUI EST KEYNES ? (III) EST-IL UN ANTICOMMUNISTE (PRIMAIRE) ?

Un peu plus de sept ans s’étaient écoulés depuis la Révolution d’octobre quand Keynes fut invité en Union soviétique au mois de septembre 1925 en tant que représentant officiel de l’université de Cambridge. Le tapis rouge fut déroulé devant lui durant les deux semaines de son séjour. Le mois précédent, il avait épousé celle qui était sa compagne depuis plusieurs années : la ballerine russe Lydia Lopokova, qui l’accompagna durant ce voyage. Il fut également reçu dans la famille de celle-ci et l’occasion lui fut ainsi donnée de voir la société soviétique sous différents éclairages : celui des dirigeants qui étaient ses hôtes mais aussi celui des gens ordinaires : le père de Lydia était ouvreur de cinéma.

Académie des sciences, Moscou 1925

John Maynard Keynes (tourné vers nous au premier rang) à l’Académie des sciences à Petrograd en 1925. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Keynes fit part de ses impressions de l’Union soviétique dans trois articles dont la teneur fut rassemblée plus tard dans « A Short View of Russia », un cahier qui fut publié par les Hogarth Press de Leonard et Virginia Woolf, fait qui n’est pas purement anecdotique si l’on pense qu’à cette époque Bloomsbury se convertissait en masse au marxisme et à l’admiration de la Russie sous son nouveau régime.

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