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Montrer parfois à notre mère que nous sommes ses dignes enfants

Ouvert aux commentaires.

Je ne sais pas si ça vous parle de voir cela : ce sont deux gars qui sont restés chez eux dans la fournaise du Carr Fire en Californie, à sauver leur maison.

Je ne suis pas fana de risquer de se sacrifier pour des objets, mais moi ça me parle : je retrouve des regards que j’ai connus lors de mes jours à la pêche, quand la mer autour de nous était mauvaise.

La Nature n’est pas notre ennemie, mais il y a des jours où c’est une sale vache, et où il faut lui montrer que nous sommes ses dignes enfants.

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – COURAGE, par Bertrand Rouziès-Léonardi

Billet invité.

COURAGE

COURAGE : rage de coeur persistante, force d’âme qui n’a cure des lauriers qu’on lui décerne pour ses hauts faits, qui les repousse même avec dédain de peur qu’on croie que le mérite se marchande. Avoir du courage, c’est avoir du coeur, par un détour métonymique immortalisé en littérature par le classique « Rodrigue, as-tu du coeur ? » du Cid de Corneille. L’expression « avoir du coeur à l’ouvrage » en a conservé le souvenir dans la langue courante. Pourquoi donc parler de force d’âme à propos d’un élancement de poitrine ? L’habitude en est prise depuis fort longtemps. Quelques-uns des hommes qui ont foulé la terre avant l’homo oeconomicus localisaient l’âme (la conscience, la veille active), confondue avec le souffle (souffle vital), dans la région du coeur et des poumons, ce qui n’a rien d’incongru, tout bien considéré, car le courage fait courir. Ce n’est déjà plus tout à fait un lâche que le lâche qui court. La liaison de l’âme et du coeur était familière aux anciens Juifs (Daniel, II, 30 ; VII, 28,sq.). Elle l’était aussi aux anciens Grecs, qui voyaient l’âme (psukhê) comme une vapeur, une fumée logée dans la poitrine. Les héros homériques, d’un courage à toute épreuve, ont le souffle (thumos) aussi puissant et communicatif que l’amitié généreuse. C’est un peu de leur âme qu’ils répandent autour d’eux en parlant. Ainsi de Nestor dont la voix, telle une rafale, réveille Ulysse en pénétrant par ses oreilles et en s’insinuant jusqu’à ses phrenes, ses poumons (Iliade, X, 139). Aristote, à la suite de beaucoup d’autres, pensait que « l’oreille ne comporte pas de passage (poros) vers le cerveau, mais en comporte un vers le palais »[1]. Du palais au pharynx et du pharynx aux poumons, le circuit des sons, souffle vibrant, était tout tracé. Les anciens Anglo-Saxons avaient la même conception. Dans Beowulf (2819 sq.), l’âme (sawol) « quitte le hreder du héros ». Hreder signifie tout ensemble « coeur, poitrine, esprit, poumon ». Dans certaines provinces de l’Angleterre moderne, dans le Durham, le Somerset ou le Shropshire, par exemple, on continue de désigner par le terme de soul, « âme », les poumons d’un oiseau. Le juron « Sur mon foie et sur mon âme » doit être entendu dans ce sens [2]. 

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