Archives par mot-clé : Crédit Suisse

LA DEUTSCHE BANK AUX PIEDS D’ARGILE, par François Leclerc

Billet invité.

Que se passe-t-il dans les profondeurs inexplorées des bilans des mégabanques européennes ? On se doutait bien qu’elles recélaient des mystères, sans pouvoir être plus explicite, et voilà que l’agence Bloomberg commence à les dissiper en faisant état de la digestion difficile des produits dérivés dont ces établissements-phare se sont gavés du temps de leur magnificence.

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Espirito Santo : UN ADMINISTRATEUR BIEN MAL INFORMÉ ? par François Leclerc

Billet invité.

Contrairement à ce qui était avancé par le journal portugais « i » et répercuté par nos soins, c’était bien avec sa casquette de représentant de l’actionnaire Crédit Agricole que Xavier Musca a opéré entre le 21 et le 26 mai les quatre ventes de titres successives de la BES, dont il est administrateur, avant qu’il ne soit décidé de ne pas suivre son augmentation de capital de juin dernier. Plus de six longues semaines auront toutefois été nécessaires pour venir à bout d’une « panne technique de transmission », selon les termes du démenti qui nous été opposé, au terme desquelles la BES (et non le Crédit Agricole comme affirmé par le démenti) aura pu remplir avec un grand retard ses obligations d’information du marché via la CMVM portugaise, l’autorité des marchés. Pour mémoire, le dimanche 3 août avant l’ouverture de ceux-ci, la Banque du Portugal informait de la restructuration de la BES (et de son effondrement), après avoir auparavant assuré de sa solidité. La providentielle panne technique a pu éviter de perturber l’augmentation de capital de la BES de juin, car les transactions auraient dû être rendues publiques lorsqu’elle est intervenue, conduisant des investisseurs à y participer pour perdre leur mise depuis. C’est en tout cas ce que la séquence des évènements pourrait suggérer.

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Chronique bancaire : ACCOMMODEMENTS AVEC LE CIEL, par François Leclerc

Billet invité.

L’actualité ne désemplit pas des nouvelles de malversations bancaires. Hier, le Crédit Suisse reconnaissait sa culpabilité auprès des autorités américaines et était condamné à verser 2,6 milliards de dollars d’amende, une grande première dont l’exemple pourrait être prochainement suivi par BNP Paribas, qui pourrait être en sus condamné à une colossale amende de l’ordre de 5 milliards de dollars… Ce matin, on apprenait que le Crédit Agricole, HSBC et JP Morgan étaient traînées par les autorités européennes sur le même banc d’infamie que Barclays, Deutsche Bank, Royal Bank of Scotland et la Société Générale à propos de leurs manipulations présumées du Libor (ces quatre dernières banques ayant été déjà condamnées à des amendes).

On était par la suite informé de découvertes qualifiées de « préoccupantes » par le Bafin, l’autorité allemand des marchés financiers, à propos de manipulations intervenant cette fois-ci sur le marché des changes. Afin d’en avoir une vision complète, l’enquête se poursuivra au-delà de la fin de cette année, était-il précisé, laissant entendre qu’il y avait de quoi faire. En attendant, après la Deutsche Bank, c’était aujourd’hui au tour de la seconde banque allemande, Commerzbank, de suspendre des traders selon un rituel bien installé. Pour mémoire, la Banque d’Angleterre a procédé de même début mars. Il n’est pas conseillé d’être lampiste, ces temps-ci. Devant un tel spectacle, il est réconfortant quand des règles sont respectées dans ce monde sans foi ni loi de la finance. Et que des dirigeants montrent l’exemple en prenant des mesures afin de faire respecter par les banques de leur pays les ratios de fonds propres de la réglementation Bâle III.

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CES TAPIS QU’IL N’EST PAS TROP TARD DE SOULEVER, par François Leclerc

Billet invité.

Les banques BNP Paribas et Crédit Suisse vont-elles faire les frais d’un durcissement des autorités américaines et d’une grande première ? La procédure de règlement à l’amiable permettant de mettre fin aux poursuites judiciaires en payant une forte amende sans avoir à reconnaître sa culpabilité va-t-elle cesser d’être systématiquement employée aux États-Unis ?

Après avoir été considérées comme trop grosses pour faire faillite (« too big to fail »), et à ce titre renflouées sans trop y regarder, les grandes banques bénéficiaient d’une autre protection de facto : elles étaient trop grosses pour aller en prison (« Too big to jail »). Il semblait inconcevable que les poursuites engagées puissent, sans aller jusque-là, aboutir à des condamnations en bonne et due forme, en raison du rôle prédominant joué par les banques et des conséquences économiques qui en résulteraient. Par voie de conséquence, les amendes des régulateurs pleuvaient, mais une mansuétude relative s’était installée.

Eric Holder, le ministre de la justice, a bouleversé lundi ce paysage en affirmant qu’aucune « entité n’est trop grande pour faire l’objet de poursuites ». S’il s’est refusé à identifier les banques qui pourraient faire les frais de ce changement de politique, la presse américaine a désigné le Crédit Suisse et BNP Paribas comme étant dans le collimateur. La première pour avoir permis à des milliers de citoyens américains fortunés d’échapper au fisc (pour un montant reconnu par la banque d’environ 7 milliards de dollars), la seconde pour avoir réalisé des transactions en dollars entre 2002 et 2009 avec des pays soumis à des sanctions économiques (Iran, Soudan, Libye, Cuba…).

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L’actualité de la crise : TRANCHE DE MAUVAISE VIE, par François Leclerc

Billet invité.

La vie des banques est passionnante, la suivre ne l’est pas moins.

Aux Etats-Unis, on apprenait ainsi que deux cadres supérieurs de Goldman Sachs étaient en train de réunir des fonds afin de constituer un nouvel hedge fund, présenté comme indépendant de la banque et qui sera basé à Londres. Plus précisément, ce sont les responsables de Goldman Sachs Principal Strategy desk (GSPS), la plus lucrative des divisions internes, qui ont trouvé – pour commencer – 300 millions de dollars auprès d’un important hedge fund suédois, Brummers & Partners. Celui-ci va également prendre une participation dans la nouvelle structure, dont le nom n’a pas encore été rendu public.

Cette opération succède à d’autres de même nature, effectuées au fils des ans par d’autres cadres de GSPS, mettant cette fois-ci un point final à l’activité spéculative sur fonds propres de Goldman Sachs, désormais interdite par la loi Dodd-Frank. Sans que l’on puisse clairement établir de liens financiers entre ces hedge funds et l’ancien employeur de leurs managers, tout en enregistrant la confirmation que, comme annoncé, l’interdiction des activités sur fonds propres (proprietary trading) allait inévitablement renforcer ce qui est appelé aux Etats-Unis le shadow banking, la banque de l’ombre.

Morgan Stanley, pour ne pas être en reste, vient d’annoncer qu’elle a signé un accord avec les salariés de sa division en charge de la même activité, pour la leur vendre.

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