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Pour le retour de « l’interventionnisme » dans le discours, sinon la pratique politique, par Michel Leis

Billet invité.

Une suite au billet Prendre le taureau par les cornes

Depuis plus de trente ans, les partis de pouvoir se sont convertis à un discours gestionnaire qui se veut à l’image des pratiques de l’entreprise, supposées être plus efficaces dans l’allocation des ressources et en termes de résultat. L’un des principaux effets a été l’unification du langage entre le monde politique et le monde économique, ce qui a favorisé l’interpénétration des idées. Les politiques se sont choisi la prospérité économique comme principal indicateur de l’efficacité de leur action, pourtant, les programmes menés dans ce cadre sont marqués par les contraintes :

  • Une partie des leviers d’action a été déléguée aux acteurs du privé ou à des institutions dont les politiques n’ont plus de contrôle. Le pouvoir politique est devenu dépendant de la bonne volonté des acteurs économiques. Chaque nouvelle règle doit être âprement négociée, l’action politique sort du champ démocratique et reflète de plus en plus l’expression d’intérêts particuliers.
  • Les groupes de pression en mesure de contrebalancer ce déséquilibre se sont progressivement affaiblis et n’ont pas les mêmes capacités de négociation que les grands acteurs économiques.
  • L’unification du langage facilite l’établissement d’un consensus entre le pouvoir politique et le monde économique au détriment des besoins d’une majorité de citoyens.

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PRENDRE LE TAUREAU PAR LES CORNES, par Michel Leis

Billet invité.

Il y a quelque temps, je reprenais dans un billet, trois cartes montrant l’alternance politique en Europe. Les alternances se multiplient et traduisent cette insatisfaction généralisée vis-à-vis des politiques. Au sortir des trente glorieuses, les politiques ont choisi d’adopter un discours gestionnaire, la conversion a pris une bonne dizaine d’années, mais tous les partis de pouvoir ont fait leur aggiornamento, ils en sont les premières victimes.

Comme le souligne François Leclerc, occuper le même territoire de communication que les entreprises s’est révélé être une arme à double tranchant pour le monde politique. La continuité du vocabulaire a pu sembler rassurante pour des salariés qui n’avaient plus que des déclinaisons d’un seul et même discours. Cette continuité a aussi facilité l’établissement d’un langage commun entre les élites et l’interpénétration des idées. Mais au final, le discours de l’entreprise apparaîtra toujours plus efficace parce que les critères de résultats, d’efficacité, et de temps ne sont pas les mêmes. Les actionnaires démocratiques réclament donc un changement de direction, mais le vivier de dirigeants reste désespérément étroit.

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