Archives par mot-clé : Donald Trump

États-Unis : La transition a débuté

Emily Murphy, l’officielle en charge de lancer la procédure de passation des pouvoirs, qui refusait jusqu’ici de reconnaître la victoire de Biden, a amorcé la transition.

Trump venait de subir dans le Michigan une défaite de plus dans ses combats d’arrière-garde, quand un assesseur Républicain vota avec les Démocrates pour reconnaître la victoire de Biden dans l’état, lui assurant officiellement les voix des 16 grands électeurs du Michigan, et ceci malgré les coups de fil pressants et la récente invitation à la Maison-Blanche des officiels Républicains de l’état.

Le camp Trump venait également d’être débouté dans sa contestation des votes en Pennsylvanie, où un juge nommé par les Républicains avait jugé sans mérite aucun la plainte déposée.

Hier 100 experts Républicains des questions de sécurité nationale avaient adressé à Trump une lettre ouverte lui demandant d’amorcer la transition dans l’intérêt du pays.

L’équipe des juristes de Trump était par ailleurs en train de se déliter : l’avocate Sidney Powell l’a quittée, son affirmation que les votes étaient truqués à l’initiative de … l’ancien président vénézuélien Hugo Chavez s’est avérée trop, même pour le leader de l’équipe, Rudy Giuliani, pourtant peu regardant en matière d’affirmations tonitruantes.

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RENCONTRE AVEC PAUL JORION ET SUSAN GEORGE, aujourd’hui vendredi 20 novembre de 18h30 à 19h30

Editions du Croquant 

RENCONTRE AVEC PAUL JORION ET SUSAN GEORGE 

Aujourd’hui vendredi 20 novembre de 18h30 à 19h30 

Rencontre Zoom à l’occasion de la parution du livre de Paul Jorion La chute de la météorite Trump. Tome 2. « Haute trahison »

Rencontre animée par Arnaud Saint-Martin 

Au moment où s’ouvre « Haute trahison », Trump est président depuis seize mois et les Américains découvrent, les uns dans la jubilation, les autres dans l’incrédulité, que leurs institutions n’ont pas anticipé l’irruption dans le magasin de porcelaine d’un personnage pour qui la frontière entre vérité et mensonge n’existe pas, qui considère son intérêt personnel comme l’unique critère de ce qu’il entend faire, à qui la notion d’un processus collégial est parfaitement étrangère et qui, du coup, fait rapidement le vide autour de lui en termes de conseillers. 

Paul Jorion est anthropologue, sociologue, psychanalyste, et à l’occasion, romancier. Il a vécu douze ans aux États-Unis.

Susan George est politologue et écrivaine. Présidente d’honneur d’ATTAC, elle est auteur de dix-sept livres.

Arnaud Saint-Martin est cogérant des éditions du Croquant. 

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La situation aux États-Unis ? Comme prévu le 27 juillet !

Le 27 juillet, je publiais ici un billet intitulé « Présidentielle de novembre : le spectre du pat de 1876 » qui décrit parfaitement la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Je ne suçais pas cela de mon pouce : je me contentais en fait de vous communiquer l’analyse faite par Lawrence Douglas, professeur de Droit à Amherst College dans le Massachusetts.

Petite valeur ajoutée tout de même de ma part, la dernière phrase de ce billet : « Tout ça est trop machiavélique pour un crétin comme Trump me direz-vous ? Pour un crétin comme Trump, oui, mais pas pour un conseiller de Trump aussi avisé que Steve Bannon. » J’ai donc été conforté tout à l’heure de lire dans The Washington Post : « De plus en plus, Trump n’entend que des aides qui soutiennent que l’élection n’est pas terminée. Il garde espoir pour le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie, en grande partie grâce aux conseils de Giuliani, qui est proche de Bannon, et Trump a exhorté Giuliani à poursuivre le combat, ont déclaré plusieurs responsables. Giuliani « est fou et croit réellement Bannon », a déclaré un conseiller républicain de haut niveau. »

On entend beaucoup parler de 1876 ces jours-ci aux États-Unis. La raison en est la suivante : cette élection présidentielle déboucha, non pas sur un match nul entre les deux candidats mais sur l’équivalent d’un pat aux échecs : un blocage obligeant à annuler la partie… ce qui n’est pas une option dans une élection présidentielle, aussi, le président sortant : le général Grant, envisagea de confier le pouvoir aux militaires. On s’en sortit de justesse par un marchandage entre les deux candidats.
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Qu’il y a du jeu dans le complotisme, par Nikademus

  • Nous sommes dans une période de transition entre 2 périodes historiques:
  1. celle qui finit de la gestion plus ou moins capable d’élites formées au gouvernement (au sens le plus général du terme)
  2.  une autre qui cherche à se définir et qui tente de se former autour d’un magma encore informe fait de consultation, participation, cogestion, coconstruction, etc. bref qui se voudrait « plus démocratique », faite par « le peuple ». Quelles définitions émergeront finalement pour ces termes, c’est toute la question qui est en train de se décanter dans l’époque.
  • Les élites (dirigeantes, savantes, médiatiques, etc.) à la suite de tripatouillages pas clairs ont perdu la confiance de tous. Étant donné l’état actuel du monde, qui en doute, qui s’en étonne?
  • Le peuple ou si on préfère le pékin lambda que nous sommes tous en est conduit à se débrouiller quasi tout seul pour former une représentation et agir. C’est ainsi que l’on voit surgir un pharmacien énonçant une nouvelle théorie de la monnaie ou un notaire émettre son avis éclairé sur la vaccination. Nous pouvons tous être théoriquement (en droit) cet « outsider » qui révolutionne un champ, la question est de savoir si dans les faits nous avons tous été équipés, nous nous sommes équipés pour ça. La réponse la plupart du temps est non.
  • Plusieurs facteurs concomitants s’additionnent pour rendre l’émergence du nouveau chaotique (au sens de René Thom), on peut citer:
    • la sous-éducation chronique des populations à la fois aux processus de la vie collective (comprendre, s’informer, débattre, décider, construire à plusieurs) et aux caractères généraux du fonctionnement des sociétés (histoire, sociologie, etc.) = c’est plutôt à mon sens un quasi-miracle que le report de la compréhension du monde sur des interprétations complotistes et de leurs toujours renouvelés « deus ex machina » délirants ne soit pas plus généralisé. Todd a noté sur le champ la rapidité avec laquelle les Gj se sont élevés au-dessus de tout ça, et à quel point c’était une raison d’optimisme pour la suite.
    • dit autrement, jusqu’ici ça arrangeait tout le monde, et ça fonctionnait, de réduire l’éducation générale de la population à un vade mecum succinct (« instruction civique » du collège et lycée): « il y a des députés, et un président, vous votez tous les 5 ans, voilà c’est fini ». Et pareillement de l’histoire collège-lycée à: « il y a eu des dirigeants, des guerres, des périodes de crises où les gens avaient faim et d’autres d’expansion économique, voilà c’est fini ».
    • le saut qualitatif des expériences d’apprentis-sorciers : de la publicité et à sa manipulation des affects à petite échelle, aux réseaux sociaux qui forment et déforment aujourd’hui la quasi-totalité des consciences hystérisées et insécurisées « by design ».
    • Plus généralement, tout le matériel humain formé en Business Schools (et on sait que depuis le directeur d’hôpital jusqu’aux présidents des nations ils y passent tous) est formé à la manipulation du fond anthropologique hérité des périodes précédentes, comme s’il devait rester identique et non modifié par un processus qui a pris une ampleur généralisée.
  • on pourrait peut-être ramener l’essentiel de nos problèmes à l’apparente victoire sans partage de l’individualisme méthodologique, il est en train de s’auto-détruire sous nos yeux en détruisant les consciences, le langage, la réflexion. Ce n’est pas une maladie du peuple mais de l’époque. Le rapport par exemple de Messieurs Trump et Macron, aussi différents qu’ils soient, à la décision, au langage, au gouvernement, tombent sous le même diagnostic : le réel est censé correspondre à leur énonciation individuelle. Ils sont tout aussi fous que le reste d’entre nous…
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Trump : dernières nouvelles

– Trump a officiellement gagné l’Alaska, ce qui le fait passer de 214 à 217 grands électeurs en sa faveur. Biden a gagné l’Arizona, ce qui le fait passer de 279 à 290 grands électeurs pour lui. La barre est de 270 grands électeurs pour l’emporter. Biden la dépassait déjà de 9 grands électeurs, et désormais de 20. Il manque à Trump 53 voix pour l’emporter. Or il ne reste à décider que la Géorgie (16 grands électeurs) et la Caroline du Nord (15 grands électeurs). Si Trump l’emportait dans ces deux états, il n’aurait encore que 248 grands électeurs en sa faveur, un déficit de 22 voix.

– Le ministère chinois des Affaires étrangères a félicité Joe Biden pour sa victoire.

– Depuis sa campagne aux primaires en 2015, la chaîne FoxNews servait à Donald Trump de porte-parole officieux. Il a tweeté hier dans la soirée :

@FoxNews L’audimat en journée s’est complètement effondré. Les week-ends en journée sont même PIRE. C’est très triste à voir, mais ils ont oublié ce qui a fait leur succès, ce qui les a menés là. Ils ont oublié la Poule aux Oeufs d’Or. La plus grande différence entre les élections de 2016 et celles de 2020, c’est @FoxNews !

On aura noté qu’il n’est pas question dans le tweet présidentiel de l’avenir de la nation américaine mais de sommes à encaisser.

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Pendant que Trump prépare son putsch, l’Establishment Démocrate se voit cohabiter avec les Républicains et attaque… la Gauche ! par Yorgos Mitralias

USA president for life

Tandis que les préparatifs putschistes de Trump vont désormais bon train, les États-Unis commencent à faire connaissance avec les prémices d’une situation de double pouvoir aussi inédite que prometteuse de grands chambardements. En effet, fort de l’appui de 72 millions d’Américains qui ont voté pour lui, Trump qui tient toujours le parti Républicain d’une main de fer, montre clairement s’en foutre éperdument des soucis légalistes de ses adversaires Démocrates, et préfère organiser sa propre “légalité” étatique fondée non pas sur des vœux pieux démocratiques mais sur des « arguments » bien plus musclés et matériels. En somme, pendant que ses adversaires pérorent sur « la force de la démocratie américaine », Trump est aujourd’hui en train d’achever ses préparations dictatoriales poursuivies d’ailleurs fébrilement durant toute sa présidence depuis son élection en 2016…

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