Étiquette : Fabrice Tourre

  • LE SOIR, Condamnation de Fabrice Tourre : l’arbre qui cache la forêt, le samedi 3 août 2013

    Un entretien avec Dominique Berns, dans le quotidien belge

    Anthropologue de formation, docteur en sciences sociales de l’ULB, Paul Jorion a travaillé une dizaine d’années dans le monde de la finance américaine et fut l’un des premiers à découvrir la bombe des « subprime » avant qu’elle n’explose. Aujourd’hui détenteur d’une chaire à la VUB, il écrit et tient un blog très suivi (www.pauljorion.com).

    Q : Fabrice Tourre a été jugé coupable. Votre réaction ?

    R : On a pris cette mauvaise habitude de désigner comme victime expiatoire un responsable situé pas trop haut dans la hiérarchie. En France, c’est ce qui s’est passé avec Jérôme Kerviel (NDLR : le trader qui a fait perdre 4,9 milliards d’euros à la Société générale).… Lire la suite…

  • LE TEMPS QU’IL FAIT LE 2 AOÛT 2013

    Sur YouTube, c’est ici.

    Lampistes et autres lanceurs d’alerte

    NSA = National Security Agency

    Le risque systémique des établissements financiers trop gros pour ne pas entraîner tout le système à leur suite en cas de pépin ne se règle ni en traînant en justice puis en condamnant des lampistes, ni en couvrant de louanges les banques trop grosses et en les appelant « banques universelles », mais en les démantelant comme ce fut l’opinion exprimée unanimement en octobre 2008.… Lire la suite…

  • LA RAISON D’ÉTAT, COMMENT NE PAS ÊTRE POUR ?

    … mais quand même !

    L’emploi c’est essentiel. C’est pourquoi avant de critiquer une usine de bombes à fragmentation, il vaut mieux tourner sept fois sa langue dans sa bouche. Tout le monde est d’accord là-dessus.

    Le crédit aussi c’est essentiel. C’est pourquoi on a besoin des banques. Et il est parfois nécessaire de fermer les yeux sur des pratiques du secteur bancaire qui pourraient heurter les sentiments si le climat économique était favorable…

    Je ne vous rappelle pas qui est Fabrice Tourre (je ferai le point de son procès dans les jours qui viennent ; ne me faites pas dire qu’il est l’un des principaux héros de La survie de l’espèce, je le nierais farouchement !)… Lire la suite…

  • Audition de représentants de la firme Goldman Sachs au sénat américain (III)

    Ce texte est un « article presslib’ » (*)

    La performance la plus attendue aujourd’hui était bien sûr celle du P-DG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein. Disons tout de suite que la commission n’est pas parvenue à tirer grand-chose de lui : il a fait l’anguille d’une voix geignarde, suggérant simultanément qu’il était trop stupide pour comprendre les questions qui lui étaient posées et que son interlocuteur était trop stupide de son côté pour comprendre les réponses qu’il pouvait apporter.

    Comme je le supposais dans mon billet pour BFM lundi, Blankfein a adopté la stratégie d’affirmer que sa firme se contente d’être un « market maker » : vend un produit à qui veut bien l’acheter et l’achète à qui est prêt à le lui vendre, sans avoir d’opinion précise sur la qualité de ces produits financiers, la question de la qualité n’étant pas pertinente.… Lire la suite…

  • Audition de représentants de la firme Goldman Sachs au sénat américain (II)

    Ce texte est un « article presslib’ » (*)

    Le premier groupe de représentants de Goldman Sachs à être interrogés était composé essentiellement de gens directement impliqués dans la production et la vente des CDO (Collateralized–Debt Obligations) au centre des poursuites pour fraude engagées contre la banque il y a une dizaine de jours par la SEC (Securities & Exchange Commission), le régulateur des marchés américains. Le Français Fabrice Tourre, le seul individu à être personnellement poursuivi, faisait partie de ce groupe. La stratégie utilisée par l’ensemble du groupe a été celle qu’on appelle en américain « stonewalling », que l’on traduit en français par « obstruction », une traduction où l’on perd malheureusement la dimension très visuelle suggérée par l’américain : « construire un mur de pierre ».… Lire la suite…

  • Finance, perversion et esthétique

    Le pervers, c’est bien connu – enfin, c’est de moins en moins connu à notre époque de mécompréhension chic de la psychanalyse (des gens qui sont très loin d’être des imbéciles n’y entravent cependant que pouic !) – se considère au-dessus des règles qui s’appliquent au commun des mortels. Exemple : la drogue détruit un être humain en quelques années – « Sauf moi, bien entendu ! ».

    J’ai repensé au pervers en lisant un mail largement reproduit par la presse ce matin : l’envolée lyrique de Mr. Fabrice Tourre, l’inventeur fabuleux d’ABACUS 2007-AC1, le CDO fabuleux lui aussi qui entraînera dans la tombe la fabuleuse firme Goldman Sachs (si la justice est de ce monde, ce qui n’est pas garanti bien entendu) :

    « De plus en plus d’effet de levier dans le système.

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