Archives par mot-clé : Fernand Braudel

Une explication « écono-territoriale » des Trente Glorieuses, par Timiota

Billet invité.

Il est courant de considérer les Trente Glorieuses avant tout dans un contexte historico-politique au sein de la montée inexorable des techniques (le « progrès »): la mise au pas d’une industrie et dune finance capitalistes qui certes assuraient de fortes croissances potentielles, mais venaient aussi d’accompagner deux Guerres Mondiales et la Grande Dépression.

De cette mise au pas, et d’un rapport de force rétabli entre travailleurs et capitalistes à la faveur de la peur du communisme, une grande redistribution des richesses, vers une large classe moyenne prospère, produisit des décennies de stabilité économique et de croissance, gommant rien moins que les secousses des indépendances des ex-colonies, ou que les doutes anti-consuméristes de 1968.

Je propose ici une vision complémentaire, basée sur des échelles spatiales et leur temporalité associées, ainsi qu’un « structuralisme de l’inégalité ».  Pour dire l’essentiel, des échelles momentanément ajustées entre politique et économie me semblent en effet une bonne clé d’explication aux Trente GlorSieuses .

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RÉGRESSIONS, par Michel Leis

Billet invité.

Avec les plans d’austérité, une grande partie du peuple grec est rentré dans le domaine de la survie. Il est de moins en moins exclu que les peuples espagnol, portugais et d’autres encore partagent ce triste privilège dans un avenir proche. Je sais qu’il faut par nature se méfier des analogies hâtives, mais les disparités croissantes entre les pays et les régions ne sont pas sans rappeler une organisation de l’espace beaucoup plus ancienne, celle de l’espace européen à la fin de moyen âge. Une référence s’impose, celle de Braudel et sa somme « Civilisation matérielle, économie et capitalisme du XVe au XVIIIe Siècle ».

De quoi s’agit-il ? De la renaissance durant cette époque des villes, qui s’affirment rapidement comme les lieux de concentration de la richesse. Ces pôles se développent dans de vastes espaces géographiques cantonnés à une économie dépassant de peu le niveau de la survie. La population habite pourtant très majoritairement dans les campagnes, les villes ne représentent qu’une toute petite fraction de la population totale. La richesse des villes vient en partie de l’interdépendance qui se crée avec l’espace environnant. Les campagnes écoulent leurs surplus à la ville voisine, fournissent la matière première et une main-d’œuvre supplétive quand elle est suffisamment proche. La ville crée un cadre et cristallise la division du travail, des artisans fournissent les outils et les biens manufacturés indispensables aux campagnes alentours, d’autres artisans plus spécialisés transforment les matières premières en produits à forte valeur ajoutée. Pour vraiment s’enrichir, une cité doit de se spécialiser et se différencier des autres villes : les cités drapières du nord par exemple. Un commerce de haut niveau s’établit entre ces villes, dessinant les prémisses d’une économie internationalisée. Au sommet de la pyramide une ou plusieurs villes mondes concentrent les « surprofits », soit parce qu’elles sont des lieux de marché, soit parce qu’elles assurent le commerce au loin et les échanges de produits rares avec l’extérieur, ou encore parce qu’elles assurent le financement et le clearing de ce commerce haut niveau. Ces pôles de richesse demeurent très indépendants vis-à-vis du pouvoir central, quand celui-ci cherche à affirmer son autorité absolue sur son territoire. Les surprofits générés sont peu taxés, le système d’imposition est historiquement construit sur l’exploitation des terres et un peu sur la circulation des marchandises, il frappe avant tous les campagnes (la taille royale, en partie fondée sur le revenu ne devient permanente qu’en 1439 en France).

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FRANCE CULTURE, « La Nuit rêvée de… Paul Jorion », dimanche 6 novembre de 1h00 à 6h15

Pour les couche très tard ou les lève très très tôt. Je vous rassure, ce n’est pas du direct !

Ressusciter par la voie des ondes, la voix de quelques-uns de mes penseurs favoris.

01:00 « La Nuit rêvée de… Paul Jorion » : Entretien avec Paul Jorion – 1ère partie
par Marc Floriot

01:14 « Rencontre avec Fernand Braudel » – 1ère diffusion : 30/3/80
par Patrice Galbeau
Avec Fernand Braudel, Collège de France ; Étienne François, Université de Göttingen ; Georges Vallet, École Française de Rome ; Maurice Aymard, EHESS ; Jacques Thuillier, Collège de France ; Karl Ferdinand Werner,
Institut historique allemand ; Pierre Toubert, Sorbonne

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