Archives par mot-clé : Florange

Notre-Dame-des-Landes : combien de Floranges ?, par Peer Qvist

Billet invité.

La loi sur l’eau compte un ensemble de règles que les comités de bassin, composés d’élus, adaptent selon les circonstances locales, en vue de protéger l’eau et les écosystèmes afférents. Ce sont des règles de gestion collective des ressources et des écosystèmes. La finalité est d’éviter l’artificialisation des sols, et de protéger les zones fonctionnellement importantes en termes de biodiversité.

Voilà dit en deux mots. Pour un exposé plus détaillé, voir ici.

Dans ce cadre, concernant le projet dit « Notre-Dame-des-Landes », le constat est sans appel : si les « experts indépendants » restent à la hauteur de leur titre et ne renoncent pas à leurs responsabilités (ce qu’une commission a pourtant déjà fait en refusant de se prononcer), l’artificialisation des sols liée à la création de l’aéroport devra être compensée par une surface de près du double, 98 % des sols touchés étant en zone humide.

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LES ILLUSIONS PERDUES, par Michel Leis

Billet invité

La pièce qui s’est achevée ce vendredi 30 novembre à propos du site de Florange aura été riche d’enseignements. Le gouvernement table sur les emplois préservés pour vendre cet accord à l’opinion, pourtant, rien n’a changé sur le fond, la stratégie de Mittal reste identique. Cet accord laisse la plupart des partenaires sceptiques, ce qui peut se comprendre aisément, le groupe Mittal ayant un lourd passif de promesses non tenues. Pour comprendre ce qui s’est joué, il faut essayer de revenir sur les enjeux.

Tout d’abord, il faut essayer de décrypter (de l’extérieur, l’exercice est toujours risqué) la stratégie du groupe Mittal. Leader mondial de l’acier, il devrait être l’un de ces sous-traitants laminés 🙂 par les donneurs d’ordres[i]. Pourtant, de par sa position de leader et la situation oligopolistique du marché de l’acier, le groupe Mittal a maintenu un rapport de force tout à fait favorable. Le moins que l’on puisse dire est qu’il préserve ses prix et ses marges, illustrant ainsi le mécanisme de formation des prix fondés sur le statut présenté par Jorion dans son ouvrage[ii]. De plus, le groupe Mittal organise en interne la division du travail et calque sa stratégie sur les contraintes de ces donneurs d’ordres : fabrication de l’acier proprement dite réalisée sur les sites à moindre coût, quelles que soient leurs localisations, tandis que la transformation s’opère sur des sites proches des clients finaux pour leur permettre d’assurer ce flux d’approvisionnement continu propre à la norme de production moderne. L’ensemble assure des marges plus que confortables, ce qui renvoie à cette dynamique de la norme de profit déjà évoquée ici. De ce point de vue, le groupe est le bon élève du monde libéral. Je voudrais rappeler ici un article de l’Express du 31/08/2000[iii] qui, sous le titre « La rentabilité des fonds propres », renvoyait Usinor aux poubelles de l’économie sous prétexte d’une rentabilité sur fonds propres insuffisante. Au final, Usinor a fusionné avec d’autres groupes européens pour former Arcelor, lui aussi incapable de répondre aux attentes de profits, et qui a fini par se faire racheter par Mittal, celui-ci ayant une meilleure rentabilité sur capitaux propres avec sa division du travail mondialisée.

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