Notre-Dame-des-Landes : combien de Floranges ?, par Peer Qvist

Billet invité.

La loi sur l’eau compte un ensemble de règles que les comités de bassin, composés d’élus, adaptent selon les circonstances locales, en vue de protéger l’eau et les écosystèmes afférents. Ce sont des règles de gestion collective des ressources et des écosystèmes. La finalité est d’éviter l’artificialisation des sols, et de protéger les zones fonctionnellement importantes en termes de biodiversité.

Voilà dit en deux mots. Pour un exposé plus détaillé, voir ici.

Dans ce cadre, concernant le projet dit « Notre-Dame-des-Landes », le constat est sans appel : si les « experts indépendants » restent à la hauteur de leur titre et ne renoncent pas à leurs responsabilités (ce qu’une commission a pourtant déjà fait en refusant de se prononcer), l’artificialisation des sols liée à la création de l’aéroport devra être compensée par une surface de près du double, 98 % des sols touchés étant en zone humide.

À ce jour, Notre-Dame-des-Landes, en projet c’est :

– 537 ha aménagés à la mise en service de l’aéroport, envisagée pour 2017

– 467 ha destinés aux mesures de compensation environnementale

– 239 ha de surfaces aménageables pour des extensions de l’aéroport et la
création de zones économiques

Avec une emprise foncière d’environ 700 ha (en comptant les aménagements ultérieurs), et à ce jour 496 ha prévus en compensation, les chiffres paraissent irréalistes. On en trouvera les détails dans le rapport de la commission d’enquête au titre de la loi sur l’eau et ses conclusions.

La compensation de 700 ha ne suffira pas si l’on pense aux terrains discontinus censés compenser petit bout par petit bout les surfaces détruites (notamment les bandes étroites longeant les pistes…). Il ne faudra en fait pas loin de 1400 ha pour remplacer ces sites écologiques exceptionnels. Voilà l’enjeu des « zones humides ».

L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a toutes les chances d’être jugé non conforme au titre de la loi sur l’eau : il saute aux yeux que la méthode de compensation retenue est bancale. 186 ha d’emprise routière, comprenant de nombreux échangeurs, ainsi qu’un parking de 7000 places de plain-pied, cela finit par prendre beaucoup de place…

Si fin mars 2013 tous les textes autorisant les travaux n’ont pas été publiés, l’enquête publique, qui aura atteint deux ans à cette date, ne pourra plus servir de base légale à ces travaux, et le processus devra être renouvelé.

Et en janvier 2018, la concession débute… Si le concessionnaire (Vinci) ne peut opérer, il est fondé à exiger des compensations financières du concédant : la collectivité locale… Tout cela peut alors revenir très cher…

Il y a pour le pouvoir, deux options :

1/ Passer en force en faisant débuter les travaux sur une base juridique contestable.

Lorsqu’un jugement invalidant cette base juridique aura été rendu, la collectivité devra verser des indemnités importantes. Mais la justice administrative n’ordonnant pas la déconstruction a posteriori, l’aéroport aura bel et bien vu le jour. Ici aussi, cela ne sera pas pour rien.

2/ Relancer une enquête publique de deux ans et revoir les méthodes de compensation au titre de la loi sur l’eau.

L’impossibilité d’une compensation appropriée apparaîtra inévitablement au grand jour. Il faudra soit verser des indemnités très élevées pour acquérir les terres agricoles nécessaires à la compensation soit verser des indemnités à Vinci pour redimensionner le projet à la baisse. Ce qui risque de coûter un os…

Les questions écologiques vont une fois de plus se régler à coup de chèques libellés en millions. Comme si les compensations monétaires pouvaient indéfiniment remplacer le capital naturel et ce qu’il nous apporte. Les inondations à prévoir dans la zone, pourront-elles, par exemple, être épongées par des liasses de billets ? Nul doute hélas que l’expérience sera tentée…

De ces deux options, laquelle aura la préférence du pouvoir ? Poser la question, c’est malheureusement y répondre. Détail curieux à ajouter au dossier : des préfets ayant sur place procédé aux expropriations sur le projet, l’un est responsable « Aéroport Grand Ouest » chez Vinci, un autre est directeur de cabinet du Ministre de l’Intérieur.

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(*) Petit exercice : Comparer le prix d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes et Florange.

Deux chiffres circulent : l’un, conservateur, de 600 millions d’euros pour l’aéroport hors dessertes routières. Avec les dessertes, ce coût se rapprocherait de 1,5 milliards, les détracteurs vont jusqu’à 2 milliards. Le Canard Enchaîné en 2008, selon Wikipédia, évoquait 4 milliards.

En tout état de cause, le chiffre mentionné ne comprend pas :

– L’acquisition de terrains en quantité suffisante pour compenser au titre de la loi sur l’eau

– Toute compensation au concessionnaire pour retard ou éventuel redimensionnement à la baisse du projet.

Tenons-nous en à deux milliards d’euros. L’estimation du coût d’un contrôle public de Florange fluctue selon les sources entre 600 millions et 1 milliard d’euros.

Avec un coût pour Notre-Dame-des-Landes de 600 millions et Florange, 1 milliard, un NDDL vaut 0,6 Florange. Avec un aéroport à 2 milliards et un Florange à 600 millions, on passe déjà à 3,3 Floranges.

 

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150 réflexions sur « Notre-Dame-des-Landes : combien de Floranges ?, par Peer Qvist »

  1. Il y a une 3° option :

    Nationaliser VINCI !
    Prison pour tout ce beau monde qui va à l’encontre de la vox populi.

    Pour ceux qui e l’aurait pas visionner un excellent documentaire : « Sous les pavés la terre »
    http://www.souslespaveslaterre.com/

    Avec l’intervention entre-autres de Pierre Rabhi, des époux Bourguignon, de André Chassaigne…etc
    Du bon-sens à profusion !

    1. @ erde 10:49 ce nest pas parce qu’il va « à l’encontre de vox populi « que ce projet est mauvais ; il faut pour l’écarter des arguments précis , justes et le billet de Peer Qvist est en cela très intéressant .

  2. La société Vinci est-elle celle qui contrôle la plupart des zones de parking à Bruxelles ? Si oui, il fera noir où il se perdront. J’ai un peu suivi la saga d’une autre échelle lors de la construction d’un parking souterrain coincé entre un bassin d’orage et une place publique. Les pouvoirs publics se font piéger décidément souvent. Comme vous le dites dans cet article, « Les questions écologiques vont une fois de plus se régler à coup de chèques ».

    1. @ Brouyaux François
      Oui mais l’aéroport de Notre Dame des Landes c’est quand même un manque à gagner pour nos élus de 5600 petits rond-point 🙂

  3. Rappelons que ce projet est surtout un non sens économique complet, et ceci pour des raisons très « banales » : la crise actuelle est d’abord un monstrueux choc pétrolier, celui du pic (maximum de flux, de débit), de production mondiale de pétrole, et ceci même si on préfère les étiquettes « financière », « de l’euro » , « de la dette », etc.
    Le trafic aérien va au mieux stagner dans les années à venir voir baisser, ce qui est déjà déjà plus ou moins le cas.

    Pour mémoire :
    Pic de production US : 1970
    Pic de production mer du Nord (UK + Norvège) : 2000
    Pic de production Mexique : 2005

    Site très pratique pour consulter les données historiques :
    http://mazamascience.com/OilExport/
    (chiffres BP par pays et régions)

    Actuellement le niveau de « désinformation »(beaucoup par omission et maquillage) au sujet du pétrole est tout simplement hallucinant, mais cela ne date pas d’hier, voir par exemple :
    http://petrole.blog.lemonde.fr/how-the-global-oil-watchdog-failed-its-mission

    Et il est aussi urgent de sortir de la légende « premier choc pétrolier=embargo Arabe=évènement géopolitique et pas contraintes géophysiques », le premier choc pétrolier était avant tout une conséquence directe du pic de production US en 1970, et de l’abandon de Bretton Woods. La déclaration de l’embargo a accéléré la montée du prix du baril, mais l’embargo a été un quasi non évènement en terme de nombre de barils sur le marché (à l’inverse du pic de production US), voir résumé en fin de post :
    http://iiscn.wordpress.com/2011/05/06/bataille-et-lenergie/

    1. « Rappelons que ce projet est surtout un non sens économique complet »

      @yann
      Mais on s’en fout : car c’est l’économie elle-même qu’il faut détruire. C’est l’économie elle-même qui est un non-sens pour l’espèce et pour toute forme de vie. L’économie c’est la guerre, le capital c’est la dictature de l’économie. C’est pourquoi il est urgent de détruire l’économie.
      Ni commission, ni conciliation,
      Ni compensation, ni discussion,
      Irréductiblement : NON àl’Ayraultport,
      NON à tous les projets Industriels et militaires.
      VIVE LA COMMUNE !

      1. Si vous voulez, mais l’économie aujourd’hui c’est aussi la civilisation industrielle ou techno scientifique, et l’explosion de population qui a été avec …

      2. Si vous voulez, mais l’économie aujourd’hui c’est aussi la civilisation industrielle ou techno scientifique, et l’explosion de population qui a été avec …

        La vraie question est : la société industrielle a-t-elle encore un avenir ? Si oui, lequel ? Si non ?

    2. Allons bon.
      V’la que sur le blog de Paul, « on » vous dit la crise c’est pas c’que vous croyez. Nooon, c’est pas social, pas financier, pas économique. Rien de ça, Lisette, j’vous dit que c’est le pic pétrolier la cause du tout. Le pétrole, c’est la cause agissante, la cause amont, la vraie et l’unique, quoi !

      Il a le droit, Yann, d’avoir cette opinion et de s’y tenir.
      Mais je préfère, et de loin, les explications que Paul expose depuis longtemps, avec des arguments un peu moins simpliste que celle destinée aux oreilles de Lisette.

      La raréfaction des sources de pétrole et l’augmentation de son prix par la spéculation (60% environ, une paille !) jouent un rôle aggravant, personne ne le nie. Mais le pic pétrolier n’est pas la cause première.
      C’est dira-t-on, un poil plus complexe…

      1. lol, ahlala, on écoute ce que l’on a envie d’entendre, surtout … Vous n’avez plus de corps, sans doute ?

        Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a que ça bien sûr, mais c’est en effet le gros de la chose et ça ne fait hélas que commencer.
        Mais Yves Cochet expliquait cela assez bien à l’assemblée :
        http://www.dailymotion.com/video/xcdiid_discours-d-yves-cochet-sur-la-crise_news

        Et puis ça va vite, maintenant

        (quant au 60% de spéculation, de la légende Jorionesque mon bon Monsieur, rien de plus, et oui ..)

      2. la civilisation industrielle ou techno scientifique, et l’explosion de population qui a été avec …

        Si vous voulez, mais cela s’appelle capitalisme, assez d’ersatz, je vous prie la civilisation n’est pas techno-machinique elle est capitaliste.
        Avec votre pseudo-raisonnement, ou votre idéologie, la soumission à tous les impératifs dictés par ce monde et cette économie est garantie, très bien continuez vos cogitations sans vous gêner.
        Pour mon parti, l’affaire est entendue : arrêtez de vous faire de la bile pour nous, vous ne vous souciez de rien d’autre que de vos propres intérêts sous couvert d’humanisme. On croit entendre les bons bergers  » Et le troupeau, comment y va faire ? ».

      3. @A.D
        Dire que le capitalisme a permis la science puis la techno science oui peut être, après tout les premiers scientifiques étaient plutôt aristocrates ou bourgeois (enfin il y a eu pas mal de moines aussi), mais dire que la science et techno science est d’essence capitaliste pas évident, et l’URSS c’était aussi la civilisation techno industrielle.

      4. L’URSS avait un régime économique capitalistique mais d’Etat. La techno-science est totalement concomitante de la révolution industrielle. Et le capitalisme que l’on connait n’est pas de toute éternité. Yann, je suis plutôt décroissantiste (plutôt, car j’ai mes faiblesses, hélas), je suis convaincue du peak oil depuis plus d’une dizaine d’années. Mais je vous assure, mélanger tout, et ne pas remettre les faits dans leurs contextes historiques ce n’est pas aider à la compréhension des choses.

      5. @ yann 10 décembre 2012 à 23:33

        dire que la science et techno science est d’essence capitaliste pas évident, et l’URSS c’était aussi la civilisation techno industrielle.

        Mais si, cela devient évident, lorsqu’on a fait l’analyse fonctionnelle du capitalisme. L’URSS, c’était un capitalisme d’Etat.

        Le capital, la ressource, c’était en URSS, l’immense territoire avec toutes ses richesses. Avec sa part de capital matériel (ressources minérales, ressources agricoles etc…), sa part de capital humain (ressources humaines en nombre, dont une partie suffisamment instruite) et sa part de capital immatériel (concept de captation et de concentration d’énergie sur des objectifs nationaux).

        Dans le Capitalisme à l’agonie (Fayard page 30) Paul Jorion le dit clairement « Le capital c’est une ressource –aujourd’hui le plus souvent de l’argent- …….. »

        Quant au capitalisme, selon moi, ça n’est rien d’autre que l’exploitation d’un capital pour vivre. Le capitalisme est au capital, ce que le machinisme est à la machine.

        Chacun de nous, sans que nous en rendions compte, nait capitaliste. Il l’est même avant de naître, lorsque déjà, le spermatozoïde, un capital génétique mâle, investit un territoire femelle pour s’y développer et survivre sous une autre forme. Le mot fort, celui qui profite au capitaliste et à tous ceux qui sont associés à son exploitation, c’est le mot investissement.

        Le problème vient de ce qu’il faut réunir le capital pour pouvoir investir.

        Dans un pays où tous les individus sont libres, certains qui sont animés d’un esprit capitaliste, accumulent des réserves, par un processus d’épargne sur leur train de vie courant. Cela leur permet de constituer un capital les rendant capables, le moment venu, d’investir dans une autre forme de capital permettant de poursuivre leur vie dans un environnement qui, entre temps, aura inévitablement évolué.

        Le capitalisme est un processus auto adaptatif à l’évolution qu’il provoque, à condition de maintenir un effort d’investissement suffisant et de ne pas le laisser s’étouffer par un train de vie excessif, c’est à dire en consacrant une trop grande part à la consommation. ( exemple : désindustrialisation de la France)

        Il faut aussi veiller à ne pas consacrer trop de ressources à l’investissement (Grèce avec les dépenses militaires, Espagne avec l’immobilier, URSS famines des années 30 avec l’industrialisation, Chine famines liées au grand bon en avant)

        L’avantage avec le capitalisme diffus, c’est qu’il stimule plus les individus en laissant plus de liberté aux plus entreprenants. Globalement, le système est plus performant en termes de développement. C’est ce qu’ont bien fini par reconnaître les régimes communistes qui, pour rattraper le retard accumulé, ont converti leur système capitaliste d’Etat en système moins centralisé, plus diffus, plus stimulant.

      6. Le capitalisme n’est qu’ une des formes du constructivisme : la croyance en la « raison  » et en la science ( techno +gestion) comme equivalente en terme de vertu , pour leur capacité a gérer l’ économie de l’espece humaine .

      7. ’URSS c’était aussi la civilisation techno industrielle.

        Ah ? Même Jducac est plus au courant que vous :les pays de l’ancien bloc de l’Est se proclamaient Socialistes, et de fait c’est le « socialisme réel » qui s’est écroulé avec eux.
        dans les pays de l’Est, l’argent avait cours, le travail salarié aussi, l’échange Argent-marchandise aussi, les exploiteurs itou (les apparatchiks des Partis Communistes).
        Vous pensiez quoi ? En fait il s’agissait d’une variante bureaucratique du capitalisme partout dominant.
        àJducac

        L’avantage avec le capitalisme diffus, c’est qu’il stimule plus les individus en laissant plus de liberté aux plus entreprenants. Globalement, le système est plus performant en termes de développement. C’est ce qu’ont bien fini par reconnaître les régimes communistes qui, pour rattraper le retard accumulé, ont converti leur système capitaliste d’Etat en système moins centralisé, plus diffus, plus stimulant.

        Monsieur le propriétaire : vous vous croyez entreprenant ? supérieur aux non-entreprenants ?
        Vous êtes si ridicule qu’il n’est rien d’autre à ajouter : vos divagations imbéciles se suffisent .

        Pourtant, je veux vous chanter ce refrain :
        Oui mais…
        ça branle dans le manches,
        les mauvais jours finiront.
        Et gare à la revanche
        Quand tous les pauvres s’y mettront
        Quand tous les pauvres s’y mettront

        J.B. Clément : La semaine sanglante (Aux fusillés de 1871!)
        Tout ce que vous versez ici est de peu d’importance, malgré ses airs supérieurs votre prose à la fois triste, naïve et infantilisante ne vous rapporterait pas un ct d’€ aux enchères, et vous continuez à déblatérer, comme si de rien n’était. Et en effet, rien n’est, ou si peu ; lorsque les »choses » prendront un tour plus clair vous n’aurez plus tout loisir de tapoter le clavier pour y répandre vos lixiviats, Allez-y pendant qu’il en est encore temps.

      8. jducac
        Chacun de nous, sans que nous en rendions compte, nait capitaliste. Il l’est même avant de naître, lorsque déjà, le spermatozoïde, un capital génétique mâle, investit un territoire femelle pour s’y développer et survivre sous une autre forme. Le mot fort, celui qui profite au capitaliste et à tous ceux qui sont associés à son exploitation, c’est le mot investissement.

        Combien de chômeurs en Europe ?
        Plutôt que votre délire sans queue ni tête.
        Vous vous rappelez l’histoire de temps en temps ? : une brouette de billets pour acheter un malheureux pain. Quand tout se cassera la gueule, les traideurs n’auront pas d’autre choix que d’aller cueillir des salades, l’argent ne vaudra plus rien.

      9. @ kercoz 11 décembre 2012 à 10:13
        Que le capitalisme soit aujourd’hui, une forme de constructivisme, ce serait difficile de le nier, tant d’éminents personnages, notamment K. Marx, se sont penchés sur lui pour l’analyser, l’étudier, lui donner un sens.

        Le malheur vient de ce que Marx s’en est servi comme support à un développement politique, le socialo communisme qui, non seulement a dérivé vers des systèmes totalitaires terribles, mais a entraîné un tel retard de développement que les régimes qui les avaient adoptés ont été conduits, d’eux-mêmes, à y renoncer.

        Ce qu’il faut à mon avis bien voir, c’est que le capitalisme est né du pragmatisme, dès l’origine de l’homme. Le capitalisme n’a été théorisé que bien plus tard. Au départ, le processus du capitalisme a probablement été découvert naturellement, fortuitement, intuitivement.

        http://www.pauljorion.com/blog/?p=19059#comment-129478

        Sa logique, son concept, n’ont à mon avis été mis en forme que bien plus tard, sans même donner lieu à enseignement de vulgarisation. La culture du capitalisme est restée l’apanage de familles ayant su en tirer avantage et se constituer ainsi une force. Diffuser cette culture aurait été multiplier des concurrents potentiels et aller à l’encontre de l’objectif capitaliste qui est de s’assurer la maitrise du futur en conservant une avance sur les compétiteurs.

        Peut-être n’est elle seulement enseignée que dans certaines grandes écoles de management et de gestion de patrimoine. En tous les cas elle ne m’a pas été enseignée dans l’école d’ingénieurs en études et productions industrielles que j’ai fréquentée au début des années 60.

        Par contre, j’ai l’impression que par le biais de l’enseignement général, en philo, à l’université en économie et dans les diverses écoles syndicales, l’enseignement de l’anticapitalisme, sur des bases marxistes a été très actif et largement diffusé, dans les couches sociales les moins favorisées ou les moins en prise avec la concurrence internationale.

      10. @ octobre 11 décembre 2012 à 11:05

        Plutôt que votre délire sans queue ni tête. Vous vous rappelez l’histoire de temps en temps ?

        Au lieu de vous égarer quand on évoque des images avec queue et tête, réfléchissez plutôt au mécanisme profond du capitalisme et du rôle qu’il a eu dans l’évolution de l’humanité.

        http://www.google.fr/search?q=images+de+spermatozo%C3%AFde&hl=fr&tbo=u&rlz=1T4RNSN_frFR393FR393&tbm=isch&source=univ&sa=X&ei=3znHUO2gNvPa0QXGt4HgAg&ved=0CC8QsAQ&biw=1103&bih=607

        Quand allez-vous vous mettre au travail avec pinceaux et peintures pour nous gratifier d’une œuvre artistique sur le sujet ?
        Je connais des capitalistes qui préfèreraient avoir un tableau de valeur, avec queue et tête, plutôt qu’une brouettée de billets, quand ils ne vaudront plus rien.

      11. @ Octobre :

        Pour moi , ayant passé la même commande à Gregory , je préfèrerais une illustration de la rencontre entre un spermatozoïde capitaliste et d’une ovule fortement tarée d’ADN porteur de folie égalitaire .

        Je départagerai le meilleur des deux rendus , par l’illustration supplémentaire du fruit de leur rencontre ( un tigron stérile ou un mutant sauveur , allez savoir ) .

        Il me semble que Lou et M avaient émis des idées originales sur ce combat de Titans .

        Ce sera votre complément contributif aussi au bouquin de Ameisen ( sur les épaules de Darwin ) dont je vais bientôt attaquer la lecture, si mes enfants pensent à me l’offrir en cadeau de noël .

      12. jducac,
        Si cela vous agrée, je peux lui ajouter une petite aile de chaque côté de la tête à votre misérable spermatozoïde capitaliste. Oh, elle n’ira pas bien loin pour autant, parce qu’elle ne rêve pas cette bestiole (un tigron stérile ou un mutant sauveur, allez savoir : réf. Juan Nessy), telle est sa condition d’esclave et de mortelle mais certainement pas un ange. Je fais pas dans le sublime moi dès qu’il s’agit d’addiction et de délire consumériste.

        Quand allez-vous vous mettre au travail avec pinceaux et peintures pour nous gratifier d’une œuvre artistique sur le sujet ?

        Je ne suis pas soumis au rythme de la machine pas plus qu’aux lois esclavagistes de l’industrie guerrière qui au final a une lourde tendance : la fabrication d’un monde tristement laid par l’intermédiaire d’objets de plus en plus destructeurs de vie. Voilà qui n’est pas de mon ressort, je suis hors compétition, cependant je vois. Et je tiens à ma liberté comme à la prunelle de mes yeux.

        Je rappelle quelques phrases dans la BD « La survie de l’espèce ».
        Cela me fait réfléchir contrairement à vos allégations.

        Dans un contexte de compétition…non de coopération…la compassion est moins prisée…que l’efficacité…POW ! (mort violente).

      13. @Octobre :

        Remarque : spermatozoïde est du genre masculin , c’est un peu ce qui le limite d’ailleurs .

        PS : et mon travail iconographique ?

      14. @Octobre /

        Ne m’en veuillez pas de garder mon adresse mail un peu protégée , mais j’aurais plaisir à recevoir votre document via Paul Jorion ou Julien Alexandre . Je crois qu’ils ne se déroberont pas à ce petit service .

    3. Le pic pétrolier n’est pas l’origine de la crise, c’est tout simplement l’aboutissement de la logique du capitalisme qui repose sur le prêt à intérêt et par conséquent sur la croissance matérielle.
      Bien entendu il se retourne contre le système capitalisme en précipitant son effondrement.
      Un exemple: comment peut-on poursuivre la croissance de la mondialisation avec des transports dont le cadre énergétique est à 98% de pétrole
      Il se peut que les pétroles non conventionnels relancent quelque peu le développement industriel, ce ne sera que momentanné et même un deuxiéme pic va peut-être apparaître, mais cela ne nous éloignera pas le sperctre de devoir immaginer le monde autrement.
      Quand on change la perception qu’on a des choses on voit le monde autrement.
      Le restant de pétrole doit servir à immaginer et à créer la manière de vivre, l’utilisation de la technologie, l’organisation sociétale qui permettront de se passer du pétrole, mais ce ne sera pas pour nous mais pour nos petits enfants.
      Ceci dit nous devons en construire les bases comme les Européens ont construit des cathédrales en plusieurs générations.
      Les analyses de ce blog sont très utiles à la compréhension des fonctionnements économiques et à l’obtention d’une idée globale des tenants et aboutissants du système et de son origine.
      Cela permet de voir des interractions qui n’apparaissent pas au premier abord, par exemple on ne pourra pas résoudre ce problème du pic pétrolier sans remettre en question la propriété privée, le prêt à intérêt, le rôle du travail ou la signification de l’emploi.
      Tout est lié et il va sans dire que je suis totalement opposé à la construction de cet aéroport.

      1. Il faut un peu arrêter avec le capitalisme par ci, le capitalisme par là, le capitalisme est antérieur à la révolution industrielle, et la crise actuelle est tout autant si ça n’est beaucoup plus celle de la civilisation techno industrielle que celle du capitalisme.
        Ah oui c’est un peu moins « confortable » à entendre, car la technique on aime bien quand même, l’eau chaude à tous les étages, l’avion, la voiture, le téléphone, tout ça, mais c’est pourtant de ça qu’il s’agit, et les voitures de Monsieur tout le monde consomment plus que les yachts de luxe.
        Et bien sûr que si le pic pétrolier (maximum de flux, de débit) est à l’origine de la crise, plus précisément :
        1970 : pic des US (à 10,5 millions barils jours, autour de 6,5 aujourd’hui)
        1971 : abondon de Bretton Woods (convertibilité $ or),
        Passage au fiat pétro dollars c’est à dire :
        Les US (avec plus ou moins les « alliés, ou l’OTAN, ou l’OCDE) assure la sécurité des routes pétrolières et principaux pays producteurs
        Le marché du pétrole en $, $ monnaies de références, vente de bons du trésor à n’en plus finir
        1975 par là démarrage de bulle de la dette dans tous les pays de l’OCDE, basé sur la croyance à la croissance à n’en plus finir.
        Aujourd’hui : pic mondial et montagnes de dettes en plus.
        Et le pic pétrolier n’est pas un « problème » au sens problème à résoudre, c’est le fait que l’énergie pas chère et concentrée sera de plus en plus rare.
        Après il me semble que les propositions de PJ c’est surtout relance keynésienne et augmentation des salaires pour relancer la croissance et conso, rien de bien nouveau là dedans, et tout aussi anachronique .

      2. @Yann : pas du tout d’accord sur votre conclusion concernant Jorion. Je ne l’ai jamais vu parler de « relance keynésienne », seulement d’augmenter les salaires, oui, au sens de repartager les profits. Mais « pour la conso » ? Désolé, mais il n’a jamais dit que c’était pour ça : c’est pour beaucoup moins d’inégalité, NUANCE ! Et dans une vidéo relativement récente, il a bien dit et regretté qu’une solution à la crise aurait pour effet de continuer la prédation humaine sur l’environnement. Mais notons que le fait de s’enfoncer dans la crise ne va nullement soulager cette prédation !!! Bien au contraire !!!

      3. Je suis d’accord avec Yann sur le rôle fondamental de l’énergie, mais il est injuste avec Paul, qui, au vu de la « Survie de l’espèce », a bien compris que la croissance du PIB à plusieurs % par an, c’était de l’histoire ancienne.

      4. Oui Cassandre, c’est ce qui est navrant avec ce genre d’énergumènes : leur incapacité à dépasser un stade de compréhension, et à focaliser toute leur analyse sur un phénomène unique qui serait l’alpha et l’omega, la « théorie du tout ». Evidemment que l’épuisement des ressources naturelles est une donnée du problème, traitée comme telle, mais dans la relation de cause à effet, il faut bien comprendre que c’est par le biais du capitalisme que l’exploitation, la raréfaction et la disparition seront intervenues.

      5. @J.Alexandre :
        Traiter un contradicteur d’ énergumène ne valorise pas ton argument …
        /// leur incapacité à dépasser un stade de compréhension, et à focaliser toute leur analyse sur un phénomène unique qui serait l’alpha et l’omega, la « théorie du tout » ///
        Cet argument peut aussi peut aussi t’etre appliqué ……Il est aussi crédible d’affirmer que la pénurie d’ energie est a l’ origine de la pénurie économique …..que son contraire … la logique causale emporte meme la premiere affirmation …. L’ économie , de par sa déficience en tant qu’ outil etant le premier fusible qui déssert la rétroaction de régulation de la demande …
        Cette thèse est de plus en plus admise chez les économistes non encartés ….
        Personnellement je pense que Paul Jorion se trompe dans son choix de chercher des solutions par une accentuation du centralisme : « la nécessité d’ une gouvernance mondialisée de la finance ou de l’ économie » .
        Sans vouloir débattre de ce sujet sur sa pertinence mathématique ( en terme de faisabilité et de stabilité)……..je poserais simplement le problème de son cout « énergétique » …..La dynamique globalisatrice n’ ayant pu etre dopée que par de l’ acces a l’energie bon marché , ..la fin de cet accès ne peut que stopper ce processus , sinon en rendre sa continuation beaucoup plus couteuse en énergie .
        C’est je pense le débat central de notre epoque et il ne se règle pas en ignorant les contradicteurs ..

      6. la nécessité d’ une gouvernance mondialisée de la finance ou de l’ économie

        Cette idée, qui ne me semble pas être partagée par les principaux animateurs du blog, est ridicule d’autant plus qu’elle renvoie à des rêveries terrifiantes (un Reich pour 1000 ans) d’un pouvoir absolu dont les prémices actuelles (la finance débridée) sont déjà catastrophiques.
        Aucune des ressources de la nature, y compris les fossiles, n’est la cause de la catastrophe généralisée. Ce n’est pas l’huile minérale naturelle (le pétrole) qui a créé le transport routier généralisé ni un élément radioactif naturel (l’uranium) les industries nucléaires.
        C’est une forme historique de la civilisation humaine (le capitalisme industriel), produit de plusieurs millénaires et plus particulièrement des derniers siècles de son organisation hiérarchisée, qui est la cause et la conséquence de ce qui est devenue visiblement ce qu’elle était essentiellement : une impasse.

      7. J Alexandre, si le capitalisme est une idéologie très efficace pour détruire la nature, les hommes n’ont pas besoin du capitalisme pour la détruire : île de Pâques, indiens anazazi,… et tous les autres exemples de Jared Diamond dans son livre Effondrement. Aucune de ces civilisations qui ont détruit la source de leur richesse n’étaient capitalistes. Mais ce serait le rôle d’un anthropologue de trouver le point commun à toutes ces idéologies autodestructrices. Il faut donc certes dépasser le capitalisme mais pas n’importe comment, sinon on ne fera que détruire la nature autrement.

        Yann, d’un autre côté, il est normal que P Jorion se focalise sur l’aspect financier de la crise à cause de son parcours personnel. On attend surtout de lui des solutions dans son domaine de compétence. Et ce n’est pas parce qu’il s’y focalise (et c’est ce que l’on attend de lui, personne ne lui demande son avis sur le risque de disparition de telle espèce de scarabée) qu’il nie toute autre dimension à la crise actuelle. (Et qu’il affirme même le caractère premier de la finance dans la crise ?) Et cet article sur NDDL en est une belle illustration.

        Enfin c’est vrai que toute ces correspondances entre les pics pétroliers nationaux (USA, URSS,…) et de graves crises dont le lien semble ou est vraiment totalement étranger (Vietnam, Chute du mur,…) sont vraiment troublantes. Capitalisme ou productivisme et pétrole sont intimement liés, car seul l’abondance, la facilité de transport et la capacité énergétique de ce premier ont permis au capitalisme de surmonter ces contradictions (baisse tendancielle du taux de profit, paupérisation) grâce à un fort taux de croissance qui a permis une fuite en avant dans l’endettement et la surproduction. Grâce au pétrole nous avons pu avoir le comportement inconséquent des immortels (de la mythologie grecque). Mais maintenant la fête se termine.

      8. @ Laurent S

        Merci, l’idée qu’autre chose que le capitalisme avait pu un jour dans l’histoire de l’humanité attenter à la nature ne m’avait pas effleurée jusqu’ici… Sérieusement, le capitalisme, ça n’est que l’accélération exponentielle de cette destruction, c’est tout.

      9. @Paul Jorion .
        /// « la nécessité d’ une gouvernance mondialisée de la finance ou de l’ économie » .
        C’est une citation de qui ? Sûrement pas de moi ! //////

        Je n’ai pas mentionné de citation , mais d’ un ressenti en terme de direction vers une solution ….( dans le sens d’ une économie internationale maitrisée et dirigée ) …..
        Je respecte, entre autres , 2 caractères chez vous :
        – une prise en compte des réalités « objectives » , sans choix radical de ou d’ une solution .
        – l’ écoute d ‘ avis divergents , voire contradictoires pour « construire » ou améliorer votre point de vue .

        Par contre il me semble que votre choix de résolution des problèmes actuels passait par une gouvernance accrue du système économique …….
        La caractéristique principale du système globalisateur initié par le concept d’ état et boosté par l’ accès a l’ energie ( ou a l’ annulation de la variable « temps » ) réside dans son irréversibilité ( ce que j’ appelle « système à cliquets » )….que l’ on constate ds le fait que la solution la plus simple pour résoudre un problème induit par la centralisation consiste a accentuer cette centralisation …etc … ça se constate ds ts les domaines ( écolo , écono , justice , etc …) c’est une dynamique entropique mortelle …qui s’ oppose au concept naturaliste de l’ auto-organisation equilibrée des boucles trophiques assurant equilibre entre les acteurs et stabilité , voire optimisation de cette stabilité a terme …

        En ex des dégats du centralisme de par les pouvoirs qu’il engendre …et pour calmer l’ardeur du retours des vignerons ( que je salue) :
        http://blogs.rue89.com/no-wine-is-innocent/2012/12/10/politique-agricole-commune-ces-geants-du-vin-qui-touchent-le-pactole

      10. @Laurent S :

        C’est bien pour moi , parce que l’agonie plus ou moins accélérée du capitalisme n’est pas une fin en soi , que je crois ( pas seul) que la suite ne peut exister que si l’on va chercher du côté de tout ce qui grafouille autour de la  » propriété » par tous les angles d’attaque possibles .

        Ce qui n’est pas simple car c’est remettre en question des choses , des êtres , des avoirs , des innés , des acquis , des mythes , des croyances , des forces , des temporalités , des territoires , des agrégats, des rapports à l’autre et au vivant ….

        Mais on n’en fera pas ….l’économie .

      11. Petit post pas vachard trait sous le billet (sans intérêt) de rue 89 :

        666 répond à jpierre Juif errant
        Ah oui, la P.A.C. me rappelle cette histoire :
        SOCIALISME : Vous avez 2 vaches. Vos voisins vous aident à vous en occuper et vous vous partagez le lait.
        COMMUNISME : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement vous prend les 2 et vous fournit en lait.
        FASCISME : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement vous prend les 2 et vous vend le lait.
        NAZISME : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement vous prend la vache blonde et abat la brune.
        DICTATURE Vous avez 2 vaches. Les miliciens les confisquent et vous fusillent
        FEODALISME Vous avez 2 vaches. Le seigneur s’arroge la moitié du lait.
        DEMOCRATIE Vous avez 2 vaches. Un vote décide à qui appartient le lait.
        DEMOCRATIE REPRESENTATIVE Vous avez 2 vaches. Une élection désigne celui qui décidera à qui appartient le lait.
        DEMOCRATIE DE SINGAPOUR : Vous avez 2 vaches. Vous écopez d’une amende pour détention de bétail en appartement.
        ANARCHIE : Vous avez 2 vaches. Vous les laissez se traire en autogestion.
        CAPITALISME : Vous avez 2 vaches. Vous en vendez une, et vous achetez un taureau pour faire des petits.
        CAPITALISME DE HONG KONG : Vous avez 2 vaches. Vous en vendez trois à votre société côtée en bourse en utilisant des lettres de créance ouvertes par votre beau-frère auprès de votre banque. Puis vous faites un « échange de dettes contre participation », assorti d’une offre publique, et vous récupérez quatre vaches dans l’opération tout en bénéficiant d’un abattement fiscal pour entretien de cinq vaches. Les droits sur le lait de six vaches sont alors transférés par un intermédiaire panaméen sur le compte d’une société des îles Caïman, détenue clandestinement par un actionnaire qui revend à votre société côtée les droits sur le lait de sept vaches. Au rapport de ladite société figurent huit ruminants, avec option d’achat sur une bête supplémentaire. Entre temps vous abattez les 2 vaches parce que leur horoscope est défavorable.
        BUREAUCRATIE : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement publie des règles d’hygiène qui vous invitent à en abattre une. Après quoi il vous fait déclarer la quantité de lait que vous avez pu traire de l’autre, il vous achète le lait et il le jette. Enfin il vous fait remplir des formulaires pour déclarer la vache manquante. ECOLOGIE : Vous avez 2 vaches. Vous gardez le lait et le gouvernement vous achète la bouse.
        FEMINISME : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement vous inflige une amende pour discrimination. Vous changez une de vos vaches pour un taureau que vous trayez aussi.
        SURREALISME : Vous avez 2 girafes. Le gouvernement exige que vous leur donniez des leçons d’harmonica.
        CAPITALISME EUROPEEN : Vous avez 2 vaches. On vous subventionne la 1ère année pour acheter une 3ème vache. On fixe des quotas la 2ème année et vous payez une amende pour surproduction. On vous donne une prime la 3ème année pour abattre la 3ème vache.
        MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE BRITANNIQUE : Vous avez 2 vaches. Vous tuez une des vaches pour la donner à manger à l’autre. La vache vivante devient folle. L’Europe vous subventionne pour l’abattre. Vous la donnez à manger à vos 2 moutons.
        CAPITALISME A LA FRANÇAISE : Vous avez 2 vaches. Pour financer la retraite de vos 2 vaches, le gouvernement décide de lever un nouvel impôt : la CSSANAB (cotisation sociale de solidarité avec nos amis les bêtes). 2 ans après, comme la France a récupéré une partie du cheptel britannique, le système est déficitaire. Pour financer le déficit on lève un nouvel impôt sur la production du lait : le RAB (Remboursement de l’Ardoise Bovine). Les vaches se mettent en grève. Il n’y a plus de lait. Les français sont dans la rue : « DU LAIT ON VEUT DU LAIT ». La France construit un *laitoduc* sous la manche pour s’approvisionner auprès des Anglais. L’Europe déclare le lait anglais impropre à la consommation. Le laitoduc ne servira jamais. On lève un nouvel impôt pour l’entretien du laitoduc.
        .

      12. @Vigneron :

        fatigue ou censure ?!

         » Ecologie : vous avez 2 vaches , le gouvernement vous laisse le lait et achète la bouse »

        Mais, avoir une vache ou un taureau , ça se discute déjà et, en bonne démocratie , la vache et le taureau sont des sujets de droit !

        Ils ont donc des droits et des devoirs .Parmi les droits , sans doute celui de ne pas être transformés en boviprothésés et celui à une mort (à défaut d’une vie ) décente .

        PS : il me semble bien que le cheptel mondial en en déclin , honteux qu’il est de participer à l’effet de serre , ou parce que  » ça ne rapporte pas assez » .

      13. Bonjour Kerkoz,
        je ne pense pas qu’il est question de gouvernance mondiale (mondialisme) mais de trouver un cadre institutionnalisé et consensuel mondial pour les échanges afin d’éviter les tensions (guerre monétaire). Un système monétaire international qui n’appartient à personne tout en respectant l’idée de pays et de culture. Expliquer à un créancier extérieur que l’on risque de ne pas payer ses factures, nécessite une certaine diplomatie et surtout une garantie que l’évènement ne se reproduira pas. Pour cela, il faut établir des règles communes dans le cadre de la mondialisation (et non du mondialisme).
        Les mondialistes sont des partisans de l’eugénisme :
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=44270#comment-387576

      14. @Oliviers 69 : Salut .
        //// Pour cela, il faut établir des règles communes dans le cadre de la mondialisation (et non du mondialisme). ///
        Je crois que c’est ce qu’on appelle du Sophisme ….Il ne sert a rien de changer l’ appellation ..le calendos aura la meme odeur .
        C’est « LE » débat essentiel non pour résoudre , du moins pour accompagner au mieux , l’ effondrement sociétal en cours .
        Dans pas trop longtemps , on va me sortir l’ insulte suprème ( pour un calendos !) de « Protectionnisme » …..
        C’est le concept caricatural qu’ on peut opposer a « globalisation » ou autres « gouvernances » euphémisées .
        Ces deux concepts antinomiques ne sont pourtant pas les seuls possibilités de gestion des groupes …On commence a enttendre les concepts de « bilateraux » en opposition a « echanges multilateraux » ….qui se voudrait un lissage parfait des entrées et des sorties d’ un système idéalisé …….. Il suffit de constater que les meneurs du jeux, ne respectent pas les règles du multilateralisme pour douter de la vertu d’ icelui …….
        De façon intuitive, et réconforté du fait que des gens plus pertinent que moi ( Prigogine entre autres) préconiser la vertu des systèmes morcelés et de l’ auto-organisation ….Je persigne dans la « croyance » en la vertu de l’ altérité ….. dans le fait que la vie nait de l’ alterité ….et que cette altérité s’épuise quand on s’en sert trop vite et de façon radicale …..et que la seule façon de s’en servir sans l’ user , c’est la structure morcelée , fractale des groupes …..au grand désarroi des bénéficiaires des « gains de productivité » qu’on ne peut y appliquer .
        Si les systèmes naturels ne dépassent pas certaines limites de population dans leurs structures des groupes , mais pratiquent la scissiparité , c’est qu’il y a des raisons « fortes » de moindre entropie et de meilleur stabilité .

      15. @ yann
        Rapellez vous le mouvement des enclosures http://www.wikiberal.org/wiki/Mouvement_des_enclosures c’est là qu’a commencer la rente de la propriété privée appelée capitalisme.
        Alire aussi http://www.contretemps.eu/sites/default/files/bonnes%20feuilles%20EMW.pdf
        Ce fait marquant de l’histoire de l’humanité a marqué la fin de la coercition par la force et son remplacement par l’économique qui a abouti à un progrès phénoménal dans la productivité d’abord agricole puis par la suite industrielle.
        Bien entendu cette productivité c’est réalisée de plus en plus par des esclaves énergétiques et a abouti inévitablemment au pic oil que personne ne nie sur ce blog.
        La civilisation techno industrielle est la conséquence du développement du capitalisme
        C’est en cela que le capitalisme a engendré le pic oil et non le pic oil l’effondrement du capitalisme, l’existence d’un feed back est aussi tout à fait normal.
        Si nous voulons dégager des solutions valables il nous faut voir les choses globalement en regardant l’histoire passée sans s’y accrocher comme on imagine un itinéraire il faut savoir d’où on vient où on est et où on doit aller.
        En proposant l’augmentation des salaires Paul Jorion ne propose pas une relance par la consommation, il s’agit là d’un peu de justice sociale.
        Permettez moi d’embrayer sur ce propos en y ajoutant d’autres propositions comme une taxe progressive sur l’énergie, la suppression des charges financières sur tout produit améliorant le bien-être avec moins d’énergie, ertc….
        C’est peut-être un doux rêve… quoique!!
        J’essaye d’être comme le colibris, j’apporte ma goute d’eau pour éteindre l’incendie
        Allez un peu de créativité avec un humour bien belge
        http://www.dailymotion.com/video/xmxzt8_creativite-luc-de-brabandere_webcam#.UMeYueLtAVY

      16. bonjour Kerkoz,
        Je ne sais pas si c’est du sophisme mais le progrès et les outils technologiques semblent nous conduire dans le sens d’une mondialisation des rapports sociaux comme un phénomène inéluctable (échanges, communications,…). C’est un changement d’échelle.
        Je pense au contraire qu’il n’y a pas plus protectionnistes que les mondialistes. Dans la construction de l’organisation structurelle globale typiquement verticale, excessivement hiérarchique mais surtout prédatrice. nous retrouvons un protectionnisme historique : statutaire, idéologique, financier, monétaire, normatif,…
        Enfin, je pense également que l’on crée un colosse aux pieds d’argile. Dans ce type d’organisations structurelles, tous les dangers potentiels (numériques, sanitaires, financiers…) auront une propension à la contagion élevée faute d’une organisation horizontale plus respectueuse et segmentée.
        Une globalisation décentralisée si elle est souhaitable alors n’est-elle pas envisageable ?
        ps : vous posez souvent des questions intéressantes…

    4. Il est important de valider la pénurie d’énergie et de resources , ( ou de l’ invalider) comme cause intitiale de l’ effondrement économique ( Il ne sagit plus de « crise » ).
      En effet ce n’est pas un « détail » aux conséquences identiques …….Valider le fait que la « crise-effondrement » est d’origine économique c’est lui donner une cause conjoncturelle …donc lui donner une solution « économique » .
      Par contre reconnaitre que c’est le choc énergétique qui est causal , c’est reconnaitre une causalité structurelle a résolution radicalement énergetique
      Jancovici parle de passer de 120 esclaves (KW) à 50 puis 30 en peu de temps …
      L’ arbre du déplacement du centre de gravité économique vers l’ asie cache cette foret depletioniste inéluctable ….et tout retard aux décisions qui devraient anticiper ce changement d ‘ attracteur , ne ferait …fera qu’aggraver les traumatismes sociétaux qui débutent .

      1. Ben si Julien… Le pétrole est TOUT…

        Pas d’énergie, pas de richesse, pas de masse, pas de consommateurs, plus de capitalisme. Le reste n’est que pure digression. La crise a réellement démarré en 1973 avec le Pic Oil des USA, et Bretton Woods son avatar. Nixon n’a fait que parer au plus pressé. Naomi Klein reste une lecture essentielle à mon humble avis et sa stratégie du choc une des œuvres majeures des 10 dernières années. Comment éliminer les classes pauvres au profit du capital lorsque la ressource s’amenuise ?

        Nous vivons à crédit sur les énergies fossiles, tout le monde le sait, surtout les plus riches. Et après ? Un état protégé par l’armée comme en Egypte ?

        Pour le country metal ???? Peut-être Neil Young non ?

        PS : J’allais oublier Le Rapport Lugano de Susan George, pour ceux qui ne l’auraient pas lu

      2. Définitivement, en version brève, ramassée, phrase simple, un sujet plus un syntagme prédicatif (avec attribut majusculé pour la touche de style en point d’orgue…), l’indépassable expression parangonique de la connerie, la noire, gluante et brute, pas celle en branche ou celle en rave, celle en baril, celle comme une marée noire :

        Le pétrole est TOUT…

      3. @Vigneron

        La connerie aussi noire que le pétrole, c’est du premier degré, ou dois-je croire que les propos amphigouriques associés à votre pseudo y ont une part prépondérante ?

        Nier que le pétrole, l’énergie d’une manière genérale, ne sont pas le moteur du capitalisme, c’est manquer de discernement. L’histoire de l’humanité est faite de non partage. Les origines du capitalisme remontent sans doute aux débuts de l’agriculture quand un malin imagina que le stockage, en prévision des disettes prochaines serait un bon placement. Il ne restait plus qu’à inventer les milices pour l’ordre et les religieux pour la morale et surtout pour la peur. L’histoire de l’humanité n’est ponctuée que par des épiphénomènes.

        À l’époque l’énergie était simplement l’huile (encore) de coudes, le même coude que nous levons de nos jours pour trinquer à la santé d’une démographie époustouflante… Grâce à quoi ?

      4. Le petrole ou autres energies …ne sont pas  » Tout « ….mais sont necessaires et autorisent ce tout .
        L’acces aux productions non nécessaires , peu utiles voire inutiles n’est possible que par le gain de productivité acquis sur la production de biens indispensable ( bouffe , chaleur toiture) …..
        Pour le coté bouffe /agricole on est passé de 30/40 producteurs pour cent consommateurs à 2 %.
        et ce , uniquement grace a l’ énergie …..
        retourner a , ne serait-ce qu ‘à 15 ou 20 producteurs , va changer la donne et redistribuer les binettes …..

      5. Je bats ma coulpe. J’ai failli, oui je l’avoue. L’Enseignement Patricien nous dispense via les Textes Sacrés – hélas encore épars – Vérité conifiante plus extrême encore que le pourtant définitif credo dit pétrolifique (« Le Pétrole est TOUT »), écoutez bien mes frères :

        L’histoire de l’humanité est faite de non partage

        . Amen, on s’incline, génuflexion, allez en paix mes frères.
        PS : pis l’invention du grenier à grain, voire le néolithique, comme origine du capitalisme, on vous avait pas initiés à cette connaissance là encore, uh ? Ben c’est fait. On dit merci qui ? Merci oh Prophète Patrick.

      6. Kercozeuse, mon ironie, comme dit l’autre, a « simplement l’utilité de ne pas abandonner le souci du global, sans pour autant s’abandonner aux charmes incontrôlés du total », fût-il Total ajourerais-je. Sur ce je vous abandonne, toi et ton co-apôtre picolien, à vos moelleux abandons Jducaciens. Les pachydermes barrient mais les picoliens barilent. Bariliez en paix.

    5. @yann : le pic pétrolier existe, certes, des tonnes de gens le nient, certes, mais ce n’est pas une raison pour en faire l’alpha et l’oméga de cette crise ! Vous répondez au déni de ce pic par un autre déni, en conséquence de quoi vos commentaires perdent tout intérêt.

      1. Je prends un pari :
        il y aura encore du pétrole dans le sous-sol quand les humains ne pourront plus vivre sur la terre.

      2. @Marlowe

        Oui bien évidemment qu’il y en aura encore. La problématique est avant tout une question de débit, de nombre de barils par jour que l’on peut extraire, c’est tout, débit qui va inexorablement baisser et qui baisse déjà pour le conventionnel.
        (et vrai pour toute les ressources non renouvelables avaec unités appropriées)

      3. à yann,

        Ainsi, pour vous, le pétrole serait TOUT et l’homme ne serait RIEN.

        Visiblement vous n’avez pas compris que je me moquais sérieusement de vous et de vos semblables.

      4. @Marlowe

        Si vous pouviez me dire où j’aurais dit ça …
        Quant à mes semblables, je ne sais pas de quoi vous parlez, je considère effectivement que j’ai un corps, et je préfère lire Rimbaud, Bataille, ou des Mathématiques que PJ, c’est vrai.
        Mais je vous laisse à vos petites discussions …

  4. Ce n’est pas comparable.
    Il faut utiliser une unité de valeur crédible, encore en usage, à savoir le Rond Point. La France en détient le record mondial (et Nantes est classée première ville ?). Seule cette unité est donc en usage, universellement reconnue par nos élus.

    Il y du progrès avec une piste d’aéroport, au moins il y un sens donné…Le niveau symbolique du message est à ne pas négliger : on arrête de tourner en rond !

    Donc cela donne combien d’équivalents rond point ?

    1. @ Velka
      Environ 5600 petits rond point , mais attention ce calcul ne prend pas en compte les beaux et grands à 500 000€ pièces, décorations non comprises .

    2. Le rond point , à la mythomanie près des élus pour en faire des arcs de triomphe ( mais il y en a de beaux qui ne coûtent pas chers ) , est plutôt une réponse intelligente et écologique à un vrai fléau : la bagnole .

  5. Le taux de fréquentation de l’actuel aéroport de Nantes est de 80%, il y a donc encore de la marge compte tenu du rappel bienvenu que nous fait Yann sur la crise (très) prochaine de l’énergie : pic pétrolier dû à la consommation effrénée depuis les années 80 et au manque de découvertes suffisantes pour compenser la baisse de la production pétrolière. Voir par exemple « le fabuleux gisement au large de la Guyane » qui tarde à porter ses fruits. Dans un tel contexte, il semble évident que les trafics routiers et aériens ne peuvent que décroître à terme.

    Il suffirait à Nantes d’agrandir l’aérogare actuelle et de construire une ligne ferroviaire permettant de rallier le centre de Nantes à l’aéroport plus rapidement pour se donner quelques années supplémentaires, le temps de l’observation et de la réflexion. Ces deux qualités semblent manquer à notre 1er ministre, aussi borné qu’un taureau devant le chiffon rouge du torero.

    Un petit lien qui en dit plus : Ces aéroports qui coûtent cher et ne servent presque à rien

    1. Le taux de fréquentation de l’actuel aéroport de Nantes est de 80%

      , On s’en fout : cf réponse à Yann.
      Vous ne battrez pas l’économie sur son terrain, vous ne battrez l’économie avec des arguties économiques : pas compliqué à comprendre; on ne se bat pas avec les patrons en discutant chiffres.

  6. « Une commission pour entendre « tous les avis » sur Notre-Dame-des-Landes mais pas pour remettre en cause le projet en lui-même : les déclarations de Delphine Batho, ce lundi matin »
    Et ben bonne chance à ceux qui vont aller à la commission , j’adorerais allez à ce truc ou on me demande mon avis , tout en sachant qu’il ne sert à rien .J’invite donc Madame la ministre du développement durable à venir discuter du problème de gaz de schiste en Ardèche , afin que je ne tienne pas compte de son avis .

    1. On s’en fout de la commission et des commissionnaires :
      Rien à discuter, rien à proposer : NON à l’aéroport, Non à tous les projets d’extractions, aux Grands travaux Lyon-Turin (TAV).
      Les ministres sont aussi de nos ennemis, quelque couleur qu’ils arborent.

      1. A.D. Connaissez-vous la vieille histoire de la chasse à l’ours en Russie ?

        Il suffit d’une corde, d’une bûche et d’un nid d’abeilles plein de miel. On accroche la bûche avec la corde au dessus de la ruche et on attend. Un ours affamé passe par là, alléché, il grimpe à l’arbre, mais embêté par cette maudite buche suspendue au dessus de la ruche, il la pousse délicatement de la patte. Évidemment, elle revient sur lui avec le même vigueur que son geste l’a poussée. Alors il décide d’envoyer cette fois un coup de patte plus violent, et la buche lui revient plus violemment sur le museau, évidement. Alors, la fois suivante, ce sont les deux pattes qui éjectent cette maudite buche, puis les quatre, avec force et volonté. Ça continue jusqu’à ce que le pauvre ours finisse assommé par le retour incessant de cette maudite buche. Il tombe à terre et les chasseurs n’ont plus qu’à le ramasser et en faire une belle descente de lit.

      2. @Patrick
        Vous êtes, très certainement ,l’homme qui connaît l’homme qui connaît de cousin de la petite-mamée de l’homme qui chassa l’ours de cette manière très vraisemblable.
        Votre allusion me passe tout à fait à côté, veuillez expliciter, por favor.

      3. @A.D.

        N’ai jamais chassé l’ours, aucun proche, même éloigné non plus… En Bretagne les ours se font rare. Il s’agit d’une métaphore, une parabole : la violence finit souvent par se retourner contre l’instigateur.

        J’ai l’impression d’insulter votre intellect en faisant cette explication de texte. Je connais cette histoire depuis mes 15 ans, elle m’a toujours fasciné, d’où ma non violence viscérale. La violence reste l’intelligence de la brute, pour une longue éternité je crois.

  7.  » La loi sur l’eau compte un ensemble de règles…. »
     » Ils  » écrivent des lois tout en sachant déjà comment ils vont les contourner .

  8. Mais puisqu’on vous dit que c’est pour le développement économique de la région. En ces temps de chômage de masse, votre position est irresponsable. Et puis, il y a un groupe de gens violents étrangers à la région sui sévissent : des « anarcho-autonomes », comme on les appelle, pour être clair des anarchistes (forcément dangeureux).

  9. « Cher » Jean-Marc – Lettre ouverte de Françoise Verchère à Jean-Marc Ayrault

    Ainsi donc, comme le dit la sagesse populaire, le monde est décidément tout petit. Voilà que tu as à t’occuper des hauts-fourneaux de Florange et de ma Lorraine natale. Moi qui ai grandi sous le nuage rouge-orangé de Longwy et au rythmes des coulées de son aciérie, je connais bien la lente agonie de la sidérurgie et les promesses politiques régulièrement non tenues.

    Bien que sans grande illusion désormais, j’avais pourtant envie de croire à la proposition de nationalisation provisoire et au plan de ton Ministre du Redressement Productif. Mais tu as tranché. A ta manière. En balayant d’un revers de main une solution qui avait le mérite au moins du volontarisme. Sans concertation avec les principaux intéressés, ministre et syndicats… Et en laissant pantois ceux qui te croyaient partisan du dialogue.

    Te dire que j’en ai été surprise serait mentir. En Loire-Atlantique, tu n’as jamais agi autrement. Pas de conflit avec les puissants, c’était ta manière de faire. Lorsqu’en 2007, la ville de Bouguenais que je dirigeais alors a osé se rebeller contre Total, cette merveilleuse entreprise qui nous a gratifiés de quelques marées noires mais qui a joué au mécène pour la biennale culturelle sur l’Estuaire, tu as été le seul – avec le représentant de Total -à me reprocher notre action. Au nom de l’emploi d’ailleurs. « On ne s’attaque pas à une entreprise qui emploie des milliers de salariés» m’as-tu dit alors. florange2

    Certains qui découvrent ta personnalité disent que tu confonds autorité et autoritarisme. Ils ont tort. Tu ne confonds pas. Tu es autoritaire parce que cela fait trop longtemps que tu exerces le pouvoir et surtout tu es fondamentalement plus prêt à ménager ceux qui ont le pouvoir économique qu’à tenter d’aider ceux qui le subissent. Le courage, ce n’est pas, au chaud de Matignon, de balayer de la main une piste de maintien de l’activité à Florange, en faisant confiance à quelqu’un qui n’a jamais tenu ses promesses, ce n’est pas non plus d’envoyer pendant près d’un mois et demi plus de 500 gardes mobiles à Notre Dame des Landes pour aider un groupe privé à nettoyer le terrain de son futur aéroport inutile. Le courage ce serait ici d’accepter de reprendre le dossier et en Moselle d’essayer –même si c’est difficile- de tenir tête à Mittal et de garder aux ouvriers leur outil de travail. En fait d’être de gauche, tout simplement…

    Françoise Verchère,

    Conseillère générale de Loire-Atlantique

    1. Merci d’écrire si bien ce que nous pensons.
      Mais j’ai la rage de savoir qu’ils ont toujours leurs boules Kies et qu’ils ne veulent rien entendre.
      Qu’ils ne s’étonnent plus si on leur renvoie nos cartes d’électeur.

    2. Si vous veniez par chez nous, en gironde, je voterais pour vous avec plaisir, ce qui ne m’est pas arrivé depuis longtemps.

      Si vous avez une réponse de JMA je serai curieux de la lire.

      Cordialement

  10. bonjour,
    merci pour cet article.
    Pourtant il est écrit dans la conclusion (p.14) du dernier document émanant des porteurs du projet, intitulé : « Dossier de presse Paris le 28 11 12 contact presse @Nantes métropole… :
    « Le comité scientifique qui sera mis en place dans le cadre de la procédure d’autorisation au titre de la loi sur l’eau VALIDERA LA METHODE DE COMPENSATION » ! Le résultat est donné avant même que le travail ne soit fait.

  11. Si l’un d’entre vous a jamais habité Nantes, il pourrait témoigner que, depuis deux décennies, une cinquantaine d’avions survolent quotidiennement le centre ville entre 100 et 400 mètres d’altitude. Statistiquement il y aura un jour un accident potentiellement de plusieurs centaines de victimes. Pour parler cru, à combien le mort? A quel volume d’eau le nettoyage du sang et des cendres?

    Il est curieux que certains riques vous fassent monter de grand destriers quand d’autres risques vous laissent indifférents au sort des humains.

    1. Savez-vous que les pilotes sont obligés de suivre des directives d’approche de Nantes Atlantique que les obligent à survoler la ville de cette manière ? Créer la psychose de l’accident et faire peur à la population est un très bon moyen d’arriver à ancrer dans la tête des Nantais qu’ils sont en insécurité permanente ! Mr Ayrault a su y faire depuis quelques années en tant que Maire de Nantes.
      Allez chercher des renseignements du côté du collectif de pilotes qui doutent de la pertinence de l’aéroport de NDDL !

      1. Je ne suis certes pas favorable à JMA mais, voyez-vous, je n’aurais jamais deviné qu’il avait fait exprès tracer la piste de Nantes Atlantique pour stresser les bourgeois du centre ville… et éventuellement conforter sa majorité municipale après le crash!

      1. Marlowe, oui comme le feu, il faut sans méfier, mais la viande cuite et une grotte sèche c’était déjà plus sympa à vivre.
        C’est toujours la magie des Grecs d’avoir en même temps incarné la transmission du feu divin en Prométhée, mais sans omettre les conséquences, son foie (il était une fois une marchande de foie qui vendait du foie à la ville de Foix…) dévoré ad vitam.
        Cause, conséquence, solution, il faut manger le foie des industriels 🙂
        (un peu d’absurde, ça fait pas de mal 🙂 )

      2. à Samuel,

        Je comprends bien que votre commentaire se veut humoristique mais il est tout simplement à côté de la plaque.
        La foi généralisée et devenue obligatoire dans le progrès de la science et des techniques qui en sont les conséquences, a rendu l’humanité stupide et incapable de prévoir quoi que ce soit d’autre que les objectifs imposés par la domination : toujours plus vite pour de plus en plus d’accumulation sans autre objet que l’accumulation pour l’accumulation et la vitesse pour la vitesse.
        La vitesse est devenue l’objectif en soi et pour soi et a donné au temps une dimension surréaliste.
        Je pense que personne ne conçoit à quel point nous sommes tous devenus les serviteurs de la mégamachine qui a transformé irrémédiablement le monde et les possibilités de vie sur terre.

      3. Marlowe, j’aime bien (parfois 🙂 ) avoir des contradicteurs, mais c’est dommage que vous n’ayez retenu la moral: le rapace dévorant éternam son foie.
        (en même temps c’est pas un commentaire génial 🙂 )
        Le feu est un apprentissage, il suffit d’écouter un enfant disant: « attention c’est chaud ».
        L’industrie devrait être aussi un apprentissage (attention on cherche la tour de babel, ou le deux ex machina), sinon c’est pas l’incarnation Prométhée qui le subit mais nos trognes, … car il y a des limites à la régénération du foie.
        Merci Louise pour le Nouillorque, je ne l’aurais jamais imaginé 🙂 (mes anciens patrons Hollandais m’avaient offert une casquette NY, en revenant de Prague… je me suis sentie affreusement Français, en étant silencieux et peu à l’aise, par ce cadeau melting-world)

      4. Marlowe, j’ai des besoins de contrôle (qui frôle la désinvolture…., en apparence).
        Mais j’ai pas tellement de choix (après on peut juger de mes présupposés)
        Et on est d’accord si on arrive sur le blog et qu’on écrit, on est déjà convaincu (y à que le conscient de juducac qui résiste, pour la forme, sinon ça fait belle lurette qu’il serait loin).
        On a tous la lucidité et l’incapacité à ce faire comprendre (soit par manque de réussite, soit par inadaptation au présent, soit par manque d’oration , etc….).
        Mais si on l’applique au blog, qui doit faire le premier pas, Vigneron, ou vous? 🙂
        On est pas tant que ça à croire à l’universel (même si on accepte des adaptations pragmatiques, ou l’inertie de l’histoire, on va pas refaire le monde).
        Et on connait le risque de la vertu.

    2. @eole
      Du vent,
      En courant d’air, je vous répond :
      Le risque existe et qui a pris la décision de le faire…courir ?
      Vos considérations pseudo-humanistes sont le paravent de votre idéologie, et celle-ci le reflet de la position sociale que vous occupez (ou rêvez d’occuper) dans la « Ferme des animaux » -celle des cochons-, ou autrement dit dans  » Le Parc Humain », vous seriez ou êtes pâtre.
      Humainement, bien-sûr :
      Du vent…non, éole !

    3. Les « vieux aéroports » sont souvent issus de la réflexion intensive des militaires (désolé pour l’oxymoron) qui s’embarrassent assez peu des pertes civiles. À Orly, les avions traversent des zones autrement plus denses que l’agglomération Nantaise, depuis des décennies, sans dommage collatéral sauf erreur. Concernant Milan je ne vous parle pas de Linate, ni de Nice, ni de Bayonne…etc

      Et si la solution était de voyager à pied ? Je vous conseille Eole, une excellente lecture : Voyage avec un âne dans les Cévennes de Stevenson.

      Ne le prenez pas pour vous, c’est vraiment un excellent livre !

      1. Prenez une carte ou visionnez Google Earth pour voir la difficulté; les vents dominants imposant quasi systématiquement une approche NNE.
        Bien évidemment l’implantation initiale ne prévoyait ni le passage de l’hélice au réacteur ni un traffic aussi dense.

  12. -Mesdames et messieurs
    -Nous sommes en approche de Notre- Dame- des- Landes
    -Veuillez accrocher vos ceintures et réciter douze Je vous salue Marie
    – Damen und Herren
    -…..

  13. Cher Peer Qvist,

    Votre article passionnant me passe un peu au-dessus de la tête.

    J’ai déjà compris que cet aéroport est d’une nécessité parfaitement douteuse, et qu’il est candidat avec d’autres au titre de prochain Concorde en matière d’aéroports locaux en Europe. Je consulte régulièrement rezo.net et cela n’a donc pas pu m’échapper.

    Ayant déjà diffusé en Belgique les luttes assez peu médiatisées de Notre-Dame des Landes, sous le titre « Notre-Dame des Landes, un Larzac pour le gouvernement socialiste français ? » , je n’ai pas manqué de citer « zone humide » dans ma lettre, mais je dois vous dire que ce concept est assez exotique dans ma Belgique francophone, celle des Ardennes belges d’Apollinaire.

    Voilà. Mon but est d’en comprendre assez pour être à même de définir la problématique en vingt lignes, en dix lignes, en trois lignes, et je vous remercierais de me donner les moyens minimalistes d’y arriver.

    Très cordialement ! 😉

    1. A eux seuls les termes de « zone humide » sont parlants puisque la vie-même n’existerait pas sans l’eau. Si donc une zone est déclarée « humide », c’est probablement parce qu’elle est riche en eau, et donc en faune et flore variées, ce qui n’est pas le cas de toutes les zones. Les ZUP, par exemple, sont plutôt sèches : c’est béton et goudron. Bref, l’on devine qu’une « zone humide » est à protéger pour que soit protégée la vie qu’elle recèle. 🙂

      1. Coluche, qui s’était fait remarquer par une multitude de bons mots, disait que si on donnait le Sahara à un énarque, celui-ci achéterait très vite du sable.
        Et bien, quand les électeurs confient des zones humides à des énarques ou à leurs équivalents, ceux-ci les bétonnent à qui mieux mieux et finissent par acheter l’eau qui a disparu.
        Comme les choses de la vie dans ce monde sont bien faites, ce sont ceux qui ont bétonné qui vendront l’eau.

    2. http://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/520120038/tab/habitats
      Au fait, on en est où « politiquement » sur le dossier ? Pour les partis, à part l’Ump au niveau national évidemment, les positions sont claires : deux partis favorables, le PS et le PC et tous les autres défavorables, du NPA jusqu’au parti d’extrême-droite indépendantiste breton Adsav en passant par le PdG, le Modem, les anars, les libertariens du parti libéral-démocrate madelinien, les souverainistes à Gnangnan, les « solidaires et progressistes » cheminadiens ou bien sûr le Fn.
      L’Udi de Borloo prêche quant à lui pour le stand-by du moratoire, évidemment, avec Montebourg et Royal…

  14. quelques pistes que j’ai retenues :
    http://acipa.free.fr/index.htm
    ______________________________________
    Lettre ouverte au sujet des expulsions en cours sur Notre Dame des Landes
    Publié le 6 novembre 2012 – 15:57 par ACIPA
    http://www.france.attac.org/articles/lettre-ouverte-au-sujet-des-expulsions-en-cours-sur-notre-dame-des-landes
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    ZAD de Notre Dame des Landes (Reportage 36′)
    Publié le 26 octobre 2012 – 10:39 par Militants NDDL
    http://www.france.attac.org/videos/zad-de-notre-dame-des-landes-reportage-36
    _______________________________________
    Notre-Dame-des-Landes : un projet de 1967 pour répondre aux défis de notre temps
    Griffonné par Pierre Deruelle le nov 24, 2012
    http://www.pierrederuelle.com/notre-dame-des-landes-un-projet-de-1967-pour-repondre-aux-defis-de-notre-temps/
    _______________________________________
    http://www.lagoradebretagne.fr/
    un documentaire fort bien fait :
    http://www.lagoradebretagne.fr/article-notre-dame-des-landes-au-coeur-de-la-lutte-le-film-102068906.html
    _______________________________________

    1. Merci RV.

      Dans les liens que vous donnez, l’historique de Pierre Deruelle, en plus d’être très complet, est très drôle !

      Ajoutons à votre liste le site http://www.reporterre.net de Pierre Kempf, journaliste au Monde, qui relaie aussi beaucoup d’informations. Et son article, A Notre Dame des Landes, l’aéroport serait une pompe à autos.

      Anne Roumanoff a consacré une rubrique au dossier. #NDDL Nantes, the place to be

      …Et encore, un article très modéré, qui laisse pas d’autant moins de doute sur le foirage du dossier, paru dans Ouest France : « Projet d’aéroport : soyons dignes de notre territoire », par François De Rugy.

      Le projet date de 1967… C’est mal parti pour Ayrault.

      1. À partir de la minute 30, comment les services officiels multiplient les contrôles pour mettre la pression sur les agriculteurs à qui on demande de vendre leur exploitation.
        http://www.lagoradebretagne.fr/article-notre-dame-des-landes-au-coeur-de-la-lutte-le-film-102068906.html
        Démocratie…

        Et l’extension de la lutte, « d’abord paysanne, ensuite citoyenne », avec notamment l’arrivée des jeunes qui soutiennent les opposants. (38’50)

      2. Merci pour les liens….

        À partir de la minute 30, comment les services officiels multiplient les contrôles pour mettre la pression sur les agriculteurs à qui on demande de vendre leur exploitation.

        Ne pourrait-on pas comparer ce genre de méthodes aux pratiques mafieuses ?

        Rien que pour cette raison la lutte se justifie.

      3. « Ne pourrait-on pas comparer ce genre de méthodes aux pratiques mafieuses ? »

        Ce blog s’en prend régulièrement à la notion de propriété privée. Mais voilà qu’avec cette affaire on en viendrait presque à la défendre. Il faudrait quand même savoir ce qu’on veut..

      4. Ce blog s’en prend régulièrement à la notion de propriété privée.

        Comme vous le précisez la notion peut se définir comme une idée plus ou moins précise qu’on a d’une chose.

        Mais mon propos précédent portait plus l’accent sur les méthodes utilisées par le pouvoir en place.
        Les tolérer serait faire injure à la République, et prouverait une fois de plus que les politiques ne respectent nullement le droit fondamental des citoyens e »t en aucun cas ne travaillent pour l’intérêt général.

      5. @Guy Leboutte

        « The place to be », pas mal envoyé…Pas tout à fait égarée par son omniprésence médiatique, Roumanoff, c’est rassurant…

      6. oui Contempteur,
        quand la société sort de son lit où elle dormait (… 😉 ) les gens se dévoilent, les polarisations s’affirment
        et apparemment Anne Roumanoff se « dévoilerait  » du bon côté !

  15. Les mesures compensatoires sont nécessaires et indispensables. Le seul problème, c’est que trop souvent, elles servent à mon avis trop de caution à la validation du projet.
    En effet, d’un point de vue strictement écologique, on oublie bien trop vite que la situation d’arrivée est toujours nettement inférieure à celle de départ.
    Dans les pays européens, le maillage du territoire par les infrastructures de transport est tellement dense que l’on cherche aujourd’hui à préserver voire à recréer des corridors – appelés trames vertes – entres les habitats naturels en vue principalement de faciliter le brassage génétique des espèces. Pourtant tous les territoires se battent bec et ongles pour disposer de leur autoroute, de leur ligne à grande vitesse et de leur aéroport. La nature n’a qu’à bien se tenir. Il en va de l’attractivité et donc la compétitivité !

    PS :
    – Les zones humides jouent entre autre un rôle essentiel d’épuration de l’eau et également de régulation des régimes hydriques.
    En France,en 30 ans, de 1960-1990, 50 % des zones humides ont disparues.

    – J’en profite également pour vous indiquer un site remarquable sur la qualité des eaux en France.
    http://eau-evolution.fr/
    http://eau-evolution.fr/

  16. Passer en force,
    préjuger de l’enquête publique,
    une administration bétonneuse complice,
    du béton illégal non détruit,
    une justice qui entérine le fait accompli, au mépris des textes,
    ce ne serait pas le pont de l’ile de Ré, encore moins l’autoroute dit Annecy-Genève, et pas du tout, parce que c’est de l’histoire très ancienne, le saccage du poumon vert parisien, ces forêts domaniales « inconstructibles » réduites en peau de chagrin pour implanter les villes nouvelles autour de Paris à partir des années 1965….
    Qui c’était déja, le jeune Enarque en charge du béton au cabinet du 1.er ministre Pompidou ? Son nom m’échappe…

    Couronne de villes nouvelles autour de Paris: 20 ans plus tôt, les édiles londoniens avaient fait de même à 60 km environ du centre et conseillaient comme résultat de l’expérience une plus grande distance. 100 km était convenable. Les autorités « parisiennes » en charge sachant ces 60 km trop faibles ont choisi 30-40 km. A 30 km, les villes nouvelles servent de dortoir et n’arrivent pas à surmonter l’attrait de la capitale.
    Urbanisme ? Non spéculation. Le béton est l’or de notre époque.

  17. On crée une commission de dialogue (groupe de paroles ?), mais la ministre de l’Ecologie Delphine Batho rappelait dès lundi matin que cette commission n’a pas pour objet la « remise en cause du projet » d’aéroport.

    On comprend pourquoi certains en ont assez de parler.

  18. 11/12/2012 Fr.culture consacre une journée à Notre dame des Landes / journaux de 7h30/8h/12h30 et 18h .
    – et aussi ceci ( du site  » reporterre.net  » ) :

    Kashima paradise , le précédent japonais :
    La lutte contre un aéroport géant… C’était au Japon, dans les années 1970
    Mémoire des Luttes – 11 décembre 2012
    NOTRE-DAME-DES-LANDES. Le précédent japonais :

    Des mouvements pour la défense de la terre contre des projets d’aéroports, il y en a eu d’autres avant celui, admirable, qui s’oppose aujourd’hui à la construction de l’absurde mégaprojet de Notre-Dame-des-Landes.
    Rappelons, par exemple, les luttes victorieuses des écologistes et des paysans mexicains, en 2001, contre l’initiative du gouvernement mexicain d’exproprier des terres dans la commune d’Atenco afin de construire un nouvel aéroport pour la ville de Mexico [1].

    Mais la bataille la plus exemplaire et la plus formidable contre un projet d’aéroport géant reste celle de Narita au Japon [2]. Vers 1970, en effet, entre Kashima et Tokyo, les autorités décident de construire l’immense aéroport de Narita sur des terres agricoles très fertiles.
    Mais les paysans refusent de vendre leurs parcelles, s’organisent et résistent. Des milliers d’étudiants solidaires et d’écologistes accourent alors de tout le pays les soutenir et leur prêter main forte. Ensemble, au cours de batailles homériques, ils affrontent – durant des mois – les compagnies de gardes mobiles casqués, armés de matraques et de boucliers géants, envoyés pour les expulser.
    A cette époque, le cinéaste Yann Le Masson part au Japon rejoindre une jeune sociologue, Bénie Deswarte, qui étudie la société japonaise. Tous deux, caméra et micro déployés, ils décident de filmer la « bataille de Narita ».
    Ils suivent pas à pas les affrontements et les résistances contre la construction du gigantesque aéroport de Narita. Leurs images, inoubliables, rappellent celles des chevaliers teutoniques dans Alexandre Nevsky, le chef d’œuvre d’Eisenstein. Ils montrent les chocs héroïques entre paysans et étudiants contre les gendarmes et les soldats imbriqués dans une inextricable mêlée.
    Leur documentaire, Kashima Paradise, se présente comme un somptueux poème en noir et blanc à la gloire des paysans qui défendent leurs terres et refusent de les vendre au profit d’une prétendue expansion économique du Japon. En réalité, un mégaprojet destiné à devenir un « paradis » pour les entreprises multinationales.
    Yann Le Masson et Bénie Deswarte composent ainsi, avec une élégance exquise, par petites touches, un des plus beaux et bouleversants documentaires engagés du cinéma français, magnifié par un puissant commentaire de Chris Marker [3].

    Filmé en noir et blanc, ce film est devenu la référence du cinéma militant des années 1970.
     » Kashima Paradise  » :
    [France, 1973, 112 min] Réalisation : Yann Le Masson, Bénédicte Deswarte Scénario : Benie Deswarte, Yann Le Masson Production : Les Films Grain de sable Image : Yann Le Masson Musique : Hiroshi Hara Commentaires : Chris Marker Semaine internationale de la critique au Festival de Cannes 1973 Nominé pour les Oscars 1974
    Disponible aux Editions Montparnasse.
    …………………………………….
    Notes :
    [1] Rue 89 Ici et Reporterre Ici
    [2] http://npamenton.unblog.fr/2010/08/
    [3]http://susauvieuxmonde.canalblog.co…

    1. ouais , « grenello-incompatibles »… ya qu’ici qu’on peut lire ça. chez les verts? m’en voudrai toujours d’avoir contribué à perdre jospin en votant pour ces ânes bâtés.
      mais on apprend de ses erreurs.

    1. Ouais, ya plein d’eau, y faut prendre les bottes et même kekfois les cuissardes. Pis ya des mosquitos et pourtant y sont pas protégés ces corniauds.

    2. @ Patrick:

      intéressant, votre lien ! (auteur: République française)

      un lien sous votre lien donne une vidéo (tout aussi officielle – 4 minutes).

      Extraits :
      « Les zones humides sont le moyen naturel d’améliorer la qualité de l’eau. Elles jouent un rôle clé dans le changement climatique en stockant le carbone. »
      « Les zones humides contiennent un cinquième du carbone mondial. »
      (…)
      « La moitié des zones humides de la planète a déjà été détruite »
      « Il y a en France » (17-22* x la superficie de la Belgique) « 3.150.000 ha de zones humides » (31.500 km²), soit un peu plus que la surface de la Belgique (30.5000 km².)

      ——————

      * Note: la superficie de la France – même uniquement métropolitaine – est problématique selon les sources… Varierait-elle entre ce qu’elle est et ce qu’ « ils » pensent qu’elle est ? 😉

    1. oui, ils sont pressés que ça évolue au vénézuéla, hugo chavez ils l’aimaient pas cro cro :

      source wiki

      – Le taux de pauvreté a été diminué de moitié, de 54 % des ménages (2003) à 26 % (2008). La pauvreté extrême a diminué de 72 %98.
      – L’accès à la nourriture a été amélioré de manière significative. La consommation calorique moyenne est passée de 91 % des apports recommandés (1998) à 106 % (2007). Les décès liés à la malnutrition ont chuté de 50 % (de 4,9 à 3,2 décès par 100 000 habitants) entre 1998 et 2006, notamment grâce au Programme Alimentaire Scolaire (petit-déjeuner, déjeuner et collation gratuits dans les écoles publiques) et au réseau Mercal de nourriture subventionnée.
      – Les inégalités, mesurées par l’indice de Gini, ont diminué de 48,1 en 2003 à 40,99 fin 2008 (l’égalité maximale étant représentée par un score de 0). Le journal The Economist fait remarquer qu’alors que cet indicateur diminuait dans les principaux pays d’Amérique du Sud, au Venezuela il augmentait99, ce qui ne changeait pas le fait qu’il demeurait selon l’indice Gini le pays le moins inégalitaire d’Amérique du Sud100.
      – Les allocations sociales, notamment vieillesse et handicap, ont plus que doublé leur couverture, passant de 1,7 million (1998) à 4,4 millions de bénéficiaires (2008)85.
      – Le salaire minimum vénézuelien a été augmenté à plusieurs reprises par Chavez, c’est désormais le plus élevé du continent. Hugo Chavez a lancé la Mision Vivienda, (« mission logement »), en 2011, 200 000 unités ont été construites101. L’objectif est de construire deux millions de logements d’ici à 2019.
      – Le revenu par habitant qui était de 4 000 dollars a bondi à 13 000 dollars en 2009, sous Chavez102

      on comprend pourquoi 🙂

      1. j’y souscris pas trop à ton truc. le ton réducteur, l’avalanche d’infos, la perspective choisie. chavez a supporté une pression dantesque , à la tête d’une jeune nation, pardon une ancienne colonie. remis dans son contexte c’est plutôt pas mal.

      2. @vigneron
        Une fois de plus, tu fais dans la nuance. Tu dis à methode qu’il a « rin pigé ». Quelle hauteur de vues !

        1.
        S’agissant du Venezuela de Chavez, la seule chose qui soit certaine est l’intense désinformation mondiale, et en particulier occidentale, qui règne sur le sujet. Nous y baignons quotidiennement, vigneron compris.

        2.
        Le type, Marc Saint-Upéry, à qui renvoie le lien que tu nous donnes, écrit un article dans Le Monde qui n’a rien à voir avec le style traditionnel de ce journal: il est bourré de jugements moraux tenant lieu d’information, et pour ma part je le trouve même franchement hystérique. Ça n’a rien à voir avec le corpus de recommandations que fait le grand journal du soir à ses journalistes. Pourquoi ? C’est louche, bien sûr, mais pas totalement incohérent avec le virage à droite du Monde depuis une dizaine d’années, qui rime avec Minc, Boucher et compagnie.
        Qu’est-ce que le Mauss fait dans cette galère, je n’en sais rien.

        3.
        En fait, Saint-Upéry semble surtout soucieux de s’en prendre à l’idylle de Mélenchon pour Chavez. Il tape sur Chavez parce qu’il veut taper sur Mélenchon.
        Personnellement, je reconnais sous sa plume la certitude scientiste ou rationaliste obtuse qui a pourri le communisme réel, celle des gauches qui définissent le seul chemin de pensée autorisé.

        4.
        Prenons Cuba. Il y a une catastrophe cubaine, c’est certain. Non seulement ce peuple est supposé infoutu de produire un autre lider que Fidel, mais en outre ce dernier ne peut être remplacé que par …son frère. C’est lamentable, évidemment. Il y a des persécutions, des prisonniers politiques, et il y a eu des assassinats d’Etat – ce qu’on n’a pas encore observé chez Chavez.
        En même temps, les indicateurs sociaux de grande pauvreté, d’analphabétisme, de mortalité, de santé publique en général, d’éducation, … sont à Cuba à un niveau d’excellence sans commune mesure avec les pays de la région, avec les pays du tiers monde en général, avec tout pays qui se trouve à son niveau de développement productif.
        Tandis que par ailleurs l’éléphant américain voisin ne permet pas à la mouche cubaine d’en faire à sa guise, comme si elle était le mettait en danger.
        Il y a clairement quelque chose qui cloche dans l’Occident démocratique anticastriste ! (Et en effet ! L’entretien des 1% étatsuniens est infiniment plus cher que celui de la nomenklatura cubaine. Voilà le danger ! 😉 )
        Même si le Cuba d’aujourd’hui est sans aucun doute une forme d’autoritarisme avancé et sénile.

        Le bolivarisme de Chavez se situe dans la même veine que le castrisme cubain, je n’en doute pas.
        Mais entre ça et les marionnettes des marchés, je n’hésite pas.

        Le jour où Cuba redeviendra ou redeviendrait un État mondialisé ordinaire, la pourriture de la domination en terre humaine ne reculera pas, elle progressera.

        Et la chose la plus raisonnable que nous puissions penser du bolivarisme chavézien, c’est qu’il en va de même pour le Vénézuela d’aujourd’hui.

        Un peu de modestie, nous qui avons le nez dans le volant, dans nos verres, dans nos vignes !

      3. Dans la série des glissements sémantiques , j’ aime bien :
        « chomage partiel  » qui remplace « travail partiel » .

        Aussi ,ds le film de Jean Yann , la pancarte :
        «  »DEPECHE TOI CONNARD TON PATRON T’ ATTEND  »

        que l’esprit actuel remplacerait par :
        «  »DEPECHE TOI CONNARD , MON PATRON M’ ATTEND » «  »

      4. vigneron,

        on dit surtout ski faut pour discuter proprement. par ex de chavez ou du sort de cuba, sous embargo depuis… depuis ? c’est injustifiable.
        rien qu’avec ce qu’un journal comme celui-ci concède à hugo, il est facile d’estimer ses résultats. pour ce qui est de son imperfection, naturelle, j’ai tendance à être compréhensif. comment ne pas l’être ?
        il leur a proposé autre chose que cirer les bottes déjà propres des petits barons du capital. les vénézuéliens ont dit oui. valà

      5. Enfin, en termes d’éthique militante, Chavez et son parti croupion incarnent un modèle hyper-caudilliste caractérisé par ses tendances mafieuses et son charlatanisme idéologique.
        Pas mal ton St Upery Vigneron, du lourd. Et dans le Mauss hein!…
        Quant à L’ONG PROVEA, comment dire… non rien.
        Fidèle Vigneron, Vigie du Monde Libre.

      6. @kercoz
        « chomage partiel » qui remplace « travail partiel »
        Ben ouais normal…
        Paul J. le répète inlassablement: « le travail disparaît », mais pas le chômage…!

      7. meuhtode, leboutte, hercoz, relou, Chavez,
        On dit merci qui les petits bolivariens ? On dit merci tonton Sam pour les zolis dollars pétroliers bullaires dispensés de temps en temps (électoraux) par l’intermédiaire de Sa Majesté Enflée bolivarissime.
        Je propose un jour de liesse jorionienne pour le calanchage du gradé en question. Pis comme j’aime pas les célébrations, même festives, on va croiser les doigts pour que l’avalage d’extrait d’naissance de l’hugo minuscule soit synchrone avec ceux de ses potes Bachar et Mahmoud (Vladimir non, il mérite une fête séparée), on ferait des économies de magnums Ruinard et de confettis ruineux.

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