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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 11 MARS 2016 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 11 mars 2016. Merci à Marianne Oppitz !

Dernier_Jorion

Bonjour, nous sommes le jeudi 11 mars 2016 et si vous suivez un peu l’actualité du blog ici, vous savez ce que j’ai derrière moi parce que je l’ai expliqué. Si vous n’avez pas vu ce petit billet, je vais vous expliquer de quoi il s’agit.

Je suis arrivé à Lille, c’était avant-hier, au moment où se terminait la manifestation sur la loi Travail, et je suis allé m’asseoir dans un café près de la gare pour prendre un verre avant de faire autre chose.

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RAY BRADBURY (1920-2012)

Ah ! mes amis, il y a là grand risque que je devienne lyrique : Ray Bradbury nous a quittés hier. Auteur de « science-fiction » nous dit-on, mais ne faudrait-il pas plutôt dire « auteur de distanciation philosophique » car il n’a jamais été aussi clair que dans les nouvelles qu’il a écrites (c’est là qu’il excellait) que la science-fiction n’est jamais que le moyen d’obliger le lecteur à ce pas en arrière qui le force à s’examiner lui-même comme s’il était un autre.

Les Chroniques martiennes (1950) de Bradbury étaient de ce point de vue particulièrement remarquables car ces « Martiens » dont il est question dans chacune des nouvelles composant le recueil ne sont jamais les mêmes : les uns sont là pour que nous nous interrogions sur le prétexte qui fait que nous appelons « différent de nous-même », un voisin ; d’autres Martiens sont là pour nous rappeler que nos propres ancêtres d’il y a trois ou quatre siècles sont devenus pour nous des « Martiens » et que nous-mêmes serons un jour prochain des « Martiens » pour nos descendants. D’ailleurs, nous fait comprendre Bradbury, au cours d’une longue errance dans une cité en ruines depuis longtemps désertée – sinon par quelques éclairs de présence – il y a deux moments dans nos vies : vivant d’abord, Martien ensuite.

Je ne parlerai pas de Fahrenheit 451 (1953), de peur que l’évocation de cette époque hypothétique où il faudra que nous soyons chacun un livre – vous La Princesse de Clèves, moi, Les Misérables – nous soit trop douloureuse en raison de sa ressemblance étroite avec les temps présents.

Mon récit préféré, ce sont ces quelques pages seulement où le promeneur que je suis découvre sur une plage à la fin du jour, un homme traçant de son pied dans le sable, de grandes fresques, et quand, reconnaissant l’artiste, le désespoir m’envahit de voir ce chef-d’œuvre de Picasso effacé petit à petit par la marée qui monte !

Le cinéma n’a pas pu ignorer ces récits bien entendu : Truffaut a repris Fahrenheit 451 en 1966, Jack Smight a mis en scène lui en 1969, L’homme illustré, l’un des films les plus inquiétants qui soit, avec des enfants dévorés par des lions dans le mur, auquel Rod Steiger prêta sa propre grande folie pour le rendre encore plus déconcertant.

Ray Bradbury, vous nous avez fait penser, et c’est très loin d’être terminé.

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