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L’actualité de demain : PRÉVISION D’EFFETS D’ANNONCE A LA PELLE AU G8, par François Leclerc

Billet invité.

Un nouveau G8 se tiendra lundi et mardi en Ulster. Mais à quoi donc servent tous ces sommets qui se succèdent sans relâche et dans diverses formations, peut-on se demander ? En premier lieu à faire des annonces ronflantes rarement suivies d’effet, pourrait-on observer en revenant sur les précédents ! Somme toute, tout nouveau sommet aurait pour principale tâche d’escamoter les engagements non tenus de ceux à qui il succède !

Même David Cameron, qui le préside actuellement, est conscient de l’effet de lassitude de ces sommets à répétition et y a fait allusion. Chacun s’y rend afin de pouvoir bénéficier de la reconnaissance de ses pairs et déclarer avoir obtenu gain de cause. Les sommets sont de ces occasions où il ne faut pas rater de remporter des victoires (sauf dans les rares cas dramatisés où ils sont reconnus infructueux). Ils magnifient l’idée d’une gouvernance mondiale, dans toutes ses géométries, que la photo de famille et le communiqué final symbolisent. Car ils ont leur rituel, ce qui permet parfois d’y déroger, afin de renforcer la communication à leur sujet. Et puis c’est tout, ou presque.

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L’actualité de la crise : L’IMPORTANT, C’EST DE PARTICIPER…, par François Leclerc

Ils sont venus, ils sont tous là….

Avec Francois Hollande, Barack Obama a parlé croissance et avec Angela Merkel austérité. Ensemble, ils ont parlé austérité et croissance à Camp David. Puis Barack Obama a déclaré que la croissance et l’emploi devaient être la priorité commune.

Angela Merkel et Barack Obama sont convenus de travailler « en tandem » sur les deux fronts de la consolidation fiscale et de la croissance, dans cet ordre-là. François Hollande, a promis « un lien profond » avec les Etats-Unis » et constaté « des avancées importantes », se réjouissant que la croissance ait été « le grand sujet » du G8.

« Le consensus est de plus en plus net » a déclaré Obama. « La France et l’Allemagne n’ont pas de divergences » a fait valoir Merkel, « sinon nous n’aurions pas pu nous mettre d’accord sur le communiqué ». Dans leur communiqué final, tous les membres du G8 ont déclaré vouloir une « zone euro forte et unie », tout en reconnaissant que les mesures à prendre « ne sont pas les mêmes pour tous ».

Barack Obama, David Cameron et Angela Merkel ont regardé les tirs au buts de la finale de la Ligue des champions finalement remportée par Chelsea contre le Bayern de Munich (c’était l’événement à ne pas manquer du week-end). Angela Merkel, Mario Monti et François Hollande ont cherché une date dans leur agenda pour se réunir avant de retrouver leurs 24 autres collègues de l’Union européenne, fin juin à Bruxelles.

Les sherpas ont immédiatement entamé la rédaction du projet de communiqué commun du prochain G8. C’était une journée comme les autres.

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BFM Radio, lundi 28 juin à 10h46 – « En espérant que les choses s’arrangent… »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Quand on lit les résolutions à l’issue du G-8, qui s’est tenu à 200 km au Nord de Toronto, et du G-20 qui s’est tenu à Toronto-même, on est frappé par le ton de confiance qui s’en dégage : « Ça va être dur, nous dit-on, mais tout finira par s’arranger ». Mais quand on examine les mesures que l’on envisage de prendre, il ne s’agit jamais que de mesures d’appoint : un peu de ceci ici et un peu de ça là-bas. Sans que tout cela ne soit connecté en aucune manière par une philosophie générale, et comme si seuls l’aspirine et le sparadrap faisaient partie des moyens dont on dispose pour remettre le système d’aplomb.

Ce « Tout finira bien par s’arranger » constitue de la même manière le cadre général du fameux « financial overhaul », le paquet de mesures résultant d’un compromis entre le Congrès et le Sénat américains et dont on espère aux États-Unis qu’il ne capotera pas d’ici le 4 juillet, vu que son vote est censé faire partie des grandes victoires que l’on célébrera lors de la fête nationale américaine. Aurait-il fallu plus de 1600 pages de réglementation à la fois tatillonne et sibylline si quelques principes solides avaient été proposés ? Bien sûr que non. De même encore en France, à propos de la réduction de la dette publique : mises à part quelques économies par-ci par-là, on compte essentiellement sur le retour de la croissance pour arranger les choses – sinon sur le court terme, du moins sur le moyen terme. Comment la croissance pourrait-elle revenir alors que l’on s’apprête à réduire le pouvoir d’achat des ménages ? Mystère et boule de gomme.

Que signifie cette conviction que l’on peut se contenter de s’intéresser à des points de détail ? Que chacun continue de compter sur l’autorégulation : on continue de penser que les choses ont tendance à s’arranger d’elles mêmes et que les mesures qu’il faut mettre en place ne doivent pas dépasser en intensité le niveau du « coup de pouce ».

Or l’hypothèse de l’autorégulation a été démentie dans les faits. Une première fois en 1929. On le comprit bien dans les années qui suivirent. Puis on l’oublia : « J’y pense et puis j’oublie », dit la chanson. Pire encore, cette hypothèse fut rapidement ressuscitée : « L’autorégulation était bien là, commença-t-on à dire, mais ce sont les États qui lui ont mis des bâtons dans les roues ». L’hypothèse de l’autorégulation est morte une seconde fois en 2008. Mais tout cela est déjà si loin ! À moins bien sûr que le mot d’« hypothèse » ne convienne pas… et qu’il faille plutôt parler de « croyance » ?

À l’époque où je partageais la vie des pêcheurs bretons, il arrivait qu’à la fin de la journée du vendredi les mines s’allongent, et j’entendais dire alors : « Faut pas s’inquiéter : samedi sauvera la semaine ! » Quand ce n’était pas le cas, on entendait un peu plus tard : « C’est pas grave : la dernière semaine sauvera le mois ! », et puis, vous l’avez deviné, si l’année toute entière tournait à la catastrophe, on comptait sur décembre pour sauver la mise. « L’espoir fait vivre », dit-on, et ceux qui nous gouvernent en semblent convaincus. Mais attention ! le désespoir, c’est le contraire. Et puis, il y a d’autres dictons : pourquoi ne pas passer plutôt à « Aide-toi et le ciel t’aidera » ? Cela nous éviterait à l’avenir bien des pleurs et des grincements de dents.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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