Archives par mot-clé : Georges Bataille

« POUR EN FINIR AVEC LE JUGEMENT DE DIEU… » – L’ENFANT-ROI ET SES JUGES ou GRETA ET MICHEL L’ANCIEN, par Vincent Teixeira

Ouvert aux commentaires.

En cette période de « murs », face à « l’ordure politique », et aussi, si j’ose dire, face à une certaine ordure intellectuelle française, je devrais sans doute ériger plus haut mes murs… Hélas, même si je suis loin, très loin, d’être à la hauteur de ces/ses murs, un Flaubert lui-même disait faire tous ses efforts pour « tâcher de vivre dans une tour d’ivoire », mais faisait le constat amer qu’« une marée de merde en bat les murs »… 

Un siècle et demi plus tard, sauf à vivre sur une île déserte (et encore !), difficile de se protéger et d’échapper totalement à ces multiples marées noires qui envahissent et abîment notre monde, qu’il soit géographique, bien terrestre, marin, ou symbolique.

Marées noires dont participent certains pseudo-penseurs médiatiques, qui semblent désormais avoir pour principale tâche « intellectuelle » d’accabler leurs prétendus « ennemis » (à compter qu’ils ne se trompent pas de cibles) de leurs jugements pleins d’un fiel obscène et émétique. Dans ce qui a été un des tristes feuilletons « intellectuels » (vache maigre), ou plutôt médiatiques de l’été, la petite Suédoise Greta Thunberg en a fait largement les frais. Mais l’hydre du nihilisme et du cynisme (pour reprendre les termes de Paul Jorion) a le goût du venin, se complaît dans ses fétides persiflages (et sans doute en vit-elle ?)… Alors qu’avec une once de dignité, il conviendrait bien plutôt d’« avoir le goût des autres dans la bouche », pour paraphraser le poète Pierre Peuchmaurd.

Continuer la lecture de « POUR EN FINIR AVEC LE JUGEMENT DE DIEU… » – L’ENFANT-ROI ET SES JUGES ou GRETA ET MICHEL L’ANCIEN, par Vincent Teixeira

Partager :

QUESTIONS À RÉSOUDRE (III) « ÉBULLITION DU MONDE » ET PROPRIÉTÉ PRIVÉE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Deux questions doivent être résolues initialement : dans la production de biens et de services, de la richesse nouvelle est-elle créée et si oui, comment en détermine-t-on le volume et le montant ? De plus, parmi les parties antagonistes qui se partagent dans notre monde contemporain la richesse nouvellement créée, toutes ont-elles une justification à en recevoir une part et si oui, d’où leur vient leur droit, et quel est la fondation conceptuelle de ce droit ?

Premier élément de réponse : de la richesse est nécessairement créée dans le processus de production puisqu’elle est consommée ensuite.

Jusque-là tout le monde s’accorde. On constate aussi que des efforts humains se conjuguent, sans qu’il soit pour autant certain que certains d’entre eux ne sont pas consentis en vain, en pure perte, qu’ils ne constituent pas seulement de l’agitation inutile. Agitation éventuellement inutile pour atteindre le résultat observé mais pas pour autant inutile pour ce qui est précisément d’être récompensés par une rémunération.

On voit aussi que des ressources naturelles sont mises à contribution, telles des matières premières ou de l’énergie que l’on peut se procurer sans travail ou par un travail minime, ou dont on peut se contenter d’en obtenir le bénéfice, comme, par exemple, le soleil, la pluie ou le vent.

La capacité du monde à contribuer de la richesse « naturellement », c’est ce que Georges Bataille appelait dans « La part maudite » (1949), l’ébullition du monde.

Les matières premières naturelles comme le pétrole, le minerai, se distinguent du soleil, de la pluie et du vent par le fait de ne pas être renouvelables, étant fossiles ou proprement géologiques, résultant d’un long processus de sédimentation ou de la constitution-même de notre planète par agrégation de matière à son origine cosmique.

Nous avons cependant trouvé le moyen de nous approprier cette ébullition « spontanée » du monde grâce à l’institution de la propriété privée qui permet à un propriétaire de réclamer pour lui une part de la richesse nouvellement créée, en se prévalant simplement d’un titre, c’est-à-dire d’une déclaration garantie par les appareils institutionnels légaux de sa communauté : judiciaire et policier, affirmant que cette part de l’ébullition ne vient pas simplement « du monde » mais lui appartient bien en propre « à lui ».

(à suivre…)

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Partager :