QUESTIONS À RÉSOUDRE (III) « ÉBULLITION DU MONDE » ET PROPRIÉTÉ PRIVÉE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Deux questions doivent être résolues initialement : dans la production de biens et de services, de la richesse nouvelle est-elle créée et si oui, comment en détermine-t-on le volume et le montant ? De plus, parmi les parties antagonistes qui se partagent dans notre monde contemporain la richesse nouvellement créée, toutes ont-elles une justification à en recevoir une part et si oui, d’où leur vient leur droit, et quel est la fondation conceptuelle de ce droit ?

Premier élément de réponse : de la richesse est nécessairement créée dans le processus de production puisqu’elle est consommée ensuite.

Jusque-là tout le monde s’accorde. On constate aussi que des efforts humains se conjuguent, sans qu’il soit pour autant certain que certains d’entre eux ne sont pas consentis en vain, en pure perte, qu’ils ne constituent pas seulement de l’agitation inutile. Agitation éventuellement inutile pour atteindre le résultat observé mais pas pour autant inutile pour ce qui est précisément d’être récompensés par une rémunération.

On voit aussi que des ressources naturelles sont mises à contribution, telles des matières premières ou de l’énergie que l’on peut se procurer sans travail ou par un travail minime, ou dont on peut se contenter d’en obtenir le bénéfice, comme, par exemple, le soleil, la pluie ou le vent.

La capacité du monde à contribuer de la richesse « naturellement », c’est ce que Georges Bataille appelait dans « La part maudite » (1949), l’ébullition du monde.

Les matières premières naturelles comme le pétrole, le minerai, se distinguent du soleil, de la pluie et du vent par le fait de ne pas être renouvelables, étant fossiles ou proprement géologiques, résultant d’un long processus de sédimentation ou de la constitution-même de notre planète par agrégation de matière à son origine cosmique.

Nous avons cependant trouvé le moyen de nous approprier cette ébullition « spontanée » du monde grâce à l’institution de la propriété privée qui permet à un propriétaire de réclamer pour lui une part de la richesse nouvellement créée, en se prévalant simplement d’un titre, c’est-à-dire d’une déclaration garantie par les appareils institutionnels légaux de sa communauté : judiciaire et policier, affirmant que cette part de l’ébullition ne vient pas simplement « du monde » mais lui appartient bien en propre « à lui ».

(à suivre…)

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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188 réflexions sur « QUESTIONS À RÉSOUDRE (III) « ÉBULLITION DU MONDE » ET PROPRIÉTÉ PRIVÉE »

  1. L’appropriation en question

    «Quand le pillage devient un moyen d’existence pour un groupe d’hommes qui vit au sein de la société, ce groupe finit par créer pour lui-même un système juridique qui autorise le pillage et un code moral qui le glorifie.»
    Frédéric Bastiat (1801-1850)

    « La propriété c’est le vol »
    Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865)

    S’il ne devait demeurer qu’une seule différence entre la propriété et le vol, elle tiendrait en ceci : la propriété s’adosse momentanément à sa légitimation réussie quand le vol lui ne le peut. En dernière analyse, l’une comme l’autre sont appropriations consécutives à l’utilisation de la force brute –ou de ses symboles- et garanties par la possibilité de recours à cette dernière.

    « La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures »
    Noam Chomsky

    L’appropriation sophistiquée, la soumission par médiatisations symboliques de la force physique -qu’elles soient éthique, juridique, politique, commerciale, sociologique- se réalise toujours sous l’escorte d’agressivité primitive, de force brute ne se manifestant qu’en dernière instance, en cas d’intériorisation de la contrainte déficiente.

    Dans une économie capitaliste, l’appareil judiciaire produit une justice capitaliste; le ministère de l’intérieur assure un maintient de l’ordre public capitaliste; le ministère de la culture produit une culture capitaliste.

    Exemple: la Grèce est actuellement le laboratoire d’une finance folle dingue expérimentant la transformation du vol en propriété, du pillage en loi, alors même que la citoyenneté s’époumone (le gaz lacrymogène aidant) à dénoncer une prise de pouvoir par la finance, ou encore un hold-up.

    Peinant à légitimer cet état de fait, ou cette crise, ainsi qu’elle le nomme, la propagande prestement se commute en force primitive, dont le monopole, fût-il détenu par l’Etat, semble vigoureusement contesté…

    La finance vaincue et la partie émergée de l’iceberg érodée, nous attaquerons-nous enfin aux logiques d’appropriations responsables d’odieuses inégalités et garantes d’un capitalisme dont l’agonie tend à s’éterniser ?

    1. Exemple: la Grèce est actuellement le laboratoire d’une finance folle dingue expérimentant la transformation du vol en propriété, du pillage en loi, alors même que la citoyenneté s’époumone (le gaz lacrymogène aidant) à dénoncer une prise de pouvoir par la finance, ou encore un hold-up.

      C’est ce qu’appelle Naomi Klein la « stratégie du choc » il me semble. Ou comment profiter de la catastrophe pour privatiser un nouveau pan du bien commun dans une mesure qui serait impossible en temps normal, lui même étant un « état de choc » à petite dose permanente selon Bernard Stiegler.
      Mais là ou je suis en désaccord, c’est que nous ne somme nullement face à un laboratoire !
      Ces stratégies ont été testées à grande échelle sous Pinochet après l’assassinat d’Allende au Chili dans les années 1970.
      Aujourd’hui malheureusement tout cela est rationalisé et efficace comme jamais, et le miracle rhétorique qui a permis de transformer la plus grande crise financière (du système) de l’histoire en crise de la dette des États souverains dans les esprits prolétarisés que nous somme (dans le sens de perte de savoir-faire/savoir-vivre/savoir-théoriser toujours d’après Stiegler), permet ainsi d’accélérer le mouvement en décrédibilisant toujours davantage le Pouvoir Public (garant de la temporisation).

      Tout cela finira surement par une magnifique guerre mondiale durant laquelle nous allons tous mourir un coca et un mc daube à la main, mais je dois reconnaitre qu’il y a du génie dans tout cela. Arsène Lupin peut aller se rhabiller…

  2. « Agitation éventuellement inutile pour atteindre le résultat observé mais pas pour autant inutile pour ce qui est précisément d’être récompensés par une rémunération »

    Cet aspect des choses est généralement occulté car il est déormais admis que le but n’est pas de produire des richesses mais de tirer une rémunération de son activité. Par suite, toute activité, ne serait-ce qu’une simple agitation, est considérée comme étant réellement utile, dès lors qu’elle est susceptible d’ « être récompensée par une rémunération ».

  3. Voici la question : propriété et privatisation de la propriété ? Si la propriété est un droit universel, elle dépend de la communauté et ne peut être privatisée. Dans ce cas le propriétaire est redevable à la communauté de son droit de propriété, c’est-à-dire qu’il ne peut abuser de la fonction sociale de la propriété définie par ses obligations de réciprocité. Seriez-vous d’accord ?

      1. On peut citer ce qu’on veut…

        1. Toute personne a droit à son intimité.
        2. Nul ne peut être arbitrairement privé de son intimité.

        Le droit d’usage peut suffire à la préserver.
        (Même mon chat est d’accord)

  4. La question écologique est absolument indispensable à l’avenir de l’humanité. Il est d’ailleurs fort dommageable que ces questions soient globalement absentes du débat de l’élection présidentielle en France. Cependant il m’apparait également important de se concentrer sur la type d’emplois créés par notre société. La tertiarisation de notre économie me semble être un échec car elle favorise l’apparition d’une société à deux vitesses (comme expliqué dans l’article suivant: http://lespoir.jimdo.com/2012/03/04/pourquoi-notre-mod%C3%A8le-de-soci%C3%A9t%C3%A9-n-est-il-plus-viable/).
    Il me paraît donc indispensable de procéder à la réindustrialisation du pays avec les limites écologiques que cela comporte. Le défi du 21ème siècle sera-t-il de créer une industrie propre et sans empreinte écologique? L’avenir nous le dira…

  5. « Nous avons cependant trouvé le moyen de nous approprier cette ébullition « spontanée » du monde grâce à l’institution de la propriété privée »

    Le prochain acte ne risque-t-il pas d’être l’appropriation des idées nées de « l’ébullition spontanée du monde » (de l’esprit)?’ Ne faut-il pas s’attendre à ce qu’on veuille nous faire payer l’usage des idées et que les droits d’auteur s’appliquent aussi aux problèmes, aux arguments, aux exemples etc.?

  6. On revient sur la problématique: découverte/invention des brevets là. Le droit attribue la propriété de la découverte d’un minerai, comme si c’était une invention (même logique pour les ogms, la découverte d’une association de génome volontairement nouvelle, donne la propriété à l’ensemble du génome ainsi constitué et à sa descendance).

  7. Comment parler de propriété sans parler de la gestion de la mimesis? Comment parler de propriété sans parler de subsidiarité?
    La propriété n’est jamais un droit absolu. Il existe des exemples qui le prouvent. Par exemple, si vous avez une piscine et que lors d’un feu les pompiers manquent d’eau, ils ont le droit et même le devoir de venir disposer de l’eau de votre piscine, y compris en défonçant votre portail si nécessaire. C’est bien un cas où le collectif l’emporte sur l’individuel, sur la propriété privée.
    Le droit actuel relatif à la propriété permet-il de porter atteinte aux droits et intérêts collectifs? Est-ce que le droit actuel de propriété permet que la liberté de chacun empiète trop sur le potentiel de liberté du voisin ou du collectif? (le trop étant à définir, à choisir collectivement, il n’a aucune valeur absolue et définitive). Ma réponse est oui, on peut en effet constater que le pouvoir collectif se trouve fortement dilué dans le pouvoir privé du fait de la concentration de richesses que le système (libertarien) actuel permet. Donc, je suis d’accord pour que le droit de propriété soit réformé, mais non aboli, afin que les décisions concernant le domaine public ne soit plus aux mains des marchands du temple.
    Dans les sociétés traditionnelles, la mimesis est prise en charge en grande partie par la religion. Dans notre société, le droit de propriété joue un rôle important dans cette gestion, à condition d’être modéré, à condition que ce droit ne puisse servir pas de Cheval de Troie à quelques uns pour décider pour tout le monde sans mandat.
    La subsidiarité, c’est de prendre les décisions au plus bas niveau possible. Mais il s’agit que les décisions et le domaine affecté soient cohérents. L’idée de ce principe est de contrebalancer l’excès de bureaucratisation des systèmes hiérarchisés. La bureaucratisation, c’est la prise de décision loin des conséquences et sans réel retour pour ceux qui décident. C’est l’excès symétrique de l’excès de pouvoir que peut confèrer la propriété privée.
    Aussi bien dans le cas de libertarianisme qui met la propriété privée au sommet de ses valeurs que dans le cas de pouvoir politique très centralisé qui a pu dire que la propriété c’est le vol, le principe de subsidiarité est mis à mal et le domaine public est accaparé et ainsi dénaturé et restreint par une classe servant plus ses propres intérêts que ceux de la collectivité.

  8. c’est du Rousseau !
    sur un point de vue médiocre mais relatant la subjectivité de notre monde, la comptabilité, et malgré le cadeau cosmique, la production de biens et services peut induire une perte (financière) et mettre en péril cette activité dite alors non rentable (problème des délocalisations…). Un gain financier n’est pas nécessairement créé.

  9. Bien sûr, cette question de la propriété privée (ou publique) est au centre de tout !

    C’est même sans doute elle qui crée depuis la nuit des temps des conflits qui ont mis au recyclage des verres de terre quelques dizaines de millions de corps et d’existences. D’ailleurs, il suffit de se rappeler que le nom d’Adam signifie « le glaiseux » pour prendre la mesure des rapports entre l’homme et ses désirs de pouvoir sur les éléments, les choses et les êtres qui l’entourent.

    Pour moi, la difficulté première à résoudre est la relativité extrême dans laquelle se trouvent nos semblables pour y répondre. Pour simplifier, est-ce qu’un indigent affamé (sans perspective d’amélioration de sa condition) peut avoir les mêmes vues sur cette question qu’une personne vivant dans des conditions matérielles et spirituelles confortables, voire excédentaires ?

    Ainsi, peut-on supposer que le désir de propriété d’un toit, d’une voiture, d’un lopin de terre, d’un point d’eau et quelques autres articles de première nécessité ne soient pas du tout le même suivant le point de vue de l’intéressé.

    Ensuite, on est en droit de se demander en quoi la propriété privée résoudra ou satisfera tous les besoins, fussent-ils superflus. Mais dans ce cas quelle alternative ?

    Enfin, la propriété privée, fut-elle maintenue faute de meilleur moyen d’organiser la vie des hommes entre eux, peut-elle (doit-elle) être infinie en quantité (cf. les enrichissements himalayens de certains de nos semblables) et en droits qu’elle confère au propriétaire ?

    Pour l’enrichissement (accumulation) infinie, les esprits semblent évoluer sur ce point, progressivement, depuis quelques siècles. Ainsi, lorsque je suis propriétaire d’une maison, je n’ai pas nécessairement le droit d’en faire ce que je veux eu égard à mes voisins et à la communauté dans laquelle je me trouve.

    En revanche, lorsque je suis propriétaire (sic !) d’une entreprise, ai-je le droit de tout fermer et de mettre tout le monde à la porte sans autre forme de procès ?

    Ainsi, le droit d’abuser des choses serait-il plus restreint que le droit d’abuser des gens ?

    Voilà pour moi à quoi renvoie de façon centrale cette question sur la propriété privée ! Il importe – de façon urgente – de faire évoluer le droit (des sociétés, des personnes morales) aussi loin, voire davantage que le droit de propriété sur les choses !

  10. Pour la petite histoire, je me promenais hier avec mes enfants sur un chemin de printemps, soudain un moteur excité trépigna derrière moi : un gros 4×4 avec un gros monsieur et un berger allemand à l’arrière semblaient fort mécontents. Vraisemblablement nous le gênions sur son passage et cette voie publique. Il s’arrêta à mon niveau, fenêtre ouverte et commença à me houspiller sévèrement car je freinais son allure, n’étant pas assez leste pour m’écarter vivement et trop hésitant pour ne pas patauger volontairement dans la boue sur le côté. Très agressif, il dégaina l’argument suprême : « je vais à mon bois, couper mon bois, j’ai le droit de passer, c’est mon bois et je viens récupérer mes fruits du travail de la terre » (j’arrange ses dires car les propos étaient bien plus laids). A ses yeux globuleux je n’étais rien, juste un minable qui ralentissait sa volonté de puissance le guidant vers cette part de l’ébullition que le monde semblait lui avoir définitivement accordée.
    Dans le tout solaire ou la mort, je pense que parfois la mort a son rôle à jouer… 😉

    « le tout solaire ou la mort ; cette part de l’ébullition » (repris à Paul Jorion)

    1. Et l’inverse se produit aussi, alors que certains se dirigent vers leur petit bois, ils sont houspillés par des messieurs en 4×4 qui leur reprochent de ne pas se serrer assez vite sur le bord du chemin et cela sous le prétexte que ledit chemin est à tout le monde !!!!!!

      1. A props de courtoisie , il y avait un très vieux dessin animé dans lequel Dingo/Pluto , jouant le double rôle simultané du piéton et de l’automobiliste , illustre de façon génial comment la bagnole ( et que dire des 4×4 !) est le vecteur et révèlateur du pire de nous mêmes .

      2. Je suis actuellement enThailande et je remarque qu’ici la propriété privée est très importante, l’aménagement de l’espace public en dehors des routes pour automobiles est minimaliste.
        Je vois que beaucoup de lieux publics datent d’avant la prise de pouvoir par le FMI et manque depuis d’entretien.
        Les riverains s’approprient les trotoirs lorsqu’ils existent qui pour garer sa voiture ou son scooter qui pour installer son échoppe ou stocker ses marchandises.
        Le code de la route est la loi du plus fort et le piéton est tout en bas de la chaîne alimentaire.
        En temps que piéton j’ai l’impression que la règle est : ils essayent tous de te tuer et tu dois survivre.
        Même lorqu’on se croit à l’abri, par exemple dans les allées d’un marché couvert, on peut voir à tout moment surgir un scooter et c’est lui qui a priorité.
        Hier je me suis fait presque écrasé par un 4×4 alors que je traversais au feu vert dans un passage clouté. Le conducteur a klaxoné en brulant le feu rouge. En fait tous les véhicules brulaient le feu rouge car c’est un feu uniquement pour piétons.
        Il est bon de signaler que le plus grand nombre de touristes blessés ou morts en Thailande provient d’accident de la route avec 50% de pietons.
        D’autre part ce que je vois ici resemble beaucoup à la folie immobilière de la Floride : constructions de bare d’immeubles s’appropriant les accès à la côte, de centres commerciaux énormes avec des magasins de marques internationnales, de villas avec piscine. Mais les prix, quoi que faibles par rapport à la France, sont énormes ramenés au salaire moyen thailandais et les étranger ne peuvent pas acheter de terrain. En Isan (la province la plus pauvre) j’ai vu un centre commercial (genre factory outlet de luxe) remplis de marchandises et de vendeurs mais sans clients.
        Quel est le pari des investiseurs ? Occuper le terrain en attendant l’enrichissement d’une classe moyenne ? Blanchir de l’argent ? Surfer sur une bulle immobilière ?
        Existe t’ il un lien entre le comportement au volant et la perception de la propriété privée (la route est à moi car j’ai une grosse voiture). Mais dans ce cas les américains seraient communiste car de tout mes voyages c’est aux USA que j’ai vu le plus grand respect des usagers faibles sur la route.

        Des pleins et des jeux TV

        La révolution viendra le jour où les pompes seront à sec.

      3. La gestion , la propreté et la convivialité des espaces publics sont une bonne mesure du bien vivre ensemble d’une société .

        Relire aussi Michel Serres ( le mal propre ) , ou polluer pour s’approprier .

  11. La propriété a toujours une origine violente. Le plus fort s’attribue un territoire par exemple, et ensuite fait voter les lois, qui justifient son droit de propriété. Et il fait respecter ces lois par l’appareil judiciaire et policier qu’il a mis en place.
    Sans cela l’ Amérique du nord serait toujours le territoire des Peaux-Rouges. L’acte fondateur de tout ordre basé sur la propriété est violent.
    Même si par la suite tout est fait pour faire oublier ce péché initial.
    La religion joue d’ailleurs souvent un rôle primordial, dans la justification de cet acte violent initial.
    Comme dans le cas de la « Destinée manifeste » invoquée par les colons américains.
    Ou le « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens! », que l’on attribue au légat du Pape, lors du sac de Béziers, pendant la croisade des albigeois.
    Tout comme ces parrains de la mafia, qui accèdent au pouvoir et à la richesse par le crime, et qui ensuite envoie leurs enfants étudier dans des institutions honorables. Façon de faire oublier l’origine de leur ascension sociale.
    Comme Capitalisme va de pair avec principe de propriété, le capitalisme ne peut-être que violent.
    « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage », pour reprendre la phrase de Jean Jaurès.
    « La propriété, c’est le vol » disait Pierre-Joseph Proudhon, et ce vol s’accompagne le plus souvent de violence. En ce sens la propriété privée est injustifiable.
    Car il y a toujours à l’origine de la propriété, préjudice envers l’humain et/ou envers la nature.

    1. Le processus en route doit aller au bout de sa logique, nous devrions approcher de sa fin, et après..

  12. C’est me semble-t-il ce que Marx a décrit quant à l’accumulation primaire des richesses. Elle se réalise de deux manières, parfois cumulatives, parfois non : la violence de l’homme envers l’homme (guerre, vol, servitude, …) et l’exploitation de l’homme envers la nature (captation de l’ébullition) à des fins privatives. La justification produite est la force (le droit du plus fort) ou le droit du premier arrivé. Dans ce dernier cas, le droit défini les choses captées par le premier arrivé comme ‘res nullius’, choses n’appartenant ‘à personne’ mais dont les caractéristiques peuvent être captées au profit du premier découvreur. Dans le cas contraire, les choses qui ne peuvent pas être captées sont considérées comme ‘communes’, soit comme ne pouvant être privatisées par des personnes (physiques ou morales) à leur profit. Dans les deux cas, le droit est défini selon que l’on puisse ou non s’accaparer la chose ou non à des fins individuelles ou collectives. Concernant l’accumulation primaire par la violence, il me semble que la légitimation est proportionnelle au temps en ce qui concerne les individus, la violence de l’Etat ou des Etats étant d’un autre ordre de légitimation, en tout cas déconnectée du temps comme processus de justification. Un ‘titre’ de propriété sera d’autant plus ‘légitime’ qu’il sera jugé comme (le plus) ancien. Les tribus autochtones peuvent ainsi contester ce droit en faisant valoir un ‘titre’ plus ancien de ‘propriété’, en faisant valoir un usage de choses plus ancien que les propriétaires des choses.
    La révolution mexicaine par exemple, notamment zapatiste dans le Morelos, est essentiellement à l’origine une révolution légitimiste de petits paysans détenteurs de titres de propriété contre les haciendas et leurs propriétaires, abusant des droits liés à l’usure pour capter leurs propriétés (à défaut de capter les titres qui vont avec).

    Sur la production de richesses, certains services ne produisent pas de ‘nouvelles’ richesses, du moins au sens où l’on pourrait évaluer (‘donner une valeur’) celles-ci : quelle ‘valeur’ accorder à la préservation d’un milieu naturel ? Quel ‘prix’ définir pour cela ? Quel ‘prix’ accorder au don-dette-contre/don ? La question posée est donc bien la détermination du volume et du montant. Le concept de ‘valeur’ actuel est impropre à ‘rendre’ l’ensemble des paramètres concernant la ‘richesse’ et ‘la nouvelle richesse’.
    En premier lieu, la ‘valeur’ ne reconnaît pas sa dette quant à la captation primaire, sans même parler de la violence exercée par l’homme sur l’homme : cette captation n’a pas de prix défini dans la définition de la richesse. Dès le départ donc, la définition de ce qui est ‘nouveau’ en tant que richesse est donc faussée : la ‘nouvelle richesse’ créée par la production devrait retrancher (comme service de la dette primaire pourrait-on dire) la rétribution au monde de la captation primaire.
    En second lieu, la justification quant à la répartition entre les acteurs de cette ‘nouvelle richesse’ peut s’identifier selon plusieurs concepts (une fois la captation primaire réalisée et ‘justifiée’, ou non) :
    1/ le capital apporté défini les droits de propriété et donc de parts sur les nouvelles richesses : ce sont les dividendes. Mais il y a amalgame entre capital et propriété car les dividendes ne sont que des mensualités remboursant le principal et l’intérêt du capital apporté. Cette part de la nouvelle richesse est donc défini par le temps (durée de remboursement) et le montant de l’apport, non par la captation de la propriété par le capital. De fait, par la nécessité d’avoir du capital pour fonctionner, c’est bien le rapport de force sur le besoin en capital qui fait que posséder celui-ci fait que l’entreprise est possédée par le capital.
    2/ le statut social et le rapport de force qui va avec : le dirigeant peut capter une part de cette richesse parce qu’il est … le dirigeant. En dehors de la justification de compétences apportées à l’entreprise (justification qui doit être évaluée au regard de l’apport, du service réellement rendu à l’entreprise), la justification ainsi définie est celle de la hiérarchie. Cette seule justification est insuffisante pour qu’elle soit légitime. Parfois, le dirigeant utilise aussi le fait qu’il a été l’apporteur de capital principal pour justifier sa part de richesses nouvellement créées, réalisant ainsi un amalgame entre sa fonction de dirigeant et sa fonction de capitaliste.
    3/ les travailleurs, parce que la nouvelle richesse se constitue par la création de richesses dont le processus majeur est le travail, dont une part de la ‘valeur’ (la ‘plus value’, cette part de la ‘valeur’ qui est la résultante de la soustraction de la richesse créée d’avec le travail réalisé) est capté par les capitalistes et les dirigeants. Mais le travail comme mode de définition de la ‘valeur’ (richesse) ne permet pas de définir de manière intangible ce qu’est une richesse et une nouvelle richesse. Car si les coûts de revient liés au travail sont ‘objectifs’, alors il ne peut exister de ‘nouvelle richesse’. Soit l’évaluation du processus par le travail est ‘objectif’ et la richesse créée est toute la richesse (pas de ‘nouvelle richesse’ donc), mais dans ce cas le dirigeant et la capitaliste sont du travail. Soit il ne l’est pas, parce que le capitaliste et le dirigeant ne sont pas du travail, mais dans ce cas la justification de la captation de la part de richesse ‘nouvellement créée’ au profit des travailleurs se réalise sur l’acheteur, c’est-à-dire sur d’éventuels autres travailleurs. Dans ce cas, la justification est celle des rapports de force entre travailleurs, auxquels participent les travailleurs, qu’il y ait captation ou non par les capitalistes de la nouvelle richesse. Un autre type de légitimation provient de ce qu’en dit Owen, à savoir le droit pour les travailleurs de pouvoir consommer plus de biens que ce qu’ils ont pu simplement produire, soit le droit du travail de ‘sur-consommer’, donc de capter la nouvelle richesse parce que … le travail est produit (ou que le travail produit). Soit, tout comme la justification du dirigeant par lui-même (son existence), la justification par le rapport de force.

    Dans tous les cas, la part de la richesse ‘nouvellement créée’ qui devrait revenir à l’ébullition du monde ne lui revient pas, sauf de manière très détournée et ultra minoritaire (si on considère qu’une partie infime des impôts prélevés sur les richesses produites par l’Etat servent à protéger cette ébullition). De fait, cette part devrait revenir à un patrimoine commun, distinct du patrimoine public.

    1. La notion de captation primaire comme dette à rembourser m’intéresse beaucoup, après je n’ai pas bien compris (situé?) le raisonnement sur la richesse nouvelle ou pas, dépendant du caractère objectif ou non du travail. Par contre, une des conclusions, que la relation économique est celle de la compétition entre travailleurs, puisque la richesse serait captée sur les consommateurs, bien qu’elle ne soit nécessiarement fausse, à l’inconvénient de ne situer le débat qu’au niveau d’une entreprise particulière, d’un travailleur en particulier, d’un dirigeant en particulier. Hors toute richesse, à savoir tout bien ou tout service particulier, est toujours le produit de la société toute entière, du système de production général. Ce qui veut dire que la captation supplémentaire et indéfinie ne peut jamais se faire par le travail, puisque tout travail particulier autorise à lui seul la création générale de l’ensemble des richesses. Il ne peut y avoir de profit en travaillant. Le non profit comme corollaire de l’activité régulière de l’homme est strictement objectif du point de vue de ce qu’est la vie et ses contraintes. On ne peut avoir plus que ce qu’on produit.

      Pourtant notre regard se tourne alors vers ceux qui accumulent objectivement les richesses, les capitalistes. Si on prend un dirigeant particulier, on ne resoud pas le problème de savoir comment il arrive à s’enrichir si cette richesse est produite globalement, objectivement parlant. Le problème est résolu si on le considère à travers le système social du capitaliste. Il s’arrange (historiquement) avec d’autres pour établir un système juridique, la propriété privée et ses armes, qui lui permet de capter la richesse régulière du travail général pris dans chaque produit particulier, et sur base de ce monopole de négocier ce qu’il donnera à ses travailleurs à lui. Je verrai donc plutôt le problème de ce point de vue, à savoir que la coalition des capitalistes leur permet d’établir un monopole puis une rente sur le travail général sous le prétexte du particulier.

      1. @ Haiku :
        Non, il me semble que je dis la même chose que vous : rapports de force, y compris (surtout ?) pour l’analyse marxiste (je me situais dans ce cadre explicatif, pour le démonter).
        La légitimation de la captation du profit (du fait du travail comme seule source d’évaluation de la ‘valeur’ et donc de la ‘plus value’) par les travailleurs ne tient pas la route, comme j’essaye de l’expliquer : soit le profit est un travail et à ce moment là il n’existe plus comme profit (ni les ‘profiteurs’, i.e. les capitalistes et les dirigeants), soit le profit n’est pas du travail et dès lors pourquoi la captation de ce ‘sur-travail’ serait-elle légitime par les travailleurs, puisque que cette différence est celle entre le prix de revient (coûts du travail) et le prix de vente, prix de vente ‘acheté’ par d’autres personnes (physiques ou morales) ?
        Or, si on suit ce raisonnement, à chaque acheteur, à quelque niveau que l’on se situe, figure forcément des travailleurs, ceux qui reçoivent un salaire pour leur travail et achètent le prix de vente ou ceux qui permettent à une personne morale par leur travail d’acheter le prix proposé.

        En quelque sorte, la captation de la ‘plus value’ sur le travail par les travailleurs le serait sur d’autres travailleurs, soit le rapport de force généralisé entre travailleurs, ce que prône le capitalisme …
        Pas glop.

      2. Pour continuer… La conclusion de ce que l’accumulation est le fruit d’une manipulation de l’intérêt général par l’intérêt privé, que cette accumulation se fait par la mauvaise foi, fait que sous cette condition la rémunération du capital est illégitime. Prendre des gens pour des c… est un crime. C’est une atteinte à l’intégrité morale et intelectuelle des personnes. Par conséquent une atteinte à l’intégrité politique et juridique de la société qui se conçoit comme une union honnête d’individus conscients. Ce qui permet cette manipulation est le concept même de propriété et surtout sa réification (cf litzfr plus bas).
        Mais cette notion renvoit par là même à celle de mérite dont il est question ici. La valeur « mérite » du capital et même du travail est une usurpation morale, dans la mesure ou il met en évidence le rôle particulier de tel ou tel, alors qu’il n’y a qu’une seule réalité de la production, la production générale, globale qui seule rend possible la production du particulier. La notion de coûts objectifs par le capitaliste pour mesurer ce à quoi il a droit en terme de mérite (inclu le profit), puis ensuite ce à quoi auraient droit les travailleurs, est en large mesure une escroquerie, puisque comme dit ci-avant, le capitaliste prétexte une situation particulière dans laquelle il se trouve (dite objective) pour s’approprier une richesse qui ne lui revient pas en propre, mais qui revient à tous (objectivité réelle).
        En conclusion, la seule manière où le capitaliste pourrait se voir rémunérer légitimement serait celle qui verrait la notion de mérite évacuée pour la remplacer par un accord formel de la société accordant la nécessité de voir des moyens concentrés pour permettre la réalisations de choses nécessaires pour tous. Ce en toute conscience politique de tout un chacun, avec un système politique et juridique ad hoc, qui verrait l’accumulation privée comme une licence accordée au capitaliste particulier pour prélever sur le travail général et rencontrer des objectifs définis par la société. La notion de mérite n’est pas objective.

    2. « Les tribus autochtones peuvent ainsi contester ce droit en faisant valoir un ‘titre’ plus ancien de ‘propriété’, en faisant valoir un usage de choses plus ancien que les propriétaires des choses. »

      Là dessus les hommes accroupis se levèrent, en colère.
      — C’est mon grand-père qui a pris cette terre, et il a fallu qu’il tue les Indiens, qu’il les chasse. Et mon père est né sur cette terre, et il a brûlé les mauvaises herbes et tué les serpents. Et puis y a eu une mauvaise année, et il a fallu emprunter une petite somme. Et nous on est né ici. Là, sur la porte… nos enfants aussi sont né ici. Et mon père a été forcé d’emprunter de l’argent. La banque était propriétaire à ce moment-là, mais on nous y laissait et avec ce qu’on cultivait on faisit un petit profit.
      — Nous savons ça… Nous savons tout ça. Ce n’est pas nous, c’est la banque. Une banque n’est pas comme un homme. Pas plus qu’un propriétaire de cinquante mille arpents, ce n’est pas comme un homme non plus. C’est ça un monstre.
      — D’accord, s’écriaient les métayers, mais c’est notre terre. C’est nous qui l’avons mesurée, qui l’avons défrichée. Nous y sommes nés, nous nous y sommes fait tuer, nous y sommes morts. Quand même elle ne serait plus bonne à rien, elle est toujours à nous. C’est ça qui fait qu’elle est à nous… d’y être nés, d’y avoir travaillé, d’y être enterrés. C’est ça qui donne le droit de propriété, non pas un papier avec des chiffres dessus.
      — Nous sommes désolés. Ce n’est pas nous. C’est le monstre. Une banque n’est pas comme un homme.
      — Oui, mais la banque n’est faite que d’hommes.
      — Non, c’est là que vous faites erreur… complètement. La banque ce n’est pas la même chose que les hommes. Il se trouve que chaque homme dans une banque hait ce que la banque fait, et cependant la banque le fait. La banque est plus que les hommes, je vous le dis. C’est le monstre. C’est les hommes qui l’ont créé, mais ils sont incapables de le diriger.

      John Steinbeck, Les raisins de la colère, Ch. V.

      1. Comme ces indiens du sud amerique qui revendiquaient les squelettes des archéologues …jusqu’ à ce qu’on démontre qu’ils sont de type caucasiens .

      2. Excellent. Merci Fujisan.
        « C’est ça qui fait qu’elle est à nous… d’y être nés, d’y avoir travaillé, d’y être enterrés. C’est ça qui donne le droit de propriété, non pas un papier avec des chiffres dessus. »
        Et même ces ‘autochtones’ là reconnaissent l’accumulation primaire : ‘C’est mon grand-père qui a pris cette terre, et il a fallu qu’il tue les Indiens, qu’il les chasse.’

      3. C’est bien la problématique du foncier rural (et l’URSS la aussi confirmé, par son incapacité à l’autosuffisance), car en France on a déjà songé nationalisé le foncier (toujours après guerre, c’est fou comme l’effroyable potentiel humain fait réfléchir), un peu dans la continuité du CNR, mais surtout à cause du poids économique sur les fermes qui allait contre le développement du potentiel de celle-ci (indépendance alimentaire de la France c’est les années 70, on est 15 ans avant). Et cela a été vite oublié, une propriété nationale, dans un espace locale et rurale, ça passe pas.

      4. —Oui, mais la banque n’est faite que d’hommes
        — Non, c’est là que vous faites erreur… complètement. La banque ce n’est pas la même chose que les hommes. Il se trouve que chaque homme dans une banque hait ce que la banque fait, et cependant la banque est plus que les hommes, je vous le dis. C’est le monstre. C’est les hommes qui l’ont créé, mais ils sont incapables de le diriger

        Magnifique Steinbeck.

      5. Samuel,

        C’est bien la problématique du foncier rural (et l’URSS la aussi confirmé, par son incapacité à l’autosuffisance), car en France on a déjà songé nationalisé le foncier (toujours après guerre, c’est fou comme l’effroyable potentiel humain fait éfléchir)…

        France 1945 : 10 millions d’actifs agricoles.
        France 2011 : 450 000 exploitations « professionnelles », moins de 1% des actifs.
        Chine (c’est pas l’URSS, ok, mais kamême..) 1945 : 80% d’actifs agricoles.
        Chine 2010 : 40% d’actifs agricoles (300 millions…).
        Première agriculture mondiale et des aides publiques qui ne représentent que 6 % environ du revenu des agriculteurs, contre 20 % aux États-Unis, 34 % dans l’ Union européenne et 58 % au Japon (wiki)…

      6. Certains anthropologues-historiens soutiennent que la privatisation foncière vient de la sédentarisation. Le nomade, indiens d’amérique, bédoins, cavaliers des steppes n’en ayant nul besoin.
        La sédentarisation a des vertus historiques , elle a crée des la période Sumérrienne les corps de métier, tributaires dans une société d’échanges du cultivateur. La monnaie d’échange n’est alors que la survie de l’autre, sans le potier ou le forgeron l’agriculteur ne peut produire et stocker. Les Soviets se sont cassés les dents avec le système agricole kholkosien…………

        A l’anthropologue que je ne suis pas, le thème sédentaire/nomade me parait fondateur de biens des choses, de luttes, de dominations; jusqu’à et y compris la mythologie. J’ajouterai à cette histoire évoquée au pas de charge une clé cruciale, toujours actuelle: l’accés à l’eau………….qui tient l’eau tient tout.

        Dans les années 78, j’ai vu en palestine les deux rives du jourdain, l’une verte du coté des grands « settlements » kiboutzins, l’autre aride en Jordanie, Israel tenait l’eau du Jourdain, asséchant lentement la mer Morte. A l’époque l’idéologie collectiviste des Kiboutz ne sentait pas le communautarisme actuel , et en dépit d’un prosélitisme militant, on pouvait réver avec ces pionniers d’une utopie d’avenir. J’y ai cru naivement sans préssentir le poids à venir du religieux, c’est à dire d’un obscurantisme aveuglant cette terre- berceau du monothéisme.

      7. @ Bernard Laget :
        Et pas que la question foncière, mais la conceptualisation même de leurs rapports aux ‘choses’, concernant les nomades …
        On aurait beaucoup à (ré)apprendre d’eux me semble-t-il.

      8. @Zebu

        Comme nous sommes d’accord !
        Le temps et l’espace des nomades et des sédentaires est une composante qui me semblerait falloir mieux analyser; par exemple………………la représentation mentale du monde en est forcément différente.

      9. vigneron, je crois que la Chine a déjà réussit à flinguer une partie de ces terres arables avec des métaux lourds (des usines, aux nappes au terres fertile le long des cours d’eau), donc à voir à terme.
        http://www.novethic.fr/novethic/planete/environnement/pollution/chine_metaux_lourds_contaminent_alimentation/132976.jsp
        plus ou moins 10%
        http://www.science.gouv.fr/fr/actualites/bdd/res/3224/depollution-des-sols-la-chine-cultive-les-plantes-accumulatrices-/
        (bon on est pas meilleur sur la gestion des terres arables avec nos villes qui s’étalent c’est sur)
        Il y a aussi le différentiel de niveau de vie, qui va contribuer à l’exode des structures éloignés (s’approprier la terre c’est pour une partie y rester et les valoriser).
        Effectivement la gestion de ci petite structure (jardins suspendus) freine la problématique centralisé (doit pas y avoir des masses de hauts fonctionnaires qui vont gambader dans les espaces reculés, ça laisse de l’autonomie et une appropriation de la gestion des terres), alors que les pleines d’Ukraine donnait à la bureaucratie les moyens de contrôler sa gestion.

  13. La propriété privée ne l’est pas tant que ça : http://yoananda.wordpress.com/2012/01/13/prive-de-propriete/

    déjà la notion de propriété a évoluée au cours du temps, et de nos jours, la propriété privée cachée derrière la « personne morale » s’apparente plus a une forme de propriété corporatiste.

    propriété tribale, sorte de communisme originel ou la propriété est exclusivement collective
    propriété familiale d’usage, la propriété étant commune le reste du temps
    propriété privée au sein de la propriété féodale
    propriété bourgeoise grâce a l’accumulation via l’héritage et la rente
    propriété industrielle, nouvelle forme de collectivisme

    1. J’ai décidé de passer les prochaines années à voyager. Etant libre de lien de subordimation (sans emplois) je remarque que dans la plupart des formulaires, hôtels, demande de visas contrast de location… On demande le nom de votre employeur, ayant toujours été employé celà ne m’avais jamais choqué. Maintenant je me rends compte à quel point la société apporte une importance à votre « appartenance » à un employeur. Je m’etonne même qu’aucune multinationnales n’ait encore réussi à obtenir le privilège d’imprimer leurs propres passeports.Un passeport Exxon pour voyager partout sans Visa (à part la carte VISA de la compagnie)

      1. Trés intéressant, la multinationale se substituerai à terme a l’état, créant ses propres lois, limites, règles.

      2. @ yoananda
        Bien sûr, c’est ça une transnationale, un lieu de pouvoir législatif, judiciaire, policier… bref un état au dessus des états. C’est d’ailleurs reconnu comme tel par les idéologues ordolibéraux (l’idéologie qui imbibe leur UE) : « si l’État ne prend pas des mesures anticipées pour encourager la concurrence, les entreprises donneront naissance à des monopoles ou oligopoles. Cela aura pour conséquence de détourner les avantages économiques offerts par le marché, et peut-être à terme de saper la démocratie, le pouvoir économique étant capable de se transformer en pouvoir politique. »

        On pourrait retourner la critique néolibérale contre elle-même : «La route de la servitude» = transationales et non les États «monstrueux».

        McGanter prit mes mains entre les siennes. Elles étaient rondes, blanches et grasses :

        – Vous savez, reprit-il, il est exact que j’ai passé la plus grande partie de ma vie à faire du profit, à rechercher de nouveaux marchés, à fabriquer de plus en plus ; mais, depuis quelques années, si je veille toujours à notre cash-flow, c’est avant tout pour que mes actionnaires me fichent la paix, qu’ils soient rassurés, fiers, et qu’ils n’exigent pas de trop forts dividendes ; moi, ce qui m’intéresse maintenant, c’est la puissance.

        – Le pouvoir de l’argent, dis-je.

        – Non, non, pas le pouvoir de l’argent, répliqua McGanter avec vivacité ; si vous saviez la jouissance extrême que me procure cette accusation que le monde porte contre moi : vous avez renversé le régime démocratique chilien! C’est ça le pouvoir, c’est ça, la vraie puissance : créer des crises économiques et monétaires, favoriser l’armement de telle ou telle nation, les lancer ensuite les unes contre les autres, ça c’est un pouvoir que l’argent ne suffit pas à donner! Il y faut une organisation gigantesque, un façonnage des esprits, une mentalité de commando, que dis-je de commando, de croisé, de conquérant! Toutes ces conditions sont aujourd’hui réunies dans Rosserys & Mitchell-International ; nous ne sommes pas loin de dominer le monde ; il n’y a rien de commun entre moi et le pétrolier ou le banquier le plus riche du monde, même si nos intérêts sont évidemment étroitement imbriqués : eux sont puissants parce qu’ils sont riches, moi je suis puissant parce que le profit ne m’intéresse plus, parce que le jour viendra où moi ou mes successeurs nous obligerons les gouvernements à autoriser Rosserys & Mitchell à lever des armées!

        – Lever des armées! m’exclamai-je, incrédule.

        – Eh oui! ça vous étonne? Et pourtant vous verrez. Nos biens seront menacés partout dans le monde, car nous aurons suscité la haine et la jalousie des peuples ; aucun État, pas même l’État américain, n’aura les moyens ni la volonté de défendre ces biens quand ils seront attaqués ; voyez où nous a conduits la guerre du Viêt-nam! Imaginez que partout, en Asie, en Afrique, en Amérique Latine, nos biens soient attaqués, nos influences combattues, nos agents spéciaux assassinés ! Comment voulez-vous que les puissances occidentales, même unies, même coalisées, puissent défendre nos intérêts sur 60 ou 200 champs de bataille du type Viêt-nam ou Angola! Les moyens des Etats sont trop faibles et, de plus, les gouvernements ne seraient pas assez motivés car leurs peuples finiraient par exiger d’eux la paix, le retrait des troupes ; non, les démocraties occidentales sont incapables de nous défendre. Tandis que, si j’organise à l’échelle mondiale les moyens colossaux des trois ou quatre multinationales les plus puissantes, si j’arme des mercenaires sur place, si je fais combattre des Boliviens multinationaux bien payés contre des Boliviens nationaux traqués et squelettiques, si je dresse des régiments indonésiens contre les étudiants et les maquisards de la campagne de Djakarta, alors je gagne, alors je deviens le maître du monde, alors les gouvernements de l’Occident, libérés du souci guerrier, pourront calmer leurs peuples, s’occuper des lois sociales, de l’urbanisme, de la circulation. Thieu est un mauvais exemple au Viêt-nam du Sud : il est soutenu par le gouvernement américain, et, comme nous soutenons le gouvernement, on croit qu’on le soutient. Mais c’est faux. Je vous garantis que, si une coalition de multinationales soutenait Thieu, il aurait gagné, nous aurions gagné depuis longtemps. Simultanément, on aurait soutenu l’expansion chinoise, l’économie soviétique. L’erreur au Viêt-nam, c’est de soutenir Thieu parce qu’il n’est pas communiste ; ces querelles sont dépassées ; le critère du soutien, c’est la concordance des intérêts au service d’une hégémonie d’un type nouveau ; il faut parfois supprimer des régimes anticommunistes et soutenir des régimes communistes ; prenez Castro, je n’ai vraiment rien aujourd’hui contre Castro ; croyez-vous que j’aime la junte chilienne? Ce ne sont pas des criminels, ce sont des idiots ; une coalition de multinationales n’aurait sans doute pas soutenu la junte.

        René-Victor Pilhes, L’imprécateur, Seuil (1974)

  14. « Deux questions doivent être résolues initialement : dans la production de biens et de services, de la richesse nouvelle est-elle créée et si oui, comment en détermine-t-on le volume et le montant ? »
    déjà les questions ne sont pas très pertinentes; d’emblée la notion de « Richesse » est introduite, c’est quoi la « richesse » Ensuite l’idée soutenue est que  » La production  » créerait de la richesse.
    Sous condition de définition claire de la richesse, il semblerait que ce n’est pas la production qui créerait une « richesse » ( valeur) mais plutôt l’échange.
    Il faudrait donc revenir au conditions primitive ( individu puis tribu) sans échange exterieur puis les conditions de l’échange et la production de « Richesse)

    1. @ fsald

      Il est évident que la richesse dont on parle ici, c’est le stock d’actifs économiques, les biens détenus par les acteurs. Et c’est donc bien la production qui crée cette richesse.

      Si vous faites référence au revenu plutôt qu’au patrimoine, il ne s’agit alors plus de stocks mais de flux, mais la valeur n’a rien à faire là-dedans…

      1. Il me semble ici qu’un aspect important de la richesse créée est occulté : la partie qui est détruite en même temps. Ou alors, on doit parler de richesse « nette » créée.

        Ainsi, toute transaction nécessite-t-elle un acheteur ET un vendeur (fusse-t-il le même).
        Ce qui compte, c’est le solde final, pas les positions intermédiaires.

        A moins, à moins qu’on s’entende pour qualifier un évènement (un défaut, par exemple… ) de non-évènement (il n’y a pas eu défaut grec…). Dans ce cas, tout le monde a perdu. Ou gagné, si on préfère.

        Quant à la valeur de tout cela, c’est une autre histoire. On nous dit par exemple que le solde net des CDS n’est que de 3 milliards d’euros. Tandis que les positions prises sur ces mêmes CDS (et les obligations grecques associées) sont de plusieurs fois le montant total de la dette grecque.

        Où est la valeur dans tout ça ? Où est-elle créée ?

      2. Tiens donc, la production stockée serait donc la » richesse ». l’actif économique la mesure.
        Prenons deux individus chasseurs, tout deux « fabriquent » des lances le premier en possède un » stock » dans sa grotte et l’autre n’en possède qu’une. Ils partent à la chasse tout les jours ( avec leur lance) le premier est donc plus riche que l’autre.
        celui qui n’a qu’une lance possède dans sa grotte une « reserve d’eau » l’autre doit descendre à la rivière quelques mêtres plus bas pour s’approvisionner en eau. Là encore lequel est le plus riche, il y a bien un stock d’eau dans les 2 cas.
        Enfin un accord tacite entre les deux chasseurs s’est imposé à eux, « tu te sers de mon eau quand tu veux » « en échange quand tu casses ta lance t’en prends une dans mon stock »
        Qui est encore le plus riche?

  15. L’association Richesses – Production – Consommation , m’a titillé .

    Les trois premières questions que vous avez posées me font me demander s’il est ossible de sortir du cadre avec des questions qui n’emploient que les matériaux de l’ancien .

    Capitalisme , marché et libéralisme , resteront , séparément ou en collaboration ,des dictatures destructrices de vie et de ressources , si le consommateur se substitue au citoyen pour définir le « besoin » .

    1. « si le consommateur se substitue au citoyen pour définir le « besoin » » : d’après ce que je comprends, pour Owen et Marx, c’est le travailleur qui se substitue au citoyen pour définir le ‘besoin’. Cette substitution ne modifie pas la règle du rapport de force.
      A l’inverse, votre remarque sur le rôle du citoyen et son introduction dans l’équation modifie le rapport de force. En premier lieu, en démocratie, il le légitime. Et en second lieu, il ‘l’égalise’ (légalise ?) car chaque citoyen est égal à un autre en démocratie.
      L’objectif est donc bien de réintroduire le citoyen dans l’équation, sur la base du besoin d’échanger = reconnaissance de l’Autre comme légitime à participer à la définition des termes de l’échange.

      Ceci implique alors deux ruptures radicales, sur la question de la répartition et des ‘richesses’ (‘créées’ ou pas, ‘nouvelles’ ou pas) :
      1/ la définition de la richesse, créée ou non, nouvelle ou pas, appartient aux citoyens et ce de manière collective : i.e., par des institutions démocratiques
      2/ la répartition de la richesse appartient aux acteurs qui la produise, sur la base d’un postulat simple : le besoin d’échange est un préalable à l’échange, qui doit être reconnu à chaque acteur participant à l’échange.
      Ce besoin reconnu, chaque acteur est en droit d’affirmer un statut égal à tous les autres pour la répartition de la richesse, quelque soit son statut social : travailleur, dirigeant, propriétaire-rentier, mais aussi Etat et acheteur (sans oublier la part qui doit revenir au patrimoine commun). C’est à travers des institutions que ces acteurs, aux droits égaux, définiront cette répartition.
      Idéalement, une entreprise serait constituée institutionnellement par 6 collèges (tels que cités), aux droits de vote égaux entre eux mais au sein desquels les règles de désignations de représentants pourraient être spécifiques : élection de représentants des travailleurs, désignation d’un représentant de l’Etat, présence du ou des dirigeants, représentation selon les parts de capital détenu des rentiers, représentation des acheteurs sous forme d’élection, représentation d’institutions non étatiques pour le patrimoine commun.

      Mais bon …

    2. Le vocable richesse est là me semble-t-il pour identifier des produits finis des services susceptibles d’être consommés effectivement par opposition à ce qui dans l’économie représente une « agitation éventuellement inutile pour atteindre le résultat observé mais pas pour autant inutile pour ce qui est précisément d’être récompensés par une rémunération. »
      Autrement dit il s’agit de cerner l’économie d’abord dans sa composante la plus physique, ceci pour la distinguer d’une économie où il y a des échanges marchands mais où aucun produit n’est effectivement consommé pour une quelconque utilité. On pense bien entendu à toute la partie de la finance qui n’a d’autre but que de faire de l’argent avec de l’argent dans un processus purement virtuel.

      Pour ce qui est du citoyen je suis bien d’accord avec vous, il faudra une autre étape dans la réflexion où sera abordée la question de savoir comment sont évaluées qualitativement (jusqu’au point éventuellement de décider que certaines utilités ne valent pas la peine qu’on les produise) et quantitativement les utilités et comment sont rétribués ceux qui participent à leur élaboration, si tant est qu’il faille connecter directement travail et rémunération.

    3. Pour compléter, je viens de lire le commentaire de Panagiotis Grigoriou, dans un autre fil :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=34730#comment-299618
      « ce principe indépassable depuis Thycydide, [il n’y a pas de « droit naturel » qui règle le problème de la force, en principe le droit n’existe qu’entre égaux, en absence de cette égalité c’est la force qui prévaut] »
      Il est donc illusoire de chercher dans des droits ‘naturels’ éventuels de légitimer en droit les termes des rapports entre citoyens, autrement que par deux principes :
      – le rapport de force (plus ou moins légitimé selon différents concepts qui aboutissent à se cristalliser en droit, notamment par le biais des droits de propriété)
      – l’égalité des citoyens entre eux, comme fondement du droit

      Je précise que je ne parle pas ici des droits politiques mais bien des droits qui appartiennent à la sphère économique, à savoir les droits liés à l’échange (l’échange définit l’économie, le don/contre-don appartient à une autre sphère). Les fondements, que ce soit la sphère économique ou politique, restent cependant identiques.

      1. zébu,
        La nature édicte des droits? Il n’y a pas de droit naturel tout court. Le droit c’est la culture, et non la nature.
        Le droit n’existe pas entre égaux, car il est alors superflu, et en absence d’égalité, c’est au droit de l’établir, et pour que le droit soit fort, il doit être celui du nombre et donc du consensus (tant que possible éclairé), sinon c’est le fort qui prévaut.

        Je ne comprends pas ce que vous dites ensuite.

      2. @ Sylla:
        Si l’ on considere que l’espece humaine est « naturellement  » une espece culturelle, c’est a dire que l’etre humain ne peut plus vivre hors de son groupe, et que l’entité minimum n’est plus l’individu , mais l’individu ET son groupe , il me semble que l’on peut parler d’ un « droit naturel » , qui serait celui qui régit l’equilibre de ce « contrat social » : Les rites relationnels interactifs .
        De plus si l’on développe un thèse qui s’appuie sur la rigidité comportementale qui semble exister chez tous les groupes sociaux , il me semble logique d’affirmer que tout « droit  » découle par itération de ce droit primitif.
        Il me semble aussi que ce droit « naturel » ou rites (rituels inconscients selon Goffman ou Lorenz), soit le garant de la pérénité de l’espece puis de la civilisation en ce qu’ils protègent l’individu de dérives comportementales opportunistes lors de periodes favorables . Dérives qui mettraient en danger les générations futures , les populations survivantes etant celles qui conserveraient des comportements adaptés aux galères restées en « mémoires » et a l’origine de ces rites .

      3. @ Sylla :
        Sur le droit naturel, c’est ce que dit Thucydide. Et aussi Aristote, qui a conceptualisé un droit ‘naturel’ (contrairement à ce que certains ont voulu en penser) comme relevant de la mise en exergue de fondamentaux du droit positif, sur une base empirique, mais un ‘droit’ toujours en lien avec le droit positif (vécu) des hommes, selon la méthodologie aristotélicienne (de l’observation empirique, en tirer les ‘lois’ génériques).
        Concernant le droit, c’est bien l’égalité en droit dont on parle, comme principe fondamental (idem, cf. la définition de la justice par Aristote dans ‘Ethique à Nicomaque’). Le droit n’a pas à être ‘fort’, il doit refléter la justice, qui n’a pas à voir avec le nombre, le consensus, ‘éclairé’ ou non, me semble-t-il mais plutôt avec la proportion ou l’équité. A moins de parler de son application, forte, par les institutions mais c’est un autre débat.
        Pour la suite, je parlais des conceptions légitimant la captation de la ‘sur-valeur’ ou du profit par l’un ou l’autre, capitaliste ou travailleur, les deux s’appuyant sur les rapports de force, in fine, et sur des conceptions apparemment opposées sur les droits de la propriété (apparemment, car ces conceptions se fondent justement toutes deux sur le rapport de force).
        Pour éviter donc le rapport de force comme mode de définition de l’échange (de l’économie), on doit donc revenir à la conception de l’égalité en droit des acteurs économiques face à ce profit ou à cette sur-valeur’, comme fondement de définition des droits de propriété.
        D’où ce qui a suivi : l’égalité en droit doit rester identique comme source de définition des droits, que ce soit dans la sphère politique ou dans la sphère économique.
        Plus clair ?

      4. zébu,
        Thucydide peut le dire, reste que le droit n’est pas un fait de nature mais de culture. « droit naturel » est un oxymore.
        Aristote parle d' »habitus », et de seconde nature. « Nature » est rare chez lui. Il démonte la thèse de Platon de l’existence d’un en soi, d’une essence, et préfère parler de ce qui est propre à. (le propre de l’homme est de vivre en société, « l’homme est un animal social », « l’homme est un animal politique » etc… de mémoire dans son politique : « qui vit hors de la cité [cité=polis] est soit un dieu, soit une bête »]
        Et il ne parle pas d’équité (notion moderne) mais de juste milieu, comme son maestro. Comme son maestro, c’est sur cette base morale (sans preuve possible donc. S’il établit bien dès les premières ligne de sa métaphysique que « tous les hommes ont par nature le désir de connaître ; le plaisir causé par les sensations en est la preuve…et plus que tout autre les sensations visuelles. », il n’est pas exempt d’a priori non objectifs comme le montrent aussi ces premières lignes) qui construit sa typologie des caractères dans l’éthique (=mœurs).

        Pour la justice :
        -je vous citerais Pascal « La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique » dont la paraphrase orne souvent l’entrée des fac de droits (« que la justice soit forte et que la force soit juste »).
        -l’ennui avec la justice, c’est que tous en ont le sens, mais personne ne sait la définir positivement->d’où ma proposition de l’établir par un consensus démocratique éclairé, débat qui serait permanent en démocratie. (dialogue serait mieux puisque celui ci vise l’accord)

        ok pour la suite, mais vous savez que l’égalité de droit est acquise, mais n’est que formelle, non pas réelle. De plus, la négociation qui précède l’échange se nourrit d’asymétrie (force ou pas force, même si « pas force » est préférable), elle lui est intrinsèque, et de même l’échange. L’asymétrie (par ex d’informations) fait partie intégrante du commerce.
        Même le don/contre-don cherche à être asymétrique (chacun voulant montrer son pouvoir en donnant plus qu’il n’a reçu, du moins c’est cela qui a été observé).

        à mon avis, il n’y a que la ponction a posteriori, par l’autorité médiatrice (l’état ou autre) reconnue légitime comme le droit qu’elle applique, qui permet de « rétablir la balance » (impôt, en un mot). Bien sûr l’objectivité est de mise, mais aussi la subjectivité des acteurs (Dieu lui même rétablirait la balance, si c’est équilibre est mal perçu par les parties, dieu ne restera pas longtemps dieu)-> cf au dessus sur « justice ».
        Et je pencherais aussi pour un capital minimum incompressible(au pire un terrain pour subsistance et un peu plus par ex , au mieux…), car lors de la négociation, une partie peut n’avoir pas le loisir de refuser (c’est la définition du prolétariat : spolié et donc obliger de vendre sa force de travail, et donc toujours spolié). c’est d’ailleurs pour cela que les « capitalistes » sont pour la contractualisation et la négociation directe employeur/employé (le contrat, et non la loi).

      5. Kercoz,

        ôtez moi d’un doute : un darwinisme…?

        La culture n’est pas un fait naturel, si elle l’était, les cultures se ressembleraient toutes, non?

        Vous définissez les caractéristiques d’une espèce sociale (les fourmis, les loups ou les moutons) : oui l’espèce humaine est une espèce sociale, mais çà ne suffit pas à la définir. Oui la relation humaine est naturelle (ne serait ce que pour la reproduction), mais vous ne dites rien de son contenu (des sado-maso sont en relation, la guerre est une relation etc). De la même façon que l’on marche sur deux jambes, mais cela n’implique pas telle ou telle démarche (ni n’empêche de courir, de sauter, de glisser, ou de danser), de la même façon que l’être humain parle, mais pas les mêmes langues ni au sein de la même langue avec les mêmes accents ou les mêmes intonations, ou le même vocabulaire (chacun son style!).

        L’habitude (ou seconde nature ou culture) est le résultat de nos interactions et de l’éducation, et chacune est mâtinée de volonté (ou de désir selon d’autres terminologies, mais l’objet du désir est un produit de culture et d’histoire). Si vous évacuez le socle de la volonté(je ne parle pas forcément de celle individuelle), vous évacuez la liberté, la responsabilité etc…

        De plus si l’être humain avait l’inconscient héréditaire et relationnel que vous lui prêtez, l’histoire humaine serait plus calme, non?

        Lorenz extrapolé à l’être humain, lui même se défendait de pouvoir le faire.
        Qu’il existe quelque chose de l’ordre de ce dont vous parlez, c’est possible, mais bien malin qui le mettra à jour sous les sédiments culturels…voire, un animal capable de s’immoler, à mon avis, il est fort probable que les faits culturels aient balayé ce qu’il pouvait y avoir d’instinct
        (l’humain peut même contrôler son cerveau reptilien, c’est dire qu’il ne doit pas rester grand chose, s’il reste quelque chose).

        Donc, pour moi pas de rigidité, pas de droit primitif, pas de dérives(car pas de norme naturelle). Quant à la pérennité de l’espèce, à mon sens il est un peu tôt : 180 millions d’années pour les fourmis, 300 millions pour les abeilles, 50000 ans pour l’être humain (sapiens sapiens comme il se nomme : le grand sage).

        Vous auriez des références, que je regarde çà posément?

      6. @ Sylla :
        Pas mal de points d’accord donc. Sur Aristote, il me semble bien qu’il fasse allusion à la nature dans ‘Ethique à Nicomaque’ justement, mais il faudrait que je retrouve la citation. En tout cas, la méthode qu’il applique est la même, inverse de Platon.
        Par contre, pour l’équité, non non, pas une valeur moderne : il la définit très précisément dans le même opus.
        Concernant l’assymétrie dans l’échange, on est bien d’accord là aussi, l’analyse conceptuelle d’Aristote et de Paul Jorion ensuite sur la formation des prix le démontre bien : le rapport de force social y est bien présent. Le droit et la conception de l’égalité en droit (base de la démocratie) pourrait être justement un fondement à utiliser, y compris même sur la formation de l’échange, au travers du prix : ce serait au moins ça comme fondement, la reconnaissance de l’Autre dans l’échange dans son droit, égal, à participer à la définition des termes de l’échange et faisant suite, la mise en place des institutions et des droits qui en découleraient : actuellement, seul le rapport de force brut prime. Je vous rejoins aussi sur la nécessité, fondement de la République romaine, d’un ‘minimum’ qui puisse être attribué à chacun, afin que l’égalité en droit ne soit qu’une conception mais bien aussi une base réelle sur laquelle vient s’établir la négociation démocratique, que ce soit politiquement ou économiquement.

      7. zébu, « Par contre, pour l’équité, non non, pas une valeur moderne : il la définit très précisément dans le même opus. »
        Je n’en ai pas souvenir. Je regarderais le texte (çà prendra un peu de temps) pour vérifier le sens qu’il lui donne.
        Je l’ai souvent dit ici, de Platon il ne nous reste que les vulgarisations (grand public), contrairement à Aristote dont il nous reste que les cours : peu ou prou ils allaient dans la même direction. Pour simplifier Aristote approfondit Platon en révélant les coulisses de la construction du système. La grosse différence réside surtout dans le fait qu’Aristote est un naturaliste (biologiste dirait on aujourd’hui), tandis que Platon est plutôt un juriste. Ce n’est pas une petite différence, mais elle se réduit fortement lorsqu’il s’agit de morale ou de politique.

        Pour l’asymétrie, selon moi, il y a aussi le verbe en plus de l’épée : le rapport de force cesserait qu’une asymétrie perdurerait. De même pour les handicaps, voire les hasards de la vie (quelqu’un qui trouve un trésor par ex). Réduire l’asymétrie en elle même me semble nécessaire, mais espérer la supprimer en elle même me semble idéaliste et seule une procédure légitimée par les parties me paraît à même de compenser les déséquilibres induits par cette inéluctable asymétrie résiduelle.

      8. @Sylla:
        ///La culture n’est pas un fait naturel, si elle l’était, les cultures se ressembleraient toutes, non? ///

        Ben non . Le fait que l’espece humaine (comme toute les especes sociales) soit « naturellement culturelle » est un oxymore admis par pas mal de monde .
        La culture peut se définir par des comportements ds le groupe et hors du groupe . les comportements hors du groupe peuvent etre tres « malléables » et adaptatives , opportunistes ..qd les comportements ds le groupe (interactifs) sont hyper rigides . Lorenz le montre par ex avec le grand corbeau . Ce qu’on nomme culture et devrait etre l ‘ensemble des comportements plutot internes , est de fait le ressentitdes comportements externes (sur l’environnement) ….qui eux divergent énormemément (et dix verges c’est énorme !)

      9. zébu : « Par contre, pour l’équité, non non, pas une valeur moderne : il la définit très précisément dans le même opus. »

        C’est dans le livre V de l’éthique à nicomaque : sur 24 pages, après en avoir écrit 21 sur la justice et l’égalité, il y en a 1 où est examiné le rapport entre l’équité et la justice.

        En résumé, l’équité est l’application de la justice (le droit légal en vigueur, pas autre chose), sa réalisation par l’action du juge, et il s’agit d’une réinterprétation des termes du législateur (« car toute loi est générale et il est impossible de parler correctement de certaines choses en général »*), et donc d’une adaptation à la situation concrète. (on dirait une version de la jurisprudence où le juge est co-législateur…)

        (* çà me parait biscornu : la loi en vigueur est juste et pertinente, et donc est appropriée pour juger des situations particulières, ou elle ne l’est pas. Si elle ne l’est pas le juge redresse…mais il redresse selon quel critère, selon quel norme? Selon son constat des faits, faits qui sont énoncés en des termes nécessairement généraux (on qualifie un fait : vol etc…Le langage est lui même une généralisation!) et son sens de la justice. Je vais regarder comment cela s’insère dans le chapitre, dans le livre et dans la démarche d’Aristote.)

      10. @ Sylla :
        //// « Par contre, pour l’équité, non non, pas une valeur moderne : il la définit très précisément dans le même opus. »

        C’est dans le livre V de l’éthique à nicomaque : sur 24 pages, après en avoir écrit 21 sur la justice et l’égalité, il y en a 1 où est examiné le rapport entre l’équité et la justice. ////
        A mon humble avis , il faut essayer de penser par sois meme . La « culture  » c’est ce qui reste qd on a tout oublié !
        L’ EQUITE . a mon sens peut se définir comme une « inégalité admise  » et nécessaire a la structure du groupe .C’est bien sur lié au « droit naturel » et a la hierarchisation structurante .
        C’est (de façon intuitive) l’équilibre optimum entre le bienfait POUR l’individu et les contraintes de socialisation . Cet optimum induit un déséquilibre et une inégalité entre les individus admis et meme demandé . L’échange résultant amenant une situation équilibrée .
        Mais cet équilibre subtil (parce que résultant d’ une somme de déséquilibres antagonistes n’est obtenu que dans le modèle qui l’ a formaté : Le groupe restreint et les groupes de groupes( modélisation fractale) , puisque l’ affect contraint la taille du groupe .
        L' »égalité des citoyens entre eux » est donc une réduction qui , si elle est admise , est un simulacre toléré pour faciliter une déviance structurelle .

        ///// ôtez moi d’un doute : un darwinisme…? ////
        Why not ! s’il n’ y a pas Spencer ds le coin .

      11. @ Sylla :
        « C’est dans le livre V de l’éthique à nicomaque : sur 24 pages, après en avoir écrit 21 sur la justice et l’égalité, il y en a 1 où est examiné le rapport entre l’équité et la justice. »
        Et … ? Faut que je rappelle ce que vous avez écris concernant l’équité (‘notion moderne’) ?
        Z’êtes confondant de mauvaise foi, tout ça parce que vous vous êtes trompé …
        Allez chercher vous-même votre ‘biscornu’.

      12. zébu, relisez svp plutôt que de parler de mauvaise foi : « Je n’en ai pas souvenir. Je regarderais le texte (çà prendra un peu de temps) pour vérifier le sens qu’il lui donne. »

        parce que je pourrais en dire autant :
        « Concernant le droit, c’est bien l’égalité en droit dont on parle, comme principe fondamental (idem, cf. la définition de la justice par Aristote dans ‘Ethique à Nicomaque’). Le droit doit refléter la justice, qui n’a pas à voir avec le consensus, ‘éclairé’ ou non, me semble-t-il mais plutôt avec la proportion ou l’équité. »

        « En résumé, l’équité est l’application de la justice (le droit légal en vigueur, pas autre chose), sa réalisation par l’action du juge, et il s’agit d’une réinterprétation des termes du législateur (« car toute loi est générale et il est impossible de parler correctement de certaines choses en général »*), et donc d’une adaptation à la situation concrète. »

      13. kercoz
        « « naturellement culturelle » est un oxymore admis par pas mal de monde »
        çà n’en fait pas une réalité pour autant.

        « il faut essayer de penser par sois meme » bof : si c’est pour refaire les mêmes erreurs…

        Pour équité, je vous rejoins sur son côté moindre mal. Chez Aristote elle n’a que peu à voir avec le sens de la justice. Elle peut être même parfaitement injuste, du moment qu’elle correspond à la loi en vigueur et à la situation qui s’offre au juge en fonction. Faut que je relise le texte dans son contexte, et le rapproche des tentatives modernes de remettre l’équité au premier plan. Pour l’instant a priori, les communistes seraient égalitaires, les libéraux équitables.

      14. @Sylla .
        Pour L’  » équité » ou « moindre mal », il faudrait ne jamais oublier que nous ne sommes pas a en juger (vous le faites a priori en parlant de »mal »que vous jugez « moindre » .
        Nous ne sommes pas apte a en juger car nous ne sommes qu’ UNE des parties bénéficiaires de nos actes : l’ individu actuel et son interet immédiat .
        D’autres bénéficiaires de nos actes doivent etre pris en compte pour juger de l’ équité de nos comportements :
        -le groupe actuel
        -le groupe dans le temps (civilisation)
        -l’ espece
        une espece qui se comporterait uniquement pour le bénéfice immédiat de ses individus (meme en comportemental pondéré par les interets immédiats du groupe ) ne peut que disparaitre .
        C’est pour cette raison que nous avons d’autres maitres que notre « raison ». Les rites anciens (Goffman , Lorenz) sont la mémoire anciene de nos aventures et galères (ere glaciaire par ex) qui garantissent notre survie par une rigidité comportementale adaptée a ces galères que nos tendances opportunistes voudraient « alléger » .
        C’est ds ce sens que l’on peut dire que « La nature edicte des droits ».necessaire au fait que notre espece soit toujours vivante . Que nous ne trouvions pas « humanistes » ces rites et que ce discours soit classé comme « conservateur », ou utlisé ds ce sens n’enlève en rien de sa pertinence .

      15. Kercoz,

        un acte de justice, ici l’équité, quelque soit la loi en vigueur, est nécessairement social et donc procède d’un groupe.
        Et l’espace moral dont fait partie l’idée ou le sens de la justice n’est pas objectif, au mieux une inter-subjectivité ; c’est un domaine de la prescription que la description la plus objective ne saurait que réduire et non faire disparaître.

        L’empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale Jean-Claude Michéa : à s’interdire de juger, l’on accepte tout, même l’horreur.

        J’ai regardé deux trois trucs sur Goffman (Lorenz, c’est de l’éthologie : pas transposable aux dires même de l’auteur), je n’ai pas vu cette histoire de « rites anciens ».
        Comment ces « rites anciens » apparaissent ils (à ce sujet : l’ancienneté n’est pas un critère fiable face à la dynamique globale (sur laquelle on ne peut que spéculer), cf les espèces disparues)? En quoi sont ils appropriés ou pertinents, lors de leur élaboration, comme aujourd’hui? Ces rites ne nous sont a priori pas tous parvenus : comment s’est faite la sélection de ces rites lors de la transmission, et pourquoi seraient ils plus adaptés qu’autre chose?

        « une espece qui se comporterait uniquement pour le bénéfice immédiat de ses individus (meme en comportemental pondéré par les interets immédiats du groupe ) ne peut que disparaitre . »
        Pas vraiment, par ex les bactéries. De plus, imaginez vous que les animaux font des prévisions à long terme?
        Pour sa perduration, une espèce n’a besoin que d’un nombre limité d’individus, le groupe dont vous parlez, et d’un environnement auquel cette espèce est adaptée.

      16. @Sylla :
        //// Et l’espace moral dont fait partie l’idée ou le sens de la justice n’est pas objectif, au mieux une inter-subjectivité ////
        Il ne l’ est plus , de par ses dérives . Pour moi la morale et les règles , religieuses ou civiles squattent les rites antérieurs (zone de pouvoirs).
        Pour Goffman , faut lire les « rites interactifs ».Lorenz a un problème en tant que déiste. En réalisant ds « l’ agression » qu ‘ il décrivait des comportements similaires a la morale , il se sent obligé d’ajouter un chapitre ou il sépare l’humain .ce chapitre parait tardif et n’enlève rien a ses démo.
        «  »L’ homme ds le fleuve du vivant » montre bien aussi qu’il est tiraillé ds ses contradictions.
        Goffman étend le signifiant de  » Rite » aux rituels inconscients ou peu conscients. en général des gestes ou attitudes brèves qui « dé-s’affecte » les relationnels ds les interactions quotidiennes .
        Lorenz montre que la quasi totalité de l’agressivité sur terre est de l’ agressivité intra-spécifique (entre individus de meme espèce).POur se socialiser, il faut inhiber cette agressivité . C’est le role des « Rites » qui se substituent a la violence . Ces rites-violence sont réutilisés (process , jeux etc ..) comme outils structurants et hierarchisants a l’interieur du groupe et la violence est conservée intacte pour l’exterieur du groupe ou est reporté l’ agressivité intra-spé …le stade suivant est le modèle fractal : violence entre groupe inhibée par des rites et comportements …
        Tous ces processus existent chez tous les animaux sociaux , les rites majeurs ont similaires et parfois communs
        Goffman ne développe pas la notion de transhistoricité des rites . Mais qd il développe un comportement on constate qu’il l’est ..transhistorique .
        Ces rites sont culturels , donc appris et non génétiques , meme s’ils s’appuient ou freinent des instincts qui eux ne sont pas modifiables en des périodes historiques .
        Je pense qu’il est des plus important de s’interesser à l’ éthologie . Nous avons a notre disposition des gammes et variétés importantes d’especes lointaines ou proches . Ce qui permet justement de juger de la rigidité des comportements . Le grand corbeau par ex est tres malléable ds son comportemental envers son environnement . Il passe de granivore a carnassier sans aucun problème , en modifiant énormément ses stratégies de prédation …alors que du pole à l’ equateur ses comportements intra-groupe sont d’une similitude et d’une rigidité rigoureuse .

        //////Comment ces « rites anciens » apparaissent ils (à ce sujet : l’ancienneté n’est pas un critère fiable face à la dynamique globale ) ////.
        J’ai en partie répondu plus haut . Ce sont les rites qui nous permettent de passer de l’animal solitaire a l’animal social (bien avant l’homminidation), en inhibant l’agressivité intra-spé en s’y substituant et en structurant le groupe . La fiabilité du process va de soi puisque les especes sociales ont survécu .Je pense qu’ils apparaissent logiquement par la conservation des petits et la formation de familles etendues qui peuvent dominer un territoire mieux que l’animal ou le couple .
        J’ insiste sur le fait que ces « rites » sont une sorte de mémoire des multiples galères , tentatives et echecs et preservent non l’espece mais la civilisation de tentatives de dérives opportunistes en tentant d’imposer une rigidité comportementale qui freineraient ces dérives .Dérives qui mettent la civilisation et/ou l’espece en danger … Une sorte de disque dur qui integre la somme des données …..
        ////Ces rites ne nous sont a priori pas tous parvenus : comment s’est faite la sélection de ces rites lors de la transmission, et pourquoi seraient ils plus adaptés qu’autre chose?////
        Pour l’adaptation voir ci dessus ,meme si c’est un discours réactionnaire.
        Les rites majeurs ont tres bien survécu (essaie de refuser un salut lors d’une ballade montagne!) .
        Certains disparaissent depuis peu ,depuis le changement structurel des groupes , il a peu encore parcellisés (années 50/60) . La déresponsabilisation des individus qui en résulte (par ex) en est un ex flagrant . on a remplacé le « flic ds la tete  » par des cars de CRS . , on sous traite et délocalise nos anciens droits régaliens ….. Meme ds les années 60 , on n’aurait pû avoir un ministre avec 2 freres en taule ! . ça c’est Goffman : La « FACE » , perdre la face est aussi important que la faire perdre ..
        ///. De plus, imaginez vous que les animaux font des prévisions à long terme? ////
        Parce que vous imaginez que nous en faisons !! vu le gachis actuel vaudrait mieux éviter de prévoir .
        Les animaux sont sur un système stable , sur un attracteur normalement assez stable , sauf ere glaciaire ou sapiens ds le coin. Nous , nous avons l’arrogance d’en vouloir sortir et de faire aussi bien .

  16. Tout ceci étant, en dernière analyse, une prise de pouvoir de la Lettre sur l’Esprit.

    La Lettre étant le langage jurdidique (fixé donc mort), établi par les vainqueurs, les possédants.

    Quelqu’un voit les juristes diminuer, les législations s’émonder ?….

  17. Le pétrole est renouvelable et stockable, c’est même la seule énergie stockable car c’est un succédané de vie .
    La source du des hydrocarbures, donc du pétrole est la décomposition sous certaines conditions par la température, des algues et bactéries unicellulaires. Le processus ne se réalise naturellement que par un lent enfouissement géologique. La production d’hydrocarbures à partir des roche-mères repousse « dramatiquement » les échéances de pénurie.
    Ce processus peut être accéléré massivement dans un four ou dans une colonne de distillation.
    De même la cultures ou la production de ces formes de vie capables de capter l’énergie solaire en particulier, mais pas que, peut être améliorée.
    Le mythe d’une terre sans ressources pour la colonisation humaine est à revoir. Les limites sont sans doute internes à l’espèce par une auto limitation: transition démographique, guerre , épidémie, dégénérescence.

  18. La propriété comme substantif est déjà un piège, heureusement qu’on n’y tombe pas trop sur ce blog, mais la propriété réifiée est déjà un concept piégé, statique, indépassable comme objet de pensée. La propriété comme concept, est ce qu’on veut vous faire avaler.

    Or très justement on introduit l’idée politique et donc de rapport de force, car la propriété n’est que le résultat de l’accumulation de biens sous l’égide d’un rapport de force politique, donc on ne peut pas dire que c’est du vol pur et simple mais de l’escroquerie, dans la mesure où ce rapport de force n’est jamais mis en lumière ou discuté. Donc la propriété est sous cet angle, illégitime.

    Et Marx balaie tout cela sous le tapis en parlant d’incorporation de quantum de travail socialisé dans l’objet, sans dire qui fixe la valeur de ce travail, résultant de normes arbitraires, sociales.

    Je ne sais plus qui écrivait que le contrat social, auquel on force les pauvres à consentir, sinon à adhérer, comprenant l’intégrité de la propriété privée, était une escroquerie…

    Juste une litanie pour finir, qui me hante : scandale du sang contaminé, de l’hormone de croissance, amiante, médiator, faux seins, fausses hanches, et quoi encore ? C’est le genre sui generis, du fonctionnement de l’économie.

    1. scandale du sang contaminé, de l’hormone de croissance, amiante, médiator, faux seins, fausses hanches, et quoi encore ? C’est le genre sui generis, du fonctionnement de l’économie.

      Où il est le rapport, Sir Liszt.fr, entre ces fraudes, escroqueries ou dérives caractérisées (plus ou moins condamnées pénalement) et :

      Nous avons cependant trouvé le moyen de nous approprier cette ébullition « spontanée » du monde grâce à l’institution de la propriété privée qui permet à un propriétaire de réclamer pour lu une part de la richesse nouvellement créée, en se prévalant simplement d’un tittre…

      ?

      1. Il parle sans doute de la « création de valeur » des sociétés, obtenue de façon indue par des tromperies et autres manipulations de résultats scientifiques, donc de brevets et d’exploitation, etc.

        Ou alors il parle des sociétés (labos) qui s’enrichissent par la propriété de brevets ou par l’exploitation de process qui permettent de soigner les fléaux dont ils sont parfois à l’origine.

        Est-ce cela, Lisztfr ?

  19. « Supposez, écrit St. Mill, qu’il existe une espèce de revenus qui tende à augmenter d’une manière constante sans aucun effort et sans aucun sacrifice de la part des propriétaires, de sorte que ces propriétaires constituent dans la communauté une classe qui s’enrichisse progressivement par le cours naturel des choses, tout en gardant un rôle absolument passif. Ce ne serait pas alors une violation des principes sur lesquels repose la propriété privée que l’appropriation par l’Etat de cet accroissement de richesse ou d’une partie de cet accroissement à mesure qu’il se produit. A proprement parler, il ne prendrait rien à personne, il emploierait simplement au profit de la société un accroissement de richesse créé par les circonstances, au lieu de le laisser devenir une augmentation imméritée des richesses d’une classe particulière. Or tel est le cas de la rente. »

    Gide & Rist, deuxième édition 1913, p. 658

  20. Ceci est plus une question qu’un commentaire, mais je me demande si, dans cette réflexion, le concept de « propriété privée » est pertinent et adéquat.

    J’ai peur qu’il soit trop polysémique.

    Être propriétaire d’une télé ou d’un jardin, est-ce la même chose qu’être propriétaire de 200 ha de terre, ou être propriétaire d’un diplôme ?

    Et pourtant, on utilise le même mot. Bien sûr, tout le monde « fait » la différence, mais ça trouble le débat régulièrement. (C’est une sorte de principe épistémologique : avoir des mots précis pour des concepts différents).

    1. Etre propriétaire d’une télé ou d’un jardin, est-ce la même chose qu’être propriétaire de 200 ha de terre, ou être propriétaire d’un diplôme ?

      D’un diplôme ??? On est évidemment pas « propriétaire » d’un diplôme, juste titulaire d’un titre dont on peut user et tirer éventuellement des fruits, mais dont on ne peut sûrement pas abuser (i.e le vendre ou seulement le transmettre ??). Pour le reste pas de différence entre un droit de propriété sur un jardin de 100 m2 ou une télé et celui sur 2 000 000 de m2 de terres, c’est par essence absolument le même droit (remenber si vous en doutez la « fine » réflexion de Sarkozy la semaine dernière au couple de paysans basques  » Ah mais moi j’ai pas 45 Ha ! »).
      Remettre en cause le droit de propriété sur 200 Ha, c’est de facto le remettre en cause sur votre télé ou votre jardin. Ce serait trop facile mon bon…

      1. @Vigneron , bonjour :

        La remarque n’est vraie que si l’on considère la propriété comme un droit divin . Si comme je le pense il n’y a de propriété que consentie et prévue par la Constitution , rien n’empêche de s’y montrer plus prolixe sur la nature , la grandeur , la durée de ladite propriété .

        C’est bien pour s’être arrêtée en chemin sur ce chantier que la Révolution de 1789 a pu être phagocitée par la bourgeoisie .

        Et c’est bien là qu’il faut reprendre l’Histoire .

      2. D’accord sauf qu’il y a la guillotine du cadastre,de l’impôt et de l’intérêt qui sépare le vrai propriétaire des moyens de production du candidat à l’être. A savoir par exemple les riches par le moyen des banques et leur taux d’intérets, etc.

      3. un droit de propriété sur un jardin de 100 m2 ou une télé et celui sur 2 000 000 de m2 de terres, c’est par essence absolument le même droit

        Je me demande où vous vous procurez votre essence, vigneron. Si vous le dites comme un constat de l’état des choses, d’accord, c’est le même droit, mais en quoi « par essence »?

        C’est au contraire ce genre d’essence que l’on pourrait avantageusement… raffiner autrement. Exemples :

        – « Ma brosse à dents, mes bottes, mon cul » (En hommage au regretté Copi, dessinateur et théâtreux), catégorie d’usage universel à laquelle la plupart associent spontanément « ma bagnole, ma femme »

        – « Ma maison, mon assurance-vie », déjà moins universel

        – « Mon dessin, mon bouquin, ma musique », pour ceux qui peuvent le dire : encore plus rare

        – « Mon contrat d’exclusivité, mon brevet »

        – « Ma terre », ou, un peu différent, « Mes terres »

        – « Mon usine », « Mes usines »

        – « Mon portefeuille de titres », « Mes investissements »

        Pour ce qui est de la télé, justement, c’est une catégorie en elle-même : Dites « MA télé » ou « MA zapette » en famille, vous verrez un peu…

      4. C’est effectivement en pensant à « la fine réflexion de Sarkozy » que j’ai pensé à mes 200 ha.
        (Comme quoi, on a quand même des points de convergence …)

        Remarque (peu importante) : désolé mais ça se dit « je possède tel ou tel diplôme ». Mais je vous accorde que le fond du débat n’est pas là.

        Par contre, posséder un bien périssable comme une télé, posséder un bien de jouissance personnelle directe comme un jardin ou posséder une exploitation de 200 ha, est-ce vraiment la même chose ?

      5. N’importe quoi, Vigneron.
        C’est la même idiotie que « qui vole un œuf vole un bœuf ».
        Comment concevoir un impôt progressif avec cette base de réflexion réduite?
        Comment concevoir la notion de classe sociale?
        Etc…

      6. @Michel Martin: « Comment concevoir la notion de classe sociale? »

        Eh oui, mais c’est bien le but recherché: « Tous coupables. Tout le monde en a profité et doit faire contrition. Pas de lutte des classes. Même pas de classes sociales. « . Devinez à qui ce discours profite…

        C’est le Marais.

      7. Ah ouais ? La classe des jardiniers-propriétaires contre celle des agriculteurs-propriétaires alors ?

        Robespierre, Discours à la Convention sur la nouvelle Déclaration des droits de l’homme (24 avril 1793).
        Je vous proposerai d’abord quelques articles nécessaires pour compléter votre théorie sur la propriété. Que ce mot n’alarme personne : âmes de boue, qui n’estimez que l’or, je ne veux point toucher à vos trésors, quelqu’impure qu’en soit la source[…]
        Aux yeux de tous ces gens-là, la propriété ne porte sur aucun principe de morale. Elle exclut toutes les notions du juste et de l’injuste. Pourquoi votre déclaration des droits semble-t-elle présenter la même erreur ? […] Vous avez multiplié les articles pour assurer la plus grande liberté à l’exercice de la propriété, vous n’avez pas dit un seul mot pour en déterminer le caractère légitime ; de manière que votre déclaration paraît faite, non pour les hommes, mais pour les riches, pour les accapareurs, pour les agioteurs & pour les tyrans.[…]
        ART. 6. La propriété est le droit de chaque citoyen de disposer à son gré de la portion de bien qui lui est garantie par la loi.
        ART. 7. Le droit de propriété est borné comme tous les autres par l’obligation de respecter les droits d’autrui.
        ART. 10. La société est obligée de pourvoir à la subsistance de tous ses membres, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler.
        ART. 11. Les secours indispensables à celui qui manque du nécessaire, sont une dette de celui qui possède le superflu. Il appartient à la loi de déterminer la manière dont cette dette doit être acquittée.

        Signification des Art 10 et 11 : les 200 m2 de jardin sont tout autant, en partie ou en totalité, susceptibles de réquisition, nationalisation ou toute autre type de communautarisation que les 200 Ha, si bien sûr les conditions l’exigent. Dixit un montagnard. Je contresigne. Son projet constit n’a pas eu l’heur de plaire, à c’qui paraît…

      8. @vigneron: Bien sûr que c’est tout autant susceptible de réquisition, et c’est très bien ainsi. Mais tu oublies l’article 6 : « la portion de bien qui lui est garantie par la loi ». Tu comprends? C’est là qu’est la différence entre 200m² et 200Ha. Si la loi dit que 200Ha c’est trop, ben c’est trop. Et si elle dit que 200m² c’est permis, ben c’est permis. Et là c’est plus du tout la même chose puisque d’un côté on interdit alors que de l’autre on permet.

        C’est comme ça en démocratie, le peuple décide à partir de quel moment et ce qu’on peut possèder individuellement. La propriété privée n’est pas un droit naturel, mais ça ne signifie pas qu’elle ne peut pas exister dans une certaine mesure si le peuple le décide. C’est ni toi ni Platon et vos essences qui décident. Je sais, ça te défrise.

      9. @Michel Martin :
        /// Comment concevoir un impôt progressif avec cette base de réflexion réduite? ///
        Intuitivement , il me semble que c’est assez simple :
        Une surface de sol ou une habitation devrait , me semble il etre taxée sur la valeur de production dont elle a le potentiel . une maison de « campagne » secondaire (interdite je crois en Hollande) devrait etre taxée sur le prix de location (locale)qu’elle devrait générer . Un sol sur la production locale qu’il pourrait génerer …Meme s’ils ne sont pas exploités .
        Celà ferait , me semble t il baisser le cout de l’immobilier en forçant les biens inactifs a devenir actifs .
        Cette obligation n’etant bien sur valable que pour les biens qu’on n’ occupe ni ne travaille pas sois meme. Les quels peuvent etre moins taxés , pour décoreler le lieu a l’usage

      10. Vigneron,
        Au coeur de la propriété, la nécessaire gestion du désir mimétique d’appropriation. La propriété est un outil qui établit institutionnellement une modération et une régulation indispensable de ce désir. Cette modération ne signifie pas qu’il s’agisse d’une frontière infranchissable, le droit de propriété évolue, s’il est trop protecteur, il ne régule plus ce désir (comme en ce moment) et est renversé. S’il n’est pas assez protecteur, il décourage l’initiative (de nombreux exemples dans l’histoire)
        Si tu as d’autres solutions de modération de ce désir, je t’écoutes.

      11. Bien sûr que c’est tout autant susceptible de réquisition, et c’est très bien ainsi. Mais tu oublies l’article 6 : « la portion de bien qui lui est garantie par la loi ». Tu comprends? C’est là qu’est la différence entre 200m² et 200Ha. Si la loi dit que 200Ha c’est trop, ben c’est trop. Et si elle dit que 200m² c’est permis, ben c’est permis.

        Ahgahgahgah… « et si la Loi dit que 200 Ha comme 200 m2 c’est trop, ben c’est trop, MôôA comprendre ? » etc, etc, pov’naze, t’en sortiras pas de ta pensée en rond… si tu refuses, comme l’annonçait Bataille d’envisager la réflexion fondamentale sur l’utilité, ici de la propriété privée de la terre (quelle que soit la superficie en cause). Et je confirme : même 200 m2 ce peut être beaucoup trop, je laisse le soin à tes immenses propriétés de vaste sagacité de trouver les innombrables circonstances qui peuvent rendre ce droit de propriété tout à fait illégitime…
        @Nymphéa rosâtre,

        . S’il n’est pas assez protecteur, il décourage l’initiative (de nombreux exemples dans l’histoire).
        Si tu as d’autres solutions de modération de ce désir, je t’écoutes.

        Soit, alors décourageons l’initiative, why not ? pourra pas être pire t’façons…
        Non, sans rire (koikeu…) le « désir mimétique d’appropriation » et la propriété comme modérateur, blabla, désolé. Girard à la rescousse, à d’autres. Et où il est le bouc émissaire ? En prison ? Ou à l’Elysée ? Non on parle ici d’une représentation absolutiste du droit de propriété bien particulière qui naît dans des lieux et des temps bien déterminés, arrivée jusqu’à nous gonflée encore par les réactions allergiques provoquées par quelques aimables griffures marxiennes, pas de clébards ensauvagés qui se battent pour un bout d’humérus, ni de niards dans un bac à sable qui se mordent pour avoir la pelle et le rateau…

      12. @vigneron : « Et je confirme : même 200 m2 ce peut être beaucoup trop »

        Ai-je dit le contraire? Je te dis juste: c’est pas toi qui décide de ce qui est trop ou pas et c’est pas écrit dans le monde des Idées. Remettre en cause le droit de propriété sur 200 Ha, ce n’est pas de facto le remettre en cause sur votre télé ou votre jardin.

      13. Vigneron,
        Oui, je trouve que les concepts de Girard, sans épuiser le sujet, sont très pertinents pour parler de la propriété.
        Si le droit de propriété est remis en question, c’est justement parce qu’il ne régule plus le désir mimétique, qu’il est trop protecteur (sans pour autant être absolu). Quant aux bouc-émissaires qui résorbent les crises sans pour autant s’attaquer à ses fondements, ils ne manquent pas, les banquiers, les rentiers, les patrons de grands groupes, et on commence à entendre parler des footballeurs, bref, tout ce qui dépasse un peu trop de la régulation admissible ici et maintenant. Action Directe peut être considéré comme une émanation ou une émergence de l’excès de protection de la propriété actuelle. Pour le moment, les actions des indignés sont assez bon-enfant, mais ça ne durera pas si rien ne bouge.

        Léon Bourgeois est l’auteur politique avec lequel j’ai le plus d’affinités sur cette question de la propriété.

      14. MôôA, quel pénible…
        1) Les articles de Maxou ils ont jamais vu le jour, on les a raccourcis avec leur auteur. On a gardé l’idée de « Droit Absolu » pour la propriété dans le Napoléon de 1805 jusqu’à aujourd’hui. Pour la forme certes, un « absolu conditionnel », m’enfin…
        2) La législation des cumuls qui tendait à limiter l’augmentation de la superficie des terres agricoles ne touchait par définition que les grands propriétaires mais ne limitait le droit de propriété que dans la libre transaction et l’acquisition du droit de propriété.
        3) Le droit d’exploitation des terres incultes qui permet à un exploitant de revendiquer un droit d’exploitation (un bail) auprès d’un propriétaire ayant laissé ses terres incultes plus de trois ans, peut concerner toutes les surfaces, 200 m2 comme 2 millions, et touche directement l’abusus du propriétaire, contraint d’exploiter ou de louer au requérant…
        4) Enfin, l’atteinte la plus radicale au droit de propriété sur des terres agricoles, soit l’usucapion ou prescription acquisitive, qui peut priver le propriétaire de tout son droit de propriété au bout de 10 ans ou 30 ans de possession par un tiers, ben lui aussi mon gazier, c’est vrai pour 200 Ha comme pour 200 m2 (beaucoup plus facile – et courant j’imagine – pour 200 m2… je concède !)

      15. @vigneron: tout cela est vrai pour ce qui concerne le code Napoléon, mais il n’en reste pas moins que cette affirmation est fausse: « pas de différence entre un droit de propriété sur un jardin de 100 m2 ou une télé et celui sur 2 000 000 de m2 de terres, c’est par essence absolument le même droit ». Non, ce n’est pas « par essence » le même droit. C’est le droit positif qui dira si c’est le même droit ou pas. Et il peut dire que c’est le même droit (absolu) comme dans le code Napoléon, tout comme il peut dire que ce n’est pas le même droit. Rien n’interdit au code de dire « le droit de propriété sur les jardins est absolu jusque 200m² et ne l’est pas au delà ».
        En faisant dire dans un article de loi: « La propriété est le droit de chaque citoyen de disposer à son gré de la portion de bien qui lui est garantie par la loi. », Robespierre ne fait que décrire un fait universel: la propriété est ce que la loi dit que c’est et dans les limites tracées par la loi. Le code Napoléon a fait la même chose, mais en disant juste « on ne met pas de limites à la propriété » (ou en tous cas: « on ne met pas de limites sur la quantité »). Là aussi c’est une décision politique, qui aurait donc pu être autre si les riches n’avaient pas fait la loi à leur convenance.
        C’est important, il n’y a pas de TINA dans ces questions.

        PS: Peut-être voulais-tu dire au départ « c’est par essence le même droit pour le code Napoléon »? Mais là, ça devient absurde car si c’est « pour le code Napoléon », ce n’est pas « par essence ».

      16. ART. 10. La société est obligée de pourvoir à la subsistance de tous ses membres, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler.
        ART. 11. Les secours indispensables à celui qui manque du nécessaire, sont une dette de celui qui possède le superflu. Il appartient à la loi de déterminer la manière dont cette dette doit être acquittée.

        Le droit de vie lié à la propriété (Robespierre ne le voulait pas) et au travail, (là il la justifiait). Il n’a pas eu l’intuition de la robotisation. Dommage. Il n’a pas pu formaliser l’exploitation et la répartition des productions des machines par l’homme, j’aime penser qu’il aurait rédigé ces deux articles ainsi :

        ART. 10. La société est obligée de pourvoir à la subsistance de tous ses membres, sans condition.
        ART. 11. Il appartient à la loi de garantir le droit de vie de chacun de ses membres.

      17. Tu continues à tourner en rond sur ton manège enchanté, toi toi mon MôôA. Tu cherches malicieusement, du moins le crois-tu (en fait je suis même pas sûr que tu en sois conscient…), à limiter le droit de propriété au strict droit positif qui éliminerait l’essence jusnaturaliste de la propriété, de Locke à aujourd’hui en passant par Robespierre et les avatars du Code de 1805. Le tout t’amenant à justifier un droit de propriété à géométrie variable, pouvant ici, en Droit positif, extirper du Droit naturel la « grande » propriété d’une propriété réputée « petite », par essence « naturellement juste » et vertueuse contre l’autre, celle du « grand » désormais réduite au hasard des circonstances, au bon voulour du Législateur, bref au seul Droit positif.
        Je te montre que la tentative maximilienne (et virtuelle), toute minimaliste et apparemment radicale qu’elle fût en tentant d’éliminer le caractère absolu du droit de propriété, au moins nominalement, ne parvenait pas dans les faits à séparer l’essence d’une propriété vertueuse de celle d’une propriété non-vertueuse. Il se contente de laisser au Législateur la possibilité de juger quand la propriété de 200 Ha et quand la propriété de 200 m2 deviendraient aliénables, i.e de rejoindre l’argument de Juan Nessy d’une propriété censément « désabsolutisée », « dénaturalisée » par les textes.
        Je t’ai montré que le Droit positif actuel, comme il en aurait sans doute agi de même fondé sur les articles constitutionnels maximiliens, lorsqu’il lèse le propriétaire foncier pour tout ou partie de son droit de propriété s’en prend aussi bien, si ce n’est plus, au petit propriétaire qu’au grand, hormis dans le cas de la législation du cumul, non-attentatoire au droit acquis puisque limité au droit d’acquisition.
        Mais monsieur MôôA, qui s’en prenait pourtant il y a peu à l’interprétation lockienne de la propriété et de la monnaie, en tant qu’ADN juridique du capitalisme, et donc à l’essence jusnaturaliste, absolue, qui la soutient jusqu’à aujourd’hui jusque et y compris dans la tentative maximilienne, voudrait bien désormais récupérer en sous-main l’argument lockien pour justifier sa propriété de 200 m2, vertueuse par essence transcendante et naturelle, comme récupérer l’argument, lockien encore (et maximilien…), de la propriété de 200 Ha, perverse par essence immanente et positive …
        Bref, MôôA utilisant comme à son habitude les armes de Trasimôôaque se servant des arguments de Locke pour s’en prendre aux arguments de Locke pour défendre le droit de propriété môôayen de MôôA qui prétend s’en prendre au droit absolu de propriété pour mieux le défendre. Tournez manège, un tour gratuit pour la queue du Mickey, Saint John Locke priez pour vos émules zétourdis et zoublieux…

  21. passionnant !
    Il serait intéressant de développer et d’analyser en détail un cas exemplaire de captation primitive de capital très récente et spectaculaire : à la chute de l’URSS une poignée d’héritiers de la nomenklatura a pu « légalement » s’approprier des pans entier d’industrie et sont devenus les oligarques avec la bénédiction des néolibéraux mondiaux.
    Les Russes tétanisés comme devant des prestidigitateurs se sont donc retrouvé à nouveau en dictature et avec en prime des inégalités inédites. Et c’est là la limite de l’analyse économique : il faut un sociologue, un anthropologue (ou même un psychanalyste?) pour essayer de comprendre comment les gens peuvent à accepter (façon de parler) ça pas seulement par la répression type KGB mais par une sorte d’intériorisation (?) sur ce droit à la propriété … issu d’un VOL tout simplement.

    1. La transmutation de la structure de domination soviétique en oligarchie est en effet quelque chose qui m’a toujours stupéfié! Connaissez-vous des travaux de sociologie qui auraient traité de cette question?

      Nous ne devons pas oublier que cette mutation s’est accompagnée d’une baisse drastique de la richesse collective, et d’une diminution très nette de l’espérance de vie dans le pays, c’est à dire, plus crûment, de quelques millions de morts!

      1. Réponse anticipée de Lacan en 1969 à votre question :
        …[ Mais puisque nous en sommes à l’évocation de LÉNINE, il n’est pas plus mauvais de rappeler donc que ce dont il s’agit à propos de la théorie marxiste, pour autant qu’elle concerne une vérité, c’est ce qu’elle énonce en effet qui est ceci : que la vérité du capitalisme, c’est le prolétariat.
        C’est vrai. Seulement c’est de ça même que ressort la suite et la portée de nos remarques sur ce qu’il en est de la fonction de la vérité, c’est que la conséquence révolutionnaire de cette vérité… cette vérité d’où part la théorie marxiste, bien sûr elle va un tout petit peu plus loin puisque ce dont elle fait la théorie, c’est précisément le capitalisme …la conséquence révolutionnaire c’est que la théorie part en effet de cette vérité, à savoir que le prolétariat, c’est la vérité du capitalisme. Le prolétariat, ça veut dire quoi ?
        Ça veut dire que le travail est radicalisé au niveau de la marchandise pure et simple.
        Ce qui veut dire bien sûr que ça réduit au même taux le travailleur lui-même.
        Seulement dès que le travailleur… du fait de la théorie …apprend à « se savoir » comme tel, on peut dire, que par ce pas, il trouve les voies d’un statut – appelez ça comme vous voudrez – de savant :
        Il n’est plus prolétaire, si je puis dire, an sich,
        il n’est plus pure et simple vérité, il est für sich, il est ce qu’on appelle conscience de classe.
        Il peut même du même coup devenir la conscience de classe du parti où on ne dit plus jamais la vérité.
        Je ne suis pas en train de faire de la satire. Je suis en train de rappeler : que des évidences… c’est en ça que c’est soulageant …ne relèvent nullement du scandale qu’on en fait quand on ne comprend rien à rien, ou que si on a une théorie correcte de ce qu’il en est du savoir et de la vérité, il n’y a rien de plus facile à attendre, qu’en particulier on ne voit pas pourquoi on s’étonnerait que c’est du rapport le plus leniniellement défini à la vérité que découle toute cette lénification dans laquelle baigne l’appareil !
        Si vous vous mettiez dans la boule qu’il n’y a rien de plus lénifiant que les durs, vous rappelleriez comme ça une vérité déjà connue depuis bien longtemps. Et puis vraiment est-ce que ça, on ne le sait pas depuis longtemps, depuis toujours ?
        Si on n’était pas depuis quelque temps… et je vous dirai pourquoi …si persuadé que « le christianisme ce n’est pas la vérité » on aurait pu se rappeler tout de même que pendant un certain temps, et qui n’est pas mince, il l’a été et que ce dont il a donné la preuve, c’est qu’autour de toute vérité qui prétend parler comme telle, un clergé prospère qui est obligatoirement menteur.

        Alors je me demande pourquoi on tombe de son haut à propos du fonctionnement des gouvernements socialistes !

        Irai-je à dire que la perle du mensonge est la sécrétion de la vérité ? Ça assainirait un peu l’atmosphère.
        Atmosphère d’ailleurs qui n’existe que du fait d’un certain type de crétinisation dont il faut bien que je dise le nom tout de suite puisqu’au terme de ce que nous avons à dire aujourd’hui, j’aurai à le réépingler quelque part dans un de ces petits carrés : c’est ce qu’on appelle le progressisme.
        J’essaierai bien sûr de vous donner une meilleure définition que cette référence à ses effets de scandale, je veux dire de produire des âmes scandalisées.
        Ces choses devraient être aérées depuis longtemps par la lecture de HEGEL, la loi du cœur et le délire de la présomption. Mais, à la façon de toutes les choses un peu rigoureuses, quand elles sortent, bien sûr, personne ne songe à s’en souvenir au moment qui convient. C’est pourquoi j’ai mis en exergue au début de mon discours de cette année quelque chose qui veut dire que « Ce que je préfère, c’est un discours sans paroles ». Alors ce dont il s’agit… ce qui pourrait être ici en question si on voulait, comme on dit, lécher le plat au point où nous pouvons en profiter, en mettant le petit doigt …c’est de s’apercevoir que ces choses n’ont pas de si mauvais effets que ça puisque, quand je dis que le service du champ de la vérité, le service en tant que tel… service qu’on ne demande à personne, il faut avoir la vocation …entraîne nécessairement au mensonge, je veux aussi faire remarquer ceci, parce qu’il faut être juste, c’est que ça fait énormément travailler !
        Moi, j’adore ça… quand c’est les autres, bien entendu, qui travaillent ! …c’est pour ça que je me régale de la lecture de bon nombre d’auteurs ecclésiastiques dont j’admire ce qu’il leur a fallu de patience et d’érudition pour charrier tant de citations qui me viennent au point juste où ça me sert à quelque chose.
        Il en est de même pour les auteurs de l’église communiste. Ils sont aussi d’excellents travailleurs.
        J’ai beau comme ça, pour certains, dans la vie courante, ne pas pouvoir les supporter plus que dans les contacts personnels avec les curés, ça n’empêche pas qu’ils sont capables de faire de très beaux travaux et que je me régale quand je lis un certain d’entre eux sur « Le Dieu caché », par exemple. Ça ne me rend pas l’auteur plus fréquentable. Donc en somme le fruit de ce qu’il en est après tout quand même, pour le savoir n’est pas du tout à négliger, puisqu’on s’occupe un petit peu trop de la vérité et qu’on en est si empêtré qu’on en vient à mentir.
        La seule véritable question… puisque j’ai dit que là j’irai jusqu’aux limites …ce n’est pas du tout que ça ait ces conséquences… puisque vous voyez qu’après tout c’est une forme de sélection d’élites …c’est pourquoi ça ramasse aussi… dans un champ comme dans l’autre …tant de débiles mentaux, voilà, c’est la limite !
        C’est la limite, mais ne croyez pas que c’est simplement pour m’amuser, pour faire comme ça une petite nasarde à des groupes dont on ne sait pas après tout pourquoi ils devraient être plus préservés que les autres de la présence des débiles mentaux. ]…

      2. @ Rosebud1871

        Seulement dès que le travailleur… du fait de la théorie …apprend à « se savoir » comme tel, on peut dire, que par ce pas, il trouve les voies d’un statut – appelez ça comme vous voudrez – de savant :
        Il n’est plus prolétaire, si je puis dire, an sich,
        il n’est plus pure et simple vérité, il est für sich, il est ce qu’on appelle conscience de classe.

        Sauf que beaucoup de travailleurs, toutes catégories comprises, refusent de se percevoir comme tels.
        Ils sont consommateurs, petits chefs, pionniers d’un monde nouveau, indépendants, spécialistes et même experts, artistes, ratons laveurs, fées du logis, chefs d’orchestre, solistes, philosophes, théoriciens, enseignants, clowns, journalistes, enfin toutes activités exercées bénévolement pour la beauté du geste qui permet d’oublier la réalité des situations au bénéfice de la grande idole capitaliste ou communiste qui récompensera leurs offrandes.
        Le stade ultime du capitalisme/communiste étant le volontariat.

        Je n’ai pas lu Hegel hélas; on me dira que cela se voit.

      3. Beotienne : Sauf que beaucoup de travailleurs, toutes catégories comprises, refusent de se percevoir comme tels. …….

        Ce n’est pas la perspective ou niveau que Lacan aborde. Il dit

         » Seulement dès que le travailleur… du fait de la théorie …apprend à « se savoir » comme tel, on peut dire, que par ce pas, il trouve les voies d’un statut – appelez ça comme vous voudrez – de savant :
        Il n’est plus prolétaire, si je puis dire, an sich,
        il n’est plus pure et simple vérité, il est für sich, il est ce qu’on appelle conscience de classe. »

        Le « travailleur » trouve les voies d’un état, d’un refuge, d’une identité. Il se sait par et dans le « travail ». Dans cet état, il ne peut plus se savoir qu’à travers le prisme du « travail ». Conscient de sa classe, enfermé dans sa classe. Hors le « travail », hors la classe, pas de conscience, des racines sans origine. Sans « travail », point de conscience, point d’état, point de vie. Il est un travailleur enchaîné (racines) il n’est plus pure et simple vérité (humain). Le « travail » volontaire.
        Cette « valeur » « travail » est un absolutisme, une relique qui bride l’émancipation de notre espèce du capitalisme.

        Pour le plaisir.
        « Ces choses devraient être aérées depuis longtemps par la lecture de HEGEL, la loi du cœur et le délire de la présomption. Mais, à la façon de toutes les choses un peu rigoureuses, quand elles sortent, bien sûr, personne ne songe à s’en souvenir au moment qui convient. C’est pourquoi j’ai mis en exergue au début de mon discours de cette année quelque chose qui veut dire que « Ce que je préfère, c’est un discours sans paroles ». Alors ce dont il s’agit… ce qui pourrait être ici en question si on voulait, comme on dit, lécher le plat au point où nous pouvons en profiter, en mettant le petit doigt …c’est de s’apercevoir que ces choses n’ont pas de si mauvais effets que ça puisque, quand je dis que le service du champ de la vérité, le service en tant que tel… service qu’on ne demande à personne, il faut avoir la vocation …entraîne nécessairement au mensonge, je veux aussi faire remarquer ceci, parce qu’il faut être juste, c’est que ça fait énormément travailler !

      4. @ baleine
        Merci pour les éclaircissements, la fonction réductrice instrumentalisée du travail dans le cadre capitaliste /communiste..
        Quant à moi en utilisant le terme volontariat je prête à confusion, il y a le volontariat bien intentionné et utile ( travail gratuit) qui malheureusement empiète sur des emplois rémunérés possibles et qui arrange bien le système, et le « volontariat » de la personne qui effectue un travail rémunéré mais choisi par vocation.

      5. Béotienne
        Le »travail » volontaire dont je parlais est servitude volontaire pour conforter son savoir et sa place. Sans « travail » le travailleur ne se sait plus, perd sa place, sa filiation parfois, sa légitimité et ses re-venus Quelques uns luttent, d’autres désespèrent, certains se cachent pour mourir.
        Un ministre sirupeux encore jeune a osé affirmer « l’assistanat est un cancer » – cancer – maladie mortelle. Ceux et celles atteints d’assistanat ne peuvent vouloir que guérir plutôt que d’être placé en soins palliatifs. Le travail volontaire ou la vie = le droit à vivre.

        un clergé, des croyants menacés des foudres de l’argent, des anticléricaux. Manquent les « laïcs ».
        « Si vous vous mettiez dans la boule qu‘il n’y a rien de plus lénifiant que les durs, vous rappelleriez comme ça une vérité déjà connue depuis bien longtemps. Et puis vraiment est-ce que ça, on ne le sait pas depuis longtemps, depuis toujours ?
        Si on n’était pas depuis quelque temps… et je vous dirai pourquoi …si persuadé que « le christianisme ce n’est pas la vérité » on aurait pu se rappeler tout de même que pendant un certain temps, et qui n’est pas mince, il l’a été et que ce dont il a donné la preuve, c’est qu’autour de toute vérité qui prétend parler comme telle, un clergé prospère qui est obligatoirement menteur.« 

      6. @Baleine :
        /// c’est qu’autour de toute vérité qui prétend parler comme telle, un clergé prospère qui est obligatoirement menteur.« ////
        Je vous propose une aure hypothèse :
        Le « clergé » n’est pas menteur , mais récupère un » pouvoir « . A mon sens il ne fait que squatter des règles ou « rites » nettement plus anciens . Ces rites etant necessaires pour la survie de l’espece (ou plutot de la civilisation) , mais n’etant pas directement accessible a une logique immédiate .
        L’erreur serait d’ assimiler l’ obscénité des règles (issues des rites) a l’ obscénité de l’ usage du pouvoir qui est squatté .

  22. Paul, il me semble que, avant même de décortiquer les modes de répartition de la richesse, il vous faudra parler de ce qui la constitue, et dont la définition est toujours relative à une culture. Du pain bénit pour l’anthropologue / économiste que vous êtes!

    Les cultures humaines se sont succédées, avec des systèmes de pensée très différents à cet égard, jusqu’à ce qu’une conception technique, immédiate et marchande ne s’impose sur l’ensemble de la planète.

    Cependant, je ne peux pas croire que notre perception contemporaine de ce qu’est la richesse soit, définitivement, la dernière que connaîtra l’humanité…

    La remise en cause du cadre implique, à mon avis, de questionner la notion même de richesse, et d’en expliciter la structure : de l’individu à la biosphère, il y a beaucoup de façon de la définir! De même, il y a une structure de la richesse qui est relative au temps, et encore une autre qui n’est finalement que de l’information. Vous voyez certainement beaucoup mieux que moi ce que je suggère…

    1. Je partage mille fois ce que vous dites.

      A une certaine époque et dans certaines cultures, être artiste (comprendre artisan) vous donnait quasiment un statut divin. Le poète était aussi adulé. Quant au musicien, son apogée dura plus de 1000 ans dans de très nombreux pays. En Chine ou au Japon, le calligraphe était (et est encore un peu au Japon) à part, tant son art a de valeur.

      Puis, pendant quelques siècles, la richesse fut liée à l’information, sa diffusion, la lecture, les écrits.

      Evidemment, aujourd’hui, la notion de richesse est tout autre pour la majorité (mais pas la totalité) de l’humanité : le veau d’or.

      Qui nous dit que cette échelle de valeur continuera ?

      Qui nous dit par exemple que le détenteur d’une source d’eau pure et non-polluée ne deviendra pas d’ici quelques décennies le propriétaire terrien milliardaire ? Supplantant la compagnie détentrice d’une licence pétrolière ?

      Qui nous dit que l’art religieux ne reviendra pas en force quand on voit les fondamentalismes débarquer tous azimuts ?

      Oui, la notion même de richesse est sujette à variation. Quant à son accumulation, la question est encore plus ardue.

    2. Si vous arriviez à parler aux bactéries , il se pourrait bien effectivement que vous puissiez accéder demain à une nouvelle forme de richesse .

  23. «Voyez Mes frères, le printemps est venu ; la terre a reçu l’étreinte du soleil,
    et nous verrons bientôt les fruits de cet amour!
    Chaque graine s’éveille et de même chaque animal prend vie.
    C’est à ce mystérieux pouvoir que nous devons nous aussi notre existence ;
    c’est pourquoi nous concédons à nos voisins, même à nos voisins animaux,
    le même droit qu’à nous d’habiter cette terre.
    Pourtant, écoutez-moi, vous tous, nous avons maintenant affaire à
    une autre race, petite faible quand nos pères l’on rencontrée
    pour la première fois, mais aujourd’hui grande et arrogante.
    Assez étrangement, ils ont dans l’idée de cultiver le sol et l’amour
    de posséder est chez eux une maladie.
    Ces gens-là ont établi beaucoup de règles que les riches peuvent briser
    mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et
    les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent.
    Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour leur propres usages
    et se barricadent contre leurs voisins ; ils la défigurent
    avec leurs constructions et leurs ordures.
    Cette nation est pareille à un torrent de neige fondue qui sort
    de son lit et détruit tout sur son passage.
    Nous ne pouvons vivre côte à côte.»

    SITTING BULL
    Discours prononcé en 1875

  24. Le probléme de la suppression de la propriété ouvre aussi le probléme de la jouissance de la non propriété. Qui quelque part impose une structure pour définir qui peut jouir de tel ou telle, parcel,objet exct ….
    Si il n’y a plus de propriété, tout est a tout le monde donc chacun peut être en mesure d’occuper un même endroit en même temps, un même objet en même temps exct ….
    Abolir a propriété, n’est pas suffisant, puisqu’il faudra définir qui mérite la jouissance des beaux immeuble, par example et qui ne la mérite pas. Et qui a la pouvoir de décider de se mérite et qu’elle seront les critéres du mérite.

    plutot que d’abolir la propriété, ne serait il pas plus éfficace d’en limité la possession, tout comme pour la richesse.

    Parce que le probléme ne me semble être ni la richesse ni son appropriation, mais bien la quantité de richesse qu’il est possible de s’approprié. Si une loi définissait qu’aux dela d’une certaines richesse le reste serait confisqué. Il y aurait beaucoup moins de conflit et beaucoup de guerre.
    Quelques part cela oblige a un potentiel d’égalité, puisque une fois le quota atteint, il ne sert plus a rien de continuer a accumuler, donc il reste que la redistribution.
    Par contre concernant les entreprises, il me semble que cela soi plus dur a mettre en pratique. Mais cela pourrait au moins aide a la redistribution des profits 🙂 🙂 🙂 🙂

    La loi as été créer pour imposer des limites, hors il n’y a aucune loi reglementant la limite de la richesse. Et a mon avis se serait un pas si mauvais systéme, en tout cas surement bien meilleur que le systéme actuel, qui permet a des particuliers ou des entreprises de s’accaprer l’enssemble des richesses n’en laissant plus pour les autres.

  25. Il est contreproductif de taxer les riches.

    La réforme suggérée n’est autre qu’une violation caractérisée du droit de propriété des individus qui fonde la civilisation occidentale.

    Chacun dénonce les violations qui l’intéresse…

    Le droit de propriété des individus fonde la civilisation occidentale, or ce droit est toujours initialement acquis par un acte de violence préalable, donc la civilisation occidentale est violente par essence. Et l’histoire, malheureusement ne contredit pas ce que je dis.
    Les plus grands accès de violence, aux plus grandes échelles ont été produites par le « génie » occidental. Je pense en particulier à la Grande Guerre, à la Shoah, aux aventures coloniales,et plus loin dans le temps aux Croisades.
    L’occident judéo-chrétien n’a malheureusement pas le monopole de la violence, mais « grâce au progrès » il a porté la violence destructrice à des niveaux inégalés dans toute l’histoire de l’humanité.
    Et paradoxe des paradoxes, c’est ce même occident judéo-chrétien qui a accouché de révolutions (il est vrai en général très violentes) proclamant des principes universalistes, c’est ce même occident qui a accouché de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
    Mais à bien y réfléchir, est-ce si paradoxal? Pas vraiment, car ces textes ont été produits en réaction à la barbarie qui s’était déchaîné préalablement à leur élaboration.
    Aujourd’hui, l’Occident par la révolution violente, elle aussi, de la mondialisation néo-libérale conduit le monde vers de nouveaux accès de barbarie et de violence.
    Pour produire ensuite de nouveaux textes de portée humanistes, qui seront le temps passant, violés à leur tour ?
    Difficile de ne pas voir en l’Occident, une sorte de Dr Jekyll et Mr Hyde…

  26. Discours utopique… Vos intentions sont nobles, mais j’ai bien peut que vous vous trompiez sur le diagnostic et le remède…

    La « propriété privée » n’est qu’un outil de « répartition des ressources », ces ressources étant limitées. L’homme a besoin d’un système pour déterminer comment répartir ces ressources, et qui pourra en user.

    Autrefois l’Homme utilisait la violence pour régler le problème. Quelque chose « appartenait » à quelqu’un, car ce quelqu’un était assez fort et capable de tuer pour l’avoir et le conserver. Nos sociétés ont mis en place des mécanismes pour éviter le recours à la violence. Notamment les Lois, le Droit, dont le Droit à la propriété. Si j’ai acquis quelque chose en respectant la Loi commune à mon groupe, alors ce quelque chose devient ma « propriété ».

    Comme tout système, ce système a ses limites. Mais constatant les limites et travers du système, vous militez pour sa suppression, au lieu de trouver des moyens de corriger les dérives.

    En supprimant le système, vous vous retrouvez face au problème de « répartition des ressources » que j’ai mentionné plus haut. De cela découlent des problèmes graves:

    – Qui décidera de la répartition des biens consommables?

    – Qui décidera de l’utilisation des biens non consommables? Par exemple qui occupe quelle maison, qui peut utiliser quelle voiture, etc.

    Qu’ils soient élus ou auto-proclamés, ces décideurs instaureront une nouvelle bourgeoisie (appelez les rois, présidents, dictateurs ou membres du Parti, cela revient au même). Vous aurez supprimé la notion de « propriété privée », mais en pratique les ressources seront toujours aussi mal réparties. Voire encore plus mal réparties!

    Le système de propriété privée actuel permet à un individu d’acquérir des biens, et de faire en sorte qu’on ne puisse pas facilement les lui enlever (la Loi le protège). La propriété privée est caractéristique de l’équilibre des pouvoirs entre l’Etat (le Collectif) et l’Individu (le Privé). Cet équilibre permet une chose: réduire les risques de spoliations injustes.
    A présent, si vous laissez au seul Collectif le soin de décider de la répartition, il n’y a plus de contre-pouvoir. Ainsi s’installe la spoliation de tous par une minorité, au nom du Collectif (voir l’exemple de l’URSS).

    Vous ne pourrez jamais empêcher des individus de corrompre un système en devenant les « décideurs » de ce système. La seule chose que vous puissiez faire, c’est mettre en opposition deux systèmes équilibrés: Public et Privé.
    Si des politiciens verreux parviennent à la tête de l’Etat, les intérêts privés sont censés les contrer. Si des individus privés s’accaparent trop de ressources ou de pouvoir, l’Etat est là pour corriger la situation (taxes, lois, …)

    C’est là que le bas blesse: en quoi supprimer la propriété privée aidera t’il à instaurer des contre pouvoirs? Au contraire, cela n’affaiblira t’il pas démesurément le « privé »? Qui aura alors le pouvoir de contrer le « Collectif », et plus particulièrement les arrivistes qui en abuseront?

    1. Serez vous au moins d’accord pour que ce soit la puissance publique (  » le « collectif » ) qui fasse la LOI ?

      Car ce qui n’est actuellement pas utopique , c’est que c’est , d’une certaine façon ( ou pliutôt de multiples façons ) la propriété privée qui fait et écrit la LOI .

      Pour ce qui est des contre pouvoirs , je préfère ceux qu’énonce Montesquieu plutôt que d’institutionnaliser la propriété privée comme l’un d’entre eux .

      1. @juan nessy

        – Seul l’Etat, les représentants élus par le peuple, doivent pouvoir créer les « lois ».

        – Vous soulignez l’une des dérives possibles (et actuelles) du système: une collusion entre intérêts privés et représentants publics. Lutter contre de telles collusions n’est pas simple: la liberté de la presse, l’Opposition (politique) sont censés dénoncer les abus… En cela le clivage français droite/gauche est bel et bien un contre-pouvoir… pour peu qu’il n’y ait pas de collusion à plus grande échelle.

        – La « propriété privée » n’est qu’un élément des « intérêts privés ». Les « intérêts privés » sont les intérêts égoïstes de chaque citoyen, séparément.
        La « propriété privée » n’a pour moi qu’une seule raison d’être cruciale: permettre l’indépendance des « intérêts privés » et leur donner du pouvoir, pour qu’ils puissent être un véritable contre-pouvoir.

        Pour faire simple, disons que si votre maison, que vos biens, et que votre argent sont « à vous » (propriété privée) et que ces éléments sont inaliénables, alors vous êtes libres de vous opposer au collectif (l’Etat) si le besoin s’en fait sentir.

        A l’inverse, si vous ne « possédez » rien, et que c’est le Collectif qui détermine ce dont vous avez droit, comment allez vous pouvoir vous opposer à lui? Lorsqu’on vous a saisi votre maison, vos biens et votre argent, pourrez vous longtemps manifester contre un politicien corrompu?

        Dans un monde idéal, les hommes justes, solidaires et rationnels se répartiraient les ressources en fonction des mérites réels et des besoins réels. La « propriété privée » est un mal nécessaire certes, mais bel et bien nécessaire. Sans elle, pas de véritable pouvoir individuel (le nerf de la guerre est toujours l’argent!), donc un pouvoir uniquement entre les mains du Collectif… et donc un pouvoir détourné in fine par une minorité, au détriment de la majorité…

      2. La première des Lois est la constitition .

        Pourvu qu’elle soit démocratiquement ( ce qui n’est pas simple ) édifiée et après quelques tentatives historiques contre-exemplaires ( mais étaient elles démocratiques ?) , je ne vois pas de constitutions qui ne reconnaitraient pas un droit de propriété limité à ce que l’on cherche parfois à inclure dans les doits et revenus minimaux . La définition de la limite, dans la nature de la propriété privée ou publique, dans sa grandeur , dans sa durée , reste selon moi de façon imprescriptible de compétence constitutionnelle sans laquelle il n’y a pas de vivre ensemble .

        Je note au passage qu’une bonne façon de définir ce qu’est le domaine public ( par opposition au domaine prvé ou au domaine privé des collectivités ) est d’énoncer de façon constitutionnelle que le domaine public est inaliénable .

        Ce qui en agace plus d’un .

        Les « intérêts privés  » et même leur somme , ne font pas l’intérêt collectif durable .

    2. Vous avez bien démontré le lien entre richesse et pouvoir.
      Les nantis ont eux ( pas honteux) bien conscience d’appartenir à la classe dirigeante.
      A mon sens il existe aussi un lien étroit entre richesse et structure familiale , le patrimoine.

  27. Dans notre monde, c’est-à-dire dans le système économique actuel, la question du partage des plus values ne se pose pas pratiquement. Il est réglé par la propriété privée. La plus value (ou la valeur ajoutée) produite appartient de droit au propriétaire de l’entreprise qui l’a produite.

    La question est bien celle du droit de propriété. Seulement pour la poser correctement, il faut distinguer la propriété qui est génératrice de plus value et celle qui ne l’est pas : autrement dit, il faut distinguer la propriété lucrative et la propriété d’usage.

    La propriété lucrative peut être de deux sortes. Il y a celle qui est directement productrice de plus value et celle qui ne fait que ponctionner la plus value déjà produite. La première est investie dans l’économie réelle, c’est-à-dire les entreprises industrielles, agricoles ou de services, le transport, la distribution ; la seconde est purement financière. Même si elle est étroitement mêlée à la première, elle s’en distingue par sa volatilité. Elle est gérée sous forme de portefeuilles d’actions, d’obligations et d’autres produits financiers, dont la composition varie en fonction des opportunités de profit. Enfin, il y a des capitaux purement spéculatifs dont la seule activité est de capter la rente.

    La propriété d’usage peut aussi être divisée en plusieurs composantes selon les besoins qu’elle vise à satisfaire. On peut reprendre ici la classification d’Epicure entre besoins naturels et nécessaires, besoins naturels mais non nécessaires. A ceux-là nous pouvons ajouter les besoins nouveaux mais générateurs de progrès humain et les besoins artificiels non générateurs de progrès humain ou néfastes au progrès humain.

    Quand on a fait ce partage, il est presque inutile de faire le tri entre ce qui est utile au plus grand nombre et au progrès humain et ce qui est inutile ou néfaste au plus grand nombre et au progrès humain. Ce tri va quasiment de soi. La seule forme de propriété qui pose problème est la propriété lucrative investie dans des activités productrices bonnes pour tous. A priori un capital est utilement investi s’il finance l’acquisition de terres qui seront mises en culture pour nourrir les populations. Seulement on voit que ce n’est pas toujours si simple : un capital de ce type peut être néfaste s’il est investi pour produire loin des lieux de consommation et au détriment de la sécurité alimentaire des populations. On pourrait multiplier des exemples de ce type. A cela il faut ajouter ce qui est immédiatement utile à la satisfaction des besoins mais destructeur pour la planète et les besoins futurs.

    Il faut donc conclure que la propriété privée est globalement asociale et donc généralement illégitime. Seule fait exception à cela la propriété d’usage utile à la sécurité et à l’épanouissement humain de la personne car seuls des individus libres et autonomes peuvent entrer dans des liens sociaux épanouissants.

      1. Expliquez vous.

        La propriété individuelle existait bien avant la TVA. Le surplus social également. Dans une société fondée sur la propriété individuelle, il prend la forme de la plus value (notion plus large et plus générale que celle de valeur ajoutée).

        J’en profite pour préciser qu’on peut aussi distinguer la propriété collective et la propriété individuelle. Il me semble tout de même que la propriété collective du type coopérative de travailleurs reste « asociale » vis à vis de la société dans son ensemble. Elle exclue ceux qui n’y participent pas et les traite en clients.

      2. C’est bien vous qui avez écrit ci dessus en les assimilant :  » …la plus value ( ou la valeur ajoutée )…. » ?

        Si , comme c’est possible , les deux termes ne sont pas synonymes, on ne perdra pas son temps à les définir strictement .

      3. Tout travail est aussi une consommation. Le surplus social n’apparait donc que comme dépassement du moment où est compensée la consommation. Le travailleur produit d’abord de quoi reconstituer sa force de travail (et çà pas seulement dans la société capitaliste) il produit ensuite le surplus social (à qui on donne le nom de plus value dans la société capitaliste).

        Je ne pense pas que ce soit une chose difficile à comprendre. Il suffit de bien se situer dans le cadre du propos. Je parle de la propriété en général, de ses formes générales, du caractère asocial qui est dans son essence : la contradiction qu’il y a par essence entre la propriété privée et la collectivité sociale prise comme un tout. Il ne s’agit ici que d’idées très générales, complètement basiques mais qu’il est utile de mettre au clair, il me semble, si on veut discuter en évitant des oppositions et des désaccords sans fondement réel.

      4. L’avantage des généralités et des « évidences » est effectivement de camoufler les désaccords .

        Tous les patrons de bar et le Nouveau Centre vous le confirmeront .

      5. Ma thèse est que « la propriété privée est globalement asociale et donc généralement illégitime. Seule fait exception à cela la propriété d’usage utile à la sécurité et à l’épanouissement humain de la personne car seuls des individus libres et autonomes peuvent entrer dans des liens sociaux épanouissants. »

        Cela vous semble une évidence, tant mieux ! Je pensais devoir argumenter longuement et vous m’en dispensez.

        Il est vrai que cela est plus ou moins confusément le sentiment général. J’en veux pour preuve le fait que nous ne parlons pas de propriété pour les biens d’usage utiles à la vie courante mais de « possession ». Le droit français a d’ailleurs un principe qui dit : « en matière de meuble, possession vaut titre ». Ce principe sépare donc clairement ce qui est l’objet d’une possession et ce qui est objet de propriété. Il réserve le mot de « propriété » à ce qui n’est pas directement lié à la personne.

  28. L’être humain est un mammifère, donc un animal à territoire. Lui retirer la propriété, le sentiment de sécurité que procure la possession d’un bien se heurtera à des résistances, parfois d’une extrême violence.
    Cependant il existe différentes manières de satisfaire ce besoin sans qu’il dérive vers ce qu’il est devenu actuellement, ou est revendiqué par les ultra-libéraux actuellement. Location, emphytéose…

    d’où leur vient leur droit, et quel est la fondation conceptuelle de ce droit ?

    Ca c’est vraiment un problème. En tout cas pour les ressources… J’ai beau chercher, je ne comprends pas comment on peut s’arroger un tel droit, l’enregistrer et l’opposer aux autres de manière aussi péremptoire.

    C’est un héritage du droit du plus fort, acté, inscrit dans les habitudes, et rien d’autre… Je ne vois pas de justification à confisquer ainsi le bien commun au seul profit de quelques-uns… Faudra-t-il le reprendre par la force ? Il sera alors défendu par la force, et on en revient à la problématique « se batte ou fuir, puis guerre ou plus de place pour aller ailleurs »…

    Pour le travail, c’est différent. Mais il est possible d’éviter l’accumulation malsainepar quelques-uns aux dépends des autres par des lois appropriées. Question de volonté…et de justice.

    De toute façon on est mal parti.. Le seul moyen c’est le dialogue et la prise de conscience qu’il implique. Contacter les médias, expliquer autour de soi etc… d’où l’importance vitale de ce blog…

    1. L’être humain est un mammifère, donc un animal à territoire.

      Certes, mais l’animal n’a pas de titre de propriété, défendu par la loi et la force publique.
      L’animal vit dans un système « libéral authentique », dès qu’il n’est plus en mesure de défendre son territoire, il en est chassé par plus fort que lui.
      Dans les sociétés humaines certains s’adjugent les services d’autres, pour défendre leur territoire à leur place.
      Effectivement le titre de propriété permet de sécuriser, celui qui en est détenteur. Mais certains sont nettement plus sécurisés que d’autres. On retombe là sur la question de la répartition des richesse.
      L’ humain « libéral », a besoin de l’Etat, en tant que seule entité autorisée à exercer la violence légitime. En particulier pour sauvegarder la propriété individuelle.
      Cela ne préjuge en rien du degré de privatisation des fonctions régaliennes de cet Etat.
      Si l’on pousse ce raisonnement à son terme, ne doit subsister de l’Etat que ce qui permet de protéger les biens des possédants. En l’absence de justice sociale, cet état de fait, conduit immanquablement à des violences entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas.

      1. Dans les sociétés humaines certains s’adjugent les services d’autres, pour défendre leur territoire à leur place.

        Voui, ça s’appelle des armées de mercenaires, de milices, de porte-flingues, etc, auxquels on rajoute des conscrits ou des militaires de métier dans le cadre étatique, ainsi que, de façon plus directement privée, de la police. Les aristos faisaient au moins semblant de s’en charger eux-mêmes…

        En l’absence de justice sociale, ce état de fait, conduit immanquablement à des violences entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas

        Ah bon ? Violence de ceux qui ont sur ceux qui n’ont pas, ok, entre ceux qui n’ont pas, ok, pour le reste… Et cette sacrée « Justice Sociale » dont on m’cause, c’est quelle adresse le tribunal compétent exactement ?

      2. @vigneron

        Et cette sacrée « Justice Sociale » dont on m’cause, c’est quelle adresse le tribunal compétent exactement ?

        Pour le baron Ernest Antoine Seillières que j’ai entendu l’autre matin sur France Inter, seul Dieu est compétent !

        Je sais, je sais, Dieu (le Bon Dieu) a la fâcheuse habitude de briller par son absence. C’est bien pour cela que l’injustice a encore de beaux jours devant-elle.

    2. « L’homme est un animal ….social . »

      Enfin , s’il veut se distinguer de l’animal .

      1. @juan Nessy

        Et avec les marchés s’agittent les asticots grouillant autour des cadavres du libéralisme, mouvement Brownien imbécile des parasites, les parasites sont des animaux, sociaux ? faudrait voir?

      2. Juan nessy, Aristote disait juste « l’homme est un animal social », et c’est vous qui rajoutez « enfin s’il veut se distinguer de l’animal », ce qui est moins pertinent, car beaucoup d’animaux sont, d’évidence, plus sociaux encore que nous. Ce qui nous distingue, c’est qu’en plus d’être sociaux, nous sommes supposés rationnels (Aristote est d’accord). C’est peut-être ce que vous vouliez dire?

        Malheureusement, je ne voie pas que la rationalité change beaucoup les paramètres fondamentaux de l’organisation sociale animale (dont humaine) : il y a des dominants, et les autres. La foi dans le progrès humain, c’est d’espérer que les dominants cessent de vouloir être les maîtres, et mutent en poêtes (ceux qui font, en grec).

        Comme vous le savez, la foi s’affirme d’autant plus inébranlable que le dogme est invraisemblable… 😉

      3. @Juan
        « Ne venez pas m’asticoter et parasiter Aristote ! »

        Ne vous prenant pas pour un imbécile, ou bien ne me répondez pas, mais ne vous en tirez pas par une pirouette qui n’est ni du niveau de pierre Dac ou de Desproges.
        @ Peltier
         » Comme vous le savez, la foi s’affirme d’autant plus inébranlable que le dogme est invraisemblable…  »
        Tres beau passing shot!

  29. Juste qqs remarques , Mr Jorion :
    //// On voit aussi que des ressources naturelles sont mises à contribution, telles des matières premières ou de l’énergie que l’on peut se procurer sans travail ou par un travail minime, ou dont on peut se contenter d’en obtenir le bénéfice, comme, par exemple, le soleil, la pluie ou le vent./////
    Mis a part qqs usages comme le fil a linge ou le sechoir solaire de prunes ou figues (sans vitre…sechoir amélioré toujours a l’état de projet) ….L’energie renouvelable (vent -soleil – lmarées etc ..) est plus onéreux que l ‘énergie fossile . Il s’en faut de beaucoup puisque les chiffres anoncés , en général masquent des subventions ou des détaxes qui sont de fait des contribution du fossile aux EnR .
    Le cout de ces énergies implique des modifs conceptuels importants au niveau sociétal a des niveaux que l’ n’ose évaluer .

    ///// La capacité du monde à contribuer de la richesse « naturellement », c’est ce que Georges Bataille appelait dans « La part maudite » (1949), l’ébullition du monde./////
    De mémoire ce texte insiste surtout sur le fait que les systèmes vivants (donc aussi les systèmes humains) ne peuvent fonctionner que sur l’ abondance et le gachis /part du diable …ou part des anges pour d’autres .
    J’insiste encore sur le fait que notre société (du moins son ressenti ) ne tient que sur l’énorme gain de productivité acquis sur la production de biens « essentiels » …et que ce gain ne tient pas a grand chose d’autre que le petrole ou charbon quasi gratuit .
    Si cette gratuité ne persiste pas (comme en ce moment) , nous remplaçons des kw energetiques par de kw humains (ici ou ailleurs).

    1. Tu oublies une grande partie du bénéfice de ces ressources naturelles (soleil, pluie et même vent) : c’est la production agricole !

      Me semble pas négligeable pourtant.

    2. Les Salins du Midi ( le sel est une production particulièrement bio naturelle – eau , soleil , vent -où l’énergie humaine nécessaire est quasiment nulle ) sont à « vendre » .

  30. Martine-Bxl a bien fait de citer Sitting Bull. Parce que pour moi la vraie question c’est ça : Si l’on considérait la Terre comme un organisme vivant digne de respect et non d’une chose utilisable à souhait et sans tenir compte de son cycle de reproduction, l’économie elle aussi serait envisagée d’une toute autre façon.

    Il est de fait que l’humain est idiot, vaniteux, et n’en est sur le plan de l’intelligence qu’au début de l’adolescence. Je parle là d’intelligence et non d’intellect qui lui a fait des pas de géants, sans que tout le reste ne suive : l’écoute de l’univers, l’intuition, l’émotion, la spiritualité dans le sens « être connecté à la vie » et non vue dans le sens religion, etc, etc…

    Il est également atteint d’une absence de mémoire qui lui fait inlassablement répéter les mêmes erreurs 🙂

    Et c’est ainsi qu’aujourd’hui, nous avons volé à la Terre : 1800 tonnes de mazout et environ 250 tonnes de gasoil qui sont partis sombrer dans la mer avec le tas de ferraille qui les transportait :

    TRIBUNE DE GENEVE

    Et pour tout arranger, cela se passe en Grèce. Joli témoignage de la cupidité humaine et de son manque de responsabilité si l’on tient compte également des effets désastreux que cela va avoir sur cette mer qui nourrit en daurades et loups déjà bien chimiques les 80 % de l’Europe.

    Une économie de bouts de ficelles avec laquelle des gamins jouent à la courte-paille.

    1. Martine-Bxl a bien fait de citer Sitting Bull. Parce que pour moi la vraie question c’est ça : Si l’on considérait la Terre comme un organisme vivant digne de respect et non d’une chose utilisable à souhait et sans tenir compte de son cycle de reproduction, l’économie elle aussi serait envisagée d’une toute autre façon.

      C’est la base du nouveau cadre qu’il nous faut envisager, Paul Stamets n’hésite pas une seconde
      http://www.liberterre.fr/gaiasophia/relationsinter/mycelium.html

      1. Merci Michel, c’est intéressant et m’amène à me poser une question.

        Ces « fungi » sont aujourd’hui aussi la cause des maladies auto-immunes. Se pourrait-il qu’ils réagissent ainsi par leur forme d’intelligence en réaction au stress généré et pour sauvegarder la planète ?

        Parce qu’on le sait, dans le pire des cas, même si l’humain venait à disparaître, la nature elle, trouvera toujours une solution pour réparer nos idioties. Actuellement c’est comme si une guerre avait été déclenchée par l’homme contre la nature. Elle sera toujours plus forte et plus intelligente malgré ce que l’humain prétentieux croit de sa supériorité.

        On le voit bien avec les virus qui sont 1000 x plus intelligents que nous avec leur capacité de mutation. Idem pour les bactéries.

        Dans leur forme d’intelligence, il est possible que les champignons, les virus et les bactéries aient compris que la seule façon de sauver la Terre pourrait être d’exterminer l’humain, soit le plus grand prédateur. En unissant leurs forces ils pourraient bien en venir à bout. Ils ont chacun un terrain d’action solidaire à l’autre.

        Nous ne sommes solidaires de rien, même pas de nous-mêmes. Alors vouloir que l’économie fonctionne avec un tel manque de vision holistique de la vie, me paraît particulièrement puéril.

  31. A ce propos, tiens, si j’étais proprio de salles de gym, je proposerais à EDF de lui revendre les kw des bicyclettes fixes utilisées en salle. Suffirait juste de les raccorder. :0D

  32. Un débat sur la « propriété » ne peut pas sans le fameux citation de Jean Jacques:

    « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire « Ceci est à moi », et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile ».

    Jean-Jacques Rousseau

    Pour ceux qui comprennent l’anglais je peut recommender les colleges de Michael Sandel sur la philosophie de la justice (Harvard)

    avec: Bentham, locke, nozick, kant, john rawls, aristote et les etudiants d’Harvard!!!!

    etc.

  33. Ce qui semble donc problématique c’est l’accumulation dans le temps, au fil des génération.

    Et si, idée idiote probablement, l’héritage était remplacé par un usufruit.

    Que donnerait un système où , l’intégralité des biens ne pourraient être transmis que sur une seule génération et seulement à titre usufruitier.

    Les hommes pourraient ainsi donner libre cours à leur avidité à dépasser leurs contemporains et aussi à mettre le plus à l’abri les descendants directs.
    Le tout reviendrai à l’état, qui pourrait même le revendre.
    La génération suivante partirait dans de bonnes conditions mais avec l’obligation de créer son propre patrimoine pour l’usufruit de ses enfants.
    L’héritage serait fondant. En douceur. La revente perpétuelle des biens régulerait les prix, les rois fainéant seraient disqualifiés, ouvrant l’ascenseur social, l’état pourrait mettre son nez dans les affaires stratégiques, les salariés pourraient plus facilement racheter collégialement des parts significatives de leur outil de travail.
    La revente perpétuelle entrainerait des revenus considérables pour l’état, diminuant d’autant les prélèvements et ou assurant un meilleur système de vie.

    Inconcevable?

    Il était aussi inconcevable pour une grand seigneur, un nobliau, un serf ou même un homme libre de l’époque féodale que la fonction régalienne puisse être dédiée à une personne morale appelée état et assuré par de simples fonctionnaires.

    1. Resterai à régler le sort de la propriété collective.
      Une personne morale ne devrait pas durer plus de deux génération, soit 50 ou 60 ans. On éviterait ainsi l’émergence de puissances opaques plus fortes que les collectivités.

      1. Kerjean le modérateur efface tous mes messages te concernant
        ëtes vous la même personne ??
        Ah ben merde alors..

      2. @ Kurtz

        Kerjean modérateur ? C’est la meilleure !

        Abstenez-vous simplement d’inviter les gens à quitter le blog ou de leur demander s’ils savent écrire (en faisant des fautes au passage…) et tout ira bien.

    2. Ce qui semble donc problématique c’est l’accumulation dans le temps, au fil des génération.
      ..

      Ah bon ? C’est juste ça le souci de monsieur le patron de TPE Kerjean ? L’homme le plus riche de tous les temps, John Davison Roquefeuille (je préfère son nom d’origine, plus mignon, plus léger que Rockefeller, non ? ), il l’est pas devenu en une vie ? Ou Gates ? Buffet ? Carlos Slim ? Etc.

      1. Bill Gates :

        La Fondation Gates a déjà dépensé 25,26 milliards de dollars, en particulier pour vacciner 55 millions d’enfants. Il a également annoncé vouloir léguer 95 % de sa fortune à sa fondation.

        Bon, vous me direz, que ce n’est pas une idée géniale que de vacciner des enfants avec du mercure comme stabilisateur et fixateur et de générer un monde d’hyper-actifs, d’autistes, de sclérosés en plaque et d’Alzheimer, sans parler des allergiques à tout. Et je vous dirai vous avez parfaitement raison. Mais l’intention était louable. Parfois en voulant faire du bien, on crée le pire sans le savoir par ignorance.

        Le 16 juin 2010, Bill Gates et sa femme lancent une campagne, The Giving Pledge (en), et son site givingpledge.org, sur lequel les milliardaires sont invités à formuler des promesses de donation dépassant 50 % de leur fortune respective.

        Warren Buffets a suivi et annoncé son intention de léguer 99 % de sa fortune.

        Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le Wiki 🙂

        J’aurais bien voulu que Carlos Slim en fasse autant.
        Et Roquefeuille et surtout Rothschild qui a muselé Libé.

      2. Jmemèledetout,

        Bon, vous me direz, que ce n’est pas une idée géniale que de vacciner des enfants avec du mercure comme stabilisateur et fixateur et de générer un monde d’hyper actifs, d’autistes, de sclérosés en plaque et d’Alzheimer, sans parler des allergiques à tout.

        C’est c’la oui… Apparemment, le Bill et le Warren, ils devraient envisager de s’intéresser très sérieusement à des campagnes de vaccination pour quelques bambins d’happy fews de nos chers PDEM… des vaccinations contre la sottise. « Intention louable », là bravo, c’est bouquet… et c’est trop tard pour vous cette vaccine miracle.

      3. VIGNERON

        tu utiliserais le dixième de ton acuité intellectuelle, de ta culture economico-politique et de ta verve à réfléchir positivement plutôt qu’à faire le snipper fond classe à coté du chauffage avec ses boules puantes, que tu pourrais vraiment faire avancer le truc.

        Ton post prouve que tu n’a pas lu le mien, que tu n’as même pas cherché à le comprendre que ton besoin de faire de la scatologie a été plus fort que ton intelligence.

        Eu égard à la grande estime que j’ai pour cette dernière, je vais tâcher de te faire des dessins et de t’expliquer pourquoi tu es à coté de la plaque.

        Nulle part je n’écris qu’un homme ne peut ni ne doit devenir le plus riche du monde. Au contraire, si ça l’amuse, et le rassure….
        Par contre, avec le système dont je parle, Rockfeller est l »homme le plus riche du monde (mais qui se prend quand même une loi antitrust dans les dents) mais deux générations après, la famille Rockfeller n’a pas le pouvoir énorme qu’elle détient sur les choses aujourd’hui.

        Les Anglais ont un dicton  » on ne peut pas acquérir sur la même génération, argent, pouvoir et réputation ».
        Il s’agit de casser ce jeu.
        Ce qui rend le jeu insupportable, c’est que, de génération en génération, on ne va pas qu’accumuler la richesse, on aura le temps de mettre en place tous les leviers pour la sécuriser et la faire croitre. Au détriment de tout le reste de la société.

        A l’avenir, tâche, SVP, de mettre les formes extérieurs du respect. Ce n’est pas parce que ton agressivité maladive, occultant ton intelligence, t’empêche de comprendre qu’il faut que tu tombe dans le travers du préado qui s’écrie « c’est débile » à chaque fois qu’il ne comprend pas.

        Cordialement

  34. C’est bien au royaume d’Ubu roi que nous vivons
    Il y a propriété et propriété , posséder un vélo , c’est déjà être propriétaire par rapport à celui qui n’a rien . et il existe des cas ou être propriétaire n’engage a aucune certitude sur son devenir , conflit avec l’état ( oligarches Russes prenant trop de pouvoir ) , avec le fisc gèle de vos avoirs, problèmes avec la justice et cela peut arriver a tout le monde ( chef d’entreprise ayant un de ses employés impliqué dans un accident du travail grave) . lorsque vous êtes en garde a vue le procureur s’inquiète de votre surface financière. Vous appartenez à la classe moyenne votre fils brûle une voiture , vous serez condamné au civil a dédommager la victime et cela est bien normal.
    Par contre si vous n’êtes pas propriétaire de quoi que ce soit et vous n’avez pas de revenus que voulez vous que l’on vous fasse
    On parlait dans un billet un peu plus haut de la mafia , les parrains savent très bien organiser leur insolvabilité . Il y a souvent rien a récupérer . Et lorsque on les met en prison , c’est encore vous qui payez ( coût d’un détenu en France entre 35 et 45 K€ par an et les prison sont pleines . vous voyez la propriété rend aussi responsable
    Aujourd’hui la BP paie pour sa marée noire , c’est bien parce qu’elle a des avoirs qu’elle peut le faire , mais pour les implants mammaires, la ste a déposé son bilan, qui va payer , le propriétaire , il n’est certainement pas solvable a hauteur du préjudice et il y a toute les chances pour que les assurances se défilent .
    Dans nos sociétés avancés être propriétaire ne rend sure de rien sinon de la jouissance de votre bien a l’instant t

  35. Nous avons cependant trouvé le moyen de nous approprier cette ébullition « spontanée » du monde grâce à l’institution de la propriété privée qui permet à un propriétaire de réclamer pour lui une part de la richesse nouvellement créée, en se prévalant simplement d’un titre, c’est-à-dire d’une déclaration garantie par les appareils institutionnels légaux de sa communauté : judiciaire et policier, affirmant que cette part de l’ébullition ne vient pas simplement « du monde » mais lui appartient bien en propre « à lui ».

    Je ne crois pas que ce soit dans ce sens que les choses se sont faites… Ils ne se prévalent pas d’un titre pour ensuite jouir de l’ébullition du monde… C’est l’inverse…
    Parce qu’ils ont accepté d’aider ceux qui ont fait main-basse sur le monde, sur l’ébullition du monde (de façon violente et dans la logique pouvoir/puissance, puissance/pouvoir; notion primaire qui nous vient du règne animal…), ils ont été gratifié après coup, en s’appuyant sur « les appareils institutionnels légaux de la communauté… » (créés artificiellement par le vainqueur du rapport puissance/pouvoir), d’un titre leur garantissant qu’une part du « butin » leur reviendrait…
    Donc, nous avons à la base une captation violente et animal qui se transforme par la suite en « appareils institutionnels » (judiciaire et policier)… qui tentent de pérenniser la victoire afin de ne plus avoir à combattre de nouveau… la « propriété privée » n’étant que la récompense offerte à ceux qui ont servi le camps vainqueur et/ou qui l’aide à pérenniser par la suite la victoire… La solde du « mercenaire » allant en diminuant au fur et à mesure que l’on descend dans la hiérarchie et que leur « aide » est de moins en moins importante; aide qui au plus bas de l’échelle n’est plus réduite qu’à une portion congrue… comme le simple fait de se taire, d’accepter la situation, de voter, de regarder la télévision, de s’enthousiasmer à tel évènement médiatique…. etc.
    En fait, la propriété privée est la chaine de l’esclave… chaine plus ou moins grosse en fonction de l’utilité et des services rendus par l’esclave… C’est très malin… On n’enchaine plus celui qui risque de se sauver (celui-là peut bien errer dans la nature…), on enchaine par la propriété privée celui qui sert le plus à la pérennité de la victoire…

    Le problème avec le néolibéralisme, c’est qu’à force de faire du zèle, les serviteurs ont niqué la machine… et qu’il risque de falloir recourir de nouveau à un combat primaire pour redistribuer le rapport puissance/pouvoir…
    Alors, il y a deux raisons possibles…
    1/ Soit les vainqueurs ont laissé faire leurs « sbires » parce qu’ils ont perdu la conscience du rapport puissance/pouvoir qu’ils avaient hérité et qu’on ne leur a pas suffisamment expliqué…
    2/ soit, et c’est ce que je pense, à force de se complexifier, le rapport puissance/pouvoir s’est dilué pour finalement changer de main…
    C’est ce qui me fait dire que la machine roule toute seule sans que personne ne la conduise plus du tout… Dans ce cas-là, le vainqueur actuel du rapport puissance/pouvoir serait « les appareils institutionnels légaux de la communauté… »… ça peut foutre les chocottes et nous faire penser au roman « 1984 » de George Orwell, mais cela peut aussi être analysé autrement…
    Car puisque le rapport puissance/pouvoir a changé de main et qu’il est devenu institutionnel, on peut très bien imaginer qu’un collège d’individus, oeuvrant pour le bien de tous, modifie légèrement (mais suffisamment) l’appareil en place…. Et l’on revient à l’idée émise par Paul Jorion d’il y a deux ou trois semaines… et qui est une très bonne idée… puissante et démocratique…
    Et je rajouterais que le nouveau système revu et corrigé qui sera adopté par tous car plus efficace que l’ancien, est certes important, mais en même temps pas réellement fondamental… Ce qui compte c’est de dépeindre la situation telle qu’elle est et que chacun en prenne conscience…
    La crise est financière mais surtout est une crise de conscience… Une crise sociétale et puisque l’être humain est social… une crise métaphysique…
    On ne peut pas vivre sans savoir quel est notre rôle, notre position… les uns par rapport aux autres… c’est impossible… là est la crise…
    Il ne s’agit donc plus d’un combat de groupes d’individus contre d’autres groupes… mais bien de l’ensemble des êtres humains contre un « appareil institutionnel » qui ne sert plus personne et entraine tout le monde dans le précipice… et le fait d’avoir un ennemi commun peut (il faut être optimiste… plus vraiment le choix…) unir les êtres humains pour qu’ils oeuvrent dans un même sens…
    L’autre solution étant des soulèvements d’individus contre d’autres individus, de pays contre d’autres pays, de blocs contre d’autres blocs… pour réactualiser le rapport puissance/pouvoir…. à l’ancienne…!

    Alors, est-ce qu’il faut vouloir imposer cette modification institutionnelle au monde entier….? je ne le pense pas… dans tout le monde occidental…. je ne le pense pas non plus, cela reviendrait à choisir la seconde option, bloc contre bloc…. Non, il faut le faire en Europe… que les règles y soient quelque peu modifiées afin de sortir du problème de la dette et ouvrir des horizons nouveaux… Elle en a la capacité, largement… Et puis ensuite, quand les autres se rendront compte qu’ils s’enferrent dans leur système et qu’en Europe, ça repart… ils y viendront d’eux-même…
    … ça n’est pas notre souveraineté qu’il faut protéger… c’est notre liberté à montrer l’exemple… c’est notre tradition que de faire cela, c’est notre histoire… finalement, on ne sait faire que cela… montrer la direction…

  36. Blaise Pascal disait déjà dans ses « Pensées » :
    «Ce chien est à moi, disaient ces pauvres enfants; c’est là ma place au soleil.» Voilà le commencement et l’image de l’usurpation de toute la terre.

    Mais, allez expliquer cela à un SDF, qui a trouvé un petit espace moins froid au soleil, et dont le chien est la seule protection qui lui reste contre la violence de la société: « L’homme est un loup pour l’homme »…

    Il faut distinguer dans la propriété, celle dont un individu, à quelque espèce il appartienne, a besoin de disposer pour assurer sa survie, de même que l’accumulation de biens dont il a besoin pour aussi assurer sa survie : tas de noisettes dans le trou d’un tronc d’arbre, pour l’hiver dans le cas d’un écureuil, nid d’oiseau ayant demandé des efforts considérables pour assurer la survie au cours de la mauvaise saison.

    Qui pense, même ici, que le coucou, voleur de nid, a un comportement correct puisque « la propriété c’est le vol »

    La propriété devient complètement inacceptable quand elle assure un confort très supérieur aux besoins de survie de l’individu (quoique cette notion de confort puisse aussi être discutée) Ou q’une accumulation de biens puisse servir à la domination d’un individu ou d’un groupe d’individu sur un autre.

    Les sociétés animales ont des règles sociales elles aussi; Le professeur Nicolas Humphrey a montré que c’est pour assurer cette vie en société que l’évolution a permis la croissance de la taille du cerveau, taille qui avait par ailleurs des effets négatifs sur la survie, puisque la taille de la tête rendait la naissance plus risquée. Toutefois la possibilité de vie en société avait un avantage sélectif supérieur au risque de mortalité infantile causé par une tête plus grosse.

    Même si dans certains cas les règles sociales animales protégeant la propriété ou l’accumulation, peuvent sembler cruelles à celles et ceux qui n’ont que les connaissances superficielles de la nature que leur en donnent les médias, jouant plus sur l’émotion que sur la raison, ces règles ne permettent ni la propriété ni l’accumulation abusive.

    Mais passons à l’homme, quand bien même une propriété de survie peut à la rigueur s’expliquer, d’autres facteurs entrent en jeu chez notre espèce dès qu’elle a pu communiquer de manière complexe et établir des règles moins primitives, enfin on l’espère…

    En fait les problèmes avec la propriété et l’accumulation de biens ne sont réellement apparus qu’au Néolithique, avec l’agriculture et l’élevage. Le cultivateur qui avait labouré le champ et semé les graines, puis l’avait protégé des prédateurs, voulait pouvoir survivre avec les fruits de son travail. C’est à partir de là qu’il s’est mis à produire plus que ce dont il avait besoin pour survivre avec sa petite famille. Là aussi est apparue la division du travail à une échèle inconnue jusqu’alors: les outils sont devenus de plus en plus compliqués à fabriquer, le cultivateur a dû échanger une partie de sa production contre ces outils fabriqués par un autre plus habile et plus compétent, et là l’engrenage était enclenché : en produisant plus il a dû construite des silos ou les faire construire et produire encore plus pour augmenter le nombre de ses silos…

    On est alors sorti d’une production de richesse de subsistance individuelle et avec ce processus, se sont créés des métiers, lesquels se sont regroupés dans les premiers embryons de villes au moyen orient… La survivance est devenue collective.

    Bien que la survivance collective ait existé au paléolithique elle était seulement fondée sur une solidarité immédiates sans accumulation de capital ou une accumulation minime de capital, un peu à la manière des écureuil: stocker des noix et des graines pour l’hiver…
    Il y a sans doute déjà eu une spécialisation des tâches dès le paléolithique supérieur: tailleurs de pierres en outils demande un savoir faire non accessibles à tous. En fait dès le Paléolithique, même moyen, des échanges de pierres dures existaient sur des distances surprenantes parfois des centaines de kilomètres. De même que des monnaies primitives datant de la même période.

    Paul T.
    Les querelles parfois violentes entre un cultivateur et es voisins se sont étendues à des groupes plus larges dont la survie collective dépendait du respect de la propriété privée de ses membres producteurs des richesses dont cette communauté arrivait à survivre.

    Le lien entre la production de survie, qu’elle soit individuelle ou collective s’est distendu au cours de l’histoire en fonction de facteurs divers souvent dus à la cupidité des individus mais pas seulement.
    L’apparition de l’écriture et de la comptabilité allait profondément modifier la relation entre production, accumulation et consommation et donc celle de propriété.

    Pour celles et ceux qu’intéresseraient le lien entre les modes de fonctionnement animaux et humains, je ne peux que recommander l’excellent petit livre de Dominique Lestel « Les origines animales de la culture »

    Je vais arrêter là et probablement réduire ma participation à ce blog pour un certain temps : j’ai en effet reçu depuis une semaine le dernier livre de Jeremy Rifkin « La troisième révolution industrielle  » dont j’ai déjà parlé .ici sur la base d’interviews de l’auteur et d’articles au sujet de ce livre. La lecture directe de la préface, de l’intro et des deux premiers chapitres du livre va me conduire à passer beaucoup plus de temps à sa lecture. Je vois en effet dans ce livre apparaître les prémisses d’une révolution planétaires à côté de laquelle les idées des plus radicaux des thèmes anticapitalistes ou des plus enthousiastes des écologistes pourraient sembler bien modestes.
    De plus sans donner de solutions imposées d’en haut Jeremy Rifkin induit les lecteurs à se poser des questions très concrètes sur l’avenir de notre planète.

    Je retourne donc à la lecture attentive de ce livre ec qui va me conduire à réduire ma participation au blog de Paul Jorion. Ce qui ne dérangera pas grand monde et même en satisfera quelques uns…

    A un peu plus tard, le temps de lire ce gros livre et d’en tirer la « substantifique moelle … »

    Paul T.

    1. Voilà, très intéressant mais trop long, tandis qu’en 10 lignes j’explique que la propriété n’est qu’une image-écran et qu’il convient de s’intéresser à sa généalogie et et non à son aboutissement. L’accumulation est L’ORIGINE de la propriété, donc le problème est le procès de l’accumulation.

      Si vous aviez ici regardé la vidéo de Dobry, dont je partage le lien, vous auriez eu l’idée de vous méfiez du sens commun. Il faut toujours inspecter le problème et regarder autour, là le plus facile est d’attaquer non pas le résultat, car celui-ci est protégé par la morale, mais le processus ! Or le processus recèle le moment du partage et là, s’insinue le rapporte de force et tout ce qui s’y glisse de domination symbolique.

      L’accumulation s’est faite selon quel partage, comment a été calculé la plus-value, le profit, selon quelles inégalités sociales ? La propriété est résultat d’un revenu, l’intégrale du revenu selon le temps, et sur ce revenu on est imposable d’ailleurs, et ce revenu est l’exacte mesure de la norme selon laquelle la société rétribue ses agents.

      Quant à l’ébullition du monde, par exemple l’air est une richesse et pourtant, gratuite. Les choses ne deviennent richesse que par pénurie.

      1. @Liszt.fr:
        Comme origine à l’ accumulation individuelle, la perte de confiance (sécurisation) dans le groupe , me parait une cause majeure.

  37. Il y aurait la « solution animiste » au problème posé: attribuer une personnalité, une humanité, à ces diverses sources de richesses – le soleil, le vent, les gisements, les plantes et les animaux – et devoir considérer la production des richesses « naturelles » (elles ne le seraient plus) non comme un « production » mais bien comme un échange avec de telles entités rendues humaines; échange au terme duquel c’est à la terre, aux animaux, au filon métallique, etc., eux-mêmes, qu’il faut donner une compensation pour ce qu’on leur prend. C’est ce que faisaient, font toujours en partie, des peuples de chasseurs-cueilleurs, d’horticulteurs, d’essarteurs de riz, de par le monde.

    Mais pourquoi Bataille pour évoquer ce problème? Lui qui voit l’économie sous l’angle d’une consumation, d’une dépense d’énergie toujours excédentaire.

    1. Bataille etait intuitif ….Ce qu’il pré-sent et dit peut etre considéré comme une thèse évidente et facile a soutenir : Tout système vivant ne peut etre qu »un système « ouvert » .Tout système vivant est basé sur l’ abondance , la profusion et le gachis …… pour des raisons de moindre entropie et de rétro-actions de boucles trophiques …. Notre système ne peut qu’échouer a partir du moment ou il atteint ses imites et necessite de passer a un système « fermé » , sans ouverture sur une profusion .
      Pour caricaturer , on doit pouvoir pisser ds ne riviere et pouvoir y boire …tout autre système ne peut qu’etre économiquement impossible …..sauf esclaves virtuels ou humains .

      1. Je pense que vous faites des analogies spécieuses. Les systèmes vivants, sont, depuis le gène jusqu’à l’écosystème, ouverts, imbriqués les uns dans les autres, et ne dérogent pas au second principe de la thermodynamique. D’accord.

        Néanmoins, il y a des solutions stables, par exemple le récif corallien isolé dans le désert de l’océan, qui développe une richesse stupéfiante sans autre énergie que celle du soleil, avec des intrants très parcimonieux issus seulement de l’environnement océanique.

        C’est l’exemple d’un système ouvert, certes, mais frugal, qui produit de la richesse sur lui-même, à partir de presque rien, par autoréférences, dépendances croisées, cloisonnements semi-perméables, subdivision à l’extrème des chaines alimentaires, recyclage de tous les produits de métabolisme, etc…

        Complexité, diversité, frugalité. Le contraire de « l’abondance, de la profusion et du gachis »! Et pourtant, la richesse…

      2. Une dernière citation amérindienne :
        « La vie dans un tipi est bien meilleure. Il est toujours propre, chaud en hiver, frais en été, et facile à déplacer. L’homme blanc construit une grande maison, qui coûte beaucoup d’argent, ressemble à une grande cage, ne laisse pas entrer le soleil, et ne peut être déplacée; elle est toujours malsaine. Les Indiens et les animaux savent mieux vivre que l’homme blanc. Personne ne peut être en bonne santé sans avoir en permanence de l’air frais, du soleil, de la bonne eau. Si le Grand Esprit avait voulu que les hommes restassent à un endroit, il aurait fait le monde immobile; mais il a fait qu’il change toujours, afin que les oiseaux et les animaux puissent se déplacer et trouver toujours de l’herbe verte et des baies mures.

        L’homme blanc n’obéit pas au Grand Esprit. C’est pourquoi nous ne pouvons être d’accord avec lui. »

        Flying Hawk, chef Sioux du clan des Oglalas

      3. @Marc P.
        //// Néanmoins, il y a des solutions stables, par exemple le récif corallien isolé dans le désert de l’océan, qui développe une richesse stupéfiante sans autre énergie que celle du soleil, avec des intrants très parcimonieu ////
        Cette stabilité n’est qu’apparente . Comme toute stabilité de systèmes complexes (au sens Chaotique), elle est le résultat d’un nombre infini d’instabilités . Note coeur continue a battre parce qu’il est arythmique

      4. Kercoz, vous jouez un peu avec les mots. Je ne parle pas d’une stabilité indéfinie. Je conteste votre vision poétique, que vous reprenez de Bataille, d’une vie associée, par nature, à la profusion et au gachis. Cette vision est « sensible » : on peut par exemple la ressentir en nageant dans un récif tropical. Mais elle est erronée, car il s’agit en fait d’un système très développé de parcimonie.

      5. @marc P.:
        Ma vision n’a rien de poetique . Je la pense plutot mathématique . Une des meilleure def de la Th.du Chaos est que contrairement aux systèmes humains (techno ou écono), ds les systèmes vivants les « bruits » participent au signal .
        Ces « bruits » ou gachis , sont necessaires aux systèmes , parce qu’ils autorisent l’alterité et des essais adaptatifs pour le vivant .C’est un problème d’entropie .
        Je ne pense pas jouer avec les mots : La stabilité de notre station verticale résulte d’instabilités corrigées en permanence . Comme pour le coeur celà nous permet de pouvoir répondre a des défauts ou perturbations importantes conjoncturels puisque nous « entrainons » en permanence la rétroaction aux petites perturbations .

      6. Bon, alors, il y a malentendu, mais c’est de votre faute 😉 :

        Tout système vivant est basé sur l’ abondance , la profusion et le gachis …

        En fait, vous vouliez parler du fait que toute information « agissante » ou « structurante » doit s’accompagner d’une compensation en énergie, faute de quoi le second principe de la thermodynamique serait en cause. Et par ailleurs, un peu d’aléatoire, de déséquilibre chaotique, est nécessaire à une régulation efficiente. Je sais cela. Aucun système vivant n’y échappe. Il n’existe pas de système vivant totalement fermé, ni totalement stable.

        Mais employer les termes d’abondance, profusion et gachis, c’est parler de toute autre chose. Les mots ont un sens, quand même !

        Si je prends la peine de vous relancer sur cette idée, c’est que je pense qu’il y a un enjeu, et même un enjeu politique, que vous évoquez vous même en parlant d’un système économique qui serait condamné par l’approche des limites. Le système du gachis est condamné, certes, mais ce qui m’interesse, moi, c’est de mettre en lumière le fait que de la richesse peut être produite par la diversité, la complexification, et la frugalité, avec des flux faibles mais un potentiel élevé.

        J’avais écrit sur ce blog un billet (trois ans déjà!), ou j’exposais, par analogies, ces idées. Vous me comprendrez mieux après l’avoir lu :

        « Krill et baleines, éloge du protectionnisme » (Le titre est de Paul Jorion, moi, j’avais écrit « Krill, baleines, et membranes…)

      7. En fait, dans la Part maudite, Bataille distingue clairement entre « l’extension » et le « luxe » comme les deux effets de la pression exercée par la force vitale. « Seule l’impossibilité de continuer la croissance donne le pas à la dilapidation ».

    2. Pascal C.

      Bataille ?
      Sans doute parce qu’il se situe dans une perspective à l’opposé de l’idéologie décroissantiste dont l’inspiration malthusienne, entropiste, des points de vue physique et culturel, mène souvent au conservatisme politique et social.
      Le grand défi de notre temps c’est justement de pouvoir concilier dans une même pensée la survie de notre espèce et le coté aventureux, excessif, aussi bien de la vie individuelle que collective en tant qu’humanité.

      Alors faut-il choisir entre l’animisme et Bataille ?
      Peut-être pas, car les sociétés traditionnelles n’ignoraient pas non plus l’excès, en son principe générique et générateur. Même l’art et l’éthique, si l’on y réfléchit un peu, ne peuvent exister sans l’excès, l’excès est leur moteur. L’humain est fondamentalement mû par l’excès ; c’est l’amour, le désir d’aller plus loin. Sans la possibilité de cet excès il dépérit.
      L’invention scientifique et technique participent aussi d’un certain excès : notre capacité à tirer de notre environnement des ressources inaperçues ou bien que l’on mobilisait mal faute d’outils adéquats.
      Mais d’un autre coté l’excès ne peut devenir la règle, car l’univers est organisé, il n’est pas pur chaos. Des animistes on peut retenir l’idée que la terre appartient à tous et à personne en particulier et qu’il faut savoir être attentif à elle, comme il faut l’être avec ses semblables.

      (Le Monde, 1949)

      « Georges Bataille énonce la proposition selon laquelle tout organisme vivant reçoit plus d’énergie que n’en nécessite sa survie. Cette énergie sert à la croissance de l’organisme. Mais, une fois atteintes les limites de la croissance, l’organisme est obligé de perdre sans profit, de consumer en pure perte l’énergie excédentaire. (…) Le jeu, la fête, le sacrifice, l’érotisme, comme la valeur accordée à un bijou, sont des attitudes, des comportements qui, envisagés sous l’angle économique, entrent dans cette catégorie. »

      1. Je ne suis pas certain que ce journaliste ne se plante pas :
        //// « Georges Bataille énonce la proposition selon laquelle tout organisme vivant reçoit plus d’énergie que n’en nécessite sa survie. Cette énergie sert à la croissance de l’organisme. Mais, une fois atteintes les limites de la croissance, l’organisme est obligé de perdre sans profit, de consumer en pure perte l’énergie excédentaire. (…) Le jeu, la fête, le sacrifice, l’érotisme, ///
        Il cite justement des cas ou le « gaspillage » est utilitaire , voire nécessaire , puisqu’il participe a la structuration-cohésion du groupe ….ce qui de ce fait , n’en fait plus du gaspillage

      2. Kercoz,
        Ce n’est pas tout à fait son langage. Bataille parle de sociétés et non de groupes. Il ne s’intéresse pas tant à la cohésion qu’à la dépense sociale en elle-même et aux formes qu’elle prend dans l’histoire.

      3. Pierre-Yves D.

        Je posais la question pourquoi évoquer Bataille, car la question de savoir comment répartir équitablement les parts d’un gâteau fini lui aurait probablement paru relever de l’utilitarisme. Pour le reste, je suis d’accord avec vous.

  38. Mouais… Bataille Perdu(e) d’avance pour ce débat sur l’utilité de la propriété privée ?

    Chaque fois que le sens d’un débat dépend de la valeur fondamentale du mot utile, c’est-à-dire chaque fois qu’une question essentielle touchant la vie des sociétés humaines est abordée, quelles que soient les personnes qui interviennent et quelles que soient les opinions représentées, il est possible d’affirmer que le débat est nécessairement faussé et que la question fondamentale est éludée. Il n’existe en effet aucun moyen correct, étant donné l’ensemble plus ou moins divergent des conceptions actuelles, qui permette de définir ce qui est utile aux hommes.

    La Part maudite précédé de La Notion de dépense  (1933), Georges Bataille, éd. Éditions de Minuit, coll. Critique, 2003.
    De l’Utilité inarbitrable, de l’arbitraire utilitariste, de l’inutilité arbitrable, de l’arbitraire inutilisable, etc, etc, etc.

    1. Sacré vigneron

      Comment Bataille a-t-il pu ne pas y penser ?
      Il y a une institution pour laquelle le sens d’un débat dépend de la valeur fondamentale du mot utile, c’est la démocratie.
      C’est l’utilité que chacun accorde à telle ou telle chose ou idée qui est l’objet même du débat. L’institution démocratique est par définition l’institution qui permet d’arbitrer sur ce qui est utile ou ne l’est pas dans une situation donnée.

      Bataille sur ce coup là à la pensée un peu courte, en pleine dérive platonicienne.

  39. L’idée bizarre du jour :
    La « monnaie oligonexique » , qui assure un « flux de décroissance positive » contrant les effets de la monnaie usuelle.
    Puisqu’on appelle « pléonexie » le désir d’avoir toujours plus, maladie quasi intrinsèque au fait de mettre l’étiquette « valeur » sur les choses et d’y croire, on peut élargir le cadre.
    C’est l’identification du bien être ou autre paramètre « individuel » à la valeur qui rend la « pléonexie » addictive (la « chrématistique » , le pb de fond de l’intérêt indu, …) . Si mon voisin a un yacht de 102m, il faut que j’en aie un de 106 m. Tendance très active aux USA, où l’on ne masque pas sa maison derrière des thuyas donc on se montre un peu beaucoup.

    Donc parallèlement au flux de cette chose incontrôlable qu’est la monnaie usuelle, je propose d’établir un flux de monnaie « complémentaire » (comme les porteurs de charges de signe + et les porteurs de charge de signe – dans les semi-conducteurs). Il « suffit » de trouver les conditions d’échange pour que cette monnaie soit « oligonexique », qu’elle soit source de « vouloir moins » .

    La justification est l’analogie avec la biologie : les chaines d’agonistes/antagonistes sont la règle et non l’exception. Il y une sorte de redondance de la commande dans la plupart des cas. Il y a aussi l’analogie du contre-don, qui remonte assez explicitement la chaine duale de celle du don.

    Enfin, cela évite le dilemme de la « monnaie fondante » qui part d’une bonne intention, mais qui mélangeant deux fonctions (garantir le futur et servir le troc) ne trouve jamais son échelle de temps : il y a toujours un versant de la psychologie humaine qui viendra dégorger quelque chose de contraire au souhait initial (cf. Gesell) et donc une forme d’instabilité à l’échelle du temps de la fonte. (Le fermion qui est son antiparticule, .. Majorana)

    En ajoutant le deuxieme flux, nous pourrions « résilienter » le système comme dit Taleb. Comme le fait la bio, comme le fait la socio (contre-don).
    Voyons ce que doit représenter la monnaie « oligonexe » : elle doit valoriser la « moindre consommation », rendre explicite les externalités du type « le PIB augmente dans les bouchons », etc.
    C’est 110% à construire, mais si on fait un échange qui suit les lignes du savoir-faire et du service rendu lorsqu’il est formateur, on pourrait peut être bien créer cette « deuxième chaine de monnaie ».
    Si par exemple je répare un truc que peu de gens veulent réparer, donc j’économise des matières premières, voire j’apprends à l’utilisateur comment ça marche dedans, alors je gagne de cette monnaie oligonexique (au lieu d’un pourboire en « monnaie pléonexique »). IL faut trouver les mécanismes qui la garantissent comme monnaie d’échange et de proximité, et vecteur de savoir-faire. Elle agirait à la fois comme une immense (et bonne) viscosité contre l’accumulation pléonexique, et comme un vecteur d’apprentissage. Bien sûr sa circulation n’est pas limpide du tout pour l’instant (je ne pense pas avoir convaincu qui que ce soit) , mais cette idée de créer « plus de degrés de libertés dans l’équation de départ » n’est pas antipathique…

    1. Merci Timiota
      Pour cette intéressante contribution sur la « monnaie oligonexique » et les développements qu’elle implique.

      Voici une recherche personnelle, non complètement achevée mais où il me semble que des éléments communs de réflexion.

      http://trehinp.dyndns.org/prehistautistic/tentative_de_theorie_information.htm

      Le concept de « valeur informationnelle » que j’y développe ont selon moi des points communs avec votre analyse…

      Je serais disposé à entendre les critiques ou des suggestions.

      Paul T.

  40. Un exemple récent (29 février 2012) d’une loi concernant la répartition des richesses.

    Loi PETROPLUS
    J’ai été choqué d’entendre sur France-Info que les députés UMP avaient rejeté l’amendement socialiste de sauvegarde des emplois de la papeterie d’Alizay au motif de la liberté d’entreprise.
    Il semble que des députés français à l’Assemblée votent des lois au nom de choix philosophico-économiques?

    RAPPEL DU DRAME DE LA PAPETERIE D’ALIZAY (heureusement cela semble s’arranger depuis)
    24 octobre 2011
    Social. Après le refus le 24 octobre 2011 du papetier finlandais M-Real de céder sa papeterie d’Alizay dans l’Eure
    (550 salariés avec les sous-traitants ndlr) à l’un des deux acheteurs en lice, les salariés se tournent vers la justice pour espérer geler la fermeture de l’usine.
    http://www.usinenouvelle.com/article/m-real-alizay-les-salaries-en-appellent-a-lajustice.N161552.

    05 mars 2012
    Bonne nouvelle en provenance de l’usine à papier d’Alizay, dans l’Eure.
    Après une année de conflit, son propriétaire est désormais enclin à une reprise du site, même par un éventuel concurrent.
    http://www.graphiline.com/article/15135/M-real-ouvert-a-une-reprise-de-sa-papeterie-d-Alizay-(27)
    ………………………………………………………………………………………………………..
    Entre temps, le 29 février 2012,à l’Assemblée les députés votent la Loi Petroplus
    Le gouvernement et les députés UMP ont rejeté les amendements, présentés par le groupe socialiste, visant à rendre obligatoire pour un groupe défaillant l’examen des propositions de reprise qui lui sont soumises, mais aussi l’obliger à céder le site si l’une des offres proposées reçoit la validation du tribunal de commerce et un avis positif des instances représentatives du personnel.
    Selon ce que j’ai entendu à laradio France-Info, le motif du rejet des députés UMP était qu’ils ne voulaient pas aller contre la liberté d’entreprise!

    Cette information est extraite du blog de CHRISTOPHE BOUILLON,ci-dessous:
    http://christophebouillon.fr/2012/02/29/une-occasion-manquee
    « Les députés de mon groupe ont profité de l’occasion pour compléter le dispositif et répondre à d’autres situations industrielles tout aussi inacceptables. Le refus d’un groupe sur le départ de rendre possible une reprise par crainte de voir s’installer un concurrent est une réalité choquante et hélas de plus en plus fréquente. Nous en avons un exemple à Alizay dans l’Eure avec l’entreprise M-Real. L’usine est moderne et performante. Des repreneurs sérieux sont sur les rangs et pourtant le groupe propriétaire préfère le sabordage.
    Nos amendements visaient à rendre obligatoire pour un groupe défaillant l’examen des propositions de reprises qui lui sont soumises mais aussi l’obliger à céder le site si l’une des offres proposées reçoit la validation du tribunal de commerce et un avis positif des instances représentatives du personnel.
    Le gouvernement et les députés UMP ont rejeté ces amendements. »

  41. L’inventaire des anomalies de répartition des matières premières que constituent les gisements est loin d’être exhaustive.
    De plus ces matières sont généralement recyclables.
    Le discours sur l’épuisement des ressources de la colonisation humaine des milieux naturels me semble donc sans objet.
    L’équilibre à trouver ne se fera que par une réflexion de l’espèce homo sapiens sur ses propres projets et leur adaptation à une vie acceptable par le plus grand nombre

  42. J’ai acheté les livres de Paul JORION
    J’ai suivi ce blog depuis des années
    J’ai fait des contributions via Ebay
    Je le regrette ( pas pour Paul ) mais franchement julien….
    Oses publier ceci !

    1. Je vous ai déjà expliqué plus haut pourquoi les attaques ad hominem ne seraient pas publiées. Votre généreuse contribution ne vous exonère pas d’observer ces règles.

  43. Nous avons cependant trouvé le moyen de nous approprier cette ébullition « spontanée » du monde grâce à l’institution de la propriété privée qui permet à un propriétaire de réclamer pour lui une part de la richesse nouvellement créée, en se prévalant simplement d’un titre, c’est-à-dire d’une déclaration garantie par les appareils institutionnels légaux de sa communauté : judiciaire et policier, affirmant que cette part de l’ébullition ne vient pas simplement « du monde » mais lui appartient bien en propre « à lui ».

    Oui mais pourquoi la propriété privée existe-t-elle dans notre système ?
    Je rejoins les propos de AI ci-dessus. La propriété privée est ce que le système dans lequel nous vivons a trouvé de mieux pour nous aliéner, nous soumettre, nous asservir, nous intégrer à son fonctionnement et en assurer son développement.
    Plus un être est propriétaire de choses, moins il est libre de penser, d’agir, de se révolter, plus il est freiné, plus il est enchaîné. Le Diogène de l’antiquité vivant dans une demi jarre, soucieux seulement d’avoir le soleil, que lui cachait le grand Alexandre en face de lui, l’avait bien compris,

    Plus un être est propriétaire de choses, plus il est solvable, donc atteignable, donc redevable potentiellement, plus il doit se soumettre aux lois de la communauté, sous peine de sanctions et donc de prélèvements sur ses biens dont il est dit propriétaire par le cadre juridique et judiciaire.

    Quand le système libéral a permis aux salariés d’acquérir des actions de leur entreprise ou de devenir propriétaires, sous une forme ou une autre, d’autres entreprises du système pour s’assurer une retraite complémentaire, il les a ainsi liés étroitement à son fonctionnement, en serrant encore un peu plus la corde autour de leur cou, jusqu’à leur faire admettre des réductions de salaires et une aliénation encore plus grande.

    C’est la propriété privée qui assure toute la cohésion et la pérennité du système dans lequel nous vivons. Elle permet de percevoir une rente de situation qui constitue certes un enrichissement mais aussi la contrepartie de la soumission du propriétaire au système. Qu’un propriétaire refuse de payer l’impôt foncier pour son bien et le système fera bien vite main basse sur ses propriétés à titre de sanction. Pour devenir propriétaire, il faut être conforme aux attentes du système.

    La rente tirée de la propriété (loyer, dividende, redevance, intérêt, bénéfice) est fixée en principe à une hauteur telle qu’elle est acceptée par la majorité des membres de la communauté, sur base de ce qui est considéré, dans cette communauté et à ce moment-là, comme rare et utile et juste.

    Aujourd’hui, le système est malade car manifestement la rente financière doit être réévaluée car devenue excessive ou mal adaptée au rapport de force existant au sein de la communauté. Nous vivons sans aucun doute une crise au niveau des valeurs et donc une crise de confiance et de sens. Qu’est qui a de la valeur aujourd’hui, dans notre société européenne ? A qui et à quoi attribuer une valeur relative plus importante ? Qui est à récompenser et sous quelle forme ? Y a-t-il vraiment matière à récompenser étant donné que nous sommes tous sur la même galère ayant pour principal souci de souffrir le moins possible chacun en nous-mêmes et avec nos compagnons de route sur terre ?

    Nous ne sommes finalement que des gérants d’un petit bout de monde, gérants qui devrions faire preuve de responsabilité et de solidarité avant tout.

  44. « Premier élément de réponse : de la richesse est nécessairement créée dans le processus de production puisqu’elle est consommée ensuite. »
    Si vous parlez du processus de production en général, cela se tient.

    Si vous voulez dire que c’est le cas de chaque processus de production, c’est très simpliste.
    Un certain nombre de processus de production sont de simples transferts de richesse d’un système à un autre…
    Je suppose que vous connaissez les travaux de Claude Meillassoux sur le sujet?

  45. Certains médias Américains ont une vision plus positive des mouvements « activistes » que ne le laissent paraître les médias officiels inféodés aux puissances de l’argent:

    Reenergizing social activism could put American progress back on track, says Jeffrey D. Sachs in The Price of Civilization: Reawakening American Virtue and Prosperity.
    Extrait du sommaire de la revue de l’association »World Future Society »: « THE FUTURIST », à laquelle je suis abonné, en tant que passionné de « futurologie », en dehors bien sûr, de la « boule de cristal », de la cartomancie, de la numérologie ou des horoscopes…

    Voici le sommaire du N°3 ( Mars 2012 • Volume 13)
    http://www.wfs.org/content/futurist-update/futurist-update-2012-issues/march-2012-vol-13-no-3

    Vous y trouverez de nombreux résumés d’articles en rapport avec des thèmes souvent abordés sur le blog de Paul Jorion.
    Entre autre, vous lirez probablement avec intérêt un résumé de l’évolution potentielles de nouvelles formes de robots industriels avec les risques d’aggravation des pertes d’emplois qu’ils impliquent…
    « Robot Ants Invade Factories to Boost Efficiency »

    Paul T.

  46. L’accumulation individuelle des ressources est en principe vouée à la destruction : les individus qui l’effectuent ne possèdent pas vraiment, cette richesse, ce rang.

    Le véritable luxe et le profond potlatch de notre temps revient au misérable, s’entend à celui qui s’étend sur la terre et méprise. Un luxe authentique exige le mépris achevé des richesses, la sombre indifférence de qui refuse le travail et fait de sa vie, d’une part une splendeur infiniment ruinée, d’autre part un insulte silencieuse au mensonge laborieux des riches.

    La part maudite, Éditions de Minuit, p.112 et p.114

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