QUESTIONS À RÉSOUDRE (III) « ÉBULLITION DU MONDE » ET PROPRIÉTÉ PRIVÉE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Deux questions doivent être résolues initialement : dans la production de biens et de services, de la richesse nouvelle est-elle créée et si oui, comment en détermine-t-on le volume et le montant ? De plus, parmi les parties antagonistes qui se partagent dans notre monde contemporain la richesse nouvellement créée, toutes ont-elles une justification à en recevoir une part et si oui, d’où leur vient leur droit, et quel est la fondation conceptuelle de ce droit ?

Premier élément de réponse : de la richesse est nécessairement créée dans le processus de production puisqu’elle est consommée ensuite.

Jusque-là tout le monde s’accorde. On constate aussi que des efforts humains se conjuguent, sans qu’il soit pour autant certain que certains d’entre eux ne sont pas consentis en vain, en pure perte, qu’ils ne constituent pas seulement de l’agitation inutile. Agitation éventuellement inutile pour atteindre le résultat observé mais pas pour autant inutile pour ce qui est précisément d’être récompensés par une rémunération.

On voit aussi que des ressources naturelles sont mises à contribution, telles des matières premières ou de l’énergie que l’on peut se procurer sans travail ou par un travail minime, ou dont on peut se contenter d’en obtenir le bénéfice, comme, par exemple, le soleil, la pluie ou le vent.

La capacité du monde à contribuer de la richesse « naturellement », c’est ce que Georges Bataille appelait dans « La part maudite » (1949), l’ébullition du monde.

Les matières premières naturelles comme le pétrole, le minerai, se distinguent du soleil, de la pluie et du vent par le fait de ne pas être renouvelables, étant fossiles ou proprement géologiques, résultant d’un long processus de sédimentation ou de la constitution-même de notre planète par agrégation de matière à son origine cosmique.

Nous avons cependant trouvé le moyen de nous approprier cette ébullition « spontanée » du monde grâce à l’institution de la propriété privée qui permet à un propriétaire de réclamer pour lui une part de la richesse nouvellement créée, en se prévalant simplement d’un titre, c’est-à-dire d’une déclaration garantie par les appareils institutionnels légaux de sa communauté : judiciaire et policier, affirmant que cette part de l’ébullition ne vient pas simplement « du monde » mais lui appartient bien en propre « à lui ».

(à suivre…)

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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188 réflexions sur « QUESTIONS À RÉSOUDRE (III) « ÉBULLITION DU MONDE » ET PROPRIÉTÉ PRIVÉE »

  1. L’être humain est un mammifère, donc un animal à territoire. Lui retirer la propriété, le sentiment de sécurité que procure la possession d’un bien se heurtera à des résistances, parfois d’une extrême violence.
    Cependant il existe différentes manières de satisfaire ce besoin sans qu’il dérive vers ce qu’il est devenu actuellement, ou est revendiqué par les ultra-libéraux actuellement. Location, emphytéose…

    d’où leur vient leur droit, et quel est la fondation conceptuelle de ce droit ?

    Ca c’est vraiment un problème. En tout cas pour les ressources… J’ai beau chercher, je ne comprends pas comment on peut s’arroger un tel droit, l’enregistrer et l’opposer aux autres de manière aussi péremptoire.

    C’est un héritage du droit du plus fort, acté, inscrit dans les habitudes, et rien d’autre… Je ne vois pas de justification à confisquer ainsi le bien commun au seul profit de quelques-uns… Faudra-t-il le reprendre par la force ? Il sera alors défendu par la force, et on en revient à la problématique « se batte ou fuir, puis guerre ou plus de place pour aller ailleurs »…

    Pour le travail, c’est différent. Mais il est possible d’éviter l’accumulation malsainepar quelques-uns aux dépends des autres par des lois appropriées. Question de volonté…et de justice.

    De toute façon on est mal parti.. Le seul moyen c’est le dialogue et la prise de conscience qu’il implique. Contacter les médias, expliquer autour de soi etc… d’où l’importance vitale de ce blog…

    1. L’être humain est un mammifère, donc un animal à territoire.

      Certes, mais l’animal n’a pas de titre de propriété, défendu par la loi et la force publique.
      L’animal vit dans un système « libéral authentique », dès qu’il n’est plus en mesure de défendre son territoire, il en est chassé par plus fort que lui.
      Dans les sociétés humaines certains s’adjugent les services d’autres, pour défendre leur territoire à leur place.
      Effectivement le titre de propriété permet de sécuriser, celui qui en est détenteur. Mais certains sont nettement plus sécurisés que d’autres. On retombe là sur la question de la répartition des richesse.
      L’ humain « libéral », a besoin de l’Etat, en tant que seule entité autorisée à exercer la violence légitime. En particulier pour sauvegarder la propriété individuelle.
      Cela ne préjuge en rien du degré de privatisation des fonctions régaliennes de cet Etat.
      Si l’on pousse ce raisonnement à son terme, ne doit subsister de l’Etat que ce qui permet de protéger les biens des possédants. En l’absence de justice sociale, cet état de fait, conduit immanquablement à des violences entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas.

      1. Dans les sociétés humaines certains s’adjugent les services d’autres, pour défendre leur territoire à leur place.

        Voui, ça s’appelle des armées de mercenaires, de milices, de porte-flingues, etc, auxquels on rajoute des conscrits ou des militaires de métier dans le cadre étatique, ainsi que, de façon plus directement privée, de la police. Les aristos faisaient au moins semblant de s’en charger eux-mêmes…

        En l’absence de justice sociale, ce état de fait, conduit immanquablement à des violences entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas

        Ah bon ? Violence de ceux qui ont sur ceux qui n’ont pas, ok, entre ceux qui n’ont pas, ok, pour le reste… Et cette sacrée « Justice Sociale » dont on m’cause, c’est quelle adresse le tribunal compétent exactement ?

      2. @vigneron

        Et cette sacrée « Justice Sociale » dont on m’cause, c’est quelle adresse le tribunal compétent exactement ?

        Pour le baron Ernest Antoine Seillières que j’ai entendu l’autre matin sur France Inter, seul Dieu est compétent !

        Je sais, je sais, Dieu (le Bon Dieu) a la fâcheuse habitude de briller par son absence. C’est bien pour cela que l’injustice a encore de beaux jours devant-elle.

    2. « L’homme est un animal ….social . »

      Enfin , s’il veut se distinguer de l’animal .

      1. @juan Nessy

        Et avec les marchés s’agittent les asticots grouillant autour des cadavres du libéralisme, mouvement Brownien imbécile des parasites, les parasites sont des animaux, sociaux ? faudrait voir?

      2. Juan nessy, Aristote disait juste « l’homme est un animal social », et c’est vous qui rajoutez « enfin s’il veut se distinguer de l’animal », ce qui est moins pertinent, car beaucoup d’animaux sont, d’évidence, plus sociaux encore que nous. Ce qui nous distingue, c’est qu’en plus d’être sociaux, nous sommes supposés rationnels (Aristote est d’accord). C’est peut-être ce que vous vouliez dire?

        Malheureusement, je ne voie pas que la rationalité change beaucoup les paramètres fondamentaux de l’organisation sociale animale (dont humaine) : il y a des dominants, et les autres. La foi dans le progrès humain, c’est d’espérer que les dominants cessent de vouloir être les maîtres, et mutent en poêtes (ceux qui font, en grec).

        Comme vous le savez, la foi s’affirme d’autant plus inébranlable que le dogme est invraisemblable… 😉

      3. @Juan
        « Ne venez pas m’asticoter et parasiter Aristote ! »

        Ne vous prenant pas pour un imbécile, ou bien ne me répondez pas, mais ne vous en tirez pas par une pirouette qui n’est ni du niveau de pierre Dac ou de Desproges.
        @ Peltier
         » Comme vous le savez, la foi s’affirme d’autant plus inébranlable que le dogme est invraisemblable…  »
        Tres beau passing shot!

  2. Juste qqs remarques , Mr Jorion :
    //// On voit aussi que des ressources naturelles sont mises à contribution, telles des matières premières ou de l’énergie que l’on peut se procurer sans travail ou par un travail minime, ou dont on peut se contenter d’en obtenir le bénéfice, comme, par exemple, le soleil, la pluie ou le vent./////
    Mis a part qqs usages comme le fil a linge ou le sechoir solaire de prunes ou figues (sans vitre…sechoir amélioré toujours a l’état de projet) ….L’energie renouvelable (vent -soleil – lmarées etc ..) est plus onéreux que l ‘énergie fossile . Il s’en faut de beaucoup puisque les chiffres anoncés , en général masquent des subventions ou des détaxes qui sont de fait des contribution du fossile aux EnR .
    Le cout de ces énergies implique des modifs conceptuels importants au niveau sociétal a des niveaux que l’ n’ose évaluer .

    ///// La capacité du monde à contribuer de la richesse « naturellement », c’est ce que Georges Bataille appelait dans « La part maudite » (1949), l’ébullition du monde./////
    De mémoire ce texte insiste surtout sur le fait que les systèmes vivants (donc aussi les systèmes humains) ne peuvent fonctionner que sur l’ abondance et le gachis /part du diable …ou part des anges pour d’autres .
    J’insiste encore sur le fait que notre société (du moins son ressenti ) ne tient que sur l’énorme gain de productivité acquis sur la production de biens « essentiels » …et que ce gain ne tient pas a grand chose d’autre que le petrole ou charbon quasi gratuit .
    Si cette gratuité ne persiste pas (comme en ce moment) , nous remplaçons des kw energetiques par de kw humains (ici ou ailleurs).

    1. Tu oublies une grande partie du bénéfice de ces ressources naturelles (soleil, pluie et même vent) : c’est la production agricole !

      Me semble pas négligeable pourtant.

    2. Les Salins du Midi ( le sel est une production particulièrement bio naturelle – eau , soleil , vent -où l’énergie humaine nécessaire est quasiment nulle ) sont à « vendre » .

  3. Martine-Bxl a bien fait de citer Sitting Bull. Parce que pour moi la vraie question c’est ça : Si l’on considérait la Terre comme un organisme vivant digne de respect et non d’une chose utilisable à souhait et sans tenir compte de son cycle de reproduction, l’économie elle aussi serait envisagée d’une toute autre façon.

    Il est de fait que l’humain est idiot, vaniteux, et n’en est sur le plan de l’intelligence qu’au début de l’adolescence. Je parle là d’intelligence et non d’intellect qui lui a fait des pas de géants, sans que tout le reste ne suive : l’écoute de l’univers, l’intuition, l’émotion, la spiritualité dans le sens « être connecté à la vie » et non vue dans le sens religion, etc, etc…

    Il est également atteint d’une absence de mémoire qui lui fait inlassablement répéter les mêmes erreurs 🙂

    Et c’est ainsi qu’aujourd’hui, nous avons volé à la Terre : 1800 tonnes de mazout et environ 250 tonnes de gasoil qui sont partis sombrer dans la mer avec le tas de ferraille qui les transportait :

    TRIBUNE DE GENEVE

    Et pour tout arranger, cela se passe en Grèce. Joli témoignage de la cupidité humaine et de son manque de responsabilité si l’on tient compte également des effets désastreux que cela va avoir sur cette mer qui nourrit en daurades et loups déjà bien chimiques les 80 % de l’Europe.

    Une économie de bouts de ficelles avec laquelle des gamins jouent à la courte-paille.

    1. Martine-Bxl a bien fait de citer Sitting Bull. Parce que pour moi la vraie question c’est ça : Si l’on considérait la Terre comme un organisme vivant digne de respect et non d’une chose utilisable à souhait et sans tenir compte de son cycle de reproduction, l’économie elle aussi serait envisagée d’une toute autre façon.

      C’est la base du nouveau cadre qu’il nous faut envisager, Paul Stamets n’hésite pas une seconde
      http://www.liberterre.fr/gaiasophia/relationsinter/mycelium.html

      1. Merci Michel, c’est intéressant et m’amène à me poser une question.

        Ces « fungi » sont aujourd’hui aussi la cause des maladies auto-immunes. Se pourrait-il qu’ils réagissent ainsi par leur forme d’intelligence en réaction au stress généré et pour sauvegarder la planète ?

        Parce qu’on le sait, dans le pire des cas, même si l’humain venait à disparaître, la nature elle, trouvera toujours une solution pour réparer nos idioties. Actuellement c’est comme si une guerre avait été déclenchée par l’homme contre la nature. Elle sera toujours plus forte et plus intelligente malgré ce que l’humain prétentieux croit de sa supériorité.

        On le voit bien avec les virus qui sont 1000 x plus intelligents que nous avec leur capacité de mutation. Idem pour les bactéries.

        Dans leur forme d’intelligence, il est possible que les champignons, les virus et les bactéries aient compris que la seule façon de sauver la Terre pourrait être d’exterminer l’humain, soit le plus grand prédateur. En unissant leurs forces ils pourraient bien en venir à bout. Ils ont chacun un terrain d’action solidaire à l’autre.

        Nous ne sommes solidaires de rien, même pas de nous-mêmes. Alors vouloir que l’économie fonctionne avec un tel manque de vision holistique de la vie, me paraît particulièrement puéril.

  4. A ce propos, tiens, si j’étais proprio de salles de gym, je proposerais à EDF de lui revendre les kw des bicyclettes fixes utilisées en salle. Suffirait juste de les raccorder. :0D

  5. Un débat sur la « propriété » ne peut pas sans le fameux citation de Jean Jacques:

    « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire « Ceci est à moi », et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile ».

    Jean-Jacques Rousseau

    Pour ceux qui comprennent l’anglais je peut recommender les colleges de Michael Sandel sur la philosophie de la justice (Harvard)

    avec: Bentham, locke, nozick, kant, john rawls, aristote et les etudiants d’Harvard!!!!

    etc.

  6. Ce qui semble donc problématique c’est l’accumulation dans le temps, au fil des génération.

    Et si, idée idiote probablement, l’héritage était remplacé par un usufruit.

    Que donnerait un système où , l’intégralité des biens ne pourraient être transmis que sur une seule génération et seulement à titre usufruitier.

    Les hommes pourraient ainsi donner libre cours à leur avidité à dépasser leurs contemporains et aussi à mettre le plus à l’abri les descendants directs.
    Le tout reviendrai à l’état, qui pourrait même le revendre.
    La génération suivante partirait dans de bonnes conditions mais avec l’obligation de créer son propre patrimoine pour l’usufruit de ses enfants.
    L’héritage serait fondant. En douceur. La revente perpétuelle des biens régulerait les prix, les rois fainéant seraient disqualifiés, ouvrant l’ascenseur social, l’état pourrait mettre son nez dans les affaires stratégiques, les salariés pourraient plus facilement racheter collégialement des parts significatives de leur outil de travail.
    La revente perpétuelle entrainerait des revenus considérables pour l’état, diminuant d’autant les prélèvements et ou assurant un meilleur système de vie.

    Inconcevable?

    Il était aussi inconcevable pour une grand seigneur, un nobliau, un serf ou même un homme libre de l’époque féodale que la fonction régalienne puisse être dédiée à une personne morale appelée état et assuré par de simples fonctionnaires.

    1. Resterai à régler le sort de la propriété collective.
      Une personne morale ne devrait pas durer plus de deux génération, soit 50 ou 60 ans. On éviterait ainsi l’émergence de puissances opaques plus fortes que les collectivités.

      1. Kerjean le modérateur efface tous mes messages te concernant
        ëtes vous la même personne ??
        Ah ben merde alors..

        1. @ Kurtz

          Kerjean modérateur ? C’est la meilleure !

          Abstenez-vous simplement d’inviter les gens à quitter le blog ou de leur demander s’ils savent écrire (en faisant des fautes au passage…) et tout ira bien.

    2. Ce qui semble donc problématique c’est l’accumulation dans le temps, au fil des génération.
      ..

      Ah bon ? C’est juste ça le souci de monsieur le patron de TPE Kerjean ? L’homme le plus riche de tous les temps, John Davison Roquefeuille (je préfère son nom d’origine, plus mignon, plus léger que Rockefeller, non ? ), il l’est pas devenu en une vie ? Ou Gates ? Buffet ? Carlos Slim ? Etc.

      1. Bill Gates :

        La Fondation Gates a déjà dépensé 25,26 milliards de dollars, en particulier pour vacciner 55 millions d’enfants. Il a également annoncé vouloir léguer 95 % de sa fortune à sa fondation.

        Bon, vous me direz, que ce n’est pas une idée géniale que de vacciner des enfants avec du mercure comme stabilisateur et fixateur et de générer un monde d’hyper-actifs, d’autistes, de sclérosés en plaque et d’Alzheimer, sans parler des allergiques à tout. Et je vous dirai vous avez parfaitement raison. Mais l’intention était louable. Parfois en voulant faire du bien, on crée le pire sans le savoir par ignorance.

        Le 16 juin 2010, Bill Gates et sa femme lancent une campagne, The Giving Pledge (en), et son site givingpledge.org, sur lequel les milliardaires sont invités à formuler des promesses de donation dépassant 50 % de leur fortune respective.

        Warren Buffets a suivi et annoncé son intention de léguer 99 % de sa fortune.

        Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le Wiki 🙂

        J’aurais bien voulu que Carlos Slim en fasse autant.
        Et Roquefeuille et surtout Rothschild qui a muselé Libé.

      2. Jmemèledetout,

        Bon, vous me direz, que ce n’est pas une idée géniale que de vacciner des enfants avec du mercure comme stabilisateur et fixateur et de générer un monde d’hyper actifs, d’autistes, de sclérosés en plaque et d’Alzheimer, sans parler des allergiques à tout.

        C’est c’la oui… Apparemment, le Bill et le Warren, ils devraient envisager de s’intéresser très sérieusement à des campagnes de vaccination pour quelques bambins d’happy fews de nos chers PDEM… des vaccinations contre la sottise. « Intention louable », là bravo, c’est bouquet… et c’est trop tard pour vous cette vaccine miracle.

      3. VIGNERON

        tu utiliserais le dixième de ton acuité intellectuelle, de ta culture economico-politique et de ta verve à réfléchir positivement plutôt qu’à faire le snipper fond classe à coté du chauffage avec ses boules puantes, que tu pourrais vraiment faire avancer le truc.

        Ton post prouve que tu n’a pas lu le mien, que tu n’as même pas cherché à le comprendre que ton besoin de faire de la scatologie a été plus fort que ton intelligence.

        Eu égard à la grande estime que j’ai pour cette dernière, je vais tâcher de te faire des dessins et de t’expliquer pourquoi tu es à coté de la plaque.

        Nulle part je n’écris qu’un homme ne peut ni ne doit devenir le plus riche du monde. Au contraire, si ça l’amuse, et le rassure….
        Par contre, avec le système dont je parle, Rockfeller est l »homme le plus riche du monde (mais qui se prend quand même une loi antitrust dans les dents) mais deux générations après, la famille Rockfeller n’a pas le pouvoir énorme qu’elle détient sur les choses aujourd’hui.

        Les Anglais ont un dicton  » on ne peut pas acquérir sur la même génération, argent, pouvoir et réputation ».
        Il s’agit de casser ce jeu.
        Ce qui rend le jeu insupportable, c’est que, de génération en génération, on ne va pas qu’accumuler la richesse, on aura le temps de mettre en place tous les leviers pour la sécuriser et la faire croitre. Au détriment de tout le reste de la société.

        A l’avenir, tâche, SVP, de mettre les formes extérieurs du respect. Ce n’est pas parce que ton agressivité maladive, occultant ton intelligence, t’empêche de comprendre qu’il faut que tu tombe dans le travers du préado qui s’écrie « c’est débile » à chaque fois qu’il ne comprend pas.

        Cordialement

  7. C’est bien au royaume d’Ubu roi que nous vivons
    Il y a propriété et propriété , posséder un vélo , c’est déjà être propriétaire par rapport à celui qui n’a rien . et il existe des cas ou être propriétaire n’engage a aucune certitude sur son devenir , conflit avec l’état ( oligarches Russes prenant trop de pouvoir ) , avec le fisc gèle de vos avoirs, problèmes avec la justice et cela peut arriver a tout le monde ( chef d’entreprise ayant un de ses employés impliqué dans un accident du travail grave) . lorsque vous êtes en garde a vue le procureur s’inquiète de votre surface financière. Vous appartenez à la classe moyenne votre fils brûle une voiture , vous serez condamné au civil a dédommager la victime et cela est bien normal.
    Par contre si vous n’êtes pas propriétaire de quoi que ce soit et vous n’avez pas de revenus que voulez vous que l’on vous fasse
    On parlait dans un billet un peu plus haut de la mafia , les parrains savent très bien organiser leur insolvabilité . Il y a souvent rien a récupérer . Et lorsque on les met en prison , c’est encore vous qui payez ( coût d’un détenu en France entre 35 et 45 K€ par an et les prison sont pleines . vous voyez la propriété rend aussi responsable
    Aujourd’hui la BP paie pour sa marée noire , c’est bien parce qu’elle a des avoirs qu’elle peut le faire , mais pour les implants mammaires, la ste a déposé son bilan, qui va payer , le propriétaire , il n’est certainement pas solvable a hauteur du préjudice et il y a toute les chances pour que les assurances se défilent .
    Dans nos sociétés avancés être propriétaire ne rend sure de rien sinon de la jouissance de votre bien a l’instant t

  8. Nous avons cependant trouvé le moyen de nous approprier cette ébullition « spontanée » du monde grâce à l’institution de la propriété privée qui permet à un propriétaire de réclamer pour lui une part de la richesse nouvellement créée, en se prévalant simplement d’un titre, c’est-à-dire d’une déclaration garantie par les appareils institutionnels légaux de sa communauté : judiciaire et policier, affirmant que cette part de l’ébullition ne vient pas simplement « du monde » mais lui appartient bien en propre « à lui ».

    Je ne crois pas que ce soit dans ce sens que les choses se sont faites… Ils ne se prévalent pas d’un titre pour ensuite jouir de l’ébullition du monde… C’est l’inverse…
    Parce qu’ils ont accepté d’aider ceux qui ont fait main-basse sur le monde, sur l’ébullition du monde (de façon violente et dans la logique pouvoir/puissance, puissance/pouvoir; notion primaire qui nous vient du règne animal…), ils ont été gratifié après coup, en s’appuyant sur « les appareils institutionnels légaux de la communauté… » (créés artificiellement par le vainqueur du rapport puissance/pouvoir), d’un titre leur garantissant qu’une part du « butin » leur reviendrait…
    Donc, nous avons à la base une captation violente et animal qui se transforme par la suite en « appareils institutionnels » (judiciaire et policier)… qui tentent de pérenniser la victoire afin de ne plus avoir à combattre de nouveau… la « propriété privée » n’étant que la récompense offerte à ceux qui ont servi le camps vainqueur et/ou qui l’aide à pérenniser par la suite la victoire… La solde du « mercenaire » allant en diminuant au fur et à mesure que l’on descend dans la hiérarchie et que leur « aide » est de moins en moins importante; aide qui au plus bas de l’échelle n’est plus réduite qu’à une portion congrue… comme le simple fait de se taire, d’accepter la situation, de voter, de regarder la télévision, de s’enthousiasmer à tel évènement médiatique…. etc.
    En fait, la propriété privée est la chaine de l’esclave… chaine plus ou moins grosse en fonction de l’utilité et des services rendus par l’esclave… C’est très malin… On n’enchaine plus celui qui risque de se sauver (celui-là peut bien errer dans la nature…), on enchaine par la propriété privée celui qui sert le plus à la pérennité de la victoire…

    Le problème avec le néolibéralisme, c’est qu’à force de faire du zèle, les serviteurs ont niqué la machine… et qu’il risque de falloir recourir de nouveau à un combat primaire pour redistribuer le rapport puissance/pouvoir…
    Alors, il y a deux raisons possibles…
    1/ Soit les vainqueurs ont laissé faire leurs « sbires » parce qu’ils ont perdu la conscience du rapport puissance/pouvoir qu’ils avaient hérité et qu’on ne leur a pas suffisamment expliqué…
    2/ soit, et c’est ce que je pense, à force de se complexifier, le rapport puissance/pouvoir s’est dilué pour finalement changer de main…
    C’est ce qui me fait dire que la machine roule toute seule sans que personne ne la conduise plus du tout… Dans ce cas-là, le vainqueur actuel du rapport puissance/pouvoir serait « les appareils institutionnels légaux de la communauté… »… ça peut foutre les chocottes et nous faire penser au roman « 1984 » de George Orwell, mais cela peut aussi être analysé autrement…
    Car puisque le rapport puissance/pouvoir a changé de main et qu’il est devenu institutionnel, on peut très bien imaginer qu’un collège d’individus, oeuvrant pour le bien de tous, modifie légèrement (mais suffisamment) l’appareil en place…. Et l’on revient à l’idée émise par Paul Jorion d’il y a deux ou trois semaines… et qui est une très bonne idée… puissante et démocratique…
    Et je rajouterais que le nouveau système revu et corrigé qui sera adopté par tous car plus efficace que l’ancien, est certes important, mais en même temps pas réellement fondamental… Ce qui compte c’est de dépeindre la situation telle qu’elle est et que chacun en prenne conscience…
    La crise est financière mais surtout est une crise de conscience… Une crise sociétale et puisque l’être humain est social… une crise métaphysique…
    On ne peut pas vivre sans savoir quel est notre rôle, notre position… les uns par rapport aux autres… c’est impossible… là est la crise…
    Il ne s’agit donc plus d’un combat de groupes d’individus contre d’autres groupes… mais bien de l’ensemble des êtres humains contre un « appareil institutionnel » qui ne sert plus personne et entraine tout le monde dans le précipice… et le fait d’avoir un ennemi commun peut (il faut être optimiste… plus vraiment le choix…) unir les êtres humains pour qu’ils oeuvrent dans un même sens…
    L’autre solution étant des soulèvements d’individus contre d’autres individus, de pays contre d’autres pays, de blocs contre d’autres blocs… pour réactualiser le rapport puissance/pouvoir…. à l’ancienne…!

    Alors, est-ce qu’il faut vouloir imposer cette modification institutionnelle au monde entier….? je ne le pense pas… dans tout le monde occidental…. je ne le pense pas non plus, cela reviendrait à choisir la seconde option, bloc contre bloc…. Non, il faut le faire en Europe… que les règles y soient quelque peu modifiées afin de sortir du problème de la dette et ouvrir des horizons nouveaux… Elle en a la capacité, largement… Et puis ensuite, quand les autres se rendront compte qu’ils s’enferrent dans leur système et qu’en Europe, ça repart… ils y viendront d’eux-même…
    … ça n’est pas notre souveraineté qu’il faut protéger… c’est notre liberté à montrer l’exemple… c’est notre tradition que de faire cela, c’est notre histoire… finalement, on ne sait faire que cela… montrer la direction…

  9. Blaise Pascal disait déjà dans ses « Pensées » :
    «Ce chien est à moi, disaient ces pauvres enfants; c’est là ma place au soleil.» Voilà le commencement et l’image de l’usurpation de toute la terre.

    Mais, allez expliquer cela à un SDF, qui a trouvé un petit espace moins froid au soleil, et dont le chien est la seule protection qui lui reste contre la violence de la société: « L’homme est un loup pour l’homme »…

    Il faut distinguer dans la propriété, celle dont un individu, à quelque espèce il appartienne, a besoin de disposer pour assurer sa survie, de même que l’accumulation de biens dont il a besoin pour aussi assurer sa survie : tas de noisettes dans le trou d’un tronc d’arbre, pour l’hiver dans le cas d’un écureuil, nid d’oiseau ayant demandé des efforts considérables pour assurer la survie au cours de la mauvaise saison.

    Qui pense, même ici, que le coucou, voleur de nid, a un comportement correct puisque « la propriété c’est le vol »

    La propriété devient complètement inacceptable quand elle assure un confort très supérieur aux besoins de survie de l’individu (quoique cette notion de confort puisse aussi être discutée) Ou q’une accumulation de biens puisse servir à la domination d’un individu ou d’un groupe d’individu sur un autre.

    Les sociétés animales ont des règles sociales elles aussi; Le professeur Nicolas Humphrey a montré que c’est pour assurer cette vie en société que l’évolution a permis la croissance de la taille du cerveau, taille qui avait par ailleurs des effets négatifs sur la survie, puisque la taille de la tête rendait la naissance plus risquée. Toutefois la possibilité de vie en société avait un avantage sélectif supérieur au risque de mortalité infantile causé par une tête plus grosse.

    Même si dans certains cas les règles sociales animales protégeant la propriété ou l’accumulation, peuvent sembler cruelles à celles et ceux qui n’ont que les connaissances superficielles de la nature que leur en donnent les médias, jouant plus sur l’émotion que sur la raison, ces règles ne permettent ni la propriété ni l’accumulation abusive.

    Mais passons à l’homme, quand bien même une propriété de survie peut à la rigueur s’expliquer, d’autres facteurs entrent en jeu chez notre espèce dès qu’elle a pu communiquer de manière complexe et établir des règles moins primitives, enfin on l’espère…

    En fait les problèmes avec la propriété et l’accumulation de biens ne sont réellement apparus qu’au Néolithique, avec l’agriculture et l’élevage. Le cultivateur qui avait labouré le champ et semé les graines, puis l’avait protégé des prédateurs, voulait pouvoir survivre avec les fruits de son travail. C’est à partir de là qu’il s’est mis à produire plus que ce dont il avait besoin pour survivre avec sa petite famille. Là aussi est apparue la division du travail à une échèle inconnue jusqu’alors: les outils sont devenus de plus en plus compliqués à fabriquer, le cultivateur a dû échanger une partie de sa production contre ces outils fabriqués par un autre plus habile et plus compétent, et là l’engrenage était enclenché : en produisant plus il a dû construite des silos ou les faire construire et produire encore plus pour augmenter le nombre de ses silos…

    On est alors sorti d’une production de richesse de subsistance individuelle et avec ce processus, se sont créés des métiers, lesquels se sont regroupés dans les premiers embryons de villes au moyen orient… La survivance est devenue collective.

    Bien que la survivance collective ait existé au paléolithique elle était seulement fondée sur une solidarité immédiates sans accumulation de capital ou une accumulation minime de capital, un peu à la manière des écureuil: stocker des noix et des graines pour l’hiver…
    Il y a sans doute déjà eu une spécialisation des tâches dès le paléolithique supérieur: tailleurs de pierres en outils demande un savoir faire non accessibles à tous. En fait dès le Paléolithique, même moyen, des échanges de pierres dures existaient sur des distances surprenantes parfois des centaines de kilomètres. De même que des monnaies primitives datant de la même période.

    Paul T.
    Les querelles parfois violentes entre un cultivateur et es voisins se sont étendues à des groupes plus larges dont la survie collective dépendait du respect de la propriété privée de ses membres producteurs des richesses dont cette communauté arrivait à survivre.

    Le lien entre la production de survie, qu’elle soit individuelle ou collective s’est distendu au cours de l’histoire en fonction de facteurs divers souvent dus à la cupidité des individus mais pas seulement.
    L’apparition de l’écriture et de la comptabilité allait profondément modifier la relation entre production, accumulation et consommation et donc celle de propriété.

    Pour celles et ceux qu’intéresseraient le lien entre les modes de fonctionnement animaux et humains, je ne peux que recommander l’excellent petit livre de Dominique Lestel « Les origines animales de la culture »

    Je vais arrêter là et probablement réduire ma participation à ce blog pour un certain temps : j’ai en effet reçu depuis une semaine le dernier livre de Jeremy Rifkin « La troisième révolution industrielle  » dont j’ai déjà parlé .ici sur la base d’interviews de l’auteur et d’articles au sujet de ce livre. La lecture directe de la préface, de l’intro et des deux premiers chapitres du livre va me conduire à passer beaucoup plus de temps à sa lecture. Je vois en effet dans ce livre apparaître les prémisses d’une révolution planétaires à côté de laquelle les idées des plus radicaux des thèmes anticapitalistes ou des plus enthousiastes des écologistes pourraient sembler bien modestes.
    De plus sans donner de solutions imposées d’en haut Jeremy Rifkin induit les lecteurs à se poser des questions très concrètes sur l’avenir de notre planète.

    Je retourne donc à la lecture attentive de ce livre ec qui va me conduire à réduire ma participation au blog de Paul Jorion. Ce qui ne dérangera pas grand monde et même en satisfera quelques uns…

    A un peu plus tard, le temps de lire ce gros livre et d’en tirer la « substantifique moelle … »

    Paul T.

    1. Voilà, très intéressant mais trop long, tandis qu’en 10 lignes j’explique que la propriété n’est qu’une image-écran et qu’il convient de s’intéresser à sa généalogie et et non à son aboutissement. L’accumulation est L’ORIGINE de la propriété, donc le problème est le procès de l’accumulation.

      Si vous aviez ici regardé la vidéo de Dobry, dont je partage le lien, vous auriez eu l’idée de vous méfiez du sens commun. Il faut toujours inspecter le problème et regarder autour, là le plus facile est d’attaquer non pas le résultat, car celui-ci est protégé par la morale, mais le processus ! Or le processus recèle le moment du partage et là, s’insinue le rapporte de force et tout ce qui s’y glisse de domination symbolique.

      L’accumulation s’est faite selon quel partage, comment a été calculé la plus-value, le profit, selon quelles inégalités sociales ? La propriété est résultat d’un revenu, l’intégrale du revenu selon le temps, et sur ce revenu on est imposable d’ailleurs, et ce revenu est l’exacte mesure de la norme selon laquelle la société rétribue ses agents.

      Quant à l’ébullition du monde, par exemple l’air est une richesse et pourtant, gratuite. Les choses ne deviennent richesse que par pénurie.

      1. @Liszt.fr:
        Comme origine à l’ accumulation individuelle, la perte de confiance (sécurisation) dans le groupe , me parait une cause majeure.

  10. Il y aurait la « solution animiste » au problème posé: attribuer une personnalité, une humanité, à ces diverses sources de richesses – le soleil, le vent, les gisements, les plantes et les animaux – et devoir considérer la production des richesses « naturelles » (elles ne le seraient plus) non comme un « production » mais bien comme un échange avec de telles entités rendues humaines; échange au terme duquel c’est à la terre, aux animaux, au filon métallique, etc., eux-mêmes, qu’il faut donner une compensation pour ce qu’on leur prend. C’est ce que faisaient, font toujours en partie, des peuples de chasseurs-cueilleurs, d’horticulteurs, d’essarteurs de riz, de par le monde.

    Mais pourquoi Bataille pour évoquer ce problème? Lui qui voit l’économie sous l’angle d’une consumation, d’une dépense d’énergie toujours excédentaire.

    1. Bataille etait intuitif ….Ce qu’il pré-sent et dit peut etre considéré comme une thèse évidente et facile a soutenir : Tout système vivant ne peut etre qu »un système « ouvert » .Tout système vivant est basé sur l’ abondance , la profusion et le gachis …… pour des raisons de moindre entropie et de rétro-actions de boucles trophiques …. Notre système ne peut qu’échouer a partir du moment ou il atteint ses imites et necessite de passer a un système « fermé » , sans ouverture sur une profusion .
      Pour caricaturer , on doit pouvoir pisser ds ne riviere et pouvoir y boire …tout autre système ne peut qu’etre économiquement impossible …..sauf esclaves virtuels ou humains .

      1. Je pense que vous faites des analogies spécieuses. Les systèmes vivants, sont, depuis le gène jusqu’à l’écosystème, ouverts, imbriqués les uns dans les autres, et ne dérogent pas au second principe de la thermodynamique. D’accord.

        Néanmoins, il y a des solutions stables, par exemple le récif corallien isolé dans le désert de l’océan, qui développe une richesse stupéfiante sans autre énergie que celle du soleil, avec des intrants très parcimonieux issus seulement de l’environnement océanique.

        C’est l’exemple d’un système ouvert, certes, mais frugal, qui produit de la richesse sur lui-même, à partir de presque rien, par autoréférences, dépendances croisées, cloisonnements semi-perméables, subdivision à l’extrème des chaines alimentaires, recyclage de tous les produits de métabolisme, etc…

        Complexité, diversité, frugalité. Le contraire de « l’abondance, de la profusion et du gachis »! Et pourtant, la richesse…

      2. Une dernière citation amérindienne :
        « La vie dans un tipi est bien meilleure. Il est toujours propre, chaud en hiver, frais en été, et facile à déplacer. L’homme blanc construit une grande maison, qui coûte beaucoup d’argent, ressemble à une grande cage, ne laisse pas entrer le soleil, et ne peut être déplacée; elle est toujours malsaine. Les Indiens et les animaux savent mieux vivre que l’homme blanc. Personne ne peut être en bonne santé sans avoir en permanence de l’air frais, du soleil, de la bonne eau. Si le Grand Esprit avait voulu que les hommes restassent à un endroit, il aurait fait le monde immobile; mais il a fait qu’il change toujours, afin que les oiseaux et les animaux puissent se déplacer et trouver toujours de l’herbe verte et des baies mures.

        L’homme blanc n’obéit pas au Grand Esprit. C’est pourquoi nous ne pouvons être d’accord avec lui. »

        Flying Hawk, chef Sioux du clan des Oglalas

      3. @Marc P.
        //// Néanmoins, il y a des solutions stables, par exemple le récif corallien isolé dans le désert de l’océan, qui développe une richesse stupéfiante sans autre énergie que celle du soleil, avec des intrants très parcimonieu ////
        Cette stabilité n’est qu’apparente . Comme toute stabilité de systèmes complexes (au sens Chaotique), elle est le résultat d’un nombre infini d’instabilités . Note coeur continue a battre parce qu’il est arythmique

      4. Kercoz, vous jouez un peu avec les mots. Je ne parle pas d’une stabilité indéfinie. Je conteste votre vision poétique, que vous reprenez de Bataille, d’une vie associée, par nature, à la profusion et au gachis. Cette vision est « sensible » : on peut par exemple la ressentir en nageant dans un récif tropical. Mais elle est erronée, car il s’agit en fait d’un système très développé de parcimonie.

      5. @marc P.:
        Ma vision n’a rien de poetique . Je la pense plutot mathématique . Une des meilleure def de la Th.du Chaos est que contrairement aux systèmes humains (techno ou écono), ds les systèmes vivants les « bruits » participent au signal .
        Ces « bruits » ou gachis , sont necessaires aux systèmes , parce qu’ils autorisent l’alterité et des essais adaptatifs pour le vivant .C’est un problème d’entropie .
        Je ne pense pas jouer avec les mots : La stabilité de notre station verticale résulte d’instabilités corrigées en permanence . Comme pour le coeur celà nous permet de pouvoir répondre a des défauts ou perturbations importantes conjoncturels puisque nous « entrainons » en permanence la rétroaction aux petites perturbations .

      6. Bon, alors, il y a malentendu, mais c’est de votre faute 😉 :

        Tout système vivant est basé sur l’ abondance , la profusion et le gachis …

        En fait, vous vouliez parler du fait que toute information « agissante » ou « structurante » doit s’accompagner d’une compensation en énergie, faute de quoi le second principe de la thermodynamique serait en cause. Et par ailleurs, un peu d’aléatoire, de déséquilibre chaotique, est nécessaire à une régulation efficiente. Je sais cela. Aucun système vivant n’y échappe. Il n’existe pas de système vivant totalement fermé, ni totalement stable.

        Mais employer les termes d’abondance, profusion et gachis, c’est parler de toute autre chose. Les mots ont un sens, quand même !

        Si je prends la peine de vous relancer sur cette idée, c’est que je pense qu’il y a un enjeu, et même un enjeu politique, que vous évoquez vous même en parlant d’un système économique qui serait condamné par l’approche des limites. Le système du gachis est condamné, certes, mais ce qui m’interesse, moi, c’est de mettre en lumière le fait que de la richesse peut être produite par la diversité, la complexification, et la frugalité, avec des flux faibles mais un potentiel élevé.

        J’avais écrit sur ce blog un billet (trois ans déjà!), ou j’exposais, par analogies, ces idées. Vous me comprendrez mieux après l’avoir lu :

        « Krill et baleines, éloge du protectionnisme » (Le titre est de Paul Jorion, moi, j’avais écrit « Krill, baleines, et membranes…)

      7. En fait, dans la Part maudite, Bataille distingue clairement entre « l’extension » et le « luxe » comme les deux effets de la pression exercée par la force vitale. « Seule l’impossibilité de continuer la croissance donne le pas à la dilapidation ».

    2. Pascal C.

      Bataille ?
      Sans doute parce qu’il se situe dans une perspective à l’opposé de l’idéologie décroissantiste dont l’inspiration malthusienne, entropiste, des points de vue physique et culturel, mène souvent au conservatisme politique et social.
      Le grand défi de notre temps c’est justement de pouvoir concilier dans une même pensée la survie de notre espèce et le coté aventureux, excessif, aussi bien de la vie individuelle que collective en tant qu’humanité.

      Alors faut-il choisir entre l’animisme et Bataille ?
      Peut-être pas, car les sociétés traditionnelles n’ignoraient pas non plus l’excès, en son principe générique et générateur. Même l’art et l’éthique, si l’on y réfléchit un peu, ne peuvent exister sans l’excès, l’excès est leur moteur. L’humain est fondamentalement mû par l’excès ; c’est l’amour, le désir d’aller plus loin. Sans la possibilité de cet excès il dépérit.
      L’invention scientifique et technique participent aussi d’un certain excès : notre capacité à tirer de notre environnement des ressources inaperçues ou bien que l’on mobilisait mal faute d’outils adéquats.
      Mais d’un autre coté l’excès ne peut devenir la règle, car l’univers est organisé, il n’est pas pur chaos. Des animistes on peut retenir l’idée que la terre appartient à tous et à personne en particulier et qu’il faut savoir être attentif à elle, comme il faut l’être avec ses semblables.

      (Le Monde, 1949)

      « Georges Bataille énonce la proposition selon laquelle tout organisme vivant reçoit plus d’énergie que n’en nécessite sa survie. Cette énergie sert à la croissance de l’organisme. Mais, une fois atteintes les limites de la croissance, l’organisme est obligé de perdre sans profit, de consumer en pure perte l’énergie excédentaire. (…) Le jeu, la fête, le sacrifice, l’érotisme, comme la valeur accordée à un bijou, sont des attitudes, des comportements qui, envisagés sous l’angle économique, entrent dans cette catégorie. »

      1. Je ne suis pas certain que ce journaliste ne se plante pas :
        //// « Georges Bataille énonce la proposition selon laquelle tout organisme vivant reçoit plus d’énergie que n’en nécessite sa survie. Cette énergie sert à la croissance de l’organisme. Mais, une fois atteintes les limites de la croissance, l’organisme est obligé de perdre sans profit, de consumer en pure perte l’énergie excédentaire. (…) Le jeu, la fête, le sacrifice, l’érotisme, ///
        Il cite justement des cas ou le « gaspillage » est utilitaire , voire nécessaire , puisqu’il participe a la structuration-cohésion du groupe ….ce qui de ce fait , n’en fait plus du gaspillage

      2. Kercoz,
        Ce n’est pas tout à fait son langage. Bataille parle de sociétés et non de groupes. Il ne s’intéresse pas tant à la cohésion qu’à la dépense sociale en elle-même et aux formes qu’elle prend dans l’histoire.

      3. Pierre-Yves D.

        Je posais la question pourquoi évoquer Bataille, car la question de savoir comment répartir équitablement les parts d’un gâteau fini lui aurait probablement paru relever de l’utilitarisme. Pour le reste, je suis d’accord avec vous.

  11. Mouais… Bataille Perdu(e) d’avance pour ce débat sur l’utilité de la propriété privée ?

    Chaque fois que le sens d’un débat dépend de la valeur fondamentale du mot utile, c’est-à-dire chaque fois qu’une question essentielle touchant la vie des sociétés humaines est abordée, quelles que soient les personnes qui interviennent et quelles que soient les opinions représentées, il est possible d’affirmer que le débat est nécessairement faussé et que la question fondamentale est éludée. Il n’existe en effet aucun moyen correct, étant donné l’ensemble plus ou moins divergent des conceptions actuelles, qui permette de définir ce qui est utile aux hommes.

    La Part maudite précédé de La Notion de dépense  (1933), Georges Bataille, éd. Éditions de Minuit, coll. Critique, 2003.
    De l’Utilité inarbitrable, de l’arbitraire utilitariste, de l’inutilité arbitrable, de l’arbitraire inutilisable, etc, etc, etc.

    1. Sacré vigneron

      Comment Bataille a-t-il pu ne pas y penser ?
      Il y a une institution pour laquelle le sens d’un débat dépend de la valeur fondamentale du mot utile, c’est la démocratie.
      C’est l’utilité que chacun accorde à telle ou telle chose ou idée qui est l’objet même du débat. L’institution démocratique est par définition l’institution qui permet d’arbitrer sur ce qui est utile ou ne l’est pas dans une situation donnée.

      Bataille sur ce coup là à la pensée un peu courte, en pleine dérive platonicienne.

  12. L’idée bizarre du jour :
    La « monnaie oligonexique » , qui assure un « flux de décroissance positive » contrant les effets de la monnaie usuelle.
    Puisqu’on appelle « pléonexie » le désir d’avoir toujours plus, maladie quasi intrinsèque au fait de mettre l’étiquette « valeur » sur les choses et d’y croire, on peut élargir le cadre.
    C’est l’identification du bien être ou autre paramètre « individuel » à la valeur qui rend la « pléonexie » addictive (la « chrématistique » , le pb de fond de l’intérêt indu, …) . Si mon voisin a un yacht de 102m, il faut que j’en aie un de 106 m. Tendance très active aux USA, où l’on ne masque pas sa maison derrière des thuyas donc on se montre un peu beaucoup.

    Donc parallèlement au flux de cette chose incontrôlable qu’est la monnaie usuelle, je propose d’établir un flux de monnaie « complémentaire » (comme les porteurs de charges de signe + et les porteurs de charge de signe – dans les semi-conducteurs). Il « suffit » de trouver les conditions d’échange pour que cette monnaie soit « oligonexique », qu’elle soit source de « vouloir moins » .

    La justification est l’analogie avec la biologie : les chaines d’agonistes/antagonistes sont la règle et non l’exception. Il y une sorte de redondance de la commande dans la plupart des cas. Il y a aussi l’analogie du contre-don, qui remonte assez explicitement la chaine duale de celle du don.

    Enfin, cela évite le dilemme de la « monnaie fondante » qui part d’une bonne intention, mais qui mélangeant deux fonctions (garantir le futur et servir le troc) ne trouve jamais son échelle de temps : il y a toujours un versant de la psychologie humaine qui viendra dégorger quelque chose de contraire au souhait initial (cf. Gesell) et donc une forme d’instabilité à l’échelle du temps de la fonte. (Le fermion qui est son antiparticule, .. Majorana)

    En ajoutant le deuxieme flux, nous pourrions « résilienter » le système comme dit Taleb. Comme le fait la bio, comme le fait la socio (contre-don).
    Voyons ce que doit représenter la monnaie « oligonexe » : elle doit valoriser la « moindre consommation », rendre explicite les externalités du type « le PIB augmente dans les bouchons », etc.
    C’est 110% à construire, mais si on fait un échange qui suit les lignes du savoir-faire et du service rendu lorsqu’il est formateur, on pourrait peut être bien créer cette « deuxième chaine de monnaie ».
    Si par exemple je répare un truc que peu de gens veulent réparer, donc j’économise des matières premières, voire j’apprends à l’utilisateur comment ça marche dedans, alors je gagne de cette monnaie oligonexique (au lieu d’un pourboire en « monnaie pléonexique »). IL faut trouver les mécanismes qui la garantissent comme monnaie d’échange et de proximité, et vecteur de savoir-faire. Elle agirait à la fois comme une immense (et bonne) viscosité contre l’accumulation pléonexique, et comme un vecteur d’apprentissage. Bien sûr sa circulation n’est pas limpide du tout pour l’instant (je ne pense pas avoir convaincu qui que ce soit) , mais cette idée de créer « plus de degrés de libertés dans l’équation de départ » n’est pas antipathique…

    1. Merci Timiota
      Pour cette intéressante contribution sur la « monnaie oligonexique » et les développements qu’elle implique.

      Voici une recherche personnelle, non complètement achevée mais où il me semble que des éléments communs de réflexion.

      http://trehinp.dyndns.org/prehistautistic/tentative_de_theorie_information.htm

      Le concept de « valeur informationnelle » que j’y développe ont selon moi des points communs avec votre analyse…

      Je serais disposé à entendre les critiques ou des suggestions.

      Paul T.

  13. Un exemple récent (29 février 2012) d’une loi concernant la répartition des richesses.

    Loi PETROPLUS
    J’ai été choqué d’entendre sur France-Info que les députés UMP avaient rejeté l’amendement socialiste de sauvegarde des emplois de la papeterie d’Alizay au motif de la liberté d’entreprise.
    Il semble que des députés français à l’Assemblée votent des lois au nom de choix philosophico-économiques?

    RAPPEL DU DRAME DE LA PAPETERIE D’ALIZAY (heureusement cela semble s’arranger depuis)
    24 octobre 2011
    Social. Après le refus le 24 octobre 2011 du papetier finlandais M-Real de céder sa papeterie d’Alizay dans l’Eure
    (550 salariés avec les sous-traitants ndlr) à l’un des deux acheteurs en lice, les salariés se tournent vers la justice pour espérer geler la fermeture de l’usine.
    http://www.usinenouvelle.com/article/m-real-alizay-les-salaries-en-appellent-a-lajustice.N161552.

    05 mars 2012
    Bonne nouvelle en provenance de l’usine à papier d’Alizay, dans l’Eure.
    Après une année de conflit, son propriétaire est désormais enclin à une reprise du site, même par un éventuel concurrent.
    http://www.graphiline.com/article/15135/M-real-ouvert-a-une-reprise-de-sa-papeterie-d-Alizay-(27)
    ………………………………………………………………………………………………………..
    Entre temps, le 29 février 2012,à l’Assemblée les députés votent la Loi Petroplus
    Le gouvernement et les députés UMP ont rejeté les amendements, présentés par le groupe socialiste, visant à rendre obligatoire pour un groupe défaillant l’examen des propositions de reprise qui lui sont soumises, mais aussi l’obliger à céder le site si l’une des offres proposées reçoit la validation du tribunal de commerce et un avis positif des instances représentatives du personnel.
    Selon ce que j’ai entendu à laradio France-Info, le motif du rejet des députés UMP était qu’ils ne voulaient pas aller contre la liberté d’entreprise!

    Cette information est extraite du blog de CHRISTOPHE BOUILLON,ci-dessous:
    http://christophebouillon.fr/2012/02/29/une-occasion-manquee
    « Les députés de mon groupe ont profité de l’occasion pour compléter le dispositif et répondre à d’autres situations industrielles tout aussi inacceptables. Le refus d’un groupe sur le départ de rendre possible une reprise par crainte de voir s’installer un concurrent est une réalité choquante et hélas de plus en plus fréquente. Nous en avons un exemple à Alizay dans l’Eure avec l’entreprise M-Real. L’usine est moderne et performante. Des repreneurs sérieux sont sur les rangs et pourtant le groupe propriétaire préfère le sabordage.
    Nos amendements visaient à rendre obligatoire pour un groupe défaillant l’examen des propositions de reprises qui lui sont soumises mais aussi l’obliger à céder le site si l’une des offres proposées reçoit la validation du tribunal de commerce et un avis positif des instances représentatives du personnel.
    Le gouvernement et les députés UMP ont rejeté ces amendements. »

  14. L’inventaire des anomalies de répartition des matières premières que constituent les gisements est loin d’être exhaustive.
    De plus ces matières sont généralement recyclables.
    Le discours sur l’épuisement des ressources de la colonisation humaine des milieux naturels me semble donc sans objet.
    L’équilibre à trouver ne se fera que par une réflexion de l’espèce homo sapiens sur ses propres projets et leur adaptation à une vie acceptable par le plus grand nombre

  15. J’ai acheté les livres de Paul JORION
    J’ai suivi ce blog depuis des années
    J’ai fait des contributions via Ebay
    Je le regrette ( pas pour Paul ) mais franchement julien….
    Oses publier ceci !

    1. Je vous ai déjà expliqué plus haut pourquoi les attaques ad hominem ne seraient pas publiées. Votre généreuse contribution ne vous exonère pas d’observer ces règles.

  16. Nous avons cependant trouvé le moyen de nous approprier cette ébullition « spontanée » du monde grâce à l’institution de la propriété privée qui permet à un propriétaire de réclamer pour lui une part de la richesse nouvellement créée, en se prévalant simplement d’un titre, c’est-à-dire d’une déclaration garantie par les appareils institutionnels légaux de sa communauté : judiciaire et policier, affirmant que cette part de l’ébullition ne vient pas simplement « du monde » mais lui appartient bien en propre « à lui ».

    Oui mais pourquoi la propriété privée existe-t-elle dans notre système ?
    Je rejoins les propos de AI ci-dessus. La propriété privée est ce que le système dans lequel nous vivons a trouvé de mieux pour nous aliéner, nous soumettre, nous asservir, nous intégrer à son fonctionnement et en assurer son développement.
    Plus un être est propriétaire de choses, moins il est libre de penser, d’agir, de se révolter, plus il est freiné, plus il est enchaîné. Le Diogène de l’antiquité vivant dans une demi jarre, soucieux seulement d’avoir le soleil, que lui cachait le grand Alexandre en face de lui, l’avait bien compris,

    Plus un être est propriétaire de choses, plus il est solvable, donc atteignable, donc redevable potentiellement, plus il doit se soumettre aux lois de la communauté, sous peine de sanctions et donc de prélèvements sur ses biens dont il est dit propriétaire par le cadre juridique et judiciaire.

    Quand le système libéral a permis aux salariés d’acquérir des actions de leur entreprise ou de devenir propriétaires, sous une forme ou une autre, d’autres entreprises du système pour s’assurer une retraite complémentaire, il les a ainsi liés étroitement à son fonctionnement, en serrant encore un peu plus la corde autour de leur cou, jusqu’à leur faire admettre des réductions de salaires et une aliénation encore plus grande.

    C’est la propriété privée qui assure toute la cohésion et la pérennité du système dans lequel nous vivons. Elle permet de percevoir une rente de situation qui constitue certes un enrichissement mais aussi la contrepartie de la soumission du propriétaire au système. Qu’un propriétaire refuse de payer l’impôt foncier pour son bien et le système fera bien vite main basse sur ses propriétés à titre de sanction. Pour devenir propriétaire, il faut être conforme aux attentes du système.

    La rente tirée de la propriété (loyer, dividende, redevance, intérêt, bénéfice) est fixée en principe à une hauteur telle qu’elle est acceptée par la majorité des membres de la communauté, sur base de ce qui est considéré, dans cette communauté et à ce moment-là, comme rare et utile et juste.

    Aujourd’hui, le système est malade car manifestement la rente financière doit être réévaluée car devenue excessive ou mal adaptée au rapport de force existant au sein de la communauté. Nous vivons sans aucun doute une crise au niveau des valeurs et donc une crise de confiance et de sens. Qu’est qui a de la valeur aujourd’hui, dans notre société européenne ? A qui et à quoi attribuer une valeur relative plus importante ? Qui est à récompenser et sous quelle forme ? Y a-t-il vraiment matière à récompenser étant donné que nous sommes tous sur la même galère ayant pour principal souci de souffrir le moins possible chacun en nous-mêmes et avec nos compagnons de route sur terre ?

    Nous ne sommes finalement que des gérants d’un petit bout de monde, gérants qui devrions faire preuve de responsabilité et de solidarité avant tout.

  17. « Premier élément de réponse : de la richesse est nécessairement créée dans le processus de production puisqu’elle est consommée ensuite. »
    Si vous parlez du processus de production en général, cela se tient.

    Si vous voulez dire que c’est le cas de chaque processus de production, c’est très simpliste.
    Un certain nombre de processus de production sont de simples transferts de richesse d’un système à un autre…
    Je suppose que vous connaissez les travaux de Claude Meillassoux sur le sujet?

  18. Certains médias Américains ont une vision plus positive des mouvements « activistes » que ne le laissent paraître les médias officiels inféodés aux puissances de l’argent:

    Reenergizing social activism could put American progress back on track, says Jeffrey D. Sachs in The Price of Civilization: Reawakening American Virtue and Prosperity.
    Extrait du sommaire de la revue de l’association »World Future Society »: « THE FUTURIST », à laquelle je suis abonné, en tant que passionné de « futurologie », en dehors bien sûr, de la « boule de cristal », de la cartomancie, de la numérologie ou des horoscopes…

    Voici le sommaire du N°3 ( Mars 2012 • Volume 13)
    http://www.wfs.org/content/futurist-update/futurist-update-2012-issues/march-2012-vol-13-no-3

    Vous y trouverez de nombreux résumés d’articles en rapport avec des thèmes souvent abordés sur le blog de Paul Jorion.
    Entre autre, vous lirez probablement avec intérêt un résumé de l’évolution potentielles de nouvelles formes de robots industriels avec les risques d’aggravation des pertes d’emplois qu’ils impliquent…
    « Robot Ants Invade Factories to Boost Efficiency »

    Paul T.

  19. L’accumulation individuelle des ressources est en principe vouée à la destruction : les individus qui l’effectuent ne possèdent pas vraiment, cette richesse, ce rang.

    Le véritable luxe et le profond potlatch de notre temps revient au misérable, s’entend à celui qui s’étend sur la terre et méprise. Un luxe authentique exige le mépris achevé des richesses, la sombre indifférence de qui refuse le travail et fait de sa vie, d’une part une splendeur infiniment ruinée, d’autre part un insulte silencieuse au mensonge laborieux des riches.

    La part maudite, Éditions de Minuit, p.112 et p.114

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