« POUR EN FINIR AVEC LE JUGEMENT DE DIEU… » – L’ENFANT-ROI ET SES JUGES ou GRETA ET MICHEL L’ANCIEN, par Vincent Teixeira

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En cette période de « murs », face à « l’ordure politique », et aussi, si j’ose dire, face à une certaine ordure intellectuelle française, je devrais sans doute ériger plus haut mes murs… Hélas, même si je suis loin, très loin, d’être à la hauteur de ces/ses murs, un Flaubert lui-même disait faire tous ses efforts pour « tâcher de vivre dans une tour d’ivoire », mais faisait le constat amer qu’« une marée de merde en bat les murs »… 

Un siècle et demi plus tard, sauf à vivre sur une île déserte (et encore !), difficile de se protéger et d’échapper totalement à ces multiples marées noires qui envahissent et abîment notre monde, qu’il soit géographique, bien terrestre, marin, ou symbolique.

Marées noires dont participent certains pseudo-penseurs médiatiques, qui semblent désormais avoir pour principale tâche « intellectuelle » d’accabler leurs prétendus « ennemis » (à compter qu’ils ne se trompent pas de cibles) de leurs jugements pleins d’un fiel obscène et émétique. Dans ce qui a été un des tristes feuilletons « intellectuels » (vache maigre), ou plutôt médiatiques de l’été, la petite Suédoise Greta Thunberg en a fait largement les frais. Mais l’hydre du nihilisme et du cynisme (pour reprendre les termes de Paul Jorion) a le goût du venin, se complaît dans ses fétides persiflages (et sans doute en vit-elle ?)… Alors qu’avec une once de dignité, il conviendrait bien plutôt d’« avoir le goût des autres dans la bouche », pour paraphraser le poète Pierre Peuchmaurd.

Soyons clairs : je suis de ceux qui, comme Desproges, pensent qu’« on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde », et aussi qui rient volontiers du mauvais goût provocateur et rigolard, tirant tous azimuts, sans tabou ni moraline, à la Hara-kiri ou Charlie Hebdo, dont certains acteurs ont fait les frais, payant cette liberté de leur peau, au sens propre. Mais le distinguo est de taille entre d’un côté, cet humour ravageur et revendiqué comme tel, au-delà du jugement moral, relevant peu ou prou de l’esprit de la farce, balayant toute idée de soumission, dévotion à un « ordre moral », supérieur ou abstrait (Bataille ne disait-il pas que « le monde n’est habitable qu’à la condition que rien n’y soit respecté »)…

et de l’autre, le masque de l’esprit de sérieux d’un Michel Onfray (me rappelant ces paroles d’un authentique sage, Amadou Hampâté Ba : « toujours trop sérieux n’est pas très sérieux »), s’érigeant en statue de Commandeur, ou sycophante, immaculé Chevalier blanc, Juge de tout et tous (vivants ou morts), et se délectant des bons mots de ses incessants persiflages…

Ce qu’il y a d’écœurant dans les propos de ces dits intellectuels hyper-médiatisés, c’est qu’ils n’assument plus le mauvais goût ravageur d’un certain humour. Bien au contraire, qu’il s’agisse de Michel Onfray ou de Raphaël Enthoven, Pascal Bruckner, et autres (sans parler des piètres hommes politiques, dont le métier et la fonction participent largement du théâtre et du mensonge), ils s’affichent avec sérieux, en présentant le visage d’un humanisme fadasse et bon teint.

Parmi ces persifleurs, dans l’actuel « paysage intellectuel français », Onfray tient bien le haut du pavé, apparaissant comme le grand héraut, à la mode, de ce diktat du jugement moral. D’ailleurs, dans son travail de « la pensée », il ne cite jamais ses contemporains ; alors qu’il y a tout de même de nombreux penseurs tout aussi, voire tout autrement « sérieux », comme si son narcissisme l’avait persuadé d’être le seul sur le Radeau de la pensée… sans compter qu’il refuse, évite soigneusement ses contradicteurs – tellement plus facile de soliloquer ou parader sur des plateaux de télé débiles. Nous le voyons donc et entendons continuellement dans la posture du Juge, drapé dans la soie de la Bonne et Belle conscience morale, porteur de cet humanisme bon teint… cosmétique ? Cosmétique comme peut-être son « hédonisme solaire » (façon crème à bronzer ?), sans mystère, sans délire, sans poésie, sans amour ni humour, sans nuit (comme si le jour pouvait exister sans la nuit ?!), bref sans Joie (et on chercherait en vain ce que cette prétendue « philosophie » a avoir avec son prétendu « maître à penser », Nietzsche)…

Mais il convient de ne point trop s’attacher à cette figure à la triste mine, de crainte de trop se salir, non pas les mains, mais l’âme et la bouche, en ayant l’air de reprendre ses tics à lui, alors qu’il serait préférable d’en rire, et c’est tout (même si je dois dire que quand bien même je préfère l’éviter, comme Il est partout, périodiquement il me retombe à la figure…).

Au-delà donc de la personne, quelle est cette défaite de la pensée que lui et d’autres incarnent si haut et fort ? Évidemment, dans leurs jactances, le politique se trouve rabaissé à de basses polémiques, règlements de comptes, jugements moraux, assortis du minable arsenal des jugements ad personam.

Bien sûr, le conflit est vital en politique, mais la « démocratie » devrait consister à s’opposer, sans se massacrer… et le travail de la pensée se creuser au-delà d’un jeu de massacres sur les personnes, a fortiori des enfants, ou presque. Elle est bien là, aussi, cette défaite de la pensée, remplacée par la moraline, le jugement permanent ; du coup, on se focalise surtout sur les personnes, on les étiquette, un autre mal et diktat bien contemporain, la dictature des identités (selon le titre d’un récent essai), qui revient à ignorer, aliéner, nier les individus, réduits à des abstractions, des équations simplistes.

À propos de cette surenchère de hargne, sinon de haine, déversée sur la petite Greta, un ami m’écrivait qu’elle est le signe d’une défaite de la pensée face à l’Enfant-Roi (Alain Finkielkraut nous dit : « L’enfant-roi a remplacé l’homme cultivé »), et que c’est pour lui « le signe d’un déni : déni de ce qu’ils sont devenus, – n’avoir plus que des enfants comme adversaires. Et en effet, imagine-t-on également un Sartre, un Merleau-Ponty (pour ne pas remonter aux calendes… grecques) s’épuisant en diatribes acharnées contre une adolescente (qui même l’est à peine) ? Jamais, autrefois, un Marx ne se serait attiré de critiques aussi vulgaires, et jamais on ne l’aurait comparé à un acteur de cinéma d’épouvante, même s’il aurait fait pour la bourgeoisie un excellent Barbe-Bleue… »

Ces messieurs de la « pensée pure » et dure, ou molle, qui apparaissent bien, eux, à la fin comme des corps sans idées ou des idées sans corps, se trouvent en réalité bien démunis face à « l’Enfant-Roi »… Pourtant, ils devraient se rappeler la figure de l’Enfant dieu qui, même si elle ne recouvre pas exactement celle de l’Enfant-Roi en est malgré tout comme l’origine ou le parangon… et en hommes cultivés qu’ils sont se rappeler que, du côté de chez Nietzsche et des métamorphoses de l’Esprit telles que rapportées dans Zarathoustra, le lion, après avoir été chameau, finit par devenir Enfant… Mais eux s’apparentent bien plus au chameau qu’au lion. Et le ni dieu ni maître, voilà bien ce qui fait peur à ces chameaux…

Certes, la jeune Greta ne rayonne pas d’une innocence divine, et de fait, on n’est pas naïf au point d’ignorer tout le système, voire les intérêts, qui la portent par derrière (si j’ose dire…), ou derrière son discours ; malgré tout, elle est à l’image d’une nouvelle jeunesse qui semble retrouver les appels d’air de certains idéaux, en l’occurrence, celui de sauver la planète, lutter pour la vie, ce qui n’est tout de même pas rien !

Alors même que depuis quelques décennies, avec la chute des idéologies et des utopies, sans parler du consumérisme et de l’individualisme triomphants, à part la montée de rances et inquiétants « idéaux » (retours des tribus, désirs d’identités, replis communautaires, montées des nationalismes, aspirations et soumissions à des chefs, etc.), l’impression dominante était qu’il n’y avait plus de rêves, plus d’utopies, plus d’horizon, que ce flambeau semblait éteint…

Aujourd’hui, quel qu’en soit le devenir, ce que l’on sent tout de même frémir dans ces indignations et mouvements d’une certaine jeunesse à travers le monde, nous fait retrouver, partager un élan vital salutaire, entre révolte et révolution, colère et promesse. De l’autre côté, il est évident que ces « penseurs » en vue, connus et reconnus (pas par tous, quand même !) sont tout sauf des hommes révoltés, bien plutôt des faiseurs autosatisfaits, des Assis ne faisant qu’afficher des postures de « révolte », des indignations fardées de bien-pensance, placardées au fronton d’une terreur idéologique, qui ne dit pas son nom, mais dont ils ont revêtu les habits neufs.

Ainsi donc, que dans le champ de la pensée, du haut de leur estrade ou tribune, ces « Anciens » s’en prennent ainsi, avec autant de hargne et bassesse, à l’Enfance (même si la petite Greta ne nage plus dans ces eaux du « vert paradis ») ou la jeunesse, n’est vraiment pas un signe de bonne Santé (encore une fois au sens nietzschéen) pour notre monde, nos sociétés (sans parler du « milieu intellectuel »)…

alors qu’au-delà du « cas » Greta, le feu qu’une certaine jeunesse semble porter aujourd’hui (à Hong Kong bien sûr, et ailleurs, ici ou là) incarne toute la flamme de la révolte, du désir et du rêve, cette attente, vivante, de quelque chose, et qui ne vient pas, comme une promesse… Le rêve, même illusoire (comme tous les rêves, ou presque), de pouvoir changer le monde, changer les perspectives et ne pas se satisfaire des consentements, des injonctions à « s’adapter » du « there’s no alternative »… Bien sûr, il ne s’agit pas de s’extasier ou communier avec angélisme, mais de revendiquer et vivre ce « droit de rêver », propre à l’homme (pas sûr ?), cher au vieux Bachelard (un autre Barbe-Bleue ?!)… et à Nietzsche : « il faut que je continue à rêver pour ne pas périr ». Ecce homo.

Donc là aussi, hélas, comme cet été, et toute cette année, nous l’ont montré à l’évidence, l’impression que tout brûle (?!), y compris la petite intelligentsia française (du moins dans son versant le plus apparent, qui fait les unes de « l’actualité littéraire et philosophique » ; car malgré tout, dans les laisses ou les « bas-fonds », d’autres portent encore dignement le flambeau de la Pensée et pour certains, celui d’une authentique révolte)… Notre-Dame de Paris, Notre-Dame de la nature (et la plus grande d’entre elles, l’Amazonie – dont la beauté du nom est si évocateur de mythologies, oubliées, massacrées)…

Au-delà de ces inquiétudes et désastres en cours, ces remous bien peu dignes d’un réel effort de pensée, revêtus des « habits neufs du scepticisme », m’apparaissent à la fin comme une nouvelle illustration de ce que l’auteur hongrois László F. Földényi, dans un magnifique petit opuscule philosophique, intitulé Dostoïevski lit Hegel en Sibérie et fond en larmes (Actes Sud, 2008), a présenté comme la barbarie ordinaire et celle d’une rationalité « pure » détruisant les rêves, et la soif d’infini. Une Raison, tout compte fait vouée aux chimères, qui refoule les passions et réduit la liberté aux grilles abstraites de ses froids concepts… toujours la même hydre des « conceptions abstraites de l’homme » sacrifiant les individus et la liberté de « l’homme concret ». En se posant éhontément en Juges de l’Enfant roi ou dieu, bafouant sans s’en apercevoir ces « limites divines de l’homme » (pour parler comme Bataille, et que recherchaient Dostoïevski), fussent-elles illusoires, Michel l’Ancien et ses pairs, au nom d’une prétendue Raison supérieure, condamnent en fait toute expérience et recherche de l’infini… « La liberté rationnelle n’est pas la liberté. Ce qui est rationnel est toujours limité ; or la liberté est illimitée » (László F. Földényi) ; et bien sûr, à la fin, aucun dieu ne sera là pour nous sauver.

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66 réflexions sur « « POUR EN FINIR AVEC LE JUGEMENT DE DIEU… » – L’ENFANT-ROI ET SES JUGES ou GRETA ET MICHEL L’ANCIEN, par Vincent Teixeira »

  1. Je ne puis qu’être d’accord avec votre billet. La seule chose qui me chiffonne est le nom de Hegel dans le titre de l’opuscule cité (que je n’ai pas lu; peut-être donc que mon commentaire n’est pas pertinent).

    Quand il s’agit de concepts philosophiques, il faut savoir ce que l’on entend sous les mots. La phrase de Földényi est parfaitement juste si par « raison » on comprend la raison de l’entendement, raison en effet abstraite et formelle qui est celle de toutes les sciences et dont on constate chaque jour les ravages totalitaires, désastreux et mortifères. Mais si on conçoit la Raison au sens hégélien (et celle-là n’est qu’un « moment » de celle-ci), alors la phrase devrait s’inverser: la liberté qui n’est pas rationnelle n’est pas la liberté, mais l’arbitraire subjectif. Seule la Raison spéculative est réellement infinie, et, en tant que telle, la véritable substance de la liberté.

    Cordialement,

    fnh

    1. Ce que cet auteur hongrois laisse entendre (et que je partage) revient finalement à dire que le rationnel est une île et l’irrationnel (avec en premier lieu les passions) un océan. En ce sens, par le biais d’une fiction, vaguement allégorique, en imaginant « Dostoïevski lisant Hegel en Sibérie », il pointe du doigt les limites du discours philosophique (le système hégélien n’en étant qu’une image plus ou moins archétypale).
      Le « récit », ou ce qui s’y apparente, commence par cette évocation, bien évidemment imaginaire, de Dostoïevski se sentant, à la lecture hégélienne de l’Histoire, exclu de cette histoire, en étant, de fait, une victime, tout comme certains peuples ou certaines régions du monde, la Sibérie (où il se trouve au bagne), ou l’Afrique… Hegel ne connaissant pas ou refoulant « l’Enfer » (dans le quotidien), tout comme il refoule les passions, et donc l’infini… A partir de ce tableau imaginaire, il en vient à dire que l’Histoire que nous prétendons déchiffrer, ou que Hegel prétend déchiffrer, n’est en fait qu’un récit imaginaire, une construction, que nous inventons… et dans le cas de Hegel par le truchement suprême, ou le signe supérieur de la Raison. En ce sens, la liberté (au sens réel d’une « liberté libre », disait Rimbaud), qui selon moi est sans substance, au-delà de toute essence, car jamais acquise, toujours à inventer, conquérir, échappe totalement à la raison, à toute définition rationnelle.
      La rationalité de l’Histoire n’existe pas plus – sur ce point je partage complètement ce qu’a pu en dire, entre autres, un C. Castoriadis : en gros, l’Histoire (tout comme l’être) n’a pas de sens, n’a même aucun sens et l’histoire des idées n’est pas l’histoire ; toute théorie rationnelle, comme achevée, étant un phantasme, le sens ne vient pas d’une transcendance, mais n’est qu’une création, invention, un processus continu, inachevé, d’élucidation, se perdant dans les labyrinthes de la perplexité… Je ne crois pas à l’infini de la Raison, mais bien au contraire, n’en vois que trop les limites…
      Cordialement

  2. Sérieux… Mais, sérieusement, qui peut prendre au sérieux ces cacographes que sont Bruckner ou Onfray
    ? Se faire insulter par ces nullités vaut tous les hommages.

      1. Il aurait été honnête, pour traiter ainsi Michel Onfray, de donner un lien vers le texte condamné:
        https://michelonfray.com/interventions-hebdomadaires/greta-la-science-la-video-?autoplay=true&mode=video
        Je propose aussi d’écouter celui d’Antonin Artaud, dont le titre donné au présent article donne à penser qu’ Onfray se prendrait pour Dieu le père ! et que j’ai trouvé sur Youtube ( c’est à écouter!)
        https://www.youtube.com/watch?v=EXy7lsGNZ5A

        Je rappelle aussi que le thème pédagogique de l’enfant -roi à été abordé dans un livre écrit par une dame qui, au gouvernement, me parait disposer à rendre les personnes pénalement responsables à titre individuel ( ce que je soutiens aussi) alors que le rôle des responsables politiques est de réguler collectivement les rapports sociaux afin d’éviter les comportements condamables éthiquement ou raisonnablement . Ce qui vaut pour l’écologie, et je ressens que c’est la position de Michel Onfray …

  3. Sur la forme. A propos d’Onfray (et d’autres): hé bien, pour quelqu’un qui considère que « la démocratie devrait consister à s’opposer, sans se massacrer.. » je trouve que vous y allez fort !
    Quel serait votre propos si vous vous laissiez aller à plus d’invectives.
    A propos de Greta, je retiens le commentaire d’un éditorialiste qui disait en substance que l’on s’attaque au messager faute de pouvoir s’attaquer au message.
    Le message est clair: il va falloir partager ou crever. Mais non pas partager un gâteau en croissance. Au contraire, il va falloir se partager les miettes d’un festin qui se termine. Et certains ne sont pas partageurs. Vu la tournure d’esprit de mes contemporains, je penche pour la deuxième option.
    « …or la liberté est illimitée » ; c’est bien cela le problème (n’en déplaise à Descartes !)
    Quant à sauver la planète…, elle se sauvera bien toute seule. Gaïa n’en a cure d’avoir ou non des êtres humains sur son dos aux Bahamas ou des forêts en Amazonie.

    1. je suis globalement d’accord avec votre constat… et en effet Gaïa n’a cure… le monde a commencé sans l’homme et finira sans lui.
      Quant à Onfray et consorts, et les « attaques », certes… je m’en suis d’ailleurs, très rapidement, expliqué dans le billet lui-même… mais que voulez-vous, l’Onfray est un peu devenu, depuis quelques années, ma tête de turc du paysage intellectuel (médiatique) français, mais n’y voyez pas qu’un « esprit de sérieux »… et contrairement à lui, je ne passe pas mon temps à démolir mes contemporains ou mes ancêtres…
      Cela dit, dans le partage du « grand Oui » et du « Non », du « pour » et du « Contre », de ses passions et détestations, il convient aussi de s’opposer pour résister, surtout à ceux qui « sont partout », paradent incessamment sous les feux des projecteurs et font de la pensée un business, comme un autre (et Onfray, auprès d’un large public, a une aura considérable, vend énormément de ses bouquins… or, je ne juge pas ses lecteurs, mais « l’imposteur » – ce qui est, à la lettre, le définit – l’évidence saute aux yeux, en particulier au sujet de tous ses brûlots sur de multiples écrivains ou penseurs, pour peu qu’on ait sérieusement lu les auteurs dont il prétendit avoir déboulonné la soi-disant « statue » : de Sade à Sartre, en passant par Freud, etc.).
      Ne voulant et n’ayant pas trop le temps de développer davantage, je citerai pour finir ces mots d’Annie Le Brun : « Je ne sais pas où je vais mais je sais ce que je méprise. Ne riez pas, vous n’en savez pas plus. »

      Cordialement

    2. …et puis que voulez-vous, contrairement à ces messieurs, je ne vilipende pas la jeunesse, encore moins les autistes… pour tout vous dire, à mes yeux, ce ne sont de pauvres types, dénués de toute « common decency ». Qu’ils aillent se faire pendre !

  4. « Pour en finir, … »

    Si la vérité sort de la bouche de l’enfant Greta, comme le disent ses défenseurs, alors les vieux commentateurs feraient peut-être bien de se taire.

    1. oui, sans doute, « les vieux cons »…
      (pour le reste, et dans le fond, je préfère encore m’en tenir à Hugo… et son « Booz endormi »)

  5. La clique qui détient le pouvoir exécutif a besoin d’intellectuels (intègres et justes) qui justifient leur lâcheté vis-à-vis du peuple et leurs soumissions à leurs maîtres.
    Ils doivent tenir un discours savant et subtil pour maintenir toutes la cour de la roie à sa botte pour qu’elle exécute les basses besognes.
    Les chiens de garde médiatique se déclinent sous plusieurs races qui toutes protègent le même poulailler.

  6. Tous ce qui excessif est insignifiant.

     » mais que voulez-vous, l’Onfray est un peu devenu, depuis quelques années, ma tête de turc du paysage intellectuel (médiatique) français, mais n’y voyez pas qu’un « esprit de sérieux »… et contrairement à lui, je ne passe pas mon temps à démolir mes contemporains ou mes ancêtres… »

    Dommage.

    Je suppose que vous tenez par exemple François Bégaudeau en semblable estime ?

    1. pardonnez-moi, mais j’ai un peu de mal à suivre le fil de votre pensée…
      alors que plus haut vous écriviez : « Dans les faits, il vilipende, une jeune, qui est autiste. » – ce qui est évidemment l’exacte réalité de ses/leurs propos.
      Pour le reste, pardonnez-moi d’ignorer jusqu’au nom de François Bégaudeau…
      Quant à la sentence initiale, pardon aussi, car je pense exactement le contraire… ou plutôt comme l’écrivez un Victor Hugo dans son « William Shakespeare », que les véritables « génies » sont précisément dans l’excès, et non dans le fadasse ou la moraline…

      1. Pour le dire rapidement, et sans vouloir entamer une quelconque discussion sans fin sur un sujet qui en fait est très secondaire, je trouve que vous allumez Onfray sans discernement de tout feu, ce qui de fait appauvri votre critique, pour des raisons qui vous regarde, et comme je ne voudrais pas donner l’impression en sens inverse de le défendre bec et ongle, j’en resterai là. Vous avez l’air plutôt intelligent et vous comprenez donc très bien maintenant le fil de ma pensée.

        L’excès est ma spécialité, mais dans la crise de foie ou de nerfs… Vous préférez l’adage la poutre et la paille peut-être ? 😉

    2. Et moi donc, oups au cube !

      « appauvrit »; « regardent » et plus bas, « amené » ; « étaient diffusées »; « leçons »; « a fait » (et sans doute j’en manque encore…), je renonce et accepte la dévalorisation subséquente.

      Tout est excusé aux étourdis pressés !

  7. pardonnez-moi de ne répondre que très brièvement (surtout vu l’heure… je suis « sous » un cadran horaire fort éloigné de la « vieille Europe ») – mais en effet j’ai « mes » raisons de critiquer aussi fortement MO… raisons qui ne sont d’ailleurs pas particulièrement personnelles… je l’ai lu (un peu), ai aimé un ou deux de ses premiers livres, naguère… et puis une chute vertigineuse… Quant à ce qu’il a pu écrire sur des auteurs que je connais assez bien, Freud, Sartre, mais surtout Sade ou Bataille, ce n’est même pas consternant, mais tout simplement grotesque, mensonger, malhonnête, un tissu de contre-vérités (pour qui a véritablement lu ces auteurs et leurs autrement « sérieux » exégètes)… Je parle donc « en connaissance de cause », si j’ose dire… d’où une certaine exaspération de le voir continuellement et partout lancer les mêmes Jugements (avec sa « passion de la méchanceté ») et répéter les mêmes mensonges – une véritable escroquerie intellectuelle (il y en a d’autres, certes).
    Alors même qu’il aime répéter « Je dis la Vérité » (étrange et bien simpliste sentence pour un dit « philosophe », de surcroît à notre époque), je ne vous livre qu’un seul exemple – à se demander si MO a encore toute sa raison (ou profite de l’ignorance de ses voisins sur certains plateaux de télé) :
    dans une émission de télé (« On n’est pas couché », 26 janvier 2013 – visible sur YouTube), on aura pu entendre de sa bouche ces propos aussi sidérants qu’insultants :
    « comme par hasard, TOUS ces gens qui ont défendu Sade dans le XXe siècle sont TOUS aussi des gens qui ont défendu le totalitarisme » (sic) !
    Un scoop donc, révélant au monde que les Apollinaire, Bataille, Breton, M. Heine, Paulhan, Barthes, Blanchot, Foucault, Lely, O. Paz, Pauvert, M. Lever, Klossowski, Annie Le Brun, M. Nadeau, et j’en passe, auraient tous défendu les totalitarismes !

    1. Possiblement, vous avez certainement vos raisons, justifiées à vos yeux, mais c’est aussi facilement oublier qu’il a amener bien des gens à prendre ou assouvir leur goût de la connaissance et de la culture populaire, par des conférences à l’UP de Caen qui était diffusé sur FQ.

      Mais il a bien défoncé Freud ça je vous l’accorde. Les adorateurs et les partisans du sieur en question n’ont pas digéré l’affront, un déicide pour eux, les autres, les incroyants en revanches se sont bien bidonnés.

      Je suis en revanche bien d’accord avec vous, depuis quelques années, il est triste à mourir, donneur de leçon et sinistre. Et ses livres sont à la philosophie ce que Mac Do est à la gastronomie. Mais tout ce que le gars dit n’est pas dénué de tout intérêt non plus. Et avec ses moyens à fait son oeuvre. Lui il est lu et (moins quand même) invité, c’est ainsi. Les meilleurs sont bien souvent à dénicher par soi-même, et sans faire de la lèche, Jorion est un très bon, mais pas que non plus, sinon je serai dans flatterie hypocrite voir la flagornerie louche.

      1. Bof les Bruckner, Onfray et autres quidam.
        Bruckner fut-il de gauche dans sa jeunesse ? erreur de jeunesse sans doute, faute de classe sociale : il s’était trompé de côté. Tout comme Finkielkraut, son ex-compagnon de route… qu’on continue à nous servir tous les samedis matins au déshonneur de France-Culture.

        Onfray ? un psychorigide qui ne peut qu’avoir toujours raison contre tous et le bon sens des gens qui ont lu ces auteurs (Freud et tous les autres) avant lui. Je crois que j’ai du arrêter de regarder ONPC à partir de ce moment-là, écoeurée.
        Et quel fric il s’est fait. Il est en descente : tant mieux pour l’Humanité, il n’est digne que d’oubli.

      2. …suite,
        à l’écoute de PJ sur sa dernière vidéo décrivant le caractère de Trump, je trouve des points communs entre Trump et Onfray : ce sont des gens qui ont toujours raison et qui n’en démordront jamais… contre tous (sauf les gens dans leur catégorie, qui achètent leurs bouquins ou votent pour eux et les enrichissent, dans tous les cas)

      3. @CloClo
        Sauf que Onfray n’est plus sur FQ parce qu’il n’a pas proposé de projet cohérent.
        Pour moi son succès à Caen, puis la vente de tous ses CD, les invitations cirage de pompes dans les médias ont eu raison d’un ego fragile qui est devenu démesuré, lui faisant croire qu’il savait tout sur tout.

      4. Dominique-e ne pas oublier, malgré tout, qu’il a perdu sa femme…

        Cependant parmi les pensées et affirmations à lui reprocher : la déformation du débat Camus-Sartre. Il a tout à coup mis au pinacle Camus… et tout le monde à embrayer… au détriment de Sartre. Les deux ont des pensées utiles de nos jours, malheureusement Sartre a été mis de côté alors que sa philosophie est toujours d’actualité, et de ses engagements politiques. Il ne faudrait pas l’oublier : relire ses romans et son théâtre. Il a aussi eu un rôle dans l’évolution de la perception des femmes dans la société. Il n’a pas été parfait… qui l’est ? les parfaits sont dangereux, voir Onfray.

  8. j’avais fait tout un commentaire (avec un tas de liens) sur la dépense d’énergie du net… disparu, je le referais à une autre occas.

    Là je vais revenir dans le fond du sujet : Greta.

    Au début je me suis demandé que penser de cette jeune fille, mais pas en défaveur, juste un questionnement ouvert.

    Au fil du temps j’ai commencé à l’apprécier. Une personne qui s’implique temps pour la Terre entière, surtout vers les « Grands » dirigeants : quel courage, et, elle fait un bon boulot que l’on n’arrive, nous tous les assocs et les gens de bonne volonté n’arrivent pas à atteindre en si peu de temps et mouvements. Merci Greta.

    puis à la lecture ( ou écoute) de critiques diverses, je me suis vraiment demandé comment je voyais sa personne. Ben très positivement, elle est courageuse, elle dépense son temps et son énergie pour nous.

    Finalement je me demande si les critiqueurs ne s’en prennent pas réellement à elle juste parce qu’elle est de sexe « faible » et de plus une ado… et cerise sur le gâteau elle a quelques différences dans sa structure psychique…
    ainsi elle est devenue la cible facile de tous les malotrus de la terre qui ont trouvé d’excellents prétextes pour nier le réchauffement climatique… et continuer comme si de rien n’était dans leurs actes nauséabonds.

  9. Greta Thunber autiste ? N’importe nawak ! L’idéologie psychiatrique dominante tient lieu de parole d’Évangile et personne n’y retrouve à redire, puisque… les « spécialistes » ont dit que… et tout le monde de reprendre en coeur le même refrain. La Bible en la matière étant le fameux DSM, qui trouve à chaque nouvelle version (on en est à 7) de nouvelles pathologies. Et qui dans le même temps gonfle démesurément une pathologie pourtant assez symptomatique pour la diluer dans ce qu’ils appellent maintenant un spectre…
    Je me suis occupée « dans le temps » d’enfants autistes. On ne nommait ainsi que les enfants qui ne parlaient pas et qui pouvaient rester des heures, les yeux dans le vague en répétant toujours le même mouvement; on appelait ça des stéréotypies.
    Maintenant au moindre épisode dépressif et pour peu qu’un enfant se révèle original, avec des préoccupations « pas de son âge », et beaucoup de lucidité par rapport au réel, on lui colle à vie l’étiquette d’autiste.
    Sous d’autres cieux on dirait d’une enfant ou d’une ado comme Greta : « c’est un(e) éveillé(e) ! ». On irait pas lui chercher un maladie psychiatrique. On la considérerait comme une sage, précoce.

    1. Merci pour cette mise au point sur le soi-disant spectre autistique !
      Je rajouterai que je trouve aussi détestable ceux qui qualifient d’autres personnes d’autistes ou de sourds plutôt que de les qualifier de rigides, obtus, de mauvaise foi, abrutis, ou autres invectives à la manière du capitaine Haddock…

      1. Oui, tout à fait… Le terme d’autisme est mis à toutes les sauces. Du coup, il est complètement dénaturé. Mais c’est le propre de nos sociétés que d’entretenir une sorte de confusion mentale où on n’arrive même plus à s’entendre sur le sens des mots.

      2. Laurence
        8 septembre 2019 à 19 h 35 min

        en quoi est-ce si important ?

        on s’en fout qu’elle soit asperger ou pas, l’important est ce qu’elle fait,

        par exemple je dis ailleurs que Onfray est un psychorigide (qui certes n’est « que » psycho, et pas biologique), ce qui explique ses erreurs de jugements, mais ce qui vient en 1er sont ses erreurs de jugement, même si la psychorigidité l’induit

        Dans Wikipedia il est énuméré un tas de gens qui seraient (ou pas, ce sont des hypothèses) asperger dont Glenn Gould que j’apprécie particulièrement en tant qu’interprète de Bach
        … et Mark Zuckerberg pour qui j’ai le plus profond mépris

        Autrement dit l’important est la l’exploitation et l’exagération qu’en font les sceptiques du réchauffement climatique… parce que ce n’est pas leur intérêt financier !

        PS : comme si on jugeait nul tout ce que j’écris parce que je suis dyslexique et que si je ne prête pas attention à chaque mot que j’écris je fais plein de fautes d’orthographe

      3. Je vous rejoins, et les cons (non autistes) ne peuvent faire l’économie de cette fameuse répartie: « les cons, ça ose tout. Greta, elle, éveille les consciences des autres.

    2. N’importe nawak ? elle-même se qualifie d’Asperger… no problem
      mais justement qu’en a t-on à faire ? les bizarreries de l’espèce, pas besoin d’aller chercher bien loin…
      Ce qui est admirable, par l’image ou les fantasmes qu’elle produit, c’est de rendre le roi nu et sa parole encore plus creuse.

      1. Bien entendu, puisqu’à l’heure actuelle, les autistes Asperger sont en passe d’être considérés comme le nec plus ultra en matière d’intelligence (petit rappel quand même, on sait bien maintenant qu’Asperger avait de fortes accointances avec les nazis; ce qui n’est absolument pas étonnant : il y avait à son époque, les « malades mentaux intelligents, les Aspergers » et les autres, bons pour le four crématoire…).
        Je ne suis pas une inconditionnelle de Greta, ni de qui que ce soit d’autres, d’ailleurs. Elle est encore jeune et elle a beaucoup à apprendre. Je connais beaucoup de jeunes tout aussi mature qu’elle. Mais le monde a besoin de vedettes. Alors pourquoi pas, si ça permet de faire bouger les lignes comme on dit maintenant.
        Et pour finir, comme aurait dit Lacan : « Les non-dupes errent… »

    1. D’ailleurs je pose ça sur la toile mais celui qui signait ses textes antéchrist s’étant trop rapproché de l’absolu après avoir écrit est Ecce Homo,
      Encore détesté des hommes indifférents à son œuvre ,
      croyait dur comme fer à sa sentence « tout ce qui ne tue pas rend plus fort », et ben c’est faux,
      parce que tout qui est vécu se déroule dans le temps même les pensées le plus absolu donc rien ne tue pas,
      donc salut salut l’ami.

  10. Beaucoup d’aigreur, d’agressivité et de médisance dans les propos de nombreux intervenants. Sont-ce les mêmes qui feront un monde meilleur et plus humain ?

    Gandhi:
    “ Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde. ”

  11. Votre propos mériterait d’être plus clair, avec moins de digressions et plus factuel. On peine à vous lire et à vous suivre et ce qui parait en début de lecture une critique fondée sur la vie politique actuelle devient vite une moulin à moudre de l’aigreur.
    Désolé de ce commentaire qui n’apporte pas grand chose à un site où je viens chercher de l’information ou des idées qui poussent à la réflexion

    Cordialement

    1. @Salinier,
      désolé, mais bien sûr chaque lecteur a sa lecture…
      Néanmoins, il n’était nullement dans mon « intention » d’être « factuel » ; par ailleurs, s’il y a bien de la colère (d’où l’incipit en référence à un maître en colère, Flaubert), la colère étant un moteur et un signe de vie, nulle aigreur…
      Mais pour moi, on se construit avec ses « pour » ET ses « contre », ses « oui » ET ses « non »… et ce petit texte (Greta vs Michel l’Ancien) se veut, à la fin, une célébration de l’enfance ou de la jeunesse, et surtout, au-delà, de la Vie,
      « contre », non pas les « Anciens » ou les vieux, mais contre certains Anciens : les vilipendeurs « vieux cons », pétris de certitudes absolues…

      Quant aux « vieux », je me rappelle toujours « Booz endormi » (« Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand »),
      ou Saint John Perse : »Grand âge, vous mentiez : route de braises et non de cendres… »

  12. Tous ces cinquantenaire qui critiquent cette jeunes femmes sont des frustrés sexuels. Et ils ne se l’avoue vous-même pas, satané refoulé.
    En tout cas vaut mieux pas qu’il la touche et heureusement.
    Ils projettent leur frustration inconsciente sur leurs perspectives grasses et déformées de notre société.
    Il fait les unes des journaux appartenant à des porcs.
    Tout va bién oui
    Beurk

    1. D’ailleurs cette jeune femme est bien plus mûr que bien des mères de familles qui préfère se maquiller que jouer avec leur fils. En ces temps l’âge n’est plus grand-chose.

  13. @Pierre C
    je n’ai pas jugé utile de mettre le lien vers les propos de M. Onfray, car ils ont déjà été relayés, cités et discutés ici même (le blog de P. Jorion).
    Quant à « la messe noire » de Artaud (qui n’est pas le sujet), ce texte est suffisamment connu pour n’avoir pas à être cité non plus – même si bien sûr, il mérite d’être (ré)écouté.

    Mais puisque vous m’y invitez, juste un mot rapide : malgré ce titre et les apparences, je ne présente pas M.Onfray comme « Dieu le père », même s’il s’affiche très « paternellement », en juge paternel, supérieurement, vis-à-vis de la petite Greta, et incarne ou prétend incarner « la Vérité », contre presque tous les autres (Vérité, majuscule, qui tout comme Dieu n’existe pas)…
    La référence au titre de Artaud est une image, mais bien sûr une image forte, avec sa part de provocation… mais aussi ses analogies que je trouve bien réelles malgré tout (paternalisme masqué, prétention à incarner la Vérité – comme dieu).

    Toutefois, vous noterez que dans sa révolte (authentique, celle-ci) et son délire halluciné (qui a sa part de vérité, ou plutôt révèle des vérités cachées), Artaud, selon sa « cruauté », s’en prend au-delà de dieu lui-même, également à l’homme, car ce qu’il vise au-delà de l’homme qu’il fustige, c’est « l’homme incréé », l’infini… la Vie – un sens de la vie renouvelé, en actes… (On est évidemment là très très loin de M. Onfray et ses petits jugements, sans courage politique…)
    Dans le cas Greta versus Onfray, l’Enfant est l’image de la vie vs le roi nu…

    Je cite juste ce passage dans la conclusion du texte de Artaud :
    « Je veux dire que j’ai trouvé le moyen d’en finir une fois pour toutes avec ce singe et que si plus personne ne croit plus en dieu tout le monde croit de plus en plus dans l’homme. »
    (ce qui est une manière, à lui, de liquider aussi l’humanisme fadasse… dont Onfray est aujourd’hui un digne représentant).

    Le discours dont Greta n’est que l’icône du moment, et au-delà d’elle, l’écologie politique (telle que je l’entends) cherchent aussi avant tout, dans notre monde abîmé, à sauver la vie, la planète, Gaïa… et si possible les hommes (premiers responsables de la destruction rentabilisée du vivant).
    Je vous l’accorde, tout ceci, dans ce petit billet, est assez métaphorique…

    1. « le discours dont Greta n’est que l’icône du moment », j’en suis d’accord et cela appelle. une analyse: Agiter une iconographie ( heurt des analyses d’image , l’ ensemble des prises position sur sa jeunesse, sur son physique, sur sa féminité,… à son propos. C’est une pratique récurrente chez l’humain, hélas, d’une volonté commune inconsciente que rien ne change. D’où un atavisme culturel ( atavi :en latin les aïeux ) ancestral , qui consiste, au moment structurel de la prise de conscience ( dont parle Paul Jorion ) d’un état de crise, d’un danger qui s’annonce si nous ne modifions pas l’héritage des ^jugements acquis , à participer à un célébration. Je m’explique: on fabrique une icône qu’on va solenniser dans une cérémonie.
      Et je cite un exemple démonstratif: dans une culture patriarcale dominante
      il est apparu , à un moment donné, intellectuellement nécessaire d’assumer le rôle de sa mère dans l’incarnation du Verbe en Jésus. Mais par une cérémonie , une célébration annuelle, le spectacle ou la fête rituelle de son Asssomption ! C’est ce qu’on nous produit avec Greta : nous la célébrons solennellement le matin à l’Assemblée, laquelle vote l’après-midi un traité de libre échange encore plus néfaste à la biosphère!Et ici , on dispute sur « l’image » sans débat de fond sur la ressemblance

      1. Je suis d’accord avec vous sur la poudre aux yeux de la célébration ou cérémonie – polissage d’icônes de façade, comme tous les monuments (si j’ose dire), et qui participe, ni plus ni moins, du théâtre de la politique (rien de nouveau sous le soleil)… mais personnellement, ce n’est pas de cela dont j’ai voulu parler.
        Ce que j’ai voulu dire (sans doute mal) se situe au-delà du « cas Greta », de cette icône du moment (et je rejoins globalement ce que vous en dites, sa fabrication ou célébration étant médiatico-politique et aspirée dans la mascarade de ce théâtre)…
        et encore une fois, consistait à « célébrer » (mais sans décorum aucun, sans cérémonie précisément, mais bien plutôt intimement), non pas Greta elle-même, mais la Vie (dont l’Enfant est l’image même), le rêve, les idéaux vs le Jugement (des Anciens… ou « de dieu », si vous préférez – surtout quand ledit jugement s’énonce en des termes aussi aigres, rances, plutôt même fétides – un signe évident, au passage, que Onfray doit se sentir tout à coup coupé d’une certaine jeunesse)…
        Ce qu’a très bien résumé d’un mot P. Jorion (dans une vidéo : « Place à la jeunesse » – pas sûr du titre exact) : « C’est la jeunesse qui changera, ou non, le monde »…
        mais sûrement pas « les Anciens » (dont Onfray fait partie – et en ce sens, il a tout faux… n’étant de toute façon ni dans la révolte, ni dans la Vie… mais dans le Jugement, devenu un professionnel de la moraline, une sorte de philosophe-flic).

        J’ai le plus grand respect pour ceux qui sont dans la désobéissance civile, et la plus méfiance vis-à-vis de ceux qui s’affichent comme les Justes ou Juges de tout et tous – comme disait Thoreau, « il y a 999 défenseurs de la vertu pour un homme vertueux. »

        PS : il n’y pas à chercher à travers mon petit texte une analyse de fond (qu’elle soit journalistique, politique, sémiotique ou même philosophique) – ce n’est ni dans mes cordes, ni dans mon « style » ou tempérament… Ce que j’ai écrit me vient des tripes et d’une grande colère (et c’est pourquoi j’ai osé cet intitulé, sous le signe de Artaud)…

  14. Autre chose est en jeu au delà du débat : la Nature et sa fonction.

    En ces temps où les villes absorbent tous les habitants de la planète, les vivants à la campagne (agriculteurs, paysans de toute nature) se raréfiant, la raison principale étant que tout se faisant grâce à des machines plus besoin d’Humains. Alors les bras se trouvent sans emploi et partent vers la ville pour trouver à s’employer et gagner de quoi se nourrir, même si c’est le plus souvent dans des poubelles, faute d’emploi là non plus. Il est raisonné qu’en s’amassant tous ensemble on aurait « plus chaud » en se trouvant plus proche des autres dans son genre, ou dans un autre. Tendance qui a commencé il y a 2 siècles.

    Ainsi la Nature devint oubliée, à quoi ça sert la Nature, vive les villes lieux de la vraie civilisation (quoique au temps des Grecs et des Romains c’était déjà le raisonnement). Pour les gens des villes elle devint un lieu inconnu qu’on visite un peu comme un musée, pour se distraire momentanément, sans plus d’attention.

    Et tout à coup on s’aperçoit que la Nature a sa fonction propre qui permet aux Humains de pourvoir vivre, que sans, l’Humanité est en péril.

    Alors une partie de plus en plus importante des Hommes se mettent à observer la Nature, à en apprendre la vie, à l’étudier, au profit des Humains, car la Nature, c’est à dire la Terre, vit et vivra toujours avec ou sans les Humains dont elle n’a nullement besoin. Mais l’Humain peu à peu redécouvre que sa vie dépend de la nature et non pas des villes, du béton ou du bitume.

    C’est ainsi que deux courants se combattent : les Modernes et les Anciens. Onfray étant dans le courant des Anciens, fixé dans une pensée sur laquelle il s’est construit et n’en pouvant démordre, se percevant en péril personnel, du fait de la structure de sa personnalité qu’il perçoit en danger de mort. Alors si c’est une jeune fille qui lui démontre le contraire le jeu devient facile, l’adversaire à combattre facile à détruire. Onfray ignore que le camp des Modernes ne se reconnaît pas à l’âge de ses disciples qui peut s’étager de 0 à 110 ans.

    Ce que les Anciens (Trump, Bolsonaro, les Puissants de toutes sortes, les « se croyant Savants ») ne réalisent pas encore c’est que c’est leur propre vie qui est en jeu : ils sont dans l’habitude du connu, ils ont peur de l’inconnu forcément dangereux.

    PS : nous n’avons accès au billet complet de Onfray sur Greta, qu’en payant, ce que je me passe bien de faire, je n’ai donc que ce qu’en résume le NouvelObs, et d’autres médias.

      1. @adope
        en effet, je ne sais si je dois vous dire merci vu que le bonhomme ne s’améliore pas en prenant de l’âge.
        Faut-il en rire faut-il en pleurer ?
        ils sont – presque – drôles ces sortes de gens, ils se croient parfaits, aiment-ils ? même eux mêmes seuls dans un monde désert.
        La seule réaction qu’on ait face à ce mec serait l’insulter. Je m’en garde.

      2. C’est sinistre c’est ignoble. Mais pardonnez lui, il n’a pas compris La pulsion de vie que peut avoir un peuple. Handicapé du cœur. Il est dans l’abîme, en croyant regarder le soleil.

    1. J’ai relu le texte de M.Onfray. Merci Adoque d’aller toujours à la source.

      On peut tout lui faire dire et tout balancer aux chiottes d’un geste d’énervement. Cependant le réel est toujours plus complexe, et je vous invite dans ces conditions à laisser quelques instants vos propres préjugés et certitudes sur le bonhomme pour vous en tenir à une autre perception… Le gars a une logique interne dont toutes les envolées ne sont pas dénuées de perspicacités accidentelles. On y va ? Puisque cet espace nous permet de nous élever les uns les autres !

      Il est dans une erreur d’appréciation initiale qu’on peut apercevoir ici :

      « Mais, du haut de ses seize ans, que sait-elle de l’astrophysique, des cycles cosmiques, des orages solaires et de leurs cycles, autant d’informations qui relèvent aussi de la science, mais auxquelles ni elle ni les siens ne font jamais référence quand il s’agit de penser la question du réchauffement climatique – une incontestable vérité: il n’y a pas à douter de ce fait mais des causes que certaines en donnent.

      Pour Greta Thumberg, il semble que LA science se réduise au compendium de passages à réciter, hiératique comme dans une cour du palais des papes planétaire, après prélèvement des phrases stabilotées dans les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. »

      Onfray ne semble donc pas tenir pour une certitude scientifique la place de l’Homme dans le réchauffement climatique. Il semble en l’état se placer dans le camp des climato-sceptique pur jus ! Mais ceci n’est pas suffisant pour condamner un Homme.

      En revanche, ce n’est pas à Greta qu’il s’attaque directement mais l’image qu’offre Greta et à l’image de l’enfant roi de son point de vu, ce qui m’autorise à dire ça :

      « J’aurais aimé qu’il soit remplacé par Greta Thunberg qui, végane, n’aurait jamais pu causer la mort de ces pauvres crustacés géants!  »

      « Ce qu’elle lit, à défaut de le dire librement, n’est pas écrit par une jeune fille de son âge. La plume sent trop le techno. Sa voix porte le texte d’autres qui n’apparaissent pas. »

      « Il n’y a rien à reprocher à une enfant qui veut voir jusqu’où va son pouvoir d’agenouiller les adultes, c’est dans l’ordre des choses. Le pire n’est donc pas chez elle, elle fait ce que font tous ses semblables,… »

      En fait le fonds de sa critique porte en fait dans la suite de son erreur initiale dans ce qu’il pense être l’arrière plan de toute cette animation sur la scène et qui se trouve ainsi résumé dans cette phrase :

      « alors que ces êtres en cours de fabrication se contentent de débiter des discours d’adultes – du moins, de certains adultes, ceux de l’avant-garde éclairée de la métamorphose la plus récente du capitalisme: l’écologisme. Ce cyborg parle en faveur d’une révolution initiée par le capitalisme vert.

      Certes, comme toujours, les véritables motifs – d’incommensurables profits…- ne sauraient être avoués tels quels. Il faut un excipient moral à cette révolution permettant d’entretenir le culte du Veau d’Or. Et quoi de mieux que le projet de sauver une planète en danger de mort? »

      Il critique en fait le capitalisme, dont pour lui, il avance encore masqué dans cette histoire de réchauffement climatique afin de faire de ce fait une manne financière pour quelques-uns. Il voit en l’icône Greta un étendard, malgré elle, d’avant poste de ce capitalisme.

      Qui peut ici affirmer que cette critique, pourtant initialement issue d’une erreur, d’un capitalisme vert montant est illégitime ?

      Enfin, qui peut dire que son paragraphe sur Hans Jonas que je colle in extenso dessous, est proprement parlé bon à jeter à la poubelle y compris dans ce qui nous occupe à propos du réchauffement climatique ? :

      « Dans Le Principe responsabilité (1979), Jonas fait avoir qu’en matière de survie de la planète, il s’agit d’en finir avec la raison des Lumières qui n’a rien produit, sinon des catastrophes, et qu’il faut désormais opter pour « une heuristique de la peur ». Autrement dit: il faut dramatiser, inquiéter, amplifier, exagérer, faire peur, c’est-à-dire tout le contraire de penser, examiner, réfléchir, débattre. On ne pense plus, on récite; on n’examine plus, on assène; on ne réfléchit plus, on psalmodie; on ne débat plus, on insulte, on excommunie, on anathèmise. On ventile… »

      Voilà, non pas une défense, il n’en a pas besoin il est bien assez grand, mais une main tendue avec soi même et son propre jugement sur les propos d’autrui qui reste un autre donc un semblable digne d’intérêt. Après chacun fait sa sauce selon ses perceptions et ses convictions !

      Pour terminer parce que le mec a quand même un bon coup de crayon, je ne résiste pas au plaisir de vous livrer une phrase que j’ai bu avec délice, après tout l’ivresse est agréable, et qui est :

       » A la tribune, il semblait que c’était Mélenchon dans le corps d’Alice au pays des merveilles. Effet terrible: la menace du Tribunal révolutionnaire exprimée avec une voix pré-pubère blanche comme la mort… On se croirait dans un manga.  » ou encore  » c’est du Mélenchon enveloppé dans les rubans d’Alice ». Tout bonnement génial !

      C’est clair que le texte est excessif et outrancier mais c’est le propre de ce genre d’exercice. Est-ce que être dans le même « camp » oblige à vilipender toutes propositions venant de l’autre et à caricaturer sa position à l’excès en sens inverse ? Viendrais-je de signer ainsi mon arrêt de mort en vous faisant part de cette petite lecture ? 😀

      1. Bah en faite, c’est quand même un peu grave de
        – la ciblée physiquement ( il mériterait une bonne taloche pour ses mots )
        Ensuite je me dis un « philosophe » de base étage ultra connu qui parle comme ça d’une fille de 16 ans œuvrant pour le bien , comment est ce possible ?
        La chose plus grave
        – il se sert de notre principale ennemie à savoir l’ultra capitalisme, pour dire que c’est c’est énorme les structures mortifère qui a manigancé et marionnettisé et ce petit être. Il fait donc diversion.
        Et maintenant me dis-je : voudrais-t-il vraiment la justice sociale ? Si il veut la justice sociale comme la fin de l’ultra capitaliste, il ne l’obtiendra pas comme ça. Et à mon avis il ne la veut pas vraiment il est bien dans son manoir je ne si il veut la justice sociale comme la fin de l’ultra capitalisme, il ne l’obtiendra pas comme ça. Et à mon avis Il se méprise grandement lui-même ainsi que le peuple qu’il n’arrête pas de vouloir représenter. Donc faire une autre lecture de ce scribouillard c’est un peu de la perte de temps . Ce n’est que mon avis.

      2. Oui Cloclo, il faut « lire ce qui est distant, sinon, on ne trouvera pas le chemin » ! (1)

        Dieu n’existe pas, c’est une affaire entendue ! mais les diables ne manquent pas, et ils ne sont pas d’accord entre eux: à chacun sa longue cuillère pour dîner avec l’un d’entre eux, au choix. (2)

        (1) de l’harmonie
        (2) chaos assuré

      3. « Viendrais-je de signer ainsi mon arrêt de mort en vous faisant part de cette petite lecture ?  »

        Youpi !
        Yes ve can !

      4. « Dieu n’existe pas, c’est une affaire entendue ! mais les diables ne manquent pas »

        Vous n’êtes pas autorisé à supprimer le diable, si Dieu n’existe pas.
        C’est blanc, ou c’est noir, point barre, pas gris hein !
        Puisqu’on vous le dit croyez-le et sans moufeter !
        Tudieu, c’est écrit dans la bible, m’enfin… !

      5. « Donc faire une autre lecture de ce scribouillard c’est un peu de la perte de temps . »

        De V Teixeira, oui je vous le confirme.
        Signé : Le Diable.

        Serviteur.

      6. @CloClo
        Un beau coup de crayon, oui.
        Et c’est finalement ce qui pêche avec ce texte. Un exercice d’écriture qui à mon avis est plus destiné à faire jouir son auteur qu’à éclairer les lecteurs. Un peu comme une bonne caricature transgressive dont aime se repaître le directeur de publication de Charlie-Hebdo.
        Après, on ne saurait conseiller à Greta Thunberg que de retourner à l’école un peu quand même pour être en capacité de lire la littérature des vieux sages – suivez mon regard – dont l’humanité a autant besoin que de l’enthousiaste jeunesse.

  15. Franchement Clo-Clo, quel genre d’homme peut décrire et déshumaniser quelqu’un comme ceci, à part un être gravement malade mentalement, je ne vois pas.

    1. Ca va on se calme, Onfray n’est pas plus malade qu’aucun d’entre nous. Il est juste lui. Avec ses qualités et ses (gros) défauts. A mon avis, mais je peux me tromper, il ne pense pas une seule seconde à la jeune fille en écrivant son texte, mais à l’image qui est projeté et au message que lui veut faire passer en contre point. Vieux comme le monde.

      T’es médecin pour porter un pareil jugement Lucas ?

      Vous chialez sur des attaques ad machin truc latin et vous faites strictement la même chose. Bonjour la cohérence !

      1. Voilà je suis médecin sauf que j’ai pas le diplôme , Je ne l’ai en aucun cas attaquer sur son physique, si il ne pense pas à elle en parlant d’elle c’est qu’il est malade, et non ça ne va pas.

      2. Si vous ne voyez pas que chosifier une personne mot pour mot comme ceci est indigne d’un homme ( pire que la supporter nous sommes déjâ ok sur l’essentiel) et que vous tournez autour du pot pour mieux l’éviter, alors ça craint du boudin moi je vous laisse là.

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