Archives par mot-clé : Hannah Arendt

Notre-Dame de la Vie, par Cédric Chevalier

Ouvert aux commentaires.

Pour quoi pleurons-nous ? L’œuvre humaine et l’œuvre d’art

Pourquoi pleurons-nous d’avoir vu brûler Notre-Dame de Paris ? Pourquoi s’émouvoir pour de vielles pierres et d’antiques charpentes, si vénérables soient-elles ? Quel sens donner à l’émotion qui nous étreint dans une sorte de communion internationale ? Qu’est-ce qui est affecté en nous exactement ?

On a vu le spécialiste de l’histoire et du patrimoine Stéphane Bern très ému à la télévision. Est-ce indécent ? J’ai pour ma part du mal à cerner cette grande tristesse qui m’affecte. Quand des êtres humains sont touchés dans leur chair, la légitimité de notre détresse est évidente. Quand il s’agit de dégâts matériels sur des objets, si précieux soient-ils, j’ai ressenti une gêne d’être si affecté, je l’avoue.

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La soupe à la grimace, par Bertrand Rouziès-Leonardi

  • Billet invité.

Émile ZolaLes événements en Turquie, usine du monde qu’on pensait acquise à la sauvagerie capitaliste, devraient nous donner une idée de ce que, dans l’urgence, les hommes, si faibles soient-ils, sont capables de bricoler. Ils ramassent autour d’eux les outils que l’histoire et l’actualité ont laissé tomber, et ils les font servir à la défense du bien commun. Tout ou presque (le feu couvait depuis quelque temps déjà) est parti à la diable d’une place, la place Taksim (taksim = « improvisation » en turc, cela ne s’invente pas), qui occupe le sommet de la colline de Galata, en face de la vieille ville d’Istanbul. Galata, c’est l’ancienne colonie génoise de Pera, mot grec qui signifie « au-delà », pour « au-delà de la Corne d’Or », la Corne d’Or étant cet estuaire aurorifère des prospectus touristiques où les ors du matin se pêchent toute la journée dans des nuages de méduses.

Belle improvisation en provenance de l’au-delà… cet au-delà turc que l’Europe prétendument chrétienne a refoulé sans ménagement pour crime de confession concurrente, en sorte que la Turquie, à présent, regarde ailleurs, quoiqu’il n’y ait aucun parti recommandable à épouser à proximité. Je rappelle, en passant, que les racines chrétiennes de l’Europe sont en Afrique du Nord (plus de 130 évêchés connus dès le IIIe siècle apr. J.-C.) et en Asie Mineure, où la nouvelle religion prit beaucoup mieux et dans une bien plus large mesure que dans les parages de Rome ou de Lutèce.

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