Notre-Dame de la Vie, par Cédric Chevalier

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Pour quoi pleurons-nous ? L’œuvre humaine et l’œuvre d’art

Pourquoi pleurons-nous d’avoir vu brûler Notre-Dame de Paris ? Pourquoi s’émouvoir pour de vielles pierres et d’antiques charpentes, si vénérables soient-elles ? Quel sens donner à l’émotion qui nous étreint dans une sorte de communion internationale ? Qu’est-ce qui est affecté en nous exactement ?

On a vu le spécialiste de l’histoire et du patrimoine Stéphane Bern très ému à la télévision. Est-ce indécent ? J’ai pour ma part du mal à cerner cette grande tristesse qui m’affecte. Quand des êtres humains sont touchés dans leur chair, la légitimité de notre détresse est évidente. Quand il s’agit de dégâts matériels sur des objets, si précieux soient-ils, j’ai ressenti une gêne d’être si affecté, je l’avoue.

Je veux dépasser ce doute et approfondir notre introspection collective. Car mon intuition rejoint celle d’autres observateurs : nous avons vécu hier soir un grand moment d’humanité partagée, qui, si nous prenons la peine d’y songer, nous rappelle qui nous sommes, dans quel monde nous vivons, et ce que nous pouvons faire du temps qui nous est accordé dans ce monde. La bonne question serait ainsi : quel sens voulons-nous donner à cet événement et aux émotions qui l’accompagnent ?

D’abord Notre-Dame de Paris est une œuvre humaine et une œuvre d’art, un objet qui incarne notre mémoire collective, et ce n’est pas anodin. Pour le philosophe Hans Jonas : « […] en tant que partie du monde, une fois qu’elle le devient […], l’œuvre d’art existe pourtant seulement pour les hommes et à leur intention et seulement tant qu’ils existent eux-mêmes. Le plus grand des chefs d’œuvre devient un morceau muet de matière dans un monde sans hommes. D’autre part, sans ce chef-d’œuvre et sans ce qui lui ressemble le monde qu’habitent les humains est un monde moins humain et la vie de ses habitants est plus pauvre en humanité. Ainsi la production de l’œuvre d’art fait-elle malgré tout partir de l’agir instaurateur d’un monde de l’homme, et sa présence fait-elle partie de l’équipement d’un monde librement créé, dans lequel seule la vie humaine peut avoir son site. » (Le Principe Responsabilité, 1979)

Ensuite, de tout temps nous nous sommes révoltés contre notre condition mortelle et la création d’œuvres fut notre planche de salut. Selon la philosophe Hannah Arendt « Le devoir des mortels, et leur grandeur possible, résident dans leur capacité de produire de choses – œuvres, exploits et paroles – qui mériteraient d’appartenir et, au moins jusqu’à un certain point, appartiennent à la durée sans fin, de sorte que par leur intermédiaire les mortels puissent trouver place dans un cosmos où tout est immortel sauf eux. » (Condition de l’homme moderne, 1958)

La destruction d’une œuvre humaine, par disparition physique ou effacement de la mémoire humaine, est donc toujours le signe d’une remise en question de cette ambition pour les mortels que nous sommes.

Le deuil de notre immortalité

Je pense que pour comprendre ce qu’il s’est passé hier soir, nous devons parler de l’impermanence, le fait que rien ne semble durer, que tout semble changer, naître et mourir.

En effet, ne pleurerions-nous pas parce que cet incendie témoignerait de l’absurdité du monde dans lequel notre existence est jetée, et de l’impermanence de toute chose, à commencer par notre propre vie ?

Ne pleurerions-nous pas parce que, pire encore, cet incendie témoignerait de l’impermanence radicale de l’aventure humaine, de l’œuvre humaine elle-même, de toute œuvre humaine, destinée à disparaître, tôt ou tard, demain ou dans des centaines de milliers d’années ?

Même le nom des rois de jadis, certains pharaons, est effacé à jamais du granit, oublié pour l’éternité. Les monuments les plus invincibles s’enfoncent dans les sables du temps et de l’oubli. Les plus brillantes civilisations sont mortelles. Rien ne nous sera épargné, tout est poussière et retournera à la poussière. Nous partageons cette humaine condition. Ainsi le Président Emmanuel Macron est tout petit face aux tours de la cathédrale. Les hommes les plus puissants, ne peuvent rien contre la fatalité et les ravages du temps. Un jour lui comme nous tous ne serons plus qu’une ligne sur une tombe, un nom qui finira par être oublié.

Ainsi, l’incendie de Notre-Dame de Paris, comme la destruction de toute œuvre humaine majeure, me paraît terrible, m’a profondément ému, car il me ramène à notre condition humaine mortelle, me renvoie à notre propre finitude, à notre mort, et à l’impermanence de toute chose, y compris les œuvres que nous avons voulu, et cru, immortelles. Si même Notre-Dame de Paris, un monument séculaire, peut se consumer pour finir en cendres, alors aucune de nos œuvres n’est immortelle. Et nous voilà de nouveau face à l’absurde si bien décrit par l’écrivain Albert Camus (dans Le mythe de Sisyphe, 1942), celui que toute l’entreprise culturelle a pour laborieuse fonction de camoufler le plus possible.

Victor Hugo et Ananké, déesse de la fatalité

Le célèbre écrivain Victor Hugo avait apparemment bien compris la dialectique entre la permanence et l’impermanence, le rôle de la fatalité, en observant la cathédrale de Notre-Dame de Paris. C’est une inscription gravée dans la pierre d’une des tours qui lui donne l’idée d’écrire son fameux roman, comme il le révèle à ses lecteurs dans sa préface à Notre-Dame de Paris. 1482 (1831)

« Il y a quelques années qu’en visitant, ou, pour mieux dire, en furetant Notre-Dame, l’auteur de ce livre trouva, dans un recoin obscur de l’une des tours, ce mot gravé à la main sur le mur :

NΆГKH. [Ananké]

Ces majuscules grecques, noires de vétusté et assez profondément entaillées dans la pierre, je ne sais quels signes propres à la calligraphie gothique empreints dans leurs formes et dans leurs attitudes, comme pour révéler que c’était une main du moyen-âge qui les avait écrites là, surtout le sens lugubre et fatal qu’elles renferment, frappèrent vivement l’auteur.

Il se demanda, il chercha à deviner quelle pouvait être l’âme en peine qui n’avait pas voulu quitter ce monde sans laisser ce stigmate de crime ou de malheur au front de la vieille église.

Depuis, on a badigeonné ou gratté (je ne sais plus lequel) le mur, et l’inscription a disparu. Car c’est ainsi qu’on agit depuis tantôt deux cents ans avec les merveilleuses églises du moyen-âge. Les mutilations leur viennent de toutes parts, du dedans comme du dehors. Le prêtre les badigeonne, l’architecte les gratte, puis le peuple survient, qui les démolit.

Ainsi, hormis le fragile souvenir que lui consacre ici l’auteur de ce livre, il ne reste plus rien aujourd’hui du mot mystérieux gravé dans la sombre tour de Notre-Dame, rien de la destinée inconnue qu’il résumait si mélancoliquement. L’homme qui a écrit ce mot sur ce mur s’est effacé, il y a plusieurs siècles, du milieu des générations, le mot s’est à son tour effacé du mur de l’église, l’église elle-même s’effacera bientôt peut-être de la terre.

C’est sur ce mot qu’on a fait ce livre.

Février 1831. »

Dans la religion des Grecs anciens, Ananké personnifiait la destinée, la nécessité inaltérable et la fatalité. Elle était l’épouse de Chronos, le temps. Ainsi semble-t-il, Victor Hugo avait déjà percé à jour, en écrivant son chef d’œuvre, le rôle que revêt Notre-Dame de Paris dans la psyché humaine : le questionnement sur le sens que veulent se donner les humains face à la fatalité absurde et l’impermanence. Une cathédrale est le parfait symbole de cette quête de sens et de ce défi, de cette révolte face à la fatalité, de ce désir humain d’immortalité.

Dans Les travailleurs de la mer (1866), le célèbre écrivain de la cathédrale explique davantage sa pensée :

« La religion, la société, la nature, telles sont les trois luttes de l’homme. Ces trois luttes sont en même temps ses trois besoins ; il faut qu’il croie, de là le temple ; il faut qu’il crée, de là la cité ; il faut qu’il vive, de là la charrue et le navire. Mais ces trois solutions contiennent trois guerres. La mystérieuse difficulté de la vie sort de toutes les trois. L’homme a affaire à l’obstacle sous la forme superstition, sous la forme préjugé, et sous la forme élément. Un triple ananké pèse sur nous, l’ananké des dogmes, l’ananké des lois, l’ananké des choses. Dans Notre-Dame de Paris, l’auteur a dénoncé le premier ; dans Les Misérables, il a signalé le second ; dans ce livre, il indique le troisième. À ces trois fatalités qui enveloppent l’homme se mêle la fatalité intérieure, l’ananké suprême, le cœur humain. Hauteville House, mars 1866. »

Notre-Dame de la Nature, cette autre cathédrale en péril

Cela peut paraître incongru alors que l’on s’inquiète de Notre-Dame de Paris, mais je voudrais, si le lecteur le permet, ajouter une perspective personnelle aux événements. On a beaucoup parlé hier de la « Forêt de Notre-Dame », vieille de 8 siècles,qui brûlait, c’est-à-dire de sa charpente de bois constituée par 1300 chênes, soit plus de 21 ha de forêts de France. Outre notre condition humaine commune, outre la question de l’œuvre humaine et de sa durée dans le temps, notre époque nous interroge sur l’œuvre de la Nature et de sa durée dans le temps, une œuvre d’art non-humaine mais vivante. Une œuvre d’art mortelle (car vivante) et immortelle à la fois (à l’échelle de l’espèce humaine). Une œuvre d’art qui s’autoproduit en permanence, qui rénove en permanence ses œuvres passées, qui auto-entretient son patrimoine – qui est aussi notre patrimoine –, et qui crée chaque jour du radicalement neuf (via l’évolution notamment) en ajoutant de la beauté au monde, et à notre existence. Une œuvre d’art qui nous confronte à l’altérité radicale du vivant non-humain, à l’Autre. Aujourd’hui, la Nature est l’œuvre radicalement autre dont l’existence est menacée par l’œuvre humaine. Or pourtant l’œuvre humaine repose sur la persistance de l’œuvre de la Nature. L’aventure humaine repose sur la persistance de la Nature.

 La Nature est cette autre grande Dame, cette cathédrale vivante, que nous côtoyons en permanence, qui nous ramène elle aussi à notre mortalité, qui nous dépasse en même temps par son apparente immortalité. Depuis l’Accord de Paris, la Nature aussi, est Notre-Dame de Paris. Elle aussi fait partie de notre patrimoine commun et elle aussi peut être détruite par le feu, notamment par le réchauffement climatique.

Je voudrais dès lors formuler le vœu que l’émotion sincère ressentie dans le monde entier devant les flammes rongeant la cathédrale Notre-Dame de Paris, devant la perte d’un patrimoine commun à tous les humains, soit le signe qu’il est encore possible pour l’humanité de s’émouvoir pour tenter de sauver ensemble la cathédrale de Notre-Dame de la Nature des flammes qui la ronge, qu’il est encore possible que les humains soient sincèrement affectés par la destruction de la Nature et veuillent la reconstruire, avant qu’elle ne soit irrémédiablement perdue dans l’incendie écologique.

Protéger notre patrimoine commun

Alors si tout change, si rien ne dure, pourquoi vivons-nous ? Pourquoi prenons-nous encore la peine de reconstruire ce qui a été détruit, et de créer du radicalement neuf ? Alors qu’a brûlé le cœur de Notre-Dame, le cœur de Paris et le cœur du monde entier, mon cœur à moi me murmure que ces événements doivent renforcer en nous la compréhension du caractère si fragile et si précieux de la vie sur notre planète, de l’existence humaine, de nos œuvres qui forment la mémoire de l’Humanité.

Ne blâmons pas à l’émotion sincère, populaire, légitime, qui entoure l’incendie de la cathédrale parisienne, au motif fallacieux qu’on voit des gens pleurer pour des pierres et des poutres, alors qu’ils auraient les yeux secs pour la destruction de notre nature, la misère et la mort de tant d’entre nous partout dans le monde. D’abord la majorité des gens pleurent pour la nature, la misère et la mort des humains dans le monde. Ensuite, et j’en fais le pari, le deuil ressenti face à Notre-Dame témoigne de notre capacité – intacte – à nous émouvoir, à ressentir notre commune condition humaine face à ce qui nous est cher : la vie, l’œuvre, la mémoire, la beauté, la nature.

« Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre » est l’impératif moral catégorique de Hans Jonas dans son Principe Responsabilité. Cela concerne tant le patrimoine naturel que le patrimoine humain. Tant qu’ils préservent l’œuvre de la Nature et sa mémoire accumulée pendant des millions d’années (la biodiversité) et l’œuvre humaine et sa mémoire accumulée pendant des millénaires (le patrimoine artistique et la culture au sens large), les humains préserveront des conditions d’une vie authentiquement humaine sur terre. Chez les Grecs anciens, Chronos (le temps) est uni avec Ananké (la nécessité, la fatalité). Comme dans le mythe de Sisyphe décrit par Camus, l’aventure et l’œuvre humaine sont vouées à terme, tôt ou tard à mesure que le temps passe, à connaître l’échec et la destruction : la pierre poussée par Sisyphe finit par retomber inexorablement. Mais comme dans ce même mythe, tant qu’il existe, l’être humain peut reconstruire ce qui est détruit et construire du radicalement neuf, restaurer encore et encore les œuvres du passé et produire de nouvelles œuvres. Et protéger l’œuvre de cet Autre si proche et si différent à la fois : le vivant non-humain, la Nature. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir !

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110 réflexions sur « Notre-Dame de la Vie, par Cédric Chevalier »

  1. Merci Cédric pour ton beau billet.
    Avec la chanson d’Anne Sylvestre, ça donne de l’air frais au blog : il y a trop de commentaires qui puent. Ils puent la bêtise, la suffisance, l’étroitesse d’esprit.
    C’est malheureusement bien typique des réactions Internet/ réseaux sociaux : on pouvait espérer mieux sur ce blog devant ce type d’événement.

    1. L’air frais des cathédrales , qu’est ce qui faut pas entendre , les gens s’offusquent quand une maquette en allumette crame , mais ne réagissent pas quand des pans entiers de mère nature disparaissent … Consternant

      1. Pourquoi opposer les deux ?
        Si des pans entiers de mère nature disparaissent, c’est peut-être parce que beaucoup ont oublié qu’ils s’inscrivent dans la longue chaîne de générations d’hommes avec leurs projets petits et grands, avec ses points focaux où se concrétisent de grandes visions. Cette cathédrale c’est justement une de ces concrétions historiques. Il ne s’agit pas d’une maquette, mais d’une source, une splendeur (à l’image de celle de la nature), un lieu idéel et concret où l’on peut puiser une nouvelle détermination, un élan qui nous manquent. Il n’y a jamais trop de ressources pour nous projeter dans une dimension qui nous échappe, dont la vision nous est plus que jamais nécessaire pour sortir du carcan mortifère qui nous immobilise ou nous empêche de nous concentrer sur l’essentiel. Il faudra plus que de la morale et des injonctions de toutes natures pour inventer la civilisation de demain : il faudra prendre la mesure de ce qu’a été, et ce que pourra encore être notre humanité. Notre Dame n’est pas un tas de pierre et de bois, c’est un jalon important de l’histoire des transcendances. Car il n’est pas de projet ambitieux, religieux, ou humaniste, sans transcendance.

        Si demain nous réussissons à accomplir l’exploit qui consiste à préserver nos êtres, ceux de nos proches, de nos frères humaines, et de nos descendants, c’est que nous aurons su accomplir un nouveau moment transcendant. Bien sûr il y a dans un certain culte de Notre Dame des aspects conservateurs, quand il s’agit pour certains de figer la foi catholique dans une vision passéiste de la civilisation, mais cette cathédrale comme d’innombrables témoins du feu destructeur l’ont dit, n’est pas la propriété de l’Eglise, c’est dans la destruction partielle du monument, un sens du commun, qu’on pensait figé pour l’éternité, qui partait en fumée. C’est donc un moment particulier que nous vivons où la destruction se fait révélatrice de ce que nous avons pu être dans les moments les plus fervents de notre histoire, c’est une invite à nous montrer à la hauteur de notre destin d’humains.

  2. Bonjour,

    Mon premier message ironique, persifleur et querelleur n’était pas passé quant à l’incendie de ce bâtiment.

    Je prends beaucoup de plaisir dans les œuvres du passé, mais jamais au grand jamais si d’aventure le sort en décide autrement, il ne me vient à l’idée d’oblitérer le présent pour une persistance ou une rémanence artificielle du passé.

    Quant à ceux qui pensent que l’on peut mener tous les combats de front, soit ils sont idiots, soit ils sont des criminels qui s’ignorent. Je les invite à regarder avec sincérité leur for intérieur mené après de longues analyses et de réflexions assidues. Il n’y a même pas débat. La vie n’est qu’une succession de choix, seul les enfants pensent pouvoir tout obtenir.

      1. On habite la même région AURA ma poule, y a plein de vieilles pierres ici aussi, mais tu le sais. Je ne pense pas que dans un incendie, comme on parle de la planète qui brûle hein (on est bien tous d’accord sur le cataclysme qui nous touche ?) nous puissions sauver les meubles, tous les meubles, surtout si le sort s’acharne sur certains…

        Comment transformer à moindre frais ce qui reste de la cathédrale pour transmettre ce qui a été sauvé des flammes et offrir un autre service à la population, voilà qui me paraît plus intéressant comme vision. Refaire à l’identique comme un fac-similé à plusieurs milliards (ouais ça doit être l’ordre d’idée vu l’objet) ça n’a pas de sens. Selon moi.

    1. Admettons ;

      – qu’est ce qu’un « monument » ?
      – que signifie : offrir un autre « service » dans Notre Dame re-née de ses cendres ?
      – quelle est la liste des monuments dignes d’efforts ( financiers entre autres ) en vue d’être sauvegardés dans « l’effondrement » en cours et pourquoi ?
      – comment définit on et calcule -t-on la « valeur » économique d’un monument ?

      Je crois qu’il y a plusieurs auteurs ( dont Marx et Bourdieu ) qui ont déjà écrit sur économie et symbolique … s’il faut limiter la symbolique à une confrontation avec l’économie .

      1. Allons Messieurs , de toute façon il n’y a déjà plus moyen de la reconstruire à l’identique , pas faute de moyens techniques bien sur mais de ressources , eh oui on ne dispose plus de chênes de la forêt primordiale , ça fait réfléchir quand même , donc oui une ossature en béton et un décor en carton pâte par imprimante 3D seraient bien suffisants , faut pas gaspiller ses dernières cartouches dans du luxe ou des conneries inutiles , il est temps de se concentrer sur des choses sérieuses comme la survie de l’espèce humaine !

      2. S’agissant de ma mort , j’ai déjà répondu deux fois . Mais Clo Clo ne lit et comprend que Clo Clo .

  3. Tiens d’ailleurs, puisque je fait l’hypothèse qu’il faut choisir, c’est notre condition, il y a peu, n’est-ce pas ici même Paul Jorion qui nous expliquait qu’il fallait s’ouvrir à de nouveaux artistes, des gens sans cote ?

    Choisissez, vu que Paul est spécialiste en exégèse biblique, et que c’est un peu de situation avec « Notre Dame » :

    « Marc 2:18 Les disciples de Jean et les pharisiens jeûnaient. Ils vinrent dire à Jésus, pourquoi les disciples de Jean et ceux des pharisiens jeûnent-ils, tandis que tes disciples ne jeûnent point ?
    19 Jésus leur répondit: Les amis de l’époux peuvent-ils jeûner pendant que l’époux est avec eux ? Aussi longtemps qu’ils ont avec eux l’époux, ils ne peuvent jeûner.
    20 Les jours viendront où l’époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront en ce jour-là.
    21 Personne ne coud une pièce de drap neuf à un vieil habit; autrement, la pièce de drap neuf emporterait une partie du vieux, et la déchirure serait pire.
    22 Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement, le vin fait rompre les outres, et le vin et les outres sont perdus; mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. »

    A bon entendeur, salut comme qui dirait, avec les milliards monopolisaient pour votre proooooooojet !

  4. On pleure pour Notre Dame , comme on pleure de façon universelle dans le monde .

    Chaque fois que la vérité se confond à la réalité , que le pensé se confond au biologique , et que l’homme se différencie de l’IA parce que le code rencontre le sens par un sorte d’activité réflexe .

    Mais on rit aussi et rires et pleurs sont de même nature , avec les mêmes déclinaisons culturelles , physiologiques , psychologiques , sociales , positives ou péjoratives . On peut pleurer de joie comme Pascal de joie mystique .

    Une larme , qu’elle soit de joie ou de peine et de douleur réunit à la fois ce que certains appelleraient le signifiant ( le liquide ) et le signifié . C’est le « code » qui rassemble le réel et le sens .

    Le sourire aussi , que je lui préfère , car plus durable et moins facile à travestir .

      1. Ce sourire là a malheureusement mal fini .

        J’ai plutôt en tête un petit poème que j’ai déjà cité ici ( je radote , mais le sourire reste encore ) :

        « Il existe un sourire des lèvres
        Et un sourire des yeux…

        Il existe un sourire du cœur
        Qui transparait dans les deux…

        On peut vivre le sourire intérieur
        Dans sa vie,
        Face à l’instant qui vient,
        Comme une harmonie de l’être…

        On peut donner le sourire
        Pour dire à l’autre
        Son importance,
        Pour l’aider à quitter ses peurs,
        L’apprivoiser,
        L’écouter…

        On peut recevoir le sourire
        Comme une invitation à s’ouvrir,
        Comme une tendresse
        Absente de tout jugement,
        De tout a priori,
        Et on renait à la vie…

        On peut partager enfin le sourire
        Comme un mystère,
        Une présence cachée
        Qui réchauffe de complicité
        Ce qui est en nous , et entre nous,
        Sacré …

  5. Merci à Cédric, j’adhère à son billet malgré les citations de Hugo, Jonas, Camus, etc., à mon avis inutiles et même nuisibles par leur banalité, alors que le billet est si bien écrit…

    En tant que citoyen de passage dans un monde déjà presque détruit, j’espère que le recueil du fric et des énergies sera consacré plutôt à une nouvelle réédification selon le « génie » de notre époque qu’à une reconstruction en l’état d’avant l’incendie. C’est ainsi que l’on a toujours fait vivre les monuments de mémoire.

    Personnellement, j’ai vécu les vidéos comme le spectacle d’une incinération du passé, et j’ai un moment souhaité que tout disparaisse en cendres.

  6. Vacherie ! Je vais me mettre dans mon bunker survivaliste pendant 15 jours , le temps que toutes ces bondieuseries et les larmes de Stéphane Bern passent

  7. Je ne me sens pas le moins du monde concerné par ce « nous » du texte, car pour ma part, sans vouloir faire de mauvais jeu de mots, l’incendie de Notre Dame ne me fait ni chaud ni froid. Et me semble-t-il, je suis très loin d’être le seul, contrairement à ce que le battage médiatique prévisible laisse entendre. J’ai plutôt l’impression de revivre encore un flash unanimiste tel que l’avait pointé Todd à l’époque des attentats de Charlie Hebdo, d’ailleurs potentiellement conduit par la même population de « catholiques zombies ». Je n’étais pas #Charlie à l’époque, et je ne suis pas d’avantage #Notre Dame aujourd’hui. Désolé.

      1. C’est à dire que ça fait des années que vous exprimez la même chose ( moi aussi d’ailleurs , mais différente ) .

        Alors vous êtes devenu plus que prévisible .

        Désolé .

      1. Pour me démasquer il aurait fallu que je porte initialement un masque… Je ne me sens effectivement rien de commun avec vos petites préoccupations bourgeoises.

      2. « Bourgeoises ». Non : humaines. Continuez de croire que le genre humain est « bourgeois ». Nietzsche sombrant dans la folie se distinguait comme « Surhomme » par rapport aux sous-hommes qui ne se prenaient pas eux pour Dionysos réincarné. « Pourquoi suis-je immortel ? » se demandait-il ? Il n’était pas immortel, il était fou.

      3. J’ajoute que le procédé consistant à psychologiser un propos politique n’est pas très honnête intellectuellement. Mais je commence à en avoir l’habitude avec vous.

    1. C’est surtout ce dégoûtant besoin de faire du roman national et de l’emphase de sacristie qui insupporte, le reste étant d’une plate banalité; ça fait système avec par exemple ça :

      pierre-jourde.blogs.nouvelobs.com

      Epoque qui franchement pue, bien plus que les commentaires aux dires de certains.

    2. Je t’avoue aussi Dissonance que je ne suis pas non plus #meetoo et sa morale de Kommandantur. En fait pas du tout du too #quelconque…sueur de troupeau là encore.

    3. Il écrit désolé et se dévoile .
      Il sait très bien que dans son avis il y a un surplus de quelque chose du à son ego.
      Peut-être le respect envers le passé qu’en sais-je?
      Donc il contrebalance.
      Ou cultive-t-il sa dissonance. ?

      1. Oh je pense que dans cette affaire c’est bien plus vous que moi qui avez dévoilé des choses sur vous autres. Singulièrement ici, même si c’était déjà sensible depuis un certain temps, on observe en pleine lumière votre intolérance profonde aux discours divergents. Cela fait effectivement longtemps déjà que chaque opposition aux propos tenus dans les billets est quasi systématiquement traitée soit par l’ironie, soit par la psychiatrisation de l’opposant. Mais la tendance prend un tour tout à fait nouveau dans ce cas-ci par l’irrationalité manifeste des réactions quand on vous signifie simplement qu’une affirmation telle que « nous avons tous été ému par l’évènement » est factuellement fausse.

        Il est amusant qu’un banal fait divers vous poussent à vous rallier comme un seul homme derrière Macron, Pinault, Arnault et la cohorte des médias dominants dans une communion proprement sidérante. Il y a notamment de quoi rire jaune à propos des dons des milliardaires qui vont bien entendu bénéficier d’abattements fiscaux pour leur geste « généreux ». J’utilise ici des guillemets puisque en fin de compte, ce mécanisme de défiscalisation signifie tout bonnement que ce sont les contribuables qui, à leur corps défendant peut-être, vont financer la restauration de l’édifice. Encore une fantastique opération d’escroquerie de la population au bénéfice d’un tout petit nombre. Et vous, bande d’innocents, vous applaudissez la manœuvre « au nom de l’émotion ».

  8. Le « blanc manteau de cathédrales » devait servir faire participer l’église à la domination aristocratique durant le moyen-age. Les serfs devaient croire en leur seigneur local, lui devait rendre service au Roy sur demande. Et il envoyait à la guerre beaucoup de serfs à pied, la piétaille, pour accompagner quelques nobles harnachés. Peur du châtiment, inquisition, poursuite des mécréants : outre cette terreur, il fallait bien des rites édifiants dans des temples glorieux pour embobiner le petit peuple. On construisit ces merveilles alors que le peuple était logé sommairement. La plupart du temps, ce sont les maisons qui brûlaient en ville, et seules les églises restaient debout (comme aussi durant nos grandes guerres).
    L’église était devenue, grâce aux réformes de l’an 1000 et aux croisades, une machine à amasser du capital à partir de donations imposées et de mise au travail de paysans pour exploiter à l’excès des territoires qui n’avaient connu jusque là que la cueillette et la pâture.
    On ne peut regarder ces œuvres d’art sans cultiver son sentiment de haine (sociale) autant que son plaisir esthétique. On ne peut que s’étonner qu’on nous présente une œuvre déclarée intemporelle sans voir les transformations de décor, d’architecture, de matériaux, de mobiliers, qui sont intervenues et qui s’expliquent historiquement. Et qu’on nous taise les évolutions des mentalités des groupes sociaux le long des siècles sans lesquelles le « monument » est illisible. Et que la prétention religieuse sacralise de manière intemporelle ce qui est œuvre humaine.
    Les riches fortunes aujourd’hui abondent les ostensiblement les donations, en bonne coordination (une fois de plus) avec l’annonce présidentielle, pour justifier auprès des pauvres de la nécessité de restaurer à leurs frais une entreprise religieuse et touristique.

    1. Arkao pourrait vous expliquer comment Lascaux , ou encore la grotte Chauvet , ont été qualifiés de « cathédrales préhistoriques ».

      Au point qu’on a fait un double de la grotte Chauvet , dont je ne suis pas sur que Clo Clo aurait accepté la dépense .

      Personnellement , ce qui me marque le plus quand je suis confronté à des œuvres aussi « écrasantes » que Lascaux ou Vézelay , c’est la trace du talent , du labeur , des souffrances et des joies , du courage ,des inégalités ,des technicités , des fraternités , de la soif d’avancer et persévérer qu’il a fallu à une communauté pour « faire » œuvre commune , en traversant le temps .

      1. Juan,

        Tu ne devrais pas parler à la place des autres commentateurs. Déjà que tu écris beaucoup d’âneries, souvent insipides, tu supputes à mon sujet des choses gratuites. Mais bon prince, je ne te le ferais pas payer et irai dans ton sens.

        Pour Lascaux et Chauvet, les millions de la reconstruction d’un fac-similé me paraissent éminemment justifiés. On a tous ces préférences. Et oui je suis littéralement écrasé par ces « cathédrales préhistoriques », véritablement transporté et subjugué jusqu’au plus profond de mon « corps. »

        Cependant, si on avait dû se contenter de très belles photos des originaux, certainement d’autres choses m’auraient transportés tout aussi bien. Un baiser sous le soleil d’une ravissante femme fera l’affaire.

      2. @Juannessy
        Oui Juan et je pense que la construction des cathédrales a enfanté les prémisses du socialisme. Une douce révolution des artisans contre le pouvoir bourgeois des corporations par l’instauration d’un compagnonnage indépendant. Tandis que les commanditaires ne visaient que le pouvoir et le commerce ( des reliques pour stimuler les pèlerinages ) les compagnons s’adonnaient à créer de la beauté dans un élan vers le ciel (idéal humain s’exprimant par la religion qui englobait la société de l’époque ) dont les cathédrales témoignent encore de nos jours.
        Et si les temps ont changé, je désire encore transmettre la connaissance de cette dynamique de notre nature humaine, élargie à une aspiration profane à mes petits-enfants qui seront peut-être les geeks-artisans des nouvelles cathédrales de notre époque.

    2. @Chabian
      Vous présentez un panorama bien sombre du Moyen Âge, issu de l’historiographie du XIXe siècle et malheureusement enseigné trop longtemps dans les écoles. C’est un des drames des historiens, attendre deux à trois générations avant qu’une nouvelle vision des choses, plus juste, instille dans l’ensemble de la société. Conformisme, paresse intellectuelle et fantasmagorie.

      @Juannesy
      Pas mieux.
      Oeuvre commune aussi pour relever le défi de la restauration.
      Je propose que les dons de nos fortunés oligarques fasse l’objet d’un prélèvement obligatoire destiné à des mesures d’urgences pour les sans-abris.

      1. Cher arkao,
        Ce soir, je laisse tomber. Faites comme moi, enfin si vous voulez 🙂 .
        Pour moi, inutile de continuer à discuter devant ce déferlement que je préfère ne pas qualifier. Les gens parlent sans savoir et pontifient souvent. Jacquot fait là-dessus aussi un excellent commentaire.

        (Un détail : l’autre jour par exemple vous avez dû rappeler un truc connu et facilement vérifiable sur les terminaisons en -ac de nos toponymes dans le sud ; dans le nord c’est en -y : Orly = Aurillac ; ailleurs en -é ou -ey… )
        Je suppose que tous ces gens qui cherchent à nous prouver notre bêtise devant notre regret de la destruction partielle de ND de Paris ne vont jamais se recueillir devant la tombe d’un être aimé. Que pour eux l’espèce humaine n’est pas composée de tous ce qui l’ont constitué dans le passé. Qu’il faut toujours faire «des choix bidons» (ah que j’aime la formule de P. Jorion !).
        Un moment intéressant d’un point de vue sociologique, et même anthropologique, qui peut sans doute révéler ce qui se passe dans une grande partie du « peuple de gauche » puisque en toute évidence les intervenants ici devraient tous s’en revendiquer. Une attitude qui synthétise la bêtise involontaire et le dogmatisme puant et qui en outre explique un peu l’échec des ces gens à interagir avec la majorité d’entre nous, réduite à un troupeau bêlant devant une cathédrale en flamme.
        Oui, c’en est assez pour moi.

      2. Me déclarer inculte ? Atrabilaire ? Je vous laisse à votre culte et je retourne à Duby et bien d’autres.

  9. Bonjour à tous,

    A ma Dame de Paris ( prière païenne de l’architecte)

    Qu’il se dise aux ordres, simple soldat,
    Ouvrier maladroit ou pêcheur sans repère,
    En pleurant je donnerai en guise de credo,
    Pour réchauffer son coeur et endurcir ma foi,
    Aux flammes de l’incendiaire
    Toutes mes cathédrales.

    Torpédo.

  10. « sa charpente de bois constituée par 1300 chênes, soit plus de 21 ha de forêts de France. »
    De forêt cultivée, de siècles en siècles, la forêt primaire étant avare en bois d’œuvre pour de telles charpentes.

    1. Le vice-président de la Fondation du Patrimoine ne partage pas mon avis.
      https://www.francetvinfo.fr/culture/patrimoine/incendie-de-notre-dame-de-paris/la-charpente-de-notre-dame-de-paris-n-est-pas-reconstituable-les-arbres-qui-la-constituaient-provenaient-de-la-foret-primaire_3400799.html#xtor=AL-79-%5Barticle%5D-%5Bconnexe%5D
      Mais je ne suis pas loin de soupçonner une préparation de l’opinion à des choix de restauration mon onéreux (ou plus généreux pour nos amis bétonneurs)

    2. Merci à Colbert qui a fait en sorte que la forêt française soit mieux gérée de façon à ne pas dépendre de l’étranger pour le bois de construction navale à l’époque, dont les chênes.
      L’Espagne au 15e siècle, en raison de la conquête des Amériques, impliquant la construction de nombreux bateaux, a détruit une bonne partie du couvert forestier de l’époque. Ce n’est que depuis 1940 qu’un reboisement sérieux a été organisé.

  11. Ce qui est pathétique, c’est la procession de nains, président en tête suivi de ses milliardaires chéris, qui profitent du chaos pour faire gober au monde qu’ils vont eux aussi participer à l’épopée dont Notre Dame est le vaisseau amiral.
     » Nous allons rebatir  »

    Tu parles !

    La boite de ton pote va encaisser l’argent des autres, et toi, petit affairiste sans âme, tu va t’imaginer en Sully moderne, géant visionnaire, de grande lignée.

    Ça me rappelle la phrase de Cyrano :

     » J’ai cru voir, sur une fleur, glisser une longue limace  »

    Bref.

  12. Au sujet des commentaires en forme de « bof », « pas concerné », « bondieuseries », « vieilles pierres » et autre « haine sociale », juste une remarque.

    Il me semble que l’axe principal du texte de Cédric Chevalier est le parallèle entre la cathédrale oeuvre humaine et la cathédrale du vivant qui n’est pas oeuvre humaine. Avec en filigrane l’interrogation sur la manière dont un élan d’unité et d’action pourrait être suscité en faveur de Notre Dame du Vivant, comme il se dessine déjà en faveur de Notre Dame de Paris.

    L’objectif n’est pas – faut-il le rappeler ? – de transcrire la tiédeur et l’indifférence envers le vivant en une indifférence envers l’édifice, mais plutôt l’opération exactement inverse, transcrire la ferveur envers la survie de l’édifice en une ferveur pour la préservation du vivant.

      1. « Pas mieux .
        Des pleurs on peut tirer le meilleur .
        Des pleurnichards , on ne tire que la reconduction du pire . »

        idem !

      2. Les chercheurs marchent-ils près ou dans les forêts en été ? Tout arrive…Vi vi vi

        Une étude le confirme : il fait plus frais dans les forêts (et c’est vital pour la planète)
        par France Inter avec, Célia Quilleret publié le 1 avril 2019 à 17h00

        « Des chercheurs ont montré les capacités isolantes des forêts, sous lesquelles la température est inférieure de plusieurs degrés à celle mesurée dans les plaines. Ils appellent à renforcer leur protection, car les forêts semblent essentielles pour aider la faune et à la flore à survivre à la hausse des températures. »

        On connaissait le rôle de la forêt dans la captation du dioxyde de carbone et sa transformation en dioxygène. Moins, peut-être, ses propriétés thermiques. Une équipe internationale de chercheurs a démontré que les forêts agissent comme un isolant thermique global sur la planète.

        Les résultats de leur étude, la première d’une telle ampleur, est publiée dans la revue Nature Ecology and Evolution. Ils s’appuient sur les données relevées dans une centaine de forêts à travers le monde. Il en résulte que la température maximale des forêts est, en moyenne, 4°C plus basse que celle mesurée à l’extérieure de celles-ci. Un effet « tampon » qui n’est pas le même partout dans le monde.

        Des forêts tropicales surperformantes
        « Les écarts sont beaucoup plus importants pour les forêts tropicales » explique Jonathan Lenoir, chargé de recherche au CNRS à l’université de Picardie. Cela s’explique en partie grâce à la taille des arbres, dont la cime peut atteindre 80 mètres de haut contre 30 mètres dans nos forêts tempérées, voire moins pour les forêts boréales, mais aussi grâce à la largeur des feuilles : « C’est comme si on imaginait la forêt comme une couverture isolante, plus la couche est importante plus l’effet est intéressant en terme d’isolation thermique. »

        « À partir de ces recherches , les auteurs de l’étude plaident pour renforcer la protection des forêts tropicales. Grâce à leurs propriétés thermiques, elles permettent de stabiliser la température, en maintenant de la fraîcheur sous la canopée mais aussi en aidant les organismes vivants qui évoluent à l’extérieur de la forêt et tirent eux-aussi profit de l’effet isolant des forêts. Elles sont donc essentielles pour protéger la biodiversité face au réchauffement climatique. « Il y a toute une flore et une faune qui dépendent de cet habitat, rappelle Jonathan Lenoir. Si on enlève ce filtre, ces organismes ne pourront pas survivre et, à l’extérieur, les organismes vivants ne pourront peut-être pas supporter ces fluctuations de température. »

        Donnons du temps aux forêts tropicales pour se régénérer
        « Il ne faut toutefois pas considérer les forêts comme la solution principale pour atténuer le réchauffement climatique. Si la recherche a démontré qu’en montagne, les effets du réchauffement sont deux fois plus prononcés qu’en plaines, la question reste entière pour les forêts. « On ne sait pas si, à long terme, les températures ne se réchauffent pas aussi sous les forêts » complète le chercheur, qui regrette l’absence de dispositif de suivi de l’évolution du climat sous les forêts. »

        « Une question qui reste à étudier en plaçant de nouveaux capteurs météorologiques à l’intérieur des forêts pour mieux mesurer les variations de température, notamment. Car aujourd’hui, tous les relevés météo se font en dehors des forêts. »
        https://www.franceinter.fr/sciences/une-etude-le-confirme-il-fait-plus-frais-dans-les-forets-et-c-est-vital-pour-la-planete

    1. « transcrire la ferveur envers la survie de l’édifice en une ferveur pour la préservation du vivant. »

      Bien vu Jaquot, d’autant plus que ND de Paris est avant tout un temple, et c’est bien par ce que de tout temps, les temples, dont Notre-Dame ont servi de refuge aux êtres en souffrance, entre autres, et ce quel qu’il soit. UNIVERSEL ! La forêt, qu’elle soit au-dessus de notre tête dans la charpente de Notre-Dame, ou bien comme à l’église d’Honfleur, où dans la nature, entre ciel et terre, ou bien entre ciel et mer, peu importe, participe du m^me esprit et de la vie. Vaisseau . Les éléments, notre élément, nous relient naturellement, avec autant de finesse et de précision, d’harmonie, d’art et de beauté, Religere, relier et ça mieux qu’aucune religion ne saura jamais le faire, à ce que nous sommes profondément. Et c’est pour cela que l’incendie malheureux du toit de Notre-Dame a autant d’écho dans le monde, c’est de nous et de notre humanité, du vivant et de ce qu’ils ont d’universel au-delà de toutes les différences, étendu au vivant comme cité par Juan, à raison, dont cela parle, avant tout. Pourquoi cette ferveur serait-elle si étrangère à ce qui la constitue, à la vie en intégralité ? Car c’est bien à cela que servent les temples à l’origine. La célébration du vivant, la mort aussi, la vie et de ses cycles naturels. Et c’est quoi l’essentiel ?

    2. « L’objectif n’est pas – faut-il le rappeler ? – de transcrire la tiédeur et l’indifférence envers le vivant en une indifférence envers l’édifice, mais plutôt l’opération exactement inverse, transcrire la ferveur envers la survie de l’édifice en une ferveur pour la préservation du vivant. »

      Vois-tu Jacquot, cette succession de poncifs et d’étendard aussitôt rangé qu’il était levé, moi je pense que dehors y en a de plus en plus qui en ont marre de les lires et de les entendre surtout quand ils voient ce théâtre devant leurs yeux. Mais attention, hein, je peux me tromper ! C’est même sur. Ou pas.

      Faut quand même noter, suis je le seul, que ce soir Macron 1er a mis sur un même plans sur cet hôtel de pierre, les Révolutions de notre histoire avec les Guerres et les fautes des hommes… Bravo bonhomme !

      1. Il a en effet très mal géré sa com, trop tôt alors que les flammes étaient encore la ce personnage juvénile qui vient appeler à l union pour la reconstruction à été du plus mauvais effet à mon goût, on aurait dit un type qui nous apporte un chiot alors que l on a pas fini de boucher le trou du fidèle Medor de 15 ans…

  13. Mais qu’est-ce que pouvaient bien fabriquer les oiseaux qui virevoltaient autour de cette incendie ?
    Voilà une question à 2 francs si sous.

  14. Comment pourrais-je différencier et hiérarchiser, sans inverser les valeurs morales, éthiques… mes émotions cultuelles et culturelles, sans céder à la « dictature des émotions » sondées pour connaître ma sensibilité au « ras le bol fiscale », « poujadisme »… (exonérations des dons des milliardaires… faits pour « sauver une incarnation, un symbole du patrimoine occidental », la « nature » menacée par les dérèglements climatiques, « externalités négatives » polluantes…) entre la destruction d’une partie du patrimoine et « culte » de la « civilisation occidentale », et celles (traces de cultes…) du patrimoine yéménite, dont les « ventes d’armements patriotiques », et autres « techniques et technologies sécuritaires » participent massivement à leur éradication… ?

  15. Ce que me révèle une fois de plus cette affaire, c’est la puissance des émotions. Qu’un totem reste dans le paysage et soit considéré comme tel, dans les esprits cela fait partie des repères de chacun, aussi peu de sens que cela puisse avoir pour un rationnel. Un peu comme le menhir d’Obélix. On ne s’y prosterne pas devant bien sûr, mais on le choit, on l’entretient. Que des totems semblables soient en désuétude, pas grave, tant que le premier d’entre eux continue de briller de mille feu.

    Que ce totem soit détruit en un trait de temps, et la secousse psychique est telle que se révèle la contradiction des êtres doués de pensée: ils se sentent dépouillés.

    Il va y avoir un sentiment honteux, on dira, c’est notre histoire, c’est notre identité culturelle. Mais au fond, on y tient au menhir d’Obélix.

    Comme quoi, même les athées se nourrissent de l’absurde. Autant être croyant 😉

      1. Ríen n empêche de prendre le pari en misant sur l Humanité simple et éphémère. L espoir dont vous parlez est avant tout la vie éternelle, Quelle est sa nécessité ?

    1. comme quoi les gens vivent encore dans l’insouciance et ne se rendent pas compte de ce qui arrive , quand la réalité les empoignera avec ses griffes d’acier ils courrons tous habiter dans des cités staline

      1. Dup,

        L’espoir d’un monde meilleur. La mort on ne peut rien y faire et c’est le maître de nos émotions si on s’en tient à notre condition.
        L’humanité par un mode de pensée qui cultive la vanité et les instincts primitif est un vœu pieux…
        L’idée divine cultive l’humilité et donc le vivre ensemble. Et permet de transcender l’idée de la mort, pas se mentir sur une immortalité qui n’existe pas. Les monothéismes sont des dogmes qui rend la chose ridicule.

        Je profite de cette file pour annoncer à ceux qui me connaissent que je quitte le monde du droit pour celui de la santé. Infirmier je serai. « J’apprends en vieillissant toujours. ». Sénèque.

  16. La beauté ! La beauté ! La beauté de Notre Dame toujours et encore après mille passages et l’émotion qu’elle parvient à faire éclore. Chaque fois. Voilà ce qui a été détruit.

    1. C est plus ou moins ce que je m apprettait à écrire. Cédric Mas intellectualise bcp le problème, le fait est que nous sommes affectés sans passer par toute cette réflexion métaphysique. C est direct et émotif, ensuite on intellectualise, certains se laissent aller à la tristesse d autre à la colère comme cloclo qui ne nie pas avoir ressenti un malaise non plus. C est la disparition de la beauté qui déclenche ce malaise, comme quand un oiseau meurt, un lion ou un couché de soleil. Ce sentiment du beau relève plus de l instinct que de l intellect il est la avant l histoire que nous nous racontons et lorsque le degré de beauté (d harmonie ?) du réel diminu on se sent mal et on s invente une tristesse à grand coup d intellect. Certes il y a une composante culturelle indéniable (un accord mineur ne sonne pas triste dans toutes les ctures). Mais elle n est pas vraiment a la portée de notre intellect.

      1. Dup

        La beauté est absolument nécessaire à vie.

        Question mocheté, les architectes n’ont pas leur pareil depuis un bon bout de temps.
        Qu’est-ce qu’on se fade c’est pas possible on en prend plein la Poire crénom de DDDDieu. Comment peut-on garer les gens comme ça dans ces trous à rats, des matériaux nulos, des f’nêtres on dirait des oeils de boeuf. Y a même les pics anti SDF et les pics anti pigeons, c’est pareil au fond. Carrément la honte.

        Alors, quand je regarde Notre Dame du métro aérien, à vélo, à pied en bus, c’est tout simplement la joie.

        Alors oui, bin j’ai pleuré c’est tout. Parce que si la beauté fou l’camp alors là …..

      2. Oups je me suis trompé de Cédric, toutes mes excuses Mr Chevalier.

        @ Armelle : c’est le printemps des millions de fleurs vont éclore séchez vos larmes, quittez la ville et profitez-en 😉

  17. Bonsoir,
    Merci à l’auteur pour ces quelques lignes.
    L’histoire de ma vie a commencé à ma naissance et s’arrêtera à ma mort.
    Mon histoire de vie se situe donc entre ma naissance et s’arrêtera à ma mort.
    Tout le reste est pour moi étranger à ma vie. C’est l’histoire des Autres et de leur vie.
    Je ne supporte pas dans mon idéologie toute forme de fanatisme.

  18. Sans doute influencé par mon actuelle lecture de « Décadence » d’Onfray, j’aurais envie d’ajouter à ce que dit Cédric (et que je partage) le sentiment pour beaucoup que la destruction de ND de Paris symbolise aussi la fin programmée, le lent naufrage de 1.700 années de civilisation chrétienne (et de ses 2.000 ans précédents de judéo-) . Onfray montre (un peu trop long et un peu trop athée militant mais bien informé quand même) comment notre civilisation chrétienne est née, a grandi, a muri et maintenant s’affaisse.
    Ce serait triste que l’on ne garde rien de toute cette belle épopée mais comme le dit Cédric, l’aveuglement obstiné du capitalisme (fils de ce qu’il y a de pire dans le christianisme) risque fort de mener non pas à une nouvelle civilisation qui s’appuierait sur les ruines, les succès et les erreurs de la précédente mais à un nouveau et sombre moyen-âge qui risque bien de durer plus longtemps que le précédent.
    Je suis quand même admiratif de la capacité des dominants à récupérer la nostalgie de la majorité des Français contemporains face à la perte d’un patrimoine historique qui rappelle leur grandeur passée pour en tirer un unanimisme de façade. Bien mieux que les conclusions du débat national qui ne pourra que révéler les intérêts défendus et la partie de la population méprisée, le « tous ensemble rebâtissons » est un superbe coup de com…

    1. Ni les civilisations ni les religions ne disparaissent aussi facilement que cela. L’affirmation comme quoi la civilisation occidentale – sans parler de la religion chrétienne – s’affaisserait ou serait proche d’une fin en dit plus long sur son auteur que sur l’avenir.

      S’agissant de Michel Onfray, je juge prudent de conserver une certaine réserve sur ses déclamations. Quand il m’est arrivé de l’entendre sur des sujets dont j’avais quelque connaissance par moi-même, je n’ai pu qu’hésiter entre rire et effarement, tant il assène avec assurance des affirmations qui pour le dire gentiment sont pour le moins… irréfléchies. Par exemple, il gagnerait à apprendre un peu de physique, ce serait d’autant plus nécessaire qu’il se considère comme un philosophe matérialiste ! Et la physique n’est pas le seul exemple.

      Du coup, lorsque je l’entends sur des sujets dont je n’ai pas de connaissance particulière, je suis obligé de me demander s’il n’est pas en train de faire le même genre de déclarations… irréfléchies. Je préfère alors me référer à quelqu’un qui aie une certaine crédibilité dans le domaine, et que je n’aie jamais pris la main dans le sac à combiner grande assurance et grand n’importe quoi.

      1. Onfray, dans le milieu, on l’appelle « le robinet »… (« Michou La Colère » -Freud, Fasciste! Sartre, Collabo! étant déjà pris). J’ai promis de l’entarter à l’occasion en hommage à Claude Lanzmann qui n’avait plus la force à 92 ans de lui casser la gueule, ce qu’il mérite amplement pour une de ses habituelles vilénies salopardes au sujet de Sartre -noyé dans une énumération d’écrivain collabos lors d’une de ses interminables séries de conférence -heureusement Culture l’a viré, pourrira plus notre été avec sa « contre histoire…. » Parce que ce mec, mon pote, c’est un briseur d’idole, yeah! Enfin c’est son fond de commerce, sa petite boutique aigre et obscure. A cette aune notre intellocrate mensure bien son mètre cinquante d’approximations dans les rayons des librairies. Sacré volcan d’eau tiédasse. Or rien de plus bidon comme vous l’avez constaté pour les sujets sur lesquels vous avez quelques connaissances, comme sont bidons toutes les grandes généralités enveloppantes et téléologiques du genre « destin de la civilisation », « Orient / Occident », « chrétienté / Islam et autres conceptualités attrape-tout. Une bonne cure de Paul Veyne, en contre-poison, ça guérit de ces sottises post-nietzschéennes accommodées à la mode du moment (ce ne sont plus « les noirs, vont nous manger », ou « les jaunes, vont nous manger », mais les muslims, et sans doute en kébab).

    2. gros coup de com certes, attendons de voir si le tir ne sortira pas par la culasse avant de le qualifier de superbe, quand les gens vont se réveiller de l’état de choc et du chagrin il se peut que la colère pointe le bout de son nez, et qu’il ne reste plus de ce président trop jeune et trop pressé que l’opportunisme qui lui collait déjà à la peau…

  19. Victor Hugo… toujours ! – ND de pierre et « ND la Nature ».
    Prémonitoire (?) – la vision rêvée de Quasimodo dans « Notre-Dame de Paris »….
    ou simplement la fatalité et l’impermanence de toutes choses comprises si bien comprises par Hugo…

    « Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée. Au-dessous de cette flamme, au-dessous de la sombre balustrade à trèfles de braise, deux gouttières en gueules de monstres vomissaient sans relâche cette pluie ardente qui détachait son ruissellement argenté sur les ténèbres de la façade inférieure. À mesure qu’ils approchaient du sol, les deux jets de plomb liquide s’élargissaient en gerbes, comme l’eau qui jaillit des mille trous de l’arrosoir. Au-dessus de la flamme, les énormes tours, de chacune desquelles on voyait deux faces crues et tranchées, l’une toute noire, l’autre toute rouge, semblaient plus grandes encore de toute l’immensité de l’ombre qu’elles projetaient jusque dans le ciel. Leurs innombrables sculptures de diables et de dragons prenaient un aspect lugubre. La clarté inquiète de la flamme les faisait remuer à l’œil. Il y avait des guivres qui avaient l’air de rire, des gargouilles qu’on croyait entendre japper, des salamandres qui soufflaient dans le feu, des tarasques qui éternuaient dans la fumée. Et parmi ces monstres ainsi réveillés de leur sommeil de pierre par cette flamme, par ce bruit, il y en avait un qui marchait et qu’on voyait de temps en temps passer sur le front ardent du bûcher comme une chauve-souris devant une chandelle.
    Sans doute ce phare étrange allait éveiller au loin le bûcheron des collines de Bicêtre, épouvanté de voir chanceler sur ses bruyères l’ombre gigantesque des tours de Notre-Dame »

  20. Bonjour à tous.

    Par rapport aux commentaires qui me paraissent querelleurs plus que divisés, il me semble que pourtant un sentiment commun s’exprime par delà les dissonances.
    Pour ma part, bien que de confession catholique mais devenue très tôt athée, je n’oublie pas le rôle initial de l’Église, quand bien même je critique sans indulgence ses abus de pouvoir qui ont conduit le clergé devenu trop riche à accompagner le pouvoir de la noblesse et de la bourgeoisie plus que celui du peuple appauvri (les bourgeois finançaient la construction des cathédrales mais nombreux évêques issus de la noblesse, qui n’étaient que des hommes et non des saints, ont confondu richesse de l’Église et richesse du clergé).

    Voici donc ma version par rapport à mes sources culturelles catholiques et à mes préférences socialistes.

    L’Église de Rome ayant remplacé les temples gréco-romains (premières républiques : res publica, politeia) a voulu unifier les peuples alors sous la domination romaine. Le principal rôle qu’elle s’était alors attribué me semble-t-il consistait à éduquer le peuple inculte selon la parole du Christ via les évangiles. Ceci pour tenter de « socialiser » les rustres, les primaires , ceux que la grande pauvreté (et la faim) réduisait à l’animalité semblable aux époques de famine (où les  animaux devenant anormalement féroces s’entre tuent) pour les « élever vers le Haut ». Les moines alors construisaient des églises de taille plus ou moins modeste à la mesure de leur  technicité (chapelles puis basiliques romanes) pour réunir le peuple dans sa diversité avec des prières communes, et en parallèle organisaient la charité selon les préceptes de Jésus en distribuant de la nourriture aux plus pauvres, pour les mettre sur un plan d’égalité avec les paysans ou artisans mieux ou bien nourris. Les nobles quant à eux, Rois et Seigneurs, avaient leurs propres chapelles attenantes aux châteaux (je ne sais si cela était pour la majorité d’entre eux). Les portes des églises à ce moment là étaient ouvertes, l’intérieur vide de bancs de prières ; elles pouvaient servir d’abris pour les nuits froides ou pluvieuses aux sans-abris, de lieux de rencontre où s’échangeaient musique ou discussions, et parfois de lieux de soin avant que soient construits attenants les premiers  dispensaires ou hôpitaux. Ces chapelles et basiliques étaient décorées d’images riches en couleurs destinées à éduquer le peuple analphabète aux préceptes religieux. Les cathédrales , dont Notre Dame de Paris, sont construites sur d’anciennes basiliques romanes, lesquelles construites selon les plans des basiliques antiques romaines qui n’avaient aucune fonction religieuse. Le style gothique puis flamboyant qui a permis ensuite la construction des flèches de dentelles de pierres s’élevant de plus en plus haut et les ouvertures vers la lumière richement parées de couleurs, avait pour ambition d’élever le peuple à la grandeur des Rois, vers Dieu, vers l’idéal.
    Mais…. Ce ne fut plus souvent que prétention mensongère plus qu’ambition généreuse. Selon moi plus à cause des rois , aristocratie et grande bourgeoisie, qui s’accordaient des privilèges au détriment des peuples, qu’à cause de la papauté…… (quand bien même certains papes n’étaient pas à mes yeux très « catholiques »….)

    C’est là où le bas blesse à mon avis, c’est là où athées de gauche et croyants se querellent ou se battent violemment (bon ici, ce n’est pas violent : des gens civilisés). Parce que selon moi les églises à leur origine avaient une intention commune à la gauche et à la religion catholique : une société « égalitaire »……….
    Ce pourquoi Victor Hugo, homme  de gauche  défendant le peuple, aimait Notre Dame de Paris, en faisant héros Esméralda (gitane issue de cultures nomades et libres, lesquels gitans étaient rejetés par les peuples sédentarisés, laquelle Hugo a voulu belle et « angélique » plus que séductrice) et Quasimodo (bossu estropié donc rejeté, rustre parmi les rustres mais à qui Hugo a donné une très belle humanité), ceci selon moi pour restituer à Notre Dame de Paris son sens premier.
    Pour ma part, c’est ainsi que je la vois et que sa flèche d’une qualité esthétique admirable (faisant pour moi honneur à l’humanité) entrain de brûler m’a fait pleurer, bien qu’athée.

    Peut-être pour les chrétiens authentiques, voient-ils là « les flammes de l’enfer » punissant la perversité (in)humaine d’avoir transformé en prétentieux, richement orgueilleux, source de rentabilité bassement pécuniaire (« touristique ») tel le Temple des marchands détruit par Jésus… ce qui à l’origine était dédié aux humbles et modestes pour que de rustres hommes et femmes deviennent humains et civilisés.

    1. @Jac
      Vous en savez des choses.
      Bon je vais aller me coucher et faire de beaux rêves, ce qui faudra mieux que de tenter de répondre de façon argumentée à 4651 caractère (espaces compris) d’approximations. Grosse fatigue, là 🙁

  21. Victor HUGO… encore…
    et toujours :
    « Aucune construction de chaux, de roche, de fer et de ciment ne vaut le souffle. Le profond souffle du génie, qui est la respiration de Dieu à travers l’homme. Une tête où il y a une idée, voilà le sommet ; les entassements de pierre et de brique font des efforts inutiles. Quel édifice égale une pensée ? (…)Rien ne peut se soustraire à la loi simplifiante. Par la seule force des choses, le côté matière des faits et des hommes se désagrège et disparaît. Il n’y a pas de solidité ténébreuse. Quelle que soit la masse, quel que soit le bloc, toute combinaison de cendre, et la matière n’est pas autre chose, fait retour à la cendre. L’idée du grain de poussière est dans le mot granit. Pulvérisations inévitables. Tous ces granits, oligarchie, aristocratie, théocratie, sont promis à la dispersion des quatre vents. L’idéal seul est incorruptible. Rien ne reste que l’esprit. »
    Victor Hugo, « Shakespeare »

    1. @ Vincent Teixeira
      C’est beau ce que vous écrivez. Que vaut le squelette et la chair des hommes sans la pensée ? De la poussière ou de la pourriture. Alors que la pensée se véhicule de générations en générations grâce au talent des « Victor Hugo » ou des « Shakespeare » et de tant d’autres, comme des « Jésus » avant eux ou des « Socrate » avant lui. Cette pensée qui mûrit, qui se fait de plus en plus pertinente moins bercée d’illusions, a cependant un énorme défaut : outre qu’elle peut évoluer vers plus d’esprit, elle peut aussi se déformer au point de rendre les humains aussi pervers que vils ou aujourd’hui esclaves de la machine. Ainsi l’idéal, comme la pensée puis l’esprit, peut lui aussi « se disperser aux quatre vents »….. Donc je vous interroge : que valent la pensée et l’idéal sans la chair, sans la boîte crânienne, sans le sang, sans les matières minérales et organiques ?
      La pensée pure n’est qu’une illusion, comme l’Esprit Saint et comme tant d’autres….. Pour moi, seul le rêve ne s’efface tant qu’il reste éveillé avec chacun de nous. Et tout rêve est intimement personnel. C’est le rêve qui conduit notre monde, qui le fait évoluer. Même les animaux rêvent à leur manière. Pour moi, le firmament, le Ciel, Dieu… sont des rêves plus que des idéaux, non des dogmes; de même que l’égalité et la fraternité. Ce pourquoi je les aime et ce pourquoi j’aime les cathédrales comme j’aime l’art des grands Maîtres, et pleure quand cet art sublime est détruit ; mais leur préfère les petites chapelles dans lesquelles je frissonne de bien être mais ne prie pas. Je m’y sens sereine dans mon intimité.
      Je crois que c’est de sérénité dont nous avons le plus besoin. Les Passions ne sont que des orages, des tempêtes et des éclairs qui ne durent pas ; mais sont indispensables pour nous faire apprécier la douceur de l’air qu’on respire une fois apaisés.

    2. « Une accumulation de faits n’est pas plus une science qu’une accumulation de pierres n’est une maison . Un fait ne vaut que par l’idée qui s’y rattache ou par la « preuve » qu’il fournit …..L’harmonie caché vaut mieux que l’harmonie visible. Il est toujours  » divin  » d’exercer sa pensée sr quelque chose de beau et sur quelque chose de nouveau …la réalité objective des choses sera à jamais cachée et l’on ne peut connaitre que des relations . Tout ce que nous appelons le réel est fait de choses qui ne peuvent pas être considérées comme réelles ….Rien « n’existe » sauf les atomes et le vide; tout le reste n’est qu’opinion « .

      Misha Gromov prix Abel 2009 .

  22. Les monuments du Moyen-âge qui ont traversé les siècles jusqu’à nous ont subi des aléas, des destructions, des effondrements, des incendies. La plupart ont été reconstruit, restauré, rarement à l’identique.

    Notre Dame de Paris a été laissée à l’abandon à partir de la Révolution française et aussi au début de la Restauration et a bien failli être rasée dans les années 1810 / 1820. C’est la vague romantique, portée en particulier par Victor Hugo et la parution en 1830 de son roman Notre Dame de Paris qui a replacé Notre dame au centre de l’attention.
    La flèche de Notre Dame de Paris était l’œuvre d’Eugène Viollet-le-Duc, au XIXe siècle entre 1844 et 1864. La flèche précédente avait été démontée en 1786 pour cause de vétusté.

    source : https://www.lemediatv.fr/lautre-20h/notre-dame-critique-du-grand-debat-politiques-monetaires-europeennes-et-les-pratiques-de-nathalie/

  23. Une prière pour la planète. France culture.
    IL VA FALLOIR PASSER EN MODE CATHEDRALE
    Sauver ce qui peut encore l’être. Parce qu’elle est notre patrimoine commun, mais aussi parce que les dégâts sont aujourd’hui considérables, la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg a rendez-vous aujourd’hui au Vatican pour alerter le souverain pontife sur les prévisions apocalyptiques qui menacent l’avenir de notre planète. La veille, déjà, invitée au Parlement européen et conformément au discours qu’elle répète désormais dans le monde entier, la jeune fille était venue rappeler combien l’impératif est aujourd’hui autant historique que politique. «Je veux vous faire paniquer, je veux vous faire agir comme si votre maison était en feu», a-t-elle débuté, avant de s’inspirer de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame pour rappeler la fragilité de notre civilisation. «Hier, le monde entier a assisté avec tristesse et désespoir à l’incendie de Notre-Dame de Paris, mais Notre-Dame sera reconstruite. J’espère que ses fondations sont solides. J’espère que nos fondations sont solides aussi, mais je n’en suis pas sûr», a-t-elle lancé aux parlementaires, avant d’ajouter : «Il va falloir passer en mode cathédrale. Je vous demande de vous réveiller et de faire ce qui est nécessaire ». Malheureusement, on n’imagine pas que la seule parole divine suffira à mettre fin à la course de l’humanité vers la catastrophe climatique. Dès-lors, qu’est-ce que Greta Thunberg va bien pour voir dire au souverain pontife ?

    1. Ça donne aussi une idée de ce qu entend Macron par reconstruire tous ensemble… Reste à savoir si les tire au flanc auront droit à la cour martiale 🙁

      1. @Juannessy
        Parce que, dixit Clemenceau, la guerre était déjà une chose trop grave pour la confier à des militaires (sous-entendu l’état-major), alors la restauration du patrimoine…
        Est-ce qu’il y a en France une institution historiquement plus lente, plus lourde, plus bureaucratique, que l’Armée ?

      2. Je ne connais ni les qualités , ni les tares de Georgelin , mais je peux vous dire que j’ai le plus souvent eu du plaisir à travailler avec ou pour des militaires d’active ou recyclés dans l’analyse et l’ingénierie .

        Et , généralement ( sinon en Général ) , ça dépote et il ne faut pas compter ses heures .

      3. Au passage , depuis Clémenceau , les choses et les militaires ont changé , et , s’agissant de guerre , il est actuellement plus prudent de demander à des militaires s’il est opportun de la déclarer et la faire , plutôt qu’à pas mal de politiques u de fous furieux plus ou moins structurés ou audibles . Ils sont souvent beaucoup mieux informés et conscients des forces en présence que les commanditaires .

  24. Repos, soldat Juannessy!
    Pour compter ses heures, mon gaillard,
    Faut déjà qu’on en ait l’ordre, nom d’une serpillère…
    Allez, faites les moi briller, ces chiottes!

    Ah oui, moi aussi, je me souviens maintenant, ça dépotait salement, ha, ha, ha!
    Obligé, surtout dans le Génie…
    Tous géniaux ces militaires… Mais pour l’esprit pratique on fait mieux…

    Moi je me souviens avec émotion d’une marche à la quelle tous les appelés du Génie devaient se
    plier, mais j’étais en retard et le bus était déjà parti, restait le Colon et sa bagnole qui l’attendait
    pour rejoindre le reste de l’unité… C’était à Fontainebleau, je crois…
    Il avise mon air emmerdé de 2ème pompe boutonneux et m’invite un peu sèchement à monter dans
    sa berline…
    Sans réfléchir,..: »Merci mon Col… » je monte derrière et m’installe sur la banquette arrière.
    Puis il monte au volant, démarre, jetant un regard un peu furieux dans le rétro…
    Je pense: « hum, pas sympa ce type finalement »
    Au feu, un peu plus loin, vautré sur la confortable banquette, j’avise une autre
    berline verte arrêtée à notre hauteur avec chauffeur au volant et un gradé derrière,
    En silence les regards se croisent, puis se décroisent, et une gène se fait sentir…
    Et le feu passe au vert…
    Réalisant soudain l’infamie, je propose au ch.. ,enfin au colon:
    « Mon colonel, peut-être préféreriez vous que je monte devant, plutôt? »
    Alors, lui brièvement: « Hum, non, non , ça ira comme ça ».
    Je crois que je n’oublierai jamais les mines réjouies des autres conscrits à mon arrivée!
    Quel cran ce colon, tenir ainsi près de 20 km (dont au moins 3 en ville – sa ville!), à faire le
    chauffeur pour un bleu!
    Ce doit être ça qu’on appelle être « pragmatique » dans l’armée. Quelle abnégation!
    Et songez à la conversation dans l’auto…
     » Hum, alors, vous êtes content de votre affectation, mon garçon?
    « Oh oui, mon Général!
    « Pas encore, mon garçon, pas encore… »

    Pour un peu, j’en pleurerais!
    Eric

    1. J’ai aussi connu le Génie , mais pas les mêmes colons .

      Les militaires que j’évoquais plus haut , c’était dans le cadre de mes jobs civils .

      1. Hé, hé, moi aussi j’en ai connu qui faisaient dans le civil, il y a bien longtemps…
        Surtout un qui estimait et vendait les casernes devenues soi-disant inutiles…
        Ah! Quel bel empressement à brader les immeubles à vil prix!
        Pour peu que la commission soit juteuse…
        Doit-être général maintenant!
        Oui, oui ,oui. Pour dépoter, ça dépotait!
        Oh! Mais que je suis mauvaise langue!
        Pardon, vraiment…
        Oui, oui, je tairai les noms, pas d’inquiétude!
        Eric.

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