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POUR UN MONDE UN PEU MEILLEUR, OU MÊME BEAUCOUP, par François Leclerc

Billet invité.

L’Europe fait figure de mauvaise élève comparée aux États-Unis en terme de croissance. Mais les 2,4% de progression de l’activité économique américaine de 2014, qui connaissent un tassement, font pâle figure comparés aux 3,4% réalisés en moyenne dans les années 90. Comme attendu, c’est la consommation qui tire la croissance – elle y contribue pour 70% – mais les dépenses des Américains ont seulement retrouvé leur niveau de 2006, ce qui relativise le constat.

D’où provient l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages ? De la baisse du prix de l’essence et de la diminution du chômage, est-il expliqué. Ce qui ne rend pas compte de la nature des nouveaux emplois et de leur rémunération, ni de l’accroissement des inégalités de répartition des revenus. L’illustrant, les grandes villes américaines ont connu en avril des manifestations très suivies pour réclamer une augmentation du salaire horaire minimum. A New York, ils étaient entre 10.000 et 15.000 dans la rue, salariés précaires et sous-payés, travaillant dans la restauration rapide, s’occupant d’enfants, dans les secteurs de la santé, du bâtiment ou travaillant dans les aéroports.

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UNE RADICALITÉ SIMPLE, par zébu

Billet invité.

Toute réflexion faite, il me semble que ce que dit Paul Jorion ne se retrouve pas dans ce que disent les indignés, notamment et loin s’en faut, mais aussi dans les autres types de réactions (à la crise) en cours et pour taire ce que ne disent pas les partis politiques.

Par exemple, en relisant ‘Le Manifeste’ des indignés espagnols. J’y vois des droits (‘Des droits inaliénables doivent être garantis au sein de notre société’), y compris le droit du consommateur ‘à une vie saine et heureuse’. J’y vois la nécessité de refondre la démocratie, a fortiori quand la corruption du système politique est patente. J’y vois aussi l’accumulation (‘accumulation entre les mains de quelques-uns’, ‘l’accumulation d’argent’). Mais aussi l’espérance (l’illusion ?) dans le retour à un système qui permettait la répartition au profit de la majorité (‘une rentabilité économique abstraite où la majorité ne bénéficie pas de ses avantages’), sans remettre en cause cette rentabilité abstraite. Mais aussi un positionnement ‘consommateur’ (‘générant du chômage et des consommateurs mécontents’, ‘Je ne suis pas le produit de ce que j’achète, pourquoi je l’achète ou à qui je l’achète’), inconscient sans doute.

Ce que décrit Paul Jorion, soit l’analyse de cette concentration (capital, héritage, intérêt), ses mécanismes, comme objectifs de transformation du cadre, je ne le retrouve pas dans les luttes en cours des multiples indignés. Non pas que ces luttes ne soient pas nécessaires, alors même que celles-ci ont profondément modifié les formes et la participation aux luttes contemporaines mais que la radicalité d’un discours aussi ‘simple’ et clair ne s’y retrouve pas.

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