Étiquette : homo oeconomicus

  • L’Afrique et moi I. Fonctionnaire des Nations-Unies

    Tout d’abord un mot sur la vignette que j’utiliserai pour ce nouveau feuilleton. J’ai acheté ce vêtement au Bénin au début des années 1980 à un marchand Haoussa qui me proposait régulièrement des « curiosités » bien davantage que des « objets d’art », souvent liées à la religion traditionnelle locale appelée vaudou en langue fon. Ce vêtement m’a été vendu comme « veste de chasseur » ; on trouve sur la toile quelques objets très semblables sous la dénomination « veste de féticheur ». J’ignore ce qu’il en est vraiment.

    Résumé des épisodes précédents : En 1977, je défends à l’Université Libre de Bruxelles ma thèse d’anthropologie économique consacrée aux pêcheurs de l’Île de Houat dans le Morbihan avec qui j’ai passé quinze mois, de février 1973 à mai 1974.… Lire la suite…

  • Sécurité, justice et « bonne vie » : les trois aspirations fondamentales du « petit homme », par Vincent Burnand-Galpin

    Ouvert aux commentaires. En 1948 paraît un texte qui n’avait pas vocation à être publié : Écoute, petit homme !,…

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  • Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (X) Libéralisme, libre-arbitre, ultralibéralisme

    Je publie en feuilleton la retranscription (merci à Éric Muller !) de ma très longue conférence le 29 novembre 2018. Ouvert aux commentaires.

    Question de la salle : Bonsoir. J’aurais une question pour l’économiste, mais peut-être et surtout à l’anthropologue : vous avez commencé la soirée en parlant de capitalisme et on a très vite glissé sur le libéralisme. Alors, à l’économiste, c’était juste pour avoir peut-être une petite définition : c’est quoi les différences économiques, du point de vue d’un économiste, entre libéralisme et capitalisme ? Et après, c’est une réflexion peut-être plus… parce qu’il me semble, moi, qu’on ne pourra pas faire l’économie de questionner le libéralisme philosophique, anthropologique, si on veut questionner le libéralisme économique.… Lire la suite…

  • Keynes : La fin du laisser-faire (II) La rationalité économique et l’éthique sont inconciliables

    L’ennemi ultime de toute « solution du problème économique », autrement dit l’éradication de la pauvreté et du manque matériel en général, c’est donc selon Keynes, l’utilitarisme, cet « esprit calculateur benthamite » qui est le moteur du capitalisme. Or si l’on y réfléchit un peu, l’esprit du capitalisme est une bien étrange manière de concevoir le monde et les hommes qui le peuplent :

    … ils ont commencé par supposer un état-de-choses où la distribution idéale des ressources productives se réalise par l’action d’individus agissant de manière autonome en recourant à la méthode d’essai et d’erreur, ce qui assure que les individus allant dans la bonne direction annihileront dans la concurrence qui s’exercera entre eux, ceux qui vont dans la mauvaise direction.

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  • L’utilité et le profit, ou l’art des nuances

    L’auteur d’un compte rendu de mon livre Misère de la pensée économique (Fayard 2012) écrit ceci :

    … homo oeconomicus ne cherche pas à maximiser ses gains, mais son utilité, laquelle peut intégrer des dimensions d’altruisme ou d’empathie.

    Le lecteur lambda de ce compte rendu en inférera, je suppose, que la définition que je donne de l’l’homo oeconomicus est qu’il cherche à maximiser ses gains plutôt que son utilité, et que j’introduis ainsi une distorsion dommageable, source de malentendus potentiels, puisque la définition classique parle bien d’utilité et non de gains.

    Or ce que j’ai écrit, c’est ceci :

    L’individu « rationnel » correspondant à cette représentation, baptisé « homo oeconomicus », a pour particularité de maximiser son utilité subjective dans une ignorance totale de ses concitoyens, poursuivant son intérêt égoïste sans jamais dévier de sa trajectoire, sa justification pour ce comportement a-social, pour ne pas dire anti-social, étant qu’il contribue ainsi à maximiser l’utilité pour l’ensemble de la communauté des gens comme lui : les homines oeconomici.

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  • PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » : École (économique) de Chicago, par Bertrand Rouziès-Leonardi

    Billet invité.

    École libre du totalitarisme ou école totalitaire de la liberté. – Vous êtes libres de choisir. De quoi vous plaignez-vous ? – Forme une triade horrifique avec l’école ordolibérale allemande et l’école autrichienne. Son directeur le plus connu : feu Milton Friedman, homme de paix que son prénom renvoie en enfer. Sa devise : « Life is unfair » (« La vie est injuste »), ce qui sous-entend non de la commisération mais le souci de tirer profit (« to deal with ») des injustices constatées. Les quelques miettes tombées de la table des goinfres suffisent à prouver que les bénéfices colossaux engrangés par ce moyen finissent toujours par ruisseler sur la tête des nécessiteux.

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  • LA NEF, « Misère de la pensée économique », N° 242, novembre 2012

    Dans la revue La Nef du mois de novembre : « Misère de la pensée économique ».

    Paul Jorion, anthropologue et économiste, poursuit une œuvre puissante et novatrice, largement anticonformiste, passionnante, sur la crise du capitalisme. Nous l’avons rencontré après la toute récente publication de Misère de la pensée économique (Fayard). Entretien.
     
    1)             Pourriez-vous d’abord succinctement présenter votre parcours professionnel ?

    J’ai étudié la sociologie et l’anthropologie sociale à l’Université Libre de Bruxelles. Je me suis ensuite rendu à Paris où j’ai assisté aux cours de Claude Lévi-Strauss au Collège de France. Celui-ci m’a permis de participer une année à son séminaire.… Lire la suite…

  • LA FINANCE « ÉTHIQUE » : UN TERRAIN MINÉ

    Je suis en train de rédiger la leçon inaugurale de mon cours « Stewardship of finance », la finance au service de la communauté, et je me rends compte à quel point le terrain est miné. On n’a pas lésiné du côté de l’ultralibéralisme en cent-cinquante ans de « science » économique : pour aller vite, mais on comprendra ce que je veux dire, toute considération éthique en finance a reçu par avance le tampon « communiste ». Je m’explique.

    Milton Friedman (1912-2006) considérait que l’idée-même que les entreprises puissent avoir une responsabilité sociale conduisait immanquablement au « totalitarisme », Friedrich von Hayek (1899-1992) était de l’opinion que la notion de justice sociale était totalement privée de sens.… Lire la suite…

  • Le linge sale… très sale, qu’on lave en famille

    Ce texte est un « article presslib’ » (*)

    On entend beaucoup dire ces jours-ci, à propos de la Grèce et des contournements du « pacte de stabilité et de croissance » de la zone euro que Goldman Sachs lui a permis d’opérer : « Comment est-ce possible qu’un établissement financier vende un produit et parie ensuite sur sa mauvaise performance ? » Et il faudrait ajouter : « Au risque de couler la Grèce – et dans son sillage, par un effet de dominos : le Portugal, l’Espagne… et l’ensemble de la zone euro ».

    Mon premier début de réponse, je le propose sous forme d’une autre question : « Comment est-ce possible que Mr.… Lire la suite…

  • BFM Radio, le lundi 21 décembre à 10h46

    Pourquoi ne serait-ce pas Noël toute l’année ?

    Un des vers du vieux chant de Noël anglais « We wish you a merry Christmas », se demande : « Why can’t we have Xmas the whole year around ? » : « Comment se fait-il que nous ne puissions pas avoir Noël toute l’année ? » Et c’est effectivement une excellente question. Et si on la comprend au sens « Pourquoi l’esprit de Noël ne règne-t-il pas en permanence ? », on peut très bien l’extraire de son cadre purement chrétien pour en faire une question beaucoup plus générale dans laquelle chacun peut se reconnaître, quelle que soit sa religion, voire même s’il n’en a pas du tout.… Lire la suite…