LA FINANCE « ÉTHIQUE » : UN TERRAIN MINÉ

Je suis en train de rédiger la leçon inaugurale de mon cours « Stewardship of finance », la finance au service de la communauté, et je me rends compte à quel point le terrain est miné. On n’a pas lésiné du côté de l’ultralibéralisme en cent-cinquante ans de « science » économique : pour aller vite, mais on comprendra ce que je veux dire, toute considération éthique en finance a reçu par avance le tampon « communiste ». Je m’explique.

Milton Friedman (1912-2006) considérait que l’idée-même que les entreprises puissent avoir une responsabilité sociale conduisait immanquablement au « totalitarisme », Friedrich von Hayek (1899-1992) était de l’opinion que la notion de justice sociale était totalement privée de sens. Je précise que quand ces braves gens utilisaient le mot « totalitarisme », le fait qu’ils étaient tous deux en excellents termes avec Augusto Pinochet montre qu’ils l’employaient dans un sens restrictif, dont les dictatures militaires fascistes ou fascisantes étaient manifestement exclues.

Von Hayek et Friedman ne sont pas pour autant considérés aujourd’hui comme des bandits : ils ont reçu l’accolade de leurs pairs sous la forme du « Prix de la Banque de Suède à la mémoire d’Alfred Nobel », que plus personne aujourd’hui ne distingue d’un vrai Prix Nobel, von Hayek en 1974 et Friedman en 1976. Et leur influence n’est pas mince en « science » économique. Je feuilletais hier un manuel standard de la finance (qui m’a d’ailleurs bien servi au fil des années) : Foundations of Financial Markets and Institutions, de F. Fabozzi, F. Modigliani and M. Ferri (Prentice-Hall 1994) et je constatais que si toutes les notions élémentaires de la finance s’y voient offrir des définitions biscornues (un prix est un « signal », l’intermédiation que pratiquent les banques entre prêteurs et emprunteurs est une « fonction qui signale… »), c’est parce que le vocabulaire utilisé est systématiquement celui de ces mêmes von Hayek et Friedman.

Et ça ne s’arrête pas là : la cupidité, dont j’ai entendu dire à une époque que c’était un péché, a été élevée au rang de « besoin » et fait partie des qualités que doit présenter l’homo oeconomicus « rationnel », enfin, « rationnel » au sens où l’entendent les économistes, pas les gens normaux. Si bien qu’on n’hésitera pas à considérer qu’une activité qui satisfait la cupidité est « socialement utile » au sens où nous l’entendons, ou pour employer les mots qu’utilisent les financiers : « apporte de la liquidité ».

L’éthique n’est pas considérée par les économistes et les financiers comme le cadre au sein duquel les activités de la finance viennent s’inscrire, elle est considérée comme un ensemble de considérations plus ou moins superstitieuses, en extériorité de leur domaine, dont il faut faire la preuve de la pertinence si l’on veut qu’il en soit tenu compte. Si une telle preuve ne peut pas être administrée, ce n’est pas grave, cela confirme simplement qu’on n’a pas besoin de l’éthique en finance – ce que j’aurais d’ailleurs pu vous dire au début de notre entretien, et maintenant il va malheureusement falloir que je vous laisse, j’ai plusieurs rendez-vous importants, merci beaucoup quand même pour votre visite !

 

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166 réflexions sur « LA FINANCE « ÉTHIQUE » : UN TERRAIN MINÉ »

  1. Bonjour,

    En matière de finance éthique, l’Islam n’a-t-il pas des enseignements éclairants à proposer? Sans même parler des autres religions (pas que monothéistes)

    Bonne journée.

    1. J’imagine que vous plaisantez. Dans la finance islamique la commission remplace le prêt à intérêts donc il y a rémunération du prêteur. Je passe sur les aspects législatifs que je maîtrise mal et qui sont néanmoins obligatoires pour rendre la loi française compatible avec la religion malgré la considération laïque formulant le voeu que la religion relève de la vie privée.

    2. Vous savez , l islam , comme toutes les autres  » religions » parle de générosité et d aumône ,pour s accorder des bons points devant son dieu a peu de frais !

      Vous voulez voir la pauvreté soulagée , comme tous les croyants bien pensants !!
      Moi je veut la voir abolie , comme Victor Hugo , qui devait surement être athée….

      1. Oui, il a même dû faire un pieu mensonge « j’sais plus où il est » au sujet de son baptême pour pouvoir se marier.

      2. Mon ignorance sur l’Islam étant totale, je m’imaginais naïvement qu’il proposait un encadrement éthique de la finance . L’avis d’un spécialiste fréquentant le blog?

        Sur le plan anthropologique, les systèmes religieux (dont l’Islam) ne proposent-ils pas des mécanismes performants de contrôle de la finance? Ou bien doit-on estimer que le fait religieux n’a rien à apporter dans une réflexion sur la finance?

    3. Si vous voulez une réponse à votre question, cherchez la vidéo de l’émission télévisée à laquelle Paul est invité à parler de la crise économique avec des représentants des trois grandes religions.
      Hallucinant !

    4. Non Pignouf 1er, en Islam la commission ne remplace pas l’intérêt. Le principe de l’interdiction du prêt à intérêt, c’est le fait d’interdire de considérer l’argent comme une marchandise. On ne peux pas gagner de l’argent avec de l’argent. Le prêt est un acte de bienfaisance, jamais un acte commercial.

      Je vous parle de l’Islam dans ses Textes fondateurs, je ne ne vous parle pas des banques dites « islamiques » qui pour leur très grande majorité sont intégrés au système monétaire international et font du prêt à intérêt « dissimulé », comme vous le dites.

      Mais rappelons les principes, sans oublier de dire qu’ils sont certes peu ou pas appliqués dans notre monde globalisé.
      Le changement sera global ou ne sera pas. C’est pour cela qu’une économie qui s’inspire des valeurs islamiques n’est plus possible dans ce monde.
      L’éthique islamique d’une économie au service de l’humain est intéressante à étudier pour participer à l’édification d’une alternative globale et commune à tous.
      Mais il faut l’étudier dans ses Textes et dans ses réalisations passées (et quelques réalisations locales intéressantes), et non pas pas dans ces institutions financières « islamiques » et « modernes » qui souvent trahissent l’ethique qu’elles affichent pour des considérations de pures « marketing « .

      1. @Yam

        « Le prêt est un acte de bienfaisance, jamais un acte commercial. »
        Idem chez les catholiques.

        « L’éthique islamique d’une économie au service de l’humain est intéressante à étudier pour participer à l’édification d’une alternative globale et commune à tous. »
        Idem chez les catholiques.

        « Mais il faut l’étudier dans ses Textes et dans ses réalisations passées »
        Une chimère, donc. Vous nous vendez une illusion plutôt que quelque chose d’actuel en totale contradiction avec la théorie. Quel est votre intérêt là-dedans ?

    1. L’Islam ne dit , ne propose rien d’autre en matiére de tx , que le Chistianisme quand on y croyait encore : pas de tx pour l’usure , c’est à dire en clair le crédit à la consommation des pauvres ,ceux qui empruntent par nécessité …pour se nourrir , se loger , se soigner , ethiquement çà s’impose méme sans étre croyant . Le crédit pour les ‘affaires’ chaque religion s’accomode .
      La vraie question éthique , se profile , c’est celle de la guerre .
      Faut étre aveugle , sourd et muet pour ne pas percevoir la Guerre qui se profile au Moyen-Orient . La Guerre avec un grand G , de
      part ses conséquences et implications . C’est pas l’Irak , ni la Lybie , chaque camp est dressé sur ses ergots . Ce qui se passe en Syrie est Crucial , au sens de croix , de choix capital est définitif .
      çà a le profil d’une guerre mondiale , c’est pourquoi on vous la joue en banal : droit-de l’hommisme . Le monstre vat-il utiliser les armes chimiques ou non ? >>Bien sur qu’il va les employer sinon les US n’aurait pas de pretexte !
      çà va changer , en gros , trés gros , tout les plans comptables , la politique la vraie , celle qui s’occupe des guerres civiles (intérieur) et des guerres tout court (extérieur, affaires étrangéres)
      çà se moque des équations comptables , l’intendance suivra (De Gaulle : un militaire qui s’y connaissait en vraie politique) .
      Friedmann et Hayek , monstres en leurs temps étaient bien timides en matiére de libéralisme on a fait pire depuis . La différence , à noter , les premiers libéraux ( Smith , Ricardo , etc …) avaient le souci de l’état encore comme Friedmann et Hayek , leur cause était de convaincre l’état qu’en en faisant moins il gagnait plus et par là pouvait jouer à ces jeux favoris : oppression interne et externe , les nouveaux libéraux , ce qui rend perplexe et à droite et à gauche , ne veulent plus d’état et de ses jeux pourris . Grosse différence …
      Tout çà pour dire que le deal est new , cet automne va étre chaud , y a plus de saison , comme y a plus de droite et de gauche , çà ,va déboussoler , bousculer les plans , y compris bancaires et politique de gestion .
      En Europe , c’est vite , vite , le fédéralisme …

    1. le guardian devrait aussi se poser la question de la présence de van rompuy, baroso, ashton dans ce cas là…

      1. Mouais… sauf que je ne suis pas sûre que madame Ashton ait un intérêt direct dans la création ou le ratage de la résolution d’un conflit. Qu’elle ne paraisse pas super efficace, certes, mais qu’elle soit partie prenante, pas sûr… alors que pour les banques, il me semble qu’il y aurait des risques de conflits d’intérêts beaucoup plus importants (prenons l’exemple de Mervyn King, qui aurait joué un rôle dans l’affaire du Libor, ou de M. Draghi, chez Goldman Sachs à l’époque où la banque a aidé la Grèce à truquer ses comptes et qu’on nomme ensuite régulateur à la BCE. Sans compter que son fils trader pourrait éventuellement bénéficier d’infos avant tout le monde et personne ne le saurait jamais puisque la régulation serait confiée à son père…) .

        Mais je vous rejoins sur le fait que les citoyens n’ont pas élu directement les Ashton, Barroso, etc… et que si on le faisait, pas grand-monde n’en voudrait….

  2. « L’éthique n’est pas considérée par les économistes et les financiers comme le cadre au sein duquel les activités de la finance viennent s’inscrire, elle est considérée comme un ensemble de considérations plus ou moins superstitieuses, en extériorité de leur domaine, dont il faut faire la preuve de la pertinence si l’on veut qu’il en soit tenu compte. »
    Consulter :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89thique_des_affaires

  3. Éthique: si on met comme définition « agir au mieux , avec la conscience d’avoir réalisé une action sociétale responsable ,dans le respect de soi même et d’autrui  » Et ben dans le monde de la finance , c’est pas gagné .
    Et pour ma part , penser que l’on finira par faire revenir ce petit monde de la finance dans un monde humaniste en essayant de le moraliser , est une perte de temps .
    La corruption est une valeur haute de leur morale , et elle a débordé sur le monde qui régit les lois , il n’y a qu’un moyen efficace de lutter contre cette gangrène , l’amputation

      1. @ cyrille
        Cette vidéo donne une idée de notre monde , depuis le 13 et la connaissance de celle-ci (merci P.J) je n’arrive toujours pas à croire qu’elle est réelle , depuis j’ai l’impression que mon p’tit village va être découvert a tout moment par Curiosity et qu’il enverra à la terre des photos de nos moments de convivialité 🙂

    1. « Tous les grands hommes sont des monstres » conclusion de Balzac -Vautrin à la fin des Illusions perdues.
      je ne sais pas si la corruption est une valeur haute de leur morale. Je suppose qu’elle a aussi ses vertus. Certes, discrètes..

      1. Ahhh… Balzac et les Grands Zoms… L’a dit aussi « La plupart des hommes d’action tendent au fatalisme, alors que le reste du monde croit en la providence. »

    2. En conclusion!
      Un capitalisme à visage humain,en France ou en Europe,
      c’est un loup qui se fait bouffer par ceux qui n’ont pas limé leurs dents.

    3. on pourrait prédire que ça vient
      un peu comme quand on voit la tête du bébé

      plus sérieusement le problème se pose que c’est le chirurgien qu’il faut amputer
      comment s’y prend t-on?

  4. Excellent début, Paul !
    Je me permets de vous féliciter du haut de ma petitesse, et de mon mètre 87 !
    Vous gardez le sens des valeurs, votre synthèse est bien accrochée, vous ne perdez pas le nord de la raison vraie, celle qui est accrochée au coeur et refuse les cloisonnements.
    Cool.
    …Guy est content.

    Et en plus, vous me remerciez de ma visite !

    En conséquence, je reviendrai !

    😉

    1. Et pourquoi pas un « Prix du Cercle des Banques disparues à la mémoire de Karl MARX » (en abrégé le Nobel alternatif d’économie), avec Jorion pour premier primé ?

  5. http://www.labaton.com/en/about/press/Labaton-Sucharow-announces-results-of-financial-services-professional-survey.cfm

    According to the survey, 24 percent of respondents reported a belief that financial services professionals may need to engage in unethical or illegal conduct in order to be successful, while 26 percent of respondents indicated that they had observed or had firsthand knowledge of wrongdoing in the workplace. Particularly troubling, 16 percent of respondents reported that they would commit a crime—insider trading—if they could get away with it.

  6. Au secours Hayek reviendrait à la mode ?
    http://www.nytimes.com/2012/08/26/magazine/prime-time-for-paul-ryans-guru-the-one-thats-not-ayn-rand.html?_r=1&pagewanted=all

    Je n’ai pas le temps de refaire une bibliographie approfondie comme un professeur d’Université mais il semble que Hayek détestait depuis son plus jeune âge toute approche intellectuelle, se laissant aller ses envies, ses sentiments et ses goûts et considérant que l’’éducation est un carcan scientiste, sans doute trop compliquer pour lui. J’ai le souvenir d’un adolescent fragile et hésitant qui fit de l’économie à défaut de rentrer dans les ordres religieux : tous les chemins mènent encore à Rome ?
    “L’ordre spontané” de Hayek (in the division of knowledge, “Economics and Knowledge,” ) est une main invisible du marché considérée comme bienveillante qui entretient une ignorance sélective des étapes intermédiaires qui construisent objets et services pour le marché et surtout entretiennent çà et là, des trous noirs ou autres paradis fiscaux « libres de magouille en tout genre ». C’est le choix de l’ignorance néolibérale organisée qui avec Hayek et ses amis détestent les Lumières et leurs bases philosophies de partage démocratique des connaissances – ce qui nous réunit ici et justifie cette nouvelle chaire universitaire. Car il n’y a pas de Démocratie dans partage des connaissances (encyclopédie).

  7. Le communisme a parié sur les vertus de l’homme, le capitalisme a parié sur ses péchés.
    Trop optimiste, trop cynique, les deux ont perdu.

    1. Soyons précis.
      Dans le deux cas, le capitalisme depuis des siècles,
      et quelques prototypes de « socialisme »,
      une oligarchie a piétiné la démocratie.
      Il faut en tirer la conclusion et se préparer:
      la démocratie est la bataille devant nous
      qui tranchera entre socialisme et barbarie.

  8. bonsoir, ahma je préconise tout simplement que la finance doit changer de façon d’opérer:

    Que l’argent circule en fonction de la valeur du travail, pas en fonction de la finance qui prélève grosso-modo 40 % de la valeur.

    la finance est hypertrophiée tout simplement.

    1. ce n’est pas le travail qui est en cause
      les problèmes de travail sont une conséquence

      l’un des paramètres modérateur devrait pouvoir être les ressources utilisées
      ( et cela viendra simplement par manque de ressources
      le manque de pouvoir d’achat étant un manque de ressource pour le marché)
      un autre devrait être l’innovation en terme d’économie d’énergie, une sorte de coefficient de renouvelable

  9. Ma grand mère disait que les banquiers étaient des voleurs, dans son esprit cela n’avait rien à voir avec Robin des bois.

    1. Louise, tout le monde a traité tous les banquiers de voleurs, en tous temps et en tous lieus. So what ?
      Au moins pourrait-on inverser les termes, changer de paradigme et traiter tous les voleurs de banquiers, ça f’rait du neuf, non ?

      1. Oui, mais quand un banquier faisait faillite, il passait par la case prison et ses biens étaient saisis, sans que personne ne trouve à redire.

    1. j’ai vu l’autre jour que si un évènement se produisait de l’ampleur de fukushima
      le niveau de sécurité de nos centrales semble être le suivant
      en admettant que la centrale ne soit pas endommagée gravement en elle-même et que les perturbations n’atteignent que les hommes et l’organisation autour de la centrale
      allez donnons un exemple un tremblement de terre force 7,5 comme cela a déjà eu lieu en provence il y a longtemps( très longtemps
      nos centrales disposent d’un système de sécurité automatique de ….3 jours
      un générateur autonome pour alimenter les pompes de refroidissement.
      il faut 1 mois pour que l’arrêt d’une centrale puisse permettre des travaux d’entretien un peu important
      il faut 3 ans, de l’énergie et de l’eau à volonté pour qu’une centrale à l’arrêt soit considérée comme stabilisée dans sa capacité de rayonnement hors des périmètres de sécurité.

      3 jours me semble un délai en roue libre bien trop court
      sachant que nous exportons la modélisation de nos centrales partout dans le monde et que dans bon nombre d’endroits les infrastructures générales ne sont pas du niveau européen pour faire parvenir des équipes ou des moyens de secours et d’approvisionnement.
      ce générateur automatique devrait disposer d’une autonomie d’au moins 7 jours

      vous me direz , comme en cas de problème ce serait très grave
      alors 3 jours ou 7 n’y changerons pas grand chose puisqu’on ne pourra pas y faire grand chose …

      par ailleurs 3 ans de délai pour rendre une centrale « inoffensive » me semble aussi très long
      qui nous dit que nous aurions assez d’eau ou d’énergies accessoires pour subvenir à ce processus sans aucune défaillance même avec le couteau sous la gorge.

      dans ces conditions il paraitrait tout à fait normal de fermer immédiatement toutes les centrales obsolètes dont la probabilité d’un incident n’est plus de l’ordre d’une probabilité.
      et se servir des 3 ans pour améliorer les systèmes de sécurité et rabaisser à 1 an ce délai (ce qui serait déjà fort long)

      la plupart des gens ne se rendent pas compte qu’en mangeant leurs tartines grillées et buvant leur café au petit dej ils ont un révolver sur la tempe avec une balle dans le chargeur et chaque matin on joue à la roulette russe.
      et aucun pouvoir pour refuser de jouer.

      1. J’arrête les tartines,le café(Nespresso),…pas mal comme prise de conscience individuelle

    2. Merci pour le lien, Ardéchoix…
      Depuis que François Leclerc nous fait un résumé régulier de la situation là bas, mon fatalisme ne cesse d’empirer…
      Ça relativise en tout cas le débat sur les « catastrophes financières » ; Je me console en me disant que, finalement, quitte à y passer plus vite que prévu, les ordures qui ont provoqué ça, par leur cupidité, ignorance, arrogance, ont toutes les chances d’en crever aussi… Et là, je fais une entorse à mon athéisme en leur donnant rendez vous en enfer, je pense que là, il leur sera difficile de soudoyer le diable pour se protéger de la colère des victimes…

  10. Mais, pour que les doctrines de Von Hayek et Friedman aient pu connaître tant de succès, n’est-ce pas aussi que dans l’esprit global, elles étaient déjà, bien que peut être encore floues, latentes et admises ?
    Je ne connais pas du tout l’histoire de l’économie cependant, au prémisse de ces « théories », n’y avait-il pas quelques « sages » pour s’y opposer ? Le cas échéant, ont ils été entendus ?
    Partout dans le monde, de ce que j’ai pu retenir de l’histoire contemporaine, les « opposants » de toutes natures, qui savent pertinemment que face à la corruption politico financière, seule la force a une chance d’aboutir, ont toujours été considérés comme minoritaires et souvent désignés par leurs « pairs », dont ont défendait aussi les droits, tels des agitateurs, voyous, jeunes ou terroristes, parfois tout en même temps…
    Prenons le cas de Sánchez Godrillo, qui, il y a deux semaines, a « exproprié » des produits alimentaires de 2 grandes surfaces pour redistribuer aux pauvres des quartiers du village dont il est maire… Il le fît plus par défi de désobéissance civile envers le pouvoir et alerter une certaine opinion publique du désastre de la faim, en Andalouse, particulièrement… Eh bien, figurez vous que ce « Robin Hood » a été proprement médiatiquement démoli dans les heures qui suivent, et que les sondages « populaires » proposés par les rédactions du pays donnaient une majorité de « coupable de vol »…
    le pire, je crois, étant le manque de soutien de la part des « grands syndicats institutionnels », pourtant sensés défendre les plus faibles, mais aussi rémunérés par subventions, fait la part belle à tous leurs dirigeants dont les salaires peuvent laisser rêveurs les ayant droit du « prepara »…
    Que dire de la manière dont sont traités les « jeunes d’Amiens » qui ont fini par se révolter devant tant d’abus social, policier ?
    Dans ces deux cas parmi tant d’autre, la « masse » semble malheureusement toujours favorable à la doctrine imposée par les tenants du pouvoir… Suffirait-il que quelque « huile » médiatiques ose se prononcer sincèrement et farouchement (sans langue de bois et politiquement correct) en faveur de ceux qui n’ont d’autre moyens que la révolte et une certaine violence pour défendre leur condition pour que cela fasse peut être basculer les consciences collectives ?
    Notre devise : « No pasarán »… Mais je crois que la plupart de mes compatriotes en ont oublié le sens profond au profit du taureau osborne…
    Et chez vous, Chers Cousins, c’est « aux armes citoyens », non ?

    1. La campagne de presse contre ce « Robin Hood » était inévitable : le pouvoir ne peut pas laisser passer un mode d’action qui risque 1° de s’attirer la sympathie à grande échelle 2° de faire tache d’huile. Les sondages prétendument populaires organisés par les grands journaux ne représente rien d’autre que l’opinion d’une partie des lecteurs du journal – quant ils ne sont pas purement et simplement filtrés ou orientés. (Par la façon dont les questions sont posées. Bien sûr, il a commis un vol, légalement parlant. Mais bien sûr, c’était une action purement morale et utile à la population. On retient la première proposition, on zappe la deuxième.)

      Si vous voulez connaître l’avis de la population, demandez plutôt autour de vous, vous pourriez être surpris – dans un sens ou dans l’autre.

      Et si une « huile médiatique » osait parler sans langue de bois, il serait viré dans l’heure, et lynché médiatiquement par tous ses chers collègues.

      Je suis persuadée que parmi tous les chômeurs et trimards andalous, Sánchez Godrillo est devenu un héros national. Il n’est un voleur que pour le pouvoir, la presse et les urbains SDF (Sans Difficulté Financière)

      1. Oui, Agnes, Gordillo est un héros aux yeux de ceux qu’il défend dans ses actions d’éclat (il n’est pas à son coup d’essai, ne concernent d’ailleurs pas que l’Espagne et en suis moi même grand fan de ce courageux député qui n’hésite pas à taper dans le dur pour dénoncer l’injustice…)
        Cependant, que pèsent les sentiments et la parole des crève la faim face à la bienséance de ceux qui pourraient mais ne veulent pas changer les lois pour ramener la justice sociale ?
        il faudrait que les fans de Gordillo ou autres deviennent MAJORITAIRES, et ce ne se pourrait que lorsqu’une figure reconnue du public se rangerait au côté du « fauteur de troubles » (un peu comme dans l’extension de l’expérience de Milgram où un acteur qui partage avec le sujet la décision d’envoyer les volts, est le premier à refuser, dans 80% des cas, le sujet se désiste alors à son tour)…
        Parmi la foule « d’artistes » espagnols qui se prétendent engagés, exemples pour une jeunesse lobotomisée par le consumérisme, le seul qui se soit mis en avant est Bisbal pour avoir réussi à faire imposer une marque de pâte à tartiner espagnole… C’est du grand guignol…
        Et c’est aussi ce que je reproche à ces nantis du show bizz et sportifs, qu’ils ne renvoient pas un peu l’ascenseur à une partie de leur public qui auraient besoin de porte paroles pour dénoncer leur misère…
        Vous, en france, avez eu des pointures, Coluche, Balavoine, et d’autres sûrement d’autres que je ne connais pas… Ici, non…
        Qu’est ce que risquerait un « Alain Delon » de chez nous à s’engager une fois pour toute dans une action légitime à défendre la veuve et l’orphelin comme ils le font si bien dans les rôles qu’ils ont été amenés à jouer dans leur carrière professionnelle ?
        Simplement qu’ils s’en foutent totalement, du moment qu’ils filent un chèque de temps en temps à l’unicef pour avoir bonne conscience, vale !
        Tout comme une majorité de la société se fout que plus de 2 millions de gosse Espagnols soient en sous nutrition…
        J’en déduis par constat que Von Hayek et Friedman n’ont pas eu à trop forcer pour imposer leurs doctrines car une majorité d’humains sont déjà formatés en ce sens…

    2. « Que dire de la manière dont sont traités les « jeunes d’Amiens » qui ont fini par se révolter devant tant d’abus social, policier ? »

      D’après le maire d’Amiens, les tensions se sont exacerbées au fur et à mesure de la rénovation des « quartiers sensibles ». A chacun d’en déduire les raisons.

    3. On ne touche pas à la propriété privée quand bien même la survie immédiate de centaine de milliers de gens en dépendrait. C’est sacré.
      Si vous considérez Mélenchon comme une huile médiatique alors étudiez la manière dont il est traité.

      1. Je ne connais pas bien le tissu politique de votre contrée, sinon ce que l’on en dit dans notre presse, à savoir, les grande lignes sur les plus connus (sarkozy, hollande et quelques autres qui touchent de plus ou moins loin aux décisions européennes) et que j’ai déjà bien des chats à fouetter pour comprendre la trame politique de mon propre pays, que je n’ai pas d’avis au sujet du Don Melenchon dont vous me parlez, sinon qu’il est de gauche, si je ne me trompe pas…
        Quoi qu’il en soit, si c’est un politique, ce n’est certainement pas le mieux indiqué pour représenter ceux qui réclament justice, parce que les politiques sont les idoles de peu de gens…
        Quand je dis « figure médiatique », je parle de « famosos » à priori apolitiques qui touchent un large public qui ne s’intéresse pas forcément à la sociologie dont c’est le moindre des soucis…
        Ce serait normalement le rôle de l’éducation, d’éveiller les esprit les plus jeunes à l’esprit critique, à la réflexion et apprendre à ne pas admettre forcément les évidences qu’on leur inculque par lavage de cerveau… Mais, l’éducation, chez nous, c’est viser des études les plus hautes qui permettront d’acheter la belle BMW plus tard…
        Quitte à ce que certains artistes soient considérés tels des modèles, en terme de mode, de comportement, que suivent une masse de jeunes et moins jeunes, pourquoi ne donneraient ils pas non plus l’exemple de l’engagement éthique ? Peut on penser qu’ils vendraient moins de disques ou auraient moins de spectateurs s’ils se portaient en soutien à un Gordillo ? Je crois au contraire que ça renforcerait l’image de héros qui va sauver les miséreux…

      2. Dans ce cas puis je vous suggérer l’étude du cas de Damien Saez? Edifiant en bien des endroits.

  11. L’accumulation est privative.

    Un exemple des rapports de l’éthique et de la finance : le livre de Mike Davis, le pire des mondes possibles. De l’explosion urbaine au bidonville global.
    Editions La découverte.2006.

    Pour mortels et dangereux qu’ils soient, les bidonvilles ont devant eux un avenir resplendissant

    .

    1. Je n’ai pas lu. Vous voulez dire que le … (bliîîp) … l’auteur rêve de transformer le monde entier en un gigantesque bidonville?! :-O Mortel et dangereux, c’est lui qui l’est!

      1. à Agnès,

        Non, l’auteur ne rêve pas, il montre comment et pourquoi le monde se transforme en bidonville.
        « Le pire des mondes possibles. »

        N.B. Celui qui annonce la mauvaise nouvelle n’est pas le responsable.

      2. @Marlowe

        Votre réponse me rassure sur l’auteur, mais pas sur le monde hélas. Il a raison! 🙁

        Dire qu’il fut un temps où l’on rêvait de la disparition des bidonvilles, où l’on les croyait que le progrès et la prospérité les feraient immanquablement disparaître. *Soupir*.

  12. Tout n’est que croyance et donc culture.

    Plus loin que la finance … Un système basé sur des rapports de force ne peut qu’inciter à la corruption… la recherche d’un comportement éthique ne peut être le plus souvent que secondaire. Est-ce que cela est éthique de travailler pour un fabricant d’armes, est-ce que cela est éthique de produire de denrées alimentaires en polluants les rivières, les sols…etc… on vous répondra, nous n’avons pas le choix, nous devons bien travailler pour vivre… mais au fait à quoi travaillons nous ? Quel monde souhaitons nous ?
    Certes nous sommes tous corrompus à divers degré…
    Nous vivons en société mais le système actuel établit trop de rapports de force entre individus et ne valorise pas suffisamment la recherche de comportements éthiques.

    La création et la mise en place de cette chaire Stewardship of finance me font penser au titre d’un livre dont j’ai fortement apprécié la lecture :
    Professeur cherche élève ayant désir de sauver le monde de Daniel Quinn
    Extrait :
    L’HOMME UNE FOIS DISPARU, Y AURA-T-IL UN ESPOIR POUR LE GORILLE ?

    LE GORILLE UNE FOIS DISPARU, Y AURA-T-IL UN ESPOIR POUR L’HOMME ?

    Merci, Professeur Jorion.

  13. Mon chti avis :

    Ethique de base : « On ne fait pas aux autres ce qu’on ne voudrait pas qu’on nous fasse »

    3 idées

    – Ces raisonnements d’économistes, émergés d’un système capitalo cupide obligés de s’expendre, ne prenaient pas en compte l’exiguïté terrestre.

    – La maîtrise du capitalisme US triomphant, de ses images « oriente jeunesse », l’argent tout puissant, l’obsolescence programmée qui en découle, etc… doivent être mis en exergue et explicités, pour les contrer.

    – La cupidité, (mise au rang de besoin comme vous dites), doit absolument pouvoir s’exprimer. Elle est en l’homme. Avec cet unique garde-fou (utopique?) : Qu’elle ne puisse devenir le pilote du monde… son cerveau reptilien…

    En fait « Stewardship of finance » est peut-être déjà un intitulé qui se mord la queue.
    Rappelons-nous comment Kennedy père fit du bon boulôt à la tête de la SEC pour mettre de l’ordre dans les finances ricaines. Il fallait pour ce faire un type parmi les plus retords et le plus informés sur le sujet.

    La guerre n’est souvent pas là où on voudrait la voir.

  14. Ne serait-ce pas tout compte fait la vieille notion de ‘la fin justifie les moyens’ ? Pas d’éthique s’appliquant aux moyens, seul le but à atteindre est éthique : prospérité générale, bénéfices de l’entreprise, etc etc…
    Comme cela on a justifier le pire : les massacres des guerres de religion, la torture, la bombe sur Hiroshima, l’esclavage, et aujourd’hui l’appauvrissement de populations entières.
    Alors que nous savons d’expérience que les mauvais moyens aboutissent bien souvent à une fin bien pire que celle visée.

  15. Tous les ans, l’ONG Global Footprint Network* calcule l’Earth Overshoot Day : le jour où la consommation de l’humanité en ressources naturelles dépasse ce que la planète est capable de fournir en un an. L’Earth Overshoot Day symbolise ainsi un budget ressources épuisé pour l’année.

    Pendant très longtemps la nature a été capable de se régénérer et d’absorber la consommation de l’homme : sa bio capacité était intacte. Depuis environ 30 ans, un seuil critique a été franchi. La consommation de l’homme a dépassé ce que la nature était en capacité de fournir sur une année (filtration de CO2, production de matières premières…). L’humanité vit donc au-dessus de ses moyens

    A partir d’aujourd’hui, et jusqu’à la fin de l’année, l’homme va répondre à sa demande écologique par l’épuisement des stocks des ressources naturelles et l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. C’est comme si vous aviez dépensé votre salaire annuel 4,5 mois avant que l’année soit terminée . Le processus d’épuisement des ressources naturelles s’accélère : le « jour du dépassement » intervient cette année trente-six jours plus tôt qu’en 2011. En 2005, la limite fut atteinte un 20 octobre ; en 2000, c’était un 1er novembre.

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/22/mercredi-22-aout-jour-du-depassement-pour-les-ressources-mondiales_1748396_3244.html

  16. Cher M. Jorion

    donc à la question de l’éthique de la finance qui concerne à la fois le comportement des personnes et des règles qui les régissent vous concluez par :  » pas d’éthique  » ?
    (quant à la finance éthique, ce n’est pas un terrain miné, c’est un autre sujet, voire une autre activité, celle de la publicité …)

    Car selon vous :
    1/ le seul état de l’âme et comportement observable des gens de la finance c’est la cupidité,
    2/ la seule règle acceptable par ces mêmes gens de finance c’est pas de règle car pas de responsabilité sociale car pas de justice sociale selon Friedman et Hayek (d’après votre lecture)?
    3/ le seul comportement éthique en finance car socialement utile, ce ne serait qu’apporter des liquidités?

    Vos lectures de Hayek et Friedman mises de côtés (trop long, trop inutilement polémique), je reste sans voix, bouche bée, devant une telle radicalité …

    Non, je n’irai pas jusque là … la finance a sa place à la table du genre humain … même s’il est temps qu’elle en descende maintenant … et sans casser les verres, alstublieft …

    Ah … les rendez-vous importants … oh … bon allez, et bien à vous …

    1. Vous avez un sacré problème de comprenette Apicelleria… Il ne s’agit pas de jeter la finance avec l’eau du bain dans les orties, mais précisément de ramener la finance à sa dimension utile (stewardship vous a sans doute échappé) en l’expurgeant des pseudo-contributions « scientifiques » des libertariens.

      Perdez pas trop votre temps à troller pour défendre l’indéfendable (Hayek et Friedman étaient des bisounours, on est tous d’accord), il y a déjà Gu Si Fang, un autre représentant de votre fratrie, qui s’en charge allègrement depuis un bout de temps ici, sans trop de résultats.

      1. Vous avez un sacré problème de comprenette Apicelleria…

        Boh julien, c’est là juste un des effets apparents, des plus communs (et sans nul doute des plus attristants pour ceux qui le subissent mais réjouissants pour ceux qui l’observent) d’un usage invétéré de la mauvaise foi. Faire l’idiot par nécessité, l’idiot obligé, c’est assurément un triste sort, surtout pour un fringant universitaire.

      2. « Gu Si Fang, un autre représentant de votre fratrie »

        Pour les machines, on dit « série », pas « fratrie ».

      3. Cher Toi,

        moi j’utiliserais plutôt le mot bande … mais série peut aussi bien faire l’affaire …

        Ab uno disce omnes … voui, voui, c’est ce que je me dis en regardant parfois autour de moi : Hmmm, tous en un ?

        Bien à vous tous et tutti quanti,

    2. Cher Julien Alexandre,

      Vous avez un sacré problème de comprenette Apicelleria…

      J’avoue que proposant moi-même à la finance de descendre de la table pour s’asseoir à sa place sur son derrière, je reste perplexe … répétez-vous simplement ce que l’on dit de vous d’ordinaire ? Attention, cela risque de vous jouer des tours, jeune homme … pas avec moi qui suis d’une magnanimité sans bornes pour les jeunes esprits un peu vifs …

      Quant à cette référence maniaque aux trolls … je ne les ai fréquentés que dans Donjons et Dragons … et plus tard en regardant les films sur Harry Potter … mais vous pouvez aussi les lire, c’est bien aussi, lire …

      Avec tous mes voeux et bien à vous

      1. Toutes mes plus plates, cher Apicelleria, je n’avais pas saisi que dans la novlangue papillonaire, l’expression :

        … je reste sans voix, bouche bée, devant une telle radicalité … Non, je n’irai pas jusque là …

        servait en fait à marquer votre accord.

        Gu Si Fang a décidé lui de se lancer dans le one-man show, comme Arthur (on lui souhaite le même succès). Il reste des places à prendre, pensez-y.

      2. Cher Antoine,

        mais oui, pourquoi hein ?
        Serviteur disait Napoléon en tenant le bas de soie de Talleyrand.

        Bien à vous

    3. Cher Vigneron, cher Julien Alexandre,

      vous voyant ici unis par votre obsession du noeud papillon (curieux ces obsessions partagées et simultanées, n’est-ce pas) je vous rassure tous deux (?), lorsque je dis que je ne suivrai pas P. Jorion dans une telle radicalité, cela veut dire que je m’arrête bien en amont.

      Il n’est justement pas question de nier toute existence de l’éthique en finance (lisez, c’est ce qui est écrit dans le post de P. Jorion, si, si et sans mauvaise foi aucune, main sur le coeur), et encore moins toute possibilité d’éthique, mais justement de prôner un retour à la juste mesure et pour la finance un retour à sa juste place … qu’elle n’aurait pas du quitter pour des aventures extravagantes auxquels beaucoup (trop) ont participé …

      Je vous précise que beaucoup y travaillent en ce moment même et que le bal va être bientôt fermé.

      Quant à la finance éthique, c’est une mauvaise idée de communicants bancaires pour faire vendre des FCP verdis ou estampillés commerce équitable … Titre à nouveau hors sujet, donc …

      Donc avant de traiter ses interlocuteurs de clowns et d’idiots, il faudrait peut-être veiller à se réunir avec soi-même (et vous êtes nombreux) et à réfléchir un tant soit peu.

      Je suis aimable et courtois avec tous et chacun.

      Veuillez avoir un peu d’éducation et veillez à me rendre la pareille … et surtout pensez, pensez … comme dit Keating dans Dead Poets Society … c’est peut-être ce qui fera monter l’UVB dans le classement QS …

      Bien à vous

      1. Très marrant apicelleria, les questions et les réponses, un brio sans fond percé à jour.

        Trop d’honneur pour Paul Jorion, confondre ces propos avec de soi disant nouveaux produits financiers « ethiquable », foin de superstition et de billevesées post communistes de votre part.

        Vendez vous du gaz de schiste aux écolos du gouvernement français, à moins que vous ne soyez acheteur de taxe carbone ?

      2. lorsque je dis que je ne suivrai pas P. Jorion dans une telle radicalité, cela veut dire que je m’arrête bien en amont.

        Non, en aval, nuance. C’est pas un long fleuve tranquille à descendre en touriste mais un gave pyrénéen à remonter. En l’occurrence il semblerait fort que vous ayez pris vos quartiers définitifs chez le bon Vert galant de Bayrou (ou de son pote éthique Peyrelevade), à Pau quoi.
        PS : Jorion souffle dans un cor à Gavarnie, sur la brèche quoi, lui.

      3. Cher Xas que je ne connaissais pas encore …

        il n’y a jamais trop d’honneurs quand on les mérite … c’est comme les coups de bâton.
        Quelle joli barbarisme que cette finance ethiquable mais c’est sûr on n’est plus à cela près.

        Du gaz de schiste dans les Cévennes ? Vous n’êtes pas au courant ? Il parait qu’il y a plein de pétrole au large d’Israel, de l’Egypte et … de la Grèce … mais alors plein, plein … Il ne faut plus perdre de temps en lobbying stérile pour les jeunes qui veulent être riches et à la pointe de l’éthique. Nicomaque, c’est plus trés loin … à la nage. Et puis, on pourra toujours éclairer les plateformes avec des éoliennes pour faire diminuer le bilan carbone … vu du ciel … du bleu, du bleu, du bleu …

        Bien à vous

      4. Je suis aimable et courtois avec tous et chacun.

        Peut être avec juste un brin d’arrogance qui confine au mépris, non?
        Notez que je ne dis pas cela parce que vous m’avez corrigé! Confondre en effet le dinar et le dirham, j’avoue, maitre, que c’est une faute hautement répréhensible qui mérite un chatiment exemplaire!
        Sur vos conseils, je vais donc attendre le retour de la croissance dans mon quartier afin de m’offrir les captivants voyages que vous me recommandez(au Maroc ou en Tunisie où je ne suis jamais allé) qui en plus de m’ apporter une seconde jeunesse ne manqueront pas de parfaire ma culture.
        N.B: épargnez-moi s’il vous plait les « cher » et « très cher », suis plûtot bon marché en ce moment: 417 euros ce matin à la criée de Foix et pas un seul noeud pap’ pour enchérir! ( c’était d’ailleurs un peu l’objet de mon post et pas une affaire de dinar ou de dirham mais cela vous a complétement échappé comme bien d’autres choses d’ailleurs…)

      5. Cher Garorok

        Vous devrez encore subir mes formules de politesse, je le crains, car comme la référence à votre deuxième jeunesse me le laisse supposer, vous savez bien qu’on ne se refait pas à nos âges.

        Peut être avec juste un brin d’arrogance qui confine au mépris, non?

        Eh bien, disons que j’emploie systématiquement avec un peu de malice le ton qu’un interlocuteur peu courtois utilise le premier et souvent, il comprend assez vite à ses dépens l’inutilité sociale de son entrée en matière … (comme on dit dans le Lauragais, ça calme). Quant à votre référence à mon supposé magistère, elle hésite aussi entre arrogance et mépris …

        Donc plutôt que de ricaner ou nous invectiver, ne pourrions nous pas échanger sagement sur ces questions passionnantes ? Voilà, j’y suis disposé quant à moi

        Donc au plaisir de vous lire

        Bien à vous

      1. Chère Terra Breizha ( ne’o ket moged nemetken … )

        Ce n’est clairement pas de mon goût, brezhoneg, et ça renvoie à ce que j’écrivais là :

        http://www.pauljorion.com/blog/?p=40345

        le 11 Aout dans mon commentaire de 11H54.

        La prise de conscience doit se faire des 2 côtés du Rhin et on doit une bonne fois pour toute s’intéresser à nouveau à la production qui matérialise le travail de tous ces salariés. Même s’il est clair que ce n’est pas suffisant … et on comprend facilement que l’exégèse des spreads ou le lobbying de la SEC, cela les laisse indifférents … ce sont des discussions de marquis et abbés de cour …

        Bien à vous

      2. Apicelleria
        j’aime beaucoup ce que vous écrivez
        les murs de ma chambre sont tapissés de vos posts
        mais pitié ! ma chambre est si petite

      3. Cher Tikarol,

        un conseil : arrêtez de tapisser et essayez de lire.
        C’est toujours mieux que d’empêcher les autres d’écrire, n’est-ce pas ?
        En plus, c’est très mauvais pour l’empreinte écologique et le déboisement de l’Amazonie …

        Bien à vous

    4. Car selon vous […] le seul comportement éthique en finance car socialement utile, ce ne serait qu’apporter des liquidités?

      Le pire c’est que PJ arrive à légitimer le trading haute fréquence avec ce même argument ! Ca ne tourne décidément pas rond dans sa tête.

      Veuillez agréer, madame…

      1. Décidément, le problème de comprenette d’Apicelleria est contagieux mon pauvre Mathieux. Êtes-vous bien sûr que PJ ne justifie pas également la spéculation comme socialement utile au passage ?

      2. Bien sûr Mathieu 😉

        Ps : Apicellaria, j’enlève systématiquement le lien vers votre blog, donc votre petit exercice de polémique pour faire de la retap pour votre bloguscule, hein… Ça, vous le comprenez du premier coup ? Je retourne près de la porte.

      3. Cher Julien Alexandre

        Vous n’avez à enlever aucun lien de mes commentaires car j’ai cru comprendre peu de temps après mon arrivée que ce n’était pas l’usage ici et vous ne pouvez donc pas enlever ce qui ne s’y trouve pas …

        Croyez vous que ce soit moi qui polémique quand à 3 reprises, vous me jetez à la tête que j’ai des problèmes de comprenette ?

        Et puis quelle désagréable façon de s’adresser à moi dans un post adressé à un autre.

        Bonne garde donc, mais il faut avoir le courage de laisser la porte ouverte.

        Bien à vous

      4. Rassurez-vous Api, la porte est toujours ouverte, ça permet de la claquer le moment venu.

        Venir à la rescousse de Friedman ou Hayek, qui sont parmi les pires crapules, c’est un choix dont il faut assumer les conséquences avec le costume de courageux que vous engagez les autres à endosser. Il n’est qu’à parcourir vos propos et vos bonnes leçons dispensées du haut du cageot d’oranges sur lequel vous vous dressez fièrement pour se convaincre de l’absence absolue de quelque velléité polémique dans votre esprit.

        Bien à vous réciproquement avec la cordialité non feinte nécessaire et le respect mutuel partagé subséquent relatif à l’urbanité bienséante et tutti quanti.

  17. Pratiquement, si la morale reste une notion abstraite, variable, et toujours sujette à discussion, il est déjà possible, tout simplement, de faire appliquer la loi : contre le vol, la fraude, l’escroquerie, l’enrichissement sans cause, l’abus de faiblesse ou de position dominante … c’est pas les lois qui manquent (à défaut d’éthique), c’est la volonté politique de les faire appliquer.

    « Moraliser » la banque, ça me parait utopique. Le XIXe siècle, siècle puritain et moraliste s’il en est, avait aussi ses financiers pourris et ses politiciens corrompus (lire Zola). Par contre, soumettre ses acteurs à la loi comme n’importe quel citoyen, serait possible et devrait déjà être fait.

    On a vu quelques procès ces derniers temps. Hélàs on en a vu aussi les résultats. 🙁

    Par contre, à propos de « finance éthique », que penser d’une banque comme Triodos?

  18. tous les regards sont braqués sur la finance, le monstre délirant.
    mais si on a bien entendu ce qu’on dit les coupables aux différents procès contre les banquiers
    la réponse est : certes nous avons dépassé les limites de vitesse mais nous n’avons plus de freins et ne savons comment arrêter cet emballement sans provoquer une catastrophe plus importante encore( le mythe du train fou) dites nous comment faire
    pour l’instant on continue parce que c’est l’ option la moins pire.

    le train s’arrêtera soit sur un obstacle soit par manque de carburant. soit par la mise en oeuvre d’un système de freinage efficace.( on peut rêver…)

    la demande que l’on fait à la finance mondiale de se  » ressaisir » sur un plan éthique n’est pas cohérente si on n’accepte pas les conséquences à tous les niveaux.
    les effets de la finance ne sont pas que de créer des enrichissements indus mais de créer un niveau d’ activité nuisible
    il faudrait au plus vite convertir un maximum d’activités à ne se faire que sur un mode durable
    comment imaginez vous pouvoir vivre durablement avec un bilan de vie durablement cohérent?
    et ceci pour des millions d’individus en même temps?
    ce que nous considérons comme vivre normalement dans notre société n’est pas éthiquement soutenable pour 7milliards de gens au niveau de la planète
    accepteriez vous de vivre comme une personne du tiers monde pour vous sauver et sauver la planète ? les deux allant de pair?
    même au RMI dans notre société vous n’êtes pas dans un écobilan soutenable et ce n’est pas la question du niveau du RMI qui changera le problème.
    le problème d’éthique de la finance ne se résoudra pas sans que l’éthique devienne un art de vivre mondial.
    l’éthique est insoutenable à vivre usuellement si elle ne se conjugue pas avec une forme de liberté ( redéfinie dans son acception profonde)

    le problème de l’organisation actuelle du monde est la soumission aux diktats de la société de consommation
    on a formaté les gens dans une illusion de liberté et de confort et on les y maintient contre leur gré en les abrutissant.
    il faut sortir de cette illusion
    le changement d’éthique de la finance passe par l’exercice du libre arbitre général comme moyen de régulation.
    il faut accepter de dire la vérité
    d’informer les gens réellement
    en changeant la seule donne du mensonge médiatique organisé, de l’infantilisation des citoyens, de la manipulation des foules , un autre système se mettrait en place.

  19. Et leur influence [Hayek et Friedman] n’est pas mince en « science » économique.

    Tu m’étonnes ! Jusqu’à notre ultrahétéro Sapir national (pour Hayek)…

  20. Les dominants qui sont aussi riches voire très riches et même parfois très très riches sont mieux placés que quiconque pour savoir qu’il faut s’affranchir de l’éthique pour devenir riche et le rester. Cela ne leur pose strictement aucun cas de conscience. Cependant, même si certains ont tendance à l’oublier de plus en plus souvent, il se trouve qu’il vaut mieux vivre au sein d’une communauté dans laquelle règne une relative paix sociale pour être en mesure de jouir pleinement des privilèges indus procurés par la richesse. Dans ce but il convient donc de maintenir l’illusion auprès de la population qu’il est possible de s’enrichir en étant honnête voire même en travaillant. Pour ce faire il leur a fallu façonner sur mesure un secteur d’activité parfaitement opaque et adapté à leurs malversations qui soit inaccessible au commun des mortels et à leur entendement. Il est donc possible de s’enrichir impunément au vu et au su de tout le monde en travaillant… dans la finance. La finance est leur terrain de jeu.

  21. Michea parle très bien de la neutralité axiologique du libéralisme. Il a complètement renoncé à toute notion de bien ou de mal. Les relations entre humains ne sont plus que des signaux ne devant ni avoir un sens (genre bonne ou mauvaise), ni affirmer une identité, ni fonder un lien. Si l’une de ces conditions n’est pas vérifiée, les libéraux voient de l’intolérance, de la discrimination ou de l’oppression, Le langage que vous décrivez évite soigneusement ces « écueils ». Il est parfaitement libéral car parfaitement neutre du point de vue axiologique.
    Michéa affirme aussi, et je crois qu’il a raison, que toutes ces propositions sont acceptées et défendues par la gauche.
    Vous me rendez attentif à quel point cette vision du monde est prégnante dans l’économie et donc dans notre société. Franchir les limites imposées par les libéraux vous expose à des explosions de colère venimeuse pour avoir blasphémé contre ces dogmes.
    Avec l’évacuation par Kant de toute référence à la métaphysique vous ne pourrez pas, sans prendre de gros risques, faire appel à des notions extérieures à l’univers de ces venimeux.

    Bon courage ! Si jamais j’ai une idée, je vous la transmettrai.

    1. « La neutralité axiologique du libéralisme »… Ouais ben j’ai pas lu mais je soupçonne qu’il s’est pas foulé le Michéa, depuis Leo Strauss et Carl Schmitt discutaillant sur Hobbes, c’est un peu réchauffé non ?

    2. Dans le « milieu » universitaire actuel , l’offre et donc l’existence(provisoire?) d’une telle tribune me fait irrésistiblement ( qu’on me pardonne donc ce probable excès..) au rôle que l’on faisait jouer à l’orchestre , à l’entrée des camps d’extermination…..
      P.J. sait sans nul doute mieux que quiconque que …..pour éradiquer une théorie hérétique , l’adversaire peut :
      — soit la combattre point par point et par tous les moyens…….
      — soit exiger qu’elle soit parfaite………..!
      « Vae Victis ».

      1. Le conseil général du Morbihan aurait déposé des droits d’auteur pour l’usage de la rime humidité/morbidité. Trop dangereux le rapprochement. On les comprend. (C’est pas des Vannes.)

  22. Le village de l’arrière pays proposait une petite expo sur la géologie du massif des Maures.
    J’entame une discussion avec un jeune homme chargé d’éclairer les rares visiteurs;topo sympa sur les roches métamorphiques.Je lui demande à l’issue de l’exposé, s’il est enseignant.Il me répond qu’il entre en master (I) et n’a pas décidé de sa future orientation.D’autres ont déjà fait le choix, me dit-il,la France ,la Pologne,l’Angleterre ont d’importantes réserves de gaz de schistes…

    1. peut-être
      mais c’était pas une raison suffisante pour lui faire avaler son casque
      surtout sans boire un coup

  23. L’Humanité n’est pas née avec Marx ni Hayek non plus.
    Elle n’est pas née dans le capitalisme … , mais dans l’Histoire.
    Une finance humaniste ne pourrait-elle se « nourrir » des réflexions éthiques d’Aristote (il considérait le prélèvement d’intérêt un moyen injuste d’accaparer et les prêts contre intérêt une perversion de l’échange), l’Âge moyenne (spéculation interdite) et d’autres ?
    Il y a eu dans l’Histoire des systèmes « socio-économiques » sans détacher économie et société. Quelques constitutions (autrichienne …) nous dissent que l’économie (ou la propriété) ont une finalité sociale.

  24. L’ Ethique est elle la morale ?
    La morale est issue des rites structurant des groupes …..(Rites conditionnant l’ accès a la sociabilité)
    L’éthique est une tentative (forcément réductrice) de « rationalisation » de ces rites….. persuadé que l’on pense avoir modélisé ces rites moraux , celà autoriserait une modification/destructuration de la structure archaique des groupes ….
    C’est là , a mon sens l’erreur initiale …..La morale ou les rites sont ds la structure , du moins fortement conditionnés par la structure …puisque contraints par l’affect , les acteurs doivent etre « intimes » …Ce là ne peut se remplacer par des règles « écrites » .

  25. L’idéologie de nos sociétés capitalistes libérales développées adeptes de la libre concurrence mondialisée et de compétition à l’échelle de la planète a pour mot d’ordre : « moi d’abord ».
    L’éthique, elle, le savoir-vivre, ont pour mot d’ordre : « après vous ».
    « Moi d’abord », « après vous » : il y a incompatibilité, effectivement, irréductible incompatibilité.
    Mais n’en faisons pas porter la faute à la finance seule.
    Que celui qui n’a jamais péché…

    1. Sauf que monsieur après Vous fonctionne cahin-caha avec monsieur Moi d’abord, plus problématiquement avec monsieur après vous bis et quant à monsieur moi d’abord avec monsieur Moi d’abord bis, pas besoin d’un dessin.

      1. Tain pas l’temps d’finir !
        Bref, tous les idéologues raisonnables – s’il en est – se contentent de fixer implicitement les proportions respectives de messieurdames aV et messieurdames Mda optimales selon eux. 🙂

    2. @Denis Monod-Broca

      L’éthique, elle, le savoir-vivre, ont pour mot d’ordre : « après vous ».

      Ni moi d’abord ni après vous, mais ensemble. Loi du vous c’est moi et vice-versa, en somme. On ne peut plus révolutionnaire en vérité.

      @Paul Jorion

      Allez-y mollo quand même avec le cours inaugural !!! Je vous rappelle que vous avez TOUTE l’année scolaire… Sinon, j’en vois qui vont se décomposer…

  26. J’ai lu ou entendu un jour sur ce même blog que la fin de l’humanité était inscrite dans le taux d’intérêt car les ressources limitées et leur épuisement fatal étaient incompatibles avec la croissance infinie nécessaire à l’application de taux d’intérêt.
    Dans ce cas là comment imaginer une finance au service de la communauté? Est il possible d’imaginer une finance sans taux d’intérêt? Alors c’est quoi la finance?

      1. Est il prévu dans un avenir plus ou moins proche que vos œuvres soient traduites en Espagnol, par exemple ?
        Non pas que je veuille faire l’impasse sur l’effort à fournir pour comprendre votre littérature, mais l’emploi de certaines tournures de phrases et le vocabulaire technique ne sont pas à la portée de ma petite connaissance actuelle du français. Quant aux dictionnaires et autres traducteurs, je n’ose vous parler du résultat que j’obtiens certaines fois à avoir tenté leur usage…

      2. @ au Sud

        La destruction de la planète est programmée, ici, en juin.

        @ Pedro Gil

        Il a été question de projets de traduction en allemand, néerlandais, anglais et japonais. Rien de concret jusqu’ici. Je ne suis pas trop surpris, le mystère des politiques de traduction des maisons d’édition (y compris celles que je fréquente) me semble dépasser en complexité celle du double assassinat dans la rue Morgue.

      3. Okay, bien reçu, mais quid d’une finance désintéressée (cad sans taux d’intérêt)? Cela suppose-t-il obligatoirement une économie sans création de richesse au sens ou on l’entend communément?

      4. Je sais qu’en Espagne, il y a une prise de conscience au sujet de la « chose socio-économique » cependant, et malheureusement, nous n’avons personne de votre équivalence (ainsi que les autres contributeurs de votre blog) pour apporter le recul, l’analyse et la pédagogie nécessaires à sa bonne appréhension.
        Ceci ne veut pas dire non plus que je sois certain qu’une édition de vos ouvrages en Espagnol soit forcément épuisée en 3 jours, mais serait probablement bien diffusée par recommandation… Je sais que j’ai amené quelques unes de mes connaissances, qui ont la chance, comme moi, d’avoir gardé quelques bases de français, à fréquenter votre blog, ce qui nous amène d’ailleurs à discuter souvent de l’interprétation à donner à certaines des formulations que nous y lisons ; Même si nous n’en comprenons pas toujours toute la subtilité, nous arrivons toutefois à en capter l’idée générique que nous tentons, les uns et les autres, d’utiliser comme argument face aux versions erronées de cette crise qu’on nous sert chaque jour dans les médias…
        Ceci dit, je tenterai de me procurer votre livre à paraître le 3 octobre, ce qui sera, outre son intérêt littéraire, un acte symbolique, cette date étant celle de mon 48 ème anniversaire, de là à y voir une renaissance spirituelle, il n’y aurait qu’un pas… 😉

    1. Tenter de modéliser un système économique « équilibré » en conservant au cahier des charges les intérêts (me) semble impossible sans sortir du cadre actuel. Plongé dans se qui doit s’apparenter à un délire, j’ai sérieusement et à de nombreuses reprises tenter l’aventure.

      La plus légère des sorties du cadre que j’ai trouvé pour laisser une place à l’irrésistible besoin de beaucoup à s’enrichir (à savoir accumuler du patrimoine par le mécanisme des intérêts, la liberté quoi…) est d’inspiration saint simonienne : retour de 100% de la masse successorale au pot commun, comprendre taxer à 100% les héritages. Le mécanisme naturel des décès rééquilibre « à haute fréquence » le système instable… le cantonnant dans un tunnel de volatilité plus acceptable.

    2. Sur le même principe qu’une compagnie d’assurance, qui vend un service à un lot de gens assez gros pour que vous préfériez payer une petite somme pour ladite assurance, et être remboursé en cas d’incendie.
      Le tout est que seules les pertes rares soient concernées… (yaka).

      Pour ce que j’ai glané sur l’assurance santé = les système de sécu (un peu le même principe, les grosses maladies étant rares et les petites fréquentes), les systèmes privés se servent toujours un peu voire beaucoup trop, et les systèmes publiques ne sont pas si vorace en cout de gestion (dans les 5 à 15% du fric qui transite, des souvenirs Krugmaniens sur les US il est vrai. Donc faisons vivre des gens avec 15% de ce que nous sommes prêt à mettre de côté en cherchant à en retrouver 85% statistiquement en cas de (grosse et rares) pertes.

  27. La finance « éthique » ! et pourquoi pas un tigre végétarien, un capitaliste humaniste, un banquier philanthrope, le P »S » de gauche, un footballeur pro intelligent, la croissance infinie, la voiture « propre »…(liste d’oxymorons à compléter)

  28. De l’éthique en économie à l’éthique dans les affaires, il n’y a qu’un pas ! une anecdote

    Etant beaucoup plus jeune, lors d’un entretien d’embauche, on m’a demandé d’énumérer mes qualités, j’ai eu la naïveté de mentionner l’honnêteté…suite à cela on m’a demandé quel serait mon prix pour être malhonnête en me précisant que tout le monde avait un prix pour devenir malhonnête.
    Je n’ai pas donné de réponse et il a été mis fin à notre entretien de la manière suivante « Cher Monsieur, revenez nous voir quand vous connaîtrez le prix de votre malhonnêteté »

    La leçon de l’anecdote est que dans certains milieux, la survie professionnelle est fortement liée à l’absence d’éthique.

    1. Cher Justin,

      l’anecdote est savoureuse même si l’éthique de l’entreprise passant par le comportement de ses salariés et son réglement interne (officiel et officieux), on peut espérer que l’invitation ne relevait pas d’un réglement officieux mais d’une pirouette élégante pour mettre fin à l’entretien … mais mais rien n’est exclu … et la malhonnêteté n’a jamais de prix car la liberté (physique, intellectuelle, sentimentale) de chacun a une valeur inestimable : nous n’avons qu’une vie et elle devrait ne pas être négociable.

      Bien à vous

      1. Mais non! Ces gars la cherchaient le profil de l’esclave parfait: Il tue, il vole pour 3 balles…
        Excusez moi du terme, mais ils cherchent le con parfait…
        Ils ne cherchent pas la competence, mais le comparse, l’homme de main; le tueur à gage.
        Ce qui fait gagner désormais, ce n’est pas la création, mais la magouille, la combine, le poker.
        Ce sont des voyous, tout simplement!
        Etes vous à ce point ahurie?

        Dites moi d’ou ils sortent ces mecs, je vous jure que vais leur faire la fete sur le net!!!

    2. Moi, je les aurait traités de voleurs, bandits et gibiers de potence…
      Tout ce qu’ils sont en plus, de pauvre débiles qui se permettent du juger des humains d ecette façon.
      Et vous n’etes pas rancunier?
      Comment etes vous fabriqué? Vous allez continuer à supporter ce spauvres minables, qui ne savent rien faire d’autre que de juger leurs prochains sur des critéres débiles et incmpétents?
      Vous ne voyez pas qu’ils sont payés pour ça? Pour vous destabiliser en racontant n’importe quoi?
      Ces gars veulent des esclaves…Ce sont des SS qui boivent dans le D.Goebbels, spécialiste en son temps…

  29. C’est comme le comité éthique du Medef ou le nouveau capitalisme éthique de la De Menthon; de qui se moque t’on !?!

    La contradiction du capitalisme est dans son essence, éthique et finance ne rimeront jamais ensemble.

    Une seule solution changer de paradigmes et « Casser les pieds des idoles à coup de
    marteau »

    1. @ Justin
      Comme quoi ce que dit Jorion sur  » l’esprit d’équipe  » synonyme de  » tolérance à la fraude  » ne concerne pas seulement les plus hautes instances de la Phynance…

  30. Tiens, j’aurai appris quelque chose, que Friedmann ET Hayek étaient copains avec Pinochet. Pour Friedmann je m’en doutais, mais Hayek. Effectivement, ça n’a pas empêché de voir des politiques aller leur rendre hommage et les hommes de micro de continuer à en parler du miel plein la bouche.
    Pas d’éthique en finance, finalement c’est comme dans à peu près toutes les activités de commerce et de production. On n’a jamais pensé un monde où une constitution fixait la démocratie comme primat, avec les annexes explicitant leur application pour ces activités.
    Il y a eu celle de 89, mais il y a au moins deux siècles qu’elle a été reléguée au rayon « idéal ».
    Quelque part, ces pauvres financiers ne doivent même pas comprendre de quoi on leur parle. Y a bien les « externalités », mais j’ai pas l’impression que l’éthique puisse rentrer dedans…

  31. Cher Paul Jorion,

    «L’éthique n’est pas considérée par les économistes et les financiers comme le cadre au sein duquel les activités de la finance viennent s’inscrire», comme on le voit dans «Cash Investigation: la finance folle», une émission où vous intervenez.

    Bien vôtre

  32. Ici Londres , je répéte , en codé , ethique comme étiquette , c’est la guerre , changer d’onde ,
    je répete , c’est la guerre , changer d’onde .

  33. Je réponds souvent à côté du sujet (‘pour économistes’), mais quand même.
    Quand on a installé le label et les critères de la finance éthique, les entreprises du CAC 40 ont été les premières promues (vieille référence du Diplo).
    Et pour moi qui suis d’abord environnementaliste, je dois bien constater la manière dont les valeurs sont récupérées. Ce sont les produits « SANS » : papier sans chlore, chips sans huile de palme (‘le consommateur peut agir’, dit la pub, etc. Tout produit peut se vanter de s’être privé de ceci ou cela. C’est sa ‘valeur éthique ajoutée’.
    Bon, c’était pour faire avancer la leçon inaugurale.

    1. Eh oui, il faut du porduit « avec » et pas « sans », mais avec « soin », « cura » ou « philia » ou « otium » ou savoir-faire ou savoir-vivre…

  34. Ethique
    Et tic
    Et tic tac toc
    Poétique
    Peau et tique
    Pot & tic
    Poète, hic (celle là pour Vigneron)
    Hypothétique
    Hip, oh, et tic (idem)
    hip hip hip…

  35. L’éthique n’a rien à voir avec la finance.
    L’idée même qu’il puisse y avoir une finance éthiquement raisonnable ou intègre est un non-sens.
    L’économie n’est pas une philosophie, encore moins une doctrine religieuse.
    Il faut démontrer que l’économie n’est qu’un discours de circonstances de légitimation de la domination d’un groupe d’individus.
    Le but premier de la finance est d’accumuler, alors que l’intermédiation financière n’apporte aucune valeur ajoutée et que la création monétaire est un leurre.
    Il faut véritablement revenir à la notion de monnaie, de capital et d’investissement.
    Beaucoup d’inepties ont été proférées au nom de l’orthodoxie néo-libérale.
    Votre cours devrait remettre en cause l’emprise de ces discours abscons sur nos politiques.
    La vrai démarche, et je vous tire mon chapeau, est de dénoncer les notions et concepts idiots de l’idéologie néo-libérale en montrant que ces notions et concepts sont sans fondements véritables. autrement dit il faut montrer qu’ils sont liés au concept de richesse et qu’ils justifient la concentration de celle-ci entre les mains de quelques-uns.

  36. Oresme – père de la finance éthique – dans son Traité des monnaies :

    CHAPITRE VIII
    Les mutations des monnaies, en général

    Il faut savoir avant tout que l’on ne doit jamais modifier sans une nécessité évidente les lois, statuts, coutumes ou ordonnances antérieures, quelles qu’elles soient, qui concernent la communauté. Bien mieux, selon Aristote, dans le second livre de la Politique, la loi ancienne positive ne doit pas être abrogée pour une nouvelle meilleure, à moins qu’il n’y ait une différence très notable entre elles, parce que de tels changements diminuent l’autorité de ces lois et le respect qu’elles inspirent, plus encore s’ils sont faits fréquemment. De là, en effet, naissent le scandale, les murmures dans le peuple et le danger de désobéissance. A plus forte raison si de tels changements rendaient la loi pire, car ces changements seraient alors intolérables et injustes.

    De fait, le cours et le prix des monnaies dans un royaume doivent être pour ainsi dire une loi, un règlement ferme. […] C’est pourquoi Aristote, dans le cinquième livre des Ethiques, parlant de la monnaie, déclare : « Elle tend toutefois à une plus grande stabilité. »

    […] Donc, il est bon de traiter chacune de ces façons pour les éclairer et de rechercher par la raison si, par l’une d’elles, la monnaie peut être muée à bon droit et quand, et par qui, et comment, et pourquoi.

    CHAPITRE IX
    La mutation du type de la monnaie

    On peut renouveler le type imprimé ou empreinte de la monnaie de deux manières […]ou bien c’est parce [que le prince] veut fabriquer plus de monnaie afin d’en retirer plus de gain, selon ce qui a été dit au chapitre VII, et c’est là de la cupidité dépravée, au préjudice et au détriment de toute la communauté.

    CHAPITRE X
    La mutation de la proportion des monnaies

    […] ce monopole des monnaies serait encore plus véritablement tyrannique parce qu’il serait plus involontaire, non nécessaire à la communauté et particulièrement dommageable.

    […] C’est pour cette raison, et pour que le prince ne puisse pas feindre avec malveillance que la mutation de la proportion des monnaies a la cause indiquée dans le présent chapitre, qu’il revient à cette seule communauté d’apprécier si et quand et comment et jusqu’où doit être mutée cette proportion, et que le prince ne doit en aucune façon usurper ce droit.

    CHAPITRE XI
    La mutation de l’appellation de la monnaie

    Comme on l’a dit au chapitre IV, les monnaies ont parfois des appellations ou noms contingents qui les désignent d’après l’auteur ou le lieu du monnayage et qui ne nous concernent pour ainsi dire pas ici, ou peu. Mais il y en a d’autres plus essentiels et spécifiques à la pièce comme denier, sou, livre et autres semblables qui indiquent le prix ou le poids […]

    On ne doit donc précisément jamais faire cette mutation de l’appellation, et le prince surtout ne doit en aucun cas s’y risquer.

    CHAPITRE XII
    La mutation du poids des monnaies

    […] le prince, par ce moyen, peut acquérir pour lui l’argent d’autrui.

    C’est pourquoi des richesses ainsi réunies aux dépens de leur propriétaire se consument bientôt parce que, comme dit Cicéron , « bien mal acquis ne profite pas ».

    CHAPITRE XIII
    La mutation de la matière des monnaies

    Ou bien la matière de la monnaie est simple, ou bien elle est alliée : c’est ce qui ressortait du chapitre III.

    C’est pourquoi, lorsqu’on fait un alliage de ce type, ou de la monnaie noire, la communauté doit préserver par devers elle, dans un lieu public ou dans plusieurs, un exemplaire de cette proportion et de la qualité de l’alliage, pour éviter les dangers, c’est-à-dire afin que le prince (qu’il s’en garde !) ou les monnayeurs ne falsifient pas secrètement cet alliage.

    CHAPITRE XV
    Le gain que le prince tire de la mutation de la monnaie est injuste

    Il me semble que la cause première et dernière pour laquelle le prince veut s’emparer du pouvoir de muer les monnaies, c’est le gain ou profit qu’il peut en avoir, car autrement, c’est sans raison qu’il ferait des mutations si nombreuses et si considérables. Je veux donc encore montrer plus à fond qu’une telle acquisition est injuste.

    […] tout ce qu’un prince fait aux dépens de la communauté est une injustice et le fait, non d’un roi, mais d’un tyran, comme dit Aristote. […]

    Il est vraisemblable que, si cela était permis, lui ou ses successeurs continueraient ainsi, ou de leur propre mouvement ou poussés par des conseillers, parce que la nature humaine incline et tend à s’enrichir toujours davantage quand elle peut le faire facilement. Ainsi, le prince pourrait enfin attirer à lui presque tout l’argent ou les richesses de ses sujets et les réduire à la servitude, ce qui serait faire entièrement preuve de tyrannie et même d’une vraie et parfaite tyrannie, comme il ressort des philosophes et des histoires des anciens.

    CHAPITRE XVII
    Le gain dans la mutation de la monnaie est pire que l’usure

    Il y a trois manières, me semble-t-il, par lesquelles on peut tirer du gain de la monnaie sans l’employer selon son usage naturel : la première, c’est par l’art du changeur, dépôt ou commerce des monnaies ; la deuxième, c’est l’usure ; la troisième, la mutation de la monnaie. La première manière est vile, la deuxième mal, la troisième pire. Aristote fit mention des deux premières et non de la troisième, parce qu’en son temps une telle perfidie n’avait pas encore été inventée.

    Que la première soit vile et blâmable, Aristote le prouve […]

    Pour l’usure, il est tout à fait certain qu’elle est mauvaise, détestable et inique, et cela découle des Saintes Ecritures. Mais il reste à montrer maintenant que faire du gain lors d’une mutation de la monnaie est encore pire que l’usure. […]

    Pour l’usure, il est tout à fait certain qu’elle est mauvaise, détestable et inique, et cela découle des Saintes Ecritures. Mais il reste à montrer maintenant que faire du gain lors d’une mutation de la monnaie est encore pire que l’usure. En effet, l’usurier remet son argent à quelqu’un qui le reçoit volontairement et qui peut ensuite en tirer parti pour subvenir à ses besoins. Ce qu’on lui donne en plus du capital, c’est par un contrat volontaire entre les parties. Mais, dans une mutation indue de la monnaie, le prince ne fait rien d’autre que prendre, sans leur accord, l’argent de ses sujets, en interdisant le cours de la monnaie antérieure, meilleure et que tous préféraient à la mauvaise, pour leur rendre ensuite un argent moins bon, en l’absence de toute nécessité et sans que cela puisse avoir une quelconque utilité pour eux. Lors même qu’il la fait meilleure qu’avant, c’est cependant pour qu’elle soit dépréciée par la suite, et qu’il leur attribue moins, à valeur égale, de la bonne que ce qu’il avait reçu de l’autre. De toute façon, il en retient une partie pour lui. Donc, dans la mesure où il reçoit plus d’argent qu’il n’en donne, à l’encontre de l’usage naturel de celui-ci, cet accroissement est comparable à l’usure elle-même, mais elle est pire que l’usure en ce qu’elle est moins volontaire ou qu’elle s’oppose plus à la volonté des sujets, sans que cela puisse leur profiter, et en l’absence complète de toute nécessité. Puisque le gain de l’usurier n’est ni aussi élevé ni en général préjudiciable à autant de gens que l’est celui-ci, imposé à toute la communauté contre ses intérêts avec non moins de tyrannie que de fourberie, je me demande si l’on ne devrait pas l’appeler plutôt brigandage despotique ou exaction frauduleuse.

    1. @Gu Si Fang : »De là, en effet, naissent le scandale, les murmures dans le peuple et le danger de désobéissance. »

      « Ainsi, le prince pourrait enfin attirer à lui presque tout l’argent ou les richesses de ses sujets et les réduire à la servitude, ce qui serait faire entièrement preuve de tyrannie »

      Si je résume, le bidouillage de la monnaie entraîne :
      1) le danger de désobéissance du peuple.
      2) la servitude des sujets du prince.

      Deux solutions ici, soit Oresme se contredit, soit « peuple » n’est pas identique à « sujets du prince ».
      Oresme étant un grand esprit, je ne vais pas dire qu’il se contredit. Mon avis est que le « peuple » c’est le pauvres (qui sont déjà en servitude), les « sujets du prince » sont les bourgeois (qui sont libres et ont des biens mais sont dépendants des caprices du prince). De plus, cette explication est cohérente avec, Gu Si Fang, votre défense acharnée et sans failles des bourgeois nantis et votre désintérêt pour le menu peuple.

    2. @ Moi

      Oresme remarque que les lois injustes finissent par être désobéies. De même, les monnaies par trop manipulées finissent par être rejetées. Mais comme cela implique de revenir au troc, ou d’utiliser des monnaies interdites et d’encourir de graves sanctions, cela ne se voit historiquement que dans les cas les plus extrêmes d’inflation. Les mutations des monnaies, comme les lois injustes, sont une exploitation des faibles par les forts. Mais je ne crois pas que cette lecture lutte-des-classesque soit utile ici. Oresme parle de toute la communauté.

      On peut faire un autre commentaire sur ce texte remarquable. Oresme compare et hiérarchise les trois « péchés » (?) que sont pour lui le change, l’usure et la mutation des monnaies. Mais il les traite comme des phénomènes indépendants. À ma connaissance, il ne parle pas du fait que la mutation des monnaies a toujours été un formidable stimulant pour les cambistes et les agioteurs. Vilipender ces derniers sans s’interroger sur la monnaie serait donc dommage, d’abord à cause de ce lien de cause à effet que je viens de signaler, et surtout à cause de la hiérarchie éthique qu’Oresme établit.

      1. @Gu Si Fang : « Je ne crois pas que cette lecture lutte-des-classesque soit utile ici. »

        Vous pensez donc qu’Oresme se contredit? Tout en disant que ce texte est remarquable?

        Plus sérieusement, le peuple était paysan, dépourvu d’argent et déjà dans la servitude. Que vouliez-vous que cela lui fasse que le prince bidouille la monnaie? Il est clair que lorsqu’il parle des « sujets du prince qui risquent la servitude », il ne se réfère pas au peuple (qui lui risquerait plutôt de se révolter).

        Autre preuve de ce que j’avance. Pourquoi le peuple se révolterait-il si on bidouille la monnaie? Oresme nous donne comme cause: « de tels changements diminuent l’autorité de ces lois et le respect qu’elles inspirent ». Il ne nous parle pas de déchéance pécuniaire du peuple, évidemment, mais bien plutôt d’un état de servitude à maintenir par la puissance de la loi (puissance qui dépend beaucoup des apparences: « autorité et respect »). Par contre, lorsqu’il parle des « sujets du prince », c’est-à-dire les bourgeois, il nous donne comme cause: « le prince pourrait enfin attirer à lui presque tout l’argent ou les richesses de ses sujets ». CQFD.

      2. Oresme compare et hiérarchise les trois « péchés » (?) que sont pour lui le change, l’usure et la mutation des monnaies. Mais il les traite comme des phénomènes indépendants. À ma connaissance, il ne parle pas du fait que la mutation des monnaies a toujours été un formidable stimulant pour les cambistes et les agioteurs. Vilipender ces derniers sans s’interroger sur la monnaie serait donc dommage, d’abord à cause de ce lien de cause à effet que je viens de signaler, et surtout à cause de la hiérarchie éthique qu’Oresme établit.

        C’est ça et pis hiérarchie causale aussi tant qu’on y est, hein ? Grossmerdo, si on en était resté au à l’écu, au Louis d’or du bon Saint Louis (voire aux manilles des ex-esclaves) ben on aurait pas d’banquiers voleurs et d’agioteurs spéculateurs, hein Gus ?
        Ouais mais il dit aussi l’Oresme :

        (la mutation monétaire) n’est pas contre nature ni comparable à l’usure, du moment que ce n’est pas le prince qui le fait mais la communauté même à qui appartient cette monnaie.

      3. @vigneron: excellente la citation, elle m’avait échappé. On voit clairement pour qui il roule, le Oresme. « je ne crois pas que cette lecture lutte-des-classesque soit utile ici », qu’il disait… C’est toujours ce qu’ils disent d’ailleurs…

        J’ai trouvé ceci aussi (voir page 23): « Qualifier les oeuvres de Nicolas Oresme, de Jean Buridan ou celle de Bartole de Sassoferrato de nominaliste signifie, d’un point de vue analytique, deux choses:
        – leurs oeuvres sont dans la mouvance de la révolution doctrinale opérée par Guillaume d’Occham (1295-1350) dans le domaine de la connaissance, qui sépare nettement la théologie, domaine de la foi, de la philosophie, domaine de la raison;
        – leurs oeuvres soutiennent la révolution « invisible » qu’effectue la merchanderie (c’est-à-dire la bourgeoisie, voir note en bas de page) dans la conquête du pouvoir, par son appui inconditionnel à la royauté contre l’aristocratie et l’Eglise, remettant ainsi en cause les institutions féodales théocratiques. »

        N’en jetons plus, la coupe est pleine. De toutes façons, si un auteur est choisi par Gu Si Fang, on sait direct pour quelle classe ça roule…

      4. @vigneron: Mais tout le monde ne veut pas récupérer un bon scolastique que tout le monde peut récupérer.

      5. Connaît-on un exemple historique où la planche à billets du peuple ait été actionnée par le peuple, et pour le peuple ?

        Et des exemples historiques où la planche à billets de quelques-uns a été actionnée par eux dans leur propre intérêt ?

      6. « Connaît-on un exemple historique où la planche à billets du peuple ait été actionnée par le peuple, et pour le peuple ? »

        Il n’y a jamais eu de planche à billets du peuple.

        « Et des exemples historiques où la planche à billets de quelques-uns a été actionnée par eux dans leur propre intérêt ? »

        Ben ouais. Pourquoi croyez-vous que certains ont inventé la planche à billets? Parce que c’était universellement néfaste? Il me semble que vous perdez vos tartines…

  37. le peuple
    le fourre-tout
    le peuple aura le dernier mot, devrait avoir le premier
    le peuple n’a même pas conscience de lui-même
    et plus encore de son degré d’exigence
    ya pas plus tyrannique qu’un bébé
    on a beau jeu de le réduire à son état préinfantile
    après guerre on avait eut une avancée de la conscience collective
    qu’en est-il aujourd’hui?
    j’ai le sentiment que disposant d’une masse d’information amplifiée l’important a été tenu sous scellé
    et que le coffre fort manque d’espace et menace d’exploser
    nous allons nécessairement vivre une autre révolution copernicienne ou darwinienne ou les deux ou du même style
    malgré qu’on ait pratiqué la lobotomie à grande échelle par écrans interposés
    il ya quelques spécimens qui ont par voie adaptative développé une forme aigue d’immunité
    mais ça va pas être simple avec la masse des zombies ( au réveil)

    1. « Il ya quelques spécimens qui ont par voie adaptative développé une forme aigue d’immunité mais ça va pas être simple avec la masse des zombies ( au réveil). »
      Bel exemple rahahaesque d’un syndrome paradoxal de plus en plus courant : le syndrome dit de Zombino-Populiste.
      Symptomes les plus patents : le malade cause du Peuple par le Peuple et pour le Peuple du soir au matin et du matin au soir et ne cesse pourtant de traiter ses congénères populeux de « bébés lobotomisés sans conscience, contaminés, non-immunisés » et réduits à s’agglutiner en un agrégat de gelée verdâtre de « zombies » lambda.
      Délires megalomaniaques et/ou paranoïaques dans tous les cas cliniques observés.
      Camisoles chimique et physique plus que recommandées.

      1. quand ça ira très mal , l’énorme masse des pauvres et des opprimés peut compter sur le soutien de Vigneron
        il les enseignera sur ce qu’il y a lieu de savoir pour comprendre quelque chose à ce qui leur arrive.
        vous devriez recruter, un peu d’aide ne sera pas de trop.

  38. La finance exige des rendements financiers et productivistes, que des secteurs ne peuvent continuer, dans certaines à cause d’une limitation énergétique ou dans d’autres créant des déséquilibres biologiques. Les abeilles sont essentiels à l’entretien de notre environnement, pourtant elles connaissent une baisse très importante.

    Les abeilles contribuent à polléniser la Nature, pourtant le productivisme a vu chuter entre 70 et 80% le nombre d’abeilles, ce qui est très important pour les activités humaines. La gestion de la survie des ruches des abeilles, qui les abeilles ont parfois complètement abandonnés, font que les futurs ruches ont été implanter, près des centres urbains, a contrario des campagnes qui sont leurs lieux de vies d’origine.

    Sans abeilles, on ne peut manger fruits et légumes. Cette baisse drastique dût à des rendements excessifs, et biologiquement inadaptés, ont des conséquences sur la vie des abeilles, et l’environnement dont dépends aussi les activités humaines. La consommation de fruits et de légumes ne sont pas négligeables dans une société, où d’ailleurs la consommation de viande est très énergivore.

    L’éthique de la finance se situe dans les rendements biologiquement incompatible qui sont exigés, et les nombreux contrats qu’entourent ses activités, comme celles des abeilles.

    1. organique
      notre avenir commun passe par le fait de réintroduire une vision organique dans toutes les strates d’activités

  39. A propos de terrains minés les Us , généreuseument ( faute d’ortho voulue) , déminent ce qu’ils ont miné conscieusement au Viet-Nam , pas tout bien sur ,la dépense serait colossale , et avec les tee party , question budget …. Non on commence autour de Da Nang , çà tombe bien parce que le Viet-Nam estimant la Chine de plus en plus arrogante , revoit ses sentiments vis à vis des US et lui permet l’accés à son seul port en eau profonde , excellent pour les bateaux de guerre comme s’en souvient le Pentagone . Ainsi les Us ont à nouveau accés à un port dans cette mer méridionale dite de Chine , dont justement la Chine a pour ambition de la traiter comme une mer à elle , projettant pour sa marine le controle jusqu’au Phillipines . Concurrence directe avec les Us . Tout çà à un prix , bien sur . Qui paye en définitive ? Peut étre l’euro ou l’ Europe dont les vissicitudes du Karma l’améne inexorablement vers un $ pour un euro , d’ailleurs on se demande (ou devrait se demander ) comment se fait-il que l’euro est atteint plus de 1,4 $ ?
    çà fait un peu comme pour le Tour de France , certes les coureurs sont valeureux , mais un peu dopés quand méme , d’ailleurs çà commence dés le cyclisme amateur . Vanité seulement ou volonté de payer les matiéres premiéres bon marché , le pétrole entr’autre , et de drainer abondamment les capitaux dits flottants , de part le monde , pour financer les déficits étatiques
    gourmands en dépenses de prestiges , populaires à court terme et favorisant les élections ?

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