Archives par mot-clé : IASB

Keynes : Le « profit comptable » nous empêche de voir grand

Le 19 avril 1933, John Maynard Keynes est invité à donner la première des « Finlay Lectures » à University College à Dublin. Dans cette conférence, il évoque spécifiquement la situation irlandaise. Il en réécrira le texte, en le décontextualisant et en en généralisant le propos. L’article paraît sous le titre de « National Self-Sufficiency », l’autosuffisance nationale, dans deux numéros successifs du New Statesman : le 8 et le 15 juillet ; il paraît également aux États-Unis, dans la Yale Review dont le numéro est daté de juin 1933.

Keynes se prononce en faveur de l’autosuffisance. Il s’enflamme à son habitude contre la libre circulation des capitaux à vocation spéculative et déclare que

« Je me range […] aux côtés de ceux qui voudraient restreindre l’intrication des nations, plutôt que de ceux qui voudraient la voir s’étendre. Les idées, le savoir, la science, l’hospitalité, les voyages – telles sont les choses qui de par leur nature devraient être internationales. Mais faisons en sorte que ce qui peut être fait chez soi le soit autant qu’il est raisonnable et pratique de le faire, et, surtout, faisons en sorte que la finance soit essentiellement nationale » (Keynes [1933] 1982 : 236).

Les propos sont convenus et ne reflètent guère l’enthousiasme qui caractérise généralement les interventions orales de Keynes. On ne peut manquer de se demander si le thème de l’autosuffisance ne lui a pas été imposé par le cadre ou par ses hôtes et qu’il se contente là de les obliger.

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CES NORMES ET TAXES QUI LES ÉTRANGLENT, par François Leclerc

Billet invité.

Bien qu’il ne soit pas un habitué des médias, Sir David Tweedy n’est pas exactement n’importe qui dans le monde financier. Pendant dix ans et jusqu’en 2011, il a présidé l’International Accounting Standards Board (IASB) qui définit internationalement les normes comptables (les États-Unis faisant cavalier seul), et poursuis désormais sa carrière à la présidence de l’International Valuation Standards Council (IVSC). Cette discrète organisation privée, dont le siège est à New York et les bureaux sont à Londres, a pour mission d’établir des normes standard d’évaluation des actifs financiers, question de la plus haute importance comme on va le voir.

Le président de l’IVSC vient de se réveiller pour découvrir un secret de polichinelle, dont on pouvait croire qu’il était la raison d’être même de son organisation : il y a selon lui une grave lacune dans la régulation financière, à savoir l’absence d’instruments d’évaluation financiers communs et de référence ! Car l’évaluation de la santé des banques par les investisseurs, les auditeurs et les régulateurs dépend de leurs outils d’évaluation propres, rendant les comparaisons impossibles, déplore-t-il. Afin de prévenir dans les plus brefs délais ce qu’il ne qualifie pas moins que de « nouveau désastre », Sir David Tweedy a constitué un groupe de travail en vue de dégager un consensus au sein de la profession au sujet des méthodes permettant de calculer la fair value (la juste valeur) des actifs.

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