Archives par mot-clé : Jean-Baptiste Say

Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (XI) Sommes-nous trop nombreux ?

Je publie en feuilleton la retranscription (merci à Éric Muller !) de ma très longue conférence le 29 novembre 2018. Ouvert aux commentaires.

Question de la salle : Bonsoir. Une question à propos de Jean-Baptiste Say, un économiste lyonnais qui en 1803, à propos de la science économique vis-à-vis des ressources, de la « capacité de charge » comme vous l’avez dit, avait écrit que les richesses naturelles étaient infinies sinon on ne les aurait pas gratuitement (je crois que c’est ça) et je suis en train de m’écharper sur Youtube avec quelqu’un qui me répond qu’en fait, non, c’est pas ça la définition, c’est juste ce qui est vraiment infini, comme la lumière du soleil où l’air, et que ça ne définit que ça, donc c’est pas cette affirmation qui serait un problème – et pour élargir la question, est-ce que aujourd’hui ou pendant le XXe siècle – je crois savoir que Keynes ne prenait pas la question des ressources finies de la planète – est-ce qu’il y a eu un courant, un grand nombre d’économistes, qui prend vraiment dans les calculs la finitude des ressources, et aussi les impacts, c’est-à-dire la pollution, tout ça ?

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Le masque, par Léoned

Billet invité.

J’approuve le billet de Michel Leis, mais je le trouve indulgent. Trop indulgent.

Ce n’est pas un abus de langage, c’est un contresens.

Ce n’est pas un contresens, c’est une arnaque.

C’est pire qu’une arnaque, c’est un masque.

En se proclamant « social-démocrate », comme s’il s’agissait là d’une maladie honteuse, François Hollande feint de se cacher de ce qu’il est vraiment : un parfait libéral.

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BFM Radio, le lundi 7 décembre à 10h46

Par essais et erreurs

« Contrôlons la monnaie », affirment les monétaristes, « et le reste prendra soin de lui-même ». « Pas si vite ! », dit Keynes, « la monnaie peut se porter très bien dans une économie de sous-emploi. Le mécontentement social qui résulte alors du chômage est un facteur déstabilisant, encourageant même certains à prôner un autre système économique. Il faut au contraire mettre le plein-emploi au centre des préoccupations ; les autres facteurs, comme la monnaie, seront réglés ensuite ». « Peut-être », corrige Schumpeter, « mais rien ne vaut la fuite en avant technologique. L’humanité bénéficie de son progrès par un plus grand bien-être, et l’accroissement des richesses corrige tous les défauts qui pourraient apparaître ! »

Le fait est que l’on a d’un côté la production et de l’autre, la consommation, et que rien ne va si le volume de l’un et de l’autre ne sont pas les mêmes. Alors, ou bien on dit comme Jean-Baptiste Say qu’ils sont automatiquement égaux – même s’il y a malheureusement des petits délais ou des écarts dans l’ajustement nécessaire. Ou bien on prétend avoir trouvé la recette-miracle qui permet que les deux coïncideront toujours. Ou bien encore, on ajuste l’un à l’autre de force – comme en Union Soviétique – et l’on a à la fois cinq salariés par poste et rien sur les étagères des magasins.

Dans la pratique – comme l’innovation technologique chère à Schumpeter ne se commande pas – on procède par essais et erreurs. Et quand la solution de Keynes ne marche pas, on passe à celle de Friedman. Ou l’inverse.

Pourquoi cela ne marche-t-il jamais ? Parce que le système est beaucoup plus compliqué qu’on ne veut le reconnaître, et qu’il y a toujours des facteurs dont on n’a pas tenu compte, soit intentionnellement (on introduit toujours des hypothèses simplificatrices), soit par accident.

Ajuster de force n’est pas la solution mais cela veut-il dire que la méthode par essais et erreurs puisse être employée indéfiniment ? On a vu où ça mène – et avec la complexité croissante qu’a permis l’informatique, les ajustements de tirs sont de plus en plus coûteux. Pour que tout ce qui est produit soit aussi consommé, il faut que les ménages aient assez d’argent. S’il leur en manque on complète par le crédit. Là aussi on sait où ça mène : on crée des pyramides de créances, qui finissent un jour par s’écrouler– comme en 2007 aux États-Unis, et il faut alors des années pour se remettre sur pied.

Or – on le sait – il faudra de moins en moins de monde pour produire tout ce dont on a besoin. Imaginer qu’il y aura toujours en face de l’offre une demande de même volume – par l’opération du Saint Esprit – relèvera donc toujours davantage du vœu pieux. Keynes avait raison : pour que les gens ne remettent pas en question le système économique au sein duquel ils vivent, il faut qu’ils soient heureux. Pour cela, il faut assurer, disait-il, le plein emploi. Mais s’il disait cela, c’est parce que le seul moyen qu’il envisageait pour eux d’obtenir les revenus qui leur permettraient de consommer, était qu’ils travaillent. Et si l’on reprenait la question dans l’autre sens ? En partant plutôt du fait qu’il faudrait que les gens soient heureux. Et en déduisant tout le reste à partir de là : le travail, l’argent, etc. Juste pour voir !

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