BFM Radio, le lundi 7 décembre à 10h46

Par essais et erreurs

« Contrôlons la monnaie », affirment les monétaristes, « et le reste prendra soin de lui-même ». « Pas si vite ! », dit Keynes, « la monnaie peut se porter très bien dans une économie de sous-emploi. Le mécontentement social qui résulte alors du chômage est un facteur déstabilisant, encourageant même certains à prôner un autre système économique. Il faut au contraire mettre le plein-emploi au centre des préoccupations ; les autres facteurs, comme la monnaie, seront réglés ensuite ». « Peut-être », corrige Schumpeter, « mais rien ne vaut la fuite en avant technologique. L’humanité bénéficie de son progrès par un plus grand bien-être, et l’accroissement des richesses corrige tous les défauts qui pourraient apparaître ! »

Le fait est que l’on a d’un côté la production et de l’autre, la consommation, et que rien ne va si le volume de l’un et de l’autre ne sont pas les mêmes. Alors, ou bien on dit comme Jean-Baptiste Say qu’ils sont automatiquement égaux – même s’il y a malheureusement des petits délais ou des écarts dans l’ajustement nécessaire. Ou bien on prétend avoir trouvé la recette-miracle qui permet que les deux coïncideront toujours. Ou bien encore, on ajuste l’un à l’autre de force – comme en Union Soviétique – et l’on a à la fois cinq salariés par poste et rien sur les étagères des magasins.

Dans la pratique – comme l’innovation technologique chère à Schumpeter ne se commande pas – on procède par essais et erreurs. Et quand la solution de Keynes ne marche pas, on passe à celle de Friedman. Ou l’inverse.

Pourquoi cela ne marche-t-il jamais ? Parce que le système est beaucoup plus compliqué qu’on ne veut le reconnaître, et qu’il y a toujours des facteurs dont on n’a pas tenu compte, soit intentionnellement (on introduit toujours des hypothèses simplificatrices), soit par accident.

Ajuster de force n’est pas la solution mais cela veut-il dire que la méthode par essais et erreurs puisse être employée indéfiniment ? On a vu où ça mène – et avec la complexité croissante qu’a permis l’informatique, les ajustements de tirs sont de plus en plus coûteux. Pour que tout ce qui est produit soit aussi consommé, il faut que les ménages aient assez d’argent. S’il leur en manque on complète par le crédit. Là aussi on sait où ça mène : on crée des pyramides de créances, qui finissent un jour par s’écrouler– comme en 2007 aux États-Unis, et il faut alors des années pour se remettre sur pied.

Or – on le sait – il faudra de moins en moins de monde pour produire tout ce dont on a besoin. Imaginer qu’il y aura toujours en face de l’offre une demande de même volume – par l’opération du Saint Esprit – relèvera donc toujours davantage du vœu pieux. Keynes avait raison : pour que les gens ne remettent pas en question le système économique au sein duquel ils vivent, il faut qu’ils soient heureux. Pour cela, il faut assurer, disait-il, le plein emploi. Mais s’il disait cela, c’est parce que le seul moyen qu’il envisageait pour eux d’obtenir les revenus qui leur permettraient de consommer, était qu’ils travaillent. Et si l’on reprenait la question dans l’autre sens ? En partant plutôt du fait qu’il faudrait que les gens soient heureux. Et en déduisant tout le reste à partir de là : le travail, l’argent, etc. Juste pour voir !

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85 réflexions sur « BFM Radio, le lundi 7 décembre à 10h46 »

  1. Le bonheur pose deux problèmes, d’abord sa définition, et bien sur les moyens d’y parvenir.

    Pour la définition, je renvoie à l’identité nationale, c’est aussi fumeux. Chaque terrien doit avoir sa définition du bonheur. Quant aux moyens pour y parvenir, en remplaçant bonheur par jouissance, je dirais qu’ils sont tous bons.
    De fait, je ne pense pas que le bonheur soit une bonne base pour raisonner.

    Par contre, il y a à dire sur le travail.

    Premièrement, c’est une contrainte. Cela correspond à un impératif de survie et personne n’y échappe hormis les rentiers.
    Deuxièmement, le travail s’exprime majoritairement en termes de subordination.
    Troisièmement, Le travail est couteux. En temps, en énergie, en argent, en usure physique, etc.

    Je voudrais ici dissocier le travail et l’activité. Pourquoi? Parce que la notion de subordination pousse les individus au travail à faire des choses qu’ils refuseraient de faire de leur propre chef.
    L’activité est un choix librement consenti ou contractuel.

    Il est évident que l’accroissement de la productivité individuelle pose deux énormes problèmes. D’abord en faisant diminuer la masse de travail disponible, elle entretient un chômage important et des conditions d’emploi dégradées pour ceux qui en ont. Et puis elle pose le problème des débouchés vers une population ayant de moins en moins de pouvoir d’achat.

    Comme pour de qui arrive à la sphère financière, la valeur travail est en grosse perte de vitesse. Un degré de qualification toujours plus élevé, des conditions de mobilité inacceptables pour la plupart, des salaires réduits à la portion congrue, Des marches d’exclusion énormes à l’entrée et à la sortie… Bref, il y a pénurie.

    Enfin, la quasi disparition des emplois non qualifiés et la difficulté extrême d’entreprendre individuellement dans ce contexte complètent le tableau.

    On le voit, là aussi ce sont les structures qui ne tiennent plus. Notre système à été conçu pour les 30 glorieuses, à l’époque ou tout était à faire. Donc on peut penser, comme pour la croissance, que le plein emploi est un mythe révolu.

    Il y a plusieurs pistes évoquées par les uns ou les autres. Ces idées vont circuler dans les mois qui viennent face à l’augmentation irrépressible du chômage. Il y a le revenu universel, le bouclier social, Toutes les mesures de simplification des conditions de l’activité individuelle. Il y à aussi toutes les actions de formation professionnelle.

    Je crois personnellement que les conditions de travail vont continuer de se dégrader et qu’on va continuer à mettre la pression sur les salariés tant qu’on est pas sortis de la logique de croissance. La crise économique ne fait qu’exacerber ces problèmes. Lorsque nous aurons atteint un certain seuil de gens sans activité (20%? 30%?), le système d’indemnisation du chômage sautera.

    Dès lors, sauf à laisser des millions de gens livrés à eux mêmes, il faudra choisir un mécanisme qui assure un revenu à tous les exclus du marché du travail.

    Je pense qu’il faudra dès lors reparler d’activité et non de travail, c’est à dire considérer qu’une activité peut se trouver en dehors du secteur marchand et exister économiquement, de façon à ce que le cout pour la société de telles mesures soit acceptable.

    Je crois que ce qui tue le travail donc, c’est l’aliénation dans la subordination ainsi que la recherche constante de gains de productivité, et on peut douter que les facteurs principaux du jeu économique bouleversent tout cela à court terme.

  2. @Thierry 11h42

    Michel Husson et les Socialistes qui étaient au pouvoir ne cessent de parler des emplois créés entre 1998-2002 et oublient le paramètre suivant :
    La crise informatique a frappé de 1989 à 1997 et un très grand nombre d’informaticiens (par dizaines de milliers) se sont retrouvés sur le carreau, surtout les plus anciens (40 ans et +).
    Dés 1997, on a commencé à former et recruter tout ceux qui voulaient repartir pour couvrir les échéances fatidiques de l’an 2000 et de l’euro. D’où les engagements massifs des sociétés de service, créées pour l’occasion, sans avantage, afin de récupérer le cash. Et là, d’un coup, il n’y avait plus d’âge… J’ai rencontré de toutes les nationalités, la liste serait longue et ce jusqu’en 2002, fin du chantier. Et après, la plupart des petites sociétés ont mis la clé sous la porte et retour case départ.
    J’avais signalé ce fait à M. Husson, sans réponse.

  3. je pense mine de rien que l’argent à trop de valeur, … vraiment trop …..
    car les hommes ont inventé l’argent de faire et non pas du contraire, … bref faire est une contribution … ,
    peut-être que de ma vie , j’ai beaucoup été occupée de faire, parce qu’il fallait faire, rémunérée ou pas … -je suis une femme, …..et dans ce qu’il est coutume d’appeler « travail », je remarque qu’il y a la « travail  » de l’accouchement, … dont la rémunération sonnante et trébuchante, n’est pas encore introduite dans le marché du « travail » … alors que … depuis le temps que la France est laïque … elle aurait pu au moins ne pas régresser dans la régression de l’amalgame: argent ,rémunération => je contribue, je travaille, pas d’argent, pas de contribution => rien à espérer ….
    -c’est qu’il faut voir combien la loi Barzach a pu enterrer sans mot dire un pan entier des acquis de la résistance … travailler, jusqu’à s’occuper de ses enfants, pour être d’ayant droit à l’allocation parentale, non pas sous critère de s’occuper effectivement de ses enfants, mais sous celui d’avoir été rémunéré …
    soit allons y « vous avez été mercenaire », y a bon, vous éduquez parentalement vos enfants, …. même si vous les refilez à vos parents, votre tante , une cousine … car tout le monde s’en fout … le critère pour élever parentalement ses gosses n’est pas d’effecivemnt de s’en occuper, d’avoir le bac , de savoir jouer de la clarinette ou parler chionois, …. il est d’avoir été rémunéré pendant un an
    vous étiez étudiante, vous n’avez été rémunéré que 9 mois, vous avez 4 enfants de moins de 4 ans, vous vous investissez dans une crèche bénévole sauvage parce qu’il n’y a pas d’école maternelle dans le village et que c’est pas les rémunérés qui enfoncent les portes mais ceux qui font …. y a pas bon, vous n’avez pas été rémunéré, qu’importe – même si vous n’étiez pas seule mobilisée …- qu’une classe maternelle, dont le besoin était car sinon elle ne l’eut pas été- …est été crée, vous ne gagnez rien, vous n’avez rien gagnez, vous n’avez rien fait, vous n’avez pas travaillé, vous ne travaillez pas, donc vous n’éduquez pas parentalement vos enfants …
    cela comme ci, c’était vrai, que cela pouvait être vrai ….

    je n’ai pas tellement vécu de chose extraordinaire, mais j’ai habité la campagne, où des fois il neige et le village se retrouve isolé, sans route, sans courant … , c-a-d …sans commerce, sans machine, sans chauffage, …. et pourtant il faut bien vivre ….
    là ce n’est plus l’argent qui fait la différence, …. mais l’humain donc le fait de faire car il faut bien vivre … et pour vivre, il faut faire …
    l’argent, la contribution, n’est qu’un moyen …. entre la valeur de l’acte de faire et la valeur symbole de cet acte, que pour moi, depuis déjà bien longtemps le train de l’économie a déraillé …

    mais bon, perso, je ne suis pas intéressé de l’argent , ce n’est pas pour moi un motif à vivre, ….
    peut-être que je suis anormale, associale, …
    et cela est d’autant plus pour cela que j’apprécie votre blog, …
    cela parce que vous donnez -sans calcul- soit humainement – ce quelqu’il en soit de l’étalon : faire = être rémunéré car sinon de ne pas être rémunéré alors on est inactif donc on ne fait rien quoiqu’on fasse …
    -désolée si je ne comprends vraiment pas du tout cet index, -qui décide de la valeur humaine,
    entre l’inactif -non rémunéré de quoiqu’il fasse-
    et l’actif -rémunéré de quoiqu’il fasse-
    contre lequel je me rebelle, parce que je ne peux le concevoir autrement que démocratique ….
    l’index qui fonde ce que nous reconnaissons comme travail, comme méritant d’être gratifié d’un salaire devrait être démocratique … et non pas coopté comme il est avéré
    le conseil de la résistance avait un peu capté, … mais depuis de réforme en réforme … il ne va que s’amenuisant ….
    et je trouve cela bien dommage …
    mais baste, si la valeur d’un homme vous apparaît logique de se mesurer en argent, à l’index de la ploutocratie ….
    je ne sais pas … mais simplement d’une bonne neige …. ailleurs un peu de flotte , c’est pareil … là-bas ….. il en suffit pour remettre les pendules à l’heure …. -sous-entendu si ça vire au noir, ce n’est certainement pas l’argent qui fera la valeur des hommes, et peut-être bien au contraire … alors pourquoi, le libéralisme voudrait-il que cela soit ???

    1. @ trés chère Cécile:
      D’abord, pour les questions de pognon -celui que les autres emploient
      pour vous jauger ou vous mettre dans une des catégories d’admissible
      à une prestation- il suffit de ne pas y participer plus que nécessaire.
      Et on peut aller assez loin dans l’abstention morale.

      J’espère bien que l’idée selon laquelle le niveau de pognon a une signification
      va mourir sans avenir. Les dinosaures resteront accrochés à ce
      qui justifient leurs vies,- leurs méfaits-, mais cette extravagance disparaîtra avec eux.
      Ce truc n’est pas durable.

      Soyez sûre que ce que vous dites fait tinter une cloche.
      Difficile à exprimer, peut-être: la théorie et l’abstraction – ici, l’alignement
      bureaucratique- sont des ‘outils’ dangereux. Il est regrettable que M.e M. Barzach
      ait attaché son nom à un texte normalisateur sans nuance.

      Donner la vie et la protéger est l’essence d’une société. Pas besoin de théorie
      pour le comprendre. Il faut à toute force – la force de l’amour raisonnable- que la société
      estime et protège les mères; et aide celles qui auraient des difficultés assumer
      une maternité et ses suites au moins pendant la petite enfance.

      Associale n’a pas de sens. Une femme qui agit dans une collectivité, qui a des enfants
      et les fait vivre N’est PAS associale. Je ne connais pas de femme associale.
      Cela n’existe pas parce que c’est impossible . C’est aussi simple que cela.
      Une collectivité ne peut pas tenir debout sans un travail féminin souvent intense et continu.
      Ce travail n’est pas formellement reconnu et payé, mais tous les hommes honnêtes
      avec eux-mêmes et observateurs pas trop obtus le savent intimement. Ils savent
      tout ce qu’ils doivent à leur mère, épouse ou équivalente, ou aide professionnelle.
      Elles créent et construisent dans un domaine non matériel.
      Cette réalisation altruiste est une forme de socialisation importante.
      Une femme est un pilier dans sa sphère d’action ( d’amour ).
      Il est essentiel que toutes les femmes soient fières de ce qu’elles font.

      Les voix qui dévalorisent les femmes sont simplement malheureuses ou petites.

      Le monde existe grace aux mères; il peut devenir meilleur par des femmes heureuses,
      parce qu’elles sont des exemples pour leur entourage,sans phrase.
      Et heureuses selon leurs idées ou désirs.

  4. Une pointe d’humour dans un discours ou un texte sérieux me convient mieux que l’inverse. Ainsi, j’approuve toute votre intervention sauf la dernière phrase qui me déçoit. Il me semble en effet indispensable d’admettre qu’un homme (une femme) peut toujours avoir un moment de faiblesse, à quelque parti politique qu’il appartienne. Etes-vous réellement content d’avoir ajouté cette étiquette, alors qu’en ces temps difficiles, un besoin de rassemblement national risque d’apparaître dès demain ?

    1. Si vous parlez des montres , il y en a dans les deux camps : ça n’excuse ni l’un ni l’autre .

      Si vous parlez de la sous traitance au privé de la rédaction de la loi , je ne me rassemblerai jamais à ceux qui en défende le principe .

    2. @ juan nessy 8 décembre 2009 à 11:42
      Je ne pensais pas aux montres mais suis d’accord avec vous sans pour autant condamner à jamais les possesseurs de montres auxquels on peut penser. Mon expérience m’amène à dire qu’il y a toujours de bons côtés à mettre en valeur chez un homme, même lorsqu’il ne se range pas sous la même bannière que moi. Rien que pour cela, il ne mérite pas qu’on en fasse a priori un ennemi,d’autant que chacun d’entre-nous n’est pas parfait.
      Je ne connais pas l’élu qui a fait appel à un cabinet privé pour établir un projet de texte de loi. C’est à lui que j’attribuais une faiblesse. Celle consistant à sous traiter. Tout en étant élu, c’est-à-dire en devoir de représenter ses électeurs, il n’est peut-être pas en capacité d’élaborer un projet de texte de loi dont il a eu l’idée et qui répond à un souhait de son électorat. Ce qui m’effraie, c’est de constater combien sont nombreux mes compatriotes (je n’ose pas dire qu’ils ont la même identité nationale que moi tant c’est devenu ridiculement tabou) prêts à voir des ennemis autour d’eux avant de voir des hommes comme eux qui abordent les choses sous un autre angle que le leur.
      Pour ce qui est du privé, j’ai eu le privilège d’y être employé pendant près de 20 ans après avoir œuvré encore plus longtemps dans le même poste dans le même établissement public. Sincèrement, j’étais toujours le même homme et n’ai pas plus mal œuvré dans le privé que dans le public. Là aussi, il me semble très dommage de toujours opposer public et privé.
      Dans les moments critiques, il vaut mieux savoir se rassembler et c’est d’autant moins difficile de le faire quand on s’y prépare psychologiquement en voyant chez l’autre un être comme soi plus qu’un ennemi. En ces temps incertains, rien ne dit que nous ne serons pas contents demain de nous rassembler pour sauver nos valeurs et nos vies. Il n’y a pas si longtemps que nous avons été contraints de le faire.

    3. Je n’ai pas d’opposition à ce que vous écrivez et c’est même un litote . Mais vous faites erreur en ce qui concerne mon allusion à la sous traitance de l’écriture de la loi . Renseignez vous mieux , ça ne vise pas un homme mais un parti ( l’UMP ) qui assume en tant que tel cette pratique .

      Que je n’accepterais jamais .

      ça n’a donc rien à voir avec une opposition public/privé ( je connais aussi les deux par la pratique ): simplement la loi , la justice , le maintien de l’ordre et la défense sont des prérogatives inaliénables de la puissance publique .

      Les deux derniers cités sont d’ailleurs en étrange posture .

      Mais si vous êtes d’accord pour privatiser la loi et la justice , je crains que nous ne soyons pas des amis .

      C’est une litote aussi .

    4. @ juan nessy 8 décembre 2009 à 23:33
      Vous dites qu’il ne s’agit pas d’un homme mais d’un parti (ump) et vous me conseillez de mieux me renseigner, ce que j’ai fait. D’après ce que j’ai recueilli, un cabinet d’expertise a été sollicité après un appel d’offre légal, pour soulager les hauts fonctionnaires normalement en charge de cette tâche mais actuellement débordés par un volume de travail exceptionnel.
      Il ne s’agit pas de la rédaction d’un texte de loi. De toute façon c’est le texte soumis au parlement qui compte, quel que soit celui qui l’a rédigé. A la limite, cela pourrait être un citoyen lambda comme vous et moi qui rédige le texte et le remette à son député pour qu’il s’en serve comme proposition de loi.
      J’ai bien connu l’état d’esprit qui peut régner chez certains fonctionnaires puisque j’en ai été un, ni meilleur ni pire que les autres et je comprends les avantages que peuvent trouver les américains à venir au gouvernement avec leur propre équipe d’administration.
      Cela dit, je ne suis pas, par principe, opposé aux services publics que j’estime très utiles à une nation. Pour le bien de tous il me semble qu’un peu de stimulation par de la concurrence ne nuirait à personne, pas même aux fonctionnaires qui, pour beaucoup, ne mesurent pas combien on devient plus légitime quand les résultats obtenus peuvent être comparés à ceux des autres placés dans d’autres contextes.
      Quant au relief donné à cette affaire, je crois qu’elle n’honore pas notre pays qui ne voit pas combien il est stérile d’entretenir une critique systématique. Un coup contre l’un pendant une législature, puis un coup contre l’autre, lors de la législature suivante. Cela ne grandi personne, bien au contraire, qu’il soit responsable politique, responsable de média ou simple citoyen. Ah, si sans être tous de grands amis nous pouvions être fiers les uns des autres ! Notre identité nationale en serait renforcée, pour le bien de tous.

    5. Je persiste et signe et conchie tous les partis qui se prêtent à ce jeu . Je connaissais aussi le discours (attendu) de Monsieur Bernard Accoyer qui n’honore pas la présidence de l’Assemblée Nationale ( dont je n’ignore pas les dérives antérieures ) par sa déclaration qui est davantage celle d’un boutiquier que celle d’un homme d’Etat .

      Les lois seraient d’ailleurs peut être plus simples , lisibles et respectées si ceux qui les votent étaient bien ceux qui les rédigent . Ils les comprendraient mieux en tous cas .

      Il suffirait donc de saturer les fonctionnaires qui assistent les parlementaires pour privatiser la nation … C’est bien la tactique qui a été mise en oeuvre ( et pas seulement par l’UMP ) pour mettre à bas des pans entiers de la fonction publique . Il y a actuellement du côté de la santé des questions à se poser dans ce sens .

      Je suis heureux qu’en tant qu’ancien fonctionnaire , vous ne soyez « pas opposé par principe aux services publics » et que même vous les trouviez « utiles pour la nation  » .

      Sur la « concurrence » , j’aurai l’occasion d’y revenir si un billet de PJ le permet , ainsi que sur la notion de fonction publique .( Services d’intérêt général dans le jargon européen )

      Je vous souhaite une bonne santé ( ainsi qu’à moi même) , et que le trésorier payeur local vous verse encore longtemps votre pension .

  5. Tant de choses à dire dans cette discussion…

    En fait nous hommes cherchons à croire que l’économie est une science comme les autres, liées comme qui dirait à la nature, puisque l’homme est, l’économie doit pouvoir être une science parfaite…

    Ensuite un manque de réflexion, si mes souvenirs sont corrects, dans la Grèce antique, tous les hommes n’avaient pas la même valeur, je me demande ce que dirait Socrate, Aristote… dans notre société actuelle…

    Le recours aux économistes … du passé, bien évidemment lorsque la machine à vapeur est entrée dans le champs et a remplacé tous les gens du village, on pouvait se dire comme Malthus que l’avenir était noir, il ne savait pas que l’électricité et l’automobile créeraient de nouveaux emplois mettant à mal sa réflexion…

    Il est est de même des autres économistes longuement cités, ils ont raisonné à partir des événements passés, suis toujours surpris de voir notre croyance infinie en des économistes qui soit dit en passant ne sont toujours pas d’accord sur les raisons de la crise de 1929 et la sortie de cette crise…

    Actuellement nous espérons de ces économistes une solution … ne rêvons nous pas, ne sommes nous pas en manque de réflexion pour regarder la réalité…

    Sans doute en ce sens un Roubini innove, il regarde ce qui se passe et logiquement il dit que ce n’est pas viable… mais il sait combien aujourd’hui les hommes sont multiples et souvent opposés, alors il laisse une part à l’imprévisible, que la raison humaine puisse revenir et qu’enfin tous les hommes regardent la réalité en face…et alors on peut peut-être commencer à envisager des solutions !!!

    Il suffit de voir le grand show pour tenter de se mettre d’accord sur le réchauffement de la planète pour se dire que si la situation est si grave qu’il le semble, nous sommes mal parti pour trouver une solution à la crise économique …. Quid de la réaction des hommes quand nous aurons dépassé le pic de pétrole, car là aussi et tout comme en économie, ce n’est qu’après le pic que nous saurons que nous l’avions atteint sans le savoir…

    En fait ce qui me surprend c’est notre incapacité à nous projeter dans le futur, oui nous avons besoin du travail, c’est l’endroit où les hommes se mettent ensemble pour faire mieux ce que seuls ils ne peuvent faire, fondement de la société n’est il pas, c’est aussi un moyen de nous nourir, l’homme de la tribu passe la plus grande partie de son temps à trouver à manger n’est il pas…

    Aussi ce qui me surprend, notre société est fabuleuse, que nous manque t il franchement, il suffit d’ouvrir les yeux d’apprécier ce que l’homme a fait grâce à  » son travail « ….

    Voilà ce qui manque souvent dans ces discussions, ici et ailleurs, ce positivisme sur le monde actuel…

    Maintenant qu’est ce qui nous attend demain, la crise économique nous le savons inconsciemment est bien plus fondamentale qu’un simple pb de financiers, ils sont les derniers rescapés d’un âge d’or, nous voguons vers un nouvel âge sans aucun doute…

    Nous allons devoir trouver un substitut au pétrole, pas simple car nous sommes dans une société du pétrole, arrêtons de parler d’argent nous aurons du mal à comprendre ce qui nous attend… l’argent et les produits actuels sont la traduction de l’utilisation du pétrole …. sans pétrole plus d’argent et plus de produits…

    Nous allons devoir partager, en attendant ce nouvel âge, le gâteau de la terre avec les pays émergents, quasiment à terme la division par 3 au moins de notre consommation actuelle de pétrole…

    Le réchauffement s’il est avéré va impliquer, sauf guerre cruelle, des déplacements d’hommes que nul ne peut imaginer…

    Pour faire un parallèle à ce monde qui nous attend, dans ma jeunesse et mes études, de la réflexion intellectuelle, du brainstorming, du remue-méninges, faire le vide de ce que l’on connait, la société du pétrole et le toujours plus, vers on ne sait quoi en fait….bref tenter d’imaginer ce que pourrait être une porte qui ne serait pas une porte…

  6. J’ai cru comprendre que Keynes affirmait que 25 heures hebdomadaires suffiraient à produire ce dont l’économie et la société auraient besoin (et envie ?). Je l’ai lu dans « La fin du travail » de Jeremy Rifkin que je suis étonné de ne jamais voir cité ici. Qu’en pensez-vous, Paul, François et les autres ? Je l’ai personnellement beaucoup aimé car bourré d’informations, de faits et de références.

    L’Espagne vient apparemment de décider de baisser la durée hebdomadaire pour lutter contre le chômage…

  7.  » En partant plutôt du fait qu’il faudrait que les gens soient heureux. Et en déduisant tout le reste à partir de là : le travail, l’argent, etc. Juste pour voir ! »

    Chiche ! A vous l’honneur.

    Une des voies possibles du bonheur et vers le bonheur, une voie qui est peut-être même un préambule indispensable au bonheur, c’est la non-violence*. Et la non-violence c’est, entre autres, la non-violence alimentaire… Au moins c’est une façon comme une autre d’introduire la non-violence générale, une bonne part de notre identité ne se cache-t-elle pas dans nos assiettes ? * « Elle [cette société démocratique non-violente formée de villages fédérés] est réalisable dans la mesure où la non-violence est réalisable […]. Le stade le plus proche de l’anarchie pure serait une démocratie basée sur la non-violence.» (Gandhi)

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