Archives par mot-clé : Jean Jaurès

Albi 1903

Vous m’envoyez aimablement des discours de Jaurès, écrits, ou prononcés par des récitants au bord de l’assoupissement. Je réponds à l’un d’entre vous : « Je voudrais cela par Depardieu, par Daniel Auteuil, ou par le regretté Noiret : par un véritable acteur ! »

Alors, le moins que j’aie pu faire, dans le genre hommage (tout le monde aime Jaurès aujourd’hui, alors pourquoi pas moi ? 😀 ), c’est de mettre un tout petit peu de vie là-dedans !

Sur DailyMotion, c’est ici.

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Jaurès, la Dame aux lunettes noires et le Président, par Zébu

Billet invité

« Jaurès, il parlait pas comme vous », disait la Dame aux lunettes noires au Président en lui serrant la main et ne voulant décidément pas la lui lâcher. Le Président lui répondit qu’il était justement là pour ça. Enfin, pour parler de Jaurès, pas pour parler comme lui.

« Et c’est parce que le socialisme apparaît comme seul capable de résoudre cette contradiction fondamentale de la société présente, c’est parce que le socialisme proclame que la République politique doit aboutir à la République sociale, c’est parce qu’il veut que la République soit affirmée dans l’atelier comme elle est affirmée ici ; c’est parce qu’il veut que la nation soit souveraine dans l’ordre économique pour briser les privilèges du capitalisme oisif, comme elle est souveraine dans l’ordre politique, c’est pour cela que le socialisme sort du mouvement républicain. C’est la République qui est le grand excitateur, c’est la République qui est le grand meneur : traduisez-la donc devant vos gendarmes! (Nouveaux applaudissements sur les mêmes bancs.) »
(…)
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L’« Affaire », avec ou sans Jérôme Kerviel, par Zébu

Billet invité.

« L’armée pouvait lui sembler une vaste famille, aux certitudes claires, et qui assurait, sur un trajet bien tracé, un destin organisé. Surtout, les valeurs que l’armée paraissait incarner – la patrie, l’honneur, l’ordre, la hiérarchie – étaient déjà les siennes. Quand Alfred Dreyfus décide de préparer l’Ecole Polytechnique, il y a entre le métier des armes et lui de fortes connivences. Il suit sa vocation autant qu’il tient son serment d’enfant. » (Jean-Denis Bredin, « L’Affaire », p. 24).

D’emblée, il faut l’affirmer : Kerviel n’est pas Dreyfus.

D’abord parce que ce serait faire injure à la mémoire du capitaine, qui était entièrement innocent parce que totalement étranger aux manipulations, mensonges, crimes, faux et autres opacités que les véritables coupables souhaitaient le voir endosser en lieu et place d’eux-mêmes, sous couvert de sauver la patrie, l’armée, l’ordre et les valeurs qu’ils étaient censés incarner alors.

Jérôme Kerviel, de ses propres non pas aveux mais analyses, se reconnaît et exige même qu’on lui reconnaisse sa part de responsabilité, la sienne propre, celle d’un être humain devenu, consciemment ou non, rouage d’une machine qu’il aidait à faire tourner et qui fut écrasé pour sauvegarder la machine.

S’il est innocent, c’est bien parce qu’il est victime de crimes dont on l’accuse mais pas de ceux dont il se dit lui-même être responsable. C’est donc un monde qui sépare ces deux hommes, autant que ne pouvait l’être le bras de mer qui séparait l’Ile du Diable du continent en Guyane.

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La lettre de Jacques Seignan au Président de la République

Billet invité.

le 4 juillet 2013                                                                                                       Copie : M. H. Désir, PS

 
Monsieur le Président de la République,

Je sais que cette lettre d’un citoyen au citoyen qui est devenu notre président de la République ne servira à rien.

Mais je l’écris pour l’honneur.

Vous avez à votre disposition des analystes, des sondeurs, des communicants, des spin doctors ; vos conseillers, vos ministres et leurs collaborateurs sont des gens brillants issus du même moule et donc vous savez tous mieux que nous, les Français de la base, un peu stupides, ce qu’il faut faire pour la France.

Pour mieux expliquer ma démarche, d’abord quelques mots sur moi.

J’ai 61 ans et je suis retraité depuis peu, après une période de chômage de trois ans, car j’ai fait partie de cadres éliminés en 2009 pour améliorer la compétitivité de la société où je travaillais.

Depuis que j’ai pu voter, en 1974 à 22 ans pour mon premier vote, j’ai voté socialiste : évidemment pour François Mitterrand quatre fois et jamais je n’oublierai ma joie le 10 mai 1981. Ensuite j’ai toujours voté socialiste sauf en 2002 car j’ai obéi, nolens volens, au front républicain et j’ai dû voter pour M. Chirac.

Il y a eu ces terribles années avec un président libéral au service des riches, pour le dire simplement mais clairement, et j’ai voté pour vous trois fois (en tenant compte du 2ème tour de la Primaire) de façon positive : pas seulement contre votre prédécesseur mais pour ‘le changement, c’est maintenant’. Vivant en banlieue parisienne je suis allé à votre meeting de Vincennes et à celui de Bercy ; je retrouvais le ‘peuple de gauche’ si chaleureux. Un deuxième président socialiste ! J’avais en 2007 soutenu Madame Royal activement et je l’avais même dit lors d’un diner avec des collègues de ma société et de cadres d’un distributeur : ma déclaration avait fait le même effet que si j’avais avoué être un tueur en série. J’en ris encore.

Enfin j’étais heureux que la France ait un président honnête, cultivé, pondéré et parlant français correctement.

Et puis… il me faudrait plusieurs pages pour dire mon immense déception qui bien sûr s’accompagne d’une complète désapprobation de votre politique en général. Je me sens humilié d’avoir soutenu votre candidature auprès de tant de gens autour de moi.

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