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ENRON REVISITÉ (V) UNE BONNE SANTÉ TRÈS TROMPEUSE

Post-Enron WorldENRON REVISITÉ (I) « IL Y A NOUS, D’UN CÔTÉ… ET PUIS TOUS LES AUTRES… »
ENRON REVISITÉ (II) L’ARROGANCE, MÈRE DE LA FRAGILITÉ
ENRON REVISITÉ (III) « TOUT IRA TOUJOURS POUR LE MIEUX ! »
ENRON REVISITÉ (IV) PIRATES DE LEUR PROPRE NAVIRE

Il existe une remarquable ironie dans la saga Enron, c’est le fait que Jeffrey Skilling, son P-DG et âme damnée, encore en prison au moment où j’écris, avait fait ses armes au sein du cabinet McKinsey & Co, dont il fut l’un des partenaires, parce que ce sont deux des innovations, authentiques traits de génie, de ce consultant en gestion, qui furent responsables de la disparition-éclair de la compagnie une fois qu’un accident mineur l’eut déstabilisée : le concept d’« asset-light corporation » et le système des stock-options.

À une époque pas si lointaine, on considérait qu’un bébé se devait d’être « dodu ». Puis l’on considéra qu’un bébé « dodu » était en réalité « gras », ce qui n’était pas une bonne chose, et la norme se déplaça vers le bébé « svelte ». Un bébé atteint de dysenterie s’étiole très rapidement et d’être dodu au moment où la maladie le touche s’avère avec le recul ce qui lui aura sauvé la vie. Dans les régions où la dysenterie ne sévit pas de manière endémique, la chose est moins importante, jusqu’au jour où intervient l’accident individuel…

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ENRON REVISITÉ (II) L’ARROGANCE, MÈRE DE LA FRAGILITÉ
ENRON REVISITÉ (III) « TOUT IRA TOUJOURS POUR LE MIEUX ! »

Et quel est votre sentiment à propos de ces employés, dont l’un m’écrivit récemment – qui avait 330.000 dollars sur son compte 401(k), les économies de toute une vie, qui a travaillé de nombreuses années pour votre compagnie, qui vit dans l’État du Dakota du Nord. Ces 330.000 dollars en valent aujourd’hui 1.700. Vous, il vous reste quasiment tout de vos 66 millions de dollars. Cette famille a perdu toutes ses économies. Comment arrivez-vous à expliquer cela ? Comment se fait-il que les gens au sommet se sont enrichis alors que ceux de la base sont ruinés ? […] Ce qui me frappe, nous qui nous interrogeons sur Enron, s’il fallait faire une comparaison avec un cas similaire, c’est que dans le cas du Titanic, le capitaine avait choisi de sombrer avec son navire. Alors qu’avec Enron, le capitaine a commencé par s’attribuer à lui-même et à ses amis, un bonus, il s’est ensuite fait descendre, lui et les huiles, dans un canot de sauvetage, avant de brailler à l’intention des autres : « Maintenant que j’y pense : ne vous inquiétez pas, tout va très bien se passer ! »

Ces paroles furent prononcées par le Sénateur démocrate du Dakota du Nord, Byron Dorgan, lors de l’audition de Jeffrey Skilling, ancien P-DG d’Enron, devant une commission du Sénat américain, le 26 février 2002.

Quelles qu’aient été l’arrogance et l’hybris de la compagnie Enron à son apogée, ses dirigeants se comportèrent effectivement très prudemment pour tout ce qui les touchait personnellement, comme s’ils n’avaient pas été entièrement convaincus de la validité de leur business plan : construction et entretien de canots de sauvetage, pillage systématique de la firme lorsqu’elle entama une chute qui ne dura pas plus de 46 jours, pillage anticipé même durant son heure de gloire. Toutes manœuvres qui furent favorisées par une évolution libertarienne de la réglementation financière et de sa supervision, de la fiscalité et des règles comptables. « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » devint le principe qui présidait au partage du butin aussitôt celui-ci rassemblé. La mise à sac en était facilitée, et banalisée aux yeux de l’opinion : « Que voulez-vous ? C’est comme cela que l’on fait dans les affaires ! ».

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