Archives par mot-clé : Léon Trotski

Penser tout haut l’économie avec Keynes, le 2 septembre 2015

Un extrait du Chapitre 4 – Keynes, un socialiste loup solitaire

jorionKeynes n’est pas un révolutionnaire : la représentation qu’il se fait d’une société viable est une société, sinon du consensus, du moins du dissensus minimal : où l’on est parvenu à minimiser le volume du ressentiment global. Sa méfiance envers les révolutions s’alimente des conclusions auxquelles il aboutira dans les recherches qui débouchèrent en 1921 sur son Treatise on Probability, à savoir qu’il est extrêmement difficile de prévoir l’avenir.

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Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (V) Tour de passe-passe involontaire ou délibéré ?

Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (I) Une trouvaille
Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (II) Keynes pressé par son agenda politique ?
Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (III) « Le taux d’intérêt tend à être égal au rendement marginal du capital »
Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (IV) Le rendement du capital provient du travail appliqué aux ressources naturelles

La révolution, Keynes l’écarte, et la raison qu’il donne, c’est le lourd prix humain à payer, dont on sait qu’il sera très élevé alors que le résultat est par nature incertain. L’un de ses étudiants écrit dans les notes qu’il prend lors d’un de ses cours en 1933 : « La tentation existe pour nous de guérir les maux qui découlent de notre incompréhension en recourant à une destruction encore plus massive sous la forme d’une révolution » (Skidelsky 1992 : 502).

Keynes restera attaché toute sa vie à la position qu’il exprime déjà dans l’essai qu’il consacre à Edmund Burke (1729-1797), alors qu’il n’est encore qu’un étudiant de 21 ans, passage que j’ai déjà eu l’occasion de citer :

Notre capacité à prédire est si faible qu’il est rarement avisé de sacrifier un mal actuel pour un hypothétique avantage futur […] il ne suffit pas que l’état de fait que nous cherchons à promouvoir soit meilleur que celui qui le précède, il faut encore qu’il soit à ce point préférable qu’il compense aussi les tragédies qui accompagnent la transition (Skidelsky 1983 : 155-156).

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QUI EST KEYNES ? (I) EST-IL UN LIBÉRAL (D’EXTRÊME-GAUCHE) ?

En 1925, Keynes a 42 ans. La campagne qu’il a menée pour empêcher le retour de la Grande-Bretagne à l’étalon-or vient d’échouer et il a salué sa défaite personnelle par une série de chroniques publiées au mois de juillet dans l’Evening Standard, textes rassemblés ensuite en une brochure : The Economic Consequences of Mr Churchill.

De même qu’il a cherché à montrer que la stabilité des prix est nécessairement excellente puisque la hausse des prix : l’inflation, et la baisse des prix : la déflation, sont toutes deux exécrables, il détermine que s’il est libéral, c’est parce qu’il ne peut être ni Travailliste, ni Conservateur. Ses pensées à ce sujet ont été rassemblées à l’occasion d’une allocution qu’il prononce en août à l’université d’été du parti libéral britannique intitulée : « Am I a Liberal ? », suis-je un libéral ?

Keynes ne s’est certainement pas facilité la tâche en se définissant comme appartenant au courant d’extrême-gauche de ce parti, tendance dont il est d’ailleurs le seul représentant dont on ait gardé le souvenir. Il affirme péremptoirement dans une allocution intitulée « Liberalism and Labour », le libéralisme et le travaillisme, prononcée en février 1926 : « La République de mon imaginaire se situe à l’extrême-gauche de l’espace céleste » (Keynes [1926] 1931 : 309).

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UNE « NOUVELLE POLITIQUE ÉCONOMIQUE » À LA CHINOISE ? par François Leclerc

Billet invité

Les échos fragmentés et difficilement compréhensibles d’une lutte de pouvoir intense nous parviennent de Chine. Le renouvellement décennal des instances suprêmes du parti communiste en sont l’occasion, impliquant d’en chercher les raisons plus profondément que dans le simple choc des ambitions des factions concurrentes, difficilement identifiées, qui n’en constitue qu’une des dimensions.

La tradition de la kremlinologie du temps de l’URSS – qui consistait à rechercher dans les indices les plus ténus, faute de mieux, l’évolution des rapports de force au sein de la direction soviétique – a été reprise par les China watchers longtemps embusqués à Hong Kong. Mais elle ne dévoile au mieux que l’écume d’affrontements et de tensions qui se déroulent à l’échelle d’une gigantesque société.

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