UNE « NOUVELLE POLITIQUE ÉCONOMIQUE » À LA CHINOISE ? par François Leclerc

Billet invité

Les échos fragmentés et difficilement compréhensibles d’une lutte de pouvoir intense nous parviennent de Chine. Le renouvellement décennal des instances suprêmes du parti communiste en sont l’occasion, impliquant d’en chercher les raisons plus profondément que dans le simple choc des ambitions des factions concurrentes, difficilement identifiées, qui n’en constitue qu’une des dimensions.

La tradition de la kremlinologie du temps de l’URSS – qui consistait à rechercher dans les indices les plus ténus, faute de mieux, l’évolution des rapports de force au sein de la direction soviétique – a été reprise par les China watchers longtemps embusqués à Hong Kong. Mais elle ne dévoile au mieux que l’écume d’affrontements et de tensions qui se déroulent à l’échelle d’une gigantesque société.

Car la Chine continue de traverser elle aussi une crise, sans lui trouver de solution : celle d’un modèle de développement obsolète qu’elle ne parvient pas à faire évoluer. Celui-ci n’est plus soutenable à un double titre : il se heurte à la crise qui secoue les pays occidentaux, qui constituent l’essentiel de ses débouchés commerciaux, et il génère des déséquilibres et des besoins sociaux non satisfaits et des dégâts environnementaux qui s’accumulent.

L’époque n’est plus à la réalisation de taux de croissance approchant les 10% par an, prenant à contre-pied sur sa lancée un modèle qui en avait besoin pour subsister. Au plan financier, il a eu comme conséquence la constitution d’énormes excédents commerciaux, pour une part importante en dollar, dont l’accumulation n’est pas productive et qui n’ont d’autre avenir que d’être dépréciés. Le moment par ailleurs s’approche où il ne sera plus possible pour les Chinois de continuer à financer l’endettement de leur clientèle occidentale, raison de plus pour changer de modèle.

Or, malgré qu’il soit indispensable, les obstacles à ce changement au sein de la société chinoise sont nombreux, se concentrant au sein de l’énorme appareil du pouvoir où se retrouvent dignitaires du parti, de l’armée et de l’économie. Et depuis peu les nouveaux riches entrepreneurs, qui y ont été invités pour mieux les contrôler.

Son principal effet serait de partiellement substituer le développement du marché intérieur aux marchés d’exportations actuels, ce qui impliquerait d’importantes remises en cause bouleversant de puissants intérêts. Celui de l’appareil productif et des grandes entreprises d’État, ou bien celui d’un système financier orienté vers la satisfaction du précédent ainsi que des castes dirigeantes des grandes régions et mégapoles chinoises.

Les mesures prises par la banque centrale chinoise pour tenter de faire face aux contre-coups de la crise occidentale ont contribué à créer une gigantesque bulle d’endettement, notamment immobilière, et alimenté une corruption à grande échelle. Contribuant à l’inflation des prix des produits alimentaires, génératrice d’explosions sociales, depuis partiellement jugulée. Détenant tous les grands leviers de commande financiers, le pouvoir est parvenu jusqu’à maintenant à contrôler ce phénomène, mais il n’est plus en mesure de renouveler l’opération pour l’utiliser comme adjuvant à la baisse de la croissance de ses exportations et donc de sa production.

Il est impossible de prédire l’évolution des affrontements en cours, sur fond de rumeurs persistantes de coup d’État sur Internet. Après la multiplication d’épisodes enrobés de mystère: le séjour d’un chef de la police pendant vingt-quatre heures dans un consulat américain, récupéré par des envoyés de Pékin, le probable empoisonnement d’un citoyen britannique soupçonné d’émarger auprès des services de son pays et d’affairisme pour le compte de la femme d’un gouverneur tout puissant et promu aux plus hautes destinées, qui s’est depuis volatilisé.

Il est par contre utile de faire un bref retour en arrière, car il est éclairant, en évoquant un épisode de la révolution soviétique qualifié de « Nouvelle Politique Economique » (NEP). Un tournant sous forme de libéralisation économique opéré en 1921 par Lénine, sous la pression d’une situation économique et sociale intenable, après qu’il avait été défendu sans succès par Trotski. Ses effets, notamment au sein de la paysannerie, donnèrent ensuite le prétexte à Staline pour l’interrompre brutalement en 1930 en instaurant la collectivisation de l’agriculture et la suite que l’on sait.

Que vient faire cette évocation historique dans le contexte chinois d’aujourd’hui ? Elle rappelle que, dans des contextes pour le moins différents, mais dans le cadre commun d’économies largement collectivisées et dirigées par des systèmes ayant une nature similaire, un changement de modèle économique n’est pas une petite affaire. Lénine envisageait d’ailleurs la poursuite de la NEP pendant des décennies, mais il en fut autrement, et la suite montra combien le poids de l’industrie lourde et de ce qui l’accompagnait devint par la suite insupportable, frein au développement économique et au bien-être. Mais solidement rivé à sa place.

L’analogie est possible avec la sorte d’alliance avec le diable que le premier ministre sortant Wen Jiabao n’a cessé de préconiser, sans pouvoir sauter le pas et la réaliser. En associant libéralisation économique et politique, il n’a pas fait autre chose que de montrer qu’il fallait de son point de vue mettre toutes les chances de son côté pour vaincre les énormes résistances à la réorientation de l’économie et de la société vers le développement du marché intérieur chinois.

La suite du théâtre qui se joue devant nous, mais derrière le rideau, n’a pas d’autre enjeu.

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32 réflexions sur « UNE « NOUVELLE POLITIQUE ÉCONOMIQUE » À LA CHINOISE ? par François Leclerc »

  1. Informatif, comme d’habitude, cet article de Fr. Leclerc.

    Je m’instruis, ça fait du bien.

    Mais, il me semble qu’il manque une dimension (plus lointaine mais pas tant que ça) à la crise chinoise en gestation : la démographie !

    1. c’est la dimension structurante pour les 30 prochaines années. Plus de personnes âgées et plus de garçons, une poussée vers la Russie orientale.

    2. Je veux pas dire mais c’est une façon d’amener le problème démographique de manière très partisane.
      C’est quand même les chinois qui ont imposés à leurs peuples (et oui au pluriel) une politique drastique de la natalité avec les drames humains et familiaux que l’on connait.
      C’est assez amusant que tu n’applique pas cette même lecture à la France, nation pourtant la plus féconde d’Europe.
      Pour continuer à jouer « l’avocat du diable », il me semble que ton inquiétude sous-jacante (qu’elle soit écologique ou du déclin occidental) est parfaitement d’ordre anxiogène.
      Qu’est-ce qui peut mener à penser que le monde serait pire sous une hégémonie chinoise que sous celle des É-U ? Sur ce point d’ailleurs Mélanchon est le seul à proposer une nouvelle alliance avec la Chine l’Inde et le Brésil.
      Je ne vois pas comment le cynisme la bêtise et l’incurie pourrait gouverner davantage le monde qu’à l’heure actuelle…
      Je ne suis pas anti américaniste, leur modèle a produit des artistes que j’idôlatre, que cette démocratie était il n’y a pas tant d’années que ça la plus fondée et une des mieux pensée dans ces institutions.
      Simplement l’utilisation de la bombe atomique, la guerre froide – j’entends par là l’instauration d’une puissance agissant dans l’ombre coïncident avec l’american way of life et l’avènement de la TV, en gros un certain déclin de la démocratie – l’assassinat d’Allende, le soutient de Saddam Hussein quand ça les arrange et puis plus, etc, etc.
      Évidement c’est une énumération très grossière mais ce que je veux dire c’est qu’il n’est pas moins grossier d’associer un article sur la Chine à la question démographique. La Chine je crois a bien plus conscience de ces problèmes que nous et pas du tout dans la même logique hégémonique que nous, tout autant que des problèmes écologiques…

      1. @ yOon

        Je suppose que c’est à moi que tu répondais.

        Je ne vois pas la démographie à venir de la Chine comme une menace pour nous (ou le reste du monde), mais comme une menace pour la Chine ! C’est pour eux que je m’inquiète là !
        Je ne vois pas comment, dans un aussi grand pays, et un pays aussi varié (tu as eu raison d’insister sur le pluriel de « peuples »), les tensions démographiques en préparation pourraient donner autre chose qu’une situation conflictuelle.

        Même si personnellement je préfère le modèle US (avec toutes les réserves que tu signales et quelques autres), je ne suis pas a priori inquiet d’une domination chinoise sur le monde.
        Histoire de rigoler : j’ai intitulé un de mes mails récents « Vivement que la Chine domine le monde ! », mais bon c’était parce que je venais de visionner un magnifique film chinois ! 🙂

        Il reste que, comme je le disais récemment dans un autre fil, la Chine est actuellement une dictature. Ce qui ne me plaît guère, mais ça ne veut pas dire qu’ailleurs ce soit beaucoup mieux !

    3. @Nicks
      Merci, très intéressant. Mélanchon approfondit durant cette conférence ce que j’avais déjà pu lire ou entendre sur ses positions et celles du FdG (désolé mais je ne pourrais pas ne pas différencier JLM qui se propose de se retirer après la constituante pour laquelle nous militons et les élus communistes qui je dirais font preuve de plus de pragmatisme).
      Il faut bien se rendre compte que le niveau zéro des débats politiques durant cette campagne est pensé et mis en œuvre de manière méthodique.
      D’ailleurs je recommande à tous les perplexes, le dernier bouquin de Laurent Mauduit – déjà recommandé ici par Paul Jorion – pour enrichir leur compréhension de notre beau pays, de son bel appareil à transmettre la pensée unique (TINA) dans l’intérêt de l’oligarchie et surtout malheureusement au détriment du bien commun et de l’intérêt général.
      J’aurais bien sur des critiques à faire à Mauduit, il s’attarde parfois trop à charger des hommes dont en particulier ceux avec qui il a lui même un passif professionnel plutôt qu’investiguer davantage sur les réseaux d’influence qu’il dénonce. Et puis c’est très moraliste, se scandaliser du fait que ces gens là ne soit pas vertueux, pour le moins… C’est très Mediapart en somme.
      Je chérie leur travail et ai une vraie confiance en leur intégrité, Mediapart me fait croire encore que la démocratie n’est pas morte tout à fait dans ce pays et il me semble m’informer réellement par leur biais.
      Mais cette posture supposant que dès qu’il est question de grosses sommes d’argent cela serait susceptible de fédérer. Comme si nous n’avions pas conscience qu’il s’agissait de la perpétuation de la société française, comme si à chaque fois qu’on allait acheter nos clopes nous n’assistions pas au spectacle des tromblons misant leurs allocations au Rapidaube dans l’espoir de gagner de quoi envoyer se faire foutre avec mépris et grands airs de nouveaux riches leurs bonnes femmes…
      Mais j’aimerais rappeler ce par quoi Nietzsche concluait son paragraphe 3 du Gai Savoir intitulé « Noble et vulgaire » :
      « Si de tels hommes d’exceptions ne se ressentent pas comme des exceptions, comment pourraient-ils jamais comprendre les natures vulgaires et se montrer équitables dans l’appréciation de la règle ! – et c’est pourquoi ils parlent aussi de la folie, de l’incongruité et de l’extravagance de l’humanité, absolument stupéfaits de voir à quel point le cours du monde est fou et se demandant pourquoi il ne veut pas reconnaître ce qui « lui est nécessaire » – Telle est l’éternelle injustice des nobles. »
      Sinon le livre se lit très vite et me semble incontournable pour chacun ayant l’intuition qu’on se fout de sa gueule à longueur d’ondes ; et qu’elles soient numériques aujourd’hui ne change pas le fait qu’elles soient possédées par des groupes transnationaux n’ayant qu’un intérêt : transmettre à la fréquence la plus haute possible une pensée consolidant leurs intérêts…

  2. Parfois je comprends pourquoi certains dirigeants politiques croient sincèrement qu’il vaut mieux tenir les populations désinformées et que tout ça tienne le temps que ça tiendra. Plus je m’informe, plus je m’instruis, plus j’enrichis ma vision du monde, plus je prends conscience de sa complexité et des rapports de force à l’œuvre et plus j’ai besoin de me servir un verre… Voir deux ou trois.
    Tu ajoute à ça que le lendemain matin au taf avec la gueule de bois tu passe pour un dangereux illuminé autour de la machine à café quand tu tente d’amener des problématiques apparement différentes de celles du JT de 20h de la veille, en tous les cas elles n’ont pas l’air de faire écho à quoique ce soit chez mes interlocuteurs…
    J’ai l’impression d’être dans Invasion Los Angeles sans être tombé sur le carton de lunettes…

    Plus sérieusement, j’admire l’incessant travail d’information et d’analyse de ce blog, la petite flamme qui vous fait agir sans relâche. Il faut sérieusement croire en nous.

    Merci.

    1. sentiment partagé…Comme le dit Georges Steiner à propos de la Musique : Pourquoi la Musique ne dit jamais NON? Pourquoi la Musique (pratiquée par toutes les civilisation et produit les plus belles oeuvres témoignant de notre génie), Pourquoi la musique s’est vendue à tous les sentiments humains (La 9° de Beethoven est revendiquée par Staline, Hitler et sera l’hymne des J.O de Londres). La plus grande des prostituée, dit-il?

    2. salut yOon
      j’ai bien aimé ton message, surtout la blague de la machine à café.
      tu dis « J’ai l’impression d’être dans Invasion Los Angeles sans être tombé sur le carton de lunettes » , alors pour finir l’analogie avec ce tres bon film, il ne récupere qu’une autre paire de lunettes pour son copain, ce qui explique pourquoi  » au taf avec la gueule de bois tu passe pour un dangereux illuminé « . Eh oui, la réalité est tres complexe et donc tres difficile à appréhender pour beaucoup.courage

    3. @ yOon

      Il faut sérieusement croire en nous…

      Allez courage, il y a de l’espoir : pour après la lutte finale :), ou la victoire sur le soliton… ou bien sur nous-mêmes.
      Moi je pense au 1% (à vue de nez) capable de créer ou qui permette cette création. Sinon à quoi sert tout ce qui nous entoure ?
      Un sourire suffit..

      1. Je suis pas d’accord avec ton estimation de 1% mais je te concède bien sur qu’il y a de l’espoir !
        Tout le monde n’est pas Nietzsche ou Balzac, mais la nouvelle donne du type de technologie qui nous permet de partager un moment de découragement, qu’il soit entendu qu’il suscite du soutient, que ce soit la source d’une remotivation d’un embranchement vers du constructif et ce à travers le monde, biaisant les rapports de classe ou d’apparence, c’est révolutionnaire. Nous vivons une révolution, ce blog et d’autres sont l’émanation d’une réappropriation démocratique et constructive et citoyenne.
        Mais bref je veux dire que d’une certaine manière nous aurons toujours besoin de génies mais que malgré tout une forme de génie peut émaner de la mise en commun des ressources humaines dont chacun dispose, en les partageant et en partant du principe que nous somme et que les autres sont une plus-value.
        Alors bien sur le marketing nous fait acheter des T-shirt à l’effigie de Einstein avec dessus en gros marqué E=MC², mais sans Eddington pour faire la mesure…
        Donc oui comme tu le dis un sourire suffit, ça en dit beaucoup je crois sur notre nature au moins autant que parfois une bonne propagande de bonnes machettes et une même couleur de peau comme au Rwanda.
        Je crois profondément qu’Être humain est une lutte de tous les jours contre soi-même.

      1. MERCI ! Merci, pour l’extrait. C’est encore plus beau dans le contexte de cette discussion. La plus belle scène de baston (de violence à l’autre et soi-même) du cinéma « de genre ». Car l’enjeu est bien dans la violence que nécessite la vérité et son acceptation.
        Bon j’arrête là de faire mon intello de gauche à deux balles…
        Mais vraiment l’histoire du carton de lunettes était de mon phantasme, comme si le filtre de la vérité était à foison alors qu’il est dans le film une rareté précieuse.
        Quand aux lunettes gougueule bah…

      2. Io ! yOoN, c’est bien l’enjeu de ces mandales : la vérité ou l’acceptation du mensonge réalisé. Ben si, y a un carton, celui de la poubelle, mais avant dans le film, un étrange trafic clandestin. C’était pas du « phantasme ». « j’ai besoin de me servir un verre [de lunettes ?]… Voir deux ou trois », à partir du troisième oeil, évidemment, on fantasme.

  3. La Chine, comme d’ailleurs les E-U d’A, n’ont pas encore connu de coup d’état militaire.
    On peut remarquer que dans les régimes peu démocratiques les régimes se suivent sans se ressembler. Après une période de libéralisation économique une situation beaucoup plus dirigiste devrait s’installer en réaction, comme la Révolution culturelle a suivi la révolution de Mao, ou comme Staline a combattu le laisser-faire de Lénine.

  4. Bo Xilaï c’est Khordorkosky l’oligarque russe ( coté ultraliberal ) plus Kun San le général birman ( le coté mafieux historique ) matiné de Kim Jong iL/Un (dynastie poltique ) …Il possede les » trois rubans » (les rubans representent les differents pouvoirs ,politique économique et militaire par exemple :ruban rouge = armée ) .

    il fait peur à beaucoup de monde , il a de nombreux appuis il est relativement intouchable et si par hasard il mourrait ce serait signe de grands désastres – on ne touche pas impunement aux menbres du bureau poltique central ,cela ne se fait pas c’est une regle tacite –

    Est ce que les usa et l’europe profiteront du désorde pour destabiliser la chine au tibet , birmanie , corée du nord et taiwan ?

    1. La Trïade (vous oubliez le Japon) n’a pas besoin de « profiter » du désordre, elle le fomente quand elle estime que c’est de son intérêt.

  5. Dans les jeux de pouvoir cachés en Chine ou ailleurs, n’y aurait-il pas une constante , à savoir : l’armée. C’est un vrai pouvoir tantôt mis à l’écart quand la situation internationale ou intérieure le permet, tantôt incontournable quand les tensions montent…
    En Russie, les services secrets ont mis la main sur le pays. En Turquie, l’armée a perdu une part de sont pouvoir…aux USA, le complexe militaro-industriel a démontré son influence dans la période récente.
    En Chine, les tensions internationales sont vives ainsi que les risques de révoltes internes. L’armée est un pouvoir clef, sinon LE pouvoir qui décide de ce qui est bon pour le pays au non.

    1. Je crois même que c’est pire que ce que tu dis !

      A mon sens, une des raisons (je dis bien UNE pas la seule) pour laquelle la Chine finance si aimablement le déficit US, c’est que ça lui permet de ne pas avoir à s’occuper de l’Afghanistan ! Elle a délégué ça à l’OTAN. Ce qui lui permet de s’occuper tranquillement de ses problèmes internes.

      C’est pas du neuf : y’a 20 ans, l’Occident a fait pareil avec la Tchétchénie en laissant faire le sale boulot aux russes (tout en feignant de s’en offusquer !).

  6. Juste une petite modification grammaticale à apporter à la phrase: »Or, malgré qu’il soit indispensable, les obstacles à ce changement au sein de la société chinoise sont nombreux, se concentrant au sein de l’énorme appareil du pouvoir où se retrouvent dignitaires du parti, de l’armée et de l’économie ».
    Comme toujours, passionnant article.

  7. Article très intéressant.
    De plus, il ne faut pas oublier l’histoire de la révolution chinoise qui s’est faite au nom des paysans. Hors, ils subissent de plein fouet les conséquences de la politique chinoise des dernières décennies (pollution en masse particulièrement de l’eau, spoliation, expropriation, …). Et même si d’un point de vue sociologique, certains chercheurs avancent la thèse selon laquelle leur motivation première fut « la grandeur de la nation », il serait faut de penser que la révolte contre l’injustice subies n’était pas centrale dans leur démarche. Ajouter à cela le fait qu’un grand nombre de familles paysannes ne respectent plus le quota d’un enfant (enfants donc non déclaré) qui est intenable pour des familles dont l’activité repose sur l’organisation familiale et vous voyez poindre les problèmes à l’horizons.
    On décrit souvent le peuple chinois, comme soumis et disciplinés. L’histoire nous a montré d’autres facette de ce peuple et je pense que les dirigeants du PC risquent d’avoir du soucis à se faire très bientôt. D’autant, comme le dit s’y bien l’article que cette politique de libéralisation montre aujourd’hui clairement ses limites.
    L’inquiétant dans tout cela se sont toutes ces relations d’interdépendances construites autour d’un système qui agonise.

    1. Puisque vous évoquez l’histoire de la révolution chinoise, je vous transcris quelques extraits d’une lecture récente.
      Samir Amin, « Sur la crise », édition Le temps des cerises
      il y dit notamment :
      p154 …/… La Chine et le Vietnam fournissent l’exemple, unique, d’un système de gestion de l’accès au sol qui n’est ni fondé sur la propriété privée, ni sur la « coutume », mais sur un droit révolutionnaire nouveau, ignoré partout ailleurs, qui est celui de tous les paysans (définis comme les habitants d’un village) à un accès égal à la terre (j’insiste sur le qualificatif égal). Ce droit est la plus belle conquête des révolutions chinoises et vietnamienne …/… Mao Zedong est le premier – et sans doute le seul, suivi par les communistes chinois et vietnamiens – a avoir défini une stratégie de révolution agraire fondée sur la mobilisation de la majorité de paysans pauvres, sans terre et sans moyens …/… Idéalement, le modèle implique la double affirmation des droits de l’Etat (seul propriétaire) et de l’usufruitier (la famille paysanne). L’Etat garantit le partage égal des terres du village entre toutes les familles. Il interdit tout usage autre que la culture familiale, par exemple la location…/…

      1. Ben, ce droit pour le sol, il est en train de sauter. Et vous savez quoi? Ben la réforme en question, elle est expérimentée à Chongquing…

    1. merci pour ce lien !

      Un véritable coup d’Etat financier va se jouer en France à partir du 16 avril. En effet, le président Nicolas Sarkozy via l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) vont permettre d’ouvrir sur l’Eurex, le marché des dérivés, un contrat à terme sur les emprunts d’Etat français, l’autorisation des ventes à découverts.

  8. Etant une élève chinoise; j’ai vu mieux la société en Chine. En fait, quand on entre dans des supermarchés ou dans des magasins, je crois qu’il n’y a pas de différence entre des prix des produits. Pour moi, il n’y a que des restaurants qui coutent moins cher en Chine. Ces dernières années, des marques P&G, Unilever n’arrêtent pas d’augmenter leur prix des produits. Donc, c’est vraiment le moment pour le gouvernent de la Chine de changer des stratégies afin de développer l’économie. Sinon, quand des Chinois sont moins contents, il y aura des problèmes de stabilité de la société.

  9. J’aime beaucoup la démographie pour dire qu’il y a toujours après une révolution industrielle, une grande guerre pour optimiser les coûts des employés.

    Sauf que la grande coupe se fera en Chine et on verra le plus grand massacre après Mao.

    Qui est-ce qui misera pour cette plus value boursière et anti-humaine ?

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