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Les 80 ans de Leonard Cohen : le choix de Leoned

Moi, c’est ça ! D’abord parce que j’aime cette chanson, ensuite parce que j’adore cette version pour différentes raisons :
– la bandurria de Javier Mas (un grand !),
– que je l’ai vue en vrai, enfin presque : c’était à Nantes pas à Paris (et tant pis pour la vidéo amateur),
– et qu’une salle de Français qui vibrent à son écoute, ça ne s’oublie pas.

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L’été 68

Durant l’été 68, ma petite amie était partie chez des parents au Canada. Puis elle est rentrée. Elle est restée silencieuse un jour ou deux. Puis on s’est revus, elle m’a tendu le 33 tours, « Songs of Leonard Cohen », et elle m’a dit : « Tiens : c’est très populaire au Canada ». Puis elle a ajouté : « Je suis tombée amoureuse d’un type là-bas. Il ne faut plus qu’on se voie ».

C’est comme ça que j’ai découvert Leonard Cohen. Il tient toujours la rampe. Je viens de voir cette vidéo sur le site du Monde. Ce serait dommage que vous la ratiez.

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Antony Hegarty

L’un des avantages de vivre à Los Angeles – capitale mondiale du cinéma – c’est que certains des démarcheurs qui vous abordent dans la rue le font pour une cause excellente : pour vous inviter à visionner un film venant d’être monté. Il y a un prix minime à payer : une fois le film terminé, remplir un questionnaire suggérant comment l’améliorer avant sa sortie. Et cela aussi vous donne un sentiment d’importance, en faisant de vous en quelque sorte un co-auteur de dernière minute…

L’un des films que nous avons vus par ce moyen au fil des ans est Leonard Cohen : I’m Your Man, un documentaire sur le chanteur sorti en 2005 : un long entretien avec lui assorti d’un concert d’hommage en Australie. Si vous ne l’avez pas vu c’est de la très belle ouvrage, avec des interprètes inquiétants comme Martha Wainwright. Mais ce qui nous a soufflés et dont nous parlions essentiellement en sortant de la salle, ce fut la découverte de Antony Hegarty, du groupe Antony and The Johnsons.

Dans Leonard Cohen : I’m Your Man, Antony chante « If It Be Your Will », si tel était ton bon plaisir, une chanson de soumission abjecte comme « Ne me quitte pas » de Jacques Brel. Ces chansons là me font plutôt sourire en temps ordinaire mais là, dans la version d’Antony – qui fait pâlir celle du compositeur lui-même – on est pris de frayeur et on pense : « Mon Dieu, il y a vraiment des gens comme ça ! », car au son de sa voix on imagine qu’une telle humiliation volontaire au plus haut degré lui vient naturellement et même si l’on ne se sent pas le talent de l’égaler on ne peut que compatir devant un être humain terrassé par une telle souffrance.

Antony enseigne la différence à ceux qui n’en auraient pas l’intuition : le déchirement ultime que suggèrent, même avant de les entendre, des titres comme « The Atrocities » ou « Hitler in My Heart ». Vous connaissez peut-être Divine, Harris Glenn Milstead (1945 – 1988), le travesti le plus absurde de toute l’histoire du cinéma, interprète entre autres de la mère dans le premier Hairspray (1988), celui de John Waters en personne (qui joue dans le film le rôle hilarant du psychiatre). Que le personnage délirant de Divine puisse inspirer une des plus belles chansons d’amour qui soit est l’un de ces mystères qui, dépassant de manière démesurée l’entendement, vous font penser au miracle.

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