Archives par mot-clé : loi de l’offre et de la demande

CHANGEMENT DE PARADIGME : NOUS SOMMES TOUS DES LEONARDO DI CAPRIO, par El JEm

Billet invité. Attention, les lecteurs qui n’auraient pas vu le film « Shutter island » et projettent de le faire sont invités à sauter le premier paragraphe qui dévoile une partie essentielle de l’intrigue.

Dans le film « Shutter island », tourné par Martin Scorsese et sorti en 2010, Leonardo DiCaprio incarne un inspecteur de police enquêtant sur la disparition d’un patient d’un hôpital psychiatrique. Au cours de son enquête, il est confronté à différents éléments qui rendent cette disparition étrange et laissent penser au spectateur que l’inspecteur a lui-même quelques problèmes psychologiques. Finalement, confronté directement à des faits de plus en plus en contradictions avec sa conception de la situation, sa vérité s’effondre et il est forcé, au prix d’une intense souffrance, de reconnaître qu’il n’est pas inspecteur mais le fameux patient recherché. Nous pourrions bien être tous, à des degrés divers, des Leonardo DiCaprio, observant le monde au travers d’une paire de lunettes déformantes et nous efforçant de les conserver coûte que coûte sur le nez, pour ne pas avoir à nous remettre en cause.

En science, ces lunettes sont les lois censées décrire le monde et ses principes de fonctionnement. Celles-ci sont tenues pour vraies jusqu’à ce qu’elles soient démenties par la réalité : confrontés à des faits ne s’accordant pas aux résultats attendus, les scientifiques, au prix d’intenses souffrances, sont obligés de les abandonner et de les remplacer par d’autres jugées plus efficaces, c’est à dire plus en accord avec l’ensemble des fait connus.

Ces lois servent aussi à prévoir, à construire. Certaines lois physiques (ex. : calcul des forces et des équilibres, résistance des matériaux, diffusion de la chaleur, etc.) sont par exemple utilisées par les architectes pour calculer les paramètres nécessaires à la construction d’un édifice. Si les lois utilisées s’avèrent in fine être erronées, le résultat obtenu ne correspondra pas au résultat attendu. Le bâtiment présentera des faiblesses qui, selon leur importance, conduiront à son effondrement, par vieillissement prématuré ou suite à un accident auquel il n’aura pu résister, contrairement à ce que les calculs avaient prévu.

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RECIPROCITE OU RAPPORT DE FORCES ? – REPONSE A PAUL JORION, par Dominique Temple

Billet invité. Originellement publié ici, le 14 février 2011.

Dans les années 90, nous avons lu un article de Paul Jorion sur la relation des courtiers et pêcheurs de l’île de Houat (Bretagne) [1]. La loi de l’offre et de la demande ne fonctionnait pas comme prévu car des ententes cordiales entre les uns et les autres modifiaient le principe ou lui substituaient des relations de réciprocité : les prix étaient alors déterminés selon certaines conventions non écrites dans lesquelles la solidarité, l’amitié, la confiance jouaient un rôle important. Il nous semblait que deux dynamismes différents de marché, l’un de libre-échange et l’autre de réciprocité, étaient superposés.

À la même époque, nous faisions des observations qui paraissaient de même type, à la différence qu’à Palavas-les-flots (Hérault), la relation était le plus souvent directe entre les pêcheurs et les consommateurs. Il n’existait de relation médiatisée par des courtiers que pour quelques pêcheurs, et seulement lorsque la pêche excédait les possibilités de consommation locale. Pour les autres, lors d’un “gros coup”, on portait ses prises à la criée de Sète. À la criée, la loi de l’offre et de la demande s’imposait. Mais entre les pêcheurs et les consommateurs directs, les relations étaient du même type que celles observées entre les pêcheurs et leurs mareyeurs à l’île de Houat. Cependant, de ces observations nous n’avons pas tiré les mêmes conclusions.

Jorion pense que c’est en fonction d’un certain quotient d’amitié ou de toute autre valeur de nature éthique “constituée” en statut que le marché de libre-échange est modifié. Nous soutiendrons, au contraire, que c’est la pratique de la réciprocité qui génère les liens d’amitié en question.

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Le temps qu’il fait, le 29 octobre 2010

La psychanalyse
Principes des systèmes intelligents (Masson 1990)
Le mystère de la chambre chinoise

Le prix (Le Croquant 2010)
• Le mécanisme de la formation des prix
• Les interactions entre classes sociales et les interactions à l’intérieur d’une classe sociale
• Karl Marx

Les systèmes de retraites
• Répartition et capitalisation
• Comment il faudrait repenser la question

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