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Quinzaines, Que trouve-t-on dans Kerouac quand on l’ouvre ?, le 15 juillet 2019

Que trouve-t-on dans Kerouac quand on l’ouvre ?

Carolyn Robinson – « Camille » dans Sur la route de Jack Kerouac

Jack Kerouac, que rendrait célèbre la publication en 1957 de On the Road (Sur la route), un récit qu’il avait terminé d’écrire six ans auparavant, était déjà depuis une dizaine d’années un excellent écrivain, s’étant essayé avec brio, dès son adolescence, à différents styles d’écriture. Seul handicap dans son jeune âge, qu’il ait pris pour modèles qu’il entendait égaler, des auteurs dont le talent de romancier s’identifiait au récit autobiographique.

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La religion de Pagnol

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Les familles laïques se constituent leur propre religion avec des morceaux trouvés ici et là et la trilogie « Marius-Fanny-César » occupait une place d’honneur dans la religion que mon père et ma mère avaient bâtie de bric et de broc à l’intention de leurs enfants. Nous possédions les disques qui restituaient le dialogue des trois films tournés dans les années trente avec Raimu, Pierre Fresnay et Charpin, et mes parents écoutaient tout cela en échangeant pour les galéjades des sourires entendus ou en hochant la tête d’un air grave lorsqu’il s’agissait plutôt de leçons portant sur la philosophie de la vie.

Cela m’a fait très plaisir bien entendu de me trouver hier pour la première fois sur le vieux port de Marseille, et de pouvoir reconstituer ainsi de visu la géographie du décor d’une partie essentielle de mon système du monde, seulement mythique jusque-là.

Le cadre de la référence éthique, c’est bien sûr l’histoire de la petite Zoé qui l’instaure, perdant son honneur avec des garçons, alors que « L’honneur, c’est comme les allumettes, ça ne sert qu’une fois ». La primauté du qualitatif sur le quantitatif, on la découvre enfant avec la recette du Picon-citron-curaçao, comptant quatre tiers, pour une raison que Marius aurait dû pourtant deviner : que tout dépend de la grosseur des tiers. Le principe de l’éducation des enfants quand ils grandissent et que leur témérité nous cause alors bien du souci, se résume lui tout entier dans l’avis offert par César à Marius embarqué sur un dragueur de mines : quand il s’agit de se pencher, « Laisse un peu se pencher les autres ». Autre avertissement salutaire que nous adresse la trilogie, à propos cette fois des Parisiens et du grain de sel avec lequel il faut prendre leurs propos : Monsieur Brun prétendant qu’à Paris, il existe cinquante Canebières. Enfin, et cette fois, message le plus important de tous : le prix qu’il faut attacher à la tendresse, dont parle si bien Panisse quand il évoque « les chatouilles et les papouilles », que sa pauvre Félicité et lui se faisaient.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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