La religion de Pagnol

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Les familles laïques se constituent leur propre religion avec des morceaux trouvés ici et là et la trilogie « Marius-Fanny-César » occupait une place d’honneur dans la religion que mon père et ma mère avaient bâtie de bric et de broc à l’intention de leurs enfants. Nous possédions les disques qui restituaient le dialogue des trois films tournés dans les années trente avec Raimu, Pierre Fresnay et Charpin, et mes parents écoutaient tout cela en échangeant pour les galéjades des sourires entendus ou en hochant la tête d’un air grave lorsqu’il s’agissait plutôt de leçons portant sur la philosophie de la vie.

Cela m’a fait très plaisir bien entendu de me trouver hier pour la première fois sur le vieux port de Marseille, et de pouvoir reconstituer ainsi de visu la géographie du décor d’une partie essentielle de mon système du monde, seulement mythique jusque-là.

Le cadre de la référence éthique, c’est bien sûr l’histoire de la petite Zoé qui l’instaure, perdant son honneur avec des garçons, alors que « L’honneur, c’est comme les allumettes, ça ne sert qu’une fois ». La primauté du qualitatif sur le quantitatif, on la découvre enfant avec la recette du Picon-citron-curaçao, comptant quatre tiers, pour une raison que Marius aurait dû pourtant deviner : que tout dépend de la grosseur des tiers. Le principe de l’éducation des enfants quand ils grandissent et que leur témérité nous cause alors bien du souci, se résume lui tout entier dans l’avis offert par César à Marius embarqué sur un dragueur de mines : quand il s’agit de se pencher, « Laisse un peu se pencher les autres ». Autre avertissement salutaire que nous adresse la trilogie, à propos cette fois des Parisiens et du grain de sel avec lequel il faut prendre leurs propos : Monsieur Brun prétendant qu’à Paris, il existe cinquante Canebières. Enfin, et cette fois, message le plus important de tous : le prix qu’il faut attacher à la tendresse, dont parle si bien Panisse quand il évoque « les chatouilles et les papouilles », que sa pauvre Félicité et lui se faisaient.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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32 réflexions sur « La religion de Pagnol »

  1. La religion c’est très bien quand le croire ne se substitue pas au savoir et laisse le croire là où le savoir est indisponible ou inaccessible. Aujourd’hui pour autant beaucoup préfèrent croire ce leur dit leur aimable voisin, un média, le quidam qui passe plutôt que de chercher à savoir. Leur confort intellectuel, leur appartenance à un groupe social leur fait préférer croire n’importe quoi car l’appartenance au consensus prévaut sur le savoir. Quand les bases d’une société finissent par se résumer à des croyances sociales au détriment du savoir il y a tout de même un risque d’autant plus grand que ceux qui croient prétendent détenir la vérité alors que l’on ne peut pas forcément leur reprocher de ne pas savoir mais par contre on peut leur reprocher de faire comme si.

  2. Cette trilogie me fut lue enfant, pendant une année je crois, par une amie à moi de cinq ans mon ainée, durant des après-midi entiers qui passaient comme des songes.
    Je suis bien en peine aujourd’hui de savoir ce qui avait motivé ce surprenant voyage.
    Je suis bien en peine aujourd’hui de savoir ce que je lui dois.

  3. Et oui, parbleu! Qu’est-ce qu’il a voulu dire ?… Remarquez la délicatesse de l’acteur et la pertinence de la question.
    Ce qui me frappe (mais sans dommage) dans l’oeuvre de Pagnol c’est l’absence de violence. Même les moqueries ne sont pas grinçantes. C’est ce qui caractérise sans doute la comédie mais surtout cette société d’alors qui portait en elle, confiante, ces croyances auxquelles vous faites allusion.
    Toute la littérature de Pagnol laisse entendre derrière la tonalité musicale de l’accent méridional cette joie de vivre dans une société et un monde pétris d’humanité, un monde d’avant … le péché originel pourrait on dire.
    Cette « grande nostalgie » remarquablement scénarisée et remarquablement incarnée par certains acteurs raisonne encore à nos sensibilités.
    La question alors, intéressante, serait de voir qui pourrait aujourd’hui monter cette trilogie au théâtre avec nos préoccupations actuelles comme on revisite les grands classiques grecs. Est-ce envisageable ou pas ?

    1. « La petite Zoé » ! Revoyez votre Pagnol, mon cher Clive !

      CESAR – Ecoute-moi, mon petit… Dès que tu verras Fanny, parle-lui sérieusement. Oui, parle-lui le plus tôt possible. Tu devrais penser à l’histoire de Zoé, qui n’était pas plus malhonnête qu’une autre.

      MARIUS – Quel rapport peut avoir cette histoire, que d’ailleurs je ne connais pas ?

      CESAR – Ah! tu ne la connais pas ? Eh bien, Zoé, c’était une petite fille très jolie, très coquette et qui ne pensait pas à mal. Elle travaillait à la fabrique d’allumettes… Je la vois encore quand elle passait là devant, toute bravette sous son grand chapeau de paille… Tous les hommes la regardaient… Elle avait une espèce de charme… Elle souriait à tous. Mais elle restait sage comme une image… Et puis un jour, ça lui a pris pour un matelot espagnol… Elle croyait qu’ils allaient se marier… qu’il ne repartirait plus… Alors, ils se sont donné un peu d’avance… Et un beau soir, il est parti…

      MARIUS – Il l’a abandonnée ?

      CESAR – Oui. Alors, Zoé… (Un grand geste désolé.) Qu’est-ce que tu veux, quand un homme les a trompées, ça les dégoûte de notre nature, elles ne peuvent plus aimer personne, ça fait qu’elles deviennent des filles des rues… Et puis, quand elles ont commencé, elles n’ont plus rien à perdre! Marius, l’honneur, c’est comme les allumettes : ça ne sert qu’une fois.

  4. Effectivement , Paul a du écouté Pagnol en version wallone .

    Je n’ai une approbation sans réserve que sur les papouilles et les chatouilles .

    Dont j’attends avec impatience les versions Bruxelloise , Namuroise , Dijonnaise ( donc pimentée ) et Parisienne .

    Je retiendrais aussi de Pagnol que lorsque le ton monte et que la colère explose , c’est la langue du terroir ( le provençal dans ce cas ) qui jaillit et s’exprime , pas le sabir international ou mondial ( je me demande bien ce que peuvent donner les sous-titres en anglais à la sauce marseillaise ou provençale !) .

  5. Bonjour, rien à voir avec la choucroute mais aujourd’hui, plutôt que de parler d’économie et d’argent, allez faire vos courses dans n’importe quel supermarché, depuis hier et jusqu’à aujourd’hui inclus, la BANQUE ALIMENTAIRE vous donne un sac que vous pouvez remplir de denrées non périssables (riz, pâtes, conserves, etc) et que vous leur rendez une fois vos courses effectuées. Alors, faîtes un petit effort juste aujourd’hui… 🙂

  6. PJ, cela faisait longtemps que vous n’aviez (à mon sens) écrit quelque chose d’aussi justement plaisant.

    Je me permettrai de vous conseiller d’écouter ou de réécouter la Pastorale des Santons de Provence.

    C’est que dans le midi et la région de Marseille en particulier on vit sans le savoir les choses comme les décrits G.B.SHAW.

    Les choses graves sont trop importantes que pour être prises au sérieux.

    Et maintenant arrêtez de nous ensucquer!

    1. Bonsoir Eomenos,
      Et encore, n’iriez-vous jusqu’à dire qu’il nous fait caguer, car à Marseille comme ailleurs,
      ce qui est grave, peut n’être pris qu’ au tragique.

  7. La nouvelle page d’accueil est très agréable et plus contemporaine, s’agissant de l’apparence de notre héros.
    Mais pourqu’Houat les lunettes noires, qui ne sont pas habituelles par ailleurs ? Hommage à Dantec ou à Ray Charles ?
    Pour ce qui est du blog « polymathe » d’après la définition qu’en donne wiki, ce serait plutôt une référence à Talon fils.

    Merci en tous cas pour toutes ces mises à jour.

  8. Déjà fait la semaine dernière avec la Croix Rouge et la semaine précédente avec le Secours Populaire, sinon qu’ils ne donnent pas de sac… Par ailleurs, les Restos du Coeur et Action contre la Faim acceptent les dons en espèces. (ACF a une activité alimentaire importante en France qu’on ne soupçonne souvent pas.)

    1. le Manteau, voile de la manifestation..
      comment l’extérieur du manteau en connaîtrait-il l’intérieur?
      tout au plus peut-il connaître l’imperceptible limite qui les unit et les sépare.
      de même le savant ne connaît que la science et seule la science connaît Dieu, mais ENTRE LA SCIENCE ET SON OBJET, il y a des mers dont on ne peut atteindre le fond.
      [ Illuminations de la Mecque, Ibn Arabi début du 13 ème siècle.]
      toute une réflexion sur la ‘construction’ de la réalité par le verbe humain de la part de l’un des plus grands mystiques de l’Islam.

  9. la foi appartient à l’intime et au personnel, au plus profond;
    la religion est la manifestation collective et publique de cette foi intime (et qui devrait le rester);
    quand elle devient publique, elle devient politique, et se perd; elle se transforme en commerce, inévitablement, par cycles; elle prêche la tolérance, et organise les guerres de religion et l’inquisition et les massacres ; elle n’est plus qu’instrument de pouvoir et de domination;
    si ça intéresse quelqu’un, je veux bien faire un court exposé (qui sera un peu long) sur les circonstances dans lesquels les Hongrois se sont convertis au christianisme;

  10. La culture provençale je connais un peu, j’y ai vécu 12 ans et ai de la famille là bas. Mon prénom est Olivier aussi, l’arbre de la paix.

    Un de mes cousins viticulteur s’appelle Marius. Alors oui une forme de sagesse se forme dans cette culture à l’accent chantant mais pas dupe du folklore.

    J’ai pu ainsi connaitre beaucoup de gens du sud, Italiens d’origine, Corses, Provencaoux, Camarguais, Catalans, Marseillais…

    Quoi dire… Je suis fier d’avoir pu vivre la beauté méditerranéenne et son esprit de couleurs.

    1. Que le prénom de Marius soit encore si fréquent en Provence est lié au Marius consul en -107 qui a vaincu Jugurtha en -105 et a écrasé les Teutons à Aix en Provence en -102
      Sans un sesterce, il doit ses victoires à la révolution qu’il a instituée dans le mode de recrutement des soldats de la légion, il n’était plus besoin qu’ils fussent laboureurs propriétaires de leurs armures.
      L’armée professionnelle était née, les mercenaires aussi, le clientélisme, les conquêtes lointaines et les rétributions de la soldatesque sur la bête..

      et la classe des équestres qui devait sa fortune aux guerres allait encourager la tendance et le déséquilibre des pouvoirs vers l’Empire.

  11. Mon kiné, qui n’est pas marseillais, me signale qu’il ne fait pas de papouilles mais qu’il a des adresses pour cela : c’est la félicité !
    Euh, n’est-ce pas un peu déplacé ?

  12. La crise vue de Marseille

    Je suis un homme d’âge mûr, quoi qu’encore jeune. Mon métier consiste à transmettre des connaissances aux jeunes gens qui peuplent les collèges. Je ne m’épanouis que très peu dans ma pratique professionnelle alors que j’enseigne dans un quartier favorisé (le 7e arrondissement de Marseille). Les classes sont surchargées, la charge de travail augmente chaque année et les conditions se dégradent à chaque rentrée : hausse des effectifs, élèves iconoclastes abreuvés de culture télévisuelle mortifère, techniques pédagogiques visant à réifier l’élève, suppression des moyens (les classes ne sont quasiment plus dédoublées même lorsque cela est nécessaire pour des matières comme les sciences physiques, la S.V.T. ou la technologie)… Ainsi, chaque jour nous (j’ose parler au nom de mes collègues) ressentons les effets de la politique du gouvernement. C’est avec angoisse que j’envisage l’avenir. Car la réponse de Sarkozy face à la crise est toujours désespérément la même : baisse effrénée de la fiscalité. Il y a déjà eu le bouclier fiscal, la baisse de la TVA dans la restauration et maintenant la suppression de la taxe professionnelle. Le chef de l’état fait preuve d’un acharnement idéologique sidérant. L’aberration fiscale que nous vivons actuellement va entraîner de nouvelles coupes dans le budget de l’éducation nationale. Ainsi, on est en droit de se demander jusqu’où l’on va aller dans la destruction en règle de l’école ? Très loin, sans aucun doute… Dans le quartier où j’habite, le parfum de Pagnol se fait encore un peu sentir, la partie de cartes se pratique toujours tout au long de l’année et d’innombrables visages sont familiers. Pourtant, personne ne parle de la crise, personne ne semble même avoir conscience du fait que nous sommes passés près de la catastrophe planétaire après la chute de Lehman Brothers ou que le risque systémique est toujours important. Je vous ai déjà écrit pour vous signaler que j’étais arrivé à certaines de vos conclusions avant même de connaître votre blog à la suite de la lecture d’un article du monde portant sur les difficultés des LBO. J’ai inondé de courriels mes connaissances sur les découvertes que j’avais faites et je n’ai eu quasiment aucun retour. Les gens ne cherchent pas à comprendre ou n’ont plus la volonté de comprendre ; tous se complaisent dans une sorte d’hédonisme béat qui relève de l’irresponsabilité la plus grave. Les jeunes trentenaires se plaisent à parler des séries américaines, de restaurants « sympas », de grands problèmes de société comme le football… Je suis tout de même entouré de gens de valeur qui se démarquent de la médiocrité générale mais que ces gens-là sont rares ! C’est ainsi que l’on vit la crise à Marseille, on la subit tout en étant persuadé qu’elle est presque finie. Après tout, il y a toujours eu des chômeurs plus que partout ailleurs dans cette ville ou « le ciel écrase du bleu à pleine main ».

    Très cordialement, JT. Giovannoni.

    1. Henri MICHAUX

      Quelque part, quelqu’un

      Quelque part quelqu’un est chien et aboie à la lune
      Quelqu’un est né chinoise et maintenant elle a dix-sept
      Quelqu’un c’est une blonde et sa soeur est vive, véritablement
      pétulante
      Quelqu’un son père est highlander
      Quelqu’un. ..et puis ça lui a retenti sur les reins et maintenant
      fini, il dit qu’il aime autant mourir à l’hôpital
      Quelqu’un il a de grosses solives à la maison
      Quelqu’un, il veut encore un peu de crème. Mais l’autre quelqu’un,
      c’est l’existence de Dieu qui le chipote
      Quelqu’un vient d’ avoir un moment de fierté qu ‘il expiera durement
      Quelqu’un, il pleut
      Quelqu’un, cette fois il pleut fort
      Quelqu’un les gens d’à côté rentrent à l’instant
      Quelqu’un il n ‘y a pas eu de brise aujourd’hui, et la houle de fond
      est encore forte
      Quelqu’un, il pleut toujours ; mauvais pour le toit
      Quelque part, Quelqu’un renait insecte, se nourrissant d’excréments
      tout le jour, ses antennes trempant dans la substance fétide; essayant
      de se souvenir d’une vie antérieure, maigre lui, il songe à une future
      quand les excréments seront plus copieux et plus uniformément répandus
      de manière qu ‘il y en ait pour tous

      Quelque chose quelque part est rail, sous un train six cents tonnes, et plie et vibre, et enfin se redresse
      Quelqu’un, zut pour les autres
      Quelqu’un, zut pour moi
      Quelqu’un porc-épic-clarinette
      Quelqu’un, clarinette seulement
      Quelqu’un sa pirogue c ‘ est son île
      Quelqu’un, sa misère c’est son île
      Quelqu’un, sa robe c’est son île
      Quelqu’un, son enfance c’est son île
      Quelqu’un faire la soupe à la cuisine c’est son île
      Quelqu’un, c’est quand les autres parlent, son île
      Quelqu’un, il n ‘ a pas d’île
      Quelqu’un, il n’ a qu ‘une toute petite île
      Quelqu’un, si vous croyez qu ‘il aimerait ça une île

      ….

  13. giovannoni parle bien. L’hédonisme est une sangsue, ce que Mai 68 nous aura légué comme poison.

    Les soixantehuitards se seront révélés une plaie alors qu’ils faisaient des promesses de liberté sans fin, colossale erreur, car
    promesse.

    Leur fond de commerce était le plaisir, ils en ont donc renforcé l’aliénation. On ne tapera jamais assez sur
    sur ces 68 tards. Je déteste les promoteurs du plaisir.

    1. Le système, pour faire bref, sait mettre en scène des diversions quand il se sent menacé.
      Il a produit 68 puis, quarante ans plus tard, Obama.
      Ses ressorts et son imagination aujourd’hui s’épuisent.
      Va-t-il ou non dévoiler son vrai visage ?

    2. Fnur
      Ceux qui avaient 20 ans en 68 ont été vaincus et c’est le capitalisme triomphant qui a retenu du mouvement de ces années-là ce qui servait son expansion. Ici ce furent l’hédonisme et l’individualisme qui ont permis de marchandiser bien des choses qui auparavant étaient gratuites.
      La capacité du capitalisme à réifier toutes choses au départ de mouvements de société d’abord anti-mercantiles est étonnante. Là est sa puissance mortifère.
      Nous ne saurons jamais ce qu’aurait été la société si les « soixantehuitards », comme vous dites, avaient orienté les choix de société il y a 40 ans…
      La récupération mercantile de cette révolte très spontanéïste ne devrait-elle pas nous inciter à réfléchir à ce qu’un capitalisme récupérateur et cynique d’aujourd’hui pourrait imaginer comme nouvelle conquête à la suite de l’ébranlement du monde dû à l’actuelle crise financière?

    3. Très franchement, ras le bol de ses gens qui mettent la responsabilité des problêmes actuels au débit d’une génération. L’hédonisme que je sache est intemporel et universel et n’a pas grand chose à voir avec un mouvement d’humeur qui a vu convergé vainement des étudiants vers des ouvriers.Il y avait de la générosité ,de la naiveté ,de l’aveuglement,une révolte contre le père rapidement dissoute par l’élection d’une chambre bleu horizon.Les porte-containers sillonnent les océans pour satisfaire les appétits de 9 milliards d’individus pour lesquels Mai 68 ne veut strictement rien dire.L’ascèse ne me fait pas peur mais appliquée bruptalement ,elle met des millions de gens au chomage.Ayons donc la charité de dépenser le maximun de ce que vous pouvez pour limiter les dégats. »Assemblage emphatique de vains mots »

  14. BONSOIR,
    La polémique à Marseille c’est de savoir ou se trouve le bar de la marine…
    Il y a bien un bar de la marine resté dans son jus depuis cette scène qui se trouve du côté sud du vieux port c’est à dire du côté Notre dame de la garde, mais certain prétendent qu’il serait du côté Nord, c’est à dire du côté mairie et quartier du panier, car dans une scène tourné depuis ce bar on voit Notre Dame…Mystère
    Quartier du Panier..justement ou quartier du Mistral, c’est la même chose, car les choses ont évolué depuis 1929… et plus belle la vie est passé par là.
    Mais comme dirait mon prédécesseur, personne ne parle de la crise, entre mon boulanger et ma porte il y a 50 mètres et peut être 5 mendiants, quoique ça dépend du jour et de l’heure mais aussi du vent…
    l’autre jour vers 18h00 un mistral glacial, et aucun mendiant, dégun.

  15. AUCHAN LA RELIGION DU 16 à 17 % NET, DEPUIS 30 ANS – ARRETONS DE PARLER DE LA CRISE ET CELA IRA DEJA MIEUX

    Quelques extraits de l’article que Benoit Boussemart a consacré à Gerard Mulliez sur son BLOG La Richesse des Mulliez, citations entres  » « , suite à un interview pagnolesque de la semaine dernière.

    – COMBIEN CA RAPPORTE ?
    « Lorsque M. G. Mulliez critique le capital spéculatif qui exige des taux de profit de 15%, il oublie tout simplement que la fortune de la famille Mulliez s’accroît de 16 à 17% tous les ans depuis … 30 ans (voir également nos calculs dans « La richesse des Mulliez » en pages 185 et suivantes). L’AFM ( association familiale Mulliez ) fait donc mieux que les spéculateurs … sans spéculer. D’où vient alors cette « richesse »sinon de l’exploitation des milliers de salariés ? »
    « Petit calcul : les 2 milliards de sa fortune professionnelle représentent 125 000 années de SMIC. Pour la longue carrière de M. Gérard Mulliez (50 années), ceci représente chaque année 2 500 fois le SMIC annuel pour son accumulation personnelle. Nous sommes loin du rapport de 1 à 20. M. Gérard Mulliez pulvérise toutes les directions du CAC 40 ! »

    – COMMENT CALCULER LES REMUNERATIONS DES DIRIGEANTS DU GROUPE MULLIEZ :
    « Sachant que les rémunérations brutes de Groupe Auchan entre 2007 et 2008 sont passées de 2 647 598 € pour 12 emplois à 3 271 593 € pour 13 emplois. Le coût d’un emploi supplémentaire pour le holding est de 623 995 € ; soit près de 39 fois le SMIC !
    Certes, il est possible que le passage de 12 à 13 personnes intègre les évolutions salariales de l’année. »

    – DES STOCKS OPTIONS POUR L’HONORABLE FAMILLE :
    « Certains membres de la société bénéficient de stocks options, et surtout d’actions gratuites. Ainsi, le même rapport d’activité de Groupe Auchan ( 2008 ?) indique qu’il existe 30 167 options d’actions gratuites, estimées chacune à 341,61 €. Heureux bénéficiaires inconnus, qui vont se partager (en dehors des salaires bien évidemment, encore un mensonge par omission de M. Gérard Mulliez) une somme totale de 10,3 millions d’€uros.
    Qui sont ces inconnus ?
    Mystère ?
    Pas tout à fait : il suffit à nouveau de se transporter en Belgique, où existe une société dénommée Soparchan Belgique, qui gère 42,8 millions d’€uros de titres en faveur d’un membre de la famille et de 8 cadres du groupe (directement et/ou via leurs sociétés civiles). »
    ( ndlr : Certains de mes camardes, salariés et actionnaires Valauchan n’y croient toujours pas, à ces stocks options, la foi aveugle ).
     
    – DES VRAIES VALEURS FAMILIALES !
    « Il existe en effet une règle comptable appliquée par les « experts », qui pratiquent une décote de 30% sur la valeur des titres (si l’AFM le souhaite, nous pouvons publier la liste des opérations où cette mention est indiquée) »

    – POUR EN SAVOIR PLUS :
    le blog de Benoit Boussemart : http://www.larichessedesmulliez.com/crbst_4.html
    Son article publié le 24 Novembre, commentant le prestation de Gerard Mulliez au World Forum de Lille.
    Vous pouvez visionner gratuitement, le one man show de la première fortune de France :
    http://www.weo.fr/fr/Emissions/C-est-ma-region/C-est-ma-region-du-19-11-2009%5D
    Le patriarche nous raconte entre autres son enfance malheureuse au sein d’une famille profondément touchée par la crise. Des souvenirs émouvants de cette époque durant laquelle il cultivait des radis, élevait des poules et des lapins afin de se faire quelques sous. Du Zola !
    Il a du en garder quelques habitudes : les radis, ça se croque, les lapins ça se dépouille et la volaille on la plume.
    Clients, Salariés, Fournisseurs, chacun son destin.
    Il nous parle aussi de la culture du blé et des vraies valeurs de l’Entreprise.
    Une ressemblance oratoire certaine avec Serge Dassault, dans un registre différent.

    Le style est bon enfant, naïf, populiste, honnête, prope sur li. La famille Mulliez pratique la lutte des classes avec un talent, une fougue incomparables, son enrichissement le prouve.
    Soyons indulgents, car une terrible malédiction pèse sur celle-ci depuis des générations, la baisse tendancielle du taux de profit, et elle est là ! La ré apparition de Gérard Mulliez après quelques années de ce qui ressemblait à une retraite est indispensable pour l’ordre règne parmi les 500 actionnaires familiaux, jusqu’à quand ?

    – Bonus : Quelques perles du service de presse Auchan au sujet de l’apparition du gourou à la télévision ( citations entres  » « ) :
     » Arrêtons de parler de la crise et cela ira déjà mieux  »
     » La promotion du bon usage de l’Argent au service du progrès économique et social  »
     » La distribution raisonnable des résultats »

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