Archives par mot-clé : Marché d’option

COMMENT LA RÉALITÉ ET LA DÉMOCRATIE POURRAIENT ÊTRE RÉINVENTÉES, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Imaginez-vous que les marchés d’option actuels sont pour la plupart fictifs au sens épistémologique du terme. Fictifs parce que non fondés sur la réalité objective vérifiable. En l’occurrence une réalité humainement engagée au présent dans le futur qui contienne un intérêt à réaliser ce qu’on promet. Imaginez-vous que ce vrai marché se fonde sur la cosmologie antérieure à la Renaissance où l’être donné était encore distinct du réel objectif ; où le prix n’était pas la marchandise mais annonçait un droit nominal à accéder à une valeur réelle distincte de la parole du vendeur.

Dans ce marché réel d’options réelles, tout est optionnel, tout est garanti, tout est réel et tout est temporel. Imaginez-vous que n’importe qui puisse se tromper y compris un commerçant, un financier ou un gouvernement et paye à l’avance la probabilité de ses erreurs. La probabilité de l’erreur est l’écart anticipé vérifiable entre le prix nominal et le prix réel à l’échéance. La probabilité n’est donc plus seulement une fiction mathématique mais la prime réelle d’option du prix nominal d’un objet livrable effectivement vendu à terme. Dans ce marché réel, il y a compensation entre le prix nominal de la vente effective du réel et la prime d’achat de la probabilité d’évaluation erronée du prix nominal.

Compensation signifie différenciation par l’intelligence libre de l’être donné de la réalité par le réel objectif du prix décomposé en nominal et prime. Compensation signifie réconciliation en droit de l’acheteur, du vendeur et du primaire de la réalité probable ; de la réalité qui se constate avec les prix et qui sera traduite en réalité physique sensible. Compensation signifie encore que l’acheteur primaire devra régler à l’échéance la différence visible sur le marché comptant entre le prix nominal promis et le prix réel effectif dans la livraison réelle de l’objet promis.

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LE CAPITALISME EST-IL LIMITÉ PAR UNE MORALE ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Les excès de la crise financière posent un problème politique et moral d’identification et de mesure de l’excès. S’il y a réellement excès, il doit être qualifié pour être réduit et le cas échéant résorbé. L’excès financier interroge les fondements de la civilisation qui a inventé le capitalisme. Ces fondements sont la politique de la Grèce antique et le monothéisme judéo-chrétien. La démocratie grecque est la libre discussion de la valeur. Le monothéisme est la libre progression vers un bien supposé commun et universel.

Pour juger de la valeur de sa liberté et de l’accroissement de la valeur, l’intelligence doit compter. L’excès est un jugement du langage humain sur l’existence de la liberté et sur la variation de cette liberté. La mesure de l’excès introduit l’homme dans la question du sens. Il ne peut pas donner de sens à l’excès sans une référence extérieure à la mesure. Les Grecs forgent leur jugement dans la démocratie. Les Juifs dans la parole du Dieu unique. Les deux démarches fondent la monnaie qui transforme le jugement en nombre, c’est à dire en prix. Dans le modèle aristotélicien, la monnaie matérialise le prix qui ne sort pas des limites de la démocratie. Dans le langage juif, la monnaie forme le prix par l’interprétation de la volonté monothéiste.

Les deux cosmologies grecque et juive convergent dans l’empire romain. Les monnaies de Rome servent à la fois à payer aux dieux le prix de ses excès, à régler les échanges commerciaux et à payer l’impôt à la justice romaine. Le libre échange dans un espace politique unifié par un même système de mesure du droit permet le crédit et l’accroissement de la circulation monétaire. L’Empire romain est le berceau du christianisme qui fusionne le monothéisme juif avec la démocratie grecque. Le christianisme fonde la loi sur l’égalité des hommes devant Dieu. Tout individu croyant ou non-croyant est appelé à devenir le citoyen du Ciel.

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FEEDBACK POSITIF, VALEUR ET BANCOR, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Cher Paul,

Votre explication sur le feed-back positif et négatif à l’intérieur d’un système peut délimiter l’utilité systémique de la notion de valeur. Un système se conserve, s’auto-régule, s’il contient suffisamment de feed-back négatif pour revenir dans ses limites de rationalité quand des forces s’en dégagent qui le subvertissent. Le feed-back positif d’un système est au contraire sa force d’auto-destruction. Le feed-back positif change la rationalité du système pour imposer une autre rationalité qui produit un autre système. Goldman Sachs et Deutsche Bank ont puisé dans le système financier le feed-back positif qui leur permettait de tirer parti de la contradiction intrinsèque au système. Ces institutions ont joué le système contre lui-même par le feed-back positif qu’elles y ont trouvé et y trouvent encore.

Bien qu’il soit maintenant démontré que le système financier contient des acteurs qui jouent explicitement contre lui, il faut cependant constater que les forces de feed-back positif ne sont pas encore suffisantes pour entraîner sa disparition. Cela signifie en logique systémique, que les acteurs du système sont à la fois à l’intérieur du système et à l’extérieur du système. A l’intérieur pour utiliser le système à son auto-destruction et à l’extérieur pour imaginer sa sur-existence hors du système en destruction. Ainsi la notion de valeur peut-elle exprimer cette réalité unique mais contradictoire des acteurs qui contiennent le système en étant contenu par le système. Autrement dit GS et DB ont réalisé de leurs spéculations contre le système des plus-values qui s’analysent en moins-values pour le système.

La notion de valeur permet de qualifier une réalité qui n’a pas le même sens selon les points de vue subjectifs. Les plus-values de GS et DB contre le système sont pour d’autres des moins-values du système. La notion de valeur permet également d’exprimer dans le temps un changement d’état du système à l’intérieur d’une rationalité inchangée. Nous constatons à longueur de billets et commentaires sur ce Blog, que depuis le krach des subprimes, le système financier se perpétue dans les mêmes structures de rationalité alors même que le feed-back positif fait son œuvre. Pourtant, le discours sur le système change : la confiance, l’adhésion et la compréhension s’évanouissent. Pour exprimer la liquidité du système, la permanence de son activité alors que son état change, la notion de valeur permet d’affirmer un gain ou une perte de substance. L’agonie du système est sa perte de valeur qui annonce sa disparition.

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FUKUSHIMA, SYMPTOME D’AGONIE, DEBORDEMENT DE COMPLEXITE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Après l’analyse de la valeur par le caractère personnel et social de l’humain, après la présentation du prix comme conséquence d’options de répartition des causes de la valeur entre des rôles humains distincts, voici une proposition d’application du marché d’option à la prévention de la complexité technologique spéculative.

Imbrication humaine des causes

D’après les informations qui nous ont été données, le tremblement de terre du 11 mars au Japon a normalement déclenché la procédure de mise en sécurité de la centrale nucléaire de Fukushima. Puis le tsunami est arrivé et a noyé les pompes de secours de refroidissement des réacteurs. Pour une panne d’électricité, la vie de millions de gens est mise en danger et une portion inconnue du tout petit territoire japonais risque d’être stérilisée pour longtemps. Des faits naturels se conjuguent dans une catastrophe où les conséquences apparaissent disproportionnées aux actions subjectives qui ont été effectivement engagées ou qui pouvaient être engagées pour les éviter.

La disproportion met en regard des pertes incalculables en vies humaines et en dégradation du milieu de vie avec un investissement et un objectif initiaux qui avaient un certain prix ; un investissement qui a « économisé » la vie humaine mais bien en deçà de ce qui avait été promis. Des options ont été prises à l’origine de la centrale électrique accidentée. Un projet avait été défini dans lequel un certain calcul faisait apparaître que l’électricité nucléaire à produire vaudrait globalement plus que les dépenses de conception, de construction et d’entretien sur toute la durée de vie de l’infrastructure. La comparaison du projet avec des modes alternatifs de production de la même quantité d’électricité, disponibles au même moment, avait laissé penser que le nucléaire rendrait la plus grande valeur. Le même objectif de production serait atteint à moindre coût avec les réacteurs de Fukushima. Mais que contenait vraiment l’objectif ?

En prix humain, la catastrophe en cours révèle une immense erreur de calcul. L’investissement et les coûts engagés jusqu’au tremblement de terre sont assimilables au versement d’une prime d’option dont le prix nominal a été le chiffre d’affaires encaissé par l’exploitant Tepco. L’échéance de l’option était la durée de vie prévisionnelle de la centrale électrique. Le contrat nominal sous-jacent au chiffre d’affaires prévisionnel était l’ensemble des normes techniques, sanitaires et politiques impliquées dans l’autorisation formelle publique à produire de l’électricité nucléaire. Tout le calcul financier à l’origine de la construction de la centrale s’est fondé sur une séparation politique normative de l’acceptable et de l’inacceptable ; et sur une anticipation de la disponibilité des techniques requises au respect des engagements pris. L’erreur de calcul bien apparente après la catastrophe se trouve donc dans la délimitation juridique même du civilement acceptable, donc dans l’évaluation des techniques propres à respecter les normes retenues et enfin dans l’effectivité des contrôles réalisés pour garantir le prix de revient anticipé de l’électricité produite.
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SOMMES-NOUS CAPABLES DE FAIRE CE QUE QUE NOUS DISONS ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

L’économie et la monnaie découlent de la responsabilité politique. Les dérèglements financiers actuels ne sont pas l’effet d’une cyclicité économique naturelle mais la conséquence d’une désagrégation des structures politiques dans la mondialisation. La compétition économique entre les États-nations détruit la notion d’égalité devant la Loi. Les prix réels et financiers sont produits en asymétrie d’information et de droit entre les acteurs économiques. Les acteurs en position internationale arbitrent les systèmes juridiques. Ils reportent le risque financier sur les acteurs dépendant d’une protection publique nationale légale. Les pertes financières qu’occasionnent des bénéfices expatriables pèsent par la fiscalité et par les coûts collectifs d’assurance sur les économies domestiques. Le système financier mondial s’autodétruit dans ses bases politiques et économiques réelles.

Les projets européens de convergence fiscale, de constitutionnalisation d’équilibre des finances publiques et d’assurance financière commune des équilibres économiques sont nécessaires à la resolvabilisation des États européens. Mais ils ne créent pas d’ordre politique mondial ni ne soldent les pertes impayées du passé. Or l’Union Européenne constitue en elle-même un modèle d’organisation politique et financière multinationale générateur d’équilibre économique. Pour être efficiente, l’Union doit s’affranchir du désordre monétaire qui résulte de l’incapacité des États-Unis à réguler la liquidité mondiale par le dollar. L’Union doit pouvoir régler avec certitude tous ses engagements financiers dans d’autres monnaies que les siennes tout en s’appliquant à elle-même la régulation qu’elle juge utile au maintien de ses équilibres internes. La solution est de construire un marché des changes européen régi par le droit européen actuel où les Européens s’engagent à coter toutes leurs monnaies ainsi que leurs dettes publiques.

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PLAN DE SAUVETAGE DE L’EUROPE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Définition du prix

Définissons le prix comme un nombre affecté à quelque chose par quelqu’un. Le prix est alors une parole par laquelle un sujet déclare qu’un objet vaut tant. La parole entendue fait la réalité du prix mais pas sa vérité. Pour qu’un prix soit vrai, il faut qu’il soit échangé contre l’objet avec un autre sujet. Deux sujets accordent alors le même prix à un même objet réel. Mais l’échange entre deux opère une compensation du risque de vérité du prix de l’objet. Pour le vendeur du prix, le risque est que la valeur représentée dans le prix ne soit pas la valeur réelle de l’objet à recevoir. La valeur est une perception distincte de la réalité objective concrète. Pour l’acheteur du prix, le risque est que l’objet décrit en parole dans la négociation financière ne soit pas exactement l’objet réel à produire.

Si le crédit est la confiance que l’acheteur et le vendeur peuvent s’accorder réciproquement dans la double équivalence entre eux du prix et de l’objet réel, alors le crédit est réel par l’échange de l’objet contre le prix. Mais il n’est pas vrai : l’acheteur peut découvrir après la négociation que la valeur de l’objet est en dessous de celle du prix et le vendeur que la valeur du prix est en dessous de l’objet cédé. Pour que le crédit du prix soit vrai, il faut qu’un troisième sujet constate que le sens du risque de la réalité du prix et de l’objet est dans le même sens pour l’acheteur et le vendeur. Faute de quoi, l’échange ne crée par de valeur égale entre l’acheteur et le vendeur puisque l’un risque de perdre ce que l’autre va gagner.

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