SOMMES-NOUS CAPABLES DE FAIRE CE QUE QUE NOUS DISONS ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

L’économie et la monnaie découlent de la responsabilité politique. Les dérèglements financiers actuels ne sont pas l’effet d’une cyclicité économique naturelle mais la conséquence d’une désagrégation des structures politiques dans la mondialisation. La compétition économique entre les États-nations détruit la notion d’égalité devant la Loi. Les prix réels et financiers sont produits en asymétrie d’information et de droit entre les acteurs économiques. Les acteurs en position internationale arbitrent les systèmes juridiques. Ils reportent le risque financier sur les acteurs dépendant d’une protection publique nationale légale. Les pertes financières qu’occasionnent des bénéfices expatriables pèsent par la fiscalité et par les coûts collectifs d’assurance sur les économies domestiques. Le système financier mondial s’autodétruit dans ses bases politiques et économiques réelles.

Les projets européens de convergence fiscale, de constitutionnalisation d’équilibre des finances publiques et d’assurance financière commune des équilibres économiques sont nécessaires à la resolvabilisation des États européens. Mais ils ne créent pas d’ordre politique mondial ni ne soldent les pertes impayées du passé. Or l’Union Européenne constitue en elle-même un modèle d’organisation politique et financière multinationale générateur d’équilibre économique. Pour être efficiente, l’Union doit s’affranchir du désordre monétaire qui résulte de l’incapacité des États-Unis à réguler la liquidité mondiale par le dollar. L’Union doit pouvoir régler avec certitude tous ses engagements financiers dans d’autres monnaies que les siennes tout en s’appliquant à elle-même la régulation qu’elle juge utile au maintien de ses équilibres internes. La solution est de construire un marché des changes européen régi par le droit européen actuel où les Européens s’engagent à coter toutes leurs monnaies ainsi que leurs dettes publiques.

Un tel marché d’option crée une unité de compte monétaire sans valeur libératoire dans les souverainetés nationales mais uniquement entre nationalités distinctes au sein de l’Union et face à des non-Européens. L’option transnationale européenne généralisée permet une notation transparente hors intérêts nationaux des monnaies et des dettes. Entre zones monétaires différentes, la cotation de tout engagement financier en monnaie transnationale européenne (que nous nommons bancor eu égard à son inspiration britannique keynésienne) produit deux prix : le prix nominal et le prix du risque de non-réalisation du nominal. Le risque est explicitement la prime d’option d’un engagement de droit, variable en temps réel sur un marché d’égalité juridique.

L’intérêt d’un marché commun européen d’options financières est de recadrer la finance dans l’ordre politique et de fournir à la politique un équilibre objectif des prix en risque et en crédit que ses décisions produisent. Les parités nominales des monnaies européennes et des dettes publiques et privées sont alors systématiquement couvertes par des investisseurs européens ou internationaux. Ces investisseurs ne réalisent de plus-value que si les engagements qu’ils ont garantis sont effectivement accomplis. Les pouvoirs judiciaires européens arbitrent les litiges du marché financier européen sous le contrôle de la Cour Européenne de Justice. Les États européens constituent un fonds commun, le Fonds Européen de Stabilité Financière qui existe déjà, pour indemniser tout acteur qui serait judiciairement déclaré lésé dans les règlements financiers effectués par le marché financier européen.

L’équilibre intrinsèque d’un marché international européen d’option vient de l’ajustement réel permanent des prix nominaux par rapport aux primes investies. Si le capital disponible à la couverture des crédits à terme nominaux est jugé insuffisant par le marché, les parités des monnaies européennes en bancor baissent mécaniquement pour que les débiteurs restent solvables par la réévaluation de leurs actifs réels. Les Européens ne font plus leur liquidité extérieure par leurs monnaies mais par le bancor qu’ils garantissent collectivement. Les créanciers non européens ont intérêt à déposer leurs réserves de change dans le marché en bancor car ils sont assurés par le système politique européen de la liquidité de leurs avoirs. Les pouvoirs politiques européens disposent d’une appréciation permanente des conséquences de leurs décisions par des investisseurs indépendants protégés par le droit européen. Ce modèle réconcilie la décision politique et la décision économique par la régulation financière de marché sous contrôle d’un véritable pouvoir économique judiciaire d’une démocratie européenne ouverte sur le monde.

Ce paradigme politique de la finance est réalisable immédiatement si les Européens décident de faire ce qu’ils disent. Il pourrait rétablir la place de la France dans l’Union Européenne et l’influence de la culture politique européenne dans le monde.

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137 réflexions sur « SOMMES-NOUS CAPABLES DE FAIRE CE QUE QUE NOUS DISONS ?, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Les projets européens de convergence fiscale..

    Merci ,PSJ ..
    me souvient surtout du contrat entre fournisseurs agricolles et distributeurs agréés,cahier des charges précisants l’achat des ressources agraires sous certaines conditions ,et je vous remercie pour votre gentillesse naturelle de nous aider à comprendre..

    Ici c’est plus compliquer à mon avis.
    La phraséologie appliquée dans ce contexte banquaire me semble d’une terminologie banquale et humoristique sans concéquence pour les nons croyants dont je fais partie.
    La messe est dite à mon avis.
    des fautes des fautes des fautes d’hortographes en +,oui c’est MOI

    1. @VB,

      Dévalutation et dumping social ne sont pas irrémédiablement liés pour tous et pour toujours.

      Je n’ai pas dit qu’ils étaient liés. J’ai simplement utilisé ces contre exemples (GB et Chine) pour montrer que ce que Gribouille affirme (« C’est justement parce qu’il y a une monnaie unique qu’il y a dumping ») était contre évident.

      PourPour le “prix Kadhafi des droits de l’homme””

      l y a une rumeur qui circule comme quoi cette année, le “prix Kadhafi des droits de l’homme” allait être attribué à Mouhamar Kadhafi lui même….

    2. @ Chris06,

      Haha, le prix Kadhafi des droits de l’homme attribué à Kadhafi lui même…
      Qui sont les autres candidats en lice ? j’aimerais bénéficier des fuites concernant l’attribution de cette haute et légitime distinction 🙂

      Cdt.,

  2. Bonsoir Monsieur Sarton. (pardon, mais c’est plus rapide)

    Vous avez entièrement raison. Et, bizarrement, il nous faut espérer que la situation s’aggrave pour que les pays Européens en viennent à vos solutions.

    « Les projets européens de convergence fiscale, de constitutionnalisation d’équilibre des finances publiques et d’assurance financière commune des équilibres économiques sont nécessaires à la resolvabilisation des États européens. »

    Avec une même monnaie, cela tombe sous le sens. Sinon, il y aurait tant le dumping que le phénomène paradis fiscal qui a produit et entretient la joyeuse crise actuelle, entre nous.

    Le souci est que l’Europe semble dominée par « ailleurs »…

    Annexe 1 :
    http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110226trib000604368/ce-que-les-economistes-americains-refusent-de-voir.html

    1. Ce qui aurait été « vendeur » aurait été d’appeler la Zone Euro : les Etats Unis d’Europe.

      Sauf que lorsque l’on voit ce que deviennent les états « unis » tant d’Amérique que d’Angleterre, il semble évident que le slogan ne marche plus.
      La pub a ses limites, elle aussi.

    2. « Avec une même monnaie, cela tombe sous le sens. Sinon, il y aurait tant le dumping »
      @ Yvan
      C’est justement parce qu’il y a une monnaie unique qu’il y a dumping. L’UEM est au contraire un catalyseur du dumping entre pays membres.
      La logique est pourtant simple, à quoi ça servirait de faire la TVA sociale, ou d’offrir tout un tas d’avantages fiscaux à vos entreprises nationales si, vos voisins ont la possibilité de modifier le taux de change de leur monnaie pour annuler l’avantage donné à vos entreprises et rééquilibrer leur balance commerciale ?
      Par contre si les parités sont fixes, comme dans le cas d’une union monètaire, la seule manière de répondre aux politiques non coopératives de votre voisin est de faire la même chose que lui, donc d’offrir les mêmes cadeaux à vos entreprises au nom de la compétitivité du pays et de l’emploi. Et les électeurs trouveront que c’est une bonne chose, et même que ce serait pire sans l’Euro

    3. @Gribouille,

      si je vous comprends bien, une guerre des monnaies au sein de l’Europe (dévaluations afin de regagner de la compétitivité) donnerait lieu à moins de dumping social qu’actuellement avec l’union monétaire ?

      En réalité, ce que vous dites est complément contre évident : en Europe, le pays qui a le plus usé de la dévaluation compétitive ces dernières années, le Royaume Uni, est aussi celui qui fait le plus de dumping social. Et au niveau mondial, la Chine, qui est le grand maître de la dévaluation compétitive, est aussi le pays qui fait le plus de dumping social.

    4. Bonjour Yvan,
      C’est vrai, il y a une cécité aux États-Unis sur les conditions monétaires de la stabilité politique et financière en Europe et dans le monde. Mais il y a des mouvements de fond dans les consciences.

    5. Pour en remettre une couche sur la première intervention d’Yvan, parlons de l’optimisme « forcé » de l’autre côté de l’atlantique.
      Cet ailleurs qui pilote le monde est en train de s‘autodétruire par la continuation d’une croyance absurde dans un modèle déjà mort.
      Et si vous avez un moment regardez comment les frères Koch se sont fait piéger dans le Wisconsin

    6. @Gribouille et Pierre Sarton du Jonchay : « L’UEM est au contraire un catalyseur du dumping entre pays membres. » ? Yes, j’ai bien compris (pour une fois..) le processus décrit par Gribouille, mais avant, quand les monnaies européennes se faisaient concurrence à grands coups de « dévaluations compétitives », ou quand elles se faisaient « attaquer » par les marchés, c’était peut-être pas du dumping, mais c’était tout aussi problématique pour les Européens.

    7. « si je vous comprends bien, une guerre des monnaies au sein de l’Europe (dévaluations afin de regagner de la compétitivité) donnerait lieu à moins de dumping social qu’actuellement avec l’union monétaire ?

      En réalité, ce que vous dites est complément contre évident : en Europe, le pays qui a le plus usé de la dévaluation compétitive ces dernières années, le Royaume Uni, est aussi celui qui fait le plus de dumping social.  »

      @ Chris

      Je n’ai pas de données pour la Chine mais si je prends l’exemple de la GB, je constate que les coûts salariaux en zone Euro sont passés de 100 à 119,2 en 2008 (base 100 en 1998) alors que pour la GB, on est passé à 127,8. Ce qui correspond à une hausse relative des coûts salariaux de 7% par rapport aux pays de la zone Euro.
      Donc contrairement à ce que vous affirmez, nous n’avons pas de dumping social en GB, et une dévaluation de la Livre par rapport à l’Euro était logique. Comme il serait logique que des pays qui divergent devraient avoir la possibilité d’ajuster la parité monétaire.
      Dans le cas contraire, nous devrons réapprendre la leçon de l’étalon or dans les années 30. Les pays qui se sont acharnés à défendre la parité par rapport à l’or, sont sortis de la crise après les autres parce qu’il n’était désormais plus possible de réajuster la compétitivité en faisant varier les salaires à cause de la montée de rigidités diverses et variées, tenant à la représentation des salariés, l’évolution de la structure de production des entreprises, et la montée de la concurrence imparfaite sur les marchés.

    8. @ Gribouille,
      Votre exemple me laisse perplexe.
      Les 7% de coûts salariaux supplémentaires en GB ne sont ils pas dus aux rémunérations des philanthropes du paradis fiscal londonien du milieu financier dont on connaît les bienfaits?

    9. @ Crapaud Rouge

      « mais avant, quand les monnaies européennes se faisaient concurrence à grands coups de “dévaluations compétitives”, ou quand elles se faisaient “attaquer” par les marchés, c’était peut-être pas du dumping, mais c’était tout aussi problématique pour les Européens. »

      La création du SME en 1979 a montré que les pays Européens avaient la volonté de ne plus recourir à ce genre de subterfuge (d’ailleurs pourquoi faire, à part du neo mercantillisme ?). La taille des economies Européennes doit nous conduire naturellement à accepter une certaine stabilité des parités entre nous. Mais stabilité ne veut pas dire rigidité.

      Il est vrai que les attaques spéculatives sur les devises sont un vrai problème. Cependant, les spéculateurs s’acharnent quand les objectifs du gvt du pays concerné divergent avec la parité de la monnaie que l’on défend. Donc il faut à l’origine une politique non crédible.

      Enfin, si l’Europe s’engage dans un nouveau SME, elle devra, plus qu’ailleurs, prendre des mesures concernant la libre circulation des capitaux pour museler les attaques spéculatives et assurer la stabilité des devises entre deux ajustements. On ne peut pas maintenir un système de change fixe semi rigide sans perdre en autonomie en matière de politique économique (par ex si on veut lutter contre le chômage), si on maintient en même temps la libre circulation des capitaux en l’état (voir triangle des incompatibilités de Mundell). Donc, il faudra choisir entre notre autonomie en matière de politique économique et la libre circultion des capitaux en cas d’un nouveau SME.

      Je note également que la mobilité des capitaux est bridée en Chine, et dans certains pays d’Amérique du Sud aujorud’hui.
      La Chine utilise ce procédé pour manipuler sa monnaie par rapport au dollar (comme les pays Européens l’on fait jusque dans les années 70 d’ailleurs).
      Les pays d’Amérique du Sud ont compris que c’était la meilleurs façon de se prémunir contre les crises financières et la spéculation.
      Les pays occidentaux sont donc une exception pour la libre circulation des capitaux , comme l’UEM est une exception quand le flottement des monnaies avec un ciblage de l’inflation s’impose progressivement comme la norme dans le reste du monde.

    10. @ Chris06,

      Dans votre réponse à Gribouille, je relève les passages suivants :

      si je vous comprends bien, une guerre des monnaies au sein de l’Europe (dévaluations afin de regagner de la compétitivité) donnerait lieu à moins de dumping social qu’actuellement avec l’union monétaire ?

      =>
      Il me semble que le problème ne se pose pas nécessairement dans ces termes. L’Europe, pas plus que chaque pays dit européen ne fonctionne en vase clos. Ainsi, une dévaluation de la monnaie française, par exemple, ne pourrait être que bénéfique pour ses exportations. Certes, ses importations en pâtirait mais la balance des deux pourrait, au final, s’avérer positive en ce qu’elle permettrait à la machine économique (par exemple le bâtiment) de repartir à la hausse, engageant par la même un cercle vertueux permettant, à terme, un rééquilibrage de la balance commerciale. Certes, ce système vertueux n’est pas définitivement acquis, mais il ne l’est pas plus ni moins d’ailleurs que celui consistant à avoir une monnaie déconnectée de notre état économique (cercle vicieux). En ces domaines, il s’agit de croyance et de confiance : nous sommes dans le système monétaro-économique, soit, en quasi religion.

      En réalité, ce que vous dites est complément contre évident : en Europe, le pays qui a le plus usé de la dévaluation compétitive ces dernières années, le Royaume Uni, est aussi celui qui fait le plus de dumping social. Et au niveau mondial, la Chine, qui est le grand maître de la dévaluation compétitive, est aussi le pays qui fait le plus de dumping social.

      =>
      Il n’y a aucun lien nécessaire entre dévaluation économique et dumping social (en partant du principe que ces éléments sont avérés). Constater un état de fait dans certains pays ne signifie pas qu’existe un lien irrémédiable entre ces éléments. Dévalutation et dumping social ne sont pas irrémédiablement liés pour tous et pour toujours. Ou alors, il vous faudrait argumenter et détailler ce lien que vous supposez.

      Pour le « prix Kadhafi des droits de l’homme » = 🙂
      Utiliser le terme « asservir » est déjà, en soi, tout un programme.

      Cdt.,

    11. @Gribouille,

      Donc contrairement à ce que vous affirmez, nous n’avons pas de dumping social en GB

      Vous citez un chiffre, celui du coût salarial en GB avant la dévaluation et vous en concluez « DONC il n’y a pas de dumping social en GB »???
      Faudrait expliquer votre raisonnement.
      Le dumping social en GB depuis l’élection du gouvernement Cameron n’est pourtant un mystère pour personne et ce malgré la dévaluation de la livre de plus de 25% par rapport à l’Euro.

      Je vous en cite d’autres de chiffres :
      le déficit de la balance du commerce extérieur en Décembre 2010 était de £4,8 Mrd, qui est à comparer avec le chiffre de Décembre 2007 (avant dévaluation de la livre) qui était de £3,8 Mrd.

      Voilà qui détruit l’idée reçue comme quoi la dévaluation d’une monnaie aide un pays à regagner de la compétitivité!

      Non seulement la dévaluation de la livre n’a pas pu éviter l’accroissement du déficit extérieur britannique, mais en plus le gouvernement de sa majesté est maintenant le premier architecte du dumping social en Europe.

      Alors, Gribouille, c’est génial la guerre des monnaies pour le peuple du Royaume Uni.
      Ah par contre, ceux qui ont investi dans le Footsie depuis la dévaluation, ils en ont tiré un profit extraordinaire.

      C’est bien simple, les sommes monumentales injectée par la Bank of England via le QE et qui ont causé la dévaluation de la livre sont allées intégralement dans la poche des riches capitalistes britanniques. Mais pas un sou pour le peuple.

      L’exemple du Royaume Uni est catastrophique et tout ce que vous trouvez à dire c’est que les pays de la zone Euro auraient grandement bénéficié d’une guerre des monnaies si la monnaie commune ne les en avait pas empêché?

    12. @VB,

      Ainsi, une dévaluation de la monnaie française, par exemple, ne pourrait être que bénéfique pour ses exportations. Certes, ses importations en pâtirait mais la balance des deux pourrait, au final, s’avérer positive

      Sauf que cette « théorie », toute droite issue du consensus de Washington des économistes néolibéraux de l’école de Chicago (ces mêmes économistes anglo-saxons qui n’arrêtent pas de nous bassiner à longueur de journée, et ce avant même la création de l’Euro, de l’implosion prochaine de l’Euro), vole en éclat quand on la compare à la réalité:

      – c’est à dire que quand un pays (tel les Etats Unis, le Royaume Uni ou la France) a un problème structurel de compétitivité qui n’a de cesse de détruire son industrie et ses exportations depuis des années, aucune dévaluation ne l’aidera à regagner cette compétitivité détruite à force de politiques désastreuses, comme l’atteste l’exemple récent du royaume uni qui malgré la dévaluation de la livre n’a pu éviter l’accroissement de son déficit extérieur ou l’exemple des Etats Unis qui malgré une dévaluation du dollar par rapport aux principales monnaies de plus de 35% entre 2002 et 2006 (dollar index 120 en 2002, 80 en 2006) a vu son déficit extérieur plus que doubler durant cette même période.

      Alors le miracle bénéfique des dévaluations compétitives tant loué par les économistes anglo-saxons, c’est du même acabi que le miracle de la main invisible : des croyances dogmatiques qui volent en éclat face à la réalité!

    13. @tous,

      Le débat de l’effet des parités de change sur les équilibres économiques et financiers est insoluble sans la prise en compte du temps. La seule vraie limite juste à un déséquilibre commercial est la possibilité qu’il laisse de résolution à terme des dettes et créances qu’il suscite. Si l’on se place dans un contexte de guerre où le seul objectif raisonnable est de gruger l’autre, alors toute affirmation doctrinale est un leurre à visée spéculative. Pour que la discussion soit susceptible de faire émerger un équilibre du raisonnement, il faut une monnaie neutre par rapport aux parties en concurrence. C’est à dire une monnaie non nationale qui produise des prix d’équilibre à long terme des monnaies nationales où les affirmations doctrinales des uns et des autres ne soient pas gratuites.

      Si l’on promet dans une monnaie ce qu’on n’a pas l’intention de faire ou ce qu’on ne peut pas faire, il faut que des investisseurs non dépendants de cette monnaie puisse la dévaluer en vendant sa prime de change ; en détruisant donc de la liquidité monétaire à proportion de l’arrogance doctrinale des intérêts particuliers qui croient que leurs désirs sont la réalité. La théorie économique de l’école de Chicago est vraie tant que les intérêts étatsuniens en dollar ne sont pas impliqués dans les cas concrets à résoudre. Comme le dollar est la monnaie mondiale, on comprendra que l’école de Chicago se trompe complètement. Pour qu’elle ne se trompe plus, il faut créer la monnaie d’intérêt universel où l’intérêt étatsunien soit à égalité avec tout autre.

    14. @ Chris06,

      c’est à dire que quand un pays (tel les Etats Unis, le Royaume Uni ou la France) a un problème structurel de compétitivité qui n’a de cesse de détruire son industrie et ses exportations depuis des années, aucune dévaluation ne l’aidera à regagner cette compétitivité détruite à force de politiques désastreuses, comme l’atteste l’exemple récent du royaume uni qui malgré la dévaluation de la livre n’a pu éviter l’accroissement de son déficit extérieur ou l’exemple des Etats Unis qui malgré une dévaluation du dollar par rapport aux principales monnaies de plus de 35% entre 2002 et 2006 (dollar index 120 en 2002, 80 en 2006) a vu son déficit extérieur plus que doubler durant cette même période.

      =>
      Je suis absolument persuadée que vous êtes bien meilleur que moi en économie mais, ce handicap ne m’empêche pas de réfléchir.
      En particulier, il faudrait quand même se poser la question de savoir d’où vient ce « problème structurel de compétitivité qui n’a de cesse de détruire son industrie et ses exportations depuis des années » que vous vilipendez. Certes, il ne vient pas de la monnaie, mais d’où donc peut-il venir ?
      Il est probable que la réponse soit variable en fonction des pays. Mais, ne croyez-vous pas que des réglementations européennes soit-disant protectrices de la concurrence mais qui ignorent délibérément les contextes radicalement différents en présence sont en réalité anticoncurrentielles et surtout mortifères ? A tout problème, il est une solution, à condition que le problème soit posé dans les bons termes. La réglementation européenne, qui est tout sauf du droit, est extrêmement liberticide pour les PME et très favorable pour les grandes multinationales. Gageons que le lobbying (constitutif de l’UE) n’est pas étranger à cet état de fait.

      Ensuite, s’il est bien certain que la monnaie n’est pas, à elle seule, de nature à résoudre les problèmes de compétitivité, il n’en reste pas moins vrai qu’elle peut agir comme un facteur aggravant de ces problèmes, et que cela est particulièrement le cas lorsqu’elle est déconnectée des réalités économiques.

      Alors le miracle bénéfique des dévaluations compétitives tant loué par les économistes anglo-saxons, c’est du même acabi que le miracle de la main invisible : des croyances dogmatiques qui volent en éclat face à la réalité!

      =>
      En effet, une action sur la monnaie n’est pas, à elle seule, de nature à résoudre les graves problèmes législatifs, qui sont également des problèmes politiques, créés par des décennies de travail et d’action de certains groupes de pression en dehors de tout consentement des populations pourtant concernées au premier chef.

      Cdt.,

    15. @PSDJ,

      Pour qu’elle ne se trompe plus, il faut créer la monnaie d’intérêt universel où l’intérêt étatsunien soit à égalité avec tout autre.

      Ce qui a à peu prés 0,000 chances sur 100 d’arriver tant que les Etats Unis considèrent que la maximisation de leur intérêt est incompatible avec la maximisation de l’intérêt universel…

    16. @VB,

      Pourquoi un pays a t’il des routes en bon état, des écoles, des universités, des hopitaux, des usines etc… et un autre non?
      Les différences accumulées entre nations sont dues à l’histoire, aux différences culturelles, structurelles, aux choix politiques, etc…

      Je n’ai jamais crû aux miracles, à cette notion bizarre comme quoi on peut redresser les différences historiques, culturelles, structurelles entre nations par un simple réajustement du cours des monnaies!

    17. @ Chris06,

      Excusez moi mais je ne vois pas très bien le lien entre mon dernier commentaire et le dernier vôtre.
      Les disparités culturelles, historiques existent, certes. Mais l’actuel abaissement des Etats n’en a pas moins des causes réelles, pas si lointaines que ça et donc difficilement qualifiables de culturelles (surtout qu’elles proviennent d’une culture qui nous est inconnue, directement importée, sans droits de douanes :-), d’outre atlantique.

      Cdt.,

    18. @VB

      Mais l’actuel abaissement des Etats n’en a pas moins des causes réelles, pas si lointaines que ça et donc difficilement qualifiables de culturelles (surtout qu’elles proviennent d’une culture qui nous est inconnue, directement importée, sans droits de douanes , d’outre atlantique.

      Allons VB, pas d’anti-amèricanisme primaire abusif ou mal t’à propos, voire en l’occurrence simplement erroné. Les griefs valables sont assez abondants en la matière pour ne pas aller en chercher des farfelus, non ?
      Révisez vos classiques et vous verrez que les européens, et particulièrement les français (les classiques comme les modernes avec, par ex, le très gaullo- compatible Rueff) – sans parler des anglais, des hollandais des allemands ou… des autrichiens bien sûr – n’ont eu besoin de personne outre-atlantique pour théoriser et mettre en pratique la doctrine libérale économique, dans sa version soft originelle comme dans sa version hard modernisée…

      1. Non crapaud. C’est vraiment une invention américaine en tant que projet politique de remplacement de l’Etat (la démocratie contre l’individu comme « dictature de la majorité ».

        Date de naissance. 1880, revue Liberty, USA.
        Fondateur: B.R Tucker.

      2. Tucker ? 1880 ? Il n’y a que vous AntoineY pour faire remonter la source du fleuve qui nous submerge jusqu’à cet obscur petit père de l’anarchisme individualiste US et à son périodique (détail : premier numéro 1881…) ! Perso je serais plutôt allé chercher du côté des penseurs libéraux classiques ou libertariens modernes (dont un certain nombre grands amis de votre vénère Aron – Hajek ou Michael Polanyi pour ne citer que deux des plus emblématiques…), mais soit, va pour l’antériorité anarcho-individualiste.
        Là souci, encore, puisque c’est apparemment bien notre cher bouffeur de grenouilles (pas de crapauds…) Proudhon qui inspira votre petit ricain qui alla jusqu’à en faire les premières traductions pour yankees. Et arrêtez moi si je débloque, mais le sieur Proudhon, à l’époque dont vous causez, pour ce qui est du domaine de la destruction de l’État – qu’il voulait remplacer par une « fédération de communautés libres » – il en avait déjà fait imprimer du papier pour l’équivalent de quelques hectares de bois de forêt domaniale, le gonze !
        Vous me direz, en 1859, il avait déjà imaginé aussi une Europe confédérale, avec budget, agences diverses, cour de justice et marché commun ! Alors un anarchiste utopiste franchouillard comme crypto grand père – hégélien de surcroit, ça vous lie une sauce mieux que de la lécithine de soja ! – de l’offensive néo-lib du tournant du millénaire comme de l’UE, après tout, why not ? Tant qu’on y est…

      3. sans oublier un autre mangeur de grenouilles, qui a polémiqué longtemps avec Proudhon : Frédéric Bastiat, dont l’influence auprès des libertariens Américains et Britanniques fut telle que Reagan et Thatcher le citaient régulièrement comme le plus grand défenseur du libéralisme économique.

      4. Croyez moi sur parole, crapaud. J’y ai consacré pas mal de temps dans ma jeunesse. Je suis tout seul, mais j’ai raison 😉

        S’agissant de Tucker, c’est moins au « penseur » qu’au concepteur génial de la guerre idéologique libertarienne que je faisais référence, dont le premier organe de diffusion fut la revue qu’il avait crée, Liberty, dans laquelle s’exprimèrent Spencer, Spooner, Yarros, Rand (personne n’a plus contribué qu’elle à la popularisation du mouvement), et qui fut diffusée dans toute l’Europe. Proudhon était une influence parmi d’autres, à côté de Stirner et Nietzsche par exemple.

        La Matrice, la « bouche de l’enfer », c’est Liberty. Tant du point de vue des débats théoriques (qui aboutira à la séparation des anarchistes individualistes en deux camps farouchement opposés, division cardinale qui partage encore les libertariens aujourd’hui), que du point de vue de la méthode de conquête du pouvoir (« pacifique », mais redoutablement efficace comme on s’en rend compte aujourd’hui).

      5. Autre précision: il n’y a que moi éventuellement et… les libertariens eux-même (!!!) – qui sont quand même bien placés pour le savoir- qui s’accordent sur cet héritage / paternité…
        La meilleure référence historique, parue dans le Journal of Libertarian Studies:
        http://mises.org/journals/jls/1_4/1_4_4.pdf
        Même si je ne partage pas vraiment l’analyse de C. Watner quant à la nature de l’évolution interne de la pensée de Tucker.

        PS: Je n’ai pas compris votre remarque fort sibylline sur Aron… ou plutôt je me demande ce qui a bien pu vous faire penser ça…

    19. @ vigneron,

      Je croyais en avoir fini avec vous, que vous aviez enfin compris que nous étions non compatibles.

      En guise d’anti américanisme primaire, je vous prierai de modérer vos propos.
      Premièrement, veuillez vérifier la façon dont la doctrine de l’école de Chicago s’est propagée de par le monde, peut-être un petit tour du côté de chez Naomi Klein pourrait vous aider.
      Deuxio, je vous prierai, avant toute allégation fallacieuse de votre part, de bien vouloir vérifier vos sources : il n’est plus un secret pour personne que l’avènement de l’UE a été largement financée par les services extérieurs américains.
      Tertio, toutes les montages juridiques anglo-saxons (notamment par le biais des trusts) sont directement issus outre atlantique : je me trompe ? Vous en savez sans doute plus que moi à cet égard ?
      Et enfin, la conception lobbyiste du droit est bien une acculturation pour les français. Vous pensez peut-être être capable de démontrer le contraire ? Mais qu’importe puisque j’ai pour politique de ne plus répondre à vos sarcasmes et autres insultes plus ou moins larvées que vous vous plaisez tant à me diffuser.

      Une fois pour toutes, oubliez moi, vivez sans moi.

    20. @PSDJ,

      Donc en tant qu’Européens, il n’est même pas pensable que nous puissions faire autre chose que de discuter sur des blogs…

      Non, nous pouvons faire beaucoup de choses en tant qu’Européens, mais il ne faut pas s’attendre à ce que le gouvernement Américain (ou Chinois, Brésilien, Russe ou Indien d’ailleurs) se mette à raisonner en termes « d’intérêt universel ».

      @VB,

      excusez moi, je n’ai pas été clair:

      les différences de compétitivité entre nations existent à cause d’un très lourd, et long, passif historique, culturel et structurel.
      Trop longtemps, les gouvernement des nations Européennes ont cherché à ignorer ce passif en recourant aux dévaluations compétitives, faisant croire aux peuples que la convergence de compétitivité pouvait s’obtenir à coup d’artifices comptables sans jamais adresser les problèmes de fond, les causes réelles de ces différences.
      C’est un peu comme si on voulait faire croire que les différences dans la difficulté de comprendre les mathématiques pouvaient être surmontées en changeant l’échelle de notation pour les étudiants que l’on avait laissé pour compte.

      Ce que les économistes Américains ou Britanniques ne veulent pas comprendre, c’est que la construction Européenne découle d’une volonté politique, celle de vouloir, sur le long terme, résoudre les problèmes de fond, ces différences dans le passif des nations, ce qui ne pourra jamais se faire en se voilant la face et en espérant masquer les difficultés avec de illusoires dévaluations compétitives.

      J’entends trop souvent dire que l’union monétaire a causé ces différences de compétitivité ou bien qu’elle nous met dans l’incapacité de les résoudre. Mais en fait, elle n’a fait que rompre l’illusion, mettre à jour le fait que la construction Européenne était très loin d’avoir été achevée, que les différences de compétitivité entre nations Européennes étaient toujours là puisqu’en fait le néolibéralisme économique et politique avait systématiquement détourné, et ce depuis une trentaine d’années, le projet d’une construction Européenne basée sur la coopération et la solidarité entre les peuples Européens.

      Maintenant que la réalité est enfin mise à jour il va nous falloir l’affronter, et ce n’est certainement pas en détruisant ce qui l’a mise à jour, la seule chose qui ait été à l’encontre du dogme néolibéral, l’union monétaire, et en retournant à nos vielles habitudes de masquer les problèmes en recourant aux dévaluations compétitives, que nous y parviendront

      Ceci dit, garder l’Euro, ne veut pas dire qu’il faut continuer à se voiler la face en espérant éviter les restructurations de dettes inéluctables que nous devront réaliser, mais je pense que nous auront beaucoup plus de chances de parvenir à en répartir les conséquences en dévaluant la valeur des créances en interne, au sein de la zone Euro, pour tous les créanciers quelle que soit leur nationalité, qu’en espérant une désintégration de l’Euro qui aura des conséquences bien plus fâcheuses sur l’avenir des peuples Européens.

    21. @ Chris06,

      En effet, je comprends mieux votre point de vue après ces quelques explications. J’adhère à une partie de ce que vous dites (concernant l’analyse) mais pas à tout, et en particulier pas à la conclusion ; je vous argumenterai cela dès que j’aurai plus de temps (ce soir plus tard ou demain).

      Cdt.,

    22. @Chris,
      Tout votre argumentaire ne résiste pas aux chiffres. Et c’est bien là que ça pêche. Dire que la France a un déficit de compétitivité, qu’il faut arrêter de se voiler la face et s’occuper des problèmes structurels est une farce.

      Si je prends les gains de productivité (par an) dans l’industrie française, et que les compare à l’industrie Allemande. (je prends l’exemple de l’industrie car 80% de nos échanges commerciaux sont des biens industriels, donc c’est ça qui mesure l’évolution de la compétitivité d’un pays)
      F All
      2000-2003 2.4% 0,7%
      2003-2007 3.2% 2,5%
      Donc l’industrie française a fait mieux que l’industrie Allemande. Par exemple, si je prends la France entre 2000 à 2003, chaque salarié français a créé 2.4% de richesses (plus de voitures, plus machines etc…), contre surlement 0.7% pour son homologue allemand.

      Si maintenant je regarde l’évolution des salaires :
      F All
      2000-2003 2.6% 1.1%
      2003-2007 3.3% -1.1%

      J’en déduis l’évolution du coût du travail entre les deux pays
      F All
      2000-2003 +0.2% 0.3%
      2003-2007 +0.1% -3.6%

      Alors que de 2000 à 2003, les salaires suivaient grosso modo les gains de productivité (il est normal si je fabrique deux fois que mon salaire soit multiplié par 2, donc rien d’étonnant à cela), on constate à partir de 2003,que les salaires allemands reculent alors que la productivité augmente.

      Personnellement, je suis d’accord pour dire qu’il ne faut pas faire de dévaluations compétitives mais vous faites comment pour régler le dumping social de votre voisin ? Vous allez continuer à dire aux Français, qu’ils ne sont pas compétitifs, et qu’ils doivent se retrousser les manches encore plus, ou accepter une baisse des salaires comme les allemands ?

      J’écoutais Christian Saint Etienne, il disait que le dumping social allemand avait couté 0.5 pt de croissance par an en moyenne ces 10 dernières années. Si la France avait gardé le Fc, la France aurait fait naturellement largement mieux que l’Allemagne au niveau de sa croissance (elle fait déja aussi bien voire mieux si on prend le PIB par tête ou le PIB global). Elle aurait également fait mieux que stabiliser son chômage (probablement 1-2 pts de chomage en moins).
      Tous ces efforts n’ont servi à rien. La France a perdu des marchés, a vu sa balance commerciale se détériorer, et a perdu des centaines de milliers d’emplois à cause de l’Euro, et du dumping social qu’il engendre en mettant les modèles sociaux en concurrence. Ce n’est plus, celui qui fait le plus d’efforts qui gagne mais celui qui arrivera à apauvrir ses citoyens en abaissant leurs salaires et leurs conditions de travail.

    23. @ Chris06,

      J’entends trop souvent dire que l’union monétaire a causé ces différences de compétitivité ou bien qu’elle nous met dans l’incapacité de les résoudre. Mais en fait, elle n’a fait que rompre l’illusion, mettre à jour le fait que la construction Européenne était très loin d’avoir été achevée, que les différences de compétitivité entre nations Européennes étaient toujours là puisqu’en fait le néolibéralisme économique et politique avait systématiquement détourné,

      =>
      100 % d’accord.

      et ce depuis une trentaine d’années, le projet d’une construction Européenne basée sur la coopération et la solidarité entre les peuples Européens.

      =>
      Non parce que l’UE a été conçue et financée, dès l’origine par les USA (dès les Traités de Yalta et autres engageant le partage du monde entre USA, URSS, et un peu la GB, conçue comme un émissaire américain.)

      Ceci dit, garder l’Euro, ne veut pas dire qu’il faut continuer à se voiler la face en espérant éviter les restructurations de dettes inéluctables que nous devront réaliser, mais je pense que nous auront beaucoup plus de chances de parvenir à en répartir les conséquences en dévaluant la valeur des créances en interne, au sein de la zone Euro, pour tous les créanciers quelle que soit leur nationalité, qu’en espérant une désintégration de l’Euro qui aura des conséquences bien plus fâcheuses sur l’avenir des peuples Européens.

      =>
      Conserver l’euro actuel pour des pays dont la balance commerciale est déséquilibrée, comme la France, est une pure folie suicidaire. Par ailleurs, à terme, se pose la question de savoir si l’Allemagne elle-même (dont les propres problèmes bancaires sont avérés quoique cachés aux Allemands eux-mêmes) ne renoncera pas à l’euro le jour où elle devra, par banque et Etat interposés, payer la facture des autres Etats qu’elle aura d’ailleurs fortement contribué à rendre exsangues, pour ne pas dire qu’elle aura précipité dans le vide. Comment pourrait-il en être autrement ?

      Conserver l’euro en modifiant et régulant tout les organes de la société dans tous les pays de la zone euro :
      1) serait économiquement jouable mais risque d’être et de rester une belle utopie car
      2) chaque pays de la zone euro a justement sa propre histoire (avec ses propres contraintes politiques : par exemple les polonais sont prêts à s’allier avec l’Amérique et l’ultra libéralisme en raison de leur peur quasi panique d’une ré-invasion russe ou allemande etc.), sa propre langue (qui véhicule une conception particulière du monde) et sa propre culture (le fruit des 2 éléments précédents au travers des âges).

      En définitive, vouloir, à marche forcée unifier tous ces peuples pour résoudre une seule problématique monétaire apparaît être une pure folie, la déraison modélisée.

      Au plaisir de continuer cette intéressante conversation,

      Bonne soirée,

    24. @Chris06,
      Vos analyses sont instructives. Mais où nous conduisent-elles ? Le passé et le présent que vous analysez sont-ils indépassables ? Voyez-vous les Européens capables de s’approprier un système financier qui convienne à leurs différents intérêts ou sont-ils condamnés à des querelles théoriques qu’ils ne maîtriseront jamais par eux-mêmes ?

    25. @Gribouille,

      les salaires allemands reculent alors que la productivité augmente.

      Vu que l’Allemagne a crée de nombreux emplois industriels alors que la France en a détruit des centaines de milliers (et cela ne date pas de la création de l’Euro, mais bien avant) et vu que le chômage des jeunes est moitié moins élevé en Allemagne qu’en France, comparer l’évolution des coûts salariaux par employé industriel dans ces deux pays masque totalement la vérité (un peu comme comparer des pommes et des oranges): par contre si on compare l’évolution de la part de la valeur ajoutée qui revient aux salariés industriels dans ces deux pays, on s’aperçoit que ce n’est pas l’Allemagne qui fait du dumping social pour son industrie, mais bien la France.
      Prenons un cas exemplaire: l’industrie automobile : les constructeurs et sous traitants Allemands ont maintenu la majeur partie des emplois ouvriers en Allemagne, alors que les Français ont massivement délocalisé vers les pays à moindre coût salarial. Alors évidemment, le peu de salariés du secteur automobile qui restent en France (ingénieurs, personnel administratif et commercial) a un coût slarial par employé nettement supérieur qu’en Allemagne alors que la masse salariale du secteur en France s’est effondrée alors qu’elle a cru en Allemagne. Qui fait du dumping social ? Les constructeurs et sous traitants Français qui délocalisent les emplois ouvriers vers la Roumanie ou la Pologne ou les Allemands qui les maintiennent en Allemagne?

      Donc l’industrie française a fait mieux que l’industrie Allemande.

      Ah oui? L’industrie française a fait mieux que l’industrie Allemande en détruisant des centaines de milliers d’emplois en France et en perdant massivement des parts de marché à l’exportation.
      Voyez comme quoi les statistiques sont dangereuses quand on ne cherche pas à les analyser en profondeur : elles arrivent à nous faire dire des contre sens monumentaux!

      J’écoutais Christian Saint Etienne

      Le même qui a écrit ceci:

      la France est passée, sans transition, à une économie globalisée sans se doter de fonds de pension pour stabiliser le contrôle de ses entreprises, sans réécrire un contrat social dispendieux qui accorde trop de droits sans contreparties, et sans être capable de développer une économie entrepreneuriale forte et un système d’innovations permettant de renouveler sa production. Le système éducatif s’est fracassé sur la diversité des enfants et de leurs familles, l’idéologie du collège unique transformant cette diversité en usine à échecs. La sécurité sociale devenant un acquis offert à tous les résidents, sans contributions obligatoires pour les nouveaux arrivants, a créé un formidable appel d’air pour tous les migrants, souvent sans qualifications, alors que de plus en plus de jeunes qualifiés partaient s’installer à l’étranger. Le bilan des flux migratoires en termes de compétences professionnelles est devenu calamiteux. La France n’a su ni rendre son système social plus contributif et exigeant en termes d’effort et d’insertion, ni s’ouvrir aux étrangers qualifiés qui souhaitaient venir travailler dans notre pays.

      ou ceci:

      La France est entrée dans une période de sous-développement relatif depuis une quinzaine d’années. Elle a perdu un tiers de ses parts de marché à l’export entre 1998 et 2008, l’année 2009 permettant une stabilisation précaire à un bas niveau. Depuis un an, l’industrie française passe largement à côté de la reprise du commerce mondial qui permet à l’Allemagne d’afficher un rebond exceptionnel de sa croissance. L’industrie automobile est un bon indicateur de la réalité de notre position compétitive. Les constructeurs français ont augmenté leur production mondiale de véhicules de l’ordre de 20% depuis dix ans. Mais alors qu’ils produisaient deux tiers de leurs voitures en France et un tiers à l’étranger il y a dix ans, la proportion est inversée aujourd’hui. Pour compléter ce sombre tableau, le « made in France » recule dans presque toutes les filières industrielles. Même pour les produits qui restent encore assemblés dans l’Hexagone, la part de composants français a chuté de 75% en 1999 à 69% en 2009.

      Bizarre, je ne le vois pas citer l’Euro ou la politique de l’Allemagne comme la cause du mal Français! (NB: je ne suis pas d’accord avec tout ce que ce monsieur écrit, mais il est intéressant de voir que c’est vous qui l’avez cité pour supporter votre aversion pour l’Euro!)

      Si la France avait gardé le Fc, la France aurait fait naturellement largement mieux que l’Allemagne au niveau de sa croissance (elle fait déja aussi bien voire mieux si on prend le PIB par tête ou le PIB global). Elle aurait également fait mieux que stabiliser son chômage (probablement 1-2 pts de chomage en moins).
      Tous ces efforts n’ont servi à rien. La France a perdu des marchés, a vu sa balance commerciale se détériorer, et a perdu des centaines de milliers d’emplois à cause de l’Euro, et du dumping social qu’il engendre en mettant les modèles sociaux en concurrence.

      Vous ne démontrez rien : vous partez de l’à priori que si la France avait gardé le Franc tout aurait été mieux et vous concluez que l’Euro est la cause de tous nos maux!
      Si la France avait gardé le Franc, ma tante en aurait deux…
      Par contre, c’est un fait indéniable que le Royaume Uni, lui, a gardé sa livre, qu’il a dévaluée de plus de 25% par rapport à l’Euro et cela ne l’a pas empêché de continuer à détruire le peu d’industrie qui lui restait, à perdre des parts de marché et à continuer à accroître son déficit extérieur vis a vis de la zone Euro.
      Alors bon sang, pourquoi croyez vous que le Franc aurait sauvé la France?
      Si la France va mal, c’est qu’elle a fait une erreur stratégique énorme: elle a gaspillé son capital, l’épargne des Français, dans l’investissement non productif, la fabrication d’une illusion, celle comme quoi les logements des Français pouvaient valoir le double de ce qu’ils valent réellement. Elle a délaissé les investissements productifs de valeur réelle (l’industrie, l’agriculture) pour siphonner les moyens de financement et l’énergie créatrice et inventive de ses plus brillants cerveaux (quand on voit que sur une promotion de sup’aero il y a 5 fois plus d’étudiants qui partent dans la banque et la finance que dans l’aeronautique) vers la fabrication d’une illusion.
      Le Royaume Uni, l’Espagne, l’Irlande ont tous fait cette même erreur (de façon encore plus exagérée qu’en France), l’Allemagne étant le pays Européen à ne pas aller se fourvoyer dans ce choix catastrophique puisque la proportion de gens qui louent leur logement est de loin la plus élevée d’Europe.
      Alors l’Euro, il a bon dos. Comme je l’ai expliqué dans un commentaire plus haut, la seule chose que l’Euro a fait, c’est mettre jour cette illusion, celle comme quoi un pays pouvait s’enrichir en délaissant son industrie et en faisant croire que ses logements pouvaient valoir toujours plus.
      Et visiblement, en France, certains n’ont toujours pas compris puisqu’ils continuent encore à essayer d’exploiter cette illusion destructrice: +20% en an à Paris! Quelle foutaise!

      Comme les Français ne croient plus en l’avenir de la France ils mettent leurs économies dans une illusion, la valeur de la pierre, sans se rendre compte que ce choix catastrophique ne fait que précipiter son déclin.

      1. @Chris06,

        Votre analyse est bien argumentée et me paraît juste. Le passé et le présent de notre pays déterminent un équilibre de compétitivité qui apparaît favorable à l’Allemagne et qui se voit dans la croissance et le commerce extérieur. Mais maintenant que fait-on pour rester dans l’euro sans que l’Allemagne paie les erreurs de la France ? Diminution des dépenses publiques ? Baisse des salaires ? Réduction des charges sociales et de la redistribution ? Mise sous tutelle politique de la France ? Ou dévaluation de tous les prix français en euro par la restauration du franc ?

        Les Français ont adopté l’euro pour s’imposer une discipline sociale, politique et économique qu’ils ne parvenaient pas à négocier entre eux. Finalement ils ont constaté que l’euro leur permettait d’emprunter au taux d’intérêt des Allemands et ils ont remis à plus tard la remise en ordre de leurs affaires domestiques. La politique précède l’économie qui précède la monnaie. Sommes-nous oui ou non capables de faire monnaie commune avec les Allemands ?

      2. @PSDJ :

        En fait l’Euro , de l’aveu même de ses pères fondateurs a précédé l’économie qui devait précèder la politique qui n’est jamais venue .

    26. @VB,

      Conserver l’euro actuel pour des pays dont la balance commerciale est déséquilibrée, comme la France, est une pure folie suicidaire.

      Pourquoi?
      La dévaluation de la livre a t’elle rééquilibré durablement la balance commerciale britannique? Non, les faits sont têtus, sa balance commerciale, après une amélioration temporaire, est maintenant pire qu’elle n’était avant la dévaluation!
      Ce n’est pas l’Euro ou la Livre qui sont les causes du mal que ces pays endurent : c’est l’erreur stratégique de gaspiller son capital dans la fabrication d’une illusion (cf ma réponse à Gribouille).

      Par ailleurs, à terme, se pose la question de savoir si l’Allemagne elle-même (dont les propres problèmes bancaires sont avérés quoique cachés aux Allemands eux-mêmes) ne renoncera pas à l’euro le jour où elle devra, par banque et Etat interposés, payer la facture des autres Etats qu’elle aura d’ailleurs fortement contribué à rendre exsangues, pour ne pas dire qu’elle aura précipité dans le vide. Comment pourrait-il en être autrement ?

      Comme je l’ai répété maintes fois, la liquidation du surplus de dettes publiques et privées inrecouvrable ne se fera pas en considérant que « l’Allemagne doit payer » (stigmatisation particulièrement contre productive tachée d’un germanophobisme stupide qui rappelle pour beaucoup « les juifs doivent payer » des années 30) mais en dévaluant les portefeuilles de créances qui sont la propriété des riches créanciers Européens et extra-Européens quelle que soit leur nationalité!
      Je répète une évidence qui est que cette liquidation et dévaluation inéluctable a beaucoup plus de chances de pouvoir être réalisée avec succès en gardant l’Euro qu’en le détruisant.

      En définitive, vouloir, à marche forcée unifier tous ces peuples pour résoudre une seule problématique monétaire apparaît être une pure folie, la déraison modélisée.

      Ce n’est pas une crise monétaire qu’il faut résoudre mais une crise politique et sociale. Tant que l’on continuera à confondre les causes et les effets, on ne résoudra rien.

      1. @ Chris06,

        Bien sûr Chris, c’est ce que je dis depuis le début : une dévaluation ne suffira bien évidemment pas à rétablir la balance commerciale, il y faudra surtout de sérieuses réformes ou plutôt contre-réforme législatives.
        En revanche, dans l’hypothèse où l’on voudrait bien envisager ces réformes (aussi appelées contre-réformes), une dévaluation s’imposera, dans un premier temps au moins. Souvenons-nous : la monnaie est, ou plutôt devrait être, un indicateur de l’état de l’économie (une sorte de reflet), rien de plus.

        Cdt.,

      2. @ Chris06,

        Comme je l’ai répété maintes fois, la liquidation du surplus de dettes publiques et privées inrecouvrable ne se fera pas en considérant que « l’Allemagne doit payer »

        =>
        Je n’ai jamais prétendu que « l’Allemagne devait payer comme vous le dites.
        Prenons l’hypothèse dans laquelle cette même Allemagne refuse d’annuler les dettes des Etats, il arrivera un moment où avec son plan de rigueur imposé aux autres Etats, il faudra bien que les banques allemandes encaissent les créances irrécouvrables, ou pour le moins douteuses, issues des Etats en quasi-faillite et de leurs banques (bien que le terme de faillite soit particulièrement inapproprié pour un Etat, l’UE nous amènera probablement à ce type de mesure extrême où les Etats ne seront plus considérés que comme des entreprises faillies).
        Dans l’hypothèse inverse et peu probable où l’UE (économiquement gouvernée par l’Allemagne) accepterait d’annuler la dette des Etats, vous serez d’accord avec moi pour remarquer qu’une telle mesure aurait nécessairement des répercussions comptables sur le bilan des banques et des Etats soit-disant sains, soit, en gros à peu près uniquement l’Allemagne (seule à avoir une balance commerciale excédentaire qui ne suffira toutefois pas à pallier l’augmentation exponentielle des dettes à porter).
        En définitive, dire que l’Allemagne devra payer est un raccourci de langage (peu politique, je vous l’accorde) pour exprimer le fait que dans la mesure où ce pays est ou sera amené à devenir le seul Etat créditeur de l’UE et dans la mesure où il concoure à abaisser toujours davantage ses principaux débiteurs-partenaires (jusqu’à la quasi faillite) par l’application mécanique de plans de rigueur irraisonnés, la facture se fera évidemment sentir dans ses propres comptes un jour ou l’autre.

        Cdt.,

      3. @VB,
        Vous montrez fort bien qu’il y a deux manières de payer. Comptant : on livre immédiatement sa décision et on règle le prix. A terme : on livre à terme le produit de sa décision et on fait crédit à l’acheteur du prix actuel de la réalisation à terme de la promesse du vendeur. Soit la France promet à l’Allemagne qu’elle va se remettre au niveau allemand de compétitivité internationale et emprunte à l’Allemagne le prix en euro de cette promesse. Soit la France ne promet rien et règle immédiatement sa dette à l’Allemagne par la dévaluation en franc de la richesse qu’elle va produire pour rembourser les euros dus aux épargnants allemands.

      4. @ PSJ,

        En fait, mon propos n’est pas ce que vous lui faites dire, il se situe sur un autre plan.

        Au passage, je me permets de vous faire remarquer que je n’ai jamais varié dans mes observations concernant vos propres propos : toutes les remarques antérieures ainsi que les plus actuelles restent valides ;-). Théoriser in abstracto est proprement in-humain (au sens propre de « in » privatif) = c’est d’ailleurs la source de toutes nos dérives actuelles.
        Mettre de la technique monétaire, financière ou économique là où doit seulement se trouver de la régulation face à des excès des comportements humains est inefficace à moyen et long terme et source de débordements et de barbarie à plus court terme ; c’est sot, un immense gâchis et une perte de temps dans notre quête pour trouver le chemin de la sérénité.

        Cdt.,

      5. @VB,
        Dans mon esprit, j’ai bien compris votre position surtout dans sa finalité. Comme vous le dites, nous ne nous mettons pas sur le même plan dans nos propos. Vous voulez vous en tenir à l’analyse et moi je cherche la synthèse de votre analyse. Nous ne sommes pas dans le même temps du raisonnement. Mais c’est provisoire. Il faut entretenir la discussion pour que nous nous fassions comprendre. C’est le principe-même du procès de justice.

      6. @ PSJ,

        Vous voulez vous en tenir à l’analyse et moi je cherche la synthèse de votre analyse.

        =>
        Peut-être, peut-être, je n’ai pas d’idée définitivement arrêtée sur la question.

        Evidemment, maintenir le dialogue est toujours fructueux ; beaucoup plus en tout cas que de couper tous les ponts.

        Cdt.,

    27. @ Chris,
      je vois en considérant votre agressivité que vous n’êtes pas à l’aise. Et ce n’es pas en faisant des tartines plus ou moins incohérentes que vous vous en sortirez.
      Affirmer qu’une dévaluation ne change rien, est une ineptie sur le plan historique (nombre d’exemples montrent le contraire). C’est surtout une ineptie sur le plan de la logique économique (si vous avez le choix entre deux produits identiques, vous achéterez toujours le moins cher). Si on commence à nier ça, effectivement, on peut affirmer n’importe quoi. (je crois qu’un auteur comme Eichengreen, économiste et hsitorien, qui a travaillé sur les sytèmes monétaires, vous fera comprendre les mécanismes de base)

      J’ai démontré 1) que l’industrie française faisait des gains de productivité supérieurs à l’Allemagne. Conclusion, il est donc difficile de recourir à des problèmes structurels qu’il faudrait résoudre pour expliquer nos problèmes de compétitivité. La question de dévaluer pour dévaluer ne se pose pas car la véritable mesure de l’enrichissement d’un pays sur le LT, c’est sa croissance, et la croissance c’est d’abord l’évolution de la productivité globale des facteurs.

      2) Que l’évolution des salaires suivait les gains de productivité en France comme cela doit être dans une économie bien gérée. Si vos salariés produisent deux fois plus, il est normal de multiplier les salaires par deux à prix constants. C’est une loi économique immuable (bien que la logique économique et vous, ça fasse deux)

      3) Que l’industrie Allemande bien que réalisant des gains de productivité avait baissé ses salaires. Donc, on en déduisait que l’Allemagne avait fait du dumping.

      La question est, est-ce que le franc aurait résolu le problème ? Oui, la baisse du coût du travail aurait pu être annulé par une baisse du franc par rapport au DM. La dégradation de la balance commerciale aurait contribué à faire pression à la baisse sur le franc.
      Dans une union monétaire ce mécanisme n’existe plus. Un pays qui fait du dumping peut exporter son chômage chez les autres sans craindre une appréciation de sa monnaie. Alors, oui, les allemands ont moins de chômage, ont créé plus d’emplois mais c’est la contrepartie d’un surplus de compétitivité qui n’est qu’artificiel, et d’une démographie plus favorable (moins d’enfants).

      Mais la règle fondamentale en économie est qu’on ne peut avoir moins d’outils que d’objectifs.
      – La monnaie sert à neutraliser les différentiels de compétitivité entre pays par le biais de l’équilibre à LT de sa balance commerciale.
      – Les prélèvements obligatoires servent à financer l’Etat providence.
      Si vous avez perdu la monnaie. Vous devez choisir entre votre compétitivité ou votre modèle social. Si vous faites des baisses d’impôts, ou si vous accordez des subventions à vos entreprises pour gérer des problèmes de compétitivité à cause du dumping de voisins, vous ne pourrez plus financer votre Etat providence qui sera progressivement condamné à se rétrécir avec le temps.
      La baisse des dépenses publics, et l’augmentation des déficits publics, montrent depuis 10 ans une augmentation du volume des transferts vers les entreprises confirmant mon analyse pour la France.

      Oui l’Euo est un problème, oui, la zone Euro explosera tôt ou tard car l’union monétaire est non viable économiquement (sauf si bien entendu un régime autoritaire sourd aux problèmes économiques de ses citoyens s’installe en Europe)

      1. Je suis avec intérêt votre débat sur l’euro et me fais deux remarques:

        Sur ce coup là on aurait peut être du écouter les Anglais, une monnaie commune plutôt qu’une monnaie unique.

        Je me pose d’ailleurs la question suivante:
        On nous parle du choix « explosion de l’euro » et « conservation de la monnaie unique »; il n’est donc pas imaginable de proposer de transformer l’euro actuel en une monnaie commune.

        Chaque pays utiliserait sa propre monnaie nationale dans le cadre des échanges nationaux, permettant peut être ainsi plus de flexibilité dans la gestion des crises d’endettements et surtout une gestion possédant une légitimité politique démocratique.

        Ces monnaies seraient inconvertibles (hormis en euro). L’euro lui serait utilisé pour les échanges communautaires et extra-communautaire, il ne s’inscrirait pas dans le modèle actuel de changes flottants, mais sur un modèle de type « bancor » ou autre (panier de devises étrangères, index de prix de référence de matières premières, panier standard de consommation…).

        Il va de soit que ce type de projet nécessite que la communauté économique « euro » soit également homogène sur des points tel que la politique fiscal des multinationales, la question de la circulation des capitaux…

      2. @Gribouille,

        1) que l’industrie française faisait des gains de productivité supérieurs à l’Allemagne. Conclusion, il est donc difficile de recourir à des problèmes structurels qu’il faudrait résoudre pour expliquer nos problèmes de compétitivité.

        Productivité par personne = valeur ajoutée / nombre de personnes employées

        Donc les gains de productivité peuvent se faire soit en augmentant la valeur ajoutée, soit en diminuant le nombre de personnes employées.

        Dans le cas de la France c’est la diminution du nombre de personnes employées qui produit les gains de productivité alors que pour l’Allemagne c’est l’augmentation de la valeur ajoutée. La France se désindustrialise, diminue sa production industrielle en diminuant encore plus rapidement le nombre de personnes employées (c’est à dire qu’elle délocalise la production a plus faible productivité pour garder les activité industrielles a plus forte productivité). donc la productivité augmente. L’Allemagne augmente sa production industrielle ainsi que le nombre de personnes employées donc la productivité augmente mais moins rapidement qu’en France.
        Plus la France ferme d’usines, plus la productivité augmente puisqu’elle ne garde que les activités à forte productivité (recherche, développement, marketing, administration centrale). Quand il n’y aura plus une seule usine en France, la productivité industrielle aura atteint son maximum et vous continuerez à croire qu’il n’y a pas de problèmes structurels de compétitivité avec l’industrie française?

        Encore une fois je vous prie de lire ce que Christian Saint Etienne écrit :

        L’industrie automobile est un bon indicateur de la réalité de notre position compétitive. Les constructeurs français ont augmenté leur production mondiale de véhicules de l’ordre de 20% depuis dix ans. Mais alors qu’ils produisaient deux tiers de leurs voitures en France et un tiers à l’étranger il y a dix ans, la proportion est inversée aujourd’hui. Pour compléter ce sombre tableau, le « made in France » recule dans presque toutes les filières industrielles. Même pour les produits qui restent encore assemblés dans l’Hexagone, la part de composants français a chuté de 75% en 1999 à 69% en 2009.

        La France poursuit une stratégie de désindustrialisation, comme l’ont fait avant elle les Etats Unis ou le Royaume Uni, délaissant les investissements industriels pour gaspiller son capital dans la spéculation immobilière et autres inepties alors que l’Allemagne fait le contraire et vous croyez que la monnaie est la cause de cette stratégie? Pourtant les Etats Unis et le Royaume Uni n’ont pas l’Euro….eux!

        3) Que l’industrie Allemande bien que réalisant des gains de productivité avait baissé ses salaires. Donc, on en déduisait que l’Allemagne avait fait du dumping.

        L’Allemagne baisse ses salaires mais crée des emplois industriels. La masse salariale industrielle Allemande croît alors qu’en France, on délocalise, détruit des emplois industriels et la masse salariale industrielle diminue. Les fabricants Français remplacent des ouvriers Français par des ouvriers Roumains et vous continuez à croire qu’ils augmentent plus les salaires que les constructeurs Allemands!

        Prenons un exemple pour que vous compreniez:

        Constructeur Français (CF) a 10,000 employés : 2000 au siège qui gagnent 3000 Euros par mois et 8000 en Usine qui gagnent 2000 Euros par mois. CF ferme l’usine française et la délocalise en Roumanie où les employés gagnent 500 Euros par mois. Résultat: le salaire moyen en France des Employés de CF passe de 2200 Euros par mois à 3000 Euros par mois.

        Constructeur Allemand (CA) a 10,000 employés : 2000 au siège qui gagnent 3000 Euros par mois et 8000 en Usine qui gagnent 2000 Euros par mois. CA garde son Usine Allemande mais diminue les salaires de 5%, ie 1900 Euros par mois. Résultat : le salaire moyen en Allemagne des employés de CD passe de 2200 Euros par mois à 2120 Euros par mois.

        Votre conclusion c’est que CA fait du dumping et que CF augmente ses salaires!

        – La monnaie sert à neutraliser les différentiels de compétitivité entre pays par le biais de l’équilibre à LT de sa balance commerciale.

        Cette jolie « théorie » vole en éclats quand on la compare à la réalité : cela fait dix ans que le dollar perd de la valeur par rapport aux monnaies de ses concurrents et pourtant sa balance extérieure ne cesse de se dégrader. Même chose avec le Royaume Uni depuis la dévaluation de la Livre.
        Pourtant ils ont gardé leur monnaie, eux.

        Affirmer qu’une dévaluation ne change rien, est une ineptie sur le plan historique (nombre d’exemples montrent le contraire). C’est surtout une ineptie sur le plan de la logique économique (si vous avez le choix entre deux produits identiques, vous achéterez toujours le moins cher).

        Ce que vous ne voulez pas comprendre c’est qu’une dévaluation permet d’augmenter les exportations mais elle cause aussi une augmentation des importations. Quand des pays, comme les Etats Unis ou le Royaume Uni ont poursuivi une stratégie de désindustrialisation, l’augmentation des exportations est moindre que l’augmentation des importations car les usines ne reviennent pas en claquant des doigts. Le résultat est que la dévaluation engendre une dégradation de la balance extérieure, comme les chiffres de la balance extérieure des Etats Unis et du Royaume le confirme.

        Pour le cas de l’Allemagne, qui n’a pas suivi une stratégie de désindustrialisation, c’est le contraire, quand l’Euro perd de la valeur par rapport à ses concurrents, les exportations augmentent plus rapidement que les importations.

    28. @ Guillaume,
      Une monnaie unique, à coté de monnaies nationales pourrait apporter un plus. Il faut penser qu’on doit dissocier les opérations sur devises liés à des transactions sur des biens et services, des opérations sur des mouvements capitaux.
      L’exemple le plus célèbre et celui des chinois qui achètent de la dette publique américaine pour maintenir la parité du yuan par rapport au $ à un niveau qui leur permet de déprécier leur monnaie afin de continuer à d’accumuler des excédents commerciaux (l’excèdent commercial chinois est neutralisé par un déficit sur les capitaux, l’achat d’un bon du trésor Américain a le même effet qu’une importation).
      Si vous voulez que votre monnaie nationale soit le reflet de votre compétitivité relativement à vos partenaires, il faudrait le plus possible la dédier aux seuls échanges commerciaux. A coté on pourrait imaginer que toute émission de dettes à l’intention de non résidents se fasse dans une monnaie internationale ou Européenne, ce qui permettrait d’éviter en partie des manipulations à la chinoise.
      Cependant, on sent que parmi les spécialistes des questions monétaires, la vraie alternative serait dans le contrôle des capitaux par les Etats pour lutter contre les vagues spéculatives (ce que font déjà les pays d’Asie et d’Amérique Latine qui ont appris la lecon des crises finanncières dans le passé).

      Néanmoins, la solution de bon sens pour lutter contre les turbulences financières serait d’éviter les déséquilibres commerciaux eux mêmes, et d’ avoir le plus largement possible recours à l’épargne nationale pour financer sa dette publique ou privée.
      La position qui consiste à féliciter les excédents commerciaux des allemands, tout en pointant du doigt leurs partenaires commerciaux pour leurs déficits, et les dettes qu’ils accumulent à cause de ces mêmes déficits ne trouveront une vraie réponse dans la réduction des excédents des uns, et des déficits des autres.
      L’Euro, en ne permettant aucun mécanisme régulateur pour réduire les déséquilibres est une bombe à retardement pour le système financier (car à un moment donné le créancier allemand doit être remboursé par son débiteur Espagnol, Italien etc… qui ne peut pas. D’où les difficultés latentes du système bancaire allemand aujourd’hui). La position du, « y a qu’a faire des réformes structurelles » pour rattraper votre retard de productivité, ou, le « y a qu’à baisser les salaires » à coups de baton, c’est pas super efficace !

      1. A Gribouille,

        1) »a vraie alternative serait dans le contrôle des capitaux par les États »
        2) »voir le plus largement possible recours à l’épargne nationale pour financer sa dette publique ou privée »
        3) »éviter les déséquilibres commerciaux »

        100% d’accord avec les intentions, j’aurais pas osé l’écrire…
        Quels sont les arguments de l’opposition?

        A PSdJ,

        Si vous pouviez être un tout tantinet plus explicite; la dernière fois que j’ai essayé d’interpréter un sous entendu sur le blog, je crois qu’il y a eu un malentendu…

      2. @Guillaume,
        Mon smiley signifie mon approbation. J’en profite pour préciser que le contrôle des flux de capitaux par les Etats consiste à vérifier la conformité au droit des objets d’investissement et par conséquent à payer une prime fiscale qui provisionne l’éventualité d’une externalité négative (coût de justice et de police, coût social, coût d’environnement…).

      3. A PSdJ,
        merci pour le complément d’infos

        Vous êtes d’accord avec ces idées?
        – Chaque pays utiliserait sa propre monnaie nationale dans le cadre des échanges nationaux
        – Ces monnaies seraient inconvertibles (hormis en euro).
        – L’euro lui serait utilisé pour les échanges communautaires et extra-communautaire, (pas dans le modèle actuel de changes flottants, mais sur un modèle de type « bancor » ou autre)
        – éviter les déséquilibres commerciaux surtout envers l’extérieur de la communauté économique.
        – instaurer un contrôle des mouvements de capitaux (citation « conformité au droit des objets d’investissement » mais quel droit?)
        – avoir le plus largement possible recours à l’épargne nationale pour financer sa dette publique ou privée

        et que pensez vous de:
        – interdiction des marchés non réglementés
        – simplification des instruments de couverture en particulier par la standardisation
        – centralisation des mouvements de capitaux par une structure public d’enregistrement et de compensation (au sens usuel).
        – redéfinition des structures d’intermédiation (rôle, statue juridique, contrôle juridique, séparation des activités…)

      4. @Guillaume,
        Je crois que vos propositions sont politiquement et économiquement cohérentes et réalistes.

        – Chaque pays utiliserait sa propre monnaie nationale dans le cadre des échanges nationaux
        – Ces monnaies seraient inconvertibles (hormis en euro).

        Cette proposition revient à aligner les monnaies et les systèmes juridiques. La délibération, l’application et le jugement de la Loi dans chaque pays européen fait varier la valeur extérieure de la monnaie par rapport aux autres monnaies qui obéissent à des systèmes de droit différents. Ainsi est-il possible d’avoir des droits du travail, des droits des faillites, des droits du crédit et des droits de l’auto-gouvernement différents. Il est possible par la variation du change de comparer l’efficacité économique des différents systèmes que les Européens choisissent.

        Rendre les monnaies européennes exclusivement convertibles en euro signifie que les Européens s’évaluent réciproquement selon un système de valeur commun. En l’occurrence celui de la démocratie décrit dans les traités et directives européens. Et c’est le système politique démocratique et pluraliste de l’Union Européenne qui est le critère de comparaison économique de l’Union avec les autres systèmes dans le monde. Les États-Unis ou la Chine ou le Royaume-Uni ne peuvent plus jouer l’Allemagne contre la France. Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France sont financièrement solidaires dans leur pluralité face aux États-Unis, à la Chine ou à la Tunisie.

        Pour parvenir à cette re-politisation de la monnaie, il faut bien sûr que l’euro soit la monnaie commune de l’Union ; ou bien si Français et Allemands veulent fusionner leurs États en partageant l’euro, il faut créer une autre monnaie commune qui soit le bancor (ou le bankeuro, ou l’ECU ou l’unitas).

        – L’euro lui serait utilisé pour les échanges communautaires et extra-communautaires, (pas dans le modèle actuel de changes flottants, mais sur un modèle de type « bancor » ou autre)
        – éviter les déséquilibres commerciaux surtout envers l’extérieur de la communauté économique.

        L’euro communautaire et non unitaire devient effectivement un outil efficace de cotation des parités monétaires à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union. Le principe que les Européens adoptent dans ce régime est celui de la cotation transparente et centralisée des primes de change comme couverture effective et systématique des parités à terme à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union. Ainsi, toute parité de change nominale comptant ou à terme résulte d’un équilibre contrôlé en droit européen entre l’offre et la demande de risque de change. Tout emprunt de liquidité à l’extérieur de l’Europe est garanti à l’échéance par une prime de change ; et une prime de crédit calculée sur l’emprunteur. Tout prêt de liquidité à l’extérieur de l’Europe est effectué en bancor et couvert par les primes de change et de crédit versées par les emprunteurs.

        L’Union n’est plus soumise aux conséquences en liquidité et taux de change des politiques monétaires étrangères sur lesquelles elle ne peut rien dire. Dans ce système de change, de crédit et de liquidité, les Européens retrouvent leur liberté économique entre eux-mêmes et collectivement vis-à-vis du monde. Les États qui veulent se spécialiser dans la spéculation financière cherchent un taux de change le plus élevé possible pour attirer les capitaux spéculatifs étrangers. Les États qui veulent développer leur industrie et s’approcher du plein emploi choisissent une politique de change qui maximise la compétitivité moyenne de leur force de travail par rapport à l’étranger.

        Les pays intrinsèquement compétitifs comme l’Allemagne peuvent exporter leurs capitaux et donc leurs travailleurs les plus performants pour soutenir les moins performants à l’intérieur de leurs frontières. Les États qui ne peuvent pas survivre sans se droguer avec de l’inflation domestique doivent admettre la dévaluation permanente de leur parité monétaire afin de financer le déficit de leurs paiements extérieurs.

        – instaurer un contrôle des mouvements de capitaux (citation « conformité au droit des objets d’investissement » mais quel droit?)

        Si l’Europe décide de se refonder comme démocratie, cela implique que tout mouvement de capital à l’intérieur ou à l’extérieur de ses frontières soit identifiable par le système bancaire européen afin d’être juridiquement contrôlable. Le marché commun du bancor implique que tout mouvement de capital entrant ou sortant élise un droit national européen et un régime de juridiction. Aucun mouvement financier ne peut avoir lieu sans être soumis à la fiscalité décidé par l’État où il est domicilié ; en contrepartie le bénéficiaire du mouvement financier jouit de la protection d’un juge judiciaire national qui garantit le plein respect de ses droits politiques, sociaux et économiques. L’État de droit européen est l’obligation de se soumettre à un droit national librement choisi par la domiciliation de son capital là où chacun le juge le mieux protégé à l’intérieur ou à l’extérieur des frontières européennes.

        – avoir le plus largement possible recours à l’épargne nationale pour financer sa dette publique ou privée

        Ce principe s’applique à l’échelle de l’Union par le marché financier commun en bancor. Comme ce marché est soumis au droit des Européens qui protège la liberté de penser, de délibérer et d’agir, tout épargnant déposant dans une banque européenne « européanise » son épargne. Les dettes publiques et privées financées en bancor se trouvent nécessairement conformes à la conception européenne des droits de l’homme.

        et que pensez vous de:
        – interdiction des marchés non réglementés

        Je comprends ce que vous voulez dire. Mais cette proposition est contradictoire en elle-même. Il n’y a pas d’interdiction sans réglementation et inversement. Votre proposition n’a de sens que formulée positivement : les Européens définissent tout marché comme espace de négociation réglementé où certaines opérations ou comportements sont interdits. Par exemple : il est interdit de vendre ou acheter par un prix fictif quelque chose qui ne sera jamais livré et qui donc n’existe pas ou ne peut pas exister.

        Nous convenons que le néo-libéralisme est mortifère parce que doctrine enfermant le raisonnement humain sur lui-même hors de toute réalité. La finance et l’économisme néo-libéraux se suicident en s’interdisant de constater que leur réalité peut être de se suicider. L’enjeu actuel du monde est bien d’échapper à la mise en scène d’un suicide collectif qui devient réalité.

        – simplification des instruments de couverture en particulier par la standardisation

        Cela signifie qu’un instrument de couverture n’est pas une abstraction intellectuelle mais une réalité visible sur un marché. La standardisation est le fait que tout instrument négocié entre une offre et une demande réelles a bien la même signification pour l’acheteur et le vendeur. Donc que le sous-jacent d’une couverture (par exemple un modèle de prévision d’un prix de quelque chose d’explicitement livrable devant témoins) est nécessairement déposé dans le marché, c’est à dire originé, en langage financier (brokerage en anglais). Comme la production de standards est au cœur de l’innovation financière visant à mieux cerner les prix du futur, le risque d’irréalité des nouveaux standards doit être assuré par le versement de primes d’origination (commission de brokerage) aux intermédiaires de marché. Si un standard ne produit aucun prix par la négociation transparente de marché, l’ingénieur financier producteur du standard perd la prime de liquidité financière qu’il a dû payer pour livrer son produit dérivé à la négociation.

        – centralisation des mouvements de capitaux par une structure publique d’enregistrement et de compensation (au sens usuel).
        – redéfinition des structures d’intermédiation (rôle, statue juridique, contrôle juridique, séparation des activités…)

        La structure publique centralisée d’enregistrement et de compensation que vous réclamez est justement le marché financier commun d’option que les Européens peuvent fonder s’ils ont encore un projet de démocratie. Un tel marché compense les flux financiers par la réalité concrète livrable à terme, par la prime de risque achetée et nécessairement vendue, par le crédit emprunté du prix à terme nécessairement prêté et par la conformité aux droits de l’homme de tous les contrats de compensation des prix conduisant à la livraison de quelque chose.

        La redéfinition des structures d’intermédiation implique, pour que la réalité livrée soit différentiable du prix nommé, qui soit différentiable du crédit du vendeur, qui soit différentiable du droit de l’acheteur, de séparer l’investissement, le crédit, la négociation du prix et l’assurance de la réalité concrète. Il y quatre rôles fondamentaux dans le financement en droit de la réalité à terme : l’intermédiation de la prime (banque d’investissement), l’intermédiation de la liquidité du crédit nominal (banque de crédit), l’intermédiation de la liquidité du prix réel (banque de marché) et l’intermédiation de l’assurance de la réalité du prix (banque d’assurance : santé, revenus vitaux, dommages physiques, validité scientifique objective).

        Conclusion : vous avez résumé ce que devrait être la refondation financière de la démocratie par l’Union Européenne. Si donc cette refondation n’a pas encore eu lieu, soit la majorité des Européens a opté pour le suicide néo-libéral, soit la démocratie a disparu en Europe qui permette aux citoyens de l’Union de choisir les dirigeants qui mettent en œuvre le projet commun.

      5. PSdJ,
        merci beaucoup pour votre réponse détaillé.

        Juste une précision, quand j’évoquais l’interdiction des marchés non réglementés je faisais allusion au développement des opérations de gré-gré par exemple. Dans le cas des CDS, le fait que les transactions se fassent dans un cadre non réglementé entraine une incapacité des acteurs à savoir précisément la solvabilité du vendeur de contrat (entre autres incertitudes).
        Ce développement n’est pas limité aux dérivés de crédits. La question de la standardisation est liée; la singularité des produits dérivés en pleine expansion cherche à répondre à autant de singularités de marché: ce qui est à la base d’une logique dangereuse: tout risque peut être pris car tout risque peut être assuré.

        Au final la création de nouveaux produits dérivés toujours plus complexes est corrélée d’abord à de nouvelles formes de prises de risques et ensuite à la remise en question des produits standardisés des marchés réglementés et donc à la croissance de produits complexes dans le cadre des marchés de type “gré-gré”.

      6. @Guillaume,
        Pour être clair, le gré à gré c’est la négation du marché, la négation d’un intérêt commun à satisfaire ses besoins par l’offre et la demande exprimées dans une collectivité qui produise la valeur maximale par un prix de compromis. Le gré à gré n’a pas d’autre justification que de négocier un prix à sa convenance en asymétrie d’information avec la collectivité. C’est un système de privilège pour prélever de la valeur sans contrepartie par un avantage d’information.

  3. Bien, très bien. Noble et généreux. Enfin un projet
    répondant aux cataplasme sur une jambe de bois,
    mur de Berlin et fuite en avant relatés sans trève par M.r Leclerc.
    Mais: « Il pourrait rétablir la place de la France dans l’Union Européenne  »
    ne va pas nous faire des amis à Berlin, à Londres et chez leurs clients.
    Ce projet compromet les puissants intérêts attachés à la spéculation.
    Sa force propre issue de sa cohérence n’est pas suffisante pour emporter
    la conviction la plus large.
    Manoeuvrer, faire preuve d’un minimum de diplomatie, trouver des alliés
    -le nombre suppléant à la force, une constante de notre diplomatie-
    ne serait pas superflu.
    Je crois simplement qu’il faut dépasser l’ horizon de ce blog
    et entrevoir les conditions pratiques d’adoption.

    Une crise de réalisme affligeante me faire écrire tout cela.
    Pas d’angélisme: ni l’Europe, ni la crise et la finance spéculatrice
    n’ont développé le sentiment communautaire ou un réflexe d’actions communes
    Au contraire, la crise fait que chaque Etat défend ce qu’il croit être
    son bout de gras. La chronique de M.r Leclerc pourrait avoir
    comme sous-titre:  » Chronique d’un égoïsme des Nations suicidaire ».

    1. « Quedepieds » ? Le nom ne m’est pas inconnu : c’est ainsi que s’appelait le patron du département subprime chez Wells Fargo ! Serait-ce une simple coïncidence ?

  4. Bonsoir Pierre

    Vous évoquez la resolvabilisation des états européens mais au profit de qui?

     » Or l’Union Européenne constitue en elle-même un modèle d’organisation politique et financière multinationale générateur d’équilibre économique ».

    Pardonnez-moi mais oû est cette organisation? L’usine à gaz européenne nage ou plutôt se noie dans la gabegie bancaire. Les états sont en permanence en conflit d’intérêt puisque quoi qu’il arrive, c’est le contribuable qui paye, à cause de leures banques qui sont privées et qui exercent pour leur compte une activité prédatrice par l’usure sur tous les états européens et ce y compris au détriment de leur propre état.

    En matière de recadrement politique, la première chose à faire est de nationaliser toutes ces banques pour n’en faire qu’une dont seuls les états seraient en quelque sorte les actionnaires. Prêt à taux zéro pour les états de la zone euro et à faible taux fixe pour tous les citoyens de la zone euro et pour le reste du monde, la loi de la jungle habituelle.

    On pourra parler de convergence fiscale ,,,,, après.

    L’europe n’est pas encore construite et elle ne le sera jamais si nous laissons les banques continuer à faire des trous dans le bateau.

    1. Bonjour Marc,

      Vous décrivez bien la situation de laquelle nous devons sortir. Vous évoquez la nationalisation des banques à juste titre. Mais il faut mettre une réalité derrière cet acte politique. Une banque représente la liquidité des transactions juridiques sous forme de dépôts monétaires, des crédits et du capital. Le capital contient normalement les fonds propres, la propriété de quelqu’un, dans lesquels on va puiser la contreparties des pertes financières non comblées par des plus-values. Le capital bancaire est en logique ce qui rend invariable la valeur collective publique de la monnaie déposée en compte bancaire. Le capital bancaire est ce qui garantit la valeur réelle de la monnaie émise par le crédit issu de l’État de droit.

      Ce qui appartient en logique à la nation dans une banque est la liquidité comptabilisée dans les dépôts. Le capital est en logique dans des mains privées pour éviter d’imputer sur la nation, propriétaire commune de la monnaie, les pertes qui peuvent résulter d’une allocation excessive de crédit à l’économie pour dégager des plus-values artificielles. Ce qui ne va donc pas aujourd’hui est bien l’opposition financière de la réalité à la logique. Au lieu d’évaluer les pertes de crédit pour les imputer au capital et diminuer la valeur de la propriété des actionnaires garants de la solvabilité des emprunteurs du système financier, on fait émettre de la fausse monnaie aux banques centrales pour dissimuler les pertes de crédit non remboursables des gros débiteurs dont les États.

      Depuis 2007, le système financier calcule des plus-values fictives pour masquer les moins-values réelles afin d’épargner les actionnaires du crédit bancaire. Le motif de ce choix mondial collectif est de spéculation politique. La liquidation des pertes par le capital financier révèlerait l’absence de capitalisation réelle du système et l’imputation des pertes sur les épargnants. Reconnaître que les épargnants, qui sont obligés d’avoir confiance dans la valeur de la monnaie, ont perdu une partie de ce qui leur est juridiquement et contractuellement dû les retournerait contre la démocratie politique libérale occidentale qui ne fait pas ce qu’elle dit.

      Dans la phase actuelle, les États accumulent des dettes indépendamment de la croissance réelle future. Ces dettes distribuent des revenus sans contrepartie réelle qui sont dépensés grâce au crédit fictif que font tous les producteurs réels à l’économie financière. Le système financier s’appuie sur les budgets publics massivement déficitaires pour gonfler les bilans bancaires avec des titres de dette publique non remboursable ; contre quoi les banques centrales émettent de la monnaie. L’émission monétaire creuse provoque l’augmentation des prix des actifs réels durables, immobilier, matières premières, technologies. Progressivement l’inflation revient sur les produits de consommation comme les matières premières agricoles. Les salaires ne peuvent pas s’ajuster du fait du chômage et de la mondialisation du marché du travail non régulé.

      Les révolutions éclatent dans les pays arabo-musulmans à cause de l’incapacité du pouvoir politique à répartir et contrôler la hausse des prix. Ces pouvoirs se désagrègent les premiers par manque pas de légitimité populaire. Mais les dominos politiques tombent les uns sur les autres. La destruction financière du pouvoir politique fragilise tout l’équilibre du monde des pays les moins structurés aux plus structurés. L’irresponsabilité du capital financier protège en apparence l’épargne mais détruit la réalité par la monnaie. L’épargnant continue à croire à la protection fictive du capital pendant que le citoyen constate la chute de ses revenus réels. La flambée des prix va plonger une bonne partie du monde dans la guerre civile. Les Français qui ont conservé la mémoire de leur Révolution peuvent sans difficulté anticiper ce qui peut arriver.

      Nationaliser les banques consiste donc à remettre le capital financier, le crédit et la monnaie qui en découle dans un cadre politique où la Loi commune dicte l’évaluation permanente et réaliste des plus ou moins-values financières. La refondation de la finance et de la monnaie implique tout simplement la restauration de la démocratie quelque part dans le monde. La nationalisation des banques signifie qu’une communauté multinationale organisée par un marché commun reprenne la maîtrise de la monnaie. Le pouvoir financier doit par être enfermé dans un marché régulé par une loi supérieure à celle de la plus-value spéculative. Cette abolition du privilège de la finance sans nationalité ne peut pas être une suppression de la propriété privée du capital financier mais une subordination de la propriété privée à la loi publique d’un bien commun délimité par des États identifiables.

      Une nationalisation au sens de propriété publique du capital financier reviendrait à réattribuer la direction des institutions financières à des technocrates désignés par les politiques qui ne parviennent pas à se mettre d’accord sur des principes de régulation au sein du G20. La nationalisation réelle consiste à asservir la plus-value financière à la garantie du crédit qui crée la base de l’émission monétaire. Si un marché est créé qui oblige tout emprunteur de la liquidité à garantir la livraison d’un objet réel de valeur à une certaine échéance et à se faire garantir sur le prix à terme en monnaie de l’engagement de livraison, alors il existe un lien étalon stable entre la démocratie de marché et l’économie réelle. Cette relation étalon est la définition de la monnaie qui évalue tout capital investi dans la réalité d’une production de valeur à terme.

      Le marché commun européen et l’Union politique Européenne sont la matrice de l’étalon monétaire universel. Justement parce que l’Union est le système actuellement le plus avancé de subordination de la propriété privée à un bien commun multinational organisé en plusieurs États. L’Union est actuellement en décomposition par son incapacité à réguler la circulation des capitaux selon son projet politique. La réglementation européenne définit bien les conditions de garantie des droits de l’homme par la propriété du capital ; mais il n’existe aucun cadre marchand structuré par une autorité financière commune pour surveiller l’application de la Loi. La matérialité financière de la Loi est dissociée de sa finalité affichée. La formation d’un marché unifié est la seule possibilité de restaurer la relation de la matière comptable avec la réalisation du Droit de la démocratie.

      Si les Européens ne font pas un effort de conceptualisation du capital dans l’application réelle d’une Loi du droit humain par le marché, ils n’auront pas d’autre de solution que de construire un empire ploutocratique pour exister entre l’empire étatsunien et l’empire chinois. Et la mondialisation se résoudra en désintégration des peuples par la guerre financière des empires. Si les Européens achèvent au contraire la démonstration engagée du marché comme cadre naturel de construction de la liberté de discuter et de concevoir la richesse humaine, alors ils déclencheront le démantèlement de la ploutocratie du dollar et l’avènement progressif de la démocratie en Chine et dans le monde arabo-musulman. Il est vraiment urgent que les Européens sachent, disent et fassent ce qu’ils pensent.

  5. Finalement la seule première réponse intéressante à votre question ( votre appel ?) pourrait être celle de Karima Delli au nom de son mouvelent-parti bien sur .

    Schizosophie et vous même pourrez alors nous dire si les députés européens méritent leur salaire (et si ce blog , par les graines qu’il prétend semer, mérite la donation à Paul Jorion , éventuellement accrue d’une prime de résultats) .

    Ce qui est selon moi la véritable légimité de leur présence au parlement européen .

    1. nous dire si les députés européens méritent leur salaire

      Les députés ne touchent pas un salaire. Ce n’est pas un métier. Ils touchent une indemnité (c’est le terme légal).

  6. Juste pour répondre au titre, SOMMES-NOUS CAPABLES DE FAIRE CE QUE QUE NOUS DISONS ?, – En ce qui me concerne, jamais 🙂

    http://schabrieres.wordpress.com/2009/09/26/fernando-pessoa-ajournement-adiamento-1928/

    Fernando Pessoa – Ajournement (Adiamento, 1928)

    Après-demain, oui, après-demain seulement…
    Je passerai la journée de demain à penser à après-demain,
    et ainsi ce sera possible ; mais pas aujourd’hui…
    Non, aujourd’hui pas moyen ; impossible aujourd’hui.

  7. Convergence fiscale…Bancor…Véritable politique d’Union Européenne…Nécessité d’équilibre… Plus de bien et moins de mauvais…
    Que de rêves !
    Finalement cela parait moins réaliste que l’autogestion généralisée en Afrique du nord.

  8. PSdJ,

    « L’économie et la monnaie découlent de la responsabilité politique. » : l’économie et la manière dont la responsabilité politique est exercée, c’est la même chose.

    « Les dérèglements financiers actuels … [sont] la conséquence d’une désagrégation des structures politiques dans la mondialisation. » : non, c’est la même chose.

    Quand vous parlez « humain » on se comprend, étonnant non ? Permettez que je vous explique mon point de vue.

    On peut écrire aussi : l’écologie, l’éducation, les transports, …, découlent de la « responsabilité politique », non ? Si ! Nommons Économie (avec un é majuscule) le vivre-ensemble. Elle se décline sous différentes formes : l’organisation politique, l’organisation économique, l’organisation éducative, l’organisation des transports et des liens en général, etc., etc., etc., bref tout ce qui décrit notre quotidien, la manière dont nous organisons notre vivre-ensemble.

    L’organisation économique n’est pas démocratique : elle ne permet pas à chaque individu d’exprimer, et donc d’y intégrer, sa valeur.

    L’organisation politique n’est pas démocratique : elle ne permet pas à chaque individu d’exprimer, et donc d’y intégrer, sa valeur.

    L’organisation éducative n’est pas démocratique : elle ne permet pas à chaque individu d’exprimer, et donc d’y intégrer, sa valeur.

    L’organisation des transports n’est pas démocratique : elle ne permet pas à chaque individu d’exprimer, et donc d’y intégrer, sa valeur.

    Etc., etc., etc…

    L’organisation Économique n’est pas démocratique.

    Vous, Paul, JF, …, proposez des leviers économiques en espérant que les autres branches de l’Économie s’adapteront. Certains proposent des leviers écologiques en espérant… D’autres proposent des leviers éducatifs en espérant… Vous tous restez sur votre branche, alors qu’il vous est possible, surtout de nos jours avec l’internet, d’échanger, de mettre en commun vos valeurs.

    Mais la mise en commun ne se fait pas ! Pourquoi ? La seule explication sérieuse que j’ai trouvée est que chacun d’entre vous ne veut pas perdre la main (le silence à mon égard pour preuve). Et ce faisant il nie la possibilité de la démocratie, d’un autre vivre-ensemble : vous réduisez la (matrice qu’est la) société à vos propres valeurs, vous contraignez le vivre-ensemble, l’Économie…

    C’est désespérant. Et ça nous fait perdre du temps (certes on peut se dire qu’on n’est pas si pressés que ça, puisqu’à la fin on meurt…) ! C’est un manque de conscience – politique si vous voulez ! De nombreux pays et entreprises sont déjà à l’œuvre dans les pays nouvellement libérés de leurs tyrans : ils cherchent à prendre des parts du marché, et ce faisant ils imposent le capitalisme-société de consommation- salariat-politique, bref notre vivre-ensemble, notre Économie, notre tyrannie ! Et s’ils y parviennent, ce dont je doute de moins en moins tant nous perdons de temps, le marché reprendra des forces avec ces nouveaux joueurs, ce nouvel espace, et … le capitalisme aura gagné une nouvelle bataille. Certes il y aura laissé des plumes, mais bon : un bon tyran est un tyran mort, sans pouvoir.

    Pourquoi devrais-« je » (il semble que « nous » soyons assez nombreux, non ?) subir la tyrannie d’un-vivre ensemble qui ne « me » convient pas ? Pourquoi devrais-je lutter contre la tyrannie avec ses armes ? C’est antirévolutionnaire, antidémocratique.

    L’humanisme c’est la prise en compte, la conscience, de la valeur de chacun, de tous. C’est une lapalissade mais ça va mieux en le disant. Et ça irait encore mieux en la comprenant.

    1. J’ai souvent ici , en me référant à l’étymologie , souvent préféré parler d’art plutôt que d’équilibre .

      Je reconnais aussi avoir de la difficulté à dissocier la Démocratie de  » l’Economie » originelle .

    2. Je sais pas ce que vous prenez mais ça a l’air costaud… j’en veux aussi!

      « Ce qui est véritablement démocratique serait… ce qui permet à chaque individu d’exprimer, et donc d’ intégrer, sa valeur. »
      Ahhh…
      Et bien bénissez le Dieu marché! C’est justement son rôle que d’attribuer à chacun sa valeur… et même mieux ce n’est que par son extension ultime à toutes les dimensions possibles de la vie sociale, par la commodification de tout en argent ( des organes humains au CO2), quand tout aura été colonisé par le marché donc, que l’on sera sur que la balance sera vraiment parfaite. Où trouveriez vous mesure plus impartiale, moins arbitraire, que celle qui découle des interactions de tous avec tous?

      JOKE INSIDE

      1. Je connaissais pas. Excellent! lol
        Elle dit « risquer leur thune »! Et ca doit dater des années 30.
        J’ai honte… je me la suis repassé 3 ou 4 fois.

        Pour le reste l’individu n’est pas l’alpha et l’oméga de la démocratie, qui est avant tout une religion civile dotée d’un catéchisme spécifique, avant d’être un principe d’organisation ou de gestion de la vie de la communauté politique. Les choses iraient mieux si « l’individu » apprenait à se taire, pour dire les choses poliment, quand le citoyen parle. Mais en ces temps reculés, personne ne sait plus faire la différence entre l’individu et le citoyen, entre un « substrat bio-psychologique » et un « idéal politique et moral ».

        L’alpha et l’omega de la démocratie c’est la figure du citoyen. Dans le vôtre, celui du libéralisme politique, tout commence par les droits individuels (« Droits Naturels de l’Humanisme), l’individu étant le principe à partir duquel l’organisation du groupe doit être conçue, en tant que fondement et en tant que finalité.
        Dans celui de PJDJ, s’il est cohérent dans sa référence à Aristote, tout commence par le devoir, et en premier lieu le devoir de justice qui définit l’idée même de citoyen: c’est à dire également par une obligation, commandement extérieur, hétéronome (non pas « tu aimeras ton prochain comme toi-même » mais « tu considèreras d’abord et en premier lieu les autres membres de la communauté politique non pas comme des individus mais sous l’angle de leur identité publique (ce en quoi vous êtes des égaux).
        C’est pourquoi vous ne comprenez pas je crois l’idée de PJDJ selon laquelle l’économie et la manière dont sont conçues l’économie et la monnaie ne sont pas la même chose que la « responsabilité politique ».

        Pour le reste, philosophie morale et philosophie politique sont deux disciplines distinctes. La philosophie morale n’enveloppe pas la philosophie politique, laquelle ne serait qu’un domaine d’investigation pour la première, à côte de la bioéthique par exemple ou de l’épistémologie morale. La philosophie politique a son autonomie propre et ne dépend en aucun cas de telle ou telle forme d’humanisme historiquement déterminée.
        Seuls les libertariens et les communautariens, qui rejettent d’ailleurs le prétendu statut de la démocratie comme « meilleur régime politique ou régime le moins mauvais » , et qui, cohérents avec eux-mêmes, rejettent l’idée même de citoyen comme une fiction politique (seuls comptent « l’individu » ou les « valeurs du groupe », la justice n’y détenant pas nécessairement une place centrale), font de la philosophie politique un simple dérivatif de considérations relevant de la philosophie morale. C’est également le cas de Habermas, toutefois, parce-qu’il n’a pas renoncé au vieux rêve de Kant, qu’il s’efforce juste de « séculariser », en cherchant un substitut laïque à la « doctrine des deux règnes », qu’il croit avoir trouvé dans une éthique de la discussion.
        Mais pour l’immense majorité des théoriciens de la démocratie aujourd’hui, philosophie politique et philosophie morale sont étanches et discontinues, et DOIVENT le rester, le jugement politique n’étant pas le valet du jugement moral et donc de toute forme d’humanisme quelle qu’elle soit. (ce qui signifie seulement que les standards normatifs sont distincts, et non pas qu’ils seraient moins exigeants dans un cas que dans l’autre).

    3. Fab,

      Lorsque vous dites que chacun pourra exprimer sa valeur, il ne s’agit pas de valeur marchande, n’est-ce pas ? Ce serait mal connaître votre point de vue, votre pensée. Vous êtes si je ne m’abuse un lecteur de Nietzsche lequel parlait de transvaluation de toutes les valeurs. Ainsi il ne peut s’agir d’une valeur personnelle qui se référerait à un étalon unique comme dans le cas de la valeur marchande. Au contraire, la valeur dont il est question chez vous c’est celle qui tire sa valeur de la vie vécue par soi et personne d’autre, en regard de toutes les autre vies au sein desquelles notre vie prend sa signification et cela toujours pour une époque donnée, en des circonstances particulières.
      Partant, toute la difficulté pour vous va alors être de convaincre vos interlocuteurs qui accordent un statut supérieur au concept de société que vous ne rejetez pas pour autant la nécessité des normes, lesquelles normes, par définition, existent en dehors des personnes. Il vous sera en effet difficile de les convaincre parce qu’ils objecteront que la valeur selon votre conception, qui relève de l’éthique, y compris une éthique de la connaissance, ne peut faire abstraction de la part animale de l’être humain, que seules des règles collectives, des interdits, peuvent contenir.

      Un façon de concilier les deux approches est sans doute de considérer que les normes collectives
      qui se prêtent à des évaluations, y compris via un système de prix, ne sont pas immuables, et que c’est alors précisément ici que se trouve le point d’application de l’éthique individuelle en tant que l’on comprends celle-ci comme nécessité intérieure de la vie, de sa propre vie, avant même toute considération de justice sociale qui relève déjà d’une approche quantitative. Chacun en regard du seul critère de sa propre existence (où il y a les autres bien entendu) peut ne plus se satisfaire, voire conteste radicalement le cadre intellectuel, politique qui fixe les normes établies, moyennant quoi de nouvelles normes sont alors constituées.

    4. @Fab,

      L’organisation économique n’est pas démocratique : elle ne permet pas à chaque individu d’exprimer, et donc d’y intégrer, sa valeur.

      Ben oui, tout le monde est d’accord. Mais c’est quoi la solution? On connaît tous le problème, mais personne ne sait le résoudre, alors qu’est ce qu’on fait?
      Il est facile de décrire le monde idéal, un monde où chaque individu puisse exprimer sa valeur. Il est plus difficile de le réaliser!

    5. @Fab,
      Vous suscitez une vraie discussion. Où je constate qu’il est difficile de s’approprier le sens de ce qu’on dit à cause des mots nécessairement imprécis qu’on emploie. Ainsi en est-il de la notion de marché. Vous avez tout à fait raison. L’économie et la démocratie, c’est la même chose. Économie et démocratie sont les composantes d’une même réalité humaine ; mais des composantes distinctes exprimant des sous-réalités analytiques que nous comprenons distinctement. L’économie est la matérialité quantifiable de la démocratie. La démocratie est la forme de qualification de l’économie. Sans démocratie, l’économie devient une quantification sans valeur de la réalité humaine.

      Vous soulignez que notre problème n’est ni dans la démocratie, ni dans l’économie mais dans l’organisation de la démocratie par l’économie et de l’économie par la démocratie. Si les sujets individuels ne trouvent plus leur valeur dans l’organisation actuelle de l’économie de la démocratie, c’est qu’il y a un problème dans la conception que nous avons de la relation entre économie et démocratie.

      Si nous faisons l’effort de considérer que le marché ne se limite par nécessairement à des calculs matériels intéressés mais peut aussi être un lieu d’organisation du partage des idées, des convictions et des cosmologies personnelles, alors il devient concevable que la valeur individuelle s’intègre dans la valeur collective et réciproquement. Que les sujets ne soient plus réduits à des objets et que les objets soient optés par les sujets. Que la société contiennent les personnes qui contiennent la société. Et que tout le monde mange à sa faim sans être obligé de devenir l’esclave d’un autre.

    6. Pierre-Yves, chris06,

      Je parle d’un chemin. Vous parlez d’un but. C’est la même chose si l’on sait considérer les deux.

      Vous avez conscience de votre valeur (de votre vie, de vivre, du droit qui vous décombe de verbaliser, de rêver, votre vie), et vous la mettez sur le marché.

      C’est la mienne :

      Moi, si j’étais président de la République :

      1. Démocratie
      (Directe donc. Ça demanderait du temps, donc : )

      2. Semaine des quatre jeudis
      (Un travail obligatoire de deux jours. Quartier-libre le reste du temps.)

      3. Éducation : Gnothi seauton

      4. Travail : taxe sur la consommation

      5. Je serais président à vie

      (Source)

      En pratique : vous mettez sur le marché une valeur que je considère – dont j’ai conscience… con science (slurp !) donc- comme bonne : je fais marché avec vous si vous-même voulez de ma valeur. Vous mettez sur le marché une valeur qui me déplaît : j’en ai conscience mais ne fait pas affaire avec vous, désolé. La suite vous la connaissez.

      Non ? Ah bon. Verbalisez.

      Et si c’est la sécurité qui vous fait peur (Les Nissarts ça leur plaît !) : que fait la police ? Ce n’est pas ma valeur : je n’échange pas avec ça. Rien. Nada. Celui qui propose une valeur que beaucoup ne veulent pas échanger aura du mal à se vendre – le mal n’a pas sa place dans une société harmonieuse, une démocratie : les normes sont démocratiques.

      L’existentialisme est un humanisme : cherchez l’erreur (il y en a une) !

    7. @Antoine Y : +1 !

      @Fab

      Mais la mise en commun ne se fait pas ! Pourquoi ? La seule explication sérieuse que j’ai trouvée est que chacun d’entre vous ne veut pas perdre la main (le silence à mon égard pour preuve).

      Ce serait quoi, « perdre la main » ?

      Pourquoi devrais- »je » (…) subir la tyrannie d’un-vivre ensemble qui ne « me » convient pas ?

      Rien ni personne ne vous interdit de partir en quête d’une île déserte. La liberté, ça se conquiert à la force du poignet.

      Pourquoi devrais-je lutter contre la tyrannie avec ses armes ? C’est antirévolutionnaire, antidémocratique.

      Peut-être que la non-violence est à la tyrannie ce que l’homéopathie est à la médecine…

      1. Crapaud,

        1. Ce serait quoi perdre la main ? : merci de me la donner.

        Que la mise en commun se fasse… que la prise de conscience se propage… qu’on se rende compte qu’économie, politique, écologie, etc., font partie d’un tout – l’Économie- et que cette Économie est notre vivre-ensemble… qu’on intègre que chacune de nos actions quotidiennes est un geste Économique… et qu’on cesse de croire que l’Économie vient d’en haut, qu’on prenne conscience quoi, qu’on cesse de croire… par exemple que son échange avec l’autre est fatalement dicté de là-haut !

        2. Rien ni personne ne vous interdit de partir en quête d’une île déserte. La liberté, ça se conquiert à la force du poignet.

        Qué quête ? Les … que vous mîtes entre () : « il semble que « nous » soyons assez nombreux, non ? » ! Ça risque de faire beaucoup pour une île déserte ! Et vous-même, que faites-vous sur ce blog ?

        3. Peut-être que la non-violence est à la tyrannie ce que l’homéopathie est à la médecine… :

        C’est sûr ! C’est un autre exemple de mainmise : les grands prêtres (moi d’la thune) de la médecine nous expliquent comment nous soigner… nous qui nous désintéressons autant de notre support physique que de notre vivre-ensemble ! Le bouddhisme et autres sciences humaines gagnent du terrain : c’est également un signe que les choses bougent. On délègue. On confie tout, sa pensée, son corps, le vivre-ensemble : on ne vit pas sa vie, on l’exécute. C’est la pyramide capitaliste. Elle est là depuis des siècles. On a tendance à l’oublier, allez savoir pourquoi. C’est elle, cette civilisation, qui s’accroche tant bien queue mâle. Dégage !

        À vous : « L’existentialisme est un humanisme : cherchez l’erreur (il y en a une) ! »

  9. A propos de responsabilité politique :
    Irlande: le parti d’opposition Fine Gael à plus de 36%, selon des résultats partiels….Le Fine Gael a été porté au pouvoir par un scrutin en forme d’exutoire à la crise et par le vif mécontentement suscité par le plan de sauvetage international de l’île, signé fin novembre avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).
    Sans attendre les résultats définitifs, qui ne devraient pas être annoncés avant dimanche soir voire lundi, le futur Premier ministre Enda Kenny a exigé dès samedi soir l’ouverture de négociations « la semaine prochaine » en vue d’un allégement du plan et en particulier d’une réduction de son taux d’intérêt qu’il juge « punitif ».
    http://www.lalibre.be/toutelinfo/afp/313223/irlande-le-parti-d-opposition-fine-gael-a-plus-de-36-selon-des-resultats-partiels.html

  10. @Fab, merci pour ce rappel :
    « Quand vous parlez « humain » on se comprend, étonnant non ? »
    « La plus-value d’un modèle n’est pas de tromper l’autre mais de construire la collaboration des personnes à transformer leur réel. »…PSDJ

  11. La methode « Coué » est tres efficace . Actuellement deux concepts sont présents comme des axiomes ou des vérités non discutées:
    1/ La mondialisation est inéluctable et « normale »
    2/ Les problèmes économiques sont d’ordre conjoncturel ( on peut mieux faire) et non structurels (inéluctables au vu des données du problème)
    Votre premiere phrase est du 2/ pur jus :
    ////L’économie et la monnaie découlent de la responsabilité politique. Les dérèglements financiers actuels ne sont pas l’effet d’une cyclicité économique naturelle mais la conséquence d’une désagrégation des structures politiques dans la mondialisation./////

    Il n’importe pas de savoir si ces axomes sont pertinents , mais de voir qu’ils sont la condition siné (hebdo) qua non à la continuité du modèle consumériste actuel et au maintien des privilèges de ceux qui les énoncent . Ces ont aussi les leviers de commande du système , mais ces leviers ne suffisent pas , le mythe et la croynce en ces deux axiomes est necessaire a l’acces a ces leviers .

    1. Donc , c’est fausser la règle que d’imposer comme la norme selon laquelle la « CRISE » serait définitivement conjoncturelle . Celà limite le choix des solutions au changement des equipes ou des methodes ….(Shoot Again ) .
      Si j’ai raison et que la crise est d’origine structurelle , ces modifications n’ont aucune chance de résoudre nos problèmes …….juste pour les anciens bénéficiaire du système de conserver leurs privilèges ….
      Si ceux qui affirment , chiffres a l’appui , que l’on va passer en 30 ans de 150 à 50 KW/hab , ont raison , aucune technologie ne permettra de conserver notre mode de vie …….sauf pour qqs % privilègiés . Le glissement déplessif est en cours et comme il n’est que de 3à5 % , on peut facilement nous faire passer des vessies pour ds lanternes et imputer ces « problèmes  » a d’autres causes .

    2. Mais c’est fausser la vie que de la mesurer par des prix dont on ne dit pas le sens. Quand nous aurons décidé d’économiser et de protéger notre planète, tous les investissements que nous ferons pour l’embellir produiront des chiffres de croissance positifs même si nous prenons des transports collectifs et dépensons plus d’argent à planter des arbres. Pour cela, il faut un marché régulé où il ne soit pas possible de qualifier de plus-value la destruction de l’homme et de son environnement.

  12. Autant le dire d’entré de jeu, j’ai lu le texte mais je n’ai pas tout compris, je ne suis pas économiste et le style du texte me reste hermétique.
    La phrase :

    Il pourrait rétablir la place de la France dans l’Union Européenne(…)

    Ne me réjouit pas, de mon point de vu, bien que français, la place de la France dans l’UE, qu’elle soit motrice et dominante ou à la remorque et affaiblie n’a aucune importance.
    Cette considération n’a à mon avis aucune importance et est plutôt contre productive, car si la solution proposée (que je n’ai pas bien comprise) a pour conséquence que c’est la France qui tire la couverture à elle à la place que cela soit l’Allemagne qui tire la dite couverture cela ne va qu’engendrer un changement cosmétique qui remettra à plus tard une crise avec des symptômes différents mais des effets similaires (pauvreté, précarité, risques pour les personnes, dérive sécuritaire, xénophobie) , or pour le quidam l’économie n’a que peu d’importance (voir d’intérêt) dans sa vie (je parle de sa vraie vie, celle où il peut être acteur et pas seulement spectateur de débats entre spécialiste).
    La solution proposée est présentée comme permettant au pouvoir politique exécutif de retrouver ses possibilités d’actions et de reprendre l’initiative sur le pouvoir économique des multinationales, mon intervention se résume à cette question : que vient faire la position de la France dans tout cela ?

  13. Que pensez-vous de la proposition de J. M. Keynes que la “chambre internationale de compensation” taxe d’un intérêt progressif les pays exagérément emprunteurs de bancors, de façon proportionnelle à leurs emprunts, mais taxe également et symétriquement les avoirs en bancors des pays qui les accumuleraient, pour obliger ces derniers à acheter chez les premiers afin de rétablir l’équilibre de leur balance commerciale ?

    1. @Temple,
      Le marché des options de change sous régulation européenne est l’exacte application de la chambre de compensation keynesienne. Plus un pays accumule de créances ou de dettes sur l’extérieur, plus sa prime de change augmente à cause des risques qu’il prend pour lui-même et le reste du monde. Je suggère juste un point : que les primes de change réglées en bancor soient allouées au provisionnement des pertes financières systémiques encourues par les épargnants et investisseurs internationaux qui prennent le risque d’une égalité internationale des droits.

      1. « qui prennent le risque d’une égalité internationale des droits »
        En quoi est-ce un « risque »? De quelle nature est la menace PJDJ?

      2. @AntoineY,
        Je parle du risque positif, celui de la parole engagée dans une vraie réalité. La conséquence du risque dans un régime d’égalité de droit est que l’acheteur d’une prime dont l’engagement sous-jacent n’est pas effectivement réalisé à l’échéance de l’option perd la valeur, c’est à dire la monnaie de la prime.

  14. La compétition économique entre les États-nations détruit la notion d’égalité devant la Loi.

    Vous auriez du plutôt dire égalité de traitement dans la douleur et les mesures d’austérités mises en place, là c’est sur ils y auraient davantage réfléchis à deux fois, avant de vouloir faire subir aux autres ce qu’on aimerait déjà pas vivre à leur place.

    Ce paradigme politique de la finance est réalisable immédiatement si les Européens décident de faire ce qu’ils disent. Il pourrait rétablir la place de la France dans l’Union Européenne et l’influence de la culture politique européenne dans le monde.

    J’ai toujours pensé que les gens de mon bled, de ma ville, de mon pays, de notre continent influençait trop l’histoire des autres peuples, des autres cultures, ah si seulement la France pouvait de temps en temps occuper la bonne dernière place dans les pays du monde.

    Pas toujours évident à accepter pour la mentalité de l’homme occidental, rassurez-vous ce n’est pas uniquement que vous, ça dérange même beaucoup trop de gens en Occident.

    1. @Jérémie,
      Désolé de parler de la France. C’est juste que je suis à moitié immigré et que mes ancêtres ont pensé la France comme une entité abstraite avant de décider de venir s’y installer pour des raisons qui ne devaient pas être mauvaises.

  15. SOMMES-NOUS CAPABLES DE FAIRE CE QUE QUE NOUS DISONS ?

    Oui,

    Somme-nous bien encore capables en Occident de ne pas toujours vouloir faire ce que nous disons, pensons, écrivons, ce serait bien aussi de temps en temps pour l’humanité que les circonstances nous puissent pas toujours nous le permettre, sinon comment pourrions-nous réellement faire preuve de changement humain,

    Comment nous en Occident, nous pourrions être déjà réellement des êtres de changement pour les autres, alors que les ravages climatiques ne touchent pas encore bien plus durement.

  16. Bonjour Monsieur Sarton du Jonchay,
    Merci pour cet article sur le bancor européen.

    Vous dites que

    (La) constitutionnalisation d’équilibre des finances publiques (…) est nécessaire à la resolvabilisation des États européens.

    .
    Je ne vois pas en quoi cette inscription est necessaire.
    Pourriez vous developper ou renvoyer des discussion la dessus que j’aurais manquées.
    N’est ce pas fondamentalement l’économie qu’il convient de constitutionnaliser? En définissant un prix, une vente, une assurance, un pari, etc déclarer ce qui est autorisé et interdit.

    1. @Arnaud,
      Tout juste : constitutionnaliser l’équilibre des finances publiques, c’est constitutionnaliser l’économie. L’économie ne peut pas fonctionner sans règles communes d’équilibre du crédit public et privé. L’abolition du privilège de finance consiste à mettre la banque et l’État sous la même loi économique que le citoyen lambda.

    2. @Crapaud Rouge,
      Tout juste. Pas d’équilibre sans équilibrage des pouvoirs. Et pas de pouvoir équilibré sans définition de droit ni régulation par le juge financé exclusivement par le bien commun. Il y a donc bien nécessité à fonder une vraie démocratie par l’équilibre de trois pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Le pouvoir judiciaire qui ne s’appuie pas sur la liberté de l’information par le marché régulé dans la Loi n’apporte aucun équilibre à la démocratie.

    3. Mais en l’occurrence en plus du pouvoir législatif, exécutif, judiciaire, n’y a t’il pas un pouvoir économique ou « le marché », d’autant plus autonome qu’il n’est pas « constitué », pas « nommé » en tant que tel. Il ne peut donc que se retrouver hors équilibre des autres pouvoirs.
      Comment faire pour que le marchand ne prenne pas le pas sur le citoyen?
      Bon sang, que me répondrait Aristote la dessus? 🙂

    4. @Arnaud,
      Aristote répondrait (évidemment, il n’est pas là pour confirmer) qu’il y a bien deux ordres différents d’une même réalité : le politique et l’économique. Le politique est le marché de la discussion des idées par quoi les citoyens échangent leurs fins pour pouvoir vivre ensemble dans la même réalité avec le minimum de conflit. Le politique crée la possibilité du vivre ensemble par l’accommodation des idées et des intentions. L’économique est le marché des objets matériels transformés par les idées. L’économique réalise le vivre ensemble en répartissant la matière dont les citoyens vivent. Chacun peut habiter dans sa maison et cultiver son champ sans détourner la matérialité attribuée à son voisin. Politique et économique sont des ordres distincts de rationalité qui se nourrissent l’un l’autre. Selon l’organisation que la politique donne au marché et l’activité que l’économique en produit, politique et économique se répondent plus ou moins bien à satisfaire les besoins humains.

  17. Analysis of the Global Insurrection Against Neo-Liberal Economic Domination and the Coming American Rebellion.

    http://www.zerohedge.com/article/guest-post-analysis-global-insurrection-against-neo-liberal-economic-domination-and-coming-a

    First Peaceful European Revolt, As Irish Tsunami Ends 60 Years Of Fianna Fail Rule Following Banker Bailout Fury

    http://www.zerohedge.com/article/first-peaceful-european-revolt-irish-tsunami-ends-60-years-fianna-fail-rule-following-banker

  18. Alors ça, c’est trop drôle ! A peine ai-je commencé ma lecture, en cliquant sur le lien puis en lisant le fichier PDF, je tombe sur un truc avec lequel je ne suis pas du tout d’accord. Je cite (le PDF) :

    Définissons le prix comme un nombre affecté à quelque chose par quelqu’un. Le prix est alors une parole par laquelle un sujet déclare qu’un objet vaut tant. La parole entendue fait la réalité du prix mais pas sa vérité. Pour qu’un prix soit vrai, il faut qu’il soit échangé contre l’objet avec un autre sujet. Deux sujets accordent alors le même prix à un même objet réel.

    La « parole entendue » ne fait rien du tout. Dans un marchandage, des dizaines de prix peuvent être entendus, et aucun retenu pour le prix final. La réalité du prix provient de l’échange final, mais celui-ci ne confère aucune « vérité » au prix. Il y a seulement des acteurs, et éventuellement des témoins, qui pourront dire que le vrai prix de tel échange a été X, et non pas Y, mais c’est sans intérêt. Il faudrait interroger les acteurs pour savoir si aucun n’a le sentiment d’avoir été trompé ou abusé. C’est seulement dans ce cas que l’on pourrait parler d’une « vérité du prix ». M. Sarton du Jonchay n’en disconviendrait pas, mais il fait dépendre cette vérité des informations en possession des acteurs, ce qui suppose un marché fort civilisé où les rapports de forces ne jouent pas.

    1. @Crapaud Rouge,
      Allons jusqu’au bout du raisonnement. Puisque le prix dépend d’un rapport de force, incluons systématiquement la société entière dans le rapport de force en imposant l’intégration de la Loi commune dans le prix. Dans un marché des changes mondial unifié régulé par la démocratie, le prix du bien commun se trouve dans la prime de change. Et ce sont les investisseurs internationaux qui achètent la prime de change pour réaliser une plus-value sur l’application de la Loi dans un régime juridique national identifié. 🙂

    2. « réaliser une plus-value sur l’application de la Loi dans un régime juridique national identifié » : j’entrevois ce que cela pourrait être, mais ça se présente à mes yeux comme si c’était le bout d’un tunnel à dix kilomètres ! En tout cas, merci pour la réponse.

    3. @Crapaud Rouge,
      Donc nous avançons. Mais il va falloir sérieusement accélérer si l’on veut économiser des vies humaines dans la guerre qui s’engage. Nous ne pouvons pas nous contenter de compter les morts dans les révolutions en cours en nous imaginant qu’elles se développent seulement derrière nos écrans…

  19. LES TEMPS CHANGENT
    version originale: Bob Dylan
    paroles françaises: Pierre Delanoë, Hugues Aufray

    Où que vous soyez, accourez braves gens
    L’eau commence à monter, soyez plus clairvoyants
    Admettez que bientôt vous serez submergés
    Et que si vous valez la peine d’être sauvés
    Il est temps maintenant d’apprendre à nager
    Car le monde et les temps changent.

    Et vous les gens de lettres dont la plume est d’or
    Ouvrez tout grands vos yeux car il est temps encore
    La roue de la fortune est en train de tourner
    Et nul ne sait encore où elle va s’arrêter
    Les perdants d’hier vont peut-être gagner
    Car le monde et les temps changent

    Vous les pères et les mères de tous les pays
    Ne critiquez plus car vous n’avez pas compris
    Vos enfants ne sont plus sous votre autorité
    Sur vos routes anciennes les pavés sont usés
    Marchez sur les nouvelles ou bien restez cachés
    Car le monde et les temps changent.

    Messieurs les députés, écoutez maintenant
    N’encombrez plus le hall de propos dissonants
    Si vous n’avancez pas, vous serez dépassés
    Car les fenêtres craquent et les murs vont tomber
    C’est la grande bataille qui va se livrer
    Car le monde et les temps changent

    Et le sort et les dés maintenant sont jetés
    Car le présent bientôt sera déjà passé
    Un peu plus chaque jour l’ordre est bouleversé
    Ceux qui attendent encore vont bientôt arriver
    Les premiers d’aujourd’hui demain seront les derniers
    Car le monde et les temps changent.

  20. Je ne comprends pas bien l’ensemble du texte, sinon qu’il décrit un système global de régulation, censé pouvoir s’appliquer à l’Europe.

    Je ne comprends pas bien cette phrase : « Si le capital disponible à la couverture des crédits à terme nominaux est jugé insuffisant par le marché, les parités des monnaies européennes en bancor baissent mécaniquement pour que les débiteurs restent solvables par la réévaluation de leurs actifs réels. »

    Je ne comprends pas bien comment on peut réguler quoique ce soit dès lors que les capitaux peuvent valser comme ils veulent d’un bout à l’autre de la planète.

    Je ne comprends pas bien comment le fait de fournir aux investisseurs des garanties juridiques et économiques, donc rentabilité et sécurité, les empêcherait d’en réclamer toujours plus.

    Problème de fond : producteurs et investisseurs devraient pouvoir compter les uns sur les autres, mais les seconds, ces paranoïaques, font payer toujours plus cher le prix de leur confiance et de leur engagement. Le bancor éviterait sans doute les crises d’insolvabilité, mais il n’empêcherait pas, me semble-t-il, que niveau de vie et protection sociale ne trouvent grâce aux yeux des investisseurs qu’à condition d’être rentables. Il faudrait d’abord les convaincre que la vie n’est pas rentable, qu’elle se termine toujours par le vieillissement et la mort.

    1. @Crapaud Rouge,

      La définition du bancor par un marché des capitaux régi par le droit européen est une chambre de compensation des mouvements financiers internationaux par le Droit. A partir du moment où il faut verser une caution juridique pour rentrer sur ce marché en tant que vendeur d’un bien réel ou acheteur de monnaie, c’est à dire emprunteur, aucun mouvement de capital n’est possible sans vérification préalable de l’application du Droit. Tout litige soulevé par l’acheteur d’un bien réel ou par le prêteur de monnaie est arbitré par l’intermédiaire de marché exclusivement dédié à l’équité du prix ou par le juge judiciaire de l’espace économique européen en cas de persistance du désaccord.

      Dans un tel marché régulé par le droit commun élu à l’origine de toute transaction par l’acheteur et le vendeur, la rentabilité reçoit une autre définition que la seule plus-value sur la vente du produit final. La plus-value est conditionnée par le versement d’une caution judiciaire (prime d’origination) suffisante pour couvrir toute erreur d’évaluation du produit final dans la chaine financière qui transforme le capital en crédit et le crédit en bien final concrètement livré à un acheteur. Dans ce marché, tout épargnant quelle que soit sa taille est acheteur d’égalité de droit avant d’être acheteur d’un bien réel à terme. La rentabilité n’est donc pas un calcul unilatéral de l’acteur financier le plus fort mais la plus-value réelle partagée entre l’acheteur et le vendeur de toute chose.

    2. M. Pierre Sarton du Jonchay, merci pour votre réponse. Il m’en faudra beaucoup d’autres pour comprendre, mais qu’importe, j’avoue que cette régulation semble prometteuse.

  21. Bonjour
    Comme j’étais en train de faire de la confiture d’oignons tout en lisant le blog de M Jorion , je me suis dit que je pourrais me méler des miens
    Sur le plan des techniques financières , je n’en suis pas aussi avisés que certains sur ce blog , je dirais que je suis comme le péquin lambda a essayer de comprende ce qui se passe à travers l’information que je peux glâner de ci de là .
    A travers ce que j’ai pu lire ,il me semble qu’au départ ce sont les financiers qui on fait marcher la planche a billet d’une manière virtuelle, a travers l’outrance des volumes d’argent spéculatif qu’ils engagent à travers le monde, sans réels contrepartie ,obligeant les états a la faire marcher effectivement.Il faudrait peut être remettre de l’ordre en commençant par les marchés a terme ou les déposites sont ridiculements bas ,puis dans les règles comptables de nos banques , en supprimant la règle des fair values ( voir les déclaration de Marc Fiorantino) qui a souvent des avis pertinents sur la question.
    Quand à l’Europe ,je la trouve née d’une d’une belle utopie , mais comme souvent les utopies versent dans le ravin………
    Je vous salue tous et vous souhaite de belles choses, je retourne a ma confiture , la vrai vie se touve dans les choses simples et surtout dans l’humanisme l’amitié en espérant que le chacun pour soit et dieu pour tous ne l’emporte pas.

    1. Faîtes attention , il y a des histoires d’oignons plus ou moins hollandais qui peuvent vous ramener aux affres de l’économie , à en pleurer .

    2. « Comme j’étais en train de faire de la confiture d’oignons tout en lisant le blog de M Jorion , je me suis dit que je pourrais me méler des miens »

      Enfin du concret !

  22. C’EST LE PRINTEMPS Paroles et musique: Pierre Perret (n’existe pas en vidéo)

    C’est le printemps
    Y a la tour Eiffel qui s’emballe
    Qui se penche sur le trou des halles
    Pour lui faire un jardin d’enfants
    C’est le printemps
    Deux escargots sur l’herbe tendre
    Qui copulaient depuis septembre
    Viennent de prendre le pied brutalement
    C’est le printemps

    1. oui mais surtout quand je ne me trompe pas de sujet au moment de poster…. désolé de ne pas poster plus constructif.

  23. « Le monde est incompréhensible. Le rôle des intellectuels est de le rendre encore plus incompréhensible. »
    Jean BAUDRILLARD

  24. objectionvotrehonneur dit :« Le monde est incompréhensible. Le rôle des intellectuels est de le rendre encore plus incompréhensible. »….
    J’ai un « truc » bête » pour échapper à cette vision » intello » :
     » J’imagine moi, mon égo, ma petite personne, occupée à m’agiter là, dans ma maison….puis « zoom arrière » comme sur google earth, j’imagine moi, mon égo, ma petite personne, occupée à m’agiter là, dans ma maison dans la rue,
    .puis « zoom arrière » comme sur google earth, j’imagine moi, mon égo, ma petite personne, occupée à m’agiter là, dans ma maison dans la rue, dans ma ville ( Bruxelles),
    puis « zoom arrière » comme sur google earth, j’imagine moi, mon égo, ma petite personne, occupée à m’agiter là, dans ma maison dans la rue, dans ma ville ( Bruxelles) dans la Belgique,
    puis « zoom arrière » comme sur google earth, j’imagine moi, mon égo, ma petite personne, occupée à m’agiter là, dans ma maison dans la rue, dans ma ville ( Bruxelles) dans la Belgique au beau milieu de l’Europe,
    puis « zoom arrière » comme sur google earth, j’imagine moi, mon égo, ma petite personne, occupée à m’agiter là, dans ma maison dans la rue, dans ma ville ( Bruxelles) dans la Belgique au beau milieu de l’Europe,et là…commencent à se dessiner les continents et la forme de la planète terre,
    puis « zoom arrière » comme sur google earth, j’imagine moi, mon égo, ma petite personne, occupée à m’agiter là, dans ma maison dans la rue, dans ma ville ( Bruxelles) dans la Belgique au beau milieu de l’Europe,et là…commencent à se dessiner les continents et la forme de la planète terre ,
    puis « zoom arrière » comme sur google earth, j’imagine moi, mon égo, ma petite personne, occupée à m’agiter là, dans ma maison dans la rue, dans ma ville ( Bruxelles) dans la Belgique au beau milieu de l’Europe,et là…commencent à se dessiner les continents et la forme de la planète terre
    puis « zoom arrière » comme sur google earth, j’imagine moi, mon égo, ma petite personne, occupée à m’agiter là, dans ma maison dans la rue, dans ma ville ( Bruxelles) dans la Belgique au beau milieu de l’Europe,et là…commencent à se dessiner les continents et la forme de la planète terre et le système solaire
    puis « zoom arrière » comme sur google earth, j’imagine moi, mon égo, ma petite personne, occupée à m’agiter là, dans ma maison dans la rue, dans ma ville ( Bruxelles) dans la Belgique au beau milieu de l’Europe,et là…commencent à se dessiner les continents et la forme de la planète terre et le système solaire et la galaxie qui le « porte »
    puis « zoom arrière » comme sur google earth, j’imagine moi, mon égo, ma petite personne, occupée à m’agiter là, dans ma maison dans la rue, dans ma ville ( Bruxelles) dans la Belgique au beau milieu de l’Europe,et là…commencent à se dessiner les continents et la forme de la planète terre et le système solaire et la galaxie qui le « porte » et les milliards de galaxies qui…
    et là… bon, je vous l’accorderai,…. c’est sans doute » l’absurde  » Belge qui permet de faire cet exercice….mais je me sens libérée de mon « petit » je…et je relie alors ce que vous nommez « le monde »…Y’en à un qui disait un jour…. »Vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut : vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde » et moi je re-dis, on a le monde qu’on se fait…;-)

  25. Tirade de « ouf « pour dire, » j’accepte entièrement le monde dans lequel je suis » mais aussi serai en première ligne si besoin pour lancer des cailloux 😉

  26. Bonsoir Pierre et merci pour votre réponse.

    Je me permets d’y répondre.

     » Le capital bancaire est ce qui garantit la valeur réelle de la monnaie émise par le crédit issu de l’État de droit ».

    En théorie certe mais il y a un hic. Quel est en % le montant des fonds propres des banques française par rapport à leurs encours? 5 % tout au plus. Oû sont les technocrates dans cette histoire? Elle est oû la garantie quand on sait en plus que les actifs pourris sont soigneusement cachés? Toutes nos banques sont en faillite imminente.

    Pour l’exemple, encours BNP: 1.830 milliards d’euros environ. Bénéfice annoncé pour 2010: 8,5 milliards d’euros soit: 0,46 % des fonds risqués. Magnifique rendement. No comment.

    Un drame se prépare à court terme avec le CREDIT AGRICOLE qui continue de miser beaucoup sur l’immobilier en rachetant systématiquement toutes les agences immobilières qui se présentent avec SQUARE HABITAT pour vendre son crêdit et influer sur le cours de l’immobilier à la hausse par nécessité.
    Tout le monde sait que le marché est surévalué (50 % par rapport à l’Allemagne). Cette bulle va éclater, ce secteur est tenu à bout de bras et il restera quoi comme garanties hypotécaires à cette banque? qui va couvrir ses pertes?

    j’arrête là pour la france pour parler de l’Irlande oû de nouveau ce pays connait une immigration forcée de masse. Les gens préfèrenr partir plutôt que de n’avoir comme avenir que celui d’un contribuable pressuré et ou de chômeur. La faute à qui?

    L’argent est quelque chose de beaucoup trop sérieux pour être confié aux lobbys des banquiers
    qui sont tous coupables de collusion. En 2008 BNP PARIBAS avait affirmé ne pas avoir besoin de l’aide de l’état et pour cause, la vilaine cachottière, elle avait préféré s’adresser en douce à la JP MORGAN pour combler ses trous! Belle leçon de patriotisme européen.

    La démocratie européenne a tout à craindre de ses banques, elles ont ruiné les états et maintenant elles raflent la mise avec leures consoeures non européennes et c’est à celle qui se goinfrera le plus avec la complicité des agences de notation.

    Vos efforts pour expliquer comment réparer le systême actuel sont louables, mais ce systême n’est pas réformable c’est la raison pour laquelle il faut l’empécher une fois pour toute de sévir.
    De ce système, NOUS N’EN VOULONS PLUS.

    1. Bonjour Marc,

      Vous confirmez que les modèles conceptuels sous lesquels fonctionne actuellement la finance sont déconnectés de la réalité durable. Si à l’instant présent les représentations que nous avons de la finance permettent aux acteurs financiers d’agir sur notre réel, nous savons comme tous les financiers qui agissent dans la réalité et pas dans les modèles que le système est mort. Cela signifie qu’il ne peut plus dire ce qu’il fait ni faire ce qu’il dit. La finance, la monnaie et la conceptualisation de l’économie sont partis dans un sens pendant que la réalité humaine est partie dans un autre. Si nous voulons vivre consciemment en sachant ce que nous faisons, il faut donc bien proclamer clairement votre conclusion : de ce système, nous n’en voulons plus !

      Mais tout système n’est jamais que ce qu’il y a dans nos têtes humaines. Récuser un système, c’est en proposer un autre pour structurer la pensée de nos actions. Sinon nous continuons à ne pas faire ce que nous disons et à ne pas dire ce que nous faisons. Sans système alternatif, nous restons prisonniers du régime actuel de la spéculation qui produit des modèles pour masquer la vraie réalité. En redéfinissant les concepts fondamentaux de capital, crédit, monnaie, responsabilité politique, droit, prix, démocratie et marché je reste effectivement dans une spéculation qui paraît se contenter de réparer le système. Mais il faut reconsidérer la notion de marché et la voir autrement que dans son acception actuelle. Si le marché intègre les systèmes, contrairement à la situation actuelle où quelques acteurs captent le marché dans leur propre système, on change d’univers au sens philosophique et mathématique du terme.

      Le marché commun international d’option consiste à offrir à toute personne physique identifiable et responsable le choix de son système à la seule condition qu’il soit réalisable sans nuire à la liberté de choix des autres. Réalisable signifie que la finalité d’un système négocié dans le marché est d’être réalisé pour produire des effets pour son acteur et tous les acteurs qui l’échangent librement. Le nominal d’une option encapsule tout système dans la réalité négociable. La négociation de la prime d’option sur un marché transparent à toute société engage l’acheteur à assister le vendeur à réaliser le système formulé dans le nominal. A l’échéance de l’option, il devra y avoir un acheteur du nominal au prix signalé au marché. Sans quoi, l’acheteur de la prime devient propriétaire de la production du système même si elle est vide. L’acheteur de la prime est engagé par le marché à restituer la monnaie d’un système qui ne représente pas la valeur annoncée dans le prix nominal d’origine.

      Dans un marché universel d’option, les systèmes politiques, économiques, philosophiques, religieux ou financiers ne peuvent plus être la réalité ultime que personne ne puisse dépasser. Tout système devient dépassable par la simple réalité concrète. Il suffit qu’un investisseur informé par le marché de tous les systèmes inventés par les hommes croit au système particulier dont il achète la prime pour devenir garant de sa réalisation. Un marché multinational d’égalité de droit de toute personne met la responsabilité humaine au-dessus de tout système. N’importe qui achète ce qu’il veut du moment qu’il en paie le prix en intégrité de l’autre et en réalité concrète sous-jacente à la monnaie reçue. Le marché-même d’option en bancor est l’étalon de la monnaie qui représente le choix de toute personne de transformer la réalité pour une autre personne égale en dignité à elle-même.

      Par personne, il faut entendre l’entité nommée comme sujet de droit qui est soit un individu physique soit une collectivité de 3 individus à l’humanité entière. L’internationalité du marché du bancor est ici fondamentale. Elle instaure l’égalité de droit entre chaque individu et toute société intermédiaire fût-elle un empire. L’égalité de droit mondialisée ne réalise pas instantanément la démocratie ni la justice mais crée les conditions de leur émergence. Toute puissance qui n’agit pas ouvertement sur le marché du bancor se désigne comme ennemi de tous les autres réunis par l’économie multinationale de marché . La réalité ne peut plus être capturée par un système d’irresponsabilité. Tout ce qui ne se dévoile pas sur le marché financier de l’option pour être garanti par une réalité universelle est potentiellement de la cupidité dont la démocratie peut exproprier le produit par la fiscalité.

      Les conséquences du marché d’option nous sont difficiles à concevoir à cause de notre mode de pensée systémique. Nous voulons absolument prévoir la réalité future par nos décisions. Si nous n’acceptons pas personnellement les limites réelles des modèles par quoi nous appréhendons notre réalité, alors nous nous enfermons dans nos systèmes que des minorités s’ingénient immédiatement à manipuler à leur profit exclusif. L’individualisme systémique est la clé de notre esclavage. L’intelligence de l’autre est la certitude de notre liberté.

  27. @ PSDJ
    Permettez que je resserve un commentaire vieux de plusieurs mois sur ce même blog. Il me semble qu’il y a une certaine convergence:

    « Je suis à peu près convaincu, même si ce n’est pas ma tasse de thé, que Marine le Pen virera en tête au premier tour de la présidentielle de 2012. Qui l’affrontera ( ; ) ) pour le second tour dépendra de la multiplication des candidatures à gauche, au centre et à droite. Ensuite ?
    Le point qui m’intéresse aujourd’hui, dix huit mois avant ce type d’échéance, est l’anteaction (le contraire de rétroaction) que cette perspective devrait impacter sur les politiques de l’Union Européenne, sur la relation franco-allemande et sur l’avenir de l’Euro.
    Une sortie de la France de l’Euroland (programme du FN), que je ne souhaite pas, soyons clairs, ferait bien évidemment capoter ce dernier mais aurait une conséquence extrêmement fâcheuse pour la RFA. L’Allemagne exporte massivement en Europe parce qu’elle bénéficie d’un très gros avantage par rapport aux autres « insiders » : il y a un taux de change fixe, l’Euro, qui étrangle les exportations des autres membres de l’Euroland vers la RFA et favorise les exportations de cette dernière vers eux. C’est un état de fait, et je ne discute pas s’il résulte d’une bonne gestion de l’une contre une mauvaise gestion des autres ou bien d’un « dumping » social de l’une au détriment des autres, puisqu’il doit bien y avoir un mix de tout cela dans le cocktail Molotov qu’est l’Euro aujourd’hui.
    Il semblait que l’avantage économique et commercial de l’Allemagne était compensé par l’accès à des taux d’intérêts « allemands » bas pour les autres membres de l’Euroland. Le non soutien solidaire de la RFA a mis fin à cette illusion et je ne vois pas quel avantage ces derniers ont à rester dans un système qui les garrotte jusqu’à ce que mort finisse par s’en suivre… On se dirigerait donc vers des dévaluations compétitives au sein de l’actuel Euroland. Ainsi l’Allemagne n’est-elle pas en train de scier la branche sur laquelle son économie et sa puissance sont assises ?
    Une solution alternative, comme une sorte de moyen terme, serait une forme de Bancor au sein de l’Euroland avec l’avantage de préserver des acquis de la construction européenne et l’inconvénient de ne satisfaire aucune des ambitions nationales de ses membres dont l’Allemagne en tout premier lieu. »

    1. @Eole,
      Les données du problème n’ont toujours pas changé. Les contradictions de la construction européenne sont toujours là dans un euro dont la valeur ne résout les problèmes de personne. Si l’Union se dote d’une monnaie commune (Zebu l’appelle bankeuro) à coté de sa monnaie unique, il devient possible d’évaluer objectivement à travers la prime de change de l’euro et la prime de crédit des Etats membres de l’euro le prix collectif et individuel de l’euro ou des monnaies nationales des pays qui ne trouvent pas leurs comptes dans l’euro. En connaissant le prix de ce qu’on veut, on trouve les moyens de le réaliser et on révèle ce qu’on ne veut pas…

  28. La théorie psychanalytique nous prouve que nous sommes surtout capable de faire ce que nous ne disons pas.

    1. Dans un genre voisin , La Rochefoucauld écrivait :

      Nous promettons selon nos espèrances et nous tenons selon nos craintes .

      1. Ce pourrait être le mot de la fin .

        Ou du début , dès que le trouillomètre aura atteint le point d’ébullition .

    2. quand à la pratique taoiste, elle dit à propos des politiques: ils ne font pas ce qu ils disent mais ils ne disent pas ce qu ils font. sauf nicolas bien sûr. mais peut-être sous-estime-t-on son impact..

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