PLAN DE SAUVETAGE DE L’EUROPE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Définition du prix

Définissons le prix comme un nombre affecté à quelque chose par quelqu’un. Le prix est alors une parole par laquelle un sujet déclare qu’un objet vaut tant. La parole entendue fait la réalité du prix mais pas sa vérité. Pour qu’un prix soit vrai, il faut qu’il soit échangé contre l’objet avec un autre sujet. Deux sujets accordent alors le même prix à un même objet réel. Mais l’échange entre deux opère une compensation du risque de vérité du prix de l’objet. Pour le vendeur du prix, le risque est que la valeur représentée dans le prix ne soit pas la valeur réelle de l’objet à recevoir. La valeur est une perception distincte de la réalité objective concrète. Pour l’acheteur du prix, le risque est que l’objet décrit en parole dans la négociation financière ne soit pas exactement l’objet réel à produire.

Si le crédit est la confiance que l’acheteur et le vendeur peuvent s’accorder réciproquement dans la double équivalence entre eux du prix et de l’objet réel, alors le crédit est réel par l’échange de l’objet contre le prix. Mais il n’est pas vrai : l’acheteur peut découvrir après la négociation que la valeur de l’objet est en dessous de celle du prix et le vendeur que la valeur du prix est en dessous de l’objet cédé. Pour que le crédit du prix soit vrai, il faut qu’un troisième sujet constate que le sens du risque de la réalité du prix et de l’objet est dans le même sens pour l’acheteur et le vendeur. Faute de quoi, l’échange ne crée par de valeur égale entre l’acheteur et le vendeur puisque l’un risque de perdre ce que l’autre va gagner.

L’échange de l’objet contre le prix réalise le crédit à la condition de l’égalité de l’acheteur et du vendeur devant le risque de non-vérité du prix ou de l’objet. La vérité du crédit par l’égalité au risque n’est réalisé que dans le régime politique de la démocratie, le régime de l’égalité des droits à la valeur des objets échangés. Pour que la réalisation de l’égalité soit un effet durable au-delà de l’instant d’une négociation, il faut que la société délègue une personne auprès de l’acheteur et du vendeur. L’intermédiaire du prix constate l’existence simultanée de l’objet et de l’accord entre l’acheteur et le vendeur, la permanence du prix entre l’origine du crédit et la livraison effective de l’objet et la soumission de l’offreur et du demandeur à une loi identique de définition du prix et de l’objet.

Refondation de la démocratie

La mondialisation produit des échanges entre des sujets de lois différentes sans intermédiaire de marché dédié à la réalisation de l’égalité entre l’acheteur et le vendeur. Il en résulte une guerre entre les États intermédiaires de la Loi et les institutions financières intermédiaires du prix. Le conflit porte sur le contrôle de l’objet du prix. Pendant que les États se combattent sur une définition commune de l’objet de valeur, les intermédiaires financiers jouent sur les prix différents d’un même objet entre des espaces juridiques disjoints. Le prix de la valeur des objets négociés n’est pas compensé dans la même réalité commune à des États distincts.

La crise actuelle révèle l’inégalité radicale entre l’acteur financier placé au-dessus des lois nationales et l’acteur du réel nécessairement soumis à l’obligation du prix objectif réalisable. Par cette inégalité devant la réalité, le système financier est parvenu à asservir l’État de droit divisé dans ses nationalités par des dettes non remboursables. La parade à la destruction financière de la possibilité de la démocratie est le projet de marché commun multinational de l’Union Européenne. En créant un marché financier commun de l’objet universel du prix, les démocraties nationales européennes peuvent produire un étalon monétaire de la valeur qui soit la relation stable entre la réalité, la définition de l’objet dans une légalité commune à toute société et le prix unitaire. La monnaie commune de la démocratie serait le prix universel de tout objet négociable dans la monnaie de n’importe quel pays dont les citoyens soient effectivement engagés dans la valeur économique de l’égalité des droits.

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58 réflexions sur « PLAN DE SAUVETAGE DE L’EUROPE, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Sarton.
    Rappelez-moi de vous donner des cours sur l’analyse de la valeur, un de ces 4.

    Un des dictons de ma profession :  » Cela coûte-t’il ce que ça vaut? »
    Un autre dicton utile :  » A qui profite le crime? »

    Je vais vous faire une confidence qui ne devra pas sortir d’entre nous. Nous sommes seuls..
    Vous devriez réfléchir à une inégalité contrôlée.
    Ces propos n’engagent que moi…

    1. un exemple cher YVAN

      un livre de Mr Jorion pèse pas lourd (pois du papier )sa réflexion comme d’autres écrivains pourtant n’a pas de prix ..
      Cette habitude inculquée des l’école que tout a un prix est devenue une religion obscène ,inhumaine et en plus ceux qui en sont la base (banques) créent ce papier monnaie ,c’est dingue..

    2. L’inégalité controlée c’est le coup de génie de J. Rawls, d’une certaine manière.
      La question est alors: quand est ce qu’une distribution inégale est équitable, i.e. préférable à une distribution égale, et donc parfaitement légitime?

      Les inégalités en dotation en biens premiers sont équitables si,
      1/ les principes d’égale liberté et d’égalité équitable des chance sont respectés (c’est déjà extrêmement contraignant en fait)
      2/ tant qu’il n’existe pas une autre distribution possible des « biens premiers » (avoirs, temps, santé, estime de soi…) qui bénéficierait davantage au groupe le plus défavorisé de la société.
      (On retrouve ici une interprétation de la justice « comme avantage mutuel »)
      On pourrait peut-être même essayer de déduire tout ça de vos deux dictons.

      Le plus beau c’est qu’il essaie de prouver qu’aucune théorie fondée sur une interprétation de la justice « comme impartialité »,et qui serait absolument neutre du point de vue métaphysique ne peut soutenir autre chose que ça, la position originelle étant précisément conçue pour ne laisser « aucune excuse », ce qui en fait une des très rares conceptions mixtes de la justice, et qui plus est relativement cohérente (impartialité+avantage mutuel). Un exemple de forme pure de la justice comme impartialité, c’est l’utilitarisme par exemple. Un exemple pur de la justice comme avantage mutuel, c’est Aristote, Hobbes ou Gauthier, quoique chacun à leur manière.

  2. Définir le prix ( d’un bien, service, d’un animal…, veut seulement dire qu’il est donné par le marché (loi du), issu de la confrontation de l’offre et de la demande !
    Tout prix « décrété  » Le prix est /ou doit être fixé par le désir humain (essence de l’homme). Une bouteille de vin du Jura s’est négociée à 57000€. Certains ont plus soif que d’autres !

    1. Je savais vous interpeler sachant que vous ne devez pas connaître l’URSS.

      Soit, un pays qui a décrété que les ingénieurs devait gagner 2 fois plus que les ouvriers.
      Et pourtant, ils étaient heureux de cela.

      Ca gène nos élucubrations, non..???

    2. merci Mr SDJ
      Tout est contrôlé,les vidéos caméras,internet,vos achats en surfaces,vos déplacements,de la naissance à la mort vous êtes sous contrôle..
      Les critères Mr de SDJ sont aussi sous contrôle.
      amicalement

  3. Mais enfin, PSJ, le marché mondialisé est un théâtre ! Voilà des lustres que le grand économiste Victor Hugo a répondu à vos interrogations : « Le théâtre n’est pas le pays du réel : il y a des arbres en carton, des palais de toile, un ciel de haillons, des diamants de verre, de l’or de clinquant, du fard sur la pêche, du rouge sur la joue, un soleil qui sort de dessous la terre. C’est le pays du vrai : il y a des cœurs humains dans la coulisse, des cœurs humains dans la salle. » CQFD 🙂

    1. vois oubliez que c’est les MARCHANDS qui font les LOIS,regarder les conditions générales de ventes et en tout petit les garanties….
      L’objet est prévus à durée déterminée pour être remplacé très vite..
      Je me paye une super carte 3D pour les jeux,elle fonctionne pas,la réponse du vendeur « Désolé c’est pas nous qui la fabriquons »la garantie faxée au Fabriquant ,pas de réponses .
      Vous avez déjà affaire aux Banques qui décident pour vous et on parle des LOIS ???
      Bien sur les Lois naturelles sont appliquées tu ne tueras point etc etc,un exemple appliqué pour permettre toute les dérives pardonnées et décorées..
      La magistrature ,larbin au service de la répression des faibles se révolte ,à mourir de rire.
      Personne fait confiance à leurs jugements en faveur de certain,Mr le Président ,honneur et respect ,le comprend très bien en homme intègre ..

    2. le marché mondialisé est un théâtre

      mais pas au sens hugolien !
      Le théatre – le décor suggère – mais dans le jeu des -bons – acteurs, il y a du don …et un jeu d’autant plus « fort », vivant, porteur de sens, que le comédien se sent « porté » par les spectateurs, que « cela » ( non quantifiable ) » passe » …ainsi, le comédien va chercher au fond de lui (elle), toute la gamme des sentiments humains, du plus vil au plus héroïque, du plus ardent au plus doux, léger, nuancé …bref, le comédien, dans son décor « artificiel », mais ô combien réussi, lorsqu’il n’est pas du « comme exactement », mais laisse libre cours à notre imaginaire – donc oeuvre en soi-, porte et transmet tout ce que l’humanité porte en elle, et nous relie aux origines du monde, à nos lignées d’ancêtres, à ce qui fait civilisation …tout en nous laissant totalement libre de notre propre interprétation …
      En cela, le théâtre est l’opposé de la grande manipulation du marché mondialisé : ni le don, ni l’humain, ni la liberté, ni le sens n’y trouvent leur place ! Si c’était du théâtre, ce serait du trés mauvais théâtre en vérité !
      Il y a là confusion entre Shakespeare, Corneille, Racine et jeux de rôle …ou, si vous préférez
      Rabelais, Balzac, Zola ..et atelier d’écriture !
      Marchandisation et culture : voilà le pire contre-sens de notre époque …ou, comment la culture occidentale meurt ! Les autres cultures du monde aussi, si elles n’y prennent garde ! les marchés s’en foutent !

  4. Bravo: lisible ( sans carnet à usage unique pour le décryptage !)
    Vous pouvez faire confiance à l’étalon qu’est le type qui sort
    de l’usine à 17h: c’est compréhensible.

    Sur la forme, encore: « l’acheteur du prix » . N’employez-vous pas
    une forme incorrecte ? ( dont j’ai oublié le nom,
    sur le modèle « ce sabre est le plus beau jour de ma vie » .)
    Restons simple: le prix est attaché à l’objet. Ce prix est une abstraction
    tant que l’échange n’est pas réalisé. Il médiatisera l’accord
    entre vendeur et acheteur. L’acheteur, par exemple une ménagère
    au marché du Jeudi de la place Jean Jaurès, a besoin d’un objet,
    par exemple des oranges. Elle cherche des oranges au meilleur
    prix pour une quantité de l’ordre du kg. Elle va lire les étiquettes
    de prix sur les bancs de vendeurs de fruits et légumes et se livrera
    à des calculs compliqués. Son choix arrêté, elle achètera les oranges
    et les payera du prix annoncé par le vendeur, concluant ainsi
    un contrat de vente implicite entre 2 parties.
    Il important de comprendre qu’elle a acheté un objet marqué d’un prix.
    et non un prix attaché à un objet.

    Sur le fond, je comprends bien que le commerce est important.
    Après tout, depuis que la charrue et le soin à donner aux bêtes
    n’est plus un souci de tous les instants pour l’immense majorité
    de la population, nous sommes tous des consommateurs intensifs;
    Et nous sommes obligés de nous frotter à ce (maudit) commerce.
    Gagner sa vie en remplissant un compte en banque et vider
    ce compte en banque pour vivre est une nécessité, sauf retour
    à l’autonomie et à l’autarcie.

    Mais, mais bon, il y a une montagne de mais. Deux au moins à dire:
    1)
    Il y a des nécessités de toute nature dont on ne parle pas.
    Celle-ci, ce (maudit) commerce, pourrait en faire partie.
    On pourrait appeler cette abstention « pudeur économico-sociale »…
    Elle en vaudrait bien d’autres.
    2)
    L’ Europe qui nous est imposée est finalement une construction
    juridique dont l’élément principal est le Commerce.
    ( de la production aux banques en passant par les normes…)
    Le marqueur de cet état de fait est la partie économique du TCE
    ou de son calque-avatar de Lisbonne ( très peu de changement entre les deux.)
    Et c’est un piège ou un carcan.
    Une Société ne s’arrête pas et ne se définit pas par ses moyens de production et d’ échange. (Marx dit le contraire…) Tout ceci relève d’une préoccupation de boutiquiers que l’on peut à bon droit mépriser ou négliger.
    En fait je ne désire pas que ma vie soit occupée ou envahie par cela, ce « commercisme », à l’exemple des dictateurs imposant aux moyens d’informations de commenter à l’infini leurs faits et gestes.
    Une Société pourrait se construire sur la culture, l’entraide ou l’exigence
    de « Liberté, Egalité, Fraternité ».
    La liste est suffisamment dense pour occuper une vie sans que jamais la mouche du coche du « commercisme » n’apparaisse en propre.
    Il nous serait ainsi évité la honte d’organiser la libre circulation
    des capitaux « quoiqu’il arrive » alors que des Hommes ne disposent
    pas de cette même liberté. Je pense aux Roms, fixés à leur lieu
    de résidence comme les serfs du Moyen-Age l’étaient sur la terre attribuée
    par le seigneur, ou aux milliers de jeunes hommes , femmes et enfants
    qui meurent en tentant d’atteindre nos rivages.
    C’est un bon symbole du « commercisme » : la prédation
    organisée des capitaux voyageurs et simultanément le déni de liberté
    imposé à une partie de notre humanité, fondé sur l’absence de capitaux.

    Quand une construction juridique arrive à de tels errements a-humains
    ou in-humains, même potentiels, on est en droit de se dire que
    l’ensemble de la chose est marquée d’une corruption,ou d’une fêlure, fondamentale.
    Il n’est donc pas étonnant que des détails soient , eux aussi,
    marqués par la non-fonctionnalité ou l’inadéquation.

    [ J’ai hésité. Ne vous méprenez pas. Vos réflexions sont importantes
    et mes vagissements ne sont pas en opposition avec la recherche
    de « la valeur économique de l’égalité des droits ». ]

    1. Que sembles-tu connaître à l’achat, Daniel.

      Serais-tu comme tous les pauvres cloches humaines qui ressemblent à ce directeur commercial qui m’a dit ouvertement qui pour acheter, il fallait qu’il ban… ..???
      Plus compulsif, tu meures.

      Mais… si nous n’étions pas convaincu d’avoir raison, nous nous flinguerons, par trop de réflexion.

      Et c’est là que le commercial utile à outrance la faille de la certitude bovine.

    2. Cher Daniel,
      Permettez-moi de vous répondre avec brutalité. Il faut que ce que nous disons (disons et pas disions) ait un sens. Sinon nous ne sommes que des animaux et il est tout à fait logique que nous soyons traités comme tels. Vous avez totalement raison :

      Il important de comprendre qu’elle a acheté un objet marqué d’un prix.
      et non un prix attaché à un objet.

      Mais cette proposition ne doit pas avoir sens. Elle nie notre existence sociale de relation à l’autre. L’objet marqué du prix est une affirmation de l’individu qui s’attribue l’exclusivité de l’objet. Dans mon intelligence à moi, je forme et je choisis un objet à quoi je donne un prix. Synonyme de prix non attaché à un objet : prédation. Le prix non attaché à un objet est une négation de l’autre et de la société. Le prix n’est pas seulement un nombre mais la matérialité de l’échange avec un autre sous le regard d’une société. Si le prix est subordonné à l’objet sans que l’objet soit subordonné au prix, cela signifie que celui avec qui j’échange n’est qu’un objet que je manipule à ma guise hors de toute société qui n’a rien à dire.

      Le prix objectif égal en valeur à l’objet est la preuve de la civilisation. Si le prix est subordonné à l’objet, c’est la barbarie ! La guerre froide de tous contre tous. Si nous en doutons encore dans la crise actuelle, c’est que nous sommes vraiment des bêtes ! Dans la civilisation, celui qui joue avec le prix d’un objet d’humanité est un criminel. C’est la raison pour laquelle toutes les civilisations ont interdit le jeu sur les prix, c’est à dire le pari gratuit sur le prix d’un objet qui puisse être réellement échangé.

      Quand l’Occident savait encore ce qu’est la civilisation, « commerce » signifiait échange de gratuité (co = avec, merci = gratuit). Le prix était donc la reconnaissance sans contrepartie du désir de l’autre dans l’objet échangé. Le prix, pur nombre métaphysique sans matérialité physique, était la gratuité de la présence de l’autre dans l’objet vendu ou acheté. Le prix égal à l’objet était le signe d’une justice humaine, le signe d’une égale dignité entre les personnes en échange. Le marchand intermédiaire du prix représentait le bien commun de la société qui affirmait l’égale valeur de tous ses membres. Le marchand instigateur du prix juste entre l’acheteur et le vendeur représentait l’intérêt réel de la société à la vie de toute personne.

      Désolé d’employer des mots aujourd’hui vide de sens. Il fut un temps où l’on parlait pour dire quelque chose qui vienne de soi et qui était donné gratuitement à l’autre. Aujourd’hui la parole ne sert que l’intérêt de celui qui la prononce. Le prix de la parole est strictement individuel. Le prix est identique à l’objet qui n’est que matière à remplir le vide intérieur de l’individu. Le sujet n’existe plus. L’être humain est un atome de vacuité. Et le verbe n’est que spéculation.

      ÇÀ SUFFIT ! La guerre est là et explicitement déclarée. D’un coté les zombies qui jouent avec les prix et qui parlent pour jouer avec les prix. De l’autre, les humains qui construisent une civilisation. Douter de la nécessité d’interdire les paris sur les prix par une monnaie universelle, c’est se mettre dans le camp des zombies. C’est s’intéresser à la monnaie qui n’a pas de sens pour produire de l’inégalité. C’est capter le sens commun des mots pour nier l’existence de l’autre et utiliser l’humain.

      Cette guerre est une vraie guerre qui fait des morts. Elle est asymétrique, donc inique, donc génocidaire. Tout le pouvoir, toute la force et tout le matériel de guerre est du coté des zombies. Les humains n’ont aucune chance. Les humains sont des personnes physiques, des êtres vulnérables qui dépendent de la réalité pour vivre. Les zombies sont des bits d’information ; ils sont partout, nulle part et totalement invisibles. Sur le papier de la rationalité, les hommes ont perdu la guerre qu’ils jouent. La guerre est faite pour tuer et elle tue ; et nous n’en sommes qu’au début !

      Il n’y a qu’une seule manière de vivre qui est risquée : ne pas jouer avec la raison et parier sur la réalité de l’homme qui n’est pas zombie. Une seule voie : le marché qui matérialise la raison humaine imparfaite par la monnaie. Donc le marché qui identifie les personnes physiques ; incarne l’État de droit entre les humains ; représente la force publique ; intermédie le prix du droit entre les nationalités ; établisse le prix négociable des gouvernances nationales ; garantisse la valeur des objets vendus ; livre la réalité tangible à la confiance des acheteurs. Ne pas poser la définition réciproque du marché par la monnaie, de la monnaie par la société de droit et du Droit par le marché, c’est choisir le camp des zombies. Homme ou zombie ?

      Désolé, je suis en colère ; la révolte des Égyptiens et des Tunisiens me touche.
      Le texte complet du plan de sauvetage.

    3. Pierre,

      Ça fait du bien non ? Et à moi aussi !

      Bon, je n’ai pas le courage de lire tout votre programme, mais j’ai je suis maintenant sûr qu’il part d’un bon sentiment.

      Ne lâchez rien,

      Bonne journée

    4. « Il fut un temps où l’on parlait pour dire quelque chose qui vienne de soi et qui était donné gratuitement à l’autre. »

      C’est peut-être, voire certainement, les paroles les plus sensées que j’ai pu lire sur le blog.
      Les psychologues ainsi que leurs manipulations devraient être bannis de la planète.

    5. Ceci écrit, Pierre, la vulgarisation (que je pratique AUSSI en assoc) ferait bien de ne pas se trainer le boulet de sa racine étymologique.

    6. Yvan:
      Votre question n’est pas abstraite et
      je ne peux répondre que par mon expérience personnelle.
      La réponse est: rien. Je ne connais rien de « çà ».
      Je ne veux pas participer à cet aspect du monde .
      Je n’achète que l’essentiel, contraint et forcé.
      Et cet essentiel correspond exactement à ce que je peux
      me permettre de dépenser.
      Mais j’ utilise une partie non négligeable de mon énergie à « récupérer »
      puis adapter à mes besoins incertains du moment et finalement rejeter,
      ( sauf le PC évolutif au gré des poubelles, toujours sans le son et par d’ailleurs malade;
      le mettre en route demande de la patience.)

      Faudrait qu’un jour, je vous parle d’une théorie de vie
      que j’expérimente depuis 35 ans environ que je nomme
      le minéabilisme ( de minable): le « matériel » est, ou indispensable
      à la vie, ou inutile. Posséder outre que de besoin, c’est minable.
      c’est s’assimiler à un objet minable.
      Il va de soi que la barre utile/inutile peut être placée
      arbitrairement aussi bas qu’on le souhaite.
      Et on peut, pour ne pas avoir à lutter contre la tentation,
      se restreindre dans son revenu.

      Pour finir, je vous préviens que je guette votre prochain hors/or !

      Très cher Pierre:
      Une réponse sérieuse demanderai une réflexion dont je suis incapable
      actuellement. La lecture de « MonnaieDemocratie.pdf  » va déja me demander
      plusieurs jours.
      La votre témoigne d’une colère compréhensible.
      Et je m’en veux de l’avoir provoquée.
      Je vous assure que pas grand’chose nous oppose quant au constat
      primitif, et à gros traits, de ce qui ne va pas.
      J’imaginais que vos réflexions et propositions se plaçaient naturellement
      dans le cadre existant. C’est ce cadre que je récuse de toutes mes forces.
      Je préfère la méthode de Paul: ce cadre existe, feignons de le garder
      mais trouvons le grain de sable qui le fera exploser.
      Car une réduction de 80% de cette corruption que sont les pratiques
      financières est une implosion qui vaut disparition.
      Bien entendu, une reconstruction sera nécessaire, et vos propositions
      s’y insèrerons, du moins vous pouvez le pensez.
      Je peux aussi l’espérer, mais cette forme de table rase me laisse
      dubitatif. Instinctivement, je sens que la base du succès repose
      sur une immense destruction (genre 39-45) que personne raisonnable
      ne peut désirer.
      80% du personnel de la finance sera à réorienter ou atteler à un travail socialement
      utile: l’évolution sera lente sauf catastrophe.

      Il y a aussi un point de vue, qui m’a guidée dans ma réaction à votre
      article, celui désirant que la finance, le pognon, et le « commercisme »,
      base actuelle de l’Europe des traités restent contingents.
      Non pas secondaires, mais faisant partie d’une ‘intendance’ dont nous
      serons toujours exclus.
      Bien sûr, j’ai tord de croire à une exclusion implicite, et ce que
      je désire l’assure automatiquement. J’ai des difficultés à lutter
      contre mes préventions.

      A vous lire, j’ai l’impression que ces préoccupations vous investissent
      à l’excès, sans voir que la base est pourrie ou maligne.
      (je n’avais pas connaissance de « MonnaieDemocratie.pdf  » )
      L’Europe -dans le droit fil des anglo-américains- nous impose des « paradigmes »,
      ou des points de vue mais plus sûrement des pratiques
      qui sont étrangers à une France de tradition plutôt terrienne ou paysanne
      et plus récemment industrielle. ( Europe continentale vaut bien France)
      Croire que le modernisme serait là est une erreur.
      Ma conclusion est que le fait d’acheter ou de vendre ne peut
      en aucune façon participer d’une socialisation ou d’une forme
      quelconque de démocratie. Acheter, faire commerce
      est sale et malséant; c’est une nécessité malheureuse.
      La seule chose qui vaille, c’est le don et la neutralité, l’empreinte
      la plus faible possible. Il reste aussi défendre la (social) démocratie:
      agir en bon citoyen et participer selon ses moyens.

      Deux ou trois choses m’obsèdent quand le sujet est le pognon:
      la différentiation qu’il impose,
      -Garantie par traité de liberté, lui et son possesseur,
      ou assigné à résidence ou mort si la victime n’en a pas-
      La mort, réelle ou civile, au moyen de papier est inacceptable.
      Enfin, je m’étonne du silence des gens bien sur les sujets de la désindustrialisation,
      du chômage et du déficit de nos comptes export/import pour des objets courants.
      Ces trois sujets sont liés et mériteraient qu’ils soient analysés sous tous leurs
      aspects.
      J’insiste: le chômage détruit notre société. C’est un mal aussi percutant
      que la basse finance. J’ai l’impression que le chômage est la création
      passive des biens des égoîsmes, dont celui des écologistes extrémistes.
      Il nous faudra toujours de l’habillement, des brosses à dent, des casseroles
      et des moyens et matières premières pour se loger: à part le béton -et encore-
      ce sont des objets que nous importons au prix du chômage.
      La lutte contre la finance n’en dit mot et n’y peut presque rien.

    7. COucou,

      J’aime beaucoup quand vous vous mettez en colere Mr du Jonchay.

      Les zombies uniquement des bits informatiques?
      Qui se cache derriere ces zombies ?
      Les ploutocrates qui nous gouvernent ?
      Les etats nations et la raison d’etat ?
      Les dirigeants des multi-nationales ?
      Les fonds de pension ?
      les assurances vies ?
      Les dirigeants de banques ?
      Louise-michel ?

      Des maitres et des esclaves ?

      Je me souviens d’un article de jean louis gassée, ancien dirigeant d’apple et parti faire le zombie dans la silicon vallée .
      Il parlait de l’eau et de la conception. Opposait l’eau , le travail de fabrication delegué à la Chine et aux petits chinois, au travail de conception. Son article m’avait choqué. J’espère qu’il a tout bouffé avec le krak et qu’il fait la plonge dans bouge pourri; qui’il produit de l’eau, qu’il sue et qu’il pue !
      Un promoteur d’usine sans ouvrier.
      Un monde parfait: un monde de zombie.

      Une conception du monde. Peut-être.

      Bonne journée

      Stéphane

    8. @PSJ, faite tout vos articles ainsi, vous êtes suffisamment raisonnable pour que votre colère ne vous dépasse pas et même si vous regardez avec un peu d’angoisse les messages qui suivent de peur d’être mal compris (… 🙂 ) ou de ne pas être impartial, c’est de toute façon impossible

    9. @Daniel,

      Merci de votre réponse de sympathie profonde. Elle est gracieuse et non gratuite.
      J’y découvre que vous avez la tentation de la table rase. Je le comprends fort bien mais crois que c’est une illusion. Quand nous nous trouvons en contradiction avec nous-mêmes, nous n’en restons pas moins nous-mêmes. J’emploie le « nous » à dessein, car chaque personne contient la société dont elle vit même quand cette société est hautement critiquable. Or il me semble justement que par le commerce des options il existe une démocratie réelle qui permette de convertir le prix en valeur. Si le prix est négatif, il peut être comblé par la prime d’une société qui offre toujours le prix du rachat. Vous devinez qu’il ne s’agit pas là d’une spéculation financière à découvert.
      Suite de ma réponse
      Bien à vous.

  5. Le film m’a semblé être une critique acerbe de la folie humaine, de l’absurde fuite en avant dans un monde qui se déshumanise , jusqu’a l’église froide et vide dotée d’un luxe déplacé pour ce genre de lieu, sans doute un américain porte t’il un autre regard.
    La voiture froide comme la mort semble bien adaptée a ce tableau sinistre il n’y a plus rien de vivant dans cette ville si ce n’est des hommes qui courrent parce qu’ils ont toujours courru et une voiture qui roule…

  6. Mr Pierre Sarton du Jonchay, on arrive a vous lire et c’est déjà bien.
    sans doute parce que le texte est plus court que d’habitude

    quoique je me demande encore ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas.
    quand on achète quelque chose c’est toujours trop cher
    ce n’est jamais le bon prix puisqu’il faut que l’acheteur fasse son benef
    c’est le prix plus quelque chose donc forcément le prix n’est jamais bon
    on se fait couillonner.

    quand tu as fait un achat et que tu es satisfait de ton achat quelque soit le prix
    c’est un bon achat

    quand tu n’es pas satisfait de ton achat forcément tu t’es fait avoir.
    et tu le sais.

    1. Hum…
      Comme d’habitude, personne n’a rien vu venir.
      Moubarak fait-il le plus beau cadeau possible au peuple égyptien, créant les conditions d’un embrasement qui risque de rendre celle-ci irrécupérable par le couple US/Suleiman?

    2. oui, de tout coeur, et aussi en Tunisie, et à Nantes, aussi
      nous vivons des jours historiques pour l’humanité tout entière

    3. Frappant aussi son calme!
      Il a son peuple, l’armée, les islamistes et les services US contre lui… ce mec a une sacrée paire de c…!

    4. J’ai entendu sur France 24 que des officiers égyptiens auraient rejoint les manifestants. Si cette annonce se vérifie on peut penser que l’armée égyptienne , sous la pression populaire, est en passe de dislocation…

    5. @ Antoine Y :
      Le peuple, certes. L’armée, pour l’instant, ses cadres supérieurs lui font toujours allégeance.
      Les islamistes, oui, mais ils cherchent eux aussi une ‘place’ qu’ils n’arrivent toujours pas à trouver, dans cette insurrection, qui n’a rien de rien d’islamiste. Les ‘négociations’ dont parle Souleiman sont justement celles engagées avec les Frères Musulmans. Mais celles-ci ont tourné court, d’une part par la faible portée des concessions définies et d’autre part, sous la pression de la rue, les Frères risquant fort de voir se retourner cet accord contre eux-mêmes.
      Quant aux services US, rien n’est moins sûr.
      En lieu et place d’une paire de bollocks (nevermind), je dirais que le gars a soit une case en moins (mais sa voix, à 82 ans, à écouter en arabe, ne tremble absolument pas), soit la pathologie hitlérienne du ‘Après moi, le déluge’ (ou les 7 calamités, c’est selon).

      Voir ‘La chute’. Très révélateur. Le peuple allemand n’est pas à la hauteur du Führer : il mérite donc de périr et Hitler ne versera pas une larme pour eux.
      Dans les deux cas, il relève d’une expertise psy.

      Le Conseil de sécurité américain vient de se réunir.
      Car il est certain que demain, après la prière, ça va ‘shuinter’. Pas de manifestations ce soir.
      Ce qui laisse craindre le pire pour demain.

      Toute la question repose sur non pas les cadres de l’armée : ils ne contrôle pas la situation de terrain. Mais encore et toujours les ‘cadres intermédiaires’, les officiers commandant les régiments et bataillons.
      En Egypte, les commandants et les colonels ont apparemment plus de pouvoirs que les généraux.
      Et, je le répète, je ne serais qu’à moitié étonné si la CIA n’allait pas donner un ‘coup de pouce’ à certains de ces officiers, face à la ‘rebelle attitude’ de Moubarak.
      Histoire de vraiment lui faire voir qui tient les cordons (de la bourse).

      De fait, pour les égyptiens, au moins pour un temps, c’est ce que je leur souhaite pour demain. Pour éviter un carnage.
      Mais sans doute que le peuple ne l’entend pas de cette oreille là, non plus.
      Et qu’il souhaite en découdre.

      On va voir si la prise de décision américaine est plus rapide que ne peut l’être l’européenne.
      Et surtout, plus effective.

    6. «  »L’Egypte va exploser. L’armée doit sauver le pays maintenant », a-t-il écrit sur son compte Twitter, peu de temps après l’annonce par M. Moubarak qu’il déléguait ses pouvoirs au vice-président Omar Souleimane, mais sans démissionner. »
      http://www.romandie.com/ats/news/110210230132.djxi6brn.asp

      « C’est en cours », répond l’armée.

      Nan, j’plaisante, Mohammed !!

      C’est B. Hussein qui twitte …

    7. Des manifestants se dirigeraient vers la télévision d’Etat…..
      Les commentateurs s’inquiètent de l’absence de leaders. C’est cette absence qui fait la force des révolutions.
      Les américains soutiennent un changement ordonné c’est donc une déclaration de soutien à l’armée de la dictature.

    8. Les ricains sont vraiment dans le caca. Il ne pourront plus soutenir Moubarak si la rue est matée dans le sang. D’un autre côté, l’Egypte risque fort de leur échapper si la rue gagne de manière violente et sans leur aide. Mais se débarrasser de Moubarak signifie envoyer un signal aux autres dictateurs à leur botte, ils comprendront qu’ils ne peuvent pas compter sur les ricains s’il y a des révoltes chez eux. Aïe, aïe, aïe. Le mieux pour eux serait que Moubarak parte vite fait à l’insu de son plein gré mais il s’accroche le gaillard…

    9. Je ne savais pas pour le statut respectif des généraux et des autres officiers. Intéressant.

      Je ne comprend pas que Moubarak reste tout en renforçant encore les pouvoirs de Suleiman…
      La seule explication tactique que je pourrais esquisser, au delà d’une pathologie avancée, c’est qu’il table effectivement sur un bain de sang, dont il espère qu’il sera maté par le dit Suleiman homme de main des USA, ce qui revient à exclure automatiquement ce dernier de sa succession, et toute velléité de contrôle de la « transition » par les USA.
      Le discours est clairement anti-américain (je crois qu’il n’a absolument pas digéré que les américains le « déposent » comme ça) et anti -soutien étranger aux islamistes.

      Quoique fassent les américains, à moyen terme, le contrôle du pays est perdu sauf intervention militaire directe de leur part pour « soutenir le peuple dans ses aspirations légitimes à la liberté et à la démocratie » et installation rapide de Suleiman avant que ce dernier n’ait l’occasion de se griller. Autre possibilité, Suleiman assume un coup d’Etat avec la même narrative (mais je suppose, vu la psychologie du bonhomme, qu’il ne trahira pas Moubarak qu’il doit considérer comme son ami/compagnon d’arme de longue date dans sa lutte contre l’islamisme).

  7. L’Europe peut elle , au moins un temps , vivre en autarcie ?( pas de démocratie sans territoire équilibré )

    Qui est ce troisième homme omniscient et comment travaille-t-il ? Qui le contrôle et comment ?

    Alors et si on accepte vos intuitions ( j’attends la bronca de Schizosophie ) ce sytème européen pourrait être , non pas le sauvetage de l’Europe , mais un moyen de se sauver tout court ( au moins d’une part du tragique de notre sort )

  8. Merci.

    Parler d’objectivité et de prix est un exercice bien délicat, à l’heure où ne pas posséder une Rolex à 50 ans est, dit-on, un échec.

    Mais pourquoi se ruiner pour un métronome qui brille?
    Y-a-t-il un prix objectif pour une minute?
    Pour de l’oxygène?
    Pour de l’eau?
    Pour de la nourriture?

    Personne ou presque ne semble se préoccuper de sa propre maîtrise du temps et du réel, de sa liberté ou de son érudition, hélas souvent en faveur de son rang ou de son pouvoir d’achat.

    Une cadence financière objectivement équilibrée, voir égalitaire, serait une nouvelle prison pour nos vies. Il y a déjà eu tant de gâchis…

    De nos jours, les prix ont une fonction concrète de rationnement rendue possible par la séparation coercitive entre usage et possession. D’un point de vue plus abstrait, ils ne sont que les symboles de pouvoir de la religion marchande. Il n’y aura jamais assez de prisons pour tous les hérétiques, mais cela, la scientologie économique n’en a cure. Dommage…

  9. @ PSdJ
    Qu’appelez-vous « vrai » ou « vérité »? Est-ce autre chose qu’une vision idéologique totalitaire (la votre en l’occurrence)? (pareil pour « juste », « justice », etc.)

    Vous discutez de notions abstraites. Les prix sont concrètement les résultats de négociations… plus ou moins conflictuelles certes. N’étant pas platonicien je n’ai pas l’idée d’un prix transcendant auquel je devrais soumettre mes transactions, garanties par un sage à barbe blanche (PJ ;)), mais juste une vision de la valeur du moment d’un bien ou d’un service pour moi qui suis là, les deux pieds sur terre le plus généralement.

    1. @ PSdJ

      C’est certain, suffisamment « décérébré » pour ne pas savoir vous suivre ni estimer où vous allez. Ce qui me reste de cellules grises hésite dans son opinion sur vos interventions entre le doux rêveur et le dangereux totalitaire…

    2. N’ayant que peu de matière entre les deux oreilles, je suis très méfiant vis a vis de ceux qui parlent trop et trop souvent de « La » démocratie.

    3. EOLE,

      Probablement que vous n’avez pas pris la peine de chercher à savoir ce qu’ils entendent par La démocratie : pas grand chose de plus que chacun puisse ou veuille exprimer sa propre « valeur du moment d’un bien ou d’un service ».

      Et pour rester dans le totalitarisme (… je propose de faire du 11février la journée du totalitarisme !) qu’appelez-vous valeur ? Et êtes-vous sûr que cette valeur soit la vôtre et non l’expression de votre accord à une valeur qui vous est imposée, sachant qu’elle peut vous avoir été imposée à l’insu de votre plein gré, par l’habitude ?

    4. @ Fab

      Si vous parlez de relativité de la notion de valeur: oui, bien sûr mais ça reste un peu court. Il est certain que si j’avais reçu à ma naissance un écran LED comme cadeau, il m’aurait fallu attendre quelques décennies pour que celui-ci trouve de la valeur à mes yeux.
      C’est pourquoi je vous parle de moi hinc et nunc, c’est à dire d’une forme d’abstraction (eh oui) non pérenne mais qui a une réalité consciente en un point précis de l’espace temps: cogito, ergo sum (bien que PSdJ en doute fortement) comme aurait dit certain (notez le présent affirmé). Bref le prix correspond à une transaction négociée à un moment précis dans un contexte précis dont l’origine m’importe peu et n’entre pas, pour moi, en ligne de compte, pas plus que mes regrets futurs ni mes anticipations passées sur cette même transaction.

  10. @vwongtwonghwong,
    Nous disons exactement la même chose dans notre langage propre. Il existe donc une probabilité non nulle que nous parlions de la réalité vraie.
    Pour finir de nous caler : admettez-vous que le prix de la monnaie, c’est a dire la prime de la liquidité présente certaine, soit un équilibre de marché strictement délimité par la garantie publique multinationale de l’égalité des droits entre tous les opérateurs du prix ?
    Votre reponse mesure la prime de formation de la monnaie dont nous disposons effectivement. 😉

  11. Une théorie du prix en argent comme option sans terme pourrait aussi servir comme une sorte de démonstration de l’incohérence et de la nocivité des paris sur les fluctuations de prix. A partir du moment où le sens de l’option comprise d’office dans tout prix en argent est de verrouiller ce prix, donc d’inhiber ses fluctuations contingentes, et à partir du moment où le sens de cette option comprise dans tout prix est aussi la possibilité pour l’une des partie de se libérer de son contrat à l’autre, au contraire d’un pari qui lie irrémédiablement les deux parties dans l’aléatoire, le gain de l’une étant la perte de l’autre, alors on peut dire que les paris sur les fluctuations de prix sont intrinsèquement contradictoires, étant donné que les prix, en eux-mêmes, sont des options ou des anti-paris.

    C’est certainement l’un des meilleurs arguments qu’on puisse invoquer en faveur d’une telle interdiction.

  12. Sur le  » marché financier commun de l’objet universel du prix « :

    Si vos multiples articles définissent strictement ce que vous mettez derrière cette appellation , elle est trop hermétique au commun des mortels , serait-il européen .

    Ce « marché commun européen de l’estimation  » ( estimation étant plus général et ambivalent que prix ou valeur ) me semblerait plus accessible pour un encore-non-pratiquant .

    Par association d’idée , je me souviens aussi de l’évolution assez désastreuse de mon point de vue , et que j’ai déjà évoquée , de la nature et du poids de  » l’estimation du service des domaines  » dans le cadre d’une expropriation .

    Je serais curieux de l’avis d’un inspecteur des domaines blanchi sous le harnais , relativement à votre proposition . Car dans cette situation le troisième homme c’était lui avec le juge d’expropriation .

    Quant à dire qu’un inspecteur des domaines est la démocratie faite homme …

    Mais c’était déjà pas mal .

  13. Ce qui m’ « amuse », un peu quelque part, est que les contrats privés industriels sont des machines anti-spéculation car, dans le désordre et pour 5 francs :
    – les deux parties incluent une clause protégeant des variations de changes,
    – une clause indexant le prix sur des éléments constituants ou voisins de possibles variations,
    – incluent une clause de sécurité par rupture en cas de variations imprévues.

    Bref, ces parties établissent un lien qui leur permettra de se protéger CONJOINTEMENT d’éléments extérieurs qui pourraient leur nuire.

    Le protectionnisme, mais en local.

    1. comment veux tu produire autrement, déjà lorsqu’une entreprise est coté en bourse, le passif du bilan bouge toute les secondes (sans cohérence avec les décisions de l’entreprise, hormis à la présentation de résultat trimestriel) si en plus ton compte de résultat bouge toute les secondes sans que tu ne puisses bloquer les mouvements les plus importants par des contrats sur des durées, tu peux faire faillite trois fois par jour et être solvable le lendemain, mais il serait trop tard…
      La production (primaire secondaire) a une besoin de réalité que le commerce ne nécessite, pouvait modifier les marges sur plusieurs produits tout en maintenant sa marge global.

  14. Bonjour M. Sarton,
    En fait je suis un peu comme les autres, je ne comprends pas tout ce que vous écrivez mais de toute façon c’est pas grave, l’important c’est que ce que vous écrivez donne à réfléchir et soit à l’initiative de nouvelles réflexions. Donc merci à vous pour tout votre travail.

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