Archives par mot-clé : Marché obligataire

LA STABILISATION DU SYSTÈME FINANCIER EN QUÊTE DE GARANTIE, par François Leclerc

Billet invité.

Non sans faire preuve d’une indubitable candeur, quatre économistes ont le 8 août dernier signé dans Le Monde une énumération des priorités que les gouvernements européens devraient rapidement se donner, arguant que « la fenêtre de tir sera de courte durée ». Agnès Bénassy-Quéré, Michael Hüther, Philippe Martin et Guntram Wolff le remarquent dans leur contribution : « l’architecture de la monnaie unique demeure fragile, et elle doit faire face à de multiples problèmes toujours pas résolus dans les États membres ».

Continuer la lecture de LA STABILISATION DU SYSTÈME FINANCIER EN QUÊTE DE GARANTIE, par François Leclerc

Partager :

LE PRIX DE LA STABILISATION PROVISOIRE DU SYSTÈME FINANCIER, par François Leclerc

Billet invité.

La Fed n’en finit pas de décider ce qu’elle va faire, tandis que la BCE annonce qu’elle va « réexaminer » en décembre sa politique monétaire. Les deux plus importantes banques centrales du monde ne donnent pas l’impression d’avoir les idées bien arrêtées et divergent sur la conduite à suivre, la première ayant l’intention d’augmenter son principal taux, la seconde de le baisser.

Continuer la lecture de LE PRIX DE LA STABILISATION PROVISOIRE DU SYSTÈME FINANCIER, par François Leclerc

Partager :

SUR LE MARCHÉ OBLIGATAIRE AUSSI, FAITES VOS JEUX… par François Leclerc

Billet invité.

À leur tour atteintes par un mal indéfini, les obligations souveraines ne sont plus le placement de père de famille qu’elles ont si longtemps été. Cela a pu être tout dernièrement observé in vivo en Europe, où après avoir connu des taux négatifs inédits, le marché obligataire a effectué un brutal virement de bord, qui a en premier affecté les titres allemands avant de toucher par contagion tous les actifs défensifs, dont les titres américains, prenant les investisseurs à revers. Coup de torchon, onde de choc, vent de panique et même krach… toute la palette des grands mots a été utilisée dans les milieux financiers, où on s’est souvenu de l’épisode précédent de juin 2013 sur les titres américains et interrogé sur les chocs à venir.

Continuer la lecture de SUR LE MARCHÉ OBLIGATAIRE AUSSI, FAITES VOS JEUX… par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : ILLUSOIRES PALLIATIFS, par François Leclerc

Billet invité

Le simple énoncé de l’exposition des banques allemandes et françaises à la dette italienne suffit pour toute démonstration : un défaut intervenant sur cette dette serait très grave pour le système financier européen et mondial. Selon la Banque des règlements internationaux (BRI), l’exposition des banques françaises est de 280 milliards d’euros en chiffres arrondis, toutes dettes confondues, dont 30 milliards pour les banques et 70 milliards pour le secteur public. Celle des banques allemandes est de 160 milliards d’euros (36 milliards pour les banques et autant pour le secteur public).

Au delà de la dimension nouvelle du problème que créerait l’entrée de l’Italie dans la zone des tempêtes, voilà qui met clairement en évidence le mécanisme de ce deuxième acte de la crise : point d’appui privilégié de la finance, la dette publique n’est plus ce qu’elle était. Si elle s’effrite, le système s’affaisse et risque ensuite de s’effondrer.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : ILLUSOIRES PALLIATIFS, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : TOURNANT A MOITIÉ, par François Leclerc

Billet invité.

Que se passe-t-il dans le secret du confessionnal ou de l’isoloir ? Nul ne doit le savoir, si ce n’est ceux qui s’y tiennent. Eh bien, pour le marché obligataire, il en est de même  !

Salués par des soupirs de soulagement, l’Espagne et l’Italie viennent après le Portugal de réussir leurs émissions obligataires, méritant que l’on y regarde d’un peu plus près. S’agissant des deux émissions du Portugal, le taux consenti a été légèrement inférieur à celui de la précédente émission de novembre pour la maturité la plus longue, mais supérieur pour la plus courte, dans les deux cas toujours très élevé. On a appris depuis qu’une vente privée de 1,1 milliards d’euros d’obligations aurait eu lieu quelques jours auparavant avec la Chine comme acheteur. Des rumeurs invérifiables font également état d’achats japonais et brésiliens. Enfin, la BCE est très fortement intervenue sur le marché secondaire afin de faire baisser les taux. Tout additionné, le panorama est moins exaltant.

A propos de l’Espagne et l’Italie, on entend aussi chanter trop vite victoire. Retenant comme critère non plus le taux obtenu mais l’importance de la demande. Ou, la comparaison entre le taux de l’adjudication et celui du marché de la veille au soir, négligeant les très fortes hausses intervenues depuis les précédentes émissions de novembre. On se console comme on peut.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : TOURNANT A MOITIÉ, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : PLUS ON AVANCE, MOINS ON SAIT QUOI FAIRE, par François Leclerc

Billet invité.

Tenir une simple liste des discussions entamées et laissées en suspens, pour ne pas parler des mises à jour de dossiers, est une tâche qui de jour en jour s’alourdit. Sans aller chercher jusqu’aux Etats-Unis, où la lancinante question de la réduction du déficit fédéral n’est pas près de trouver une réponse, imposant dans l’immédiat au Congrès de relever le plafond autorisé de la dette publique, l’Europe n’est pas mal pourvue sur ce chapitre.

Il en ressort, pour en faire la synthèse, que plus on avance, moins on sait quoi faire.

L’émission des euro-obligations, que l’on croyait pour un temps enterrée, a déjà rejailli à Paris, à l’occasion d’une visite jeudi de Georgios Papandréou, le premier ministre grec. Prudemment, il a avancé qu’il faut utiliser « tous les outils possibles de la boîte à outils », après avoir affirmé en décembre dernier vouloir contribuer à réunir un million de signatures d’Européens en sa faveur. Il s’inscrivait alors dans le cadre de L’initiative citoyenne européenne, qui permet selon le Traité de Lisbonne de saisir la Commission européenne. A l’occasion du démarrage de la présidence de l’Union européenne par la Hongrie, son ministre des finances György Matolcsy a immédiatement pris le relais depuis Budapest. Parlant des euro-obligations, il a pronostiqué : « Je l’exclurais aisément pour d’ici à la fin de l’année. Mais, d’ici à 2013 ou d’ici au milieu de la décennie, je suis très optimiste quant à l’issue finale : nous aurons certainement des nouveaux instruments financiers comme les euro-obligations ».

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : PLUS ON AVANCE, MOINS ON SAIT QUOI FAIRE, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : DEGRÉ ZÉRO DE LA RÉGULATION, par François Leclerc

Billet invité.

Constater que l’actualité est faite de dominantes écrasantes, mais en contrepartie éphémères, est d’une grande banalité. En l’espace de quelques jours, les projecteurs sont braqués sur un événement, vite délaissé puis oublié.

Il en est ainsi de la guerre des monnaies, des tensions extrêmes du marché obligataire européen, qui ont tous deux provisoirement disparu des manchettes, ou de la spéculation sur les prix des matières premières, dûment annoncée en son temps.

A ne pas en douter, la guerre des monnaies n’est pourtant pas terminée, en dépit du silence qui l’entoure. C’est en Amérique Latine qu’elle suscite actuellement des contre-offensives en série. La banque centrale chilienne va acheter 12 milliards de dollars pour tenter de lutter contre l’appréciation du peso et défendre ainsi ses exportations. Depuis octobre dernier, la Colombie l’avait précédée en achetant 20 millions de dollars par jour, afin de limiter l’appréciation du peso colombien. Guido Mantega, le ministre brésilien des finances reconduit par Dilma Roussef, a pour sa part affirmé que celle-ci ne permettrait pas que « le dollar fonde » face au réal, sans encore préciser les mesures qui pourraient être prises. En sept ans, la valeur du réal a doublé par rapport au dollar.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : DEGRÉ ZÉRO DE LA RÉGULATION, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise: LE CLUB DES MAITRES CHANTEURS, par François Leclerc

Billet invité.

Se campant crânement sur un terrain qui leur est familier, les gouvernements européens s’engagent stoïquement sur une voie étroite avec un seul impératif : tenir ! Sous la férule des Allemands – les Français n’ayant pas d’autre choix que de les suivre, faute d’avoir une politique – c’est le parti du non qui l’a emporté : non aux euro-obligations ! non à l’accroissement immédiat des moyens du fonds de stabilité (EFSF) ! A l’occasion d’une nouvelle rencontre, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy viennent de boucler le dossier, après que la position française se soit faite attendre.

Les Grecs, les Irlandais, les Espagnols et les Portugais ne vont avoir comme seule ressource que de serrer davantage les dents, les Italiens les rejoignant petit à petit dans cet exercice, en attendant que d’autres s’y mettent à leur tour franchement. Avec comme perspective lointaine, à l’horizon de début 2013, la mise au point d’un nouveau dispositif de sauvetage qui reste à inventer. Par la grâce d’une procédure allégée de révision des Traités européens évitant toute consultation référendaire ou vote parlementaire.

Réunis les 16 et 17 décembre prochains, les chefs d’Etat et de gouvernement pourront alors annoncer qu’ils ont accompli un grand pas en avant en se mettant d’accord pour gagner six mois par rapport au calendrier original, ce qui leur permettra de masquer l’étendue de leurs désaccords à propos du fonctionnement de ce nouveau mécanisme de crise. En espérant que tout tiendra jusque là.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise: LE CLUB DES MAITRES CHANTEURS, par François Leclerc

Partager :