L’actualité de la crise : DEGRÉ ZÉRO DE LA RÉGULATION, par François Leclerc

Billet invité.

Constater que l’actualité est faite de dominantes écrasantes, mais en contrepartie éphémères, est d’une grande banalité. En l’espace de quelques jours, les projecteurs sont braqués sur un événement, vite délaissé puis oublié.

Il en est ainsi de la guerre des monnaies, des tensions extrêmes du marché obligataire européen, qui ont tous deux provisoirement disparu des manchettes, ou de la spéculation sur les prix des matières premières, dûment annoncée en son temps.

A ne pas en douter, la guerre des monnaies n’est pourtant pas terminée, en dépit du silence qui l’entoure. C’est en Amérique Latine qu’elle suscite actuellement des contre-offensives en série. La banque centrale chilienne va acheter 12 milliards de dollars pour tenter de lutter contre l’appréciation du peso et défendre ainsi ses exportations. Depuis octobre dernier, la Colombie l’avait précédée en achetant 20 millions de dollars par jour, afin de limiter l’appréciation du peso colombien. Guido Mantega, le ministre brésilien des finances reconduit par Dilma Roussef, a pour sa part affirmé que celle-ci ne permettrait pas que « le dollar fonde » face au réal, sans encore préciser les mesures qui pourraient être prises. En sept ans, la valeur du réal a doublé par rapport au dollar.

Dans tous ces pays, la guerre du dollar est profondément déstabilisatrice, tant sur le plan économique que financier, et les mesures tentant d’y faire face ne feront pas le poids. Les Etats-Unis font payer au monde entier les émissions monétaires destinées à les soulager, et ce n’est pas fini.

L’intense activité diplomatique chinoise, avec la tournée européenne de Li Kequiang, vice-premier ministre, et la préparation à Washington de la prochaine visite aux Etats-Unis du Président Hu Jiantao, met la Chine au centre du jeu et relance les spéculations. D’un côté, elle multiplie les gestes de soutien aux pays européens de la zone des tempêtes, de l’autre elle laisse espérer aux yeux des plus optimistes une réévaluation du yuan.

Signe de cet activisme sur le marché monétaire, la Banque Mondiale vient de lancer sa première émission obligataire en yuans, tandis que Pékin annonce la troisième et que des grandes entreprises occidentales s’engagent dans cette même voie depuis Hong Kong. Une partie destinée à durer est engagée, pour laquelle les mises sont encore symboliques, confirmant que pas moins d’une décennie sera nécessaire pour qu’il commence à s’éclaircir.

En Europe, les rythmes sont nettement plus soutenus. La litanie des émissions obligataires a repris, avec ses hauts et surtout ses bas. Au titre des premiers, quoique relatifs, les émissions allemandes et de l’Union européenne (afin de financer l’Irlande), et des seconds celle du Portugal. En attendant celles de l’Italie et l’Espagne, à venir très prochainement. Le taux grec à 10 ans a atteint 12,593% et les Portugais ont du concéder 6,667% pour une émission de même maturité, ce qui se passe dans les deux cas de commentaires. Les achats de la BCE, au mieux, se contentent de limiter les dégâts. Rien n’a changé, tout continue comme avant.

Le marché obligataire européen reste pestiféré, comme en témoignent aussi les hausses des taux du Bund Allemand (2,941%) et de l’OAT Française (3,337%). Sans illusions, les marchés sont dans l’attente de nouvelles annonces politiques franco-allemandes, qui ne changeront pas la face de l’Europe, et ils n’accordent qu’un intérêt relatif aux achats chinois de dette européenne, les assimilant à des jeux diplomatiques. Contrairement aux manchettes de la presse, se disent-ils, la Chine ne se prépare pas à être le banquier de l’Europe ; tout au plus est-elle prête à concéder des facilités de caisse.

Quant aux matières premières, la fin de l’année a été l’occasion de pratiquer cet exercice imposé que sont les rétrospectives. Mettant en évidence les énormes hausses qui sont intervenues tant pour l’énergie, les métaux industriels et précieux que les denrées alimentaires. Tous les prix flambent à l’unisson, du pétrole au blé, du café au coton, du sucre au caoutchouc et du cuivre à l’argent. Le nickel a progressé en 2010 de 30% et l’étain de 60% ; la palme revenant au cuivre, dont le prix a triplé en deux ans. Le sucre brut a gagné 140% depuis juin dernier, celui du blé a doublé en un an, etc…

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), « les cours du pétrole sont entrés dans une zone dangereuse pour l’économie mondiale ». En décembre, le baril de brut a franchi le seuil des 90 dollars, la barre des 100 dollars désormais en ligne de mire. Enfin, valeur refuge par excellence, les métaux précieux n’ont pas été en reste, l’or gagnant sur l’année 25% et l’argent 83%.

On va beaucoup parler des matières premières, du rôle que joue la spéculation financière dans la hausse des cours et de la nécessité d’y mettre un terme. Tous ces marchés sont complexes et le plus souvent opaques, et de nombreux facteurs concourent à la formation des prix sur ceux-ci. Ici des inondations ou des sécheresses, là des grèves ou des accidents miniers, ou bien encore des menaces de guerre civile. Sans qu’il soit toujours aisé de déceler ce qui résulte de l’action des uns et de l’autre, des calamités naturelles et de celle que représente la spéculation financière. Ce qui est en soi un problème.

Ce n’est pas le seul, car l’on vient d’apprendre que l’on renoue avec l’inflation. Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne, annonce en effet une inflation à 2,2% en décembre dernier, et l’Europe bascule, qui croyait être aux portes de la déflation. Sans distinguer dans cet accroissement l’effet de la hausse du pétrole et des matières premières, notamment alimentaires. Que l’on exclut du calcul de l’inflation, alors dénommée sous-jacente, quand on ne veut pas les prendre en compte étant donné leur volatilité qui fausse les comparaisons. Ou pour neutraliser les hausses de prix spéculatives des matières premières, pour appeler les choses par leur nom.

En n’entrant pas dans ces subtilités, Eurostat vient d’introduire une nouvelle complication dans l’équation de la crise européenne : 2,2% d’inflation impliquerait de la BCE, en bonne logique, l’abandon de son dispositif de soutien aux établissements financiers, de sa mise à disposition de liquidités et de son taux directeur à 1%, ainsi que de ses achats obligataires pour faire bonne mesure…

En s’appuyant sur l’actualité, les têtes de chapitre du lourd dossier de la spéculation financière sur les prix des matières premières peuvent commencer à être évoquées.

Ainsi, qui n’a pas entendu parler de la concentration du trading des commodities (les matières premières) entre les mains d’un nombre restreint d’opérateurs et des positions dominantes prises par des opérateurs sur ces marchés ? Selon le Wall Street Journal, qui n’identifie pas nommément JP Morgan mais en suggère le nom, un seul négociant détiendrait actuellement sur le London Metal Exchange (LME) entre 80 et 90% du cuivre coté, ce qui représente « la moitié du cuivre échangé sur les marchés réglementés du monde et vaut environ trois milliards de dollars ».

Hasard et bonne fortune, le cours du cuivre bat simultanément tous ses records, à 9.353,50 dollars la tonne. Des situations identiques ne sont d’ailleurs pas rares sur le marché de l’aluminium, du zinc, de l’étain et du nickel, produisant alors les mêmes effets. Elles n’ont d’ailleurs rien d’illégal, à condition d’être signalées.

Au lieu d’intervenir afin d’interdire de telles situations de position dominante, avec leurs conséquences, il a été décidé d’étendre les possibilités d’accéder à ces marchés, grâce à la création d’un nouvel instrument financier baptisé ETF, pour Exchange-Traded Funds. Ceux-ci s’était déjà installés sur les marchés d’actions et d’obligations, mais ils n’existaient pas sur celui des métaux. Cela sera chose faite au début de l’année. Les ETF sont de produits hybrides, proposés à leur clientèle par les banques, côtés en bourse et s’apparentant à des fonds type OPCVM, FCP ou SICAV. On les appelle aussi trackers.

En fin connaisseur, JP Morgan vient d’ailleurs d’annoncer qu’il allait lancer un ETF sur le cuivre. Alors que des poursuites collectives (class actions) sont engagées contre JP Morgan et HSBC à propos de manipulations des cours, non pas du cuivre mais de l’argent.

On ne sera pas surpris, dans ce contexte renouvelé d’innovation, si les cours continuent en 2011 à gravir la pente ascendante de 2010. Les ETF ont pour sous-jacent des quantités physiques de métaux, dont il n’est donc pas véritablement fait commerce, ce qui ne les empêchera pas d’influer fortement sur leur prix. On n’emprunte pas vraiment le chemin d’une interdiction des paris sur les fluctuations des prix !

Une étude effectuée par Luvata, l’un des grands industriels mondiaux consommateur de cuivre, vient d’être publiée. Elle décrit la crainte manifestée au sein de ce secteur que la création d’ETF pour les métaux, notamment du cuivre, introduise de fortes distorsions sur le marché de ce dernier, en particulier en terme de volatilité des prix. Le génie de la finance ayant tout prévu – ou presque – il restera aux industriels la possibilité de se couvrir en acquérant des produits dérivés ad hoc, de gré à gré et non pas utilisant des chambres de compensation qui surenchérissent leur coût d’assurance.

En Europe et aux Etats-Unis, les régulateurs travaillent d’arrache-pied sur le sujet. Michel Barnier, commissaire chargés des marchés financiers, dénonce « l’hyper-spéculation scandaleuse » sur les matières premières agricoles, un terrain moins susceptible d’affrontement avec les Britanniques qui couvent leur LME, car ils sont négociés aux Etats-Unis, principalement à Chicago. « Je ne vois pas pourquoi les Européens seraient moins rigoureux que les Américains », s’est-il exclamé, laissant donc supposer chez ces derniers une grande rigueur.

La proposition de Bruxelles devrait être formalisée au courant de cette année, dans le cadre d’une révision de la législation du MiFID, la directive européenne concernant les marchés des instruments financiers. L’idée est de reprendre, une fois adopté, le dispositif américain de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), le régulateur spécialisé. Il pourrait imposer des limitations aux positions prises par les courtiers, qui devraient être déclarées. Et donner aux régulateurs la possibilité de les rappeler à l’ordre en cas de dépassement, mais il faut entrer dans les détails.

Au terme d’une longue réflexion, la CFTC préconise en effet un système de plafond pour les positions prises sur les marchés du pétrole, des produits agricoles et des métaux. Mais ces maximums – qui ont été relevés par rapport aux seuils initialement prévus – ne seront obligatoires que dans les jours qui précéderont l’échéance des contrats… Cette louable disposition épargnera les spéculateurs qui, par définition, n’attendent jamais cette échéance pour déboucler leurs contrats papier.

De plus, ces nouvelles règles, quand elles seront adoptées, ne concerneront que les contrats utilisant les services de chambres de compensation, car si la CFTC a désormais dans ses attributions la surveillance du marché de gré à gré, elle ne dispose pas encore de données sur celui-ci.

Autant dire que cette régulation est un total simulacre.

Lorsque l’on s’aventure à par exemple essayer de comprendre le fonctionnement des marchés de l’or et de l’argent, à Londres et sur le Comex (New York), on est vite très dérouté. Car les transactions physiques de ces deux métaux précieux ne sont que la pointe d’un iceberg s’enfonçant dans des eaux impénétrables. Le règne des transactions papier, des positions débouclées avant que les contrats n’arrivent à maturité, du trading de gré à gré des produits d’assurance (dérivés) destinés à la couverture des risques. Sans qu’il soit possible même aux experts d’avancer dans cet environnement des données chiffrées précises, ne pouvant qu’évoquer la taille énorme du marché des dérivés correspondant, sans commune mesure avec les quantités physiques d’or et d’argent disponibles sur le marché. Rien de tout cela ne devrait changer.

On va pourtant beaucoup en entendre parler, de la régulation du marché des matières premières…

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94 réflexions sur « L’actualité de la crise : DEGRÉ ZÉRO DE LA RÉGULATION, par François Leclerc »

  1. Paul parlait dans un de ses articles de la chose de trop qui rend la situation insupportable et entraine le soulèvement du peuple.
    En Tunisie, ce ne sont pas les ETF, ni la spéculation sur les matières premières mais le simple fait que la police est saisie la roulotte d’un vendeur ambulant de fruits et légumes : le battement d’ailes d’un papillon ou la goutte d’eau dans ce vase que certains continuent à remplir par seaux…

    1. “la police ait saisi” : désolé pour l’orthographe et la grammaire, c’était déjà pas terrible plus jeune sur le papier et ça s’est aggravé à l’écran…

  2. Italie : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 4,769 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

    Espagne : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 5,458 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPG10YR:IND

    Portugal : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 6,948 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    Irlande : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 9,014 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

    Grèce : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 12,617 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

  3. Bonsoir à tous

    Voici un post que j’ai copié sur 0 hedge:
    Guest Post: Why the World Is Financially Doomed in Four Charts
    Tyler Durden’s picture

    Submitted by Charles Hugh Smith from Of Two Minds

    Why the World Is Financially Doomed in Four Charts

    The global economy is doomed to implosion, and here are four charts which explain why.

    Though the complexities may appear endless, the global economy’s coming implosion is really fairly easy to understand: here are four charts which do the heavy lifting. It boils down to these basics:

    1. When money is dear and difficult to borrow, then productivity and capital accumulation are encouraged, speculation, malinvestment and debt-based consumption are discouraged.

    2. When money is “free” (zero-interest rate policy) and liquidity is unlimited, then the opposite conditions hold: speculation in risk assets, malinvestment and debt-based consumption are all encouraged, and productivity and capital accumulation are heavily discouraged.

    3. When debts exceed the value of the underlying assets, the only way out of the Tyranny of Debt is to write off the debt on both the borrower and lender’s balance sheets, wiping out their capital via liquidation and bankruptcy.

    4. The “extend and pretend” policy pursued by all major nations is simply transferring the impaired debt from private hands to the taxpayers (public debt), crippling the economy with higher taxes and higher debt service.

    5. The Central State’s “extend and pretend” policy requires heavy borrowing every year to prop up the status quo, pushing the Central State (or equivalent, i.e. the Eurozone) into an inescapable double-bind: either continue increasing public debt and cripple the economy with high taxes and high public-debt servicing costs, or let the financial status quo of “profits are private, losses are public” implode.

    The first path leads to default, as the Tyranny of Debt cannot be masked for long, while the second path wipes out the Financial Power Elite which feeds the politicians.

    Here are the charts. Note how the speculative economy created the illusion of rising wealth for the bottom 90%, an illusion stripped away by the Default Economy.

    In essence, the Financial Power Elites profited immensely from creating this illusory wealth which gave the bottom 90% the false sensation that their declining earnings and purchasing power were being offset by the “magic” of asset bubbles.

    Then, when the bubble popped, the Financial Power Elites transferred the impaired assets to the taxpayers, a process which is still underway. The politicos of both parties are complicit; behind the simulacra of toothless “reforms,” this process proceeds in myriad ways (Bank of America transferring toxic debt to Fannie/Freddie, etc.) Behind the smokescreen of conjuring a “wealth effect” to foster more consumption, the Fed’s purchase of Treasuries (QE2) serves this transfer-of-debt-to-the-public process.

    This same process is playing out throughout the global economy: Greece, Ireland, the U.S., and eventually, in China when its monumental property bubble pops.

    Bon appétit.

    Cordiales salutations.

  4. il ne faut pas dire le mot OR
    c’est un gros mot
    si vous dites OR physique,
    là c’est la prison.

    1. Les émeutes de la faim reviennent en force.

      À signaler les évènements en Tunisie, réprimés dans le sang :

      Manifestation samedi 8 janvier (A CONFIRMER).
      Paris: 18 h
      Journée internationale de soutien aux luttes populaires tunisiennes
      JOURNÉE RASSEMBLEMENT PLACE de la FONTAINE DES INNOCENTS (Près du métro
      Châtelet / les Halles, ligne 4 ou RER A)

      Plusieurs mobilisations ont eu lieu ce jour.

      Une bonne source pour se tenir informé des mobilisations :
      démosphère

    2. Ça doit vraiment aller très mal en Algérie puisque les matchs de foot
      sont reportés à une datte ultérieure…

      Sûrement pour éviter la contagion des émeutes qui agitent le pays ces derniers jours.
      Qui a dit que le foot était l’opium des jeunes?…

    3. Pour revenir très rapidement sur la grève générale en Guadeloupe en février 2009, j’ai constaté par moi-même et en discutant avec la famille là-bas que les produits de base sont vendu 2 à 4 fois plus chers que les produits d’importations provenant parfois des iles voisines. Alors avec la spéculation effrénée en cours, je ne vois pas comment la population pourrait s’en tirer !

      A l’époque nous avions vécu l’omerta puis la désinformation dans les médias tentant de mettre au premier plan des considérations secondaires passéistes (racisme, esclavage, etc.) quant il n’était plus possible de taire la réalité économiques des faits. Grâce à Internet et la particularité de familles réparties entre Europe et Caraïbe, il était possible de calculer sur les différences de prix pratiqués entre la Guadeloupe et Paris sur une même marque de yaourt, de chips, etc. Résultat sans appel. Bref je ne suis pas surpris de voir les mêmes travers sur la Tunisie, l’Algérie…

      Ce que je crains pour 2011, c’est de voir le prix des denrées alimentaires augmenter d’avantage en Europe (et ailleurs). Ce n’est pas avec des jeux que l’on calmera les foules sans pain ! Au contraire il ferme les stades, tactiquement c’est pas très malin !

      Quand il ne restera plus rien, on mangera de l’argent !!! Et même-là il faudra aller le chercher où il se trouve. Hier aux vœux d’un groupe de distribution mondialement connu, la direction s’est félicitée des excellents résultats financier qui se chiffrent en milliard… Miam…Miam…Slurp !!!

      Partagez-vous ce sentiment étrange que toutes les options convergent vers un même point de fuite ?

      Je vais faire des courses…pardon des provisions.

    1. extrait de l’ article posté par vous :

      “...Aussi bien la BM que le FMI dit ne plus appliquer le Consensus de Washington, parce qu’il est universellement critiquable. Mais si on analyse les mesures que ces institutions recommandent aux pays qui ont dû faire face à une crise ces dernières années, on peut voir qu’elles suivent la même logique. J’ai expliqué ce point de manière polémique devant l’Assemblée Générale de Nations Unies |3| le 15 septembre 2010 à New York.”

  5. bonsoir

    @cedric

    Comment l’inflation peut repartir quand le consommateur (final) voit son pouvoir d’achat baisser.
    A défaut de revalorisation salariale, ce mouvement inflationniste ne peut pas durer!
    Ou sinon, j’ai oublié quelque chose dans mon équation.

    c’est la stagflation : pas de croissance+inflation

    1. Non, ce n’est pas la stagflation puisque durant la stagflation des annees 70 il n’y avait pas baisse des salaires en termes reels et qu’il y avait augmentation ra, pide du nveau d’endettement prive ainsi que des taux d’interets eleves.

      Cedric a raison, cet episode inflationiste sur les matieres premieres est purement temporaire puisqu’il n’est aucunement du a l’augmenatation de la demande mais uniquement du aux effets nefastes de la speculation.

      D’ici quelques mois, les cours des matieres premieres vont s’effondrer et vos verez bien que nous ne sommes pas du tout confrontes a la stagflation mais bien a la deflation.

  6. Au final, le prix des matières premières suit la loi de l’offre et de la demande et c’est essentiellement la forte demande de la Chine qui fait monter les prix. Mais si les industries chinoises sont si voraces en matières premières, c’est parce qu’elles trouvent des débouchés à leurs produits transformés, en particulier en Europe et aux Etats-Unis. L’ennui, c’est qu’on est pas du tout sûr que cette situation puisse continuer : la consommation dans les pays dits “développés” est sur une tendance baissière et le marché chinois est encore balbutiant. L’industrie chinoise est donc confrontée d’une part à des clients de moins moins solvables et d’autre part à des coûts de production de plus en plus élevés (salaires en hausse, prix des matières premières), donc, à partir d’un certain seuil, ça va coincer. C’est pourquoi, je ne crois pas en une hausse durable du prix des matières premières. L’économie mondiale est encore trop malade, les incertitudes trop grandes pour que les matières premières continuent à flamber comme en période de prospérité économique.

    1. @Planchon

      Vous allez en énerver quelques-uns ici en faisant reposer votre commentaire sur la loi de l’offre et de la demande.

      Cette loi peut-elle par exemple encore être évoquée de manière pertinente pour des marchés réagissant par anticipation aux anticipations immédiatement précédentes, le tout agrémenté par des mouvements décidés non pas par des demandeurs matérialisant ainsi leur besoin d’une ressource donnée ou des fournisseurs aptes à délivrer ladite ressource, mais par des algorithmes se répondant les uns aux autres dans une valse sans musique?

    2. la consommation dans les pays dits « développés » est sur une tendance baissière et le marché chinois est encore balbutiant.

      Correct.
      Et d’ailleurs, comme le montrent la moyenne glissante (200 jours) du BDI ou les statistiques du commerce international, la demande reelle de matieres premieres est toujours aussi deprimee…

      Au final, le prix des matières premières suit la loi de l’offre et de la demande et c’est essentiellement la forte demande de la Chine qui fait monter les prix.

      Donc ceci est faux: Ce n’est pas la forte demande de la Chine, comme on veut nous faire croire, qui fait monter les prix. Mais les sommes fantastiques provenant des liquidites injectees par la FED et investies par ses primary dealers (JP Morgan, Goldman Sachs, BNP Paribas, Deutsche Bank etc…) dans les instuments financiers de speculation pure (ETF, contrats a termes, etc…) sur les matieres premieres qui font monter les prix.

      C’est pourquoi, je ne crois pas en une hausse durable du prix des matières premières. L’économie mondiale est encore trop malade, les incertitudes trop grandes pour que les matières premières continuent à flamber comme en période de prospérité économique.

      Correct, et d’ailleurs des que les primary dealers et autres societe de speculation (hedge funds) se seront passe le mot et decident de changer leurs allocations de portefeuille et de passer de LONG a SHORT sur les ETF et autres instrument speculatfs sur les matieres premieres, vous verez les cours de ces matieres premieres s’effondrer. Et ceci va avoir lieu dans les prochains trimestres.

    3. @Dissonance

      Ce n’est pas parce que les hommes passent leur temps à se berner les uns les autres à l’aide de concepts biaisés pour masquer la réalité que la réalité n’est pas. La réalité est inaliénable, seule l’image que l’on s’en fait ou que l’on vend est aliénable. Le gros problème est que la plupart des gens ne veulent pas regarder la réalité en face. Et en plus la multitude de concepts à disposition des homo economicus est telle que cela leur permet aisément de se mentir à eux-mêmes tout en vendant à peu près n’import quoi aux autres, histoire de faire triompher tant que faire se peu la logique court-termiste. Quoiqu’il en soi la réalité aura le dessus, nul doute la dessus.

      Est-ce que la demande mondiale (liée à la démographie et au désir de consommer autant que l’autre) a augmenté au cours de la dernière décennie (en passant outre la solvabilité) ? J’aurais tendance à dire que oui.

      Est-ce que l’offre mondiale (liée à l’interraction entre ressource disponible et capacité de ponction de l’économie) a pas baissé au cours de la dernière décennie ? J’aurais tendance à dire qu’elle atteint ses limites.

      Est-ce que les terres arrables sont en augmentation ? J’ai des doutes …

      Pour en revenir au sexe des anges, imaginons maintenant que l’Europe mette à jour un Ghawar qui était passé inaperçu jusque là, est-ce que cela changerait quoique ce soit sur la solvabilité de l’Europe ? J’aurais tendance à dire que oui.

    4. @Peak.Oil.2008

      Regarder la réalité en face. Exactement. Vous l’avez regardé récemment, vous?

      La demande augmente… Évidemment. Mais dans cette demande, quelle est la part exprimant un besoin réel et quelle est la part spéculative? Avez-vous des chiffres?

      Quant à l’offre mondiale, je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’avoir fait de grandes études pour comprendre le mécanisme à l’œuvre: Dans la mesure où l’agriculture n’offre plus de moyens de subsistance – investissement dans l’outil de production + coût de fonctionnement largement supérieurs au revenus dégagés par la vente des produits – il n’y a en effet aucune raison valable pour que l’offre augmente. Les prix sont à ce point bas que, paradoxe hallucinant, les producteurs sont soumis à des quotas alors même que la demande augmente…

      Par ailleurs, pour avoir travaillé et travailler encore à l’occasion dans l’industrie agro-alimentaire, et bien que je ne connaisse pas précisément le rendement (produit fini/matière fraiche) d’une chaine de conserverie – par exemple – je peux affirmer avec certitude qu’il est bien entendu inférieur à 100%, et sans doute pas très supérieur à 70%.

      Sur les quelques milliards de tonnes de denrées traitées chaque année pour la nourriture humaine, cela ferait environ 1/3 de perdu rien que dans le process de transformation, ce qui est en soi considérable.

      La réalité est avant tout ce qu’on en fait. Les surfaces arables sont bien entendu limitées, mais cela ne doit pas masquer le fait que sous bien des aspects, la pénurie est scientifiquement organisée pour maintenir l’économie à flot en dépit des effets catastrophiques sur les populations.

    5. @peak oil

      Est-ce que la demande mondiale (liée à la démographie et au désir de consommer autant que l’autre) a augmenté au cours de la dernière décennie (en passant outre la solvabilité) ? J’aurais tendance à dire que oui.

      Oui, la demande mondiale a augmenté au cours de la derniere décénie : elle est supérieure aujourd’hui à ce qu’elle était en 2000.
      Mais, et c’est quelque chose que vous avez tendance à oublier, elle a chuté depuis 2008. Regardez les statistiques de la WTO, les échanges commerciaux internationaux étaient de prés de 16,000 milliards de dollars en 2008, il ne vont pas dépasser 13,500 milliards de dollars en 2010.
      Et tant qu’en occident l’endettement privatif ne pourra que diminuer, par vagues de liquidations de dettes successives, la demande continuera a diminuer ce qui finira par impacter la croissance des BRIC. Car nous sommes encore loin, très loin, d’être sorti de cette crise déflationiste.

      Donc, le problème du peak oil, qui est réel et gravissime pour le futur je vous l’accorde, va être momentanément repoussé tant que la crise déflationiste continue à faire ces effets sur la demande mondiale.Et à mon avis on en a pour au moins une, voir deux décénies.

  7. D’un tout autre intérêt que les émeutes de nos frères au Maghreb, l’action de ce fonctionnaire Philip Sion nommédu conseil; régional de la région marseillaise inspiré par Assanges et qui a décidé de publier tous les documents qui pourrait entrer en sa possession concernant les affaires qui se trament aux seins de la région marseillaise. Il est mis à pied, mais pense fonder un” wikileaks France “. L’agonie du capitalisme commence certainement par une volonté de transparence.

    bonne année qui commence pas mal…

  8. selon AFP

    Les émeutes s’étendent en Algérie

    Les émeutes lancées en Algérie par des groupes de jeunes contre la cherté de la vie se sont étendues jeudi soir et ont gagné en violence. De nombreux quartiers d’Alger ont été touchés par les émeutes jeudi dans le centre et la périphérie, amenant nombre de commerces à baisser leurs rideaux dès le début de l’après-midi et le centre-ville était vide de voitures en début de soirée mais bondé de jeunes gens.

    […]

    Le quartier populaire de Bab el Oued connaissait pour la seconde nuit consécutive d’importantes manifestations. La police lourdement armée et venue en nombre dès la fin de l’après-midi dans cette zone très densément peuplée, a dû faire usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, selon un témoin.

    […]

    Le consulat de France appelle à la vigilance

    En Kabylie, à Bejaïa, à quelque 260 km à l’est d’Alger, tout comme à Boumerdes, plus proche de la capitale, les manifestants avaient dès l’après-midi coupé les routes principales avec des arbres notamment ou des pneus enflammés. Selon un témoin, le tribunal d’Akbou, près de Bejaia a été incendié en fin de journée.

    La contestation a également gagné plusieurs quartiers populaires de Constantine, la grande métropole de l’est algériens, en début de soirée, où des manifestants ont coupé plusieurs routes avec des pneus en feu, a indiqué à l’AFP un habitant de cette ville.

    1. En Tunisie, haut lieu de tourisme culturel français, les émeutes elles aussi continuent et choses nouvelles les sites gouvernementaux sont soumis à des cyber attaques par les mêmes qui ont soutenus l’action d’ASSANGES. . Ce groupe d’anonymes proclame se mettre au service du peuple tunisien.
      Les intérêts français – gaz , minerai stratègique – dans cette région sont énormes surtout en Algérie. Paris s’est toujours évertué clandestinement à soutenir les dictateurs maghrébins jusqu’a les soutenir quand ils annulaient militairement des élections démocratiques mais dont les résultats leur déplaisaient.

  9. Tant qu’il se trouvera assez de monde pour continuer à accepter le dollar comme moyen de paiement, la corporation financière mondiale avec l’aide et la bénédiction de la Fed et des états donc la seule production est la finance pourront toujours motiver les partisans de la non régulation par l’impression virtuelle de plus de dollars à leurs comptes.

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