Archives par mot-clé : médecine

« Déremboursement de l’homéopathie »

Ouvert aux commentaires.

Les granules homéopathiques ne contiennent aucun principe actif. La chose est aussi certaine que l’origine anthropique du réchauffement climatique.

Ceci étant dit,

  • L’effet placebo des granules homéopathiques est incontestable. La chose est aussi certaine que l’efficacité de toute forme de psychothérapie (ça fait du bien à toute personne [susceptible de parler] que quelqu’un vous écoute).
  • Dans le cas des affections qui guérissent d’elles-mêmes et pour lesquelles aucun médicament ne devrait être pris, les granules homéopathiques ne contenant aucun principe actif, ne produisent pas d’effet secondaire négatif, au contraire de certaines potions.

Questions :

  • Le « déremboursement de l’homéopathie », en la décrédibilisant (partiellement) aux yeux de ceux qui y croient, va-t-il réduire son effet placebo bénéfique ? va-t-il encourager un déplacement vers des potions inutiles mais produisant des effets secondaires négatifs ?
  • Comment empêcher les médecins de rédiger des ordonnances pour les affections qui guérissent d’elles-mêmes ?
  • Comment décourager les patients d’imaginer qu’il faut nécessairement « prendre quelque chose » quand on est patraque ? (j’en fais partie : je me fais une infusion de boldo – ce qui ne fait de tort à personne [enfin, je ne pense pas]).
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KEYNES EN DES BONNES MAINS

J’écrivais dans NAUFRAGE DE KEYNES À LA FIN DE SA VIE que

… les antibiotiques auraient été d’un grand secours mais n’étaient disponibles que depuis peu et l’affection cardiaque dont souffrait Keynes n’était pas encore attribuée à une infection par les streptocoques.

J’ai découvert depuis que Keynes avait été diagnostiqué au moment de sa première crise cardiaque en 1937 comme souffrant d’une « endocardite causée par le streptococcus viridans » (Skidelsky 2000 : 6). Par ailleurs, l’un d’entre vous, que je remercie, me renvoie à une documentation suggérant que le Dr. Janos Plesch, le cardiologue de Keynes, fut l’un des tout premiers à prescrire à ses patients du Prontosil, le premier sulfamide connu, qui constituait un antibactérien puissant, efficace précisément contre les streptocoques.

Le Prontosil était utilisé dans les années 1930 comme colorant industriel. À partir de 1932, un médecin, Gerhard Domagk, s’est mis à tester les éventuelles vertus antibactériennes de la substance, vertus qu’il put confirmer en expérimentant sur des souris. Ariel Fenster rapporte la (trop belle ?) histoire de Domagk obtenant la confirmation de l’action fulgurante du Prontosil sur les streptocoques en pouvant sauver la vie de sa fille à l’aide de ce qui se révéla à cette occasion être un « médicament miracle ».

Il semblerait donc que John Maynard Keynes, atteint d’une affection cardiaque qui avait été diagnostiquée comme étant causée par les streptocoques, ait eu en fait la chance, après sa première crise cardiaque dramatique de juin 1937, d’être soigné par l’un des seuls médecins capables à l’époque de lui prolonger la vie de près de neuf ans.

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Bernstein, Jeremy, « Janos Plesch. Brief life of an unconventional doctor: 1878-1957 », Harvard Magazine, janvier-février 2004

Fenster, Ariel, « Prontosil – la petite histoire du premier ‘médicament miracle’ », Les Manchettes scientifiques d’Ariel Fenster, 4 mai 2012

Skidelsky, Robert, John Maynard Keynes. Fighting for Britain 1937-1946, London : Macmillan, 2000

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Les résistances aux antibiotiques : l’autre face d’une victoire à la Pyrrhus ?, par Timiota

Billet invité.

La presse s’est fait l’écho d’une étude lancée par UFC-Que choisir sur la présence croissante de bactéries résistantes aux antibiotiques dans des viandes de volailles venant de divers endroits, notamment de filières d’élevage françaises.

Les antibiotiques apparaissent ainsi comme une phase d’une lutte qui pourrait ne pouvoir se terminer que par une victoire à la Pyrrhus des humains, ceux-ci survivant en petit nombre face à un monde bactérien qui aura l’insigne amabilité de ne pas tuer son hôte à terre, au nom d’un zeste rédisuel de biodiversité.

De quoi s’agit-il ? Les bactéries échangent rapidement et facilement des bouts de leur génome, lequel est assez long et sophistiqué. Infiniment plus que celui des virus usuels en tout cas. Les antibiotiques agissent en gros pour bloquer la réplication des bactéries. Ce sont des molécules qui agissent à doses assez élevées en valeur absolue, ce ne sont pas des molécules avec une cible (molécule à laquelle elle s’accroche) ultra-spécifique, quoi qu’en disent les sources usuelles, mais seulement « assez précise », sinon il suffirait d’en prendre 10 mg, comme les tranquillisants ou autre. Or on doit prendre des gros comprimés, des doses de 1g environ.

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UNE « DÉMARCHE CAPITALISTE », par Tigue

Billet invité. Son auteur est chirurgien.

Parmi les deux gels utilisés dans la fabrication des prothèses PIP (voir par exemple, ici et ), l’un, « il est vrai, n’a pas reçu l’agrément des normes françaises », explique Me Yves Haddad. « Le problème est un problème de prix de revient et de coût, donc de bénéfice. C’est une démarche capitaliste, et c’est comme ça. » L’avocat a ajouté pour la défense de l’entreprise qu’il n’est pas démontré scientifiquement, à ce jour, que ce produit ait un caractère de dangerosité. « Le reste, c’est de la philosophie. Ce n’est pas bien (…) mais c’est comme ça », conclut-il.

Le philosophe peut il parler du reste ?

La pose d’implants mammaires est une intervention chirurgicale, et à ce titre comporte des risques pour la santé. Les bénéfices et les risques sont discutés au cas par cas et peuvent donner lieu à la réalisation de l’intervention moyennant un prix.

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