UNE « DÉMARCHE CAPITALISTE », par Tigue

Billet invité. Son auteur est chirurgien.

Parmi les deux gels utilisés dans la fabrication des prothèses PIP (voir par exemple, ici et ), l’un, « il est vrai, n’a pas reçu l’agrément des normes françaises », explique Me Yves Haddad. « Le problème est un problème de prix de revient et de coût, donc de bénéfice. C’est une démarche capitaliste, et c’est comme ça. » L’avocat a ajouté pour la défense de l’entreprise qu’il n’est pas démontré scientifiquement, à ce jour, que ce produit ait un caractère de dangerosité. « Le reste, c’est de la philosophie. Ce n’est pas bien (…) mais c’est comme ça », conclut-il.

Le philosophe peut il parler du reste ?

La pose d’implants mammaires est une intervention chirurgicale, et à ce titre comporte des risques pour la santé. Les bénéfices et les risques sont discutés au cas par cas et peuvent donner lieu à la réalisation de l’intervention moyennant un prix.

Comment est-on passé d’une procédure risquée (pour la santé et pour les conséquences économiques) consignée dans un contrat privé, à une catastrophe sanitaire, sortant du cadre privé et concernant le contribuable ?

« Une démarche capitaliste » est une notion qualifiée négativement par l’avocat de la société incriminée quand il dit : « ce n’est pas bien, mais c’est comme ça ».

L’expression « c’est comme ça » n’est pas sans rappeler le caractère amoral de l’économie libérale, mais existant et s’imposant cependant comme une évidence.

Jean Claude Michéa parle de ce point précis :

Il pourrait être utile, pour les citoyens que nous sommes tous, que le philosophe réponde à l’invitation de l’avocat à dire ce qu’est « le reste », avant que la justice ne le fasse dans le seul espace qui lui est imposé par le « droit libéral » qui n’est pas conçu pour réprimer un comportement social amoral et non vertueux, affaiblissant ainsi (concurrence déloyale) le comportement individuel moral ou vertueux, d’un médecin face à son patient, qui lui doit faire face au droit classique, et doit répondre de sa moralité (code de déontologie).

Si rien n’est fait, pour individualiser la justice au cas par cas, la logique libérale implacable fera passer à grande échelle, le médecin, du statut de victime collatérale possible de l’escroquerie, à celui de complice collatéral par construction logique (libérale).

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Notre commentateur Fod a réalisé une transcription de la vidéo de Jean-Claude Michéa, qu’il a l’amabilité de partager avec nous.

Jean Claude Michéa

La logique libérale

Une question que se pose un nombre croissant de contemporains, particulièrement dans les classes populaires du monde entier, c’est « comment se fait-il que le monde du progrès matériel et technologique soit un monde où se multiplient les évènements moralement inacceptables ? » En fait, je crois qu’il faut revenir aux sources de l’occident moderne et comprendre que son acte fondateur remonte aux traumatismes des guerres de religion. La guerre civile idéologique est la guerre désocialisante par excellence. Refonder une nouvelle société va supposer que l’on va trouver une solution. Puisque les hommes s’entretuent au nom de la morale, de la philosophie ou de la religion, il va falloir s’arranger pour neutraliser ces sources de disputes et de discordes et fonder la vie en commun sur une tout autre base : l’état devra être neutre sur la question des valeurs. Ses interventions devront  simplement veiller à ce que la liberté des uns n’empiète par sur celles des autres. C’est ça le principe de la modernité et le libéralisme est le courant de la modernité qui a porté jusqu’à son point le plus radical et le plus cohérent cette exigence. Le seul langage commun entre les hommes, c’est leur aptitude supposée naturelle à être guidé par leur intérêt bien compris. Sur les questions d’argent tout le monde est de la même religion. Le commerce de tous avec tous permettra de mettre fin à la guerre de tous contre tous.

Quand je dis que dans la société libérale, la morale n’a plus sa place, ce n’est pas au sens où elle devrait être persécutée ou éliminée, c’est au sens où elle est privatisée. De même que les libéraux vont privatiser la distribution de l’eau, de l’électricité ou de l’enseignement, on va privatiser les valeurs morales. Chacun est toujours libre de dire «je trouve que le salaire des patrons du CAC 40 est indécent. Est-ce bien, est-ce mal ? Est-ce que la façon dont on exploite les ressources de la planète correspond vraiment au bonheur de l’humanité ? “. Toutes ces questions peuvent donner lieu à des colloques animés au sens où chacun vient apporter sa conception privée de la chose. Mais ce qui est entendu, c’est qu’aucune des solutions privées, distrayantes et décoratives en tant que telles ne doit servir de base à une politique. C’est pour cela que les libéraux se présentent toujours comme les tenants d’un discours qui signent la fin des idéologies. Le grand problème, c’est qu’il doit y avoir régulièrement des élections et que tous les 5 ans, il faut déployer une rhétorique électorale pour que le chaland accepte de valider, sous une forme de gauche ou de droite, la poursuite du programme libéral. Donc, c’est vrai que pendant les campagnes électorales, il est permis à des politiciens libéraux d’invoquer Dieu, la morale, l’écologie, de critiquer Mai 68. Tout est possible. Ce qui explique par exemple que le président Sarkozy peut dire qu’à titre privé, lorsqu’un ouvrier qui travaille depuis 30 ans va se retrouver à la rue parce qu’un patron voyou aura cherché dans le cadre de sa métaphysique de la rapacité à gagner des profits indécents, il pourra dire au moins devant les écrans de télévision que d’un point de vue moral, sans doute, il les comprend, mais que – et là est sa grandeur et l’ampleur de son sens du sacrifice – il doit sacrifier la voix de sa conscience morale qui n’est qu’une voix privée. Quand on en revient aux choses sérieuses, quand le pouvoir est remis en place, il faudra que tout jugement moral soit mis entre parenthèses.

Exemple de neutralité libérale : la prostitution

Pour comprendre l’idée que la société libérale est axiologiquement neutre, c’est-à-dire qui ne se réfère à aucune valeur religieuse, morale ou philosophique commune,  il y a un exemple très simple. Au nom de quoi quand la prostitution est librement consentie ne serait-elle pas considérée comme un métier comme un autre ? C’est intéressant de voir qu’en Allemagne où la gauche a imposé l’idée que l’activité prostitutionnelle est un métier comme un autre, des ouvrières allemandes se sont vues très naturellement proposer par l’Anpe allemande comme métier, qu’elles devaient accepter sinon elles perdaient leurs indemnités chômage,  des contrats d’hôtesses de charme dans un Eros Center. On est là au bout d’une logique libérale libérée de tous les tabous. Puisque la prostitution est un métier comme un autre, comme boulanger, électricien, l’éducation nationale ayant pour fonction première de former la jeunesse à tous les métiers possibles, je ne vois pas au nom de quoi l’éducation nationale ne prendrait pas en charge la construction de filières de formation à la prostitution (licence, master etc…) avec le corps d’enseignants adaptés, les examens  correspondants, le corps d’inspecteurs qu’il faut. Et puisqu’il y a une logique libérale, la réalité dépasse toujours la fiction. Depuis 2008 en Nouvelle-Zélande, le gouvernement est en train d’étudier la construction d’une filière d’étude de la prostitution (licence, agrégation) qui sera enseignée à l’université, d’ailleurs pourquoi pas déjà au lycée si c’est un métier comme un autre. Si je suis libre de vivre comme je l’entends,  dès lors que je me prostitue volontairement et que je ne nuis à personne, de quel droit pourrait-on brimer ce droit fondamental de l’homme et de la femme et de m’empêcher de vivre ? C’est toujours au nom des droits de l’homme que les avancées du capitalisme ont lieu.

Le nomade attalien

L’idée que pour devenir un véritable citoyen du monde, il faudrait rompre radicalement avec tous les enracinements particuliers qui nous définissent au départ de la vie : l’attachement à des êtres, à des lieux, à un cadre de vie, une culture, une langue, est au coeur du système libéral. Il est clair que le Dogon du Mali aura toujours plus de chance de comprendre le berger mongol qu’un cadre du FMI dont le seul horizon culturel est la croissance illimitée dans un monde sans frontières. De ce point de vue, l’acte émancipateur pour le libéral, c’est la délocalisation. Au fond, il faudrait, pour que l’humanité ait une chance de devenir une véritable humanité, produire à la chaîne des Jacques Attali : transformer l’homme en maître attalien qui, comme il s’en vante en permanence, consume sa vie entre deux aéroports, avec pour seule patrie, un ordinateur portable. C’est un mode de vie hors sol dans un monde sans frontières à la croissance illimitée que la gauche valorise comme le sommet de l’esprit tolérant et ouvert, alors qu’il est simplement la façon typique de la classe dominante d’être coupé du peuple. Combien de kérosène coute la réalisation d’un monde où chacun vivrait en nomade attalien ? On a souvent parlé de gauche caviar, je me demande si on ne pourrait pas parler de gauche kérosène pour désigner ce que devient la nouvelle gauche : ce nouveau type humain que l’on nous vend à longueur de journée et qui est cette transformation de l’homme de gauche en nomade perpétuel, en touriste politique, et qui vit sa dépense de kérosène comme sa grande contribution à l’avenir de l’humanité.

L’universel, c’est le local moins les murs. On n’accède pas à l’universel en détruisant le local et en délocalisant, c’est en abattant les murs qui séparent les cultures locales. Et de ce point de vue, on comprend la mise en garde de Rousseau quand il nous disait : « défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher au loin des devoirs qu’ils dédaignent accomplir autour d’eux. Tel philosophe se flatte d’aimer les Tartares pour être dispensé d’aimer ses voisins. » Rousseau a décrit là quelque chose de fondamental de la mentalité libérale, et notamment des libéraux de gauche et d’extrême gauche.

Démission de la gauche

Quelle est la différence aujourd’hui entre un homme de gauche et un homme de droite sur le plan de la politique ? C’est que l’homme de gauche est rallié à l’économie de marché vaguement régulée et que sa différence électorale, il la jouera sur la légalisation de la drogue, du mariage homosexuel, ou tel ou tel problème sociétal qui feront le plus grand plaisir des bobos du monde entier et des classes urbaines, sans dire un mot de ces paysans qui composent presque la moitié de la planète et qui sont les grands absents de tous les programmes de la gauche moderne.

Quand on pense que deux des plus grandes institutions du capitalisme international sont dirigées par deux socialistes français, DSK et Pascal Lamy, on peut mesurer l’ampleur du drame, et c’est une des raisons qui explique que dans ce monde qui devient indécent, les forces qui devraient se faire entendre pour critiquer ce monde sont tragiquement muettes.

La croissance ?

Nous avons une gauche maintenant qui sur le plan de sa philosophie fondamentale, s’est ralliée à cette solution libérale et moderne qu’a formulé, une fois pour toutes,  ce grand penseur commun à la gauche et à la droite qu’était George Bush, «la croissance n’est pas le problème, elle est la solution. Relançons la croissance et nous pourrons alors rentrer dans le meilleur des mondes ». Or la croissance est le problème. Quelqu’un qui a fait un peu de philosophie aura envie de dire « la croissance de quoi ?» C’est à dire que quand je m’amuse avec mes élèves à leur poser la question : « êtes vous pour l’augmentation de ? » – puis, je laisse un silence -, il y a toujours deux ou trois élèves qui commencent à dire « l’augmentation de quoi, Monsieur ? ». Je dis «bonne question dictée par le bon sens !», l’augmentation ne peut pas être un programme par lui-même. Eh bien, sachez que les maîtres de ce monde ont pourtant une position étrange : pour eux, la croissance, synonyme d’augmentation indéfinie, est une philosophie à part entière. Cette croissance incorpore les choses les plus diverses : le pétrolier qui s’échoue sur les plages de Bretagne ou d’Espagne, l’usine qui saute en Inde, les progrès de la délinquance. Tout ce qui produit de la valeur ajoutée engendre de la croissance et c’est donc bon pour l’humanité. Si 40 000 voitures flambent chaque année en France, à titre privé, n’importe quel libéral comprendra que le pauvre ouvrier qui ne peut plus se rendre à son travail subit là un préjudice particulier, mais placé à l’échelle de la croissance et à la relance de l’industrie automobile que ces incendies occasionnent, on peut regretter qu’il ne brûle que 40 000 voitures par an. S’il en brulait 400 000, peut-être que le chômage serait résolu, l’inflation diminuée et la compétitivité de nos grandes entreprises supérieures. La grande objection que produit la notion de croissance et qui commence à rentrer dans les cerveaux, bien qu’aucun homme politique n’en tire la moindre conséquence pratique, c’est que dans un monde limité, la croissance infinie et illimitée est une impossibilité technique, matérielle, scientifique. Si on ne part pas de là, du mur écologique qui attend l’humanité, aucune réflexion intéressante sur le sort de la planète n’est possible. Si 6 milliards d’habitants décident de se construire une piscine privée, il arrive un moment où la terre – un élève de CM2 peut le comprendre – ne pourra pas supporter la charge. Et pourtant, nous nous dirigeons tranquillement vers cet idéal impossible. Et donc qu’on le veuille ou non, il faudra changer de manière de vivre pour l’humanité, et notamment pour ses élites, tôt ou tard, et le plus tôt sera le mieux.

Le jeunisme

La jeunesse occupe une place extraordinaire dans l’imaginaire de la modernité. On en a un signe dans «nous voulons rester jeune à tout prix», ce qui aurait étonné tous ceux qui peuplaient les civilisations antérieures pour qui il fallait bien que jeunesse se passe. Quelles que soient les quantités de Botox et de lifting, rester jeune à tout prix est un idéal impossible. D’où vient ce mythe de la jeunesse ? Toutes les nations totalitaires, des komsomols aux Hitlerjugend ou les Gardes rouges de Mao, ont accordé une place centrale à la jeunesse, mais une société qui met à la place de la philosophie ou de la morale, la science ou la technique, ou plutôt l’imaginaire de la science et de la technique, va donc nous familiariser avec les idées que pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les enfants sont les parents de leurs parents. D’où cette culpabilisation extraordinaire qui atteint la plupart des parents qui effectivement se sentent complètement désorientés dès qu’il s’agit de transmettre quelque chose ou de signifier une limite ou un interdit puisqu’au fond, c’est à eux à apprendre à l’école des enfants l’essentiel de la vie. Quiconque voit des enfants en bas âge comprend qu’au point de départ, il y a un idéal de toute puissance infantile que l’éducation va devoir civiliser. Comme le disait Lévi-Strauss, l’enfant n’est pas spontanément dans le donner-recevoir et rendre, il faut lui apprendre à attendre son tour, à passer après le frère, après la soeur. C’est d’ailleurs pourquoi les enfants uniques ont une facilité plus grande à s’intégrer dans les mécanismes de la modernité et du marché, et pourquoi la Chine, civilisation peuplée d’enfants uniques, au moins dans les zones urbaines, s’intègre dans le capitalisme avec une si grande facilité.

Éduquer l’enfant, c’est donc aller au rebours de sa nature. C’est lui apprendre à savoir donner, à savoir recevoir, à savoir rendre, et pas devenir un tapeur ou un futur exploiteur. Or, chacun voit bien que les principes de l’éducation libérale, c’est le contraire, émerveillés devant l’égoïsme de ce petit tube digestif sonore qui s’agite au départ.

Le parent est moderne, notamment quand il est de gauche, il retrouve le miroir des valeurs que le libéralisme lui enseigne et sa seule pédagogie est de mettre l’enfant au centre de tous les processus et de le laisser s’exprimer. Alors que je dois précisément lui apprendre à devenir humain c’est-à-dire à civiliser sa volonté de puissance infantile ; faute de quoi, il deviendra un de ces êtes égoïstes et égocentriques qui fournissent les élites du monde actuel.

Il faut comprendre que le projet libéral fonctionne en produisant un type d’homme nouveau qui est au fond un homme qui resterait en enfance, qui ne grandirait jamais, un « adulescent», ce qui explique aussi cette prolifération d’experts. Comme le disait un philosophe américain, «quand il n’y a plus d’adultes, alors commence le règne des experts », c’est-à-dire que puisqu’il n’y a plus d’adultes pour nous transmettre, nous allons nous tourner, faute de parents, vers un coach, des économistes ou des spécialistes en éducation ou des conseillers en sexualité, mariage, etc…

Les jeunes actuels vivent dans des conditions plus difficiles pour rentrer dans un monde plus dur, mais ça n’empêche pas que dans l’imaginaire de la société, ils sont objet en même temps d’une célébration. Cela dit, c’est un phénomène connu dans l’histoire : le prolétaire soviétique était un esclave du parti, mais chaque fois qu’il descendait dans la rue, il voyait affichées les images de son règne et de sa souveraineté. 80 % des jeunes vivent plus mal, mais dans un monde qui quelque part, célèbre leur valeur et produit cette sorte de désarroi de la jeunesse qui ne sait plus si elle est esclave ou maître. Suis-je le roi de ce monde ou la dernière roue du carrosse dans ce monde ? Essayez de vivre concrètement cette double injonction et il n’y a pas d’autre solution que de devenir schizophrène, et c’est pourquoi je pense qu’il n’a jamais été aussi difficile d’être jeune ou adolescent que dans la société dans laquelle nous sommes et plus encore dans celle dans laquelle nous entrons.

La logique du don

Le principe du libéralisme, c’est donc qu’il ne peut pas y avoir de valeurs communes et partagées en dehors de l’universalité du droit et de l’universalité du marché qui reposent sur des mécanismes axiologiquement neutres. Or, cette idée est fausse. Ce que montre Marcel Mauss, c’est que ce qu’il appelle la logique du don est ce qui organise les relations entre les hommes depuis la plus haute antiquité et qu’elle est une sorte de roc sur lequel l’humanité s’est construite. Aussi loin que l’on remonte dans l’humanité, les biens circulent et les services se rendent selon la triple obligation de donner, recevoir et rendre.

Donner qui fonde la générosité, savoir recevoir quelque chose comme un don et non comme un droit ou un dû, ça fait partie des qualités morales universelles, et savoir rendre ce que l’on appelle la reconnaissance et la gratitude. Ce roc universel que va détruire le donnant-donnant de l’échange marchand, c’est quelque chose qui n’est pas du tout une affaire du passé, c’est quelque chose qui continue à organiser une part essentielle de notre vie quotidienne. Quand vous êtes invité samedi prochain chez des amis pour une fête, qu’est-ce qui vous oblige à dire « qu’est-ce que j’amène ? » Rien. Pourquoi applaudissons-nous cet artiste qui a donné un concert magnifique ? Pourquoi applaudissons-nous alors que nous avons déjà payé ? Il est clair que notre vie quotidienne serait incompréhensible si elle devait se développer comme le veulent les économistes sous le signe exclusif de l’échange marchand. Si vous faites l’amour avec quelqu’un et qu’ensuite vous lui demandez « combien je te dois ? », vous verrez à travers sa réponse à quel point les structures du donnant-donnant ne sont pas la loi qui organise la totalité de nos vies quotidiennes, mais comment une part essentielle des échanges au sein de la famille, entre voisins dans le quartier, entre amis, relèvent d’une logique qui tient à distance celle de l’économie.

Les partageux

Quand on regarde les grands courants du socialisme, on s’aperçoit qu’au départ, l’ennemi premier des socialistes, c’est l’individualisme possessif et l’égoïsme radical. Et c’est pas par hasard si on appelait à l’époque les socialistes : les partageux. De ce côté là, j’ai lu l’autre jour avec étonnement que le magazine du NPA, parti anticapitaliste, avait choisi comme titre «tout est à nous». «Tout est à nous» comme mot d’ordre des partageux, je trouve ça étonnant qu’il ne soit trouvé personne pour faire remarquer que ce mot d’ordre est un mot d’ordre qui pourrait faire un tabac dans une crèche ou au bureau du Medef. C’est la devise anti-socialiste par excellence. C’est la négation du devoir de partage, d’entraide et de solidarité, mais ça en dit long sur l’inconscient qui mine la gauche et l’extrême gauche actuelle. «Tout est à nous» c’est confondant…

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135 réflexions sur « UNE « DÉMARCHE CAPITALISTE », par Tigue »

  1. Amsterdam, 5 Janvier 2012

    N’oublions jamais que M. Samuel Katzman, le monsieur lâche se cachant derrière un pseudonyme dubieux, a attaqué d’une façon incroyable Paul Jorion il y a quelques jours ici au BLOG.

    Il est un loup déguisé en mouton, parceque il a défendu les actions meurtrières du duo Friedman/Pinochet, ainsi que les complicités de l’ancien maire de Kréfeld en Allemagne, Herr Heinz Alfred Kissinger, se cachant derrière son prénom anglophonié Henry. Un Allemand d’ailleurs, qui a trop oublié pourquoi, en 1938, sa famille, fuyant les persécutions nazies, est parti pour New York.

    Notre loup déguisé en mouton Samuel Katzman, qui ne veut pas révéler sa vraie identité ici au BLOG, empoisonne le climat ici au BLOG, et il tente de nous séduire ici.
    Mais, attention! Avec sa flûte il est un charmeur des rats de Hamelin, qui entraine des troupeaux des agresseurs dangéreux.

    Les conséquences, nous les connaissons en Europe.

    N’oublions jamais le sort de Olof Palme.

    Enterré où René Descartes a été enterré.

    http://www.20min.ch/diashow/19644/1986_palme.JPG
    http://en.wikipedia.org/wiki/File:Palme_Trauer_1986.jpg
    http://www.youtube.com/watch?v=LG-EkSCwTgA
    http://www.youtube.com/watch?v=U3653AEu6_0&feature=related
    http://2.bp.blogspot.com/-gplyK7B5lYo/TlwT2tZH65I/AAAAAAAAEDc/VQRPsfBCqx0/s1600/OlofPalme-flowers.jpg
    http://svenskserber.se/savez/wp-content/uploads/olof-palme.jpg
    http://www.russiablog.org/KissingerB&W.jpg
    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/28/Olof_Plame_demonstration_mot_Vitenamn_kriget.JPG/250px-Olof_Plame_demonstration_mot_Vitenamn_kriget.JPG
    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3b/Olof_Palme%27s_grave.jpg/260px-Olof_Palme%27s_grave.jpg
    http://www.google.nl/imgres?imgurl=http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3b/Olof_Palme's_grave.jpg/260px-Olof_Palme's_grave.jpg&imgrefurl=http://nl.wikipedia.org/wiki/Moord_op_Olof_Palme&usg=__YEUTw3GE1G5mWKAYIZ3CmZCgyc4=&h=256&w=260&sz=20&hl=nl&start=7&zoom=1&tbnid=pdOjBjPQYvxW-M:&tbnh=110&tbnw=112&ei=whUFT6v7F8_0sga2tuCBDw&prev=/search%3Fq%3Dolof%2Bpalme%26um%3D1%26hl%3Dnl%26sa%3DN%26gbv%3D2%26rlz%3D1W1ADRA_nlNL417%26tbm%3Disch&um=1&itbs=1

    http://www.centpapiers.com/in-memoriam-olof-palme/11622

    N’oublions jamais le 28 Février 1986.

    Vous êtes complice, Samuel Katzman.

    Je vous accuse Samuel Katzman!

    Johan Leestemaker, Amsterdam.

  2. extraits de COMMUNAUTARIENS vs LIBERAUX (Alain de Benoist)
    Le libéralisme néglige et fait disparaitre les communautés qui sont un élément fondamental et
    irremplaçable de l’existence humaine.Il dévalue la vie politique en considérant l’association politique comme un simple bien instrumental sans voir que la participation des citoyens à la
    communauté politique est un bien intrinsèque constitutif à la vie.
    Il est incapable,quand il ne les nie pas,de rendre compte de manière satisfaisante d’un certain
    nombre d’engagements et d’obligations,,tels ceux qui ne résultent pas d’un choix volontaire ou d’un engagement contractuel,comme les obligations familiales.il propage une conception erronée du moi en se refusant à admettre que celui-ci est toujours encastré dans un contexte social historique,et en partie au ,moins constitué par des valeurs et engagements qui ne sont ni objets d’un choix,ni révocables à volunté

  3. Ne pas s’assurer de la qualité optimale et de l’origine des implants
    c’est une faute lourde ça semble incontestable.
    Se battre pour démontrer le contraire c’est tout simplement immoral.
    C’est soit de l’incompétence, soit de la malveillance ou encore de la cupidité
    Et pour les détracteurs de Michéa ,défendre les valeurs morales , ce n’est pas être réactionnaire
    c’est simplement connaître .la nature humaine.
    L’amoralisme c’est nouveau ça vient de sortir! On ne va tout de même pas revenir aux vieilles valeurs de papa quand même ,!!
    Mon diagnostique c’est qu’il y a des coups de pieds au cul qui se perdent….

    1. @alifeel

      Vous dites:
       » Ne pas s’assurer de la qualité optimale et de l’origine des implants
      c’est une faute lourde ça semble incontestable.
      Se battre pour démontrer le contraire c’est tout simplement immoral.
      C’est soit de l’incompétence, soit de la malveillance ou encore de la cupidité »

      De qui parlez vous ?
      Vous êtes chimiste vous ?
      Vous faites comment pour tester un implant enfermé dans un triple emballage stérile, fabriqué en France, autorisé par les autorités de controle, remboursé par la sécu, payé au prix fort ?
      Vous défaites les emballages, vous fendez l’ implant pour extraire le gel de silicone et l’ analysez avec votre petit labo portatif ?
      Et après vous en faites quoi ? Vous en ouvrez un autre ? Pour être sûr ? L’ odeur peut être ?
      Vous en faites combien de cartons avant que la patiente se réveille ?
      Appliquez vous ces très hautes valeurs morales de vérification au pédiatre qui vaccine vos enfants ?
      Que faites vous si il ne dégouline pas de sueur au milieu de toutes ces boîtes ouvertes , son labo portatif tout fumant d’ hyperactivité ?
      Et le conducteur de la rame de métro, a-t-il bien vérifié avec son spectromètre portatif que la pièce qu’ il vient de faire changer contient bien les bonnes proportions d’ alliages de métaux ?
      Y’a un os dans votre raisonnement là, vous surestimez ou sous-estimez gravement votre serviteur, mais il y a gourance I feel…

  4. Eh bien, messieurs, quelle empoignade mais, de grâce, évitez les attaques personnelles. Je crois que dans ce blog on parle idées, politique, économie mais si vous voulez supputer la signification de tel ou tel pseudo ou chercher qui se cache derrière tel ou tel. ..alors vous avez vraiment du temps à perdre et je vous conseille plutôt d’aller sur Meetic.

    Oui, je m’en suis pris à M. Jorion. Mais ce n’est pas moi qui ai commencé. Quand on compare Hayek à Hitler, faut quand même se tenir si on se prétend intellectuel et arrêter de faire des amalgames malhonnêtes et inopérants. Se jeter des Hitler à la figure, c’est juste bon pour les cours de récréation.

    Hayek = Hitler, tout ça parce que dans les années 70 et en situation de guerre froide, ce brave M. von Hayek préférait faire confiance à l’armée chilienne pour remettre le pays sur les rails plutôt qu’à des comités de type guévariste, castroïde et pré-chavézien.

    Je répète ici que l’histoire a donné raison à Hayek et que Pinochet a non seulement rendu service à son pays mais aussi à toute l’Amérique latine. C’est en effet en méditant sur l’expérience chilienne qu’une grande partie de l’extrême-gauche du continent s’est détournée du radicalisme marxisant insurrectionnel pour obliquer vers la social-démocratie et le libéralisme politique (merci camarade Lula). Symétriquement, les armées latino sont rentrées dans leurs casernes.

    Pour le fascisme SVP, allez voir ailleurs : Bloc identitaire, jobards hongrois, M. Alain de Benoist et sa Nouvelle droite, pas chez moi.

    Je suis libéral parce que je crois en la séparation de l’Eglise (catholique, socialiste, communiste, nationaliste, écologiste, républicaine,…) et de l’Etat. L’Etat n’a pas à me faire la morale, à m’éduquer, à me dire ce que je dois penser. Il est là pour défendre mes libertés. Il doit être d’une neutralité absolue et même quasiment désespérante, oui M. Michéa. Ne rien espérer de l’Etat, tel est le sceau de la liberté.

    1. J’allais mettre à la poubelle à lire votre ramassis ignominieux. Les morts de Pinochet penseront fort à vous et à vos écrits qui saluent le « service rendu à son pays ».

      Ceci est le dernier message que vous publiez sur ce blog.

      1. @ Julien Alexandre

        Et quand je pense que vous m’accusiez sur un autre fil, lors d’un débat sur le revenu universel, de promouvoir des pensées libertariennes ( ce que je pense ne pas être), je constate que je suis un nain à côté de ce Katzman… et bien inoffensif. 😉 😉

      2. Difficile, d’avoir des mots, quand la prédation ce fait par l’intellect contre la vie des autres, à moins d’en être proche.
        Il est mieux de l’avoir laissé passé, que d’avoir senti de suite l’odeur du sang.

    2. « C’est en effet en méditant (…) »
      La méditation d’un Hamlet par exemple, contemplant un crane ?
      Celle d’un « extrême-gauche » contemplant un crane d’un ‘disparu’ au fond des geôles de Pinochet ?
      Sûr qu’en la ‘matière’, il y a de quoi ‘réfléchir’ sur sa propre expérience.
      Merci m’sieur Pinochet, merci M. Hayek, d’avoir répandu la grande culture parmi ces masses si laborieuse : « être ou ne pas être, voilà la question » …
      Vous avez raison.
      Traiter Hayek d’Hitler est insultant. Hitler n’était qu’un artiste raté.
      Alors que Hayek, pardon, nous révèle les profondeurs réflexives de l’existence humaine et ça, bordel, ça n’a pas de prix !!
      C’est pas les fangeux d’extrême-gauche qui diront le contraire.
      De fait, il est rare qu’un crane soit doué de la parole …

      Nous vous souhaitons la même introspection réflexive et puissiez-vous ensuite nous entretenir des réponses que vous y aurez trouvé.
      Depuis l’au-delà … de « l’être hayekien ».

      L’être hayekien n’est pas nazi.
      C’est le néant de la pensée.
      Retournez-y.

    3. Ne rien espérer de l’Etat, tel est le scean de la liberté

      Si vous lisez encore votre conclusion est du niveau maternelle que vous dénonciez plus haut.

      La liberté est une utopie, un joli concept théorique, dans la pratique où sommes nous réellement libres ?

      Vous êtes un rêveur même si vous êtes un sale rêveur par ce que vous pensez et écrivez

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