L’INDÉPENDANCE DE LA BCE CONTESTÉE, par François Leclerc

Billet invité.

Des voix et non des moindres s’élèvent au Parlement européen pour contester la politique de la BCE, piétinant le mythe de son indépendance. Mais c’est pour défendre une mauvaise cause, en s’opposant au projet de nouveau traitement des prêts non performants (NPL) inscrits au bilan des banques européennes. Antonio Tajani, son président, a fait part de sa préoccupation à ce sujet, et une jacquerie s’est depuis engagée.

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AU PARLEMENT EUROPÉEN, LA CRISE POLITIQUE DÉBORDE, par François Leclrerc

Billet invité.

La crise politique qui parcourt toute l’Europe trouve son expression naturelle au Parlement européen, à l’occasion des auditions des candidats aux postes de commissaires. Une grande coalition composée des sociaux démocrates, des libéraux et des groupes de droite (PPE) avait pourtant été constituée avec pour objectif de garantir que les choses se passent sans mal. Mais tout est allé de travers, et une réunion de crise va réunir mardi ses protagonistes avec Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, afin d’éviter une catastrophe lors du vote d’investiture prévu le 22 octobre prochain.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 8 NOVEMBRE 2013

Sur YouTube, c’est ici.

Mon intervention au Parlement Européen, le 5 novembre 2013

– Blog de PJ : Parlement européen, Comité pour les affaires économiques et monétaires, le mardi 5 novembre 2013, de 15h30 à 18h30

– Blog de PJ : Les prêtres d’une religion féroce, le 6 novembre 2013

La vidéo du Parlement Européen :

Publication

Projet d’entretiens croisés sur l’économie et la finance avec Bruno Colmant pour le quotidien financier belge L’Écho

Autres interventions en novembre

Marseille, Rencontres Capitales, le samedi 16 novembre

La Louvière, Le capitalisme est-il à l’agonie ?, le mercredi 20 novembre

Paris, Parti de Gauche : Colloque sur le coût du capital, le samedi 23 novembre

Liège, PointCulture, Sonnez les matines, le samedi 30 novembre

Autre

– Le Vif, « Jorion, Toussaint et d’autres appellent à imposer le capital et annuler des dettes », le 6 novembre 2013

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LES PRÊTRES D’UNE RELIGION FÉROCE

Jusqu’ici, les membres de la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international), constituaient pour moi une entité abstraite : il s’agissait de gens existant quelque part, manifestement dans l’erreur, et une erreur coupable et dangereuse, mais j’étais bien incapable de leur mettre un visage, si ce n’est pour leurs principaux dirigeants, lesquels sont engagés désormais dans un bras de fer réjouissant, révélateur du désarroi qui les gagne.

Mais hier, j’ai vu et entendu au Parlement européen, deux membres de la Troïka, et pas des moindres puisqu’ils dirigent l’équipe qui « s’occupe » de la Grèce : Servaas Deroose pour la Commission européenne et Klaus Masuch pour la Banque centrale européenne, et là, mon opinion sur la Troïka a tout à fait changé.

Il ne m’est plus possible désormais d’imaginer qu’il pourrait s’agir avec eux de gens se trompant de bonne foi : je n’ai en effet entendu que des camelots de foire débitant des boniments, appelant « victoires », des déroutes sanglantes, qualifiant de « chiffres encourageants » la mesure quantitative de l’effondrement de la zone euro, prenant appui sur les preuves rétrospectives de leurs errements passés pour appeler à un effort supplémentaire dans la même direction et, à bout d’arguments devant les démentis que leur offre la réalité, blâmant les Grecs qui « refusent de faire ce qu’on leur demande » !

Mais qu’attendre d’autre de la part d’économistes car c’est bien ce qu’ils sont, qui nous expliquent depuis cent quarante ans que si leurs prévisions sont systématiquement fausses, ce n’est pas parce que leurs théories sont sans fondement mais parce que les hommes hélas ne sont pas suffisamment rationnels au sens psychopathique qu’ils ont attribué de leur côté au mot « raison ».

Que pouvons-nous faire pour les ramener précisément à la raison ? Rien hélas : ce sont les prêtres d’une religion féroce qui se co-optent entre eux, loin, bien loin, de toute élection démocratique. Nous en sommes réduits, à l’instar des parlementaires européens hier, à les couvrir de nos quolibets, à les poursuivre de nos lazzi, à chercher à les faire taire sous nos sifflets, mais si cela calme nos nerfs, cela ne suffit pas malheureusement à les empêcher de nuire de plus belle.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 25 OCTOBRE 2013

Sur YouTube, c’est ici.

Parlement européen 

Comité des affaires économiques et monétaires, le 5 novembre à 15h30
– Blog de PJ : Une conversation aujourd’hui avec John Dunn, le 18 octobre 2013

Relier les pointillés

– Blog de PJ : Le recul brutal de l’influence américaine, le 24 octobre 2013
– Blog de PJ : Tout est permis, le 23 octobre 2013

La fin de l’empire romain
La « bigger picture » : la vue d’ensemble

La collusion

– Blog de PJ : Y a-t-il un mot plus fort que nullissimme ?, le 22 octobre 2013
« Does the Rolodex Matter? Corporate Elite’s Small World and the Effectiveness of Boards of Directors », par Bang Dang Nguyen
– Le Monde : Dexia et les vaches à lait, par Paul Jorion, le 21 octobre 2013

Une période d’effondrement accéléré

L’observation que la zone euro ne peut pas fonctionner avec une croissance inférieure à 5% n’est pas mentionnée comme je le dis (après beaucoup d’hésitations) par Martin Wolf, mais par Wolfgang Münchau :
– Financial Times – Draghi is the devil in Weidmann’s eurozone drama, par Wolfgang Münchau, le 23 septembre 2012

Bigger picture

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 12 JUILLET 2013

Sur YouTube, c’est ici.

Parlement européen, Comité des affaires économiques et monétaires, le 5 novembre 2013 : Succès et échec dans les pays en crise ; le programme est ici

Blog de PJ – Le seul moyen qui reste encore de sauver l’euro, le 24 juillet 2012
Blog de PJ – « La seule solution, c’est la mutualisation des dettes », le 4 septembre 2012
Blog de PJ – Dette publique, la seule approche raisonnable, le 11 juillet 2013
Blog de PJ – Projet d’article pour l’Encyclopédie au XXIe siècle : Dette (de l’État), le 11 juillet 2013

Conférences-débats au lazaret Ollandini d’Ajaccio, du 16 au 20 juillet

La biographie de Keynes en trois volumes de Robert Skidelsky (1983, 1992, 2000) n’a pas été traduite en français, le livre John Maynard Keynes (1975) de Hyman Minsky, non plus.

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L’INEXORABLE LOBBY BANCAIRE EUROPÉEN, par Philippe Lamberts

Billet invité. Philippe Lamberts est député européen écologiste et co-président du Parti vert européen

Le risque d’une nouvelle crise bancaire en Europe s’apparente de moins en moins à une fiction. Surendettées et fortement exposées aux dettes souveraines des pays de la périphérie de la zone euro, les banques européennes assistent en effet impuissantes depuis l’été 2011 à l’effondrement de leur valeur boursière.

À première vue, la menace d’un nouveau cycle de faillites bancaires paraît surprenante compte tenu du soutien public sans précédent dont les banques européennes bénéficient depuis 2008. Outre les aides d’État colossales (1240 milliards d’euros entre octobre 2008 et décembre 2010) qui leur ont été octroyées, celles-ci bénéficient également des apports de liquidité de la Banque centrale européenne (BCE). Empruntées à des taux très faibles (1,5 %), ces liquidités sont réinvesties par les banques dans l’achat d’actifs à haut rendement.

Malgré leur ampleur, ces aides financières n’ont pas atteint leur objectif. À l’image du botox injecté aux actrices vieillissantes, elles ont en effet gommé superficiellement les fêlures du système, sans pour autant les éliminer. La cause de cet échec tient principalement au fait que l’opération de socialisation des pertes de l’industrie bancaire ne s’est pas accompagnée d’une réelle refonte de ses structures.

L’examen de la proposition de réforme bancaire de la Commission européenne (dénommé « CRDIV ») révèle combien le lobby bancaire – surreprésenté dans les 19 groupes d’experts qui conseillent la Commission sur les matières liées au secteur financier – est parvenu à en limiter fortement la portée. Sa première victoire est d’avoir convaincu la Commission de proposer un rehaussement (de 8 % à 10,5 %) relativement faible des fonds propres réglementaires des banques. Second succès : les standards de liquidité proposés par la Commission feront l’objet d’une longue période d’observation, sans aucune garantie de réglementation contraignante à la fin du processus. Or, les difficultés de refinancement sur le marché que rencontrent actuellement les banques françaises témoignent de l’urgence de contraindre ces dernières à privilégier un financement de long-terme de leur bilan.

La troisième victoire du secteur bancaire concerne l’absence de mesures spécifiques limitant les opérations financières entre le système bancaire régulé et le système bancaire dit « fantôme ». Ce dernier – qui englobe la plupart des acteurs financiers non régulés tels que les véhicules hors-bilan, les fonds spéculatifs, etc. – constitue pourtant un mécanisme clé à travers lequel la crise s’est propagée. Enfin, le fait d’armes le plus cinglant du lobby bancaire est d’être parvenu à exclure du champ d’application du projet de réformes de la Commission tout type de mesure posant les prémices d’une séparation stricte des métiers bancaires (banque de dépôt et banque d’investissement).

Il revient désormais au Parlement européen et au Conseil de négocier le règlement final qui jettera les bases du nouveau cadre prudentiel de l’Union. Les députés européens sont en cela confrontés aux mêmes choix que les gouvernements : contribuer au désenchantement démocratique en cédant aux cris d’orfraie du lobby bancaire ou, au contraire, le combattre en prouvant qu’il est encore possible de remettre la finance à sa place.

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BANNIR LES POSITIONS « NUES » SUR CDS AU NIVEAU EUROPÉEN

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Quelles seront les conséquences de l’accord hier dans la soirée à Bruxelles à propos d’une motion du Parlement européen interdisant les positions dites « nues » sur les Credit Default Swaps (CDS) portant sur de la dette souveraine européenne ?

Je rappelle que dans une position « nue » sur CDS, l’« assuré » s’assure contre un risque qu’il ne court pas réellement, d’où la caractérisation : « s’assurer sur la voiture du voisin ». Celui qui contracte un CDS sur de la dette grecque, sans en disposer, c’est-à-dire sans avoir prêté d’argent à l’État grec, vise un gain en cas de défaut de la Grèce sur ses obligations, défaut qu’il encourage par ailleurs, puisque son CDS pèsera sur les taux que le marché des capitaux exigent de l’État grec.

Il s’agit en tout cas avec l’interdiction votée hier à Bruxelles, d’une mesure à caractère hautement symbolique puisqu’on s’en prend – une fois n’est pas coutume – aux spéculateurs. N’insistons pas sur la belle ingratitude dont font preuve les parlementaires européens quand on pense à la générosité des spéculateurs qui apportent jour après jour, et sans jamais se départir, de la liquidité aux marchés (soupir d’aise !) – le fait qu’ils piquent les sous des consommateurs quand ils poussent les prix à la hausse et ceux des producteurs quand c’est à la baisse, étant lui discrètement passé sous silence car « ayant été réfuté par de très nombreuses études universitaires » (sic).

Il s’agit aussi d’une mesure ayant requis une énorme somme d’efforts de la part des initiateurs du projet, et de Pascal Canfin du groupe Europe Écologie – Les Verts, en particulier.

Au cas où elle serait confirmée par un vote en assemblée plénière du Parlement européen en novembre, la mesure sera-t-elle efficace ? On l’espère, en dépit de plusieurs clauses restrictives inscrites dans le texte et qui ont la capacité de l’émasculer… significativement.

Ainsi, les pays signataires auront le droit de suspendre la mesure durant plusieurs années sur leur territoire s’ils jugent que le marché de leur dette publique aurait à en souffrir. Ainsi aussi, les positions « nues » seront autorisées si l’intervenant est exposé par ailleurs à un risque « corrélé » à celui de la dette publique au sujet de laquelle il contracte un CDS. Imaginons que je possède de la dette portugaise. Si la Grèce restructure sa dette, il va de soi que le Portugal se retrouvera immédiatement dans la ligne de mire comme prochain candidat possible à une restructuration et que les risques de défaut sur le Portugal et la Grèce sont bien « corrélés ». Il me sera donc toujours loisible de contracter un CDS en position « nue » sur de la dette grecque, et donc de spéculer sur le défaut de la Grèce, et cela sous le prétexte (ai-je dit « fallacieux » ?) que je cours un risque sur de la dette portugaise.

Le plus grand risque lié à cette clause restrictive est cependant celui-ci : quand une crise éclate, tous les prix baissent simultanément et les spéculateurs auront beau jeu de démontrer qu’en pariant à l’aide de CDS en position « nue » sur la chute de l’ensemble des États, il ne font rien d’autre que se protéger contre des risques corrélés – ce que les chiffres ne pourront que confirmer. On aurait voulu s’assurer, en restreignant l’interdiction adoptée à Bruxelles par cette clause, que le risque de contagion du risque de crédit sur la dette publique sera maintenu à tout prix, qu’on ne s’y serait pas pris autrement.

On nous affirme bien sûr que les régulateurs des pays cherchant à obtenir des exemptions de l’interdiction pourront soumettre leur cas à l’Autorité européenne des marchés financiers, le fait que l’opinion de celle-ci ne sera pas contraignante n’est cependant pas là pour nous rassurer.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Voyages, partis et urgences

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Me voici donc revenu chez moi, après dix-huit jours sur les routes de France et de Navarre (c’est le cas de le dire), reliant essentiellement deux interventions : la première au « Banquet » de Lagrasse, le seconde aux Journées d’été des Verts à Nantes, et complétées de visites à des amis très chers, à de la famille non moins chère (j’en ai parlé), et des endroits à voir ou à revoir pour le simple plaisir : Carcassonne, le Tourmalet, Biarritz.

Malgré des conditions parfois assez acrobatiques et des connexions internet un peu chiches, je suis arrivé à maintenir la continuité des vidéos du vendredi et ce challenge constitue pour moi un plaisir toujours renouvelé. Les billets invités de grande qualité ont permis de poursuivre le débat pendant ce temps-là. De mon côté, pas mal de retards accumulés mais je devrais retrouver ma vitesse de croisière dans les tout prochains jours.

Un mot sur mon intervention hier chez les Verts, en compagnie de Pierre Larrouturou et de Pascal Canfin.

Je réponds comme vous le savez à toutes les invitations de partis civilisés d’intervenir dans leur cadre et, en plus des Verts, j’ai déjà répondu à des invitations, dans l’ordre, d’Henri Emmanuelli pour la gauche du PS, de Pervenche Berès pour le groupe Socialiste du Parlement européen, de Corinne Lepage pour Cap21, et à deux reprises maintenant, des Verts.

Les partis politiques ne constituent pas mon cadre de prédilection. D’abord, comme je dis tout ce qui me passe par la tête, la discipline de parti, ce n’est pas vraiment ma tasse de café. Ensuite, les échéances électorales n’ayant aucun rapport avec la réalité, elle constituent pour moi un carcan insupportable. Exemple : les Verts préoccupés des présidentielles en 2012. Je l’avais noté incidemment à propos du Sommet de Zermatt : les intervenants se partageaient en deux camps qu’on pouvait caractériser comme : « Perspectives à l’horizon 2020 » et « Dans quel état le monde sera-t-il l’année prochaine ? ». J’appartenais cela va sans dire au deuxième groupe. Du coup, j’interviens essentiellement dans une perspective critique : « J’entends bien ce que vous dites faire. Personnellement, je m’y prendrais autrement… ». Hier, précisément, un échange parfois un peu vif de ce type-là avec Pascal Canfin.

Vous devez vous souvenir qu’en juin, Pascal Canfin, eurodéputé Vert, avait lancé un appel à la mise sur pied d’un contre-lobby financier. J’avais fait remarquer à l’époque que Le blog de Paul Jorion joue déjà un rôle de groupe de pression dans ce domaine. En réponse sans doute à ma remarque de l’époque, Canfin disait hier que ce qu’il a en tête est très différent : un lobby capable d’émettre une opinion circonstanciée sur toutes les propositions réglementaires dans le domaine financier dans le cadre européen. Alors là, d’accord, on sort entièrement de ce que nous entendons faire dans le cadre du blog. Depuis trois ans, la quasi-totalité de ces propositions sont soit de purs exercices de propagande, soit des diversions grossières, et nous n’avons certainement pas de temps à perdre à gloser là-dessus. Vous nous voyez éplucher les 2 300 pages du « financial overhaul » américain dont le but officieux est – comme il a été dit – d’« avoir l’air de faire quelque chose » ?

J’ai posé deux questions à Pascal Canfin. La première : le « lobby » est-il vraiment une forme d’institution qu’il est souhaitable de vouloir reproduire ? La seconde – et là je rejoins ma remarque précédente sur le sens de l’urgence – l’espérance de vie de la finance justifie-t-elle l’effort nécessaire à la mise en place d’un contre-lobby ?

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN, par Pervenche Berès

C’est à l’initiative de Pervenche Berès qu’il m’a été donné l’occasion, à deux reprises (1), de m’adresser aux parlementaires européens. Elle me communique une PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN, que je me fais un plaisir de vous faire connaître.

PARLEMENT EUROPÉEN 2009 – 2014

{CRIS}Commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale

2009/2182(INI)

{06/05/2010}6.5.2010

PROJET DE RAPPORT

sur la crise financière, économique et sociale: recommandations concernant les mesures et initiatives à prendre (rapport à mi-parcours)

(2009/2182(INI))

{CRIS}Commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale

Rapporteure: Pervenche Berès

PR_INI

SOMMAIRE

Page

PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN…………………………… 3


PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN

sur la crise financière, économique et sociale: recommandations concernant les mesures et initiatives à prendre
(rapport à mi-parcours)

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L’actualité de la crise: confusions et indécisions, par François Leclerc

Billet invité.

CONFUSIONS ET INDECISIONS

En peu de temps, de nombreux éléments concordants sont venus accréditer l’idée que nous sommes probablement au début d’un tournant de la crise. Sans être en mesure de comprendre où celui-ci va nous conduire. Comme si tous les discours dont nous avons jusqu’à maintenant bénéficié étaient épuisés, leurs veines taries, que le temps des pronostics de circonstance était révolu, et qu’il allait falloir passer d’une manière ou d’une autre à l’acte, mais lequel  ?

On perçoit dans l’actualité qu’une réelle incertitude s’approfondit dans les milieux qualifiés de décisionnaires, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, selon des modes et des sujets différents. A laquelle semble correspondre une non moins réelle et palpable indécision. L’heure est encore à l’énumération des multiples dangers qui nous menacent, celui des déficits publics ayant succédé à celui de l’inflation, qui n’était plus crédible, sans que l’on soit encore franchement entré dans le vif des sujets qui risquent de fâcher. Il faudrait en tirer les conséquences, mais lesquelles précisément ?

A Washington, on est étourdi par une multiplication d’initiatives qui partent un peu dans tous les sens. Venant du Congrès ou de l’administration, toutes témoignent, dans leurs genres respectifs, de la même exigence ressentie par leurs acteurs : aller à la rencontre de l’opinion publique, à défaut de résoudre l’essentiel de ce qui la préoccupe, c’est à dire le chômage. Alors que les mégabanques poursuivent sur leur brillante et impudique lancée.

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Commission Spéciale sur la Crise Financière, Économique et Sociale (CRIS) du Parlement Européen, le 10 novembre 2009

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

J’étais hier après-midi, l’un des huit « experts » conviés par la Commission Spéciale sur la Crise Financière, Économique et Sociale (CRIS) du Parlement Européen, à Bruxelles, sur « Les causes de la crise financière, ses conséquences et ses défis pour l’Union Européenne ».

Depuis la rentrée en septembre, j’ai participé à une demi-douzaine de réunions de ce type, où une brochette d’orateurs est appelée à se prononcer sur un thème similaire. Spécificité de l’après-midi d’hier : la médiocrité des interventions de mes co-panélistes, accumulant les clichés, les propos convenus, ânonnant les directives – qui de sa banque, qui de son gouvernement –, tout cela dans une affreuse langue de bois bureaucratico-administrative. Autre spécificité de la réunion d’hier : le très faible niveau d’information des intervenants de la salle, émergeant parmi les quelques centaines de parlementaires présents et leurs assistants, et posant des questions dont la teneur suggère – pour utiliser l’expression consacrée – qu’ils ou elles « tombent des nues ». J’excepte intentionnellement du lot, ceux qui, s’adressant à moi, insistèrent pour entendre le point de vue spécifique d’un anthropologue.

J’ai présenté comme origine de la crise, cinq causes principales (le résumé de mon intervention devrait être mis en ligne sur le site du comité) : baisse de la part salariale dans le partage du surplus au cours des trente dernières années – soulignant le rôle joué par les stock-options dans ce processus –, remplacement des salaires déficients par une politique de crédit complaisante, montée en puissance des bénéfices financiers dans la création de richesse – jusqu’à dépasser aux États-Unis 40 % de celle-ci, médiocrité et insuffisance des modèles financiers, aussi bien dans la valorisation des produits que dans la gestion du risque, enfin, vice conceptuel de la titrisation, transposant abusivement une logique assurantielle à un secteur – l’immobilier – coutumier des bulles financières.

Concluant par une perspective géopolitique, j’exposais brièvement la dynamique du « G2 » – encore appelé « Chimérique » – l’illustrant d’une référence au principe « faire de la force de son adversaires, sa faiblesse », emprunté aux arts martiaux chinois aussi bien qu’à l’« Art de la guerre » de Sun Tzu. M’adressant à l’auditoire, je lui demandais de manière très rhétorique si l’Europe entendait suivre les États-Unis dans le gouffre qui s’est creusé sous elle, et où elle se précipite en ce moment avec un enthousiasme renouvelé, ou si elle entendait émerger dans sa spécificité propre, comme troisième voie entre la Chine et l’Amérique.

Le temps des questions m’offrit également l’occasion de défendre l’idée d’une constitution pour l’économie, ainsi que l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix.

L’apathie, la passivité, le manque d’un sens de l’urgence, qui caractérisaient les interventions entendues hier impliquent-elles que je devrais ignorer désormais les réunions de ce genre ? Non, car détonaient sur ce fond de médiocrité bureaucratique généralisée, les propos de Wolf Klinz, Président du Comité, et ceux de Pervenche Berès, son Rapporteur, les seuls à converger avec les miens. En m’invitant à témoigner devant ce comité, ils entendaient secouer le cocotier, tâche dans laquelle je serai toujours prêt à les seconder.

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Voici ma liste des cinq principaux facteurs à l’œuvre dans le déclenchement de la crise, liste communiquée à la Commission (elle sera affichée sur son site dans les jours qui viennent).

Hearing: The causes of the financial crisis and the consequences and challenges for the European Union

De nombreux facteurs ont contribué à provoquer la crise. Voici les cinq principaux :

1. la baisse tendancielle de la part des salaires dans la redistribution du surplus, constatée en Occident à partir du milieu des années 1970.

L’« alignement des intérêts » des investisseurs et des dirigeants d’entreprise grâce à l’invention des stock options, joua un rôle crucial dans ce processus : deux parties déjà très puissantes dans l’équilibre des forces étaient désormais alliées dans leur convoitise d’une part de gâteau leur revenant. Investisseurs et dirigeants d’entreprise conjuguèrent leurs efforts, l’accent étant mis sur la croissance du chiffre des recettes faisant s’élever le prix de l’action. Conséquence secondaire de cette évolution : le court-termisme, l’accent mis sur le bénéfice immédiat.

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