Commission Spéciale sur la Crise Financière, Économique et Sociale (CRIS) du Parlement Européen, le 10 novembre 2009

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

J’étais hier après-midi, l’un des huit « experts » conviés par la Commission Spéciale sur la Crise Financière, Économique et Sociale (CRIS) du Parlement Européen, à Bruxelles, sur « Les causes de la crise financière, ses conséquences et ses défis pour l’Union Européenne ».

Depuis la rentrée en septembre, j’ai participé à une demi-douzaine de réunions de ce type, où une brochette d’orateurs est appelée à se prononcer sur un thème similaire. Spécificité de l’après-midi d’hier : la médiocrité des interventions de mes co-panélistes, accumulant les clichés, les propos convenus, ânonnant les directives – qui de sa banque, qui de son gouvernement –, tout cela dans une affreuse langue de bois bureaucratico-administrative. Autre spécificité de la réunion d’hier : le très faible niveau d’information des intervenants de la salle, émergeant parmi les quelques centaines de parlementaires présents et leurs assistants, et posant des questions dont la teneur suggère – pour utiliser l’expression consacrée – qu’ils ou elles « tombent des nues ». J’excepte intentionnellement du lot, ceux qui, s’adressant à moi, insistèrent pour entendre le point de vue spécifique d’un anthropologue.

J’ai présenté comme origine de la crise, cinq causes principales (le résumé de mon intervention devrait être mis en ligne sur le site du comité) : baisse de la part salariale dans le partage du surplus au cours des trente dernières années – soulignant le rôle joué par les stock-options dans ce processus –, remplacement des salaires déficients par une politique de crédit complaisante, montée en puissance des bénéfices financiers dans la création de richesse – jusqu’à dépasser aux États-Unis 40 % de celle-ci, médiocrité et insuffisance des modèles financiers, aussi bien dans la valorisation des produits que dans la gestion du risque, enfin, vice conceptuel de la titrisation, transposant abusivement une logique assurantielle à un secteur – l’immobilier – coutumier des bulles financières.

Concluant par une perspective géopolitique, j’exposais brièvement la dynamique du « G2 » – encore appelé « Chimérique » – l’illustrant d’une référence au principe « faire de la force de son adversaires, sa faiblesse », emprunté aux arts martiaux chinois aussi bien qu’à l’« Art de la guerre » de Sun Tzu. M’adressant à l’auditoire, je lui demandais de manière très rhétorique si l’Europe entendait suivre les États-Unis dans le gouffre qui s’est creusé sous elle, et où elle se précipite en ce moment avec un enthousiasme renouvelé, ou si elle entendait émerger dans sa spécificité propre, comme troisième voie entre la Chine et l’Amérique.

Le temps des questions m’offrit également l’occasion de défendre l’idée d’une constitution pour l’économie, ainsi que l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix.

L’apathie, la passivité, le manque d’un sens de l’urgence, qui caractérisaient les interventions entendues hier impliquent-elles que je devrais ignorer désormais les réunions de ce genre ? Non, car détonaient sur ce fond de médiocrité bureaucratique généralisée, les propos de Wolf Klinz, Président du Comité, et ceux de Pervenche Berès, son Rapporteur, les seuls à converger avec les miens. En m’invitant à témoigner devant ce comité, ils entendaient secouer le cocotier, tâche dans laquelle je serai toujours prêt à les seconder.

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Voici ma liste des cinq principaux facteurs à l’œuvre dans le déclenchement de la crise, liste communiquée à la Commission (elle sera affichée sur son site dans les jours qui viennent).

Hearing: The causes of the financial crisis and the consequences and challenges for the European Union

De nombreux facteurs ont contribué à provoquer la crise. Voici les cinq principaux :

1. la baisse tendancielle de la part des salaires dans la redistribution du surplus, constatée en Occident à partir du milieu des années 1970.

L’« alignement des intérêts » des investisseurs et des dirigeants d’entreprise grâce à l’invention des stock options, joua un rôle crucial dans ce processus : deux parties déjà très puissantes dans l’équilibre des forces étaient désormais alliées dans leur convoitise d’une part de gâteau leur revenant. Investisseurs et dirigeants d’entreprise conjuguèrent leurs efforts, l’accent étant mis sur la croissance du chiffre des recettes faisant s’élever le prix de l’action. Conséquence secondaire de cette évolution : le court-termisme, l’accent mis sur le bénéfice immédiat.

2. une industrie bancaire très obligeante remplaça par du crédit les sommes qui manquaient à l’appel pour les ménages.

La richesse fut remplacée par des reconnaissances de dettes qui furent comptabilisées comme monnaie deux fois : une fois en positif et la seconde en négatif. La progression du prix de l’immobilier américain constituait le moteur : la bulle permettait à des consommateurs de moins en moins riches, et finalement ceux constituant le secteur « à risque » des subprimes, d’accéder à la proposition de leur logement. Un ralentissement suffirait cependant à enrayer le processus. L’absence de nouvelles recrues provoqua l’arrêt et les sommes dues ne purent soudain plus être trouvées.

3. l’activité parasitaire de la finance par rapport à l’économie.

La part du PIB attribuable à la finance ne cessait de croître. Il ne s’agissait pas simplement d’un effet mécanique de siphonage, tel qu’on l’observe sur les marchés même de la production (marché à terme des matières premières – commodity futures) mais aussi d’une fragilisation : la spéculation, en augmentant la volatilité, atteint les consommateurs quand les prix augmente et met hors course les producteurs quand ils baissent. La justification des paris sur les fluctuations de prix est que la présence de spéculateurs génère de la liquidité qui serait bénéficiaire à tous. Or la liquidité que certains spéculateurs produisent, d’autres spéculateurs la consomment, sans bénéfice pour les négociants qui sont sur ces marchés en raison de la fonction assurantielle qu’ils offrent.

4. la complexité des produits financiers dépasse notre capacité à en comprendre le fonctionnement.

A défaut de le comprendre, les modèles supposent l’avenir connaissable avec un degré extraordinaire de précision, imaginent que les corrélations observées historiquement sont stables, considèrent que le hasard est de la forme gaussienne, c’est-à-dire la mieux « apprivoisée », et par conséquent que des cas se situant à un certain nombre d’écarts-types ne se présenteront jamais et que du coup les réserves prévues pour ces cas extrêmes… ne devront jamais être ponctionnées. Ceci explique en particulier les difficultés rencontrées par les agences de notation quand elles mesurent le risque de non-remboursement sur des instruments de crédit. Le fait aussi que les outils de gestion du risque utilisés par les établissements financiers n’ont pas vu venir la crise et restaient toujours dans le vert alors même que le navire prenait l’eau de toute part et s’enfonçait rapidement.

5. la titrisation constitue un dévoiement du principe assurantiel.

La logique de l’assurance qui suppose que les sinistres sont rares et se présentent de manière aléatoire dans le temps était en réalité inapplicable dans le cas de la titrisation pour deux raisons : premièrement du fait que la qualité d’assureur était redistribuée entre une multitude d’agents ne présentant pas nécessairement un volant financier suffisant pour essuyer les pertes résultant de sinistres possible et, deuxièmement du fait que dans le cas d’industries donnant lieu à titrisation – comme l’immobilier – le risque se concentre historiquement sur des périodes courtes durant lesquelles les sinistres (défaut de remboursement) sont extrêmement nombreux.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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105 réflexions sur « Commission Spéciale sur la Crise Financière, Économique et Sociale (CRIS) du Parlement Européen, le 10 novembre 2009 »

  1. que l’Europe ait constitué un tel comité de réflexion est déjà une victoire en soi;
    que ce comité n’ait à sa disposition que des ignorants et des incapables est un désastre;
    bien sûr, ils jettent leurs déchets juste à côté de la poubelle, mais vous n’avez besoin du conseil de personne pour leur enseigner à viser mieux;

  2. Modeste est votre second prénom ;-)) ??

    Bon, en réalité, le vrai lieu d’échanges et d’intelligence au P.E. est le bar. En sortant, près des hémicycles (bar dit mickey à mon époque, à Bxl).

  3. Mediocrité bureaucratique ?
    Sans blague Paul, et vous vous en étonnez encore !
    Que ma belle soeur, sous informé et ne souhaitant pas l’être davantage, s’étonne un an après qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, mais que ça va s’arranger (comme d’habitude) certainement (elle l’a entendu……… 🙂 ), d’accord.
    Mais que la classe élu n’y comprenne pas plus, là il y a un problème.
    Problème qui n’en est pas un en réalité, en effet ces bureaucrates ne sont pas affectés dans leur quotidien propre, pour ne serait-ce que comprendre et réflechir.

    « -Ah oui tiens ce serait bien si le mois prochain on organisait une conférence sur cette « crise economique » qu’en pensez vous?
    -Bah! rien de bien interressant au programme pourquoi pas.
    -Et puis on pourrait inviter des intervenants ça nous changerai….  »

    La finance à encore de belles heures devant elle, avec des gougnafiers pareil.

    1. Ce que vous dites est la réalité même
      Avec « la finance à encore de belles heures » vous semblez vouloir nous dire
      « ces bureaucrates ne sont pas affectés » et cela va encore durer très longtemps.
      Pourquoi cette < … ?? … > [ certitude ? ou croyance ? ou lassitude-exaspération ? ou ? autre ] ?
      En cherchant bien ne verriez-vous pas ?
      1 ?
      ou 2-3 ?
      évolutions     qui seraient susceptibles
      de leur
      faire perdre leur goût pour les beaux hôtels et le fun d’aller ici ou là bavarder un peu entre pairs
      de leur
      faire perdre leur assurance sur la Noblesse et le HautClergé jamais affectés par le TiersEtat
      (représentant + ou moins la plèbe, les veaux et mollusques médusés devant leur téléviseur)
      de leur
      faire perdre 33%, 50%, 75% voire 100% de leurs émoluments garantis

  4. Suis juste un peu en désaccord sur la raison 1ère des crises, à savoir le mauvais partage de la valeur ajoutée qui expliquerait le recours à l’emprunt pour continuer à consommer….
    Bien évidemment si tel était le cas, il serait alors simple de relancer la machine économique…
    Ma conviction est que la mondialisation qui a débuté dès la colonisation, fait qu’un transfert de revenu se fait du pays importateur vers l’exportateur….
    Ce transfert de revenu fait que les pays fortement importateurs recourent au crédit, individuel aux USA, collectif dans notre pays pour compenser le déficit de revenu….
    En d’autres termes dans votre explication de la crise, il y a une solution simple, mieux répartir les revenus, dans mon idée la seule solution est de faire revenir les emplois dans nos pays, ce qui est bien plus compliqué vous le reconnaitrez
    Michel

    1. Vous faites bien de rappeler l’importance de l’emploi
      ¤ A quelles Demandes (imaginées, fabriquées, calculées, etc.) les transnationales CAC40 implantées en France cherchent-elles à répondre ?
      ¤ A quelles Demandes (sous-traitées, appelées par Concours, etc.) les PME des Branches réputées innovantes cherchent-elles à répondre ?
      ¤ A quelles Demandes cérébrales, familiales, microcosmiques ( vitales, instinctives, prétendument libres, etc.) les
      membres d’un foyer et les jeunes (célibataires, etc.) cherchent-ils à répondre ?
      – – – – — – – – – – – – – – – – – – –
      Dans les plans d’action qui se dessinent en répondant à ces questions,
      Quelle part peut représenter l’axe que vous citez

      Faire revenir les emplois dans nos pays

      Quelle part représente les emplois à bâtir à partir (a) de l’évaluation 2067-2017 des trois classes « ¤ » des Demandes précitées et (b) des programmes inédits que nous avons échelonner sur ces mêmes décennies.
      N’avons nous pas largement de quoi nous occuper si nos finalités sont un tant soi peu fondées ?

    2. @François Jéru: à propos de Demandes et de besoins.

      Il ya quelque temps de cela, j’écoutais sur France-Inter un responsable du « marketing » de je ne souviens plus quelle boîte.
      Ce monsieur prononça ces paroles inoubliables et inoubliées:

      « Les gens ont des désirs, notre boulot consiste à en faire des besoins… »

    3. Faites monter le prix du pétrole et les entreprises reviendront, les saaires avec et les déficits de l’Etat en moins. Le transport ne coûtant rien aujourd’hui on peut toujour produire à l’autre bout de la planète pour pas cher puis tranporter et polluer pour pas cher aussi et vendre dans des pays qui n’ont plus aujourd’hui les moyens d’acheter. Donc malaise.

  5. Tenter d’influer sur une dictature en y participant me semble une étrange idée. Il est vrai que vous vous êtes fait une spécialité des bains de boues…

    Je me demande si la question « … si l’Europe entendait suivre les États-Unis dans le gouffre… » relève du cynisme ou de l’humour. Par « Europe », vous voulez sans doute dire « l’Union Européenne », c’est-à-dire tout le contraire de l’Europe (de l’Atlantique à l’Oural, comme disait l’autre). Comment pourrait-on poser une telle question, au sujet d’une pure création des USA et d’Israël ? Peut-on concevoir, par exemple, que la créature de Rothchild s’oppose à celle de Golldman Sachs ? 🙂

    Il y a quelques semaines, j’ai noté un paragraphe, dans un article de Mélenchon, qui n’était manifestement pas de lui, mais plus probablement « inspiré » par Jacques Généreux. Je n’ai aucune confiance en Mélenchon, et je préférerait que l’humanité disparaisse plutôt que de voter à « gauche » (pour des raisons que la loi m’interdit d’exprimer -, bien que je sois anarchiste-tendance-vieillerie -), mais il me semble que Généreux agit, là, au bon niveau et enfonce la bonne touche, en l’absence totale d’une option de gauche.

    1. @Betov: je vous recommanderais la lecture du livre de Guy Verhofstadt, Sortir de crise : Comment l’Europe peut sauver le monde c/o Actes Sud, qui faisait suite à ses Etats-Unis de l’Europe ( 2006). Malheureusement ce n’est pas cette option qui est privilégiée, avec la conséquence évidente que l’Europe sera bien plus dans le gouffre
      que les USA…

  6. Bravo Paul! Secouez-les! Ils dorment tous debout!
    Au fait, avez-vous déjà dédié un billet à votre opinion sur les travaux d’un certain Nicholas Georgescu-Roegen?

  7. Cher Paul,

    je ne suis malheureusement pas étonné de cette « apathie ». C’est exactement le sentiment qui caractérise ces individus.

    Le pire, c’est que la plupart d’entre eux sont de braves gens, intègres, attachés à leur pays, à leurs traditions, et à l’intégration de tout ceci dans une identité européenne.

    Le problème, c’est qu’au-delà de ces belles paroles, il n’y a rien…Je connais un député européen espagnol, celui de la génération des socialistes des années 80, les pionniers du « renouveau » politique espagnol…

    C’est un brave type, éveillé et intéressé par tous les avis, toutes les opinions, et il devait certainement être l’un de vos auditeurs hier. Sait-il seulement que, oui, c’est bien l’un de ceux qui devraient se bouger l’arrière-train, en première ligne, le sait-il seulement ?

    La faune du Parlement européen est incontestablement riche intellectuellement. Mais ce sont des esprits vitrifiés. Ils regarderont leur monde s’écrouler sous leurs yeux, leur logiciel n’est pas bon, et ils n’en ont pas le code source.

    Ca n’a aucune importance. La transition se fera sans eux, et ils suivront, comme ils ont toujours su si bien le faire.

    Avec une constitution pour l’économie, l’un des autres projets phares pourrait être une profonde réflexion sur le choix de ceux qui seront des élites, et surtout la dynamique de renouvellement de ces élites, qui ne pourront se permettre de profiter des espaces feutrés et confortables des officines internationales.

    1. @coucou
      je préfère largement votre manière de voir à celle des tenants du « tous pourris »
      Mais à propos : c’est quoi le code source de leur logiciel ?
      amicalement

    2. Bonjour Claude,

      le « code source » auquel je fais allusion est l’idéologie développée avec la révolution industrielle, qui a lié étroitement pouvoirs politiques et financiers, en récupérant les belles idées du Positivisme.

      De là sont nées des générations de politiques convaincus de l’ascendant de la technique et de l’investissement sur la condition humaine. Ces peuples se battent ? C’est qu’ils ne sont pas développés. Signons-leur un chèque (sans vérifier dans la poche de qui il tombe)!

      La Société des Nations, dont le traitement littéraire par Albert Cohen est très éclairant, puis les différentes organisations supranationales fondées sur un modèle occidental (création d’un pot commun, de chartes théoriques de bonnes intentions, d’un corps dédié de fonctionnaires), reposent sur ce principe :

      le contact, le dialogue ou du moins l’expression d’une parole, préservent la paix, effacent les malentendus. L’argent fera le reste.

      Cela relève d’une naïveté crasse : la génération actuelle de représentants ne pense pas à remettre fondamentalement en cause ce dogme, ce « logiciel », car ils ne savent plus pour quelle raison il a été mis en place. Ce fonctionnement politico-économique existe depuis 150 ans, il est reconnu par la majorité (de ceux que ça arrange), alors pourquoi penser à un autre schéma ?

      mais au fait, sommes-nous toujours dans cette période foisonnante que fut la révolution industrielle, où des concepts qui mijotaient parfois depuis plusieurs siècles ont enfin pu être exploités ? Le progrès technique reste-t-il synonyme de progrès humain ?

      Cette question, ils ne se la posent pas, car pour eux la forme ultime de solidarité et de progrès des civilisations reste un compromis entre contentement des industriels, sauvegarde de la culture, et croyance indéfectible en une production énergétique abondante et pas chère ad vitam aeternam.

      Les grandes manifestations bon enfant (mur de Berlin), le bal des ONG (intéressant, le fonctionnement en parts de marché de ces multinationales), les dîners de charité, les chartes lyriques de défense des femmes, des enfants, des coléoptères et des babouins à queue plate, ne sont pas des actes, ce sont des gloses.

      Et eux prennent ces gloses pour comptant. Pas par malhonnêteté. Par (naïve) conviction, malheureusement.

  8. Je me permets, en ce 11 novembre, d’ajouter que si 9 millions de paysans, artisans, ouvriers, instituteurs, civils divers et variés, sont morts en 14-18,

    c’est entièrement de la faute des hauts personnages similaires, proies -déjà !- des industriels, financiers, et cocardiers de tout poil, qui n’ont rien compris au mécanisme infernal dans lequel ils jetaient leurs congénères.

    Et Paul, si jamais vous aviez ajouté, dans le débat, que ce beau monde européen qu’ils projettent, ne pourra plus se faire avec de l’énergie abondante et bon marché, vous auriez vu leurs pauvres sourires dubitatifs et condescendants…

    Et si vous aviez exposé votre conception de la monnaie, je pense qu’ils se seraient franchement mis à rire, les innocents !

  9. Je ne saurais l’argumenter dans le détail mais il semblerait que plus que l’apathie du comité d’écoute se soit la Constitution Européenne elle-même qui fasse obstacle à une constitution pour l’économie que vous proposez. Ce qui d’ailleurs peut expliquer les baillements de l’assistance dans sa majorité. Seul un coup de tonnerre pourrait interrompre la sieste et revoir dans l’urgence les copies institutionnelles et devoir abroger un certain nombre d’articles et etc…. On peut penser alors que le temps est compté et que tout cela ne joue pas en faveur d’une reprise du politique et de l’intérêt général bien compris pour respirer et sortir la tête du sac dans lequel nous sommes ficelés cul par dessus tête.
    Vous tenez depuis un certain temps une petite allumette dans les doigts que vous protégez des courrants d’air. Elle se voit de loin. Vous avez raison d’y croire et de rassembler les toutes les bonnes volontés.

  10. Bonjour Monsieur Jorion,

    Etant donné votre CV, et vos idéaux à finalité pratique,vous devriez contacter la Nouvelle Economie Fraternelle.
    Cette banque n’est pas cotée en Bourse, met en relation les préteurs et les emprunteurs;Elle est en forte croissance comme toutes les banques éthiques depuis l’accélération de la crise .Peut-être pourriez vous coopérer au niveau de l’encadrement ?
    Vous êtes totalement en phase avec ces ou ses principes moraux tels que vous les avez développés dans cette réunion peuplée majoritairement de Beotiens.
    Son adresse: 114 bd du 11 novembre 1918
    69626 Villeurbanne Cedex.
    courriel: lanef@lanef.com.

    Théodore va bientôt avoir ses premières dents,la tisane de fleurs d’oranger est recommandée avant le sommeil pour que tous puissent mieux dormir!

    Amicalement,LG.

    1. La NEF n’est pas une banque, mais une société financière. C’est la raison pour laquelle elle ne peut faire crédit qu’après avoir trouvé les prêteurs (elle ne peut émettre de monnaie), et la raison pour laquelle est « adossée » au Crédit Coopératif

  11. En bureaucratie, on ne dort jamais ; on vise, tous nerfs tendus, à continuer de faire l’âne pour avoir du foin.
    … ce n’est pas gentil pour les ânes, les vrais, qui eux semblent étrangers à ce type de gymnastique psychologique…

  12. On pense à la relation drolatique que fait Albert Cohen, dans son roman « Belle du Seigneur », d’une réunion à la Société des Nations pour

    « la constitution d’un groupe de travail qui explorerait la situation est présenterait à une commission ad hoc, à constituer ultérieurement et constituée des délégués des gouvernements, un avant-projet spécifique des propositions concrètes constituant les grandes lignes d’un programme à long terme d’action systématique et coordonnée en faveur des buts et idéaux de la Société des Nations ». (Belle du Seigneur , chap. XVIII)..

    A hurler de rire chez Cohen, mais moins drôle dans le contexte que vous évoquez!

  13. Merci Paul d’y être allé encore une fois dans ce Parlement européen.
    L’Union européenne, n’est pas démocratique car son exécutif n’a pas été élu, mais le parlement européen lui, l’a été, et ses prérogatives ne sont pas nulles, d’où tout l’intérêt qu’il y a d’aller secouer le cocotier, avant qu’il ne soit trop tard.

    Au moins vous aurez essayé avec tout votre talent et vos convictions. Et plus tard, lorsqu’il faudra remédier à une situation qui empire, vous serez d’autant plus crédible pour avoir pris à témoin des élus du peuple européen et nous tous, qui vous lisons.
    Ce parlement paraît très loin, ce qui s’y dit et s’y fait a un écho quasiment nul au niveau national, raison de plus pour vous faire le rapporteur sismographe de son état de somnambulisme, pour qui sait, un jour, le réveiller ! En somme vous incarnez une sorte de contre-pouvoir, dont les armes sont intellectuelles. Les seules en mesure de faire de l’Europe une troisième voie.

  14. Il y a des gens qui ne ratent jamais une occasion de ronronner et d’entretenir le torpeur bureaucratique, mais je note avec intérêt que Wolf Klinz et Pervenche Bérès n’ont pas manqué à leur vocation. On les critique dans leurs pays respectifs pour leur absence d’alignement sur les positions idéologiques de leur parti. C’est ainsi que la seconde nommée a failli ne pas recevoir l’aval du PS français à l’occasion des investitures alors même que les observateurs avaient noté que c’était l’un(e) des plus assidu(e)s des parlementaires européens. Comme vous, Paul, Klinz et Bérès insistent pour porter des paroles sensées devant un auditoire souvent assoupi. Continuez à secouer le cocotier! Il y a des gens qui vous entendent, à droite et à gauche.

    1. @PJ
      J’ai arrêté après 8 min cette interview de Wolf Klinz qui n’est que le bla-bla habituel.
      Qu’est que vous lui trouvez à ce Wolf Klinz? Vous semblez étonné qu’il soit un des seuls avec Pervenche Bérès à vous comprendre! Il ne manquerait qu’ils ne soit tous que des ronds-de-cuir incapables !
      Il semble intéressé par votre idée de « Constitution pour l’Economie » ? La belle affaire !
      Mon sentiment, c’est qu’ils vont, comme toujours, voler les idées des autres pour les récuperer à leur seul profit, mais surtout pour, comme toujours (TCE, Traités de Maastricht, Lisbonne…), faire leur popote dans leur coin hors de tout contrôle citoyen et dans le seul but de défendre leurs petits intérêts de leur petite caste de voleurs de pouvoir et de riches.
      Il faut leur rapeller que, eux, n’ont aucune légitimité ni pour rédiger une Constitution, ni pour la voter. Ni d’ailleurs la caste « d’intellectuels biens pensants » ou autres « sages ». Ils ne sont pas mandatés pour ce faire, un point c’est tout. Il en était de même des autres textes fondateurs de ce monstrueux empire qu’est l’UE.

    2. Les autres panélistes à cette réunion étaient :

      Mr André Sapir
      Professor of Economics, Université Libre de Bruxelles, and Senior
      Fellow at Bruegel

      Ms Verena Ross
      Director of International Division, FSA

      Mr Fernando Fernandez Méndez de Andés
      Professor at the IE Business School

      Mr José Manuel González-Paramo
      Member of the Executive Board of the European Central Bank

      Mr Carlo Vivaldi
      Chief Financial Officer, UniCredit Bank Austria AG

      Mr John Monks
      General-Secretary, European Trade Union Confederation

      Mr Jörgen Holmquist
      Director General of DG Internal Market and Services, European
      Commission

  15. Le cocotier de l’Ordre Mondial, bientôt calciné à l’entendre (voyons voir Copenhague), n’attend que sa chute pour que son engeance démoniaque et verte vienne à nouveau nous faire de l’ombre, soit disant protectrice… la stratégie du choc, ça vous dit quelque chose?
    Voyez le rapport alarmiste de l’AIE pour l’année 2009, et cet excellent article :http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2884

    Je vous parie que le nucléaire à tout crin, les agro-carburants et autres activités productivistes estampillées écologiques ont un bel avenir fait de belles bulles devant elles. Un étendard géant où serait écrit « SURTOUT NE PANIQUONS PAS LA BOURSE » devrait flotter sur l’AIE, nous autres paniquerions moins, et agirions plus tranquillement dans le bon sens: RELOCALISATION.

    Quitte à radoter avant l’âge (j’ai 29 ans), je réaffirme ce qui a été écrit dans ce poste en réaction à un billet de F.Leclerc où un lecteur peu courtois de ce blog l’avait invectivé.

    « nier le réchauffement d’origine anthropique » n’est pas l’apanage de quelques excités sans courtoisie. La géologie nous apprend qu’homme ou non, capitaliste ou pas, des variations climatiques de grandes envergures ont eu lieu, avec des conséquences fâcheuses pour certaines espèces.
    Nos activités productivistes effrénées sont bien plus dangereuses pour notre planète (Biodiversité) d’un point de vue polluant que thermodynamique global (même si nous avons quelque influence); une augmentation de température inéluctable étant à l’oeuvre dans tout le système solaire.
    Le drame, c’est que ces simples faits observables par chacun justifieront l’avènement d’une économie totale, globale et verte, une dominance s’appuyant non plus sur son « droit divin » mais sur ces « lois naturelles ».Voyez-vous le tableau? La main invisible du grand Marché Jardinier Tout Puissant…
    En bourse, si les pharmas et les technos restent sexy, le green business, lui, fait bander.

  16. Mercredi 11 novembre 2009 :

    D’après une étude de Natixis Asset Management, le taux de chômage américain ne va pas avoir un comportement similaire à celui habituellement constaté lors des sorties de récession, mais il aura cette fois des effets durables sur les mécanismes d’ajustement.

    1- Premier constat : ‘la durée du chômage a augmenté plus fortement que durant toutes les récessions précédentes’, note Philippe Waechter, Directeur de la Recherche Economique de Natixis AM.

    « Dans la structure des durées de chômage, la durée la plus longue (+ de 27 semaines) est désormais la plus importante, alors que jusqu’à présent et depuis 1950, c’est la durée de moins de 5 semaines qui était systématiquement et toujours dominante », précise-t-il.

    2- Deuxième constat : ce ne sont plus les jeunes et les plus de 55 ans qui se sont ajustés sur le marché du travail durant cette récession, mais les 35-54 ans. Il y a derrière cela une baisse du taux d’activité des jeunes, mais aussi et surtout des fermetures d’entreprises qui ont directement affecté l’emploi de cette tranche d’âge, selon la banque.

    Pour Natixis, le retour à la tendance qui précédait la récession ‘sera long à se dessiner en raison de l’ampleur de cette récession’ : revenir sur cette tendance à l’horizon 2014 suppose pour le PIB une croissance chaque année de 4 %, et sur l’emploi une hausse mensuelle de plus de 360 000.

    ‘C’est considérable et oblige à s’interroger sur les origines de cette croissance’, commente le Directeur de la Recherche Economique de Natixis AM.

    Pour lui, ‘ce serait simpliste de croire le contraire et de penser que quelques chiffres positifs gommeront les conséquences de cette crise de grande ampleur’.

    http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=1926e44e70a306ec80cb170a9c966371

  17. Ayant qq sympathies pour votre action, je constate que vous persistez dans votre erreur en déniant a la pénurie d’abondance la paternité de la crise économique. Je me permets donc ce bref retour pour réanimer une somnolence satisfaite:
    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2884
    /////////////////////////////
    Mais aujourd’hui, des sources internes à l’AIE ont contacté le Guardian pour dire que M. Birol était de plus en plus confronté à l’intérieur de l’organisation à des questions sur ces chiffres.

    Matt Simmons, qui est un expert respecté de l’industrie pétrolière, a longtemps contesté les chiffres du déclin de la production et les statistiques pétrolières que l’Arabie Saoudite fournit sur ses propres champs. Il s’interroge sur le fait que le pic pétrolier puisse être beaucoup plus proche que beaucoup ne l’acceptent.

    Un rapport publié le mois dernier par le Centre Britannique de Recherche pour l’Energie (UKERC) indique que la production mondiale de pétrole conventionnel pourrait passer par un « pic » et entamer son déclin terminal avant 2020, tout en jugeant que le gouvernement ne se préparait pas à faire face à ce risque. Steve Sorrell, auteur principal du rapport, a déclaré que les prévisions suggérant que la production de pétrole n’atteindrait pas son maximum avant 2030 étaient « au mieux, optimiste et au pire invraisemblable ».

    Depuis 2004, plusieurs personnes ont lancé des avertissements similaires. Colin Campbell, un ancien cadre de Total France a déclaré lors d’une conférence : « Si le chiffre des réserves réelles [de pétrole] sortait, il y aurait une panique sur les marchés boursiers…au bout du compte cela n’arrangerait personne. »
    ////////////////////////////:

    1. Si je comprend bien ,M.Paul Jorion négligerait dans ses analyses l’importance de la proximité du peak-oil.Ce qui nous vaut ta désaffection.Tu a peut etre raison.Il nous faut donc scruter à la loupe le prix du baril de pétrole ,faire la part des choses entre spéculation éhontée et équilibre réel du marché.Si ton hypothèse est la bonne le prix du baril devrait augmenter de façon rapide et continue, troisième ou quatrième chocs pétroliers,contribuant à freiner un peu plus nos économies déjà bien atones.A moins que de formidables efforts techniques de reconversion ne portent en elle même les conditions d’une nouvelle croissance.

    2. J’ai mentionné le « peak-oil » et discuté longuement la question des énergies fossiles, évoquant l’« orgie » qui a caractérisé les 150 dernières années. A une question sur la spécificité de l’approche anthropologique, j’ai situé le destin de notre espèce dans le cadre de notre planète, parlé de son comportement « colonisateur » et souligné qu’elle avait atteint les limites de l’exploitation de type « terre brûlée » de son environnement qui la caractérise.

      Comme vous avez pu le constater, je n’ai offert qu’une description très schématique de mes interventions. Avant de m’adresser des reproches – comme si vous n’aviez aucune familiarité avec ce que j’écris, ce que chacun sait n’est pas le cas – vous auriez pu simplement me demander si j’avais évoqué ce thème. Je vous aurais répondu oui et cela vous aurait évité de devoir monter sur vos grands chevaux sans raison.

    3. Merci de la réponse. Je ne voulais pas vous facher ; je connais votre lucidité sur la « pénurie d’abondance ».
      Ce que je voulais souligner c’est que cette lucidité ne transparait pas ds les 5 causes premieres de la crises actuelle, telles que vous les avez présenté. Ni dans les commentaires sur les differents fils de ce blog.
      Comme je suis persuadé que l’épuisement , a court terme des resources fossiles et energetiques (pas seulement du petrole) est non seulement l’intrant principal d’un déclin civilisationnel a moyen terme mais aussi la cause principale immédiate des crises écomomiqes (prochainement économico-politiques) en cours, il m’a semblé interessant d’exposer mon point de vue.
      Les recherches de tout bord pour analyser et résoudre les problèmes économiques m’apparaissent comme les tentatives de réparer le gouvernail d’un navire en train de couler .
      La « pénurie d’abondance » est a mon sens , non seulement la cause de la marée , mais aussi la cause celle des vagues . Quitte a etre remuant a court terme , autant que ça soit efficace.
      En tout cas , merci de votre accueil sur ce blog qui me permet d’exprimer cet avis.
      http://www.oleocene.org/node/53

    4. Kerkoz veut peut-être induire que pour palier la pénurie d’énergie consécutive au PO certaines influences auraient programmé une crise dont la principale intention cachée serait la décroissance.
      Corollairement ces influences en profiteraient pour s’enrichir un peu plus…pour notre bien!
      C’est fort altruiste.

    5. Dans ce cas-là, je confirme que le « peak-oil » ne fait pas partie des facteurs de déclenchement de la crise : il n’a joué aucun rôle, ni dans la titrisation des subprimes et leur dépréciation, ni dans le tarissement du crédit de l’été 2007, ni dans la chute de Lehman Brothers en septembre 2008, de la chute d’AIG et de la panique bancaire sur les money markets qui s’en suivirent. Ceci dit, il constitue la contrainte majeure du contexte dans lequel il faut penser une solution à la crise. Mais ne mélangeons pas « causes » et « contraintes ».

    6. Il n’en reste pas moins vrai que la crise économique « est » LA solution (ou agit comme une solution) a la pénurie de fossiles et de MAT. Prem. (seul le charbon conserve un crédibilité au niveau du siècle). La concordance serait plus que curieuse : La crise économique permettant de limiter la demande en éliminant par paupérisation une « charrette » de perdants.

      La régulation se faisant sur une pseudo constante : le prix de l’énergie collé a celui du petrole. La variable etant le taux d’accédants qui épouse la pente décroissante de l’offre petroliere.

      Cette modélisation a ceci de vertueux que sa relative lenteur permet l’accoutumance a l’obscénité d’un humanisme pareillement décroissant par l’anesthésie du temps .

    7. « le « peak-oil » ne fait pas partie des facteurs de déclenchement de la crise »
      Mais c’était à tout le moins un facteur aggravant : augmentation des dépenses en énergie -> diminution des revenus pour le reste, y compris les remboursement des emprunts.
      Je veux bien que les dépenses des uns font les revenus des autres, en l’occurence des pays exportateurs qui ont eux-même financé les emprunts des pays importateurs (via fonds souverains…). Mais il me semble que cela participe encore à augmenter l’endettement et donc la charge d’intérêts et donc réduire les revenus disponibles.

    8. Le pétrole a effectivement un rôle clef dans la crise, mais il est bien antérieure aux évènements violent et visibles de 2008.

      Il faut d’abord s’assurer que nous sommes d’accord sur un point. Les subprimes étaient un chateau de carte qui devait s’effondrer, et la montée des taux d’intérets a été la pichenette qui a sapé le système.

      Entre 2004 et 2006, les taux d’intérets de la FED sont multipliés par 5.
      Entre 2002 et 2006, le prix moyen annuel du baril est miltiplier par 3.

      Est-ce que cette ascension conjointe est purement une coincidence, telle est la question que je me suis posé.

      Pour cela, j’ai épluché les minutes de la FED. (disponibles à partir d’ici : http://www.federalreserve.gov/monetarypolicy/fomchistorical1994.htm)

      Simplement, j’ai compté, entre 2003 et 2008, le nombre de fois où le mot « energy » revenait dans ces minutes. Et là, on a un graphe absolument sidérant dont je donne le lien ici :
      http://img397.imageshack.us/img397/4404/sanstitreri6.jpg

      La ligne verte, c’est les taux de la FED de 2003 à 2008. Chaque date correspond à une annonce faite par la FED, au cours de laquelle elle a ou pas modifié son taux.
      L’échelle des taux a été multipliée par 3 pour une meilleur lecture.
      Pour les barres rouges j’ai compté les occurences du mot « energy » dans les minutes de la FED, que j’ai moyenné sur 5 séances.

      Simple non ?

      On perçois bien que pendant tout 2003 et le premier trimestre 2004, l’energie n’était pas un sujet de discussion de la FEd. Et puis ça l’est devenu. Beaucoup plus !! SIGNIFICATIVEMENT plus.

      Pendant pratiquement 2 ans, l’energy a été un sujet de plus en plus cité dans les minutes de la FED. Ils en parlaient de plus en plus, et ils s’y intéressaient de plus en plus.
      Ce que je traduit en une phrase : « la FED avait les yeux fixés sur le prix du pétrole ».

      Maintenant, si vous être d’accord avec cela, je vous fait remarquer évidement la coincidence temporelle avec l’évolution du taux. Troublant non ?

      Il faut bien sur plus que cette coincidence pour dire que c’est ce qui a motivé la FED à monter ses taux.

      Déjà, il serait pour le moins anormal qu’un sujet prenne dans l’ampleur dans les réunions qui servent à monter le taux directeur sans qu’il ait une influence…
      Mais surtout, la FED annonce dès les premières augmentation de taux qu’elle cherche à controler l’inflation et que la montée des prix de l’energie est cause d’inflation.
      Enfin, le prix de l’energie est bien le moteur mis constamment en avant dans les risques d’inflation lors des annonces de la FED, depuis juin 2004 jusqu’au premier trimestre 2006.

  18. voici un lien sur : LABORATOIRE SOCIAL D’ACTION, D’INNOVATION, DE REFLEXION ET D’ECHANGES

    http://www.lasaire.net/cahiers.php

    lire Cahier Lasaire n°39 – octobre 2009
    Salaires et crise

    Ce Cahier aborde la crise sous l’angle des salaires, un aspect presque partout éclipsé que ce soit par l’approche financière ou l’approche économique de la crise,contrairement au new deal mis en place par Roosevelt dans les années 1930.

  19. @Pierre-Yves D.

    Ces armes sont réellement les seules,les plus radicales,les plus pacifiques pour juguler puis transfigurer enfin ces ignobles combinaisons qui auront causé encore et encore tant de victimes.
    Merci à Paul Jorion ,à F. Leclerc et à tous les intervenants du blog pour l’immense travail qui se fait,travail qui répand avec ténacité des idées neuves,des idées pour une société juste.

  20. On aimerait avoir plus de détail sur la composition , la mission et les échéances de ce CRIS ( où paradoxalement on ne semble pas entendre grand chose ) .

    A lire le site suivant , on a le sentiment que le premier qui aura des idées fortes , a perdu et que chacun attend que l’autre parle ( le G20 par exemple) pour avancer son idée originale , si possible la même que celle reprise par les gazettes en conclusion de cette mirifique réunion .

    http://www.europarl.europa.eu/news/public/focus_page/042-43930-343-12-50-907-20081204FCS43819-08-12-2008-2008/default_p001c002_fr.htm

    (Ouf!)

    Mais si les députés en sont réduits à chercher le salut dans les avis d’experts ( à quand une nouvelle commission Attali !!?…) , l’avenir est sombre et pour le moins fragile .

  21. Cela me rappelle un peu un billet sur le rêveur, qui n’est pas celui qu’on croit.

    J’espère que le blog vous aide à ne pas vous sentir trop seul dans des moments pareils….

  22. Quand j’ai découvert les îles Seychelles, j’ai découvert un paradis sur terre.
    Elles vont très mal aujourd’hui les îles Seychelles…
    A l’époque, il y a trente ans, ce paradis connaissait plus de deux cents morts par an par chute inopiné de noix de coco-fesse sur la tête de ceux qui oubliaient le ciel…

    Il y a vingt ans les cocos et les murs ont définitivement cessé de tomber….
    Paul a donc aujourd’hui entrepris de secouer le bananier Européen…
    Vous connaissez le poids d’un régime, je suppose ?
    Tient, ça me rappelle cette mémorable charge de gardes mobiles pendant une des « grèves de la banane » en Gouadeloupe…
    Le terrain était glissant et les directions incertaines !!!

    Vous avez raison Monsieur Jorion, secouez le vieux « marronnier » : « Halte à la pouôfitation !!! »
    Moins il y aura de glands, moins il y aura de chaines…. En principes pensait-on, du moins dans nos forêts premières.
    Mais attention, ce n’est pas le mode de reproduction des bananiers de la république transgénique mis au service de leur intelligence artificieuse !

    On est pas sorti du bois-dormant nous, les « idiots utiles » et nos princes sado-masochistes ne sont pas charmants pour un sou….
    Estimez vous tout simplement heureux si, « tombés de la lune », ils vous invitent à nouveau après vos commentaires d’aujourd’hui…
    Merci à vous de nous offrir de partager ces maigres plaisirs.
    A suivre… Et n’oublions pas de regarder le ciel, si Paul secoue les « marronniers », y’a de la châtaigne dans l’air !!!

  23. D’un côté, il y a ce qu’il faudrait faire .
    De l’autre , il y a la lutte des pouvoirs .

    Le savoir peut se perdre , bien des civilisations le prouvent .

    Evidement , dans un monde où les lobbies auraient leurs places , mais pas toute la place , la réflexion intellectuelle pourrait perdurer, s’épanouir . Peser le pour , peser le contre , et pour finir discerner.

    Pour l’heure , notre monde est friand d’image et de pouvoir.

    Si on observe le décor actuel de notre intelligence collective , nous allons vers une vaccination de masse alors que la grippe médiatique A a fait 6508 morts dans le monde ( grippe de hong kong (68/69) évaluée au plus à 1 million de morts . Autre domaine, autre méfait , la dernière présidence française peut se targuer ( bilan à mi-mandat) d’avoir multiplié par 5 la dette du pays sur fond de nouveaux bénéfices bancaires.

    Le raisonnable devient une utopie, l’intérêt de tous bloque sur l’intérêt de quelques uns .

    Comme s’il fallait attendre que le monde s’écroule pourqu’enfin , le bon sens, chez les survivants , reprenne ses droits . …?

    A quoi bon l ‘ écrit dans le désert ? Le goût d’espérer malgré tout .

    1. à Auguste
      eh bien !
      La « Science Politique » pas mon truc !
      Fooooooooooooooh ! Faut suivre !

      Wikipedia : L’expression comité Théodule est une authentique création gaullienne : « L’essentiel pour moi, ce n’est pas ce que peuvent penser le comité Gustave, le comité Théodule ou le comité Hippolyte, c’est ce que veut le pays. J’ai conscience de l’avoir discerné depuis vingt-cinq ans. Je suis résolu, puisque j’en ai encore la force, à continuer de le faire. » (Charles de Gaulle, lors d’un voyage à Orange, 25 septembre 1963)

      Depuis l’expression a fait florès, et on appelle comité Théodule un comité, ou une commission qui n’a d’autre utilité que d’enterrer tranquillement une affaire.

      Déjà tout-à-l’heure … Roland §
      ..& Cie, une commandite par actions Je connais un tout petit peu; j’ai une vague idée.
      Pas de publication des comptes sociaux ~ pas de rapport annuel
      Exemple : face au Ministère de la Justice, place Vendôme (Paris) : J.P. Morgan & Cie
      J’y ai travaillé … mais ici … Obélix & Cie !
      11 nov à 00:29 puis Auguste 13:28
      faut vous suivre ! ! !

  24. « Il est temps d’imposer une dîme aux banques.

    Quelle est la meilleure façon de « taxer » les banques ? L’idée d’une taxe Tobin frappant les transactions financières est en perte de vitesse. En essayant de lui donner vie lors du G20 Finance du samedi 7 novembre, le premier ministre britannique, Gordon Brown, a signé son arrêt de mort. Les esprits sont maintenant occupés à chercher d’autres moyens pour empêcher les banques de prospérer aux frais du contribuable. L’une des pistes les plus prometteuses a été évoquée par M. Brown : il s’agirait de contraindre les banques à contracter une sorte d' »assurance » qui soit proportionnée aux risques qu’elles prennent. »

    http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/11/11/il-est-temps-d-imposer-une-dime-aux-banques_1265727_1101386.html

  25. « Un régulateur bancaire unique en projet au Sénat américain.

    Christopher Dodd, le président de la commission bancaire du Sénat américain, aprésenté, mardi 10 novembre, un projet de loi bouleversant le système financier américain. La crise qui l’a ébranlé n’ayant pas été anticipée par les nombreuses autorités de surveillance des banques et des compagnies d’assurances, M. Dodd propose, dans un rapport de 1 100 pages, de créer un régulateur unique, l’administration de régulation des institutions financières, complétée par une agence de la stabilité financière chargée de prévenir les risques encourus par l’économie du fait des banques, et par une agence de protection des consommateurs de produits financiers. Ce projet dépouille la Réserve fédérale (Fed) de nombreuses prérogatives et la cantonne dans la surveillance monétaire. Il suscite l’hostilité des banques et de nombreux élus démocrates, qui lui préfèrent le projet plus modéré que la Maison Blanche souhaite faire adopter d’ici à la fin de 2009 avec un maximum de voix républicaines.  »

    http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/11/11/un-regulateur-bancaire-unique-en-projet-au-senat-americain_1265711_1101386.html

    1. Vous ne le faites sans doute pas exprès. Vous avez lu une dépêche sûrement rédigée comme Noyer (gouverneur de la banque de france). Totale DESINFORMATION. C’est le renforcement accru de l’hydre et ses tentacules+manoeuvres inqualifiables
      Si vous y tenez, je vous invite à contester ce qui suit
      ce jour 12:49
      C’est une topConquête additionnelle pour le 33 LibertyStreet, bâtiment mafieux opposé à la liberté de 99.9999% du peuple américain

  26. Y a-t-il ici, parmi tous ceux et toutes celles qui s’expriment ici, des personnes impliquées dans les mouvements, associations, fondations (oeuvrant chacune dans son créneau), mais toutes animées des valeurs que l’on retrouvent ici : bien commun, équité, dignité humaine ….
    Allez, si on dénombrait tout ce monde actif ou sympathisant de ces grandes et petites organisations de la société solidaire … combien … 5 millions de français potentiellement prêts à dire : a) stop à la folie sauvage de ce capitalisme là qui nous mène vraiment dans le mur b) politiques, gouvernements, europe : bougez-vous pour prendre 4 ou 5 mesures que voici !
    Ne croyez vous pas que ça les réveilleraient à Bruxelles ces 5 millions de citoyens qui feraient juste une chose : faire entendre leur voix.
    eh bien cette voix, pourquoi ne l’entend-on pas? parce que personne ne la rassemble !! alors j’ imagine tous ces mouvements associations et autres de la société civile et solidaire qui se concerteraient, se constitueraient en collectif ( avec un comité scientifique d’ « éclairés ») , pour construire une sorte de charte aussi percutante que possible (donc simple et solide dans ses fondements tant théorique que pratique) et … et … la suite est à construire, mais elle peut réellement exister , pour qu’au bout du compte, d’une manière démocratique et non violente, 5 millions de gens sonnent l’alerte.

    1. C’est 60 millions qui sonnent l’alerte …Est ce que quelqu’un connaît quelqu’un ( et éventuellement qui connait quelqu’un) qui pense que tout va bien pour lui, la société, le monde ?
      Après démocratie, démocratie oui mais si on tire au sort.

    2. Bizarre que Fabius ou DSK ne se proposent pas pour foutre le système en l’air.
      On va les soupçonner de collusion avec la haute finance et de double jeu vis à vis du Peuple de Gauche …
      On dirait que les bobos couchent avec des banquiers.
      Même un Mélenchon a du mal à passer les grilles du grand quotidien du soir Parisien et il est peu audible chez Libé le journal révolutionnaire de Rotschild.

  27. Bonsoir,

    Je fais vite.

    Je vous conseille l’écoute du 19:20 de ce soir sur France Inter. Les voies sont multiples et ne pourront être efficaces que si elles s’unissent. S’unissent il va de soi dans le sens de l’évolution positive de l’humanité vers un mieux auquel elle aspire. Pour cela chacun doit admettre ses erreurs faute de pouvoir tenir un « dialogue » honnête et constructif. N’en déplaise à certains, les barrières à dépasser sont dans plusieurs états, de multiples natures. Si certains se posent une question sur les dangers de mesures telles que -l’interdiction des paris sur l’évolution des prix- je suis prêt à expliquer de nouveau les arguments que j’ai présentés jusqu’ici.

    Merci d’avoir lu ces lignes. Arguez.

    1. Ne mélangeons pas tous les sujets car nous n’aboutirions à rien du tout.
      Je choisis le premier sujet : les paris sur les eurodevises (€$, €€, €Y, €£,…),
      plus volumineuses que le sigma des monnaies domestiques ($, €, Y, £, …)
      Le ring est ouvert. Le gong a sonné. Présentez vos arguments.
      Vous avez le soutien des topMegabanques de la Bristish Bankers Association (BBA, City-of-London)
      pour vous aider. demandez conseil à Euroclear et JP Morgan Chase avant de commencer
      Je vous écoute

    2. C’est leClownBlanc ou Gérard Majax !?

      Vous sortez un sujet de derrière votre dos aussi facilement qu’un politique peut nous parler de projet, sans en avoir l’air et surtout sans y penser. Chapeau.
      Il est vrai que le lien n’y était pas. Le voici : http://www.dailymotion.com/video/xb465n_vincent-peillon-les-questions-du-me_news
      Hier soir je n’ai entendu que la fin, pas la Première partie (le chauffeur de salle) : en gros de 24min à la fin.

      A moins que votre question ne me soit pas adressée.

      Bonne journée.

  28. @ ULTEC/ Il y a peut être un peu de naiveté à croire qu’un vent de révolte va fédérer les lecteurs et contributeurs de ce blog.Il y a un consensus relatif (lire Kercoz ) sur les causes de la crise,une vague unanimité à vouloir encadrer le système bancaire, au delà , une telle complexité(entre autre le possible réchauffement climatique) que nous sommes plus dans la gesticulation et les voeux pieux.
    D’une certaine façon ,j’ai l’impression de revivre l’exaltation du printemps 1968 ,les barricades en moins.Je ne suis pas certain que nous (français,belges) soyons encore maitres du jeu ,nous sommes un point de vue parmi d’autres avec un avantage aux nouveaux leaders économiques.Les enjeux géo-stratégiques vont l’emporter sur les velleitées de réforme..

    1. 1/ La révolte fédère rien du tout; tout au contraire l’Alternative Saine écarte le « fétu-de-paille mai 68 », le (ce qui suit est un substantif) « Cohn-Bendit racoleur-causeur, manoeuvrier »
      2/ La complexité se simplifie. Coupons les banques en sept métiers; écartons les banques centrales mafieuses et nous y verrons tout de suite beaucoup-beaucoup plus clair
      3/ Ecartons la mascarade PsMdmUmp pseudo « médiateur-je-ne-sais-quoi » pour apprécier la situation et orienter
      que le TiersEtat_ip (indépendant de NoblesseClergé) se forme comme en l’an 1500 ou 1600
      même si à l’époque cela comptait surement pour presque rien.
      4/ Piotr ! vous êtes co-maître du jeu si vous le voulez bien; cela ne tient qu’à vous,
      à moins que comme dans l’experience de Milgram vous soyez juste bon à coller 250 volts ! parce que M. Noyer vous le dit en souriant très très poliment. Votre mère et votre père seraient t-ils fier(e)s de vous ? votre soeur ? votre frère ? votre fils ou fille ?
      Ce que vous nommez « les enjeux geo-stratégiques » n’EMPORTERONT RIEN DU TOUT
      Ils n’ont aucun corps, aucune incarnation … pas de moelle epiniere, pas de corps calleux … RIEN
      ce n’est que l’idée fausse que vous vous en faites
      Le Prince Jean dans les Hauts-de-Deine a moins de complexe que vous

    2. je ne parlais évidemment pas de « fédérer les lecteurs et contributeurs de ce blog » , bonjour l’impact !!!

  29. @Ultec

    Une telle forme de fédération associative existe peut-être déjà : l’éducation populaire. Mais étant dépendante de la magnanimité des subventions étatiques, et donc sous le joug du ministère de la jeunesse et des sports (et non de la culture, ni de l’éducation nationale), son potentiel de percussion est dramatiquement restreint. L’expression la plus radicale de son milieu bobo (99%bourgeois1%bohème) est à mon sens incarnée par un certain Franck Lepage, qui reste démesurément gentillet. Je ne sais pas si à ce jour il a 5 millions de fans… 8)

    1. Inutile d’attendre, nous avons déjà tout ce qu’il nous faut pour organiser par nous-mêmes un vaste mouvement d’éducation populaire

  30. Vous êtes tombé sur un champ de poireaux mon cher Paul. Comme chacun sait, ils ont la tête dans le sable. Trêve de naïveté: Tout se qui se décide dans les institutions européennes se situe au niveau des conférences intergouvernementales ou de chefs de l’exécutif des pays. Le reste…

    Ces réunions n’ont pas d’utilité car ce n’est pas le niveau pertinent, me semble t-il. Ces gens que vous avez vu, ils n’ont aucun pouvoir réel. c’est bien aux peuples qu’il faut expliquer la problématique actuelle, non à des dirigeants qui, contrairement à leurs affirmations, disposent de tous les éléments pour se faire une opinion. C’est leur cécité qui est questionnable et qui pose inévitablement la question de la collusion de leurs intérêts et de ceux des dominants.

  31. Ca donne vraiment envie de vomir ce que vous racontez la mr Jorion, je me doutais pas que les idées étaient a ce point arriérés meme au sein des personnes sensées analyser l’économie avec un regard un minimum critique.

    l’individualisme et la betise bureaucratique s’est étendu jusque dans les hautes sphères des gouvernements.

    a croire qu’il est préférable d’etre un clampin de base pour sentir l’odeur noséabonde de cette fosse commune.

  32. « Les enjeux géo-stratégiques vont l’emporter sur les velleitées de réforme.. »

    C’est tout à fait exact. C’est pourquoi il convient de présenter le problème de cette façon:
    – L’Europe perd son leadership face à des puissances concurrentes
    – Si l’on ne peut pas gagner il faut changer les conditions de victoire
    – Changer les conditions de victoire, c’est changer les règles du jeu
    – Changer les règles du jeu doit être présenté comme la condition de base d’une reprise de contrôle géopolitique
    Bref, prendre prétexte du désordre extérieur (on appelle « désordre » le renversement en cours de l’ancien ordre établi en notre faveur), de la menace extérieure pesant sur les intérêts supérieurs de la communauté, pour promouvoir les réformes destinées à une remise en ordre intérieure.
    Il faut parler le langage de la puissance et de la responsabilité de la conservation de cette puissance avec les représentants politiques, non celui de la justice (ça n’a jamais marché).

    Enfin je dis ça… je dis rien. Mais c’est sur ce genre de problématique que le clown blanc est utile, entre autres…

  33. Chaque soir on se couche sans aucune solution, et plus angoissé que la veille. Les prévisions économiques qu’on entends (prédisant une croissance…) sont surréalistes et, se pinçant la racine de nez, ou se passant l’index sur le sourcil, on écoute les exigences de Brussels concernant les 3% de déficit.

  34. @ PJ
    Je suis sûr que ces gens ne sont pas aussi idiots qu’ils veulent bien vous le faire croire, seulement ils protègent leurs intérêts à travers ceux de leurs donneurs d’ordre.

    Alors faites leur peur c’est dans leurs intérêts, parlez leur de ce qu’ils risquent de perdre s’il ne font rien. Et datez, dites leurs que ce n’est pas dans dix ans ni même vraisemblablement dans cinq. Ils me font bien rire ceux qui parle d’éviter une éventuelle prochaine crise alors que celle-ci commence.
    Parlez leurs de leurs enfants car c’est bien de cela qu’il s’agit, pas des petits petits enfants qu’ils ne connaîtront jamais mais bien de leurs enfants, voir d’eux mêmes et de la retraite qu’il n’auront pas si ce petit jeu continue.
    Ils sont éligibles à la peur tout bureaucrates qu’ils sont.

    1. @Father Greed
      Vous faites bien de parler de la retraite, sécurité sociale… des fonctionnaires européens. Sauf qu’ils se fichent bien des systèmes nationaux car ils ne cotisent qu’à leur petit système interne à l’UE pour leur petite caste de privilégiés. Sans oublier les autres avantages fiscaux et socialus, indemnités de « dépaysement »… Bref l’UE est un paradis fiscal et social pour les fonctionnaires européens.
      Voir http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CONSLEG:1962R0031:20080501:FR:PDF

      La Top Priorité européenne du moment : qui va devenir « Président » du Conseil Européen? Faites vos paris. Le gagnant sera le couillon le plus insipide possible. Herman Van Rompuy, l’actuel 1er ministre belge, est en bonne place.

    2. @Father Greed. «Parlez leurs de leurs enfants» :

      Mais ils s’en tapent de leurs enfants !
      La génération encore largement au pouvoir actuellement, est une génération narcissique et égoïste qui n’a jamais eu d’autre dessein que de profiter, de consommer et d’abuser, en ne voulant regarder que sa propre mesure temporelle et spatiale.

      Sous des apparences de mature respectabilité, c’est en vérité une génération puérile et sacrificatrice, qui laisse et laissera filer la dette et le chômage (les deux faces d’une même pièce) autant qu’il lui sera permis.

      Peut-être parce que cette génération des plaisirs à tous crins est en fin de compte une génération suicidaire : contre ses parents contre ses enfants contre sa Terre.

      Ce qui me fait penser que l’expression «secouer le cocotier» est parfaite.

    3. à Martine Mounier [13:03]
      Est-ce approprié de lever les générations les unes contre les autres alors que 99.99% des habitants du pays sont dans la même panade ? j’écarte les seides de l’UBAC dont « PsMdmUmp »
      … … Ah ! vous aviez oublié de préciser celles et ceux qui occupent les palais nationaux ou se trimbalent, aux frais des contribuables, à Bruxelles+Strasbourg+Seychelles+Londres+etc … bien; c’est OK
              A propos de Londres
      Vers 1953-57 … derrière chez moi, dans la forêt … au milieu de nulle part, dans les brousailles, au sol, encore les fondations de rampes de V1 ou V2 de la Wermacht pour bombarder le Kent britannique jusqu’à Londres. Qui paya ces installations ? Ainsi, je suis né à la sortie de la IIe Guerre Mondiale (1947)
      Vu votre bouillant ( artfactories ? ) tempérament à  » secouer le cocotier  »
      je vous offre ceci
      Très bonne journée

    4. @Auguste+LeClownBlanc+NuageBlanc+TuttiFrutti.

      Au moment des manifestations contre le CPE, je me souviens que le philosophe Michel Serres avait déclaré dans un article du Parisien :

      «La guerre, toutes les guerres, sont ce que j’appelle à présent  » les meurtres des fils « . Les deux guerres mondiales, ce sont des vieillards, à Berlin et à Paris, qui s’entendent pour qu’on massacre leurs propres fils. A chaque fois c’est pareil, nos sociétés ont toujours massacré leurs enfants. Chaque génération recommence. Pour la première fois dans l’histoire, depuis 60 ans nous n’avons pas connu de guerre. Mais les pères d’aujourd’hui ont inventé autre chose pour  » tuer leurs fils « , cela s’appelle le chômage et la précarité. »

      Ce qui lui avait valu un nombre incroyable de critiques.

      Je ne crois pas que Michel Serres, à 71 ans passés, ait jamais eu l’intention de « lever les générations les uns contre les autres » comme vous dites. Bien au contraire. Son observation s’inscrit à mon sens, tout à l’inverse donc, dans la droite ligne du message juif et chrétien de la promesse que cesse le sacrificie d’Abraham.

      J’avoue en revanche que le fait que ce point de vue agace, pour ne pas dire plus, un certain nombre de sexagénaires, me parait toujours aussi révélateur.

      ps : artfactories ? Pas mal, pas mal… !
      Très bonne soirée à vous aussi.

  35. @ULTEC:

    Donner de sa personne, dans un mouvement humaniste, n’a aucune importance, et ne peut avoir aucun impact sur l’état du monde. J’ai donné dix ans de ma vie au mouvement GPL, et même si LINUX, par exemple, peut impacter une petite part des bénéfices de MicroSoft, ce n’est pas cet effort qui va changer le monde. Au passage, sur l’aspect individuel, j’ai le regret de t’apprendre que les « volontaires » sont le plus souvent des personnages abjects, qui ne travaillent que pour leur gloire propre. En général… ça pue. J’ai plusieurs exemples d’individus qui, tout en prenant l’attitude « alternative », ne rêvent, en fait… que d’être récupérés, en tant que traîtres, par le diable.

    L’engagement individuel est un dérivatif à l’engagement collectif. Rassure toi: il n’existe aucune possibilité actuelle d’engagement collectif non plus. La propagande est toute puissante, et même dans des lieux hyper-marginaux, comme ici, jamais personne ne posera les bonnes questions, pour la simple raison que les constituants de la « mentalité » sont (pré)fabriqués et sont inconscients. C’est cette inconscience qui fait toujours dévier la flèche vers le détail insignifiant, comme on le voit ici, avec cette amusante proposition de taxe sur les mouvement financiers, ou avec l’interdiction de spéculer sur un prix (quoi que cela signifie…).

    Ce qu’on adressera probablement jamais, c’est le désir de puissance de l’individu moderne (qui n’atteindra jamais l’âge adulte, par manque de souffrance), dont on a la caricature dans la mythologie américaine de la « réussite ». Nous avons franchi un pas décisif vers l’effondrement moral, lorsque la « mentalité » française a cessé d’avoir honte de gagner de l’argent.

    1. « La propagande est toute puissante » et comment.
      Finance + industries mondiales dominent le pouvoir & les médias ==> propagande (sans en avoir l’air bien sur)qui conditionne tous les citoyens certains que ce sont eux qui décident, c’est ça la démocratie.
      Ca me rappelle une anecdote que mon vis à vis et ami de bureau m’avait narré en son temps « un jour j’ai offert à mon épouse une machine à laver, une semaine après je rencontre mon beauf qui m’apprend que mon épouse avait signifié à icelui son besoin impératif de changer sa machine à laver un peu obsoléte pour une top modèle »

  36. Il me semble que le CRIS n’est pas un comité mais une commission  » Commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale  » … non ?
    Vous avez sans doute traduit de l’anglais ?

  37. Vu le nombre hallucinant de réponses à mon message du 11 je préfère m’expliquer tout de suite.

    Je ne suis pas d’accord avec les thèses de Paul Jorion tant qu’elles ne sont pas précédées d’une réflexion sur un modèle de société de rechange. Quel est le danger de ses propositions ?
    Si l’on accepte que les sociétés occidentales actuelles sont basées sur la consommation on peut admettre sans difficulté il me semble le danger d’enlever cette occupation à la population, non ? A moins de croire au plein emploi dans la joie et la bonne humeur tombé du ciel, je ne vois pas comment la mise en place, sans sécurité, de mesures telles que l’interdiction des paris sur l’évolution des prix pourrait ne pas entraîner une catastrophe humaine. A moins encore de considérer que cette catastrophe serait salutaire à l’humanité en enrayant radicalement le phénomène de surpopulation, bien sûr ! Alors pourquoi et comment ce type de propositions peut être dangereux ? J’ai cru avoir été compris par Pierre-Yves D. quand il a parlé de fordisme, mais non, même pas ! (pauljorion.com/blog/?p=4637#comment-39896).

    Je reprends, en me faisant aider :

    « Avec la révolution industrielle, la division manufacturière du travail et la production massive pour le marché mondial, la marchandise apparaît effectivement comme une puissance qui vient réellement occuper la vie sociale. » (Guy Debord, La Société du spectacle)

    De plus, si les ouvriers étaient mieux payés, ils étaient « exempts de préoccupation étrangère au travail, et donc plus industrieux, par conséquent, plus productifs » (Ma vie, mon œuvre de Henry Ford).

    « La bagnole, la télé, le tiercé c’est l’opium du peuple de France, lui supprimer c’est le tuer c’est une drogue à accoutumance » (Renaud, Hexagone). Et le travail ? Et la consommation ?

    La finance, les paradis fiscaux, les taxes orwelliennes ont un rôle social : ils assurent le fonctionnement des mécanismes décrits ci-dessus…Les supprimer c’est le tuer*, le système actuel ! Oui elles maintiennent le système en vie et oui encore ce système n’est pas beau, mais en aucun cas il ne faut s’en défaire par le haut !!! Puisque c’est le haut qui le maintient en vie !!! Si on le tue et qu’on n’a pas de solution de rechange, ça va être le carnage ! Demandez aux gens qui ne travaillent pas, regardez les sociétés où le chômage est plus important que chez nous et essayez d’imaginer une généralisation à la planète entière !!!

    A moins de croire au plein emploi dans la joie et la bonne humeur tombé du ciel…

    Conclusion : le capitalisme aux chiottes si et seulement si un nouveau système a été inventé ! Qu’on ne laisse pas la place à une fosse septique ou pis : un charnier, sauf à vraiment aimer l’engrais bio !

    Bonne journée.

    * « Bon. Quelle est la conséquence de leurs ponctions ? Comme le dit Paul Jorion, l’argent n’est pas là où il devrait être. D’accord !? Que se passe-t-il alors là où cet argent devrait être ? Et bien ceux qui l’ont créé, l’économie « réelle », se doivent de le remplacer, c’est à dire de créer de nouvelles richesses, et même davantage avec toutes ces histoires d’emprunts et tout et tout. Et voilà comment une société se retrouve à courir derrière une production effrénée. Yes ? » (Fab, pauljorion.com/blog/?p=4362#comment-39409)

    PS : je reviendrai une autre fois peut-être sur le lien de mon précédent message (Les questions du mercredi sur France Inter)

    1. Fab,

      Ne pensez-vous pas que si l’on ne faisait rien ou presque on aboutirait au même résultat que dans l »éventualité où les préconisations de Paul Jorion seraient appliquées (selon votre optique) ? Vous le savez, les ressources sont limitées, le modèle de la croissance touche à ses limites.

      La constitution pour l’économie , au stade actuel de l’évolution de la Crise (je mets une majuscule car c’est la crise des crises), comprend une mesure technique, très simple, mais lourde de conséquences, comme votre commentaire le souligne à juste titre.
      Or, il me semble que c’est justement parce qu’elle serait lourde de conséquences qu’il faut la mettre en avant. Et vous en êtes la preuve vivante ! Autrement dit, avant d’être appliquée elle a un rôle heuristique, pédagogique ! Cette mesure est en somme à elle seule une remise en cause du modèle de la croissance ! Mais chutt ! 😉

      C’est cela qui est très fort. Les écologistes n’auraient pas pu mieux dire. Et une certaine gauche de la gauche non plus ! Et cerise sur le gâteau les libéraux n’ont pas d’arguments sérieux à lui opposer, pour la raison bien simple qu’ils sont bien obligés d’admettre que les ressources de la planète sont limitées. Bref, elle joue un rôle d’aiguillon dans le débat d’idées actuel. Elle oblige le débat d’idée à venir s’articuler sur une vision des choses bien caractérisée. Bref, à l’heure des choix cruciaux il faudra aux capitalistes et leurs représentants faire le choix entre d’une part continuer la croissance et ainsi mettre en péril la survie de leurs enfants, et d’autre part mettre en place de nouvelles règles. Bref la contrainte, comme disait Paul en réponse à Kerkoz, est maximale.

      Quant à la nécessité de penser un modèle qui émergerait du bas, je ne peux qu’approuver. Je tempérerais seulement votre ardeur en disant qu’il faut les deux.
      Penser à la sortie du consumérisme c’était le sens d’une des mes réponses que vous avez citée en lien.
      Le milieu technique associé auquel je faisais référence vise précisément à briser le lien hiérarchique, de même qu’il peut permettre une économie en prise avec le local.
      C’est une piste parmi d’autres, et non pas une panacée, car la technique n’est qu’un aspect d’une incontournable transformation sociale. Mais l’aspect technique est important, précisément si l’on veut, comme vous le souhaitez, partir de l’existant, des acquis scientifiques, techniques de l’humanité, quitte à les repenser, les recomposer.

      Edgar Morin a raison lorsqu’il dit qu’il existe déjà beaucoup d’idées, d’expériences éparses, qui sont autant d’alternatives au consumérisme, mais que celles-ci n’ont pas encore trouvé leur principe unificateur. Internet pourrait jouer ce rôle, mais comme le disait plus haut

      Nous somme en plein consumérisme, mais il y a aussi en chacun de nous, à des degrés divers bien entendu, une aspiration à autre chose qui se révèle de façon symptomatique, notamment au travers d’un certain nombre de pathologies sociales et individuelles. Il ne faut pas non plus confondre abandon de la société de consommation et diminution de la production des objets. Les objets seront toujours présents dans notre environnement, mais ils seront conçus différemment, avec des conditions de travail également nouvelles et pour des usages sociaux eux-mêmes différents.

      Inventer un modèle alternatif tout prêt à l’emploi c’est une vue de l’esprit. Les choses se feront, comme toujours, au gré des circonstances, et personne ne peut dire précisément de quelle faille du système viendront les premiers ajustements, comment les choses se recomposeront. La crise va-t-elle traîner en longueur ou bien va-t-elle brusquement s’aggraver. OU est-ce la crise énergétique, qui va venir au premier plan, aggravant la crise économique ? Pour ne prendre que l’exemple de l’énergie, c’est lorsque le prix du brut atteindra des sommets que des investissements massifs iront se porter sur les énergies renouvelables (ou le nucléaire, ce que je ne souhaite, pas, et d’ailleurs le programme EPR prend du retard )… Un un sens il serait souhaitable que le prix de l’essence grimpe rapidement pour que les gouvernements se décident à prendre les mesures qui s’imposent, notamment en ce qui concerne les économies d’énergie, les normes dans la constructions.

      Mais sur le fond, vous avez raison, le plus tôt nous y réfléchissons le mieux c’est.
      J’ajoute tout de même qu’il serait judicieux en complément de l’adoption des mesures de Paul, que les grosses banques soient démantelées. Leur pouvoir de nuisance est trop grand.
      Quant à la question du fordisme est essentielle en effet. Le fordisme c’est le passé ! je maintiens qu’il doit être dépassé.
      Même si je me doute que lorsque Paul en parle ce n’est pas pour vanter les mérites d’un modèle de croissance et consumériste mais pour signifier que l’argent ne vas pas là où il devrait aller, notamment dans la poche des travailleurs, et de tout humain qui après tout à le droit d’exister, puisqu’il est sur cette terre.

      Si vous avez des idées, n’hésitez pas 🙂

    2. En Occident du moins, nous sommes des êtres capitalistes avec une conscience de soi capitaliste, une culture (vision du monde) capitaliste et fonctionnons au sein d’un système capitaliste. Nous accumulons (ou désirons accumuler) argent, biens, savoirs, pouvoir, honneurs… Cette accumulation est une réponse à nos angoisses existentielles, nos insécurités, nos peurs les plus profondes, mais une réponse de type capitaliste qui nous aliène, piège redoutable parce qu’il nous enferme dans un cercle vicieux menant l’humanité à sa perte.

      Comme l’a dit Pierre-Yves D., vouloir sortir de ce piège existentiel par un changement radical avec modèle de rechange tout prêt est illusoire et l’histoire prouve assez que cela mène souvent à la tyranie. On n’impose pas le bonheur par la force, aussi bonnes soient les intentions.

      Il me semble que des solutions devront émerger de la population consciente de ce piège existentiel capitaliste et désirant le dépasser avec des réponses non-capitalistes à nos angoisses existentielles, nos insécurités et nos peurs les plus profondes. Cela nécessitera non seulement une réponse sur le plan individuel, mais aussi une réponse sur le plan collectif (système et culture/vision du monde). Une telle mutation métaphysique ne se fera pas du jour au lendemain ni sans « sacrifices » et il faudra s’accomoder du système capitaliste sans en être complice mais en le critiquant et en apportant des alternatives non-capitalistes et libératoires. Des communautés alternatives critiques, mais ouvertes vers l’extérieur, sont des preuves vivantes que des alternatives sont possibles. Mais pour changer le système, il faut aussi porter la critique au niveau politique. C’est bien d’une « hérésie » capititaliste dont il est question, visant à saper les fondements même du système capitaliste dont nous sommes (presque) tous des acteurs co-dépendants. Nous contribuons à perpétuer le système capitaliste parce que nous n’envisageons notre existence qu’en son sein. En ce compris les partis dits « démocratiques de gauche », les syndicats et autres acteurs sociaux qui ne se contentent que de contrebalancer les injustices rendant par là le système capitaliste à peu près acceptable et donc le perpétuant.

      Le mieux que nous puissions espérer des autorités et des médias, c’est qu’elles favorisent l’émergeance des telles communautés alternatives de militants par l’exemple et critiques politiques lucides. Reste à espérer qu’il n’y aura pas d’inquisition contre cette « hérésie » capititaliste.

    3. Pierre-Yves D. et fujisan (Entièrement d’accord avec vous sur le fond. Le constat que vous faites est un préalable indispensable. Par contre je reste malgré tout optimiste (c’est un positionnement et, peut-être seulement, une conviction) sur notre capacité à Nous sortir volontairement de cette tyrannie que nous avons acceptée.),

      « Ne pensez-vous pas que si l’on ne faisait rien ou presque on aboutirait [PEUT-ETRE] au même résultat que dans l »éventualité où les préconisations de Paul Jorion seraient appliquées (selon votre optique) ? »
      Si.

      Un point : à focaliser sur le côté économique, à pousser vers la pensée que la solution à la crise que connaît l’humanité est économique, on risque d’une part d’occulter le côté humain, sentimental avant d’être raisonné, et, d’autre part d’imposer l’idée qu’il faut absolument trouver cette solution LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE. C’est ce que j’appelais mettre la charrue avant les boeufs ou jouer avec des allumettes. Effectivement les solutions économiques proposées ici ne pourront être mises en place SANS DANGER que le jour où elles s’imposeront d’elles-mêmes : le jour où l’humanité aura dépassé ce besoin d’une prise en charge, ce besoin qu’a l’homme d’être mené, d’être occupé nécessairement, de Alpha à Epsilon…Bref le jour où capitalisme et fordisme seront allés rejoindre le pharaonisme ! En somme le jour où elles ne serviront plus à faire chuter le système mais seront une composante indispensable à un « bon » fonctionnement social !

      « Si vous avez des idées, n’hésitez pas ». Chiche : « Inventer un modèle alternatif tout prêt à l’emploi c’est une vue de l’esprit. ». Soit. Et imaginer des règles potentiellement dangereuses pour l’humanité si elles étaient adoptées à froid, ou à sec, c’est pas une vue de l’esprit ? Bon alors, si l’un pourquoi pas l’autre. Surtout que lorsque viendra le temps où « Les choses se feront, comme toujours, au gré des circonstances », il y a d’autres colonies industrieuses qui auront des solutions prêtes à l’emploi qui risquent de ne pas nous ravir ! Alors chiche, la plus longue et dure des marches commençant par un pas et le but étant le chemin : que peut-il y avoir au-delà du fordisme ?

      Bien à vous.

    4. @pierre-Yves d
      Bravo pour cette réponse. C’est effectivement ainsi que je lis la proposition de Paul ; comme un repositionnement du débat public sur un point essentiel. C’est d’abord cela qu’il faut défendre : car ce repositionnement est fragile : non pas du fait de la « propagande » ou du « pouvoir des banquiers » (le président Mao parlait en son temps d’un tigre de papier); mais parce que nous avons été déshabitués à ce genre de débats.
      Une remarque critique cependant : la proposition de Paul résonne dans nos sociétés car elle renvoie à l’idée libérale de justice ( et ici libérale est synonyme de admise par la majorité) : le spéculation est un enrichissement sans cause qui n’est pas admissible par notre morale. Je pense qu’il ne faut pas oublier ce point
      amitiés

  38. @ Martine Mounier

    Il me semble que vous confondez la réalité telle que ressentie par les nouvelles générations (nouvelles par rapport à la vôtre, probablement), et cette même réalité telle que les médias vous la présentent. La différence entre l’une et l’autre est précisément ce qui fonde la manipulation à laquelle nous sommes tous soumis. Ne tombons pas dans ce panneau!

    Je ne crois pas aux générations perdues. Quand j’étais en terminales lettres il y a bien longtemps, je lisais un jour L’immoraliste, d’André Gide, sur un banc dans un jardin public. Un homme d’un certain âge s’est approché de moi et m’a affirmé catégoriquement que les écrits de Gide « avaient corrompu toute une génération ». Il n’a pas dit laquelle et, à 17 ans, je n’ai pas osé le lui demander, sans doute parce que j’étais persuadé que la génération dont il parlait était la mienne, et qu’alors, vraiment, je n’avais rien à voir avec malgré mon jeune âge! Disons pour faire court qu’on a la génération qu’on mérite…

  39. « La finance, les paradis fiscaux, les taxes orwelliennes ont un rôle social : ils assurent le fonctionnement des mécanismes décrits ci-dessus…Les supprimer c’est le tuer*, le système actuel ! Oui elles maintiennent le système en vie et oui encore ce système n’est pas beau, mais en aucun cas il ne faut s’en défaire par le haut !!! Puisque c’est le haut qui le maintient en vie !!! Si on le tue et qu’on n’a pas de solution de rechange, ça va être le carnage ! Demandez aux gens qui ne travaillent pas, regardez les sociétés où le chômage est plus important que chez nous et essayez d’imaginer une généralisation à la planète entière !!! »

    La différence entre vous et Paul, si je comprend bien, c’est que Paul qualifie de parasitaire (et donc pouvant être supprimé sans dommage) ce que vous qualifiez, vous, de symbiotique (certes avec des gains assymétriques de part et d’autre, mais avec des gains quand même).
    Pour vous, le coeur spéculatif est nécessaire, et il ne convient pas de le retirer sans avoir trouvé un nouveau système capable d’assurer sa fonction. Paul serait donc trop radical (l’adoption de sa mesure menaçant de désintégrer le peu qui reste de la communauté)… ou pas assez (en étant seulement réformiste). Là ou on peut s’interroger sur la faisabilité d’une interdiction des paris sur les prix (les autres nations nous suivront-elles, et si elles ne le font pat pas ?), vous dites que de toute façon en l’état actuel d’avancement « théorique » ce n’est surtout pas à faire.

    Comme je l’ai déjà écrit ici, il est fondamental que Paul et ceux qui connaissent bien le secteur financier opèrent un découpage rigoureux, au scalpel, des activités qui doivent être maintenues ou prohibées. Tant que ceci n’aura pas été fait, le projet de « constitution pour l’économie » manquera de crédibilité et ne sera jamais pris au sérieux. Commencer par une loi organique sur la Finance plutôt qu’une « constitution pour l’économie », me paraît être à la fois un objectif plus modeste et plus accessible.

    Pour en revenir à vous Fab, et sur la nature symbiotique plutôt que parasitaire de CET aspect de la Finance, nous attendons une vraie démonstration, et non pas quelques citations puisés à droite à gauche. Si Paul pouvait montrer que ca ne provoquerait pas l’effondrement que vous annoncez ce serait bien aussi, même si a priori je lui fais plutôt confiance sur ce point.

    Je vous suivrais peut-être, par contre, si vous parliez de la maitrise des flux de capitaux offshore, qui sont un enjeu de puissance pour les occidentaux et en particulier les britanniques (mais pas seulement), et qui rend risible les vraies fausses manœuvres de régulation, surtout qu’il s’agit encore du rare avantage géopolitique dont les occidentaux (apatrides ou non) disposent encore et qu’ils ne vont pas se priver d’utiliser. Allons nous nous abaisser « pour faire moral » ? Evidememnt que non, à moins que nous ne trouvions de quoi compenser la perte de puissance/ voire de ‘laccroître en « faisant moral/ non opaque ». Mais c’est une toute autre question.

  40. Bonjour et merci pour cette tribune démocratique.

    Le plateau pétrolier atteint en 2005-2008 est le facteur premier de la crise que nous connaissons actuellement, c’est limpide. Le pétrole est l’énergie ultime (accessibilité, intensité énergétique et transportabilité), c’est ce qui nous permet de produire les autres ressources à bas coût. Quand son prix s’envole, toutes les autres ressources s’alignent sur son prix (les énergies, les minerais, l’agriculture). Que coûte l’extraction du charbon, la production de pétroles alternatifs, la production de photovoltaïque, la désalinisation de l’eau de mers, la production agricole, etc. quand le baril atteint des prix à trois chiffres ?

    J’ai l’impression que nous sommes pris par une amnésie généralisée. Qui se souvient encore des émeutes de la faim, de la chute du pouvoir d’achat ? On ne parlait que de cela il y a peu avant que l’on ne zappe sur des symptômes ; la finance et les banques. Il est urgent de s’intéresser à la cause plutôt qu’aux symptômes.

    Le prix du baril a augmenté de 500% en 10 ans et le crédit a essayé de masqué cet état de fait mais n’a pu le faire que jusqu’à un certain point. La suite est toute traçée, la rétroaction négative de la décroissance a été enclenché, cela se traduit par la substitution des investissement tournés vers l’avenir par des investissements tournés vers le passé. On ne pourra jamais interrompre ou freiner la rétroaction négative si on ne fait pas le bon diagnostic ; The Limits to Growth. Il est urgent de voir le lien entre LA ressource ultime, car elle permet les autres, et toutes les autres ressources.

    Vive le rapport Meadows !

    – Revisiting the Limits to Growth After Peak Oil –
    http://www.esf.edu/efb/hall/2009-05Hall0327.pdf

    Vive Colin Campbell !

    – Colin Campbell predicts credit crunch due to peak oil 2005 –
    http://www.youtube.com/watch?v=lDNMjV6sumQ

    1. Le plateau pétrolier atteint en 2005-2008 est le facteur premier de la crise que nous connaissons actuellement, c’est limpide.

      C’est peut-être limpide, mais c’est faux : il n’y a aucun rapport (c’est dommage, je suis d’accord : ce serait moral).

      Vous intervenez pour la première fois sur ce blog, soyez la bienvenue, lisez cependant mes billets, en particulier dans la rubrique « Matières premières », le mécanisme de la flambée du prix du pétrole y est expliqué pas à pas. Quant aux facteurs qui expliquent la crise, vous les trouverez exposés dans mes quatre ouvrages qui lui sont consacrés.

      (Colin Campbell est sympa. Mais son explication de la crise est incorrecte.)

    2. C’est vrai que vous êtes gentil, mais pour parler d’énergie ultime, vous auriez besoin de faire quelques pas du côté de la physique.

      Quand aux ressources naturelles, c’est par la géologie, et la géophysique, qu’il faut envisager le problème.

      Le pétrole n’est pas le plus dur à trouver ou à synthétiser. Son atout passe par une facilité de libération d’énergie conservée dans les liaisons chimiques ( libération relativement aisée, à notre niveau de connaissance technologique ), énergie qui a demandé quelques années de processus naturel, à être mise à disposition. Plus de temps qu’il nous en faut pour tout cramer. Charbon, pareil !

      Les éléments qui ne sont pas à base d’oxygène, silicium, aluminium, fer, calcium, sodium, potassium, magnésium, hydrogène, titane, chlore, carbone ( par ordre décroissant de présence massique atomique ), sont beaucoup plus rares encore à la surface de la terre. Après 4 milliards et quelques années de différenciation centrifuge associée à d’autres mouvements complexes de convections, on a de beaux métaux beaucoup plus présents en %centage, vers le centre de la terre.

      Le challenge consiste donc à trouver les moyens les plus efficaces, et rentables ( en terme de consommation énergétique, c’est dire si vous avez quand même une vérité dans ce que vous avancez ) pour aller ramasser ce dont on aurait besoin, avec des conditions d’exploitation de plus en plus difficiles, complexes, demandant matière grise autant qu’énergie pure, pour arriver à amener cela dans le circuit de transformation.

      Ensuite, qu’on se permette de gaspiller les objets une fois qu’ils ont été fabriqués est une autre morale, ou inconscience, et on finira bien par embrayer sur la conception d’objets plus durables, ainsi que de faire sérieusement du recyclage, ce dernier secteur ayant aussi un coût énergétique pour la récupération des éléments …

      La souplesse de l’exploitation de la chaîne carbonée « pétrole », est particulièrement appréciable pour les transports tous azimuts.

      Merci d’être passé pour expliquer le pourquoi de la crise.

    3. « C’est peut-être limpide, mais c’est faux : il n’y a aucun rapport (c’est dommage, je suis d’accord : ce serait moral).

      Vous intervenez pour la première fois sur ce blog, soyez la bienvenue, lisez cependant mes billets, en particulier dans la rubrique « Matières premières », le mécanisme de la flambée du prix du pétrole y est expliqué pas à pas. Quant aux facteurs qui expliquent la crise, vous les trouverez exposés dans mes quatre ouvrages qui lui sont consacrés.

      (Colin Campbell est sympa. Mais son explication de la crise est incorrecte.) »

      Personellement, je pense en effet que le peak oil ou plateau est bien la raison fondamentale de la crise, et cela apparaitra de manière de plus en plus claire. Pour un historien dans 50 ou 100 ans, si il y en a encore, cela ne fera aucun doute.

      Certes on peut parler de crise du crédit ou emballement des produits dérivés, mais fondamentalement cela ne faisait que refléter « la croyance » et l’extension d’un modèle basé sur un pétrole peu cher, la construction de lotissements et centres commerciaux à n’en plus finir, etc. Chose qui pouvait -physiquement- tout simplement ne pas continuer d’une manière ou d’une autre. Et d’ailleurs, c’est plutôt chez les financiers, du genre -piquer le plus possible pendant qu’il en est encore temps- que le réalisme face au réel futur de la société industrielle est en fait le plus présent, même si plus ou moins inconsciemment : Le fait par exemple qu’un très grand nombre de diplomés des grandes écoles d’ingénieurs soient partis dans la finance dans les années 80 et 90 fait parti d’une certaine mentalité que l’on pourrait qualifier de « punk » ou « no future » (même si version branchouille ou belles chemises et chaussures), et qui était souvent verbalisée très clairement (expérience directe).

      Une vision d’un historien dans 50 ou 100 ans (si il y en a encore) serait sans doute quelque chose comme : La civilisation industrielle se trouvait alors dans une espèce d’ivresse sous perfusion

    4. Les thèmes abordés par Fab et Peak.Oil.2008 sont dans le top 3 des sujets qui me passionnent dans les discussions du blog.

      1- A propos du Peak Oil comme cause de la crise, je suis contre (cela vous fait une belle jambe, n’est-ce-pas ?), parce que des crises économiques gravissimes sont intervenues dans le passé, bien avant l’avénement des hydrocarbures. Si l’on s’en tient au capitalisme précisément,

      un exemple ancien mais éclairant, à mon sens : fin du Moyen-Age, la crise « des banquiers lombards », qui tripatouillaient allègrement les devises et prêtaient l’argent qu’ils n’avaient pas. Pas de pétrole, mais un bouleversement carabiné dont l’Europe ne va sortir qu’au bout de plusieurs siècles.

      Autre exemple : la théorie de formation du prix telle qu’Aristote la conçoit, dont Paul est le relais. Le rapport de force entre le vendeur et l’acheteur est bien le coeur de l’affaire. Si l’on s’avise de faire des paris sur de telles transactions, on dénature complètement l’idée d’économie « réelle ».

      Pour en venir au pétrole : si les réserves ont été exploitées ainsi depuis 100 ans, c’est bien parce que cette idéologie s’est emparée de la ressource, susceptible d’ouvrir un univers de parts de marché.

      Le pétrole n’est que la danseuse que le capitalisme a entretenu à grands frais (humains) au XXème s. Il n’est pas son moteur

      Il y a, pour moi, trois hypothèses pour l’après peak-oil (les chevilles me tirent, à moins que ce ne soit la tête) :

      -on trouve une, des énergies de remplacement (comme l’évoque Barbe-toute-Bleue, il y a des perspectives hallucinantes dans les cartons des scientifiques), et le catalyseur de ce renouvellement reste le capitalisme, système global le plus coriace.

      – on met en place, par dégraissage « darwinien », un système où le protectionnisme, dans le cadre d’un « concert des nations », n’est plus un gros mot. Retour à l’agriculture vivrière, démantèlement des hydres bancaires, import raisonné. Cela signifie un retour à un pouvoir politique plus fort que le pouvoir économique.
      Ce qui ne diminue en rien les chances de survie du capitalisme.

      -on retourne à un Moyen-Age amélioré, au prix de millions de morts, et on fait fonctionner le serveur de Paul grâce à l’éolienne du jardin,
      afin de permettre à François Leclerc de tenir à jour les transactions juteuses des banquiers, qui continueront plus que jamais à entretenir le rapport de force entre ceux qui ont les stocks, et ceux qui ne les ont pas.

      Dans tous les cas, le capitalisme survit, et ne fait que changer de danseuse.

      2- Du coup, j’en viens à Fab : une partie de vos propos revient tout de même au bon mot de Juvénal, le « panem et circenses », ne trouvez-vous pas ?

      Qu’une bonne partie de nos congénères n’ait pas d’autre objectif dans la vie que d’être heureux à leur échelle de valeur, je ne vois pas en quoi on devrait systématiquement songer à un « système » chargé de les faire mijoter tranquillement dans leur jus ! Ce n’est pas nécessaire, ils le feraient d’eux-mêmes !

      Vos propos évoquent chez moi des souvenirs de Matrix, ou bien ces harangues de publicistes et autres fils de pub (comme dirait le Canard) : « ce monde qu’on a créé à ces veaux, c’est parce qu’ils le valent bien ! »

      Mais qu’en savez-vous ?

      Que l’on songe à un système où la répartition des richesses soit le plus équilibré possible, c’est une chose noble. Se fonder sur un quelconque système pour anticiper les divertissements de la foule, c’est méprisant, et ça ne change rien au déterminisme capitaliste actuel.

  41. « …facteur premier de la crise… » – « J’ai l’impression que nous sommes pris par une amnésie généralisée. Qui se souvient encore des émeutes de la faim, de la chute du pouvoir d’achat ? On ne parlait que de cela il y a peu avant que l’on ne zappe sur des symptômes ; la finance et les banques. Il est urgent de s’intéresser à la cause plutôt qu’aux symptômes. »

    Que faîtes-vous de la configuration actuelle du capitalisme et des contraintes à la fois actionnariale et concurrentielle – en 25 ans, la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises au sein des pays de l’OCDE a perdu plus de dix points?

    1. Bonjour

      moi aussi, c’est la première fois que j’interviens, mais ce débat a déjà eu lieu sur d’autres sites, en particulier Oléocène qui est consacré au pic pétrolier.

      Personnellement, je penche pour l’explication de Peak.Oil.2008 : le pic pétrolier a été un facteur déterminant de l’effondrement du système par la tension inflationniste qu’il a produite, provoquant in fine les défauts de paiement qui ont conduit à l’implosion de la bulle financière (en particulier par la montée des taux d’interêts). Une vision purement économiste ne regardera que la cascade d’évènements financiers ayant produit cette chute, mais elle ignore les raisons pour laquelle le monde s’est lancé dans cette folie financière – et les raisons en sont pour moi que l’économie REELLE est devenue incapable de soutenir une croissance durable à cause de la limite posée par les ressources naturelles, le pétrole en premier lieu.

      Le probleme n’est pas tant la flambée de baril qu’un phénomène inexplicable l’ayant accompagné : LA STAGNATION DE LA PRODUCTION DEPUIS 2005 ALORS QUE LA DEMANDE MONTAIT.

      Selon quel loi économique une flambée spéculative est-elle censée faire augmenter la demande, et pas l’offre ???

      Une action coordonnée des producteurs pour limiter volontairement la production ? l’explication ne tient pas. La stagnation n’est qu’une moyenne au niveau mondial, mais la moitié des pays qui ont pu augmenter (Angola, Bresil, Russie) l’ont bien fait, comme il se doit ! c’est juste que ça n’a pas suffi à compenser le déclin d’autres pays (Mer du Nord, Indonésie, Mexique), qui auraient bien voulu profiter plus de la flambée mais ne l’ont pas pu. Comment expliquer que la Grande Bretagne soit devenue importatrice de pétrole au moment même où le baril flambait? Ca défie toute logique !!!

      La réalité est que la production pétrolière a réellement atteint son maximum historique, et que l’économie réelle ne le supportera pas. La croissance durable est terminée. Ce n’est que la première des crises de ce qui s’annonce comme le siècle des crises. Je suis prêt avec PO2008 à tenir le pari sur les prochaines années. 2012 devrait voir la chute de la production s’accélérer, et en 2020, il n’y aura plus guère de doute pour personne….

    2. Savez-vous où trouver, commodément (sans avoir à faire le travail)
      la mise en parallèle des évolutions de taux bancaires (LIBOR, T-Bonds, £, €_BCE) avec les cours de pétrole ?

  42. Pour aller dans le sens de Monsieur Jorion, même si sa thèse est fortement contestable (enfin, à mon sens: je suis personnellement d’accord avec Peak.Oil.2008 en pensant que s’il n’y avait pas eu cette flambée progressive du prix du pétrole depuis 2004, voir : http://www.oleocene.org/ , la crise aurait été beaucoup plus douce ), voici quelques phrases d’un résumé par « Aerobar » à la suite d’une conférence de Patrick Artus , sur http://www.oleocene.org/node/47

     » On notera que M. Artus reconnaît la problématique piquiste, mais fait partie de ceux qui pensent que le problème de la raréfaction des matières premières n’est pas à l’origine de la présente crise, mais qu’il s’apprête à en provoquer une autre. C’est peut-être sombrer dans le syndrome de Milgram, mais nous avons tendance à privilégier cette thèse plutôt que celle qui prétend que la crise financière actuelle est en grande partie dûe à la récente flambée du pétrole. »

    Pauil Jorion est donc de l’avis de Patrick Artus…

  43. /////Que faîtes-vous de la configuration actuelle du capitalisme et des contraintes à la fois actionnariale et concurrentielle – en 25 ans, la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises au sein des pays de l’OCDE a perdu plus de dix points?/////
    Celà c’est la vaguelette qui toutes les 20 seconde vous mouille les pieds . Sa hauteur peut etre estimée par vos études économiques ainsi que le nombre de bulles et le taux d’écume …….mais cela ne vous renseigne en rien sur le l’heure dela marrée , son coef et meme si l’eau monte ou descend ……ces renseignements ne dépendent que des intrants majeurs : la quantité de resources , le nombre d’accédants et le cout de l’acces . Si l’une des resource est l’energie qui permet l’acces aux autres resources , nous sommes deja ds une equa diff et réduire le modèle en equa linéaire est vain .
    Intuitivement , la spéculation (ou l’économie) ne peut avoir qu’un effet ampli (résonance) sur le signal principal.

  44. Cher Paul Jorion,

    Merci pour votre réaction constructive, je prendrais le temps de lire vos billets sur les matières premières ce weekend car cela m’intéresse et je n’aspire qu’à comprendre. A ce stade je reste coincé dans ma vision étriquée.

    Si la finance a sans aucun doute été un acteur de la flambée des prix (surtout sur la fin), nous nous sommes tout même retrouvés dans une situation où la demande mondiale n’a plus pu être satisfaite. La consommation mondiale a stagnée sur la période et maintenant elle baisse or la consommation n’est rien d’autre qu’une demande satisfaite !

    La montée du prix n’a pas permis d’augmenter la production sur 2004-2008. Pourquoi? Les producteurs n’avaient-ils pas assez anticipé la croissance des pays émergents ? En conséquence, l’envolée des prix a alors départagé les acheteurs en détruisant de la demande ici pour la laisser croître là-bas. Cette substitution de la demande de l’Ouest vers l’Est et le Sud a alors plongé le monde en récession car elle remet en question tous les flux et tous les équilibres financiers. Et si c’est la fin de la croissance mondiale, alors cela remet en cause la finance dans son ensemble, vu que l’économie mondiale est une pyramide de Ponzi.

    La dévaluation de l’immobilier américain a probablement été influencée par l’envolée des prix du pétrole quand le crédit n’a plus su compenser la hausse des prix. Avoir vu Georges Bush, le petit chante du ‘laisser -moi- faire’, supplier ces petits copains saoudiens d’ouvrir les robinets au maximum était d’ailleurs plutôt pathétique, surtout qu’il s’est fait remballé.

    « Le premier choc pétrolier de 1973, l’embargo pétrolier arabe, a multiplié par 4 le prix du pétrole ce qui s’est traduit par une récession mondiale. Lors de deux années qui ont suivi, la production US a chuté de 6% et le chômage a doublé pour passer à 9%. Lors du deuxième choc pétrolier de 1979, quand l’Iran a brièvement stoppé l’exportation de pétrole, les prix on plus que doublé, ce qui a provoqué une récession sur la période 1980-82. Quand l’Irak a envahi le Koweit en 1990, le prix du pétrole monta en flèche à nouveau, ce qui plongea à nouveau le monde en récession. » (David Strahan – The last oil shock)

    Cela me semble clair mais je vous promets d’essayer de remettre en question ma vision étriquée.

    Merci pour votre blog.

  45. Bien le bonjour, Barbe-toute-bleue.

    Pour être inter-actif, je dirais juste que c’est la baisse du cout réel de l’énergie qui nous permet d’être là, sur le blog de Paul Jorion, à discuter, au lieu d’être en train de retourner la terre, ou de couper du bois (des machines s’en chargent pour nous).

    C’est pas inutile de se demander ce qui se passe si ce cout réel, après 150 ans de baisse et donc d’orgie, se met à repartir à la hausse.

    Si cette question n’a rien à voir avec la crise actuelle, je trouve aussi la coïncidence bizarre, voir étrange.

    1. Disons que crise du peak oil, on va va se la prendre dans la foulée.

      De même, et on a déjà dû en parler, peut-être ensemble, l’écart grandissant entre riches et pauvres, actuellement, est tout-à fait lié à la facilité d’exploitation du pétrole.

  46. Face au Peak oil, la crise économique est elle opportuniste (ou à intention caché) comme le suggère TARTAR. A mon avis, non. La crise est une des conséquences, le Peak Oil étant un paramètre géologique et physique structurant l’avenir de TOUT système économique, capitaliste ou autres systèmes productivistes.
    Le Peak Oil a t il été anticipé par les puissants ? Sans aucun doute, puisque l’un des paramètres qui prédomine de redéploiement géopolitique et stratégique des USA au Moyen Orient en est la principale cause (Afghanistan, Irak et bientôt Iran).
    Mais les causes produisant des conséquences, elles même devenant les causes produisant d’autres conséquences, les dépenses militaires et budgétaires précipitent les USA vers la destruction de la classe moyenne américaine, accélérant la destruction du système économique mondial.

    En d’autres termes, face au Peak Oil, les USA ne se sont pas (mieux) préparé au chaos, ils ont accéléré la chute à cause de choix stratégiques décidés par une logique mercantique et conservatrice.

    Il faut être révolutionnaire face au défit du Peak Oil, en opposition au conservatisme des économistes et des puissants de ce monde. Je ne parle pas de bain de sang, mais de planification pré Peak Oil, réforme agraire, relocalisation, taxe Tobin, taxe Carbone, protectionnisme intelligent, soit une restructuration TOTAL de l’ensemble de l’industrie.

    Mes amis, la fête est finie et le matin révèle quelques gueules de bois.

    Le prix du baril n’est pas le meilleur paramètre pour observer le Peak Oil. Face à un paramètre spéculatif, je préfère la géologie, tout à fait abordable pour un non initié, et au combien plus précise qu’un indice boursier.

    1. à Alter Egaux [10:55]
      Vous êtes rigoureux, curieux, précis een géologie. Je vous invite à l’être autant dans les « disciplines molles » des marais infestés de l’économie et de la politique. Votre substantif « les USA » ne correspond à aucun élément de la réalité. Vous pouvez parler de ce qui suit : (a) 33 Liberty Street, fednewyork @NewYork – (b) JP Morgan Chase – (c) topCréanciers et noyau dur en capital d’Exxon – (d) Clan héritiers Bechtel – (e) Institutions *.gov sous tutelle de la Maison Blanche – (f) Congrès
      Alors vous pourrez apprécier si l’une ou l’autre de ces puissances porte un intérêt soutenu (premier) à la classe moyenne américaine. Y aurait-il une ligne « classe moyenne » ou « masse des gens 99.96% » sur le Tableau de Masse ?
      Quel Tableau de bord ? Celui de qui et pour quoi faire ?
      Celui du statisticien qui doit fournir des chiffres bricolés pour un dircom asservi qui doit rendre compte au Rouage-de-Manipulation Tartempion ?
      Merci à l’avance de ne plus dire « les USA »

    2. à François Jéru [09:57]
      Vous avez raison de me faire cette remarque. Mais n’y voyez que le raccourci dû à l’instantanéité d’une message rapidement formulé comme le permet un blog.
      Via « les USA », on peut y mettre tout ce que vous y avez mis, et plus encore si on considère la « propaganda » médiatique dont Edward Bernays a défini les bases dans son fameux livre de 1928.
      Il n’en reste que l’épicentre du tsunami économique est bien localisé dans cette région que l’on considère encore comme étant la première puissance économique et militaire du monde (5800 bases militaires).

  47. Entendons nous bien :
    Je ne dis pas que le Peak Oil est LA cause principale de l’effondrement actuel de l’économie mondiale (il reste des pays à croissance comme la Chine), je dis que ce paramètre va devenir (au fur et à mesure que la déplétion sera avérée) LE paramètre structurel qui nous fera repenser tout acte manufacturé, tout échange, tout confort et toute dépense.

    Cependant, si on considère la spéculation à un instant donné sur le baril de pétrole (conséquence indirecte du Peak Oil), le prix passant par 147 $ a en effet révélé quelques postures économiques intenables :
    – des modes consuméristes énergétivores (exemple le plus connu, le 4×4 urbain)
    – un urbanisme étalé,
    – une absence d’infrastructure de transports collectifs,
    – un logement neuf énergétivore,
    – le tourisme de masse,
    – etc…

    Sans parler de la prise de conscience du citoyen, plus critique envers un objet de consommation énergétivore, voire un logement trop grand et trop couteux à chauffer, pour ne pas dire très mal conçu, même neuf.
    On a là pratiquement un changement de paradigme et il suffit de faire un sondage pour s’en convaincre sous forme de question consensuelle :
    « – pensez vous que le baril de pétrole peut dépasser dans les 5 années à venir :
    choix n°1 : 150 dollars le baril
    choix n°2 : 200 dollars le baril
    choix n°3 : 300 dollars le baril ? »
    L’immense majorité vous répondra suivant la « common decency » d’ORWELL, 147 dollars n’a été qu’un début, un petit test d’alarme tous les premiers mercredi du mois. Et pourtant, non sans conséquence si on observe l’état des constructeurs automobiles, notamment Etats-Uniens.

    Le problème dans tout cela, c’est que la très mauvaise répartition des richesses va cliver les pays et les citoyens entre eux.
    En effet, une décroissance dans une tribu solidaire peut être assez bien gérée, dans le calme et le consensus, mais une décroissance dans un pays riche comme les USA ou la France, cela peut très bien être très mal vécu, il suffit d’observer les conséquences des grandes crises passées en Europe.

    Mais je suis d’avis de considérer le Peak Oil comme étant le paramètre ultime qui mettra tout le monde d’accord : ceci va structurer notre futur proche, que l’on croit que la Terre soit plate ou ronde.

    En d’autre terme, sauf découverte scientifique et technique révolutionnaire, voyager va redevenir l’apanage des millionnaires. Exit la mondialisation néolibérale.

    1. Le brevet FRANCAIS d’un moteur à compression avec consommation électrique minime va être exploité en Inde par Tata Motors, l’inventeur français n’a pu l’exploiter chez nous .

  48. A Martine Mounier,

    Merci pour l’indication du « sacrifice » des enfants: je ne vois que la solution de gouvernance à parité (et partout, et dans tous les domaines) pour sortir de ce « mécanisme ».

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