Commission Spéciale sur la Crise Financière, Économique et Sociale (CRIS) du Parlement Européen, le 10 novembre 2009

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

J’étais hier après-midi, l’un des huit « experts » conviés par la Commission Spéciale sur la Crise Financière, Économique et Sociale (CRIS) du Parlement Européen, à Bruxelles, sur « Les causes de la crise financière, ses conséquences et ses défis pour l’Union Européenne ».

Depuis la rentrée en septembre, j’ai participé à une demi-douzaine de réunions de ce type, où une brochette d’orateurs est appelée à se prononcer sur un thème similaire. Spécificité de l’après-midi d’hier : la médiocrité des interventions de mes co-panélistes, accumulant les clichés, les propos convenus, ânonnant les directives – qui de sa banque, qui de son gouvernement –, tout cela dans une affreuse langue de bois bureaucratico-administrative. Autre spécificité de la réunion d’hier : le très faible niveau d’information des intervenants de la salle, émergeant parmi les quelques centaines de parlementaires présents et leurs assistants, et posant des questions dont la teneur suggère – pour utiliser l’expression consacrée – qu’ils ou elles « tombent des nues ». J’excepte intentionnellement du lot, ceux qui, s’adressant à moi, insistèrent pour entendre le point de vue spécifique d’un anthropologue.

J’ai présenté comme origine de la crise, cinq causes principales (le résumé de mon intervention devrait être mis en ligne sur le site du comité) : baisse de la part salariale dans le partage du surplus au cours des trente dernières années – soulignant le rôle joué par les stock-options dans ce processus –, remplacement des salaires déficients par une politique de crédit complaisante, montée en puissance des bénéfices financiers dans la création de richesse – jusqu’à dépasser aux États-Unis 40 % de celle-ci, médiocrité et insuffisance des modèles financiers, aussi bien dans la valorisation des produits que dans la gestion du risque, enfin, vice conceptuel de la titrisation, transposant abusivement une logique assurantielle à un secteur – l’immobilier – coutumier des bulles financières.

Concluant par une perspective géopolitique, j’exposais brièvement la dynamique du « G2 » – encore appelé « Chimérique » – l’illustrant d’une référence au principe « faire de la force de son adversaires, sa faiblesse », emprunté aux arts martiaux chinois aussi bien qu’à l’« Art de la guerre » de Sun Tzu. M’adressant à l’auditoire, je lui demandais de manière très rhétorique si l’Europe entendait suivre les États-Unis dans le gouffre qui s’est creusé sous elle, et où elle se précipite en ce moment avec un enthousiasme renouvelé, ou si elle entendait émerger dans sa spécificité propre, comme troisième voie entre la Chine et l’Amérique.

Le temps des questions m’offrit également l’occasion de défendre l’idée d’une constitution pour l’économie, ainsi que l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix.

L’apathie, la passivité, le manque d’un sens de l’urgence, qui caractérisaient les interventions entendues hier impliquent-elles que je devrais ignorer désormais les réunions de ce genre ? Non, car détonaient sur ce fond de médiocrité bureaucratique généralisée, les propos de Wolf Klinz, Président du Comité, et ceux de Pervenche Berès, son Rapporteur, les seuls à converger avec les miens. En m’invitant à témoigner devant ce comité, ils entendaient secouer le cocotier, tâche dans laquelle je serai toujours prêt à les seconder.

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Voici ma liste des cinq principaux facteurs à l’œuvre dans le déclenchement de la crise, liste communiquée à la Commission (elle sera affichée sur son site dans les jours qui viennent).

Hearing: The causes of the financial crisis and the consequences and challenges for the European Union

De nombreux facteurs ont contribué à provoquer la crise. Voici les cinq principaux :

1. la baisse tendancielle de la part des salaires dans la redistribution du surplus, constatée en Occident à partir du milieu des années 1970.

L’« alignement des intérêts » des investisseurs et des dirigeants d’entreprise grâce à l’invention des stock options, joua un rôle crucial dans ce processus : deux parties déjà très puissantes dans l’équilibre des forces étaient désormais alliées dans leur convoitise d’une part de gâteau leur revenant. Investisseurs et dirigeants d’entreprise conjuguèrent leurs efforts, l’accent étant mis sur la croissance du chiffre des recettes faisant s’élever le prix de l’action. Conséquence secondaire de cette évolution : le court-termisme, l’accent mis sur le bénéfice immédiat.

2. une industrie bancaire très obligeante remplaça par du crédit les sommes qui manquaient à l’appel pour les ménages.

La richesse fut remplacée par des reconnaissances de dettes qui furent comptabilisées comme monnaie deux fois : une fois en positif et la seconde en négatif. La progression du prix de l’immobilier américain constituait le moteur : la bulle permettait à des consommateurs de moins en moins riches, et finalement ceux constituant le secteur « à risque » des subprimes, d’accéder à la proposition de leur logement. Un ralentissement suffirait cependant à enrayer le processus. L’absence de nouvelles recrues provoqua l’arrêt et les sommes dues ne purent soudain plus être trouvées.

3. l’activité parasitaire de la finance par rapport à l’économie.

La part du PIB attribuable à la finance ne cessait de croître. Il ne s’agissait pas simplement d’un effet mécanique de siphonage, tel qu’on l’observe sur les marchés même de la production (marché à terme des matières premières – commodity futures) mais aussi d’une fragilisation : la spéculation, en augmentant la volatilité, atteint les consommateurs quand les prix augmente et met hors course les producteurs quand ils baissent. La justification des paris sur les fluctuations de prix est que la présence de spéculateurs génère de la liquidité qui serait bénéficiaire à tous. Or la liquidité que certains spéculateurs produisent, d’autres spéculateurs la consomment, sans bénéfice pour les négociants qui sont sur ces marchés en raison de la fonction assurantielle qu’ils offrent.

4. la complexité des produits financiers dépasse notre capacité à en comprendre le fonctionnement.

A défaut de le comprendre, les modèles supposent l’avenir connaissable avec un degré extraordinaire de précision, imaginent que les corrélations observées historiquement sont stables, considèrent que le hasard est de la forme gaussienne, c’est-à-dire la mieux « apprivoisée », et par conséquent que des cas se situant à un certain nombre d’écarts-types ne se présenteront jamais et que du coup les réserves prévues pour ces cas extrêmes… ne devront jamais être ponctionnées. Ceci explique en particulier les difficultés rencontrées par les agences de notation quand elles mesurent le risque de non-remboursement sur des instruments de crédit. Le fait aussi que les outils de gestion du risque utilisés par les établissements financiers n’ont pas vu venir la crise et restaient toujours dans le vert alors même que le navire prenait l’eau de toute part et s’enfonçait rapidement.

5. la titrisation constitue un dévoiement du principe assurantiel.

La logique de l’assurance qui suppose que les sinistres sont rares et se présentent de manière aléatoire dans le temps était en réalité inapplicable dans le cas de la titrisation pour deux raisons : premièrement du fait que la qualité d’assureur était redistribuée entre une multitude d’agents ne présentant pas nécessairement un volant financier suffisant pour essuyer les pertes résultant de sinistres possible et, deuxièmement du fait que dans le cas d’industries donnant lieu à titrisation – comme l’immobilier – le risque se concentre historiquement sur des périodes courtes durant lesquelles les sinistres (défaut de remboursement) sont extrêmement nombreux.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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105 réflexions sur « Commission Spéciale sur la Crise Financière, Économique et Sociale (CRIS) du Parlement Européen, le 10 novembre 2009 »

  1. @Ultec

    Une telle forme de fédération associative existe peut-être déjà : l’éducation populaire. Mais étant dépendante de la magnanimité des subventions étatiques, et donc sous le joug du ministère de la jeunesse et des sports (et non de la culture, ni de l’éducation nationale), son potentiel de percussion est dramatiquement restreint. L’expression la plus radicale de son milieu bobo (99%bourgeois1%bohème) est à mon sens incarnée par un certain Franck Lepage, qui reste démesurément gentillet. Je ne sais pas si à ce jour il a 5 millions de fans… 8)

    1. Inutile d’attendre, nous avons déjà tout ce qu’il nous faut pour organiser par nous-mêmes un vaste mouvement d’éducation populaire

  2. Vous êtes tombé sur un champ de poireaux mon cher Paul. Comme chacun sait, ils ont la tête dans le sable. Trêve de naïveté: Tout se qui se décide dans les institutions européennes se situe au niveau des conférences intergouvernementales ou de chefs de l’exécutif des pays. Le reste…

    Ces réunions n’ont pas d’utilité car ce n’est pas le niveau pertinent, me semble t-il. Ces gens que vous avez vu, ils n’ont aucun pouvoir réel. c’est bien aux peuples qu’il faut expliquer la problématique actuelle, non à des dirigeants qui, contrairement à leurs affirmations, disposent de tous les éléments pour se faire une opinion. C’est leur cécité qui est questionnable et qui pose inévitablement la question de la collusion de leurs intérêts et de ceux des dominants.

  3. Ca donne vraiment envie de vomir ce que vous racontez la mr Jorion, je me doutais pas que les idées étaient a ce point arriérés meme au sein des personnes sensées analyser l’économie avec un regard un minimum critique.

    l’individualisme et la betise bureaucratique s’est étendu jusque dans les hautes sphères des gouvernements.

    a croire qu’il est préférable d’etre un clampin de base pour sentir l’odeur noséabonde de cette fosse commune.

  4. « Les enjeux géo-stratégiques vont l’emporter sur les velleitées de réforme.. »

    C’est tout à fait exact. C’est pourquoi il convient de présenter le problème de cette façon:
    – L’Europe perd son leadership face à des puissances concurrentes
    – Si l’on ne peut pas gagner il faut changer les conditions de victoire
    – Changer les conditions de victoire, c’est changer les règles du jeu
    – Changer les règles du jeu doit être présenté comme la condition de base d’une reprise de contrôle géopolitique
    Bref, prendre prétexte du désordre extérieur (on appelle « désordre » le renversement en cours de l’ancien ordre établi en notre faveur), de la menace extérieure pesant sur les intérêts supérieurs de la communauté, pour promouvoir les réformes destinées à une remise en ordre intérieure.
    Il faut parler le langage de la puissance et de la responsabilité de la conservation de cette puissance avec les représentants politiques, non celui de la justice (ça n’a jamais marché).

    Enfin je dis ça… je dis rien. Mais c’est sur ce genre de problématique que le clown blanc est utile, entre autres…

  5. Chaque soir on se couche sans aucune solution, et plus angoissé que la veille. Les prévisions économiques qu’on entends (prédisant une croissance…) sont surréalistes et, se pinçant la racine de nez, ou se passant l’index sur le sourcil, on écoute les exigences de Brussels concernant les 3% de déficit.

  6. @ PJ
    Je suis sûr que ces gens ne sont pas aussi idiots qu’ils veulent bien vous le faire croire, seulement ils protègent leurs intérêts à travers ceux de leurs donneurs d’ordre.

    Alors faites leur peur c’est dans leurs intérêts, parlez leur de ce qu’ils risquent de perdre s’il ne font rien. Et datez, dites leurs que ce n’est pas dans dix ans ni même vraisemblablement dans cinq. Ils me font bien rire ceux qui parle d’éviter une éventuelle prochaine crise alors que celle-ci commence.
    Parlez leurs de leurs enfants car c’est bien de cela qu’il s’agit, pas des petits petits enfants qu’ils ne connaîtront jamais mais bien de leurs enfants, voir d’eux mêmes et de la retraite qu’il n’auront pas si ce petit jeu continue.
    Ils sont éligibles à la peur tout bureaucrates qu’ils sont.

    1. @Father Greed
      Vous faites bien de parler de la retraite, sécurité sociale… des fonctionnaires européens. Sauf qu’ils se fichent bien des systèmes nationaux car ils ne cotisent qu’à leur petit système interne à l’UE pour leur petite caste de privilégiés. Sans oublier les autres avantages fiscaux et socialus, indemnités de « dépaysement »… Bref l’UE est un paradis fiscal et social pour les fonctionnaires européens.
      Voir http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CONSLEG:1962R0031:20080501:FR:PDF

      La Top Priorité européenne du moment : qui va devenir « Président » du Conseil Européen? Faites vos paris. Le gagnant sera le couillon le plus insipide possible. Herman Van Rompuy, l’actuel 1er ministre belge, est en bonne place.

    2. @Father Greed. «Parlez leurs de leurs enfants» :

      Mais ils s’en tapent de leurs enfants !
      La génération encore largement au pouvoir actuellement, est une génération narcissique et égoïste qui n’a jamais eu d’autre dessein que de profiter, de consommer et d’abuser, en ne voulant regarder que sa propre mesure temporelle et spatiale.

      Sous des apparences de mature respectabilité, c’est en vérité une génération puérile et sacrificatrice, qui laisse et laissera filer la dette et le chômage (les deux faces d’une même pièce) autant qu’il lui sera permis.

      Peut-être parce que cette génération des plaisirs à tous crins est en fin de compte une génération suicidaire : contre ses parents contre ses enfants contre sa Terre.

      Ce qui me fait penser que l’expression «secouer le cocotier» est parfaite.

    3. à Martine Mounier [13:03]
      Est-ce approprié de lever les générations les unes contre les autres alors que 99.99% des habitants du pays sont dans la même panade ? j’écarte les seides de l’UBAC dont « PsMdmUmp »
      … … Ah ! vous aviez oublié de préciser celles et ceux qui occupent les palais nationaux ou se trimbalent, aux frais des contribuables, à Bruxelles+Strasbourg+Seychelles+Londres+etc … bien; c’est OK
              A propos de Londres
      Vers 1953-57 … derrière chez moi, dans la forêt … au milieu de nulle part, dans les brousailles, au sol, encore les fondations de rampes de V1 ou V2 de la Wermacht pour bombarder le Kent britannique jusqu’à Londres. Qui paya ces installations ? Ainsi, je suis né à la sortie de la IIe Guerre Mondiale (1947)
      Vu votre bouillant ( artfactories ? ) tempérament à  » secouer le cocotier  »
      je vous offre ceci
      Très bonne journée

    4. @Auguste+LeClownBlanc+NuageBlanc+TuttiFrutti.

      Au moment des manifestations contre le CPE, je me souviens que le philosophe Michel Serres avait déclaré dans un article du Parisien :

      «La guerre, toutes les guerres, sont ce que j’appelle à présent  » les meurtres des fils « . Les deux guerres mondiales, ce sont des vieillards, à Berlin et à Paris, qui s’entendent pour qu’on massacre leurs propres fils. A chaque fois c’est pareil, nos sociétés ont toujours massacré leurs enfants. Chaque génération recommence. Pour la première fois dans l’histoire, depuis 60 ans nous n’avons pas connu de guerre. Mais les pères d’aujourd’hui ont inventé autre chose pour  » tuer leurs fils « , cela s’appelle le chômage et la précarité. »

      Ce qui lui avait valu un nombre incroyable de critiques.

      Je ne crois pas que Michel Serres, à 71 ans passés, ait jamais eu l’intention de « lever les générations les uns contre les autres » comme vous dites. Bien au contraire. Son observation s’inscrit à mon sens, tout à l’inverse donc, dans la droite ligne du message juif et chrétien de la promesse que cesse le sacrificie d’Abraham.

      J’avoue en revanche que le fait que ce point de vue agace, pour ne pas dire plus, un certain nombre de sexagénaires, me parait toujours aussi révélateur.

      ps : artfactories ? Pas mal, pas mal… !
      Très bonne soirée à vous aussi.

  7. @ULTEC:

    Donner de sa personne, dans un mouvement humaniste, n’a aucune importance, et ne peut avoir aucun impact sur l’état du monde. J’ai donné dix ans de ma vie au mouvement GPL, et même si LINUX, par exemple, peut impacter une petite part des bénéfices de MicroSoft, ce n’est pas cet effort qui va changer le monde. Au passage, sur l’aspect individuel, j’ai le regret de t’apprendre que les « volontaires » sont le plus souvent des personnages abjects, qui ne travaillent que pour leur gloire propre. En général… ça pue. J’ai plusieurs exemples d’individus qui, tout en prenant l’attitude « alternative », ne rêvent, en fait… que d’être récupérés, en tant que traîtres, par le diable.

    L’engagement individuel est un dérivatif à l’engagement collectif. Rassure toi: il n’existe aucune possibilité actuelle d’engagement collectif non plus. La propagande est toute puissante, et même dans des lieux hyper-marginaux, comme ici, jamais personne ne posera les bonnes questions, pour la simple raison que les constituants de la « mentalité » sont (pré)fabriqués et sont inconscients. C’est cette inconscience qui fait toujours dévier la flèche vers le détail insignifiant, comme on le voit ici, avec cette amusante proposition de taxe sur les mouvement financiers, ou avec l’interdiction de spéculer sur un prix (quoi que cela signifie…).

    Ce qu’on adressera probablement jamais, c’est le désir de puissance de l’individu moderne (qui n’atteindra jamais l’âge adulte, par manque de souffrance), dont on a la caricature dans la mythologie américaine de la « réussite ». Nous avons franchi un pas décisif vers l’effondrement moral, lorsque la « mentalité » française a cessé d’avoir honte de gagner de l’argent.

    1. « La propagande est toute puissante » et comment.
      Finance + industries mondiales dominent le pouvoir & les médias ==> propagande (sans en avoir l’air bien sur)qui conditionne tous les citoyens certains que ce sont eux qui décident, c’est ça la démocratie.
      Ca me rappelle une anecdote que mon vis à vis et ami de bureau m’avait narré en son temps « un jour j’ai offert à mon épouse une machine à laver, une semaine après je rencontre mon beauf qui m’apprend que mon épouse avait signifié à icelui son besoin impératif de changer sa machine à laver un peu obsoléte pour une top modèle »

  8. Il me semble que le CRIS n’est pas un comité mais une commission  » Commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale  » … non ?
    Vous avez sans doute traduit de l’anglais ?

  9. Vu le nombre hallucinant de réponses à mon message du 11 je préfère m’expliquer tout de suite.

    Je ne suis pas d’accord avec les thèses de Paul Jorion tant qu’elles ne sont pas précédées d’une réflexion sur un modèle de société de rechange. Quel est le danger de ses propositions ?
    Si l’on accepte que les sociétés occidentales actuelles sont basées sur la consommation on peut admettre sans difficulté il me semble le danger d’enlever cette occupation à la population, non ? A moins de croire au plein emploi dans la joie et la bonne humeur tombé du ciel, je ne vois pas comment la mise en place, sans sécurité, de mesures telles que l’interdiction des paris sur l’évolution des prix pourrait ne pas entraîner une catastrophe humaine. A moins encore de considérer que cette catastrophe serait salutaire à l’humanité en enrayant radicalement le phénomène de surpopulation, bien sûr ! Alors pourquoi et comment ce type de propositions peut être dangereux ? J’ai cru avoir été compris par Pierre-Yves D. quand il a parlé de fordisme, mais non, même pas ! (pauljorion.com/blog/?p=4637#comment-39896).

    Je reprends, en me faisant aider :

    « Avec la révolution industrielle, la division manufacturière du travail et la production massive pour le marché mondial, la marchandise apparaît effectivement comme une puissance qui vient réellement occuper la vie sociale. » (Guy Debord, La Société du spectacle)

    De plus, si les ouvriers étaient mieux payés, ils étaient « exempts de préoccupation étrangère au travail, et donc plus industrieux, par conséquent, plus productifs » (Ma vie, mon œuvre de Henry Ford).

    « La bagnole, la télé, le tiercé c’est l’opium du peuple de France, lui supprimer c’est le tuer c’est une drogue à accoutumance » (Renaud, Hexagone). Et le travail ? Et la consommation ?

    La finance, les paradis fiscaux, les taxes orwelliennes ont un rôle social : ils assurent le fonctionnement des mécanismes décrits ci-dessus…Les supprimer c’est le tuer*, le système actuel ! Oui elles maintiennent le système en vie et oui encore ce système n’est pas beau, mais en aucun cas il ne faut s’en défaire par le haut !!! Puisque c’est le haut qui le maintient en vie !!! Si on le tue et qu’on n’a pas de solution de rechange, ça va être le carnage ! Demandez aux gens qui ne travaillent pas, regardez les sociétés où le chômage est plus important que chez nous et essayez d’imaginer une généralisation à la planète entière !!!

    A moins de croire au plein emploi dans la joie et la bonne humeur tombé du ciel…

    Conclusion : le capitalisme aux chiottes si et seulement si un nouveau système a été inventé ! Qu’on ne laisse pas la place à une fosse septique ou pis : un charnier, sauf à vraiment aimer l’engrais bio !

    Bonne journée.

    * « Bon. Quelle est la conséquence de leurs ponctions ? Comme le dit Paul Jorion, l’argent n’est pas là où il devrait être. D’accord !? Que se passe-t-il alors là où cet argent devrait être ? Et bien ceux qui l’ont créé, l’économie « réelle », se doivent de le remplacer, c’est à dire de créer de nouvelles richesses, et même davantage avec toutes ces histoires d’emprunts et tout et tout. Et voilà comment une société se retrouve à courir derrière une production effrénée. Yes ? » (Fab, pauljorion.com/blog/?p=4362#comment-39409)

    PS : je reviendrai une autre fois peut-être sur le lien de mon précédent message (Les questions du mercredi sur France Inter)

    1. Fab,

      Ne pensez-vous pas que si l’on ne faisait rien ou presque on aboutirait au même résultat que dans l »éventualité où les préconisations de Paul Jorion seraient appliquées (selon votre optique) ? Vous le savez, les ressources sont limitées, le modèle de la croissance touche à ses limites.

      La constitution pour l’économie , au stade actuel de l’évolution de la Crise (je mets une majuscule car c’est la crise des crises), comprend une mesure technique, très simple, mais lourde de conséquences, comme votre commentaire le souligne à juste titre.
      Or, il me semble que c’est justement parce qu’elle serait lourde de conséquences qu’il faut la mettre en avant. Et vous en êtes la preuve vivante ! Autrement dit, avant d’être appliquée elle a un rôle heuristique, pédagogique ! Cette mesure est en somme à elle seule une remise en cause du modèle de la croissance ! Mais chutt ! 😉

      C’est cela qui est très fort. Les écologistes n’auraient pas pu mieux dire. Et une certaine gauche de la gauche non plus ! Et cerise sur le gâteau les libéraux n’ont pas d’arguments sérieux à lui opposer, pour la raison bien simple qu’ils sont bien obligés d’admettre que les ressources de la planète sont limitées. Bref, elle joue un rôle d’aiguillon dans le débat d’idées actuel. Elle oblige le débat d’idée à venir s’articuler sur une vision des choses bien caractérisée. Bref, à l’heure des choix cruciaux il faudra aux capitalistes et leurs représentants faire le choix entre d’une part continuer la croissance et ainsi mettre en péril la survie de leurs enfants, et d’autre part mettre en place de nouvelles règles. Bref la contrainte, comme disait Paul en réponse à Kerkoz, est maximale.

      Quant à la nécessité de penser un modèle qui émergerait du bas, je ne peux qu’approuver. Je tempérerais seulement votre ardeur en disant qu’il faut les deux.
      Penser à la sortie du consumérisme c’était le sens d’une des mes réponses que vous avez citée en lien.
      Le milieu technique associé auquel je faisais référence vise précisément à briser le lien hiérarchique, de même qu’il peut permettre une économie en prise avec le local.
      C’est une piste parmi d’autres, et non pas une panacée, car la technique n’est qu’un aspect d’une incontournable transformation sociale. Mais l’aspect technique est important, précisément si l’on veut, comme vous le souhaitez, partir de l’existant, des acquis scientifiques, techniques de l’humanité, quitte à les repenser, les recomposer.

      Edgar Morin a raison lorsqu’il dit qu’il existe déjà beaucoup d’idées, d’expériences éparses, qui sont autant d’alternatives au consumérisme, mais que celles-ci n’ont pas encore trouvé leur principe unificateur. Internet pourrait jouer ce rôle, mais comme le disait plus haut

      Nous somme en plein consumérisme, mais il y a aussi en chacun de nous, à des degrés divers bien entendu, une aspiration à autre chose qui se révèle de façon symptomatique, notamment au travers d’un certain nombre de pathologies sociales et individuelles. Il ne faut pas non plus confondre abandon de la société de consommation et diminution de la production des objets. Les objets seront toujours présents dans notre environnement, mais ils seront conçus différemment, avec des conditions de travail également nouvelles et pour des usages sociaux eux-mêmes différents.

      Inventer un modèle alternatif tout prêt à l’emploi c’est une vue de l’esprit. Les choses se feront, comme toujours, au gré des circonstances, et personne ne peut dire précisément de quelle faille du système viendront les premiers ajustements, comment les choses se recomposeront. La crise va-t-elle traîner en longueur ou bien va-t-elle brusquement s’aggraver. OU est-ce la crise énergétique, qui va venir au premier plan, aggravant la crise économique ? Pour ne prendre que l’exemple de l’énergie, c’est lorsque le prix du brut atteindra des sommets que des investissements massifs iront se porter sur les énergies renouvelables (ou le nucléaire, ce que je ne souhaite, pas, et d’ailleurs le programme EPR prend du retard )… Un un sens il serait souhaitable que le prix de l’essence grimpe rapidement pour que les gouvernements se décident à prendre les mesures qui s’imposent, notamment en ce qui concerne les économies d’énergie, les normes dans la constructions.

      Mais sur le fond, vous avez raison, le plus tôt nous y réfléchissons le mieux c’est.
      J’ajoute tout de même qu’il serait judicieux en complément de l’adoption des mesures de Paul, que les grosses banques soient démantelées. Leur pouvoir de nuisance est trop grand.
      Quant à la question du fordisme est essentielle en effet. Le fordisme c’est le passé ! je maintiens qu’il doit être dépassé.
      Même si je me doute que lorsque Paul en parle ce n’est pas pour vanter les mérites d’un modèle de croissance et consumériste mais pour signifier que l’argent ne vas pas là où il devrait aller, notamment dans la poche des travailleurs, et de tout humain qui après tout à le droit d’exister, puisqu’il est sur cette terre.

      Si vous avez des idées, n’hésitez pas 🙂

    2. En Occident du moins, nous sommes des êtres capitalistes avec une conscience de soi capitaliste, une culture (vision du monde) capitaliste et fonctionnons au sein d’un système capitaliste. Nous accumulons (ou désirons accumuler) argent, biens, savoirs, pouvoir, honneurs… Cette accumulation est une réponse à nos angoisses existentielles, nos insécurités, nos peurs les plus profondes, mais une réponse de type capitaliste qui nous aliène, piège redoutable parce qu’il nous enferme dans un cercle vicieux menant l’humanité à sa perte.

      Comme l’a dit Pierre-Yves D., vouloir sortir de ce piège existentiel par un changement radical avec modèle de rechange tout prêt est illusoire et l’histoire prouve assez que cela mène souvent à la tyranie. On n’impose pas le bonheur par la force, aussi bonnes soient les intentions.

      Il me semble que des solutions devront émerger de la population consciente de ce piège existentiel capitaliste et désirant le dépasser avec des réponses non-capitalistes à nos angoisses existentielles, nos insécurités et nos peurs les plus profondes. Cela nécessitera non seulement une réponse sur le plan individuel, mais aussi une réponse sur le plan collectif (système et culture/vision du monde). Une telle mutation métaphysique ne se fera pas du jour au lendemain ni sans « sacrifices » et il faudra s’accomoder du système capitaliste sans en être complice mais en le critiquant et en apportant des alternatives non-capitalistes et libératoires. Des communautés alternatives critiques, mais ouvertes vers l’extérieur, sont des preuves vivantes que des alternatives sont possibles. Mais pour changer le système, il faut aussi porter la critique au niveau politique. C’est bien d’une « hérésie » capititaliste dont il est question, visant à saper les fondements même du système capitaliste dont nous sommes (presque) tous des acteurs co-dépendants. Nous contribuons à perpétuer le système capitaliste parce que nous n’envisageons notre existence qu’en son sein. En ce compris les partis dits « démocratiques de gauche », les syndicats et autres acteurs sociaux qui ne se contentent que de contrebalancer les injustices rendant par là le système capitaliste à peu près acceptable et donc le perpétuant.

      Le mieux que nous puissions espérer des autorités et des médias, c’est qu’elles favorisent l’émergeance des telles communautés alternatives de militants par l’exemple et critiques politiques lucides. Reste à espérer qu’il n’y aura pas d’inquisition contre cette « hérésie » capititaliste.

    3. Pierre-Yves D. et fujisan (Entièrement d’accord avec vous sur le fond. Le constat que vous faites est un préalable indispensable. Par contre je reste malgré tout optimiste (c’est un positionnement et, peut-être seulement, une conviction) sur notre capacité à Nous sortir volontairement de cette tyrannie que nous avons acceptée.),

      « Ne pensez-vous pas que si l’on ne faisait rien ou presque on aboutirait [PEUT-ETRE] au même résultat que dans l »éventualité où les préconisations de Paul Jorion seraient appliquées (selon votre optique) ? »
      Si.

      Un point : à focaliser sur le côté économique, à pousser vers la pensée que la solution à la crise que connaît l’humanité est économique, on risque d’une part d’occulter le côté humain, sentimental avant d’être raisonné, et, d’autre part d’imposer l’idée qu’il faut absolument trouver cette solution LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE. C’est ce que j’appelais mettre la charrue avant les boeufs ou jouer avec des allumettes. Effectivement les solutions économiques proposées ici ne pourront être mises en place SANS DANGER que le jour où elles s’imposeront d’elles-mêmes : le jour où l’humanité aura dépassé ce besoin d’une prise en charge, ce besoin qu’a l’homme d’être mené, d’être occupé nécessairement, de Alpha à Epsilon…Bref le jour où capitalisme et fordisme seront allés rejoindre le pharaonisme ! En somme le jour où elles ne serviront plus à faire chuter le système mais seront une composante indispensable à un « bon » fonctionnement social !

      « Si vous avez des idées, n’hésitez pas ». Chiche : « Inventer un modèle alternatif tout prêt à l’emploi c’est une vue de l’esprit. ». Soit. Et imaginer des règles potentiellement dangereuses pour l’humanité si elles étaient adoptées à froid, ou à sec, c’est pas une vue de l’esprit ? Bon alors, si l’un pourquoi pas l’autre. Surtout que lorsque viendra le temps où « Les choses se feront, comme toujours, au gré des circonstances », il y a d’autres colonies industrieuses qui auront des solutions prêtes à l’emploi qui risquent de ne pas nous ravir ! Alors chiche, la plus longue et dure des marches commençant par un pas et le but étant le chemin : que peut-il y avoir au-delà du fordisme ?

      Bien à vous.

    4. @pierre-Yves d
      Bravo pour cette réponse. C’est effectivement ainsi que je lis la proposition de Paul ; comme un repositionnement du débat public sur un point essentiel. C’est d’abord cela qu’il faut défendre : car ce repositionnement est fragile : non pas du fait de la « propagande » ou du « pouvoir des banquiers » (le président Mao parlait en son temps d’un tigre de papier); mais parce que nous avons été déshabitués à ce genre de débats.
      Une remarque critique cependant : la proposition de Paul résonne dans nos sociétés car elle renvoie à l’idée libérale de justice ( et ici libérale est synonyme de admise par la majorité) : le spéculation est un enrichissement sans cause qui n’est pas admissible par notre morale. Je pense qu’il ne faut pas oublier ce point
      amitiés

  10. @ Martine Mounier

    Il me semble que vous confondez la réalité telle que ressentie par les nouvelles générations (nouvelles par rapport à la vôtre, probablement), et cette même réalité telle que les médias vous la présentent. La différence entre l’une et l’autre est précisément ce qui fonde la manipulation à laquelle nous sommes tous soumis. Ne tombons pas dans ce panneau!

    Je ne crois pas aux générations perdues. Quand j’étais en terminales lettres il y a bien longtemps, je lisais un jour L’immoraliste, d’André Gide, sur un banc dans un jardin public. Un homme d’un certain âge s’est approché de moi et m’a affirmé catégoriquement que les écrits de Gide « avaient corrompu toute une génération ». Il n’a pas dit laquelle et, à 17 ans, je n’ai pas osé le lui demander, sans doute parce que j’étais persuadé que la génération dont il parlait était la mienne, et qu’alors, vraiment, je n’avais rien à voir avec malgré mon jeune âge! Disons pour faire court qu’on a la génération qu’on mérite…

  11. « La finance, les paradis fiscaux, les taxes orwelliennes ont un rôle social : ils assurent le fonctionnement des mécanismes décrits ci-dessus…Les supprimer c’est le tuer*, le système actuel ! Oui elles maintiennent le système en vie et oui encore ce système n’est pas beau, mais en aucun cas il ne faut s’en défaire par le haut !!! Puisque c’est le haut qui le maintient en vie !!! Si on le tue et qu’on n’a pas de solution de rechange, ça va être le carnage ! Demandez aux gens qui ne travaillent pas, regardez les sociétés où le chômage est plus important que chez nous et essayez d’imaginer une généralisation à la planète entière !!! »

    La différence entre vous et Paul, si je comprend bien, c’est que Paul qualifie de parasitaire (et donc pouvant être supprimé sans dommage) ce que vous qualifiez, vous, de symbiotique (certes avec des gains assymétriques de part et d’autre, mais avec des gains quand même).
    Pour vous, le coeur spéculatif est nécessaire, et il ne convient pas de le retirer sans avoir trouvé un nouveau système capable d’assurer sa fonction. Paul serait donc trop radical (l’adoption de sa mesure menaçant de désintégrer le peu qui reste de la communauté)… ou pas assez (en étant seulement réformiste). Là ou on peut s’interroger sur la faisabilité d’une interdiction des paris sur les prix (les autres nations nous suivront-elles, et si elles ne le font pat pas ?), vous dites que de toute façon en l’état actuel d’avancement « théorique » ce n’est surtout pas à faire.

    Comme je l’ai déjà écrit ici, il est fondamental que Paul et ceux qui connaissent bien le secteur financier opèrent un découpage rigoureux, au scalpel, des activités qui doivent être maintenues ou prohibées. Tant que ceci n’aura pas été fait, le projet de « constitution pour l’économie » manquera de crédibilité et ne sera jamais pris au sérieux. Commencer par une loi organique sur la Finance plutôt qu’une « constitution pour l’économie », me paraît être à la fois un objectif plus modeste et plus accessible.

    Pour en revenir à vous Fab, et sur la nature symbiotique plutôt que parasitaire de CET aspect de la Finance, nous attendons une vraie démonstration, et non pas quelques citations puisés à droite à gauche. Si Paul pouvait montrer que ca ne provoquerait pas l’effondrement que vous annoncez ce serait bien aussi, même si a priori je lui fais plutôt confiance sur ce point.

    Je vous suivrais peut-être, par contre, si vous parliez de la maitrise des flux de capitaux offshore, qui sont un enjeu de puissance pour les occidentaux et en particulier les britanniques (mais pas seulement), et qui rend risible les vraies fausses manœuvres de régulation, surtout qu’il s’agit encore du rare avantage géopolitique dont les occidentaux (apatrides ou non) disposent encore et qu’ils ne vont pas se priver d’utiliser. Allons nous nous abaisser « pour faire moral » ? Evidememnt que non, à moins que nous ne trouvions de quoi compenser la perte de puissance/ voire de ‘laccroître en « faisant moral/ non opaque ». Mais c’est une toute autre question.

  12. Bonjour et merci pour cette tribune démocratique.

    Le plateau pétrolier atteint en 2005-2008 est le facteur premier de la crise que nous connaissons actuellement, c’est limpide. Le pétrole est l’énergie ultime (accessibilité, intensité énergétique et transportabilité), c’est ce qui nous permet de produire les autres ressources à bas coût. Quand son prix s’envole, toutes les autres ressources s’alignent sur son prix (les énergies, les minerais, l’agriculture). Que coûte l’extraction du charbon, la production de pétroles alternatifs, la production de photovoltaïque, la désalinisation de l’eau de mers, la production agricole, etc. quand le baril atteint des prix à trois chiffres ?

    J’ai l’impression que nous sommes pris par une amnésie généralisée. Qui se souvient encore des émeutes de la faim, de la chute du pouvoir d’achat ? On ne parlait que de cela il y a peu avant que l’on ne zappe sur des symptômes ; la finance et les banques. Il est urgent de s’intéresser à la cause plutôt qu’aux symptômes.

    Le prix du baril a augmenté de 500% en 10 ans et le crédit a essayé de masqué cet état de fait mais n’a pu le faire que jusqu’à un certain point. La suite est toute traçée, la rétroaction négative de la décroissance a été enclenché, cela se traduit par la substitution des investissement tournés vers l’avenir par des investissements tournés vers le passé. On ne pourra jamais interrompre ou freiner la rétroaction négative si on ne fait pas le bon diagnostic ; The Limits to Growth. Il est urgent de voir le lien entre LA ressource ultime, car elle permet les autres, et toutes les autres ressources.

    Vive le rapport Meadows !

    – Revisiting the Limits to Growth After Peak Oil –
    http://www.esf.edu/efb/hall/2009-05Hall0327.pdf

    Vive Colin Campbell !

    – Colin Campbell predicts credit crunch due to peak oil 2005 –
    http://www.youtube.com/watch?v=lDNMjV6sumQ

    1. Le plateau pétrolier atteint en 2005-2008 est le facteur premier de la crise que nous connaissons actuellement, c’est limpide.

      C’est peut-être limpide, mais c’est faux : il n’y a aucun rapport (c’est dommage, je suis d’accord : ce serait moral).

      Vous intervenez pour la première fois sur ce blog, soyez la bienvenue, lisez cependant mes billets, en particulier dans la rubrique « Matières premières », le mécanisme de la flambée du prix du pétrole y est expliqué pas à pas. Quant aux facteurs qui expliquent la crise, vous les trouverez exposés dans mes quatre ouvrages qui lui sont consacrés.

      (Colin Campbell est sympa. Mais son explication de la crise est incorrecte.)

    2. C’est vrai que vous êtes gentil, mais pour parler d’énergie ultime, vous auriez besoin de faire quelques pas du côté de la physique.

      Quand aux ressources naturelles, c’est par la géologie, et la géophysique, qu’il faut envisager le problème.

      Le pétrole n’est pas le plus dur à trouver ou à synthétiser. Son atout passe par une facilité de libération d’énergie conservée dans les liaisons chimiques ( libération relativement aisée, à notre niveau de connaissance technologique ), énergie qui a demandé quelques années de processus naturel, à être mise à disposition. Plus de temps qu’il nous en faut pour tout cramer. Charbon, pareil !

      Les éléments qui ne sont pas à base d’oxygène, silicium, aluminium, fer, calcium, sodium, potassium, magnésium, hydrogène, titane, chlore, carbone ( par ordre décroissant de présence massique atomique ), sont beaucoup plus rares encore à la surface de la terre. Après 4 milliards et quelques années de différenciation centrifuge associée à d’autres mouvements complexes de convections, on a de beaux métaux beaucoup plus présents en %centage, vers le centre de la terre.

      Le challenge consiste donc à trouver les moyens les plus efficaces, et rentables ( en terme de consommation énergétique, c’est dire si vous avez quand même une vérité dans ce que vous avancez ) pour aller ramasser ce dont on aurait besoin, avec des conditions d’exploitation de plus en plus difficiles, complexes, demandant matière grise autant qu’énergie pure, pour arriver à amener cela dans le circuit de transformation.

      Ensuite, qu’on se permette de gaspiller les objets une fois qu’ils ont été fabriqués est une autre morale, ou inconscience, et on finira bien par embrayer sur la conception d’objets plus durables, ainsi que de faire sérieusement du recyclage, ce dernier secteur ayant aussi un coût énergétique pour la récupération des éléments …

      La souplesse de l’exploitation de la chaîne carbonée « pétrole », est particulièrement appréciable pour les transports tous azimuts.

      Merci d’être passé pour expliquer le pourquoi de la crise.

    3. « C’est peut-être limpide, mais c’est faux : il n’y a aucun rapport (c’est dommage, je suis d’accord : ce serait moral).

      Vous intervenez pour la première fois sur ce blog, soyez la bienvenue, lisez cependant mes billets, en particulier dans la rubrique « Matières premières », le mécanisme de la flambée du prix du pétrole y est expliqué pas à pas. Quant aux facteurs qui expliquent la crise, vous les trouverez exposés dans mes quatre ouvrages qui lui sont consacrés.

      (Colin Campbell est sympa. Mais son explication de la crise est incorrecte.) »

      Personellement, je pense en effet que le peak oil ou plateau est bien la raison fondamentale de la crise, et cela apparaitra de manière de plus en plus claire. Pour un historien dans 50 ou 100 ans, si il y en a encore, cela ne fera aucun doute.

      Certes on peut parler de crise du crédit ou emballement des produits dérivés, mais fondamentalement cela ne faisait que refléter « la croyance » et l’extension d’un modèle basé sur un pétrole peu cher, la construction de lotissements et centres commerciaux à n’en plus finir, etc. Chose qui pouvait -physiquement- tout simplement ne pas continuer d’une manière ou d’une autre. Et d’ailleurs, c’est plutôt chez les financiers, du genre -piquer le plus possible pendant qu’il en est encore temps- que le réalisme face au réel futur de la société industrielle est en fait le plus présent, même si plus ou moins inconsciemment : Le fait par exemple qu’un très grand nombre de diplomés des grandes écoles d’ingénieurs soient partis dans la finance dans les années 80 et 90 fait parti d’une certaine mentalité que l’on pourrait qualifier de « punk » ou « no future » (même si version branchouille ou belles chemises et chaussures), et qui était souvent verbalisée très clairement (expérience directe).

      Une vision d’un historien dans 50 ou 100 ans (si il y en a encore) serait sans doute quelque chose comme : La civilisation industrielle se trouvait alors dans une espèce d’ivresse sous perfusion

    4. Les thèmes abordés par Fab et Peak.Oil.2008 sont dans le top 3 des sujets qui me passionnent dans les discussions du blog.

      1- A propos du Peak Oil comme cause de la crise, je suis contre (cela vous fait une belle jambe, n’est-ce-pas ?), parce que des crises économiques gravissimes sont intervenues dans le passé, bien avant l’avénement des hydrocarbures. Si l’on s’en tient au capitalisme précisément,

      un exemple ancien mais éclairant, à mon sens : fin du Moyen-Age, la crise « des banquiers lombards », qui tripatouillaient allègrement les devises et prêtaient l’argent qu’ils n’avaient pas. Pas de pétrole, mais un bouleversement carabiné dont l’Europe ne va sortir qu’au bout de plusieurs siècles.

      Autre exemple : la théorie de formation du prix telle qu’Aristote la conçoit, dont Paul est le relais. Le rapport de force entre le vendeur et l’acheteur est bien le coeur de l’affaire. Si l’on s’avise de faire des paris sur de telles transactions, on dénature complètement l’idée d’économie « réelle ».

      Pour en venir au pétrole : si les réserves ont été exploitées ainsi depuis 100 ans, c’est bien parce que cette idéologie s’est emparée de la ressource, susceptible d’ouvrir un univers de parts de marché.

      Le pétrole n’est que la danseuse que le capitalisme a entretenu à grands frais (humains) au XXème s. Il n’est pas son moteur

      Il y a, pour moi, trois hypothèses pour l’après peak-oil (les chevilles me tirent, à moins que ce ne soit la tête) :

      -on trouve une, des énergies de remplacement (comme l’évoque Barbe-toute-Bleue, il y a des perspectives hallucinantes dans les cartons des scientifiques), et le catalyseur de ce renouvellement reste le capitalisme, système global le plus coriace.

      – on met en place, par dégraissage « darwinien », un système où le protectionnisme, dans le cadre d’un « concert des nations », n’est plus un gros mot. Retour à l’agriculture vivrière, démantèlement des hydres bancaires, import raisonné. Cela signifie un retour à un pouvoir politique plus fort que le pouvoir économique.
      Ce qui ne diminue en rien les chances de survie du capitalisme.

      -on retourne à un Moyen-Age amélioré, au prix de millions de morts, et on fait fonctionner le serveur de Paul grâce à l’éolienne du jardin,
      afin de permettre à François Leclerc de tenir à jour les transactions juteuses des banquiers, qui continueront plus que jamais à entretenir le rapport de force entre ceux qui ont les stocks, et ceux qui ne les ont pas.

      Dans tous les cas, le capitalisme survit, et ne fait que changer de danseuse.

      2- Du coup, j’en viens à Fab : une partie de vos propos revient tout de même au bon mot de Juvénal, le « panem et circenses », ne trouvez-vous pas ?

      Qu’une bonne partie de nos congénères n’ait pas d’autre objectif dans la vie que d’être heureux à leur échelle de valeur, je ne vois pas en quoi on devrait systématiquement songer à un « système » chargé de les faire mijoter tranquillement dans leur jus ! Ce n’est pas nécessaire, ils le feraient d’eux-mêmes !

      Vos propos évoquent chez moi des souvenirs de Matrix, ou bien ces harangues de publicistes et autres fils de pub (comme dirait le Canard) : « ce monde qu’on a créé à ces veaux, c’est parce qu’ils le valent bien ! »

      Mais qu’en savez-vous ?

      Que l’on songe à un système où la répartition des richesses soit le plus équilibré possible, c’est une chose noble. Se fonder sur un quelconque système pour anticiper les divertissements de la foule, c’est méprisant, et ça ne change rien au déterminisme capitaliste actuel.

  13. « …facteur premier de la crise… » – « J’ai l’impression que nous sommes pris par une amnésie généralisée. Qui se souvient encore des émeutes de la faim, de la chute du pouvoir d’achat ? On ne parlait que de cela il y a peu avant que l’on ne zappe sur des symptômes ; la finance et les banques. Il est urgent de s’intéresser à la cause plutôt qu’aux symptômes. »

    Que faîtes-vous de la configuration actuelle du capitalisme et des contraintes à la fois actionnariale et concurrentielle – en 25 ans, la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises au sein des pays de l’OCDE a perdu plus de dix points?

    1. Bonjour

      moi aussi, c’est la première fois que j’interviens, mais ce débat a déjà eu lieu sur d’autres sites, en particulier Oléocène qui est consacré au pic pétrolier.

      Personnellement, je penche pour l’explication de Peak.Oil.2008 : le pic pétrolier a été un facteur déterminant de l’effondrement du système par la tension inflationniste qu’il a produite, provoquant in fine les défauts de paiement qui ont conduit à l’implosion de la bulle financière (en particulier par la montée des taux d’interêts). Une vision purement économiste ne regardera que la cascade d’évènements financiers ayant produit cette chute, mais elle ignore les raisons pour laquelle le monde s’est lancé dans cette folie financière – et les raisons en sont pour moi que l’économie REELLE est devenue incapable de soutenir une croissance durable à cause de la limite posée par les ressources naturelles, le pétrole en premier lieu.

      Le probleme n’est pas tant la flambée de baril qu’un phénomène inexplicable l’ayant accompagné : LA STAGNATION DE LA PRODUCTION DEPUIS 2005 ALORS QUE LA DEMANDE MONTAIT.

      Selon quel loi économique une flambée spéculative est-elle censée faire augmenter la demande, et pas l’offre ???

      Une action coordonnée des producteurs pour limiter volontairement la production ? l’explication ne tient pas. La stagnation n’est qu’une moyenne au niveau mondial, mais la moitié des pays qui ont pu augmenter (Angola, Bresil, Russie) l’ont bien fait, comme il se doit ! c’est juste que ça n’a pas suffi à compenser le déclin d’autres pays (Mer du Nord, Indonésie, Mexique), qui auraient bien voulu profiter plus de la flambée mais ne l’ont pas pu. Comment expliquer que la Grande Bretagne soit devenue importatrice de pétrole au moment même où le baril flambait? Ca défie toute logique !!!

      La réalité est que la production pétrolière a réellement atteint son maximum historique, et que l’économie réelle ne le supportera pas. La croissance durable est terminée. Ce n’est que la première des crises de ce qui s’annonce comme le siècle des crises. Je suis prêt avec PO2008 à tenir le pari sur les prochaines années. 2012 devrait voir la chute de la production s’accélérer, et en 2020, il n’y aura plus guère de doute pour personne….

    2. Savez-vous où trouver, commodément (sans avoir à faire le travail)
      la mise en parallèle des évolutions de taux bancaires (LIBOR, T-Bonds, £, €_BCE) avec les cours de pétrole ?

  14. Pour aller dans le sens de Monsieur Jorion, même si sa thèse est fortement contestable (enfin, à mon sens: je suis personnellement d’accord avec Peak.Oil.2008 en pensant que s’il n’y avait pas eu cette flambée progressive du prix du pétrole depuis 2004, voir : http://www.oleocene.org/ , la crise aurait été beaucoup plus douce ), voici quelques phrases d’un résumé par « Aerobar » à la suite d’une conférence de Patrick Artus , sur http://www.oleocene.org/node/47

     » On notera que M. Artus reconnaît la problématique piquiste, mais fait partie de ceux qui pensent que le problème de la raréfaction des matières premières n’est pas à l’origine de la présente crise, mais qu’il s’apprête à en provoquer une autre. C’est peut-être sombrer dans le syndrome de Milgram, mais nous avons tendance à privilégier cette thèse plutôt que celle qui prétend que la crise financière actuelle est en grande partie dûe à la récente flambée du pétrole. »

    Pauil Jorion est donc de l’avis de Patrick Artus…

  15. /////Que faîtes-vous de la configuration actuelle du capitalisme et des contraintes à la fois actionnariale et concurrentielle – en 25 ans, la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises au sein des pays de l’OCDE a perdu plus de dix points?/////
    Celà c’est la vaguelette qui toutes les 20 seconde vous mouille les pieds . Sa hauteur peut etre estimée par vos études économiques ainsi que le nombre de bulles et le taux d’écume …….mais cela ne vous renseigne en rien sur le l’heure dela marrée , son coef et meme si l’eau monte ou descend ……ces renseignements ne dépendent que des intrants majeurs : la quantité de resources , le nombre d’accédants et le cout de l’acces . Si l’une des resource est l’energie qui permet l’acces aux autres resources , nous sommes deja ds une equa diff et réduire le modèle en equa linéaire est vain .
    Intuitivement , la spéculation (ou l’économie) ne peut avoir qu’un effet ampli (résonance) sur le signal principal.

  16. Cher Paul Jorion,

    Merci pour votre réaction constructive, je prendrais le temps de lire vos billets sur les matières premières ce weekend car cela m’intéresse et je n’aspire qu’à comprendre. A ce stade je reste coincé dans ma vision étriquée.

    Si la finance a sans aucun doute été un acteur de la flambée des prix (surtout sur la fin), nous nous sommes tout même retrouvés dans une situation où la demande mondiale n’a plus pu être satisfaite. La consommation mondiale a stagnée sur la période et maintenant elle baisse or la consommation n’est rien d’autre qu’une demande satisfaite !

    La montée du prix n’a pas permis d’augmenter la production sur 2004-2008. Pourquoi? Les producteurs n’avaient-ils pas assez anticipé la croissance des pays émergents ? En conséquence, l’envolée des prix a alors départagé les acheteurs en détruisant de la demande ici pour la laisser croître là-bas. Cette substitution de la demande de l’Ouest vers l’Est et le Sud a alors plongé le monde en récession car elle remet en question tous les flux et tous les équilibres financiers. Et si c’est la fin de la croissance mondiale, alors cela remet en cause la finance dans son ensemble, vu que l’économie mondiale est une pyramide de Ponzi.

    La dévaluation de l’immobilier américain a probablement été influencée par l’envolée des prix du pétrole quand le crédit n’a plus su compenser la hausse des prix. Avoir vu Georges Bush, le petit chante du ‘laisser -moi- faire’, supplier ces petits copains saoudiens d’ouvrir les robinets au maximum était d’ailleurs plutôt pathétique, surtout qu’il s’est fait remballé.

    « Le premier choc pétrolier de 1973, l’embargo pétrolier arabe, a multiplié par 4 le prix du pétrole ce qui s’est traduit par une récession mondiale. Lors de deux années qui ont suivi, la production US a chuté de 6% et le chômage a doublé pour passer à 9%. Lors du deuxième choc pétrolier de 1979, quand l’Iran a brièvement stoppé l’exportation de pétrole, les prix on plus que doublé, ce qui a provoqué une récession sur la période 1980-82. Quand l’Irak a envahi le Koweit en 1990, le prix du pétrole monta en flèche à nouveau, ce qui plongea à nouveau le monde en récession. » (David Strahan – The last oil shock)

    Cela me semble clair mais je vous promets d’essayer de remettre en question ma vision étriquée.

    Merci pour votre blog.

  17. Bien le bonjour, Barbe-toute-bleue.

    Pour être inter-actif, je dirais juste que c’est la baisse du cout réel de l’énergie qui nous permet d’être là, sur le blog de Paul Jorion, à discuter, au lieu d’être en train de retourner la terre, ou de couper du bois (des machines s’en chargent pour nous).

    C’est pas inutile de se demander ce qui se passe si ce cout réel, après 150 ans de baisse et donc d’orgie, se met à repartir à la hausse.

    Si cette question n’a rien à voir avec la crise actuelle, je trouve aussi la coïncidence bizarre, voir étrange.

    1. Disons que crise du peak oil, on va va se la prendre dans la foulée.

      De même, et on a déjà dû en parler, peut-être ensemble, l’écart grandissant entre riches et pauvres, actuellement, est tout-à fait lié à la facilité d’exploitation du pétrole.

  18. Face au Peak oil, la crise économique est elle opportuniste (ou à intention caché) comme le suggère TARTAR. A mon avis, non. La crise est une des conséquences, le Peak Oil étant un paramètre géologique et physique structurant l’avenir de TOUT système économique, capitaliste ou autres systèmes productivistes.
    Le Peak Oil a t il été anticipé par les puissants ? Sans aucun doute, puisque l’un des paramètres qui prédomine de redéploiement géopolitique et stratégique des USA au Moyen Orient en est la principale cause (Afghanistan, Irak et bientôt Iran).
    Mais les causes produisant des conséquences, elles même devenant les causes produisant d’autres conséquences, les dépenses militaires et budgétaires précipitent les USA vers la destruction de la classe moyenne américaine, accélérant la destruction du système économique mondial.

    En d’autres termes, face au Peak Oil, les USA ne se sont pas (mieux) préparé au chaos, ils ont accéléré la chute à cause de choix stratégiques décidés par une logique mercantique et conservatrice.

    Il faut être révolutionnaire face au défit du Peak Oil, en opposition au conservatisme des économistes et des puissants de ce monde. Je ne parle pas de bain de sang, mais de planification pré Peak Oil, réforme agraire, relocalisation, taxe Tobin, taxe Carbone, protectionnisme intelligent, soit une restructuration TOTAL de l’ensemble de l’industrie.

    Mes amis, la fête est finie et le matin révèle quelques gueules de bois.

    Le prix du baril n’est pas le meilleur paramètre pour observer le Peak Oil. Face à un paramètre spéculatif, je préfère la géologie, tout à fait abordable pour un non initié, et au combien plus précise qu’un indice boursier.

    1. à Alter Egaux [10:55]
      Vous êtes rigoureux, curieux, précis een géologie. Je vous invite à l’être autant dans les « disciplines molles » des marais infestés de l’économie et de la politique. Votre substantif « les USA » ne correspond à aucun élément de la réalité. Vous pouvez parler de ce qui suit : (a) 33 Liberty Street, fednewyork @NewYork – (b) JP Morgan Chase – (c) topCréanciers et noyau dur en capital d’Exxon – (d) Clan héritiers Bechtel – (e) Institutions *.gov sous tutelle de la Maison Blanche – (f) Congrès
      Alors vous pourrez apprécier si l’une ou l’autre de ces puissances porte un intérêt soutenu (premier) à la classe moyenne américaine. Y aurait-il une ligne « classe moyenne » ou « masse des gens 99.96% » sur le Tableau de Masse ?
      Quel Tableau de bord ? Celui de qui et pour quoi faire ?
      Celui du statisticien qui doit fournir des chiffres bricolés pour un dircom asservi qui doit rendre compte au Rouage-de-Manipulation Tartempion ?
      Merci à l’avance de ne plus dire « les USA »

    2. à François Jéru [09:57]
      Vous avez raison de me faire cette remarque. Mais n’y voyez que le raccourci dû à l’instantanéité d’une message rapidement formulé comme le permet un blog.
      Via « les USA », on peut y mettre tout ce que vous y avez mis, et plus encore si on considère la « propaganda » médiatique dont Edward Bernays a défini les bases dans son fameux livre de 1928.
      Il n’en reste que l’épicentre du tsunami économique est bien localisé dans cette région que l’on considère encore comme étant la première puissance économique et militaire du monde (5800 bases militaires).

  19. Entendons nous bien :
    Je ne dis pas que le Peak Oil est LA cause principale de l’effondrement actuel de l’économie mondiale (il reste des pays à croissance comme la Chine), je dis que ce paramètre va devenir (au fur et à mesure que la déplétion sera avérée) LE paramètre structurel qui nous fera repenser tout acte manufacturé, tout échange, tout confort et toute dépense.

    Cependant, si on considère la spéculation à un instant donné sur le baril de pétrole (conséquence indirecte du Peak Oil), le prix passant par 147 $ a en effet révélé quelques postures économiques intenables :
    – des modes consuméristes énergétivores (exemple le plus connu, le 4×4 urbain)
    – un urbanisme étalé,
    – une absence d’infrastructure de transports collectifs,
    – un logement neuf énergétivore,
    – le tourisme de masse,
    – etc…

    Sans parler de la prise de conscience du citoyen, plus critique envers un objet de consommation énergétivore, voire un logement trop grand et trop couteux à chauffer, pour ne pas dire très mal conçu, même neuf.
    On a là pratiquement un changement de paradigme et il suffit de faire un sondage pour s’en convaincre sous forme de question consensuelle :
    « – pensez vous que le baril de pétrole peut dépasser dans les 5 années à venir :
    choix n°1 : 150 dollars le baril
    choix n°2 : 200 dollars le baril
    choix n°3 : 300 dollars le baril ? »
    L’immense majorité vous répondra suivant la « common decency » d’ORWELL, 147 dollars n’a été qu’un début, un petit test d’alarme tous les premiers mercredi du mois. Et pourtant, non sans conséquence si on observe l’état des constructeurs automobiles, notamment Etats-Uniens.

    Le problème dans tout cela, c’est que la très mauvaise répartition des richesses va cliver les pays et les citoyens entre eux.
    En effet, une décroissance dans une tribu solidaire peut être assez bien gérée, dans le calme et le consensus, mais une décroissance dans un pays riche comme les USA ou la France, cela peut très bien être très mal vécu, il suffit d’observer les conséquences des grandes crises passées en Europe.

    Mais je suis d’avis de considérer le Peak Oil comme étant le paramètre ultime qui mettra tout le monde d’accord : ceci va structurer notre futur proche, que l’on croit que la Terre soit plate ou ronde.

    En d’autre terme, sauf découverte scientifique et technique révolutionnaire, voyager va redevenir l’apanage des millionnaires. Exit la mondialisation néolibérale.

    1. Le brevet FRANCAIS d’un moteur à compression avec consommation électrique minime va être exploité en Inde par Tata Motors, l’inventeur français n’a pu l’exploiter chez nous .

  20. A Martine Mounier,

    Merci pour l’indication du « sacrifice » des enfants: je ne vois que la solution de gouvernance à parité (et partout, et dans tous les domaines) pour sortir de ce « mécanisme ».

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