Archives par mot-clé : Paul Krugman

L’avenir présumé de l’Europe, GRANDS PRINCIPES ET GROSSE CONFUSION, par François Leclerc

Billet invité.

La cause a été vite entendue par les dirigeants européens réunis hier soir à Bruxelles : le décor ayant été résolument planté et tous – sauf Matteo Renzi – ne voulant voir dans le résultat des élections que l’épouvantail de la montée de l’europhobie, il a été décidé de confier à Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, la tâche de rassembler les avis sur la meilleure manière de contrer celle-ci. La difficulté étant que se sont exprimés durant le dîner autant d’avis que de participants quand il s’est agi de l’avenir présumé de l’Europe. Proclamer que l’Europe doit changer est une chose, lui assigner des priorités claires en est une autre…

Faute de mieux, un médiateur a donc reçu le mandat de « conduire des consultations avec le Parlement européen et les différents groupes parlementaires, dès qu’ils seront constitués », sans naturellement oublier les dirigeants aux-mêmes. Mais le grand sujet reste la composition d’un paquet de nominations composé des futurs présidents de la Commission, du Parlement et du Conseil. On ne se refait pas ! Une liste de grands principes pourra toujours fournir l’habillage requis : croissance, compétitivité, emploi, lutte contre le changement climatique, union énergétique, sans oublier le combat contre l’immigration illégale qui, de l’enclave de Melilla aux côtes de l’Italie du Sud et au camp de Calais, fait la gloire de l’Europe toute entière.

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PETIT DIALOGUE AUX ENFERS ENTRE MARAT ET KEYNES SUR LA PERTE DE SON « AA+ » PAR LA FRANCE

Marat : Alors Citoyen Keynes, l’agence de notation Standard & Poor’s a fait perdre à la France son précieux « AA+ », qu’en pensez-vous ?

(À part) : Moins précieux qu’un « AAA », mais précieux quand même !

Keynes : Mon cher M. Marat, Paul Krugman, qui se réclame à juste titre de moi – enfin, « quasiment » à juste titre – affirme qu’on ne peut pas savoir dans ce bas-monde ce qui va vraiment se passer, les « esprits animaux » motivant les hommes de manière impénétrable, et que nul ne sait en réalité ce qu’il adviendra de la France. Je lui donne sur ceci, entièrement raison !

Marat : Citoyen, vous qui n’avez jamais hésité à jouer en Bourse, oh ! je sais bien ! essentiellement pour venir en aide aux impécunieux ayant la tête ailleurs : moinillons de Cambridge, écrivaillons et mélangeurs de pigments de Bloomsbury, et autres saltimbanques, si je vous disais : « Il existe deux compagnies, dont la première vend des blaireaux et la seconde, des brosses à dents, dans laquelle vaut-il mieux que je place mes économies ? », me répondriez-vous que les hommes étant volages et frivoles, on ne peut jamais savoir de quoi l’avenir sera fait ?

Keynes : My dear Jean-Paul, en prenant un exemple extrême, vous cherchez à mettre les rieurs de votre côté !

Marat : Rappelez-vous : lorsque j’avais quinze ans, François Quesnay (1694-1774) a publié un fort beau Tableau économique de la France. Il y mettait en scène essentiellement deux acteurs : les classes « oisives » et les classes « laborieuses ». Ne diriez-vous pas, Citoyen Keynes, que la difficulté avec les notations qu’accordent ces fameuses agences est qu’elles adoptent un seul point de vue : celui des « classes oisives » ?

Keynes : Oh ! Il y a certainement de cela aussi. D’ailleurs, mon disciple Krugman le reconnaît, il fait remarquer que : « Standard & Poor’s […] se plaint en réalité de ce que Hollande augmente, plutôt que baisse, les impôts sur les plus hauts revenus, et que de manière générale, il n’est pas suffisamment favorable au libre-marché pour satisfaire la clique de Davos ».

Non, le problème essentiel, si l’on envisage les choses en termes de jugement biaisé, est que les agences de notation sont des firmes privées corrompues par le conflit d’intérêt, parce qu’elles sont rétribuées par les sociétés emprunteuses dont elles devraient noter en toute objectivité le risque financier qu’elles font courir à leurs bailleurs de fonds et par l’aléa moral, parce qu’elles se livrent entre elles à une concurrence acharnée qui les conduit à prétendre faire des évaluations rigoureuses de risques qui, fondamentalement, ne peuvent pas être évalués, justement en raison des « esprits animaux ».

La réponse au conflit d’intérêt et à l’aléa moral consiste à confier la tâche de la notation du risque de crédit à un organisme public, indépendant, à l’abri des influences politiques : un Bureau international de notation.

Marat : Mon bon Keynes, tout cela me semble fort bien et fort beau, mais « public, indépendant, à l’abri des influences politiques »… entendez-vous dire « au même titre qu’une banque centrale », comme la Banque centrale européenne, par exemple ? Ou comme la Commission européenne ? Comme le Fonds monétaire international ? Qui, les trois ensemble, mettent aujourd’hui la Grèce à genoux !

Keynes : Vous soulignez là un aspect important : il faudrait en effet protéger un Bureau international de notation contre une influence excessive des compagnies transnationales qui ont aujourd’hui fait prévaloir leur point de vue dans chacun des organismes que vous venez de nommer.

Marat : Citoyen John Maynard – vous permettez que je vous appelle ainsi ? – le rapport entre les classes oisives et les classes laborieuses est un rapport de force dont l’argent détermine lesquelles des deux triomphent, tous vos bons sentiments n’y feront jamais rien !

Keynes : C’est un aspect des choses auquel j’ai fait allusion dans chacun de mes livres !

Marat : « Fait allusion » ! n’aurait-il pas mieux valu le crier plus haut et surtout beaucoup plus fort ?

Keynes : Je comptais en parler bien plus explicitement dans un livre qui aurait dû paraître en 1950.

Marat : « Dû paraître en 1950 » ! Keynes, vous êtes mort en 1946 ! Allons, réveillez-vous, il est grand temps !

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De la crise de l’économie à la crise du savoir économique – Le grand retournement de Paul Krugman, par Jérôme Maucourant

Billet invité. Jérôme Maucourant, auteur notamment de « Avez-vous lu Polanyi ? » (Flammarion, 2011) dont il a déjà été question sur le blog, tient à remercier Timiota, Bernard Drevon et Jeanne Favret-Saada pour leur lecture du présent billet invité.

Paul Krugman, économiste de grande réputation dans la sphère académique, a dans les années 2000 touché le grand public américain en émettant de judicieuses critiques à l’encontre de la présidence de George W. Bush, dans ses éditoriaux du New York Times. Après la crise de 2008, il est devenu un détracteur féroce des politiques d’austérité, dans une veine néokeynésienne. Néanmoins, à l’image de la plupart de ses collègues, il fut très surpris par l’ampleur de la crise de 2008[1]. Certes, il ne s’agit pas de lui reprocher de n’avoir pas su prédire le moment d’une crise. Mais, le rôle de la connaissance en économie est assurément de comprendre ce à quoi nous expose un type d’organisation de l’économie. C’est, par conséquent, la « science économique » qui fait problème, compte tenu de son rôle important dans l’organisation même de l’économie et de son enseignement. Notre hypothèse est que Krugman, comme d’autres économistes devenus contestataires de la pensée dominante, ne tire pas toutes les conséquences nécessaires d’une contestation d’un savoir fondé sur la centralité du marché.

Précisément, Krugman, alors qu’il dénonçait avec force et brio une inégalité croissante de la répartition des revenus dans son livre de 2007[2], ne reliait pas ce fait à la menace qui pèse sur le capitalisme : la crise des débouchés de la production marchande. La possibilité d’une demande insuffisante est accrue par le fait que les des gains de productivité sont captés par une couche sociale de plus en plus mince. L’effondrement de l’épargne aux États-Unis et le surendettement des classes moyennes et populaires a ajourné longtemps ce problème[3]. La croissance américaine d’avant crise a dû, en effet, beaucoup aux « progrès » des techniques de la finance, ce qui a occulté, surtout durant les années 2000, les conséquences d’un endettement excessif.

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WOODY ALLEN ET LA LUTTE DES CLASSES

L’éventail des classes sociales au sein desquelles se déroulent les films de Woody Allen est extrêmement restreint, se limitant – à quelques exceptions près – aux cercles qu’Allen fréquente sans aucun doute dans la vie quotidienne avec, comme leur centre de gravité, la haute bourgeoisie des professions libérales, des hauts fonctionnaires et des artistes en vogue. Les tragédies quand elles ont lieu, comme dans Interiors (1978), Crimes and Misdemeanors (1989), Melinda and Melinda (2004) ou Match Point (2005), se passent dans ces milieux là. Cassandra’s Dream (2007), centré autour de l’activité d’un garage, est une exception de ce point de vue.

Du coup, les films de Woody Allen, auteur des histoires qu’il met lui-même en scène, drôles ou sérieux, sont le plus souvent des comédies de mœurs ayant pour source sa propre auto-dérision.

Blue Jasmine (2013) est différent de ce point de vue : il y est dit très clairement que les gens ordinaires sont normaux et, malgré leurs faiblesses dues à leur grande spontanéité, parfaitement fréquentables, alors que les riches sont eux de dangereux fous furieux, mettant en jeu en plus, la vie des autres.

Cette incursion d’Allen dans la lutte des classes, une première à l’occasion de son quarante-quatrième film, révèle une exaspération devenue chronique dans les milieux du spectacle américains envers l’arrogance du 1% au sommet, et dont un film comme Elysium (2013) est, dans un tout autre genre, lui aussi symptomatique.

Dans un billet publié jeudi dernier, intitulé : « Plutocrats feeling persecuted », les ploutocrates qui se sentent persécutés, Paul Krugman se fâche lui aussi : « Il ne s’agit plus de libertarianisme, écrit-il, mais d’exigence d’un traitement de faveur. Il n’est plus question d’Ayn Rand (l’égérie du mouvement libertaire), mais de l’ancien régime ». Or, avec un ancien régime, chacun le sait bien, c’est perdre son temps que d’y aller par quatre chemins.

C’est le même Paul Krugman qui, quand je lui posais la question du rôle joué par la redistribution inégalitaire de la richesse dans le déclenchement de la crise, m’avait répondu après un moment d’hésitation qu’il s’agissait là d’un thème éculé cher aux penseurs de droite. Alors, Krugman s’est-il récemment rallié à la droite, ou bien, à l’instar de Woody Allen, s’est-il laissé gagner par l’exaspération devant l’outrecuidance des riches qui, bien loin de faiblir, continue de croître inexorablement ?

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PAUL KRUGMAN À PARIS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Éric Laurent à eu l’amabilité de m’inviter à la conférence LunaLogic dont il était le présentateur ce matin à Paris. L’invité de marque était Paul Krugman, prix de la banque de Suède à la mémoire d’Alfred Nobel pour les sciences économiques en 2008, également professeur à Princeton et chroniqueur au New York Times.

Éric Laurent a aussi eu le geste attentionné de me faire asseoir aux premiers rangs, au beau milieu des ambassadeurs, dont certains ont entamé la conversation avec moi, persuadés d’avoir affaire à l’un des leurs. Certains, bons princes, ont même poursuivi la conversation une fois le malentendu dissipé.

Était-ce le virus qui l’affectait visiblement puisqu’il l’obligea à plusieurs reprises de s’arrêter pour tousser, mais Krugman n’était pas au mieux de sa forme. La crise économique et financière en Europe était l’objet de son exposé et l’orateur ne semblait pas en savoir davantage sur le sujet que tout lecteur distrait de la presse financière. Dans un jugement à l’emporte-pièce – dont sa conférence ne fut pas avare – il avait déclaré qu’il est difficile de savoir ce qu’il en est de la situation actuelle en Irlande vu que les données économiques du pays sont truquées. L’ambassadeur d’Irlande l’attendait au tournant au moment des questions et réponses et, dans ce qui me sembla une évaluation très mesurée, lui répondit comme le maître d’école qui s’est dit que plutôt que de se mettre en colère sur le chenapan qui l’a visé de sa sarbacane, il vaut mieux lui exposer sur un ton posé les tenants et les aboutissants de sa faute.

C’est aussi au temps des questions qu’il apparut clairement que, tout professeur à Princeton qu’il est, Krugman demeure également approximatif quand il s’agit des données économiques et financières américaines. Sur les questions essentielles qui inquiètent à juste titre les Européens, ses réponses frisèrent plus d’une fois la plaisanterie d’un goût douteux. La planche à billets américaine ? – Pas de quoi fouetter un chat ! Les dollars que les États-Unis déversent sur le monde à charge pour celui-ci de les absorber en limitant les dégâts ? – Une question très abstraite quand il s’agit de la finance puisque ce ne sont après tout que des opérations comptables ; les seuls que cela concerne vraiment parce qu’ils sont friands du billet vert, ce sont les trafiquants de drogue, les braves gens eux, peuvent dormir sur leurs deux oreilles.

À la question que je lui posai sur le rôle déclencheur joué dans la crise par la disparité des revenus, Krugman, après avoir hésité un bref instant, se lança dans de longues digressions pour conclure enfin, triomphant, que seuls les gens de droite recourent en fait à ce genre d’explications. Bien que quasiment terrassé par la force de cet argument, je lui rappelai quand même la crise des subprimes. Là, superbe, il me répondit que les gens qui travaillaient dans ce secteur savent très bien que la crise des subprimes n’avait aucun rapport avec les pauvres aux États-Unis et n’a concerné que les classes moyennes. Comme j’avais déjà complété ma question initiale d’une question subsidiaire et qu’une seconde rallonge aurait provoqué l’émeute parmi les candidats à poser eux aussi des questions, j’en restai là.

La solution à la crise européenne selon Paul Krugman ? Élémentaire, mon cher Watson : l’inflation, qui fera baisser les salaires sans même que les salariés – les nigauds – ne s’en aperçoivent.

Quand vint le moment pour les invités prestigieux d’être présentés à l’orateur, je pris poliment mes cliques et mes claques, et non pas par peur de contracter le gros rhume qui l’affligeait.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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RETOUR SUR « L’AUSTERITE EST UNE CHIMERE » (Paul Krugman), par Jean-Pierre Pagé

Billet invité

Il est à craindre que l’article de Paul Krugman dans le New York Times1, « L’austérité est une chimère », ne retienne pas suffisamment l’attention dans le tumulte des grands évènements qui affectent le monde : la confirmation des dangers du nucléaire révélant le côté « apprenti sorcier » de l’homme et le « printemps arabe » avec ses soubresauts, notamment. Pourtant, il serait regrettable que ces évènements fassent oublier la course à l’abîme à laquelle se livrent de nombreux pays d’Europe aujourd’hui.

Dans leur peur de déplaire aux « marchés » et leur désir de conforter la « confiance » des investisseurs censée faire repartir, comme sous le doigt d’une fée, la croissance, les dirigeants européens font assaut de vertu dans la diminution des dépenses publiques et rivalisent dans la mise en œuvre de programmes d’austérité, tels les « moutons de Panurge » se précipitant dans la mer. Les champions de cette course à l’abîme sont les britanniques David Cameron et George Osborne qui n’ont pas hésité à pratiquer des coupes particulièrement sévères dans les dépenses budgétaires affectant le fonctionnement des services publics au moment où la conjoncture économique de leur pays donne déjà des signes de faiblesse, dans l’espoir fallacieux que la dépense privée prenne le relai.

On ne s’étonnera pas de ce que, comme le souligne Paul Krugman, cette thérapie, au lieu de soulager les maux des malades qu’elle prétend traiter, soit de nature à les aggraver. On le voit bien aujourd’hui dans les cas de la Grèce et du Portugal. C’est que les dispositions prises, de façon concomitante, par les pays concernés, censées réduire leurs déséquilibres budgétaires et leurs dettes, ne peuvent que les creuser par leurs effets négatifs sur la demande et, par voie de conséquence, sur l’activité économique et les recettes budgétaires qui en dépendent. Le processus se révèle ainsi pervers : « réduire le soutien de l’État en période de crise revient à se tirer une balle dans le pied, même en termes purement budgétaires : tout gain réalisé d’un côté est annulé par une diminution des recettes, puisque l’économie se contracte. 2»

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PAUL KRUGMAN : « QU’EST-CE QUE L’ARGENT ? »

L’un d’entre vous m’envoie le mail suivant :

« Il y a quelqu’un qui manifestement n’a pas lu votre livre ! Voici le lien – pourquoi ne pas lui donner un coup de fil : What is money ? »

Effectivement, Krugman écrit dans sa conclusion :

Le fait est que de nos jours – avec les cartes de crédit, la monnaie électronique, les ‘repos’, et toutes les autres choses qui visent à être des moyens d’échange – il n’est pas évident qu’un nombre unique mérite d’être appelé « la » masse monétaire. D’un point de vue intellectuel, cela ne pose pas de problème ; de même que ce n’est pas nécessairement un problème de maintenir une politique monétaire même s’il n’existe pas de chose unique que nous soyons disposés à appeler l’argent ».

N’est-ce pas un peu embarrassant ? N’y a-t-il pas dans la liste un joyeux mélange d’argent, de moyens d’emprunter et de reconnaissances de dette ? Même si le prix qui lui a été attribué n’est qu’un prix d’économie « à la mémoire d’Alfred Nobel » ?

Quand on écrit des livres, on se pose un jour ou l’autre, pour chacun d’entre eux, la question de savoir pourquoi on l’a écrit. Dans le cas de L’argent, mode d’emploi (Fayard 2009), le confusionnisme de Krugman vient de m’apporter la réponse.

Et il y a bien sûr une autre question à laquelle son billet offre, même si c’est indirectement, une réponse très claire : « Peut-on vraiment compter sur les économistes pour enfin créer une véritable science économique ? »

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