DES SYSTÈMES À GRANDE INERTIE, par François Leclerc

Billet invité.

En dix ans, notre connaissance des rouages et des dysfonctionnements du système a considérablement augmenté. La crise a suscité un intérêt pour des activités financières méconnues, et les circonstances ont contribué à l’assouvir. Beaucoup a été mis à jour et partagé, mais avec quel effet ?

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LES « CONFORMISTES » ET LES « REGTECH » EN CHARGE DU RESPECT DE LA RÉGULATION BANCAIRE, par François Leclerc

Billet invité.

Des négociations se poursuivent à Bruxelles à propos de deux dossiers de la régulation financière qui sont étroitement liés : la transcription en droit européen de plusieurs standards décidés par le Comité de Bâle, afin de réduire les risques portés par les établissements bancaires, ainsi que la mise au point du troisième et dernier pilier de l’Union bancaire : la garantie européenne des dépôts. Continuer la lecture de LES « CONFORMISTES » ET LES « REGTECH » EN CHARGE DU RESPECT DE LA RÉGULATION BANCAIRE, par François Leclerc

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Trump : C’EST AU PIED DU MUR… par François Leclerc

Billet invité.

Parmi les innombrables foucades venues et à venir de Donald Trump, l’attention est focalisée sur la sortie des accords de Paris des États-Unis, qui se distingue là où ses autres promesses électorales restent en pointillés. Leurs concrétisations ne sont pas brillantes, à commencer par la mise en cause de l’Obamacare, qui piétine. Deux autres gros dossiers restent en attente : la réforme fiscale et la dérégulation financière.

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LEVER DU JOUR DE LA DÉRÉGULATION, par François Leclerc

Billet invité.

Ambiance ! Dans un de ses tweets qui lui tiennent lieu de journal officiel, Donald Trump accuse Barack Obama de tenir « des propos incendiaires », en référence à la succession des initiatives de la dernière ligne droite de son mandat, dans le but de symboliser avec ostentation son opposition à la politique du président élu que ses édifiantes nominations confirment.

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DYNAMIQUE DE LA RÉGULATION PROTECTIONNISTE, par François Leclerc

Billet invité.

Les transactions commerciales internationales ne sont pas les seules à subir le contrecoup de la politique du chacun pour soi que Donald Trump a annoncé vouloir accélérer. La régulation en subit également les effets, reproduisant la traditionnelle disparité bancaire existant des deux côtés de l’Atlantique.

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DÉRÉGULATION FINANCIÈRE : ON ENTRE DANS LE VIF DU SUJET, par François Leclerc

Billet invité.

Entre le Brexit et l’élection de Donald Trump, il y a jamais eu autant d’inconnues réunies en même temps… et aussi peu de bonnes nouvelles à attendre.

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LE CAPITALISME N’A PAS LES MOYENS DE CE QU’IL PORTE EN LUI, par François Leclerc

Billet invité.

La nouvelle année est à la fois propice au bilan et à la prospective, cette figure imposée, ce marronnier comme disent les journalistes. Avec comme danger de garder le nez sur l’obstacle le plus proche, sur la dernière crise en date, obnubilé par les manifestations particulières qui s’égrènent de la crise globale qui se poursuit, oubliant ce qui les relie et occultant ses remèdes.

Huit ans après, les raisons profondes de la crise financière font toujours leur effet et ne sont même plus recherchées. Il n’est plus prioritaire d’achever une régulation sur laquelle on revient même, car une page est tournée. Seuls les esprits les plus éclairés en sont vainement à s’interroger : « comment peut-on mesurer la robustesse – ou la faiblesse – d’un système financier qui se dérobe, quels nouveaux scénarios de stress tests devraient être adoptés et qui devrait y être soumis ? ». Où le diable se cache-t-il aujourd’hui, qui va immanquablement nous surprendre ?, pourraient-ils ajouter dans cette même veine.

Le Conseil de stabilité financière (FSB) a l’année dernière ajouté avec parcimonie une pincée de compagnies d’assurance à sa liste des établissement systémiques, tout en allongeant la durée des consultations avant de décider ce qui leur sera demandé. Mais, comme le financement de la relance est attendu du shadow banking, les banques n’étant plus ce qu’elles étaient, il faut donc le ménager. La cause est entendue, le système financier a gagné la première manche et ceux qui pensaient possible qu’il se réforme en sont pour leurs frais.

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LA PROCHAINE CRISE PRENDRAIT-ELLE TOURNURE ? par François Leclerc

Billet invité.

La prochaine crise financière surviendra on ne sait où et on ne sait quand. C’est tout du moins l’idée communément admise, puisque sa réédition est considérée comme une fatalité contre laquelle rien ne peut être entrepris.

Non seulement cette vision n’est pas spécialement rassurante, mais elle relativise la portée d’une régulation financière qui – quoi que l’on puisse par ailleurs en penser – repose sur l’expérience acquise au cours d’une crise qui ne se renouvellera pas suivant le même modèle… C’est l’occasion pour Satyajit Das, ancien banquier et analyste financier reconnu, de décrire dans le Financial Times le scénario de la prochaine crise telle qu’il la prévoit. Avec comme prémices que ce sont les mesures même de régulation qui ont été adoptées qui vont paradoxalement en faire mûrir les conditions, dans des conditions plus difficiles que la précédente, car aux risques endogènes du système financier s’ajoutent désormais les risques exogènes de la crise économique qui en est la conséquence.

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L’actualité de la crise : POUR UNE FOIS…, par François Leclerc

Billet invité.

C’est à Toronto, devant un pare-terre choisi, que Christine Lagarde a énoncé de manière directe, à la canadienne, des vérités assez inhabituelles dans sa bouche sur la régulation financière. Elle prononçait le 25 octobre une de ces allocutions de circonstance devant le Conseil international du Canada, un organisme privé dédié à la recherche et au dialogue sur les enjeux mondiaux, tel qu’il se présente lui-même.

Faisant le point sur les perspectives économiques et financières, elle a constaté que « la reprise mondiale a souffert de nouveaux revers et la croissance est décevante » et que « le système financier mondial ne fonctionne toujours pas correctement », pour en conclure que « pour l’heure, le secteur financier ― à l’origine de cette crise ― freine la reprise dans des pans essentiels de l’économie mondiale. Compte tenu des coûts exorbitants — à la fois économiques et humains — encourus ces six dernières années, nous ne devons épargner aucun effort pour éviter que cela ne se reproduise. »

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ATLANTICO.fr, L’aveu d’échec du président de l’autorité de contrôle des marchés britanniques signe-t-il la faillite généralisée de la régulation de la finance ?, le 14 octobre 2012

L’aveu d’échec du président de l’autorité de contrôle des marchés britanniques signe-t-il la faillite généralisée de la régulation de la finance ?

Atlantico : Lord Turner, le président de la FSA – l’autorité de contrôle des marchés financiers britanniques – a déclaré que les années qui ont précédé l’éclatement de la bulle du crédit étaient un monde d’illusions (« a fool’s paradise ») en termes de régulation. Les autorités de contrôle des marchés ont-elles oublié, voire failli, dans leur mission de contrôle des marchés partout en Europe ?

Paul Jorion : Il faut dire deux choses. La première est que l’idéologie ultralibérale prenait le pouvoir à partir des années 1970 : moins les régulateurs intervenaient, mieux c’était, l’État étant selon elle responsable de tous nos maux. La seconde, c’est que la prétendue « science » économique avait déjà creusé le lit de ces croyances. Celle-ci s’est bâtie à partir des années 1870 sur le postulat « laplacien » que le monde futur est parfaitement connaissable à partir d’une information complète du monde présent. En conséquence, il n’est jamais nécessaire de réglementer, il suffit d’offrir une information plus complète et plus transparente. C’est ce qui explique cette chose que le public ne parvient pas à comprendre : il réclame des mesures et on lui répond « meilleure transparence de l’information ». « Quel est le rapport ? », répond-il. Le rapport, c’est ce postulat laplacien, postulat démenti bien entendu une première fois par les découvertes de la mécanique quantique dans les années 1920, et une seconde fois, dans les années 1980, par la découverte des dynamiques « chaotiques », mais la « science » économique, à qui nos politiques accordent encore toute leur confiance, vit dans un « silo épistémologique » et ne s’est encore aperçue de rien.

Atlantico : Dans quelle mesure le manque de contrôle des marchés est-il responsable de la crise ? (autrement dit, la crise aurait-elle éclaté de la même manière, sachant que la plupart des activités étaient légales ?)

Paul Jorion : Sa responsabilité est de 100 %. Les règles qui auraient pu empêcher la crise des subprimes ont été appliquées au Canada – où la crise à été évitée – et en Caroline du Nord. La Mortgage Bankers Association, le syndicat patronal du secteur du crédit hypothécaire aux États-Unis a dépensé 500 millions de dollars en lobbying pour empêcher que d’autres états américains n’adoptent la même législation que la Caroline du Nord. On dit souvent qu’on ne connaît pas les responsables de la crise, c’est faux et je les dénonçais déjà dans mon livre Vers la crise du capitalisme américain ? (La découverte), paru en janvier 2007.

Atlantico : Depuis la crise, la régulation financière s’est-elle renforcée ou a t-elle été un grand oublié ?

Paul Jorion : Ce n’est pas une question d’oubli : c’est le fait que le pouvoir de l’argent permet de neutraliser toutes les tentatives de régulation de la finance. Dans les semaines récentes, les organismes pétroliers ont sabordé une tentative de régulation du marché du pétrole, les intervenants sur le marché de la dette à court terme ont su empêcher leur réglementation, et les lobbys représentant les principaux acteurs sur le marché à terme des matières premières viennent de paralyser, grâce à une décision de justice qui leur est favorable, un plafonnement des positions spéculatives. Un tel comportement est suicidaire bien entendu : on assiste au spectacle du court-termisme devenu fou.

Atlantico : Nombre d’acteurs économiques s’inquiètent des accords de Bâle 3 relatifs à la régulation bancaire qui entraînerait un surcoût pour les banques et les opérateurs. Quels sont les risques associés à un excès de régulation ?

Paul Jorion : Dans le processus actuel d’effondrement de l’appareil financier, dû à une absence de réglementation, les risques associés à un éventuel excès de régulation sont tous simplement inexistants.

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L’actualité de la crise : UNE RÉUSSITE À TOUT POINT DE VUE, par François Leclerc

Billet invité.

Comment va le monde lorsque l’on quitte des yeux l’Europe ? L’agence de notation financière Fitch vient de souligner dans son rapport trimestriel « la faiblesse persistante [de la croissance] et les risques qui pèsent sur le reprise mondiale ».

Elle a révisé à la baisse ses prévisions pour 2012, 2013 et 2014, « malgré la nouvelle série de mesures de relance monétaires vigoureuses annoncées en septembre par la Fed, la BCE et la Banque du Japon, ainsi que la baisse de taux de la banque centrale chinoise en juillet. » Elles sont désormais de +2,1%, +2,6% et +3% respectivement.

Mais, si l’on considère les principaux pays développés, elles sont seulement de +1%, +1,4 % et +2%. Pour la seule zone euro, les prévisions sont de -0,5%, +0,3% et +1,4%. Fitch fait état de défis croissants pour les pays émergents, notamment la Chine, à la fois en raison de leur faiblesse propre et de celle de la conjoncture internationale. L’agence considère enfin que la « falaise budgétaire» (fiscal cliff) américaine constitue à court terme la principale menace, ravissant la vedette à la crise européenne.

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L’actualité de la crise : ON NE RÉVEILLE PAS UNE RÉGULATION FINANCIÈRE QUI DORT ! par François Leclerc

Billet invité

Bien sagement et surtout sans faire de vagues, la régulation financière poursuit son petit bonhomme de chemin. En Europe, on attend de connaître les propositions promises pour l’automne du groupe de travail présidé par Erkki Liikanen, le gouverneur de la Banque de Finlande, à propos de la séparation des activités des banques. Elles équivaudront à la réglementation Volcker aux États-Unis et à la réforme Vickers en Grande-Bretagne. Et, pour faire bref, la première a été muselée et la seconde reportée… L’affaire n’est donc pas bien engagée.

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