Archives par mot-clé : rentabilité

SLOW SCIENCE – LA DÉSEXCELLENCE, par Olivier P. Gosselain*

Billet invité

Ça a commencé comme ça. Une poignée de collègues issus de disciplines différentes, l’envie de travailler ensemble, un financement de cinq ans, des séminaires réguliers où le plaisir d’échanger se mêlait à un sentiment grisant de progression et, au final, des objets d’étude, des rencontres et des résultats qui dépassaient de loin nos attentes initiales.1 Une belle histoire de recherche, en somme, pour une petite communauté regroupant des académiques, des doctorants et des étudiants.

Le groupe n’avait pas en commun que des objectifs scientifiques. Il partageait aussi une conception de la recherche et des relations entre chercheurs centrée sur la convivialité, l’intelligibilité, l’échange et la volonté de bien faire son travail. Rien de révolutionnaire à première vue. Mais le décalage avec les politiques de recherche développées par nos institutions nationales et internationales était pourtant flagrant. Il y avait loin, en effet, entre ces valeurs et les injonctions de productivité, de rentabilité et d’immédiateté inlassablement ressassées par nos managers académiques.

Frappés par ce décalage et convaincus que notre façon de procéder était humainement et scientifiquement plus satisfaisante, nous avons esquissé l’idée d’un mouvement Slow Science – sorte de doigt d’honneur académique à ce Nouvel Ordre de la recherche. La filiation avec Slow Food était d’autant plus évidente que deux des valeurs qui nous tenaient à cœur étaient le plaisir et la créativité. Ici encore, rien de révolutionnaire. Retirez ça de la recherche : que reste-t-il ?

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Comment protéger l’humanité du réchauffement climatique ?, par Jean-Paul Vignal

Billet invité

L’important n’est pas de savoir si le réchauffement est d’origine humaine, mais de chercher comment protéger l’humanité contre ses conséquences.

Le débat sur l’origine anthropique du réchauffement climatique prend une tournure de plus en plus surréaliste. Personne ne conteste la réalité du réchauffement en cours qui est attesté, entre autres, par l’accélération de l’accroissement des températures moyennes dans le monde, la fonte des glaces permanentes, et dans une moindre mesure, par la remontée du niveau des océans. Le débat porte sur la responsabilité de l’homme dans ce réchauffement ; il oppose ceux qui estiment qu’elle est pleine et entière, – l’homme apprenti-sorcier ayant fini par être assez puissant pour perturber la vie de la biosphère -, à ceux qui, sans l’exclure totalement, demandent néanmoins à voir, compte tenu des incertitudes qui pèsent sur la validité des modèles et des données qui ont permis aux tenants de la culpabilité humaine de conclure à l’implication de leurs moyens de transport, de leurs usines et de…leurs vaches.

L’enjeu du débat n’est bien entendu pas futile. Le monde sort à grand-peine d’une terrible crise financière qui a mobilisé des moyens considérables avant d’être enrayée, en attendant l’inévitable rechute. Les raisons profondes de cette crise n’ont en effet pas été traitées ; elles viennent de l’antagonisme irréductible entre le court-termisme ravageur sans cesse amplifié par les progrès des technologies de traitement et de transmission de l’information dans l’univers de la finance, et les besoins financiers du monde réel, confronté à l’épuisement prévisible de ressources minérales et fossiles limitées, et à la pollution des ressources naturelles indispensables que sont l’eau, l’air et les sols, dont les effets négatifs à long terme ne peuvent être combattus que par des investissements à long terme eux aussi, qui ont le mauvais gout d’avoir une rentabilité impossible à garantir dans un monde où le cours des matières premières et de l’énergie sert plus de prétexte à la spéculation sur des cotations qui varient au gré des rumeurs, qu’à ajuster véritablement l’offre et la demande comme le revendiquent haut et fort les théories libérales bien en cour.

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