Comment protéger l’humanité du réchauffement climatique ?, par Jean-Paul Vignal

Billet invité

L’important n’est pas de savoir si le réchauffement est d’origine humaine, mais de chercher comment protéger l’humanité contre ses conséquences.

Le débat sur l’origine anthropique du réchauffement climatique prend une tournure de plus en plus surréaliste. Personne ne conteste la réalité du réchauffement en cours qui est attesté, entre autres, par l’accélération de l’accroissement des températures moyennes dans le monde, la fonte des glaces permanentes, et dans une moindre mesure, par la remontée du niveau des océans. Le débat porte sur la responsabilité de l’homme dans ce réchauffement ; il oppose ceux qui estiment qu’elle est pleine et entière, – l’homme apprenti-sorcier ayant fini par être assez puissant pour perturber la vie de la biosphère -, à ceux qui, sans l’exclure totalement, demandent néanmoins à voir, compte tenu des incertitudes qui pèsent sur la validité des modèles et des données qui ont permis aux tenants de la culpabilité humaine de conclure à l’implication de leurs moyens de transport, de leurs usines et de…leurs vaches.

L’enjeu du débat n’est bien entendu pas futile. Le monde sort à grand-peine d’une terrible crise financière qui a mobilisé des moyens considérables avant d’être enrayée, en attendant l’inévitable rechute. Les raisons profondes de cette crise n’ont en effet pas été traitées ; elles viennent de l’antagonisme irréductible entre le court-termisme ravageur sans cesse amplifié par les progrès des technologies de traitement et de transmission de l’information dans l’univers de la finance, et les besoins financiers du monde réel, confronté à l’épuisement prévisible de ressources minérales et fossiles limitées, et à la pollution des ressources naturelles indispensables que sont l’eau, l’air et les sols, dont les effets négatifs à long terme ne peuvent être combattus que par des investissements à long terme eux aussi, qui ont le mauvais gout d’avoir une rentabilité impossible à garantir dans un monde où le cours des matières premières et de l’énergie sert plus de prétexte à la spéculation sur des cotations qui varient au gré des rumeurs, qu’à ajuster véritablement l’offre et la demande comme le revendiquent haut et fort les théories libérales bien en cour.

L’enjeu du débat sur l’origine du réchauffement n ‘est donc pas mince. Il s’agit de savoir si l’on va consacrer l’essentiel des maigres moyens disponibles à limiter les émissions de CO2 ou si l’on va consacrer ces moyens à essayer d’atténuer les effets négatifs pour les humains de ce réchauffement. L’application du principe de précaution, si cher aux écologistes, semble pour une fois plutôt militer en faveur de l’hypothèse qui n’est pas la leur. Rien ne prouve en effet que limiter les émissions de gaz à effet de serre sera suffisant pour faire baisser à temps le thermomètre moyen mondial. Tout indique par contre que cela condamnerait les pays qui n’ont pas eu l’occasion de beaucoup polluer dans le passé lors d’une révolution industrielle à adopter des modèles de fonctionnement qui ne leur permettront jamais d’atteindre le niveau de vie des plus privilégiés. On peut et on doit critiquer la référence à un modèle particulièrement pilleur et pollueur, mais il serait également arbitraire et anti-démocratique de chercher à l’interdire du jour au lendemain à ceux à qui l’on essaye depuis des décennies de le vendre au nom du progrès et de la démocratie qui l’accompagne. Le dialogue de sourds de Copenhague est de ce point de vue exemplaire, les pays émergents ayant refusé tout net de se laisser enfermer dans ce piège et réclamant à juste titre des objectifs d’émissions en termes de quantité par habitant, et non pas en quantité absolue par pays en prenant les émissions passées comme référence.

En revanche, on sait très bien calculer combien de terres habitées et/ou cultivables seront recouvertes par la montée des océans, quelles seront les pertes de récoltes en cas de sècheresse accidentelle ou par désertification de sols actuellement fertiles ou encore combien de personnes décéderont pendant les périodes de canicule. Passer d’une économie fondée sur le pillage et la pollution irréversible de ressourcés limitées en quantités à une économie basée sur des flux de matières premières et d’énergie renouvelables et/ou de matériaux recyclés en améliorant la gestion de l’eau, en maximisant le rendement de conversion de l’énergie solaire par la biomasse, en protégeant les sols contre la pollution et l’érosion, ou en mettant au point des technologies de contrôle de la température peu exigeantes en énergie et peu coûteuses à mettre en œuvre semble dans cette perspective un pari beaucoup plus raisonnable que celui qui consiste à tout miser sur la réduction de l’empreinte GES (gaz à effet de serre) de nos modèles pollueurs et pilleurs actuels.

La défense de la planète pour la planète n’a en effet pas grand sens. La planète n’a pas besoin de l’homme pour vivre. C’est l’homme qui a besoin d’elle. Le comportement pilleur et pollueur dicté par l’exigence du « tout, tout de suite » ne menace jamais que l’espèce humaine. La biosphère terrestre se remettra en fin de compte de sa stupidité : elle en a vu d’autres. C’est une évidence « incontournable », sauf à envisager littéralement de faire sauter la terre avec quelques tératonnes de bombes H judicieusement placées, ce qui n’est probablement pas si simple.

A l’inverse, donner la priorité à la protection de l’humanité a bien évidemment un sens, sauf peut-être pour quelques comptables confits dans leur misanthropie. Agir ainsi est autrement plus responsable vis-à-vis de nos contemporains comme des générations à venir que de s’interroger gravement pour savoir si ce sont les vaches et/ou les camions qui font monter le thermomètre, ne serait-ce que parce que de toute façon on ne peut pas éradiquer toutes les vaches, ni supprimer tous les camions, alors que l’on peut construire des digues et des stations de pompage, développer de nouvelles plantes résistantes à la sécheresse ou aux parasites, ou développer les cultures en mer pour éliminer les contraintes eau et surface cultivable de la production de biomasse.

On revient toujours au point central des troubles actuels : quels cataclysmes naturels et sociaux va-t-il falloir pour enfin remettre le respect de l’homme et de sa diversité au centre de nos problématiques, en lieu et place de croyances qui exigent la conversion ou l’élimination de tous ceux qui n’adhèrent pas à leurs préceptes, qu’il s’agisse de la foi dans un retour sur investissement à plus de 15%, du sauvetage de la planète indépendamment de celui des hommes ou parfois même d’une religion ?

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135 réflexions sur « Comment protéger l’humanité du réchauffement climatique ?, par Jean-Paul Vignal »

  1. Le parallèle avec le paludisme

    L’Europe a été longuement atteinte par le paludisme, et ne s’en est sortie qu’en 1930 (marais pontins en Italie) et en 1945 (Plaine orientale en Corse) pour les cas que je connais.
    Le climat pose un problème similaire à celui que pose le palu : on peut vivre avec, mais mal, et le soigner n’est pas évident sans toucher à des enjeux si gros qu’on ne sait par quel bout les prendre.
    Pour citer qqs éléments, il n’y a pas si longtemps, le DDT donnait une bonne chance d’éradiquer le palu. Mais à cause des doses massives utilisées … aux States, pays sans palu, on se rendit compte d’effets néfaste sur les oiseaux. Résultat : plus de DDT (les écolos ont réussi ce coup là)…mais aucun substitut décent pour l’Afrique. Il y a deux ans environ, l’OMS a donc conseillé de … réintroduire le DDT (devenu cher depuis, moins produit), en le pulvérisant avec soin etc + les moustiquaires etc.
    Mais même si on élimine le palu, on soupçonne que sont « aide immunitaire involontaire » vis a vis d’autres maux tropicaux cessera, et que ce ne sera pas tout benef.
    C’est donc l’archétype du cas compliqué , avec facteurs humains, sociaux, chimiques, écologiques, climatiques …

    Pour le climat, est-ce bien mieux que ça ? Est-ce plus clair ?

    Je dirais donc pour soutenir l’article de l’auteur qu’on peut crier haut, mais si on « sait qu’on ne sait pas » consacrer les ressources là où les besoins sont criants (faim, alphabétisation, on sait que les couts marginaux sont qqs pourcents pour le Nord), alors comment peut-on croire qu’on peut savoir agir pour le climat, sans avoir le pistolet sur la tempe… et même en l’ayant ! Quelles sont nos chances si on part plutôt du postulat qu’il n’y aura pas d’action volontaire/volontariste effective ?
    Y arriver avec seulement du « soft power » , pourquoi pas ? trouver les avantages à « vivre autrement », pourquoi pas ? et peut être accepter l’horreur technologique qui consistera à modifier le climat globalement (« le grand dérangement », v2.0, amis québécois !).

    Pour avoir idée d’un scénario extrême, on ne dit pas beaucoup ce qui arrivera si on « décaisse » tout le carbone fossile. J’ai lu plus haut qu’on avait stocké 99.9% du C02 primaire, mais on n’ en déstockera raisonnablement que 2 à 5 fois la concentration actuelle (sinon , le Peak Oil serait bien plus loin).

    Les impératifs entre lesquels choisir seront douloureux si nous ne savons pas ce que nous voulons comme « vivre autrement », entre biodiversité, dévelpt industriel, déplacements libres, chauffage, protéines,…
    Ce que je proposerais est qu’il faut surtout développer les expériences qu’a chacun de « vivre autrement » , de façon à enrichir notre expérience et de la préparer. Ca a l’air long et lent, ça l’est. Nous n’aurons qu’un allié possible, qui est aujourd’hui le grand causeur systémique du court-termisme : les médias. Nous n’avons donc qu’une chose à faire : y injecter du long-termisme. Trouver des journalistes qui mentionnent pour 5 mn de « news » 5 mn de bilan d’un domaine donné à 1 ans, 5 ans, 15 ans.

    L’antiquité (-1200) avait su trouver une solution au blocage économique de l’époque sur les temps longs : l’esclavage pour dette, qui était filtré par une « petite remise » tous les 7 ans et une « grosse remise » tous les 49 ans , pas prévoyant, les aïeux ?

    Bref, il est urgentissime de jauger nos actions sur des temps longs. Ca s’appelait le Plan après guerre, c’était peut être vécu comme du bio-psycho controle dans la peau d’un gauchiste. A revisiter aujourd’hui…
    Pour les vertus des stabilités dans le monde du travail, enfin, lire Richard Sennett…. au chaud.

    1. « Bref, il est urgentissime de jauger nos actions sur des temps longs. » : oui, et pas seulement nos actions, mais aussi les considérations d’ordre philosophique. Introduire la notion d’Ultra Long Terme, (comme une petite éternité à notre échelle), et nous demander qu’est-ce qui pourrait ou devrait rester vrai sur une telle échelle de temps.

  2. « La défense de la planète pour la planète n’a en effet pas grand sens. La planète n’a pas besoin de l’homme pour vivre. C’est l’homme qui a besoin d’elle. » : si la planète n’a pas besoin de l’homme, pourquoi le sauver ? Au regard de la nature, l’homme n’est qu’une espèce parmi une infinité d’autres. Sa prétendue supériorité et sa conscience n’existent que pour lui.

    « …semble dans cette perspective un pari beaucoup plus raisonnable que celui qui consiste à tout miser sur la réduction de l’empreinte GES (gaz à effet de serre) » : probablement mais, puisque la question posée est celle de sauver l’espèce, le débat doit aborder les autres menaces, en particulier la pollution et le mystérieux phénomène qui décime les abeilles.

  3. L’île aux fleurs
    « Vous avez un télé-encéphale hautement développé et un pouce préhenseur ?
    Alors visionnez cette vidéo réalisée par Jorge Furtado en 1989 qui décrit les mécanismes économiques de notre planète à travers le parcours d’une tomate, de la plantation à la décharge.
    Ravageur ! »
    http://www.paperblog.fr/614333/l-ile-aux-fleurs/

    1. Je confirme. L’association d’images crues – pour ne pas dire cruelles – et d’un commentaire sur un ton purement didactique forment un mélange explosif. La conclusion du documentaire est à mon sens bien plus violente que n’importe quelle fiction et porte un constat terrible sur les natures humaines, le tout sans coup de feu ni sang versé.

    2. Ravageur. En effet.
      Ca donnerait presque envie de ne plus avoir de télé-encéphale hautement développé ni de pouce préhenseur.

      Libre… pas étonnant que cela soit la composante principale de l’american dream.

  4. Le nouvel ordre scientifique va tous nous réconcilier !

    En effet 400 scientifiques signent un appel à une meilleure « hygiénisation » du débat scientifique , en demandant que les travaux d’Allegre ou Courtillot, et de quiconque contestant les thèses officielles , passent par « le filtre standard des publications scientifiques » , ainsi que « l’expertise scientifique » en étant  » relus par les pairs  »

    Le but étant implicitement que les ouvrages de ces gens là ne puissent être édité : « Ces ouvrages n’auraient pu être publiés si on leur avait simplement demandé la même exigence de rigueur qu’à un manuscrit scientifique professionnel. »

    Parce que chacun sait que les publications du Giec dont certaines sources sont non communiquées, certains chiffres bidonnés, certains faits ignorés ou astucieusement minorés, et dont certains contributeurs sont plus observateurs que scientifiques , ont toujours eu , elles, « une exigence de rigueur maximale  »

    PS/ Je vais lancer un appel pour faire hygiéniser , par le corps officiel des économistes , les conceptions monétaires de Paul, dont chacun sait qu’il profite du succès de son blog pour diffuser des visions ultra minoritaires 😉

    1. Vous vous prévalez de PJ pour affirmer votre point de vue. Le plus sage serait peut-être de le laisser répondre (d’ailleurs je ne connais pas son avis sur la question, ma remarque est donc à prendre telle quelle).

      Allègre -puisque c’est sans doute de lui qu’il s’agit – use de son autorité d’ancien scientifique (qui s’est donc plié en son temps – avec un succès indéniable – aux procédures d’évaluations scientifiques citées ici) pour disqualifier les arguments de ses collègues (d’une toute autre spécialité). Je vais vous faire un aveu : je connais un peu ce domaine, et le peu de faits qu’il cite sont toujours biaisés, voire même falsifiés. De plus, il ne produit rien, ne démontre rien, et se contente de démonter.

      Il n’y a rien de marginal dans le fait de se répandre dans les médias, de distribuer des attaques personnelles, tout en se posant en martyre. C’est même le courant « mainstream » de notre époque.

    2. François le sombre , pour le cas où vous repasseriez par là …

      A) -> « Vous vous prévalez de PJ pour affirmer votre point de vue. Le plus sage serait peut-être de le laisser répondre  »

      => Je ne me suis prévalu de rien du tout, je dis simplement que si les théories monétaires de Paul J. avait été filtrées par les économistes et le consensus ultra dominant , Paul ne pourrait publier son Argent Mode d’emploi.
      A contrario, quelles que soient les conneries d’Allegre , il ne me semble pas très sain de soumettre sa prose à une censure quelle qu’elle soit.

      Dans les 2 cas il y a débat , c’est tout. Et filtrer Allègre sous prétexte qu’il aurait un impact médiatique est particulièrement malsain, surtout lorsque le camp des GIECistes bénéficie d’une couverture médiatique favorable sans précédent.

      D’ailleurs le cas Allègre a été quasiment ‘fabriqué’ par ses opposants.

      Donc, en ce domaine il n’y a pas à demander particulièrement un avis à quiconque.

      B) -> « Je vais vous faire un aveu : je connais un peu ce domaine, et le peu de faits qu’il cite sont toujours biaisés, voire même falsifiés. »

      => Fort bien, il faut le faire savoir …

      C) ->  » De plus, il ne produit rien, ne démontre rien, et se contente de démonter. »
      => Petite incohérence dans votre phrase sur le sens de ‘démontrer’

      D) -> « Il n’y a rien de marginal dans le fait de se répandre dans les médias, de distribuer des attaques personnelles, tout en se posant en martyre.  »

      => Le 1er victime d’attaque plutôt personnelles a été Allègre. Qu’il se pose en martyr est facile , mais il ne fallait lui en fournir l’occasion , et même la construire.

      Cordialement

  5. Salut Timiota,

    Sur la question du paludisme, tu reviens sur notre histoire, et tu as raison, et tu as soulevé le fait qu’on s’en est débarrassé en Europe il y a peu. En effet. D’ailleurs, c’était à une époque (début 20eme) où on n’avait pas de DDT. 😉 ! En Afrique il n’y a pas besoin de substitut au DDT non plus. Les spécialistes de la question préconisent : 1 – enlever jusqu’à 100m des villages toutes eaux croupissantes. (pneu, déchets plastiques etc..) 2 – utiliser des moustiquaires avec une solution répulsive. On est loin de la stratégie « arme de destruction massive » comme les français ont pus l’utiliser dans la vallée du Rhône dans les années 70. (Les sols s’en souviennent encore, on y retrouve toujours les molécules.) Il a fallu aux scientifiques Grenoblois trouver une stratégie moins nocive (Pollution des eaux, et multiplication des moustiques résistants à la chimie employée). Et oui, à chaque fois qu’on utilise trop longtemps des molécules pétrochimiques (problème de chiralité entre autre) on sélectionne les individus résistants et on est encore plus ennuyé derrière. (Cf Glyphosate pour les champs agricoles.)

    Je rejoins ta proposition de la vision à long terme, et le fait que nos « décideurs » visent bien plus court.(pas pour tout : cf EPR) . Cependant, il est bien une chose qu’on n’a pas : ON N’A PAS LE TEMPS POUR CHANGER. Prendre le temps, c’est à dire espérer que nos élus puissent contraindre suffisamment tout le monde, à temps, c’est s’engager à offrir à nos enfants, ados, un avenir infernale si on accepte d’envisager les conséquences en prenant en compte les fortes probabilités de la vision du GIEC.

    Et quand bien même celui qui n’accepte pas la vision de ce groupe international, et qui accepte l’idée du changement climatique et pas celui du dérèglement climatique anthropique, force est à toutes et tous d’ACCEPTER L’IDEE DE LA NECESSAIRE ADAPTATION, car dans les deux cas, le temps est très compté.

    D’un côté, il nous faut MUTER RAPIDEMENT du fait de l’inertie de la machinerie climatique ; de l’autre, il nous AGIR RAPIDEMENT PLUS ECOLOGIQUEMENT à très court terme à cause de tous les autres impacts environnementaux : stérilité des hommes, cancer, eau, salinisation des sols par l’irrigation par pompage des nappes phréatiques, pollution des nappes d’eau ; puisage des nappes d’eau fossile ; destruction des sols (on appelle sol, la partie dite « arable » très fine : quelques centimètres, qui contient normalement plus de vie (masse et nombre d’espèces) qu’en surface. (Cf LAMS des Bourguignon), beaucoup trop de millionnaires et milliardaires en Euros, etc…

    Dans mon post précédent je site un propos de Keynes qui rappelle combien que la pensée capitaliste « C’est un système ou les 3 biens fondamentaux ont été mis sur le marché : la terre, le travail, l’argent » et qui nous a conduit à 3 « crises » majeurs, dont, je le répète, la vision du changement climatique anthropique n’est qu’un symptôme, fruit de la somme de ces « crises ». Crises qui fondamentalement n’en sont pas. Car les dérèglements observés sont si conséquents dans le temps et l’espace, et si systémique, qu’ON NE PEUT PAS PARLER DE CRISE.

    Michel Serre et Albert Jacquard en parle très bien de ce « non crise ». Ils nous démontrent que NOUS SOMMES EN MUTATION. Et comment envisager cette mutation ? Attendre qu’elle vienne de nos élus ? On sait que non. Agir à son niveau dans son coin et espérer qu’on sera des milliards à faire pareil ? c’est pertinent pour soi mais c’est naïf. La désaffection pour les dernières élections démontrent à mon sens que nos concitoyens ne souhaitent plus de ce monde, qu’il y a l’aspiration à faire autrement. EN tout cas tel est l’idée que je fais de cette majorité « refusante », d’où la proposition de mon post précédent qui offre la possibilité à cette majorité d’avoir le pouvoir d’agir et de construire autrement.

    Car, on le sait, le capitalisme a déclenché des crises : sociales, économiques, financières, et à chaque réponse trouvée (Guerre, chômage, effondrement de la bourse etc..), cela a permis au système de se relancer avec des conséquences toujours plus dure.

    Or, tout au long des pages de ce blog vous démontrez que nous avons atteint un niveau tel que les réponses objectives à y apporter ne peut pas l’être parce que les politiques (G20 autres) ne peuvent strictement rien faire (malgré leurs gesticulations). Or, si on laisse le système perdurer, les oligarques n’auront aucun remord à pousser à la guerre mondiale une troisième fois. Pourvu que les affaires reprennent après , si possible avec moins de « bouseux » (cf enfants (18-21 ans) de la paysannerie pour la 1er et 2ème guerre mondiale). 1ere Guerre : qqs millions de moins, 2eme qqs 10aines de millions de moins une 3eme avec qqs 100aines de millions de moins ??? Après on sera dans le scénario type de « soleil vert » (film de 1973 ).

    Personnellement je refuse ce scénario. Et je refuse d’entendre le discours (je l’écoute juste) qui, sous couvert d’objectivité, propose d’accepter l’idée que la Terre n’a pas besoin de nous, qu’elle peut vivre sans nous. Sous entendu, « j’accepte le suicide collectif » quitte à ce que nous entrainions d’autres centaines d’espèces vivantes avec nous. Perso, je n’accepte pas cette idée là. Parce que nous n’avons aucun droit d’assassiner et faire disparaître des espèces entières. D’autres part, j’ai mis au monde un enfant, ce n’est pas pour lui dire : « mon amour, pour MOI, j’ai accepté l’idée de te faire souffrir. Mais ne t’inquiète pas, tu ne serras pas seul. »

    Certes, l’extinction est une possibilité naturelle, mais en tant que membre de l’espèce, ne plus avoir d’instinct de survie, pour moi, est un signe que le matraquage médiatique a bien réussi à anesthésier la volonté de bon nombre d’entre nous.(à moins d’avoir une tendance dépressive et suicidaire).

    Le pire, c’est que j’ai réalisé dernièrement que nombre d’entre nous, quand bien même on ait l’impression d’être vigilant, on demeure bel et bien bien dans l’acceptation : voir le SUPERBE POST de Anne Rysenaer paragraphe 2-Les téléspectateurs sur le blog « Liberalisme-democraties-debat-public.com ») suite à l’émission « Jeu télévisé (« Zone Xtreme ») ».

    1. L’histoire n’a pas besoin de bégayer sous forme de guerre mondiale.
      Le chaos des migrations nord-sud et des « échanges » sino-africains montre que la dynamique est complexe.
      Ce n’est pas une très bonne nouvelle pour répondre à la question « que faire ? ». Ce n’est pas une très mauvaise nouvelle, car les nouvelles vallées de stabilité ne sont peut être pas hors de portée…
      Je suis d’accord sur un « allon-z-y voir », mais pas sur un « grand soir du peuple » qui saurait comment muter en défaisant les vilains industriels. Qui nous polluent certes,.
      Prenons encore la pollution agrochimique par exemple : Si vous voulez une agence indépendante qui finance les solutions « non influencées par les industrielles », une espèce d’écolo-ANR (pas comme l’actuelle « KafkANR » comme je le dis parfois), comment ferez vous de ne pas en arriver à la situation actuelle du GIEC, retomber dans la suspicion qu’un lobby ou un autre vous influence ?

      Dans un point de vue « supérieur déterministe » , seule la connaissance « ferme » de la hiérarchie des vérités agro-démographo-physico-chimiques par tous semblerait avoir une chance de déboucher sur du « raisonnable », des solutions « décidés en commun » etc. C’est une hypothèse « haute » à laquelle on n’aura pas droit, pas facilement du tout.
      Reste à trouver dans les hypothèses « basses » (économie + organisation du travail + prises de consciences non eschatologiques) un mix acceptable pour avancer « socio-pragmatiquement ».
      Richard Sennett explique bien comment les formes de confiance engendrées par les organisations bismarckiennes du travail, par exemple, ont été positive pour une partie du destin des Allemands, donnant de la place à chacun, sans retomber dans la « cage de fer » de type « ancien régime ». C’est en donnant de la place à chacun qu’on asseaoit son role dans le brassage de l’information. LE fait que Bismarck ait tissé le fil rouge de la première guerre mondiale est une autre affaire, entre empires, entre capitalistes différents dans les continents. Eussent-ils été tous « pré-rhénan » que le destin n’eut pas été le même, vous en conviendrez.

      Je pense que c’est ce genre de paradigme « socio-pragmatique » qu’il faut taquiner, avoir des formes d’organisation où, avec du long-terme, l’implicite l’emporte… et le besoin de crier « au loup » (très « dissipatif ») s’estompe naturellement. Le libéralisme des dernières décennies nous a bcp éloigné de cela …

    2. Sur l’émission en question,

      Sans les avoir vues, est-ce que la plus intéressante n’était pas celle du lendemain programmée tard et commentée par Bernard Stiegler (que j’ai lu) sur la nature « pulsionnelle » des émissions de ce type et des industries culturelles en général ces temps ci ?

      Qu’on soit cobaye semi-explicitement sous la coupe d’une blouse blanche distanciée une, deux, ou trois fois est une chose, mais que de la « betsie systémique » soit massivement à l’oeuvre en est une autre … qui m’interpelle davantage. Question de bout de lorgnette, sans doute on peut être d’accord sur le fond.

  6. Pour moi, le mouvement « écologiste » est une vaste duperie d’essence plus ou moins totalitaire. Il ne s’intéresse qu’à des informations parcellaires et faussées dans un but d’exploitation idéologique et politique (parfois mercantile) de la bétise et de l’ignorance bobo , fut-elle à prétentions « intellectuelles » et « scientifiques ».

    Par contre, il nous manque un nouvement « économiste » qui prendrait à bras le corps les questions d’appropriation abusive et de gaspillage des ressources qui pour la plupart ne sont renouvelables que sur le très long terme (millions d’années) et de gestion qualitative de la vie humaine.

    On sait depuis Carnot que tout travail produit de la chaleur. C’est donc dabord sur la gestion régulée des besoins en travail, au sens mécanique, qu’il faut réléchir: une sorte de sens à la vie humaine. Puis ensuite sur les moyens de l’optimiser écologiquement. Quand donc un concours, non pas pour le tour de la terre le plus rapide à la voile, mais pour un moteur athmosphérique à l’hydrogène (produisant de l’eau pure)? pour un procédé de stockage athmosphérique de l’hydrogène? pour un conducteur électrique à très faible déperdition? etc.

    1. « une vaste duperie d’essence « … vous l’avez fait exprès…??? 🙂

      Koikyl en soie, Eole, puissiez-vous longtemps nous apporter une atmosphère calme et porteuse d’encore à peu près 20% d’oxygène…
      (et chasser notre pollution loin de nos terres néanmoins, ça nous arrange aussi)

      La science, dont tout le monde espère une ou des solutions miracles, n’apportera rien dans une sauvegarde de l’humain.
      Ce secteur a déjà été pris en otage par la finance aussi.

      C’est l’humain qu’il faut réformer. Et de façon concrète, pas avec du baratin. Car il a été déformé au delà de toute réalité terrestre par la totalité des 7 péchés capitaux.
      Se mettre à « prier »… espèrer une force « supérieure » qui nous protégerait… balivernes.
      Voyez par vous même à quel niveau d’irresponsabilité et de trouille l’ensemble des humains ont été relégués.

      Devenir responsable à titre individuel et cohérent avec nos semblables est aussi trop tard…
      Plus de 6 milliards d’humains sur la planète implique de pomper 2,5 fois les richesses même renouvenables de la terre.
      Soit, de façon logique et cartésienne, il va falloir se « libérer » de quelques-uns…
      On tire à la courte-paille…???

    2. Salut Eole,
      J’espère que lorsque tu parles de « mouvement » écologiste tu parles de « mouvement politique »? Si oui alors je ne peux qu’abonder en ton sens.
      Car, sous couvert d' »Europe écologie » nous avons là la matrice politique d’une dictature écologique en perspective qui ne dit pas son nom.
      Je m’explique : dans un premier temps je les vois prôner l’écologie de l’économie verte, toujours dans la croissance du PIB et capitaliste, sans réelle proposition sur la limitation des revenus etc..
      Or, l’urgence est là, et que faire dans leur situation s’ils sont au pouvoir, pris entre le fer et l’enclume ? – La dictature par l’économique et la limitation des droits : ne serait-il pas chiche de proposer (toujours pour notre bien) un quota CO2 par habitant, une limitation à l’accès à l’eau avec un prix échelonné suivant la quantité d’usage, une imposition plus élevée sur les déchets produits, etc.. une taxe carbone sur la consommation (individus) plutôt qu’une taxe sociale sur la responsabilité des nations. Or, les solutions ils pourraient les proposer par le haut : obligation d’un minimum d’emballage entièrement recyclable, limitation de la publicité, l’obligation de recherche maximale d’autonomie alimentaire au niveau locale (ceinture verte agricole autour des villes), obligation de liaison inter-urbaine performante et peu émettrice en CO2, aide à la relance des Crédits municipaux pour l’investissement local, développement de monnaie fondante locale etc etc..

      Or, pour légitimer la mise en oeuvre d’une telle dictature, quoi de mieux non? ceux qui financent la mise en place des marionnettes politiques à la présidence, pourraient très bien pousser au pouvoir de tels Ecolo si ça leur permet de mettre une dictature « bien pensante » et en toute délicatesse au service d’un capitalisme fort sous couvert d’une forte croissance verte. Face à la peur de l’avenir … tout est possible.

      Or certes, on doit parvenir à diminuer nos impacts. Sauf que, à vouloir conserver ce système et son fonctionnement qui offre à ces politiques (et nouveaux pour ce qui est d’Europe écologie) de prétendre être les oligarques de ce monde, aucun de ceux dont j’ai pu lire les propositions de ces fameux écolo d’Europe écologie, aucun ne propose de modifier quoique ce soit dans notre dysfonctionnement démocratique. PERSONNE. Qu’est-ce qui changerait alors ? la lorgnette de la production et de la consommation ? Quel projet politique ….

    3. @ Peak Oil
      Vous me prêtez des sentiments « cornucopiens », ce qui n’est pas le cas . Les ressources de la planète sont limitées et gaspillées, mais il ne sert à rien de culpabiliser les neuf dixièmes de l’humanité qui n’y sont pour rien .

      Quand l’extrême pauvreté vous a appris, dès la petite enfance, à vous passer de tout , la moindre parcelle de bon sens vous fait distinguer ensuite l’indispensable à la survie du superflu et vous pousse à tout économiser par réflexe . Pour les pauvres, vivre avec peu , récupérer et réutiliser au maximum est une nécessité avant d’être une philosophie ( surtout pas cornucopienne ) . Or, les plus riches , les plus visibles et les seuls à être médiatisés bien que les moins nombreux, passent leur temps à culpabiliser les milliards de pauvres, les invisibles, pour des gaspillages des ressources de la planète et des dégâts dont les riches sont eux-mêmes les seuls auteurs .

      Culpabiliser le pauvre qui, en général, n’a plus rien à manger dès le 15 du mois et qui circule à pied quand il ne peut plus payer les coupons de sa carte de bus ou de métro est criminel . Et la plus grande partie de l’humanité consomme au mieux un bol de riz ou de maïs par jour.

      Je revois encore cette dame qui nous prêchait de ne pas laisser couler l’eau du robinet pendant que nous nous lavons les dents, oubliant qu’elle-même remplissait et vidait sa grande piscine plusieurs fois durant l’été , gaspillant combien de contenus d’un verre à dents…

      C’est cette petite minorité de riches qu’il faut culpabiliser et convaincre de ne plus gaspiller les ressources de la planète, pas les pauvres qui n’y sont pour rien .

    4. Pour un tour du monde des solutions d’ordre « technophiles » (ce qui sous-tend vos « concours »), vous pouvez aller voir sur ieeespectrum, volet energy ou par exemple http://spectrum.ieee.org/green-tech/wind etc.

      C’est assez pondéré, dans le bon style de ce que savent faire les américains. Sur le nucléaire français, ils interviewait Greenpeace par exemple, tout en expliquant le recyclage du Pu mieux que beaucoup d’autres.

    5. @ Yvan

      « C’est l’humain qu’il faut réformer ».
      Bon courage (et patience) l’ami…

      @Tinsmar

      Nous sommes peut-être à peu près sur la même longueur d’onde.
      Aujourd’hui le choix qui semble s’offrir à nous se tient entre le Charybde de la dictature d’un capitalisme financier supranational dévoyé et le Scylla d’une dictature écologiste à la bienpensence inquisitionnelle.
      Je ne veux ni de l’un ni de l’autre. Tel Ulysse je souhaite utiliser mon charme (on n’est pas Eole pour rien…) pour passer, de force si besoin, entre ces deux écueils.

    6. @ Thomas

      Sans plaisanter. C’est bien parce que l’on constate un vide de la pensée économique qu’il y a necessité de le remplir, initialement, par un mouvement citoyen. A moins que vous nous proposiez la pensée salvatrice en ce domaine…

    7. Disons que par nature, tout ce qui centralise m’inquiète, d’une part….Et que ce que l’on appelle économiste m’effraie, d’autre part alors un mélange des deux en grand….pardon si j’ai réagi un peu vivement.

      Je vois ce que vous voulez dire, mais de mon coté, j’ai peur que nous ayons besoin de plus qu’un courant d’idée, ou de la compréhension de tel ou tel phénomène économique ou climatique.

    8. @ Thomas

      Je ne pouvais tout de même pas, comme vous le faites dans votre second commentaire, abuser de l’alternative « par nature » alors que « par essence » est tellement plus… thomiste!
      Désolé, mais mon intelligence n’est pas suffisamment sophistiquée ni mon orthodoxie assez médiatique pour que j’utilise les « smarticons ». Un clin d’oeil tout de même…

  7. L’état des sols cultivés est beaucoup plus préoccupant.
    Pour ceux qui s’intéressent à l’agriculture et l’état actuel des sols tel Claude Bourguignon, il est clair que le défi immédiat est de produire sans détruire, le changement climatique n’étant pas le problème immédiat à résoudre.
    La plupart des sols cultivés sont morts biologiquement et sont dépendants des hydrocarbures – pesticides, engrais, mécanique agricole, transport, etc –
    La moyenne de sol cultivable par habitant est de 2700 m2
    les français consomment 6000m2 par hbt
    les américains consomment 8000m2 par hbt
    Le rendement par ha en France recule du fait de la politique agricole désastreuse depuis plus de 50 ans et pourtant nous consommons 10 fois plus de pesticides à l’ha que les américains.
    Je vous conseille fortement pour mieux comprendre les enjeux de l’agriculture cette conférence de M Bourguignon microbiologiste des sols et ancien chercheur à l’INRA
    http://video.google.fr/videoplay?docid=1494889197752849158#

    1. Salut Chris,

      il est clair que le défi immédiat est de produire sans détruire, le changement climatique n’étant pas le problème immédiat à résoudre.

      Or Chris, quand on résou la question de l’agriculture, où on peut produire sans détruire les sols même de manière intensive, alors une partie du problème du changement climatique est résolue de fait.

      C’est pour cela que je m’efforce de dire autour de mois que la question du changement climatique n’est que le symptôme de notre mal développement.

      En ce sens qu’il est la conséquence de la somme des crises du capitalisme.
      « C’est un système ou les 3 biens fondamentaux ont été mis sur le marché : la terre, le travail, l’argent. » avec leurs conséquences.

      Proposer des solutions concrètes pour remettre sur pied les sols, développer un autre type de monnaie non thésaurisable, et se partager le travail grâce au bien fait de la technologie, il y aura beaucoup de problème à l’origine du changement climatique qui seront résolus.

      Je te rejoins donc sur l’idée de laisser en second plan la question du changement climatique (l’avoir en ligne d’horizon) et cibler une autre forme de développement, avec d’autres critères etc… en théorie c’est beau mais la pratique pour moi, ne passe que pas l’élévation de nos démocraties locales dans un premier temps.

      Voir l’expérience d’une production sur 8 000ha en Ukraine où un responsable d’un ex kolkhoze a refusé il y a 30ans de produire avec de la chimie sur son sol. Vu qu’il produisait selon le Plan demandé par l’administration, il n’a jamais eu de problème. Dans le film de Coline Serreau « Solutions locales pour une dérèglement globale » qui passe au cinémas en ce moment. Il démontre par sa pratique que l’Agriculture peut prendre un virage complètement différent, et surtout, qu’on ne lui a pas laissé prendre.

    2. Bonsoir Chris !

      Je rejoins vos propos .
      De même que Mr BOURGUIGNON, on pourrait en citer d’autres.
      A ce titre, j’invite certains à se pencher sur la méthode BRDA -HERODY.
      Dans la continuité de ce que vous avez écrit !
      C’est très instructif … et ca résoud pas mal de problèmes, appliqué à grande échelle. Et question connaissance et préservation des sols ( tous, même la pelouse du siège social des grand Groupes….et même le carré de pelouse, à côté du garage !!!) : MOF, HS, 3ème fraction…… et j’en passe !

      Bonne soirée !

  8. Bonjour,

    Je m’associe aux réponses de Herrmiss ou Lemar (notamment). L’étude du climat est quelque chose très complexe et qui s’effectue sur de très nombreuses données (des millions). Il concerne la planète entière et pas ce que nous voyons au niveau d’une région ou même d’un pays. Ensuite on essaye de modéliser le climat et on fait tourner des simulations informatiques. Qui sont d’abord validées sur les données connues, puis on extrapole dans le futur.

    L’échelle de temps se mesure en centaine d’années sur base de mesures de températures relevées (à partir de 1860) et normalisées par des méthodes statistiques éprouvées. Le fait qu’on ait un hiver plus rigoureux une année n’infirme pas le modèle. D’ailleurs, il est prédit par ce dernier. Des hausses de températures moyennes (à l’échelle du globe) impliquent des refroidissements locaux.
    Si le sujet vous intéresse il y a un gros résumé dans le Science & Vie de mars 2010 qui donne une assez bonne idée pour débuter.

    Bref, comme il a été dit pour comprendre le climat il faut d’abord faire soi-même un gros travail de recherche ou bien faire confiance au GIEC. Même si ils ont commis quelques erreurs dans un rapport de 1200 pages, ça n’implique pas que tout est faux. Les climatos septiques s’acharnent beaucoup sur ces erreurs. Mais il ne faut pas oublier que la plupart sont payés par des compagnies pétrolières qui ne sont peut-être pas les industries les plus objectives en la matière (et c’est peu de le dire). Mais même eux, ne nient pas l’augmentation de CO2 sur le siècle dernier. Difficile de contester des mesures qui s’étendent sur des millénaires.

    Est-ce la faute de l’homme ? Comme les scientifiques je pense que c’est très probable. Par contre, je suis beaucoup moins sûr que nous pouvons inverser la tendance. L’inertie climatique est très grande mais assez mal connue. Même si on passait à une émission 0 CO2 demain, il faudrait des décennies pour voir une inversement. Ceci n’est qu’un avis d’un amateur, je suis loin d’avoir une connaissance nécessaire pour un avis définitif.
    Ce dont je suis certain : les marchés financiers ne vont pas résoudre le problème du climat ou du pic pétrolier. Si ils pouvaient déjà réussir à ne plus mettre cycliquement l’économie par terre ça serait déjà un miracle.

    L’article de JP Vignal propose une approche est très pertinente et s’en doute plus facile à mettre en oeuvre et à faire accepter par la population. Et effectivement pas pour sauver la planète qui va continuer à exister et vivre bien au-delà de l’existence de l’humanité.

  9. @ Mianne

    Vous écrivez plus haut :
    « Il y a déjà eu des dépots de brevets pour des moteurs à eau, brevets immédiatement rachetés par les compagnies pétrolières pour les enterrer au plus vite .  »

    Quelles sont vos références ? Ne s’agit-il pas plutôt de rumeurs.

  10. @mianne.
    Excusez moi de vous avoir traité de cornucopienne un peu vite, c’est juste que bon nombre de sceptiques du climat sont souvent des gens qui ne veulent pas changer leurs habitudes et il se refusent donc d’envisager la fin de l’abondance.

    Comme le dit très bien Richard Heinberg, bien des choses vont décroître avec la décroissance
    pétrolière, et l’écart de niveau de vie entre les riches et les pauvres en fait partie. Il est certain que les riches von perdre proportionnellement bien plus que les pauvres mais les pauvres seront aussi perdants, c’est inévitable.

    Il faut dire que les écarts des niveaux de vie frise l’indécence, donc d’accord pour pointer doigt l’excès des plus riches mais cela ne doit pas dédoiner les pauvres de leur part de responsabilité. Ne perdons pas de vue non plus que les pauvres chez nous sont malgré tout relativement riches par rapport aux pauvres des pays pauvres qui veulent aussi être de la fête.

    L’arithmétique de l’exponentielle humaine et de la décroissance énergétique est impitoyable et cela n’a rien à voir avec du catastrophisme. Pour le moment on regarde en arrière mais quand la finance se sera évaporée, les choses seront bien plus claires pour tout le monde.

    Sinon, connaissez-vous les Teqs (http://www.teqs.net/), je voterais pour ! Et vous ?

  11. Ce qui est terrible c’est cette dépense d’energie trés importante pour essayer de sauver notre statut d’espéce dominante sur la terre.

    N’est il pas un peu legitime que notre survie devienne de plus en plus difficile en constatant les méfaits que nous causons à notre environnement.

    La terre ou la nature va remettre certaine pendule à l’heure, en 200 ou bien 1000 ans, finance ou pas finance et c’est être bien orgueilleux que d’imaginer pouvoir résoudre ces problémes politiquement en croyant à une auto disciple des sociétes humaines. Nous allons tomber de notre podium (nous occidentaux peut être rapidement à cause de la chose économique). C’est là que l’enjeux humanité prendra son sens. Mais pour l’heure, a quoi bon se disputer à vouloir faire perdurer une société qui n’a que une seule motivation : la croissance économique pour un petit nombre d’être humain et occidentaux blanc de préférence pour ce qui est du siécle passé.

    Voilà c’est une question que mon post : à quoi bon le combat politique ecologique ? alors que la seule solution pour sauver le thon rouge c’est d’envoyer unilatéralement des bateaux de guerre sur zone et de laisser agir les pirates somaliens qui sans le vouloir gênent le pillage de leurs mer. Les discussions sur le droit ou le pas droit n’ont maintenant aucun sens, l’urgence est tellement dépassé et la complexité des organisations humaines si grande … .

    Cordialement

  12. Monsieur Vignal,

    Nous avons une divergence. Si le réchauffement climatique est d’origine humaine, nous faisons partie du problème. Si notre comportement modifie négativement le climat, nous devons changer notre comportement ou accepter toute la casse attendue. S’il est naturel, alors nous n’avons rien à changer à notre comportement. La géoingénierie devient une solution acceptable. Nous avons donc un immense projet technologique à exécuter. Comme programme de relance de type keynésien, c’est parfait.
    Les risques de cette opération sont gigantesques. La connaissance imparfaite de l’atmosphère et du climat va jouer contre ces opérations. Tous les arguments climato-sceptiques peuvent resservir contre ces opérations de manipulation du climat au niveau mondial. Le coût de l’opération n’a jamais été, à ma connaissance, déterminé. Je pense qu’il sera beaucoup plus gros que celui affirmé par leurs défenseurs. Au niveau politique, il est à attendre des difficultés du même type que celles rencontrées à Copenhague ou chez Allègre pour réaliser ces opérations. Le drame est que nous n’avons qu’une planète. Si on se rate, nos descendants nous maudiront et je suis d’accord avec eux. En plus, si le réchauffement est anthropique, la géoingénierie devra compenser un comportement humain. Pourquoi ce dernier s’arrêterait-il ? Tout cela revient à tripatouiller notre atmosphère.
    L’opération consistant à réduire la quantité de gaz à effets de serre m’apparaît moins risquée. Nous ne jouons pas avec ce système atmosphérique. Si jamais des variables ont été oubliées dans le raisonnement, nous ne jouerons pas avec. C’est une opération minimale. Mais elle suppose que les hommes sont responsables du réchauffement climatique.
    La question de savoir si ce réchauffement est d’origine climatique ou naturelle est la première qu’il faut traiter. La réponse donnée décide de la stratégie de défense face au réchauffement. Cette réponse permet de comprendre ce qui se passe. Cette réponse permet de dire comment en sommes nous arrivés là. Dans mon expérience, c’est d’une très grande aide pour affronter et même résoudre un problème. Nous avons donc une divergence.

    Cette divergence ne fait qu’effleurer un très sévère mélange des genres. Pour simplifier, je dirais qu’il y a deux camps. Les deux se réclament de la science et même de la Science. Ils accusent l’autre de manipulation. Quand leurs déclarations sont critiquées par l’autre, ils accusent ce dernier de manipulation ou pire. Cet exercice ne relève pas de la Science ou même de la science. C’est, à mon avis, de la politique. Il faut emporter l’adhésion de gens non formés à un projet gigantesque dans tous les cas sans pouvoir y comprendre vraiment quoique ce soit. Cela exige des déclarations péremptoires, univoques, claires. Ces dernières ne peuvent pas être scientifiques. Leur accoler ce qualificatif, c’est prêter flanc à la critique. Chaque affirmation sur le réchauffement ou pas est discutable. J’ai vu de très jolis massacres des déclarations « scientifiques » par un adversaire. Cela tue l’aspect péremptoire, univoque, etc… Cela tue la « communication ». Pour convaincre la planète, il faut passer par un truc non scientifique, la communication. Le GIEC n’y est pas à l’aise. Le « climategate » l’a démontré. Le GIEC s’est fait avoir sur quelques déclarations relevant de la partie « communication » que de la partie scientifique. Aucun sceptique n’a attaqué, à ma connaissance, sa science. En face, la « com » est maîtrisée. Allègre est extraordinaire quand il évacue ses contradicteurs par l’accusation de « carriéristes ». Il l’a beaucoup plus mauvaise quand ses déclarations scientifiques sont discutées. Il est vrai que la critique de sa science est dévastatrice. Il en ressort ridicule. Les deux camps sont fort en science ou en communication, pas dans les deux domaines. Les deux camps mélangent ces deux domaines. Ils se rendent vulnérables à la critique ainsi et peuvent avec l’autre domaine se sentir légitimes donc diffamés quand ils sont critiqués. Tant que ce mélange sera respecté, la bagarre peut continuer et s’autoalimentera.

    Pour en sortir, vous proposez de placer l’homme au centre des préoccupations. Vous proposez d’agir sans s’inquiéter (ai-je bien compris ?) de l’origine de ce réchauffement pour protéger l’homme de ses conséquences. Je ne vois pas quand l’homme est sorti de cette histoire. Il y est au centre. Si le réchauffement est anthropique, nous devrons changer radicalement nos comportements. Si le réchauffement est naturel, nous avons un énorme travail d’adaptation devant nous ou un énorme travail de modification du climat terrestre. Dans les deux cas, c’est notre planète qui s’invite dans notre jardin et qui le perturbe.

    Je me demande si cela sera jugé acceptable, pensable, tolérable. Si oui, nous avons le travail cité ci-dessus à mettre en route. Si non, nous ne ferons rien. Beaucoup trop de jardins seront détruits avec leurs occupants. Les survivants auront protégé leur mode de pensée, leur mode de vie, leurs habitudes. Ils me font penser aux Vikings du Groenland. Ils ont conservé leur mode de vie et en sont tous morts. Ils sont morts car ils n’ont pas pu accepter de modifier leurs relations sociales. Pourtant ils avaient le modèle des Inuits sous les yeux.

  13. @mki

    Merci pour votre contribution : le sujet est complexe, et toute référence à des articles de vulgarisation est une bonne chose (j’espère qu’il sait concilier rigueur et clarté, je ne l’ai pas lu). Ils ne sont peut-être pas assez nombreux. Certes, beaucoup de livres ont paru, rédigés par des scientifiques, mais cantonnés aux rubriques « sciences » des librairies. Face à des bateleurs médiatiques (et falsificateurs) qui jouent exclusivement sur les attaques ad hominem, et sont par ce fait assurés d’un gros succès, cela ne pèse pas lourd.

    Sur le point plus précis de la stabilisation, cela reste apparemment possible (dans les données actuellement disponibles!) dans les scénarios maîtrisés (il ya des courbes à ce sujet sur le site du GIEC).

    Quant aux conséquences du changement climatique, j’espère qu’on aura l’occasion d’y revenir…

  14. Autour du Mouvement National des Catadores (ramasseur de déchets) de Matériaux Recyclables (MNCR)
    http://terreaterre.ww7.be/recyclage-des-dechets-bresil.html#commenter-titre

    (« Si le Centre National d’Information Indépendante sur les Déchets dénonce la gestion actuelle des déchets en France : l’incinération productrice de dioxines, furans et émettrice de métaux lourds ; la mise en décharge sur des sites inadaptés qui engendre des nuisances olfactives, des risques de pollution des nappes phréatiques, un trafic routier important, etc. …
    les Catadores, eux: confirment …., constatent …., nous expliquent …..
    et même conseillent, proposent, préconisent en partant de leur exemple, pour une meilleure gestion de nos déchets urbains …. )

  15. Merci pour les très nombreux et très intéressants commentaires, auxquels il m’est difficile de répondre notamment parce que, finalement, relativement peu portent sur ce que j’ai essayé maladroitement de dire. Je n’avais pas l’intention de m’aventurer sur le terrain scientifique, et encore moins de prendre doctement parti pour Pierre ou contre Paul; je n’ai pas les compétences pour le faire, et, surtout je ne le souhaite pas. Je veux simplement attirer l’attention sur le fait que le soucis des hommes, et lui seul, devrait orienter et guider nos choix, pas celui de la rentabilité financière, ni même celui de la biosphère en tant que telle : comme je l’ai dit, la vie en a vu d’autres ; c’est une formidable machine à s’adapter pour se reproduire qui survivra aux erreurs humaines. Ce sont les hommes qui disparaitront, pas l’inverse.

    Le plus urgent actuellement est de rechercher les points communs entre gens de bonne volonté, bien plus que d’exacerber les discordes. Peu importe par exemple que l’on soit pour ou contre la croissance ; l’essentiel est d’être résolument contre une croissance qui s’alimente trop souvent de la privatisation et de la marchandisation de choses qui ne devraient pas être « à vendre », et oublie l’homme au point de s’autodétruire en faisant disparaître les classes moyennes des pays dits développés à coups de délocalisation et de gains de productivité.

    Les acteurs dont les abus ont provoqué et précipité la crise actuelle disposent d’un pouvoir formidable. Il est urgent que tous ceux qui souhaitent que l’on s’engage au plus vite dans une transition qui ne sera pas simple entre notre modèle pilleur et pollueur actuel d’économie de chasse et de cueillette, et une économie de type agricole, moins imprévisible, fondée sur l’exploitation de flux renouvelables en temps réels et non pas à l’échelle géologique et le recyclage, oublient leurs divergences et se concentrent sur leurs convergences, la principale devant être une « foi » indéfectible dans la primauté de l’humain, quelques soient les convictions personnelles.

    JP Vignal

    1. Quelqu’un a écrit, il y a fort longtemps, quelque chose comme « L’homme est la mesure de toute chose ».

      C’est aussi un programme politique pour le présent. Je pense que nous sommes d’accord sur ce point et regrette d’avoir mis à côté de la plaque pour votre article. Je me suis raté avec vous. Nous sommes d’accord sur l’importance du débat sur les responsabilités. Cela est contraire à mes affirmations. Nous sommes aussi d’accord sur le but. L’humanité doit survivre. Ce que j’ai écris sur la géoingénierie n’est pas pertinent est hors sujet.

      Je pense que nous sommes d’accord sur la présence de bonnes volontés dans tous les camps de cette histoire. Nous sommes aussi certainement d’accord sur l’urgence de l’action. Nous sommes aussi d’accord sur le problème du modèle économique dominant qui ne peut pas être adopté par tous et est le but ultime de tous. C’est une impasse et probablement une impasse suicidaire.

      Je suppose que nous partageons une autre opinion. Il faut sortir de cette impasse, mais nous ne savons pas comment. J’ajoute que nous ne savons pas pour quoi nous sortons de cette impasse. L’absence de réponse à la question « Pour Quoi ? » est, à mon avis, une raison majeure du blocage actuel.

      Une réponse possible est la votre. Je l’interprète par « L’homme est la mesure de toute chose ». C’est un « Pour Quoi ». C’est pour que nous vivions nous et nos descendants.

    2. dans cette émission du phytobar sur « Collectivités locales et climat »
      http://terreaterre.ww7.be/collectivites-locales-et-climat.html
      Pierre Radanne, (si j’ai bien compris) explique que l’humanité est à priori d’un naturel égoiste,…. mais qu’elle aussi peut aussi se manifester grande et généreuse, … si …
      [ pour moi, perso : c’est l’éternelle question du « sens » …. (ne peut-on dire celle de « l’allumeur de réverbères »…) …
      car certe il n’y a pas de sens interdit, de sens unique.. « pas de vérité monologique qui traverserait l’espace dans une orientaion unique » (..mai 68?!!!, encore eux???!!..)…
      mais est-ce que le fait de l’existence du non-sens, du contre-sens, du faux sens, n’envisage-il pas de son fait même et à contrario, celui d’un sens ???
      un sens toujours à chercher, un sens à toujours à créer, un sens toujours à naître, …
      (soit… un bon sens ??? tel .. que d’) un sens … à vivre , un sens à aimer, un sens … ???
      (… »le souffle du passé dans le dos, et le regard tourné vers l’avenir »… -Pierre Francastel- …
      ou dit autrement mais c’est un peu du même « dans l’anticipation de Rrose Sé la vie « , « l’ironisme d’affirmation » de Duchamp, prénom Marcel –  » « qu’est-ce que le génie? » Marcel lit sa réponse  » l’impossibilité du fer » et il ajoute » encore un calembour, évidemment »  » ….) …]
      donc delà, je ne vois qu’une seule chose à dire c’est « bon courage » …
      cela, cependant qu’en même temps je ne suis même pas inquiète : je crois ou plutôt je veux croire en l’humanité
      (car ..si …aujourd’hui, … rien, sinon pas grand chose, .. n’empêche pas … que demain, … dès que l’instinct de conservation .. ??? –
      « les shadocks pompaient pompaient … » « pourquoi faire simple, quand on peut faire compliquer… » …)

      NB ce dont l’écologie parle peu sinon pas, et dont cela me trouble, parce que je ne comprends pas justement que l’on en parle pas, c’est de la guerre, pour moi : la guerre tue, la guerre détruit, la guerre pollue, donc je m’étonne, je me demande, je doute ….

    3. C’est Protagoras, l’homme à la mesure de toutes choses.

      M Vignal, je viens de lire un article d’Aries dans le dernier numéro de la décroissance. Et j’ai bien peur, que de quel que coté qu’on se tourne, la raison, se soit carapatée. Comme je l’ai toujours pressenti, le discours catastrophiste, et pourtant que je tiens, car je pense réellement que le pire est à venir, sert ou plutôt est instrumentalisé par les adorateurs de techno-sciences.
      Comme je pense en terme d’efficacité du discours, je me demande réellement ce qui peut convaincre le changement de comportement. Quand les conséquences de nos actes, sont hypothétiques et lointains, ou considérés comme tels, il n’y a aucune prise de conscience, ou si peu. Lorsque il s’agit des problèmes actuels en terme de santé, que pose notre mode de vie, là, il y a peut être un angle de tir. Quoi que j’ai pu constater, auprès de parents d’élèves, que cette inquiétude est à géométrie variable, à savoir quand ça n’entraine pas trop de contraintes, ou que ces contraintes sont assumées par les autres. On réclame la cantine bio, pour que les enfants mangent sainement (au moins un repas!), mais par contre, on se fout de l’air qu’ils respirent, en plein centre ville, quand ils s’époumonent joyeusement dans la cour de récréation.

  16. @oppossum

    Je suis repassé par là, et je souhaite bien sûr vous répondre. Des liens venant du journal « Le Monde », et relevant des fausses références, et des déformations d’avis de chercheurs (qui ont protesté) ont déjà été fournies dans ce blog par d’autres.

    J’ajoute ma modeste pierre, sur un point qui me semble, hélas, sans équivoque :

    http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2010/03/claude-allègre-accusé-de-falsification-par-hÃ¥kan-grudd.html

    Vincent Courtillot, qui vous citez également, a lui mené des recherches et publié des articles (il n’est donc pas censuré). Il s’inscrit dans le débat plus classique, avec échange d’arguments (mais il intéresse moins les médias…). Cela me convient mieux…

    Par ailleurs, d’autres peuvent mettre en cause les décisions politiques présentées comme consécutives à cette question. Je pense que le battage médiatique fait autour de Copenhague a desservi la qualité du débat, et hérissé beaucoup d’entre nous (moi y compris), ce qui a compliqué les choses.

    Bien cordialement et à une future discussion (je serai indisponible les prochains jours)

  17. Oui François , une petite réponse de courtoisie

    Je répondrais avec mollesse car je suspecte Allègre d’être bien expéditif , que si c’est la seule chose de probante c’est un peu mince pour démonter le reste.
    Cependant , bien sûr  » Falsifier une courbe se nomme « inexactitude », « exagération », « extrapolation »  » comme il est dit dans l’article qui suit votre lien : si qu’Allègre adopte les méthodes du GIEC, ou vice versa , on est pas près de débattre correctement.

    Peut-être serait-il possible de partir sur des constats mieux partagés ? En y mêlant un peu moins les questions sociétales -même si tout se tient- . Bien sûr cela demande de ne pas agiter toujours systématiquement le principe de précaution, sur la base de bulles trop médiatiques.
    Si d’aventure le climat ne se réchauffait pas ou même se refroidissait … vous vous imaginez les dégâts (heureusement que la crise est là pour mettre un peu d’ordre et de priorité … 😉 )
    (Moi aussi je vais devenir indisponible)

    1. à tous les deux françois le sombre et Oppossum

      et la guerre ??? est-elle écologique ???

      « …
      Le journal 24 Heures de Sofia rapportait que des oiseaux tombaient du ciel, tués par le nuage toxique qui a occasionné des pluies acides. En même temps, au Kosovo, les paysans ont vu les arbres se dénuder au milieu du printemps.
      …  »
      http://www.unesco.org/courier/2000_05/fr/planet2.htm

      « …
      À titre d’exemple des dommages sanitaires majeurs,
      Silja Halle évoque les pollutions provoquées au Kosovo
      suite aux bombardements de l’OTAN. Plus
      de cinquante sites industriels touchés, avec, pour
      conséquence, 80000 tonnes de pétrole, 2000 tonnes
      d’éthylène, 250 tonnes d’ammoniaque liquide,
      8 tonnes de mercure brûlées ou déversées dans
      l’environnement, non sans dommages sur les habitants.
      En Afghanistan, les 23 années de conflits et la
      destruction corrélative de 95% des forêts dans certaines
      régions, ont créé des situations graves d’insécurité
      alimentaire. Au Sud Liban, un million de bombes
      à sous munitions non explosées ont contaminé
      les zones agricoles, rendant les terres impropres à
      l’agriculture et les transformant en zones à risques
      pour des dizaines d’années….
      à Bagdad, les deux principales stations de traitement
      des eaux, bombardées au mépris des conventions
      de Genève, sont hors d’usage depuis 2003 ; ce qui
      provoque une pollution radicale des eaux du Tigre
      transformées en égouts. …

      http://www.urd.org/fr/actu/fichiers/WWFguerre_envir-Synthese.pdf

      et l’écologie ne parle pas de la guerre, (et les activités de défense seraient exonérées de taxe carbone, et …)
      déjà de là, il y a quelque chose que je ne comprends pas
      [soit + (…) et + (…) et (…) ..]
      je n’en suis que là …

  18. Mais oui, Cécile, toutes nos grandes affaires sont des affaire de Chimie plus qu’autre chose, c’est en gérant l’énergie que la Chimie revient sur le devant, qu’il s’agisse de guerre ou d’alimentation.
    A côté de cela, la radioactivité a un côté « facile » : un compteur Geiger et on détecte à peu près tout à distance. C’est donc facile de ne pas se laisser avoir par de la radioactivité ambiante, avec des mesures bas cout, le CRIIRAD n’a pas manqué d’en faire usage quand d’autres s’en abstenait.

    Côté chimie, c’est plus difficile car à part certains produits très identifiables (le chlore gazeux par exemple), le CO2 a l’air de rien quand il est dans l’atmosphère. Le mesurer n’est pas le tracer..

    (comparer à quel point il est facile de tracer avec la radioactivité, allez voir l’histoire du réacteur nucléaire « naturel » d’Oklo au Gabon en -1 500 000 000, temps géologiques certes mais pas primordiaux (wikipedia Oklo), ou avec le Cobalt utilisé dans les hauts fourneaux pour détecter l’attaque finale du réfractaire avant qu’il ne fuit vers l’enveloppe — on ne refroidit pas le haut fourneau pour aller voir, c’est trop cher et hasardeux à redémarrer)

    Je pense aussi aux graisses « trans » qui nous sont copieusement administrées, pas facile à tracer, au prion, cas limite d’une « protéine contagieuse », et des dizaines d’autres chapitres du même genre.

    Mais ce n’est pas facile de les gérer « ensemble », contrairement au nucléaire qu’on peut encore voir comme une technologie « monolithique » (c’est trompeur, mais admettons). C’est parce qu’on en sait « trop » que la chimie est parcellisée et que l’écologie, la géologie, la « climatologie », la médecine,… s’en serve chacun à leur façon.

    Quant à la guerre, il faut y mettre un paquet d’énergie, on ne fait pas mieux que des explosifs à part le nucléaire. Et c’est le 11 septembre que la majorité du monde s’est rappelé que tout avion est d’abord un gros réservoir de « réducteur » (au sens chimique) près à réagir avec un oxydant (l’air), violemment, sauf quand on fait confiance à toute la technologie développée autour. Là il y a un bon signe quand même : le transport aérien reste le plus sûr.

    Donc par spécialité, et en fonction de l’appréhension qu’on a d’un danger ou d’un autre (et non de sa statistique) on peut y arriver. Mais le ressort psychologique est la peur que l’avion tombe dans le cas de cette usine chimique en vol, tandis qu’il n’y a pas de ressort équivalent pour la pollution atmosphérique (les smogs londoniens des années 50 tuèrent beaucoup, (plus que le 11 septembre, je crois, à vérifier, le tout « volontairement » si j’ose dire).

    La capacité de l’homme à « fractaliser » son appréhension de l’environnement, lié à la nature de l’émergence des singularités de la vie, est aussi une capacité à laisser déborder indument certaines choses par aveuglement. D’où l’importance du fait que certains nous rappellent ici de s’attacher à « la réalité » et « la vérité », et au sens que nous entendons leur donner, pour enfin en déduire des réponses à la question « que faire ». (Quoique je ne suis pas d’accord avec le « en déduire », cf. mes pots plus haut, déduire veut dire se localiser dans une des peurs, donc se paralyser vis à vis des autres menaces, c’est pas très « holistique », de « déduire », non ?)

  19. Une centaine d’heures après la visite du président français, mais après plus de 3 semaines après les catastrophes de Fukushima et du Tsunami qui écrasent le Japon, celui-ci se rappelle:
    Japan’s 25% CO2 cut goal may be reviewed

    Le Japon a autant de pétrole que la France,
    mais a t’-il vraiment encore moins d’idées qu’elle?

    1. TOKYO – (Japon) – 23/03/2011 : les éoliennes offshore ont résisté et fonctionnent
      – Contrairement à ce que disaient les détracteurs de l’éolien qui prédisaient l’écroulement des mâts et turbines au moindre séisme et leur manque de résistance au tsunami, les éoliennes (onshore et offshore) installées au Japon ont non seulement résisté au plus fort séisme jamais enregistré dans l’histoire du pays mais aussi au tsunami de l’ampleur que l’on sait

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