Archives par mot-clé : rigueur

LES VENTS EUROPÉENS DU RIGORISME ET DE LA PUSILLANIMITÉ, par François Leclerc

Billet invité;

Contre vents et marées, Wolfgang Schäuble s’en tient obstinément à son idée fixe et à ses règles. Rien ne doit selon lui faire obstacle à la rigueur budgétaire, rien ne doit en faire dévier. C’est à ce prix qu’une rédemption sera possible, dont la promesse a toutefois disparu. La rigueur est un prétexte pour imposer un programme de mesures libérales, les réformes structurelles et escamoter toute réflexion sur la crise financière. Un splendide tour de passe-passe !

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ATLANTICO.fr, Fin des élections : la rigueur, c’est maintenant ? Jean Peyrelevade et Paul Jorion

Sur le site Atlantico.fr, « Fin des élections : la rigueur, c’est maintenant ? » un entretien mené par Alexandre Devecchio, avec Jean Peyrelevade et moi-même.

Bien que les élections grecques aient temporairement rassuré les marchés financiers, l’Europe reste plus exposée que jamais à une nouvelle hausse des taux d’intérêt, doublée d’une crise bancaire généralisée. Pour les économistes Jean Peyrelevade et Paul Jorion, le président François Hollande ne pourra ni ne voudra défendre son programme économique, notamment face à la pression allemande.
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L’actualité de la crise : LE REJET ET LA COLÈRE, par François Leclerc

Billet invité

Les manifestations d’Athènes de ce week-end ne doivent pas occulter celles qui viennent de se dérouler au Portugal et en Espagne, où la tension sociale continue de monter. Partout, rien ne garantit que la résignation l’emportera sur une révolte de moins en moins contenue, alors que la situation de l’emploi et le niveau de vie continuent de se détériorer, précipitant dans la pauvreté des couches entières de la société. Parmi les paris qui sont tenus, celui-ci n’est pas le moindre.

Venant par cars entiers de tout le pays, des dizaines de milliers de manifestants – 300.000, selon la CGTP, la plus grande centrale syndicale – sont venus protester dans les rues de Lisbonne, afin de « pouvoir respirer, vivre et travailler », selon Armenio Alves Carlos, son secrétaire général. Une nouvelle journée d’action est prévue pour le 29 février prochain, alors qu’est annoncée la venue des représentants de la Troïka pour effectuer un bilan des mesures de rigueur prises par le gouvernement Passos Coelho : hausses d’impôts, baisse de prestations sociales, augmentation du tarif des transports et révision du code du travail.

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LE GRAND ÉGAREMENT, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité

De plus en plus, le « monde occidental » semble se fourvoyer complètement et s’engager dans une impasse.

Pendant les deux dernières décennies, dans l’euphorie de la financiarisation débridée et triomphante, les pays de l’Occident se sont endettés déraisonnablement jusqu’à ce que sonne la fin de la récréation, d’abord en 2008-2009 quand il s’est agi de déverser des flots de liquidités pour empêcher l’asphyxie du système financier, puis, à partir de 2010, quand le montant extravagant des dettes accrues par la crise a suscité l’inquiétude des prêteurs.

Depuis lors, s’est enclenché un nouveau processus de recherche de la réduction de ces dettes sous le « diktat » des agences de notation, voulant prouver leur sérieux après l’étrange laxisme dont elles ont fait montre avant la crise, et la pression des « marchés »  affolés par la dégradation de la situation.

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L’Est Républicain, samedi 17 juillet, « Un discours invendable »

Paul Jorion

Paul Jorion, pourquoi à votre avis François Fillon « lâche »-t-il soudain le mot rigueur qui fait tellement peur à ceux qui le prononcent ?

– C’est un lapsus, une erreur… Il n’a pas fait attention. Il y avait un consensus avec Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde pour éviter d’employer ce mot. Le chef de l’Etat avait listé une série de critères pour définir la rigueur, une manière de dire qu’on ne remplissait pas ces conditions. La France ne renvoyait pas de fonctionnaires, etc. Or, dans les discussions entre eux (NDLR : les dirigeants) ils emploient ce mot car c’est de ça qu’il s’agit ! Le mot est chargé, comme celui d’austérité, ils savent qu’il vaut mieux ne pas l’utiliser.

– Comment éclairer les distinctions ?

– Elle est légère entre les plans de rigueur classiques où l’on élimine un certain nombre d’avantages sociaux, et ceux de rationalisation où il faut faire baisser les coûts de fonctionnement qui pèsent sur la dette publique. Or, récemment, les aides au logement ont été rabotées, même si ça a été fait discrètement. Tout le monde sait que ces mesures sont très importantes en période électorale.

– Pourquoi ce mot « rigueur » fait-il aussi peur ?

– Il y a eu un mini-krach aux USA le 6 mai. Or, quand on interrogeait les auteurs d’opérations boursières, ils voyaient en boucle à la télé les émeutes en Grèce, où il y a eu plusieurs victimes. En Europe, on veut surtout éviter cette dramatisation. Une manière de dire : ce qui se passe ici n’a rien à voir avec la Grèce…

– Mais Fabius lâchait déjà le mot en 1983…

– Certes, mais à ces époques les schémas d’austérité et de rigueur découlaient d’une lente et régulière dégradation de la situation. Dans le même temps, il y avait donc une prise de conscience de la population. Cette fois, tout le monde connaît le processus qui a mené à la crise actuelle : les subprimes, le tarissement du crédit, le sauvetage du secteur bancaire grâce au contribuable… Et d’un seul coup, un discours tombe de nulle part qui nous dit : mais non, la crise, ce n’est pas ça du tout ! C’est parce qu’on a vécu au-dessus de nos moyens. C’est un discours invendable. La vérité, c’est que ce sont les sommes extraordinaires accordées au secteur bancaire qui ont poussé la dette au-delà de ce qui pouvait se faire d’habitude. Le seul secteur qui a vécu au-dessus de ses moyens, c’est le secteur financier. Mais ce n’est pas à lui qu’on demande de réparer les choses, on se retourne vers le contribuable.

– Ce mot peut-il annoncer une inflexion politique à venir ?

– Non, la politique en place avance sur des œufs, on va continuer sur la même voie. Fillon était loin de la France, le terme lui a échappé.

Recueilli par Antoine PETRY

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Vers un retour à la récession ?, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité.

Le nouveau tournant de la crise se précise. Pourra-t-il être évité ?

Après l’ouverture des vannes provoquant, avec la bénédiction du FMI, l’inondation de liquidités pour débloquer le système financier mondial menacé de faillite et enrayer la récession, c’est, avec la prise de conscience de la nécessité de lutter contre la montée de l’endettement public, le risque d’un retour à un processus de contraction de l’activité économique qui nous menace maintenant. Cela mérite que l’on s’y attarde.

En premier lieu, on a tendance à oublier que, sous l’effet mécanique de la récession qui a touché tous les pays de l’Europe (à l’exception de la Pologne), ainsi que les Etats-Unis, les recettes fiscales de ces pays se sont considérablement réduites. A ceci s’est ajoutée la contribution des Etats pour soutenir l’activité économique défaillante et sauver le secteur bancaire. En conséquence, comme c’était prévisible, leur endettement a explosé un peu partout et il est malvenu d’imputer principalement ce phénomène à leur gestion antérieure, comme on l’entend souvent dire malheureusement. Qui plus est, ce sont, bien entendu, les pays les plus vulnérables – pas forcément les plus « tricheurs » – qui sont pointés du doigt par les agences de notation et offerts en proie aux spéculateurs des marchés, alors même que les Etats Unis dont l’endettement croit pourtant de façon pharamineuse restent (provisoirement) à l’écart de la tourmente.

Dans ces conditions, le danger est que tous les pays concernés d’Europe, utilisant les vieilles recettes classiques du FMI, se livrent à une surenchère dans l’application des « politiques de rigueur » destinées à ramener les déficits publics dans les limites fixées par le Pacte de Stabilité, l’Allemagne, du haut de sa réussite économique et de ses excédents commerciaux, prêchant le bon exemple.

Ce serait pourtant accumuler toutes les probabilités de déclencher un processus de récession de grande ampleur.

On sait que le premier effet d’une politique standard de rigueur, en raison de ses conséquences sur les dépenses, publiques mais aussi privées, est de réduire la croissance (quand il y en a), ou de plonger le pays qui l’utilise dans la récession. Les Hongrois sont bien placés pour le savoir. Et, second effet préoccupant, ce ralentissement de l’activité économique commence toujours par peser sur l’équilibre des finances publiques du pays considéré en raison de son impact négatif sur les recettes publiques. Des politiques de rigueur ne peuvent être salvatrices pour les pays qui les appliquent que s’ils bénéficient d’un environnement porteur leur permettant de tirer parti des gains de productivité qui peuvent en résulter et donc de retrouver une croissance accrue génératrice de recettes fiscales.

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L’actualité de la crise: Grèce: qui veut démontrer quoi ? , par François Leclerc

Billet invité.

GRECE: QUI VEUT DEMONTRER QUOI ?

Il est en train de se jouer dans les coulisses une partie acharnée à propos de la Grèce. Dans un premier temps, les marchés – dont on aimerait bien connaître l’identité des acteurs qui mènent leur danse – ont exercé une pression maximale et se préparent à la reporter sur le Portugal et l’Espagne. Des agences de notation leur prêtant main forte d’une manière douteuse. Des voix se lèvent pour s’alarmer de l’avenir de la zone euro.

Dans un second, tout le monde s’y étant mis, le gouvernement grec est finalement venu à résipiscence, n’ayant pas d’autre choix. Il a accepté d’appliquer un plan drastique de réduction de son déficit.

Dans un troisième où nous sommes, l’annonce d’une aide sous une forme ou sous une autre, venant des pays européens de la zone euro, se fait toujours attendre. Les jours passent et la satisfaction des besoins de financement de la Grèce coûtent de plus en plus cher (et sont de plus en plus profitables pour certains), rendant la situation encore plus tendue.

Depuis Athènes, et de manière dramatique, le ministre grec des finances a dit hier attendre cette décision de façon pressante. Le directeur général du FMI, prêt à intervenir, suggère ce matin aux gouvernement européens de le faire. Que se passe-t-il ? Qui fait obstacle à ce qu’un accord soit trouvé  ? Que cherche-t-on à démontrer ou à susciter  ? Quel exemple veut-on donner ?

Est-il acceptable que l’avenir d’un pays membre de l’Union européenne, et de ses habitants, soit traité de cette façon, dans le silence de cabinets que l’on va finir par appeler noirs  ? La vision que cela donne de l’Europe, et de tous ceux qui prétendre parler en son nom, n’augure rien de bon pour son avenir. Est-il possible de s’en réjouir ?

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