L’Est Républicain, samedi 17 juillet, « Un discours invendable »

Paul Jorion

Paul Jorion, pourquoi à votre avis François Fillon « lâche »-t-il soudain le mot rigueur qui fait tellement peur à ceux qui le prononcent ?

– C’est un lapsus, une erreur… Il n’a pas fait attention. Il y avait un consensus avec Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde pour éviter d’employer ce mot. Le chef de l’Etat avait listé une série de critères pour définir la rigueur, une manière de dire qu’on ne remplissait pas ces conditions. La France ne renvoyait pas de fonctionnaires, etc. Or, dans les discussions entre eux (NDLR : les dirigeants) ils emploient ce mot car c’est de ça qu’il s’agit ! Le mot est chargé, comme celui d’austérité, ils savent qu’il vaut mieux ne pas l’utiliser.

– Comment éclairer les distinctions ?

– Elle est légère entre les plans de rigueur classiques où l’on élimine un certain nombre d’avantages sociaux, et ceux de rationalisation où il faut faire baisser les coûts de fonctionnement qui pèsent sur la dette publique. Or, récemment, les aides au logement ont été rabotées, même si ça a été fait discrètement. Tout le monde sait que ces mesures sont très importantes en période électorale.

– Pourquoi ce mot « rigueur » fait-il aussi peur ?

– Il y a eu un mini-krach aux USA le 6 mai. Or, quand on interrogeait les auteurs d’opérations boursières, ils voyaient en boucle à la télé les émeutes en Grèce, où il y a eu plusieurs victimes. En Europe, on veut surtout éviter cette dramatisation. Une manière de dire : ce qui se passe ici n’a rien à voir avec la Grèce…

– Mais Fabius lâchait déjà le mot en 1983…

– Certes, mais à ces époques les schémas d’austérité et de rigueur découlaient d’une lente et régulière dégradation de la situation. Dans le même temps, il y avait donc une prise de conscience de la population. Cette fois, tout le monde connaît le processus qui a mené à la crise actuelle : les subprimes, le tarissement du crédit, le sauvetage du secteur bancaire grâce au contribuable… Et d’un seul coup, un discours tombe de nulle part qui nous dit : mais non, la crise, ce n’est pas ça du tout ! C’est parce qu’on a vécu au-dessus de nos moyens. C’est un discours invendable. La vérité, c’est que ce sont les sommes extraordinaires accordées au secteur bancaire qui ont poussé la dette au-delà de ce qui pouvait se faire d’habitude. Le seul secteur qui a vécu au-dessus de ses moyens, c’est le secteur financier. Mais ce n’est pas à lui qu’on demande de réparer les choses, on se retourne vers le contribuable.

– Ce mot peut-il annoncer une inflexion politique à venir ?

– Non, la politique en place avance sur des œufs, on va continuer sur la même voie. Fillon était loin de la France, le terme lui a échappé.

Recueilli par Antoine PETRY

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158 réflexions sur « L’Est Républicain, samedi 17 juillet, « Un discours invendable » »

  1. Non mais je rêve…cela fait des années et des années que tout le monde sait que la Finance, les Multinationales sont plus puissantes que le Etats et les Politiques.
    Que les Politiques sont des marionnettes, Que l’argent est Roi…que les pauvres souffre de la spoliation de la valeur ajoutée de leur travail…que de temps en temps les Riches donnent pour sauver leurs Âmes….Que les riches ont peur et qu’ils ne vivent pas si bien qu’on le pense : »Parce qu’il devient très difficile d’être heureux lorsqu’on est riche ! »….
    Nous sommes au bord du gouffre Démocratique et ce n’est pas bon pour les Peuples, pour les Gens, pour les ENFANTS ! Je sais qu’il y en a qui ne pensent qu’à une chose, c’est que tout s’écroule…
    Ca me fait mal de devoir expliquer à mes gosses pourquoi on a mis des gens dans des fours et que ça risque de recommencer…Allons, il faut vraiment réagir.

    Mr Jorion si vous deviez vous présenter aux élections de 2012….Quel serait votre programme ?

    1. « Ca me fait mal de devoir expliquer à mes gosses pourquoi on a mis des gens dans des fours et que ça risque de recommencer »

      Mais cela n’a jamais cessé de recommencer, même s’il ne s’agissait pas de fours : combien de gamins se sont fait massacrer sous des missiles , des tirs de mitrailleuses ou ont sauté sur des mines anti-personnelles ?

    2. Qui rêve de voir le monde s’effondrer ?

      Certains le disent en espérant que la confrontation avec l’effondrement sera le déclencheur d’une prise de conscience salvatrice.

      Certains le disent parce qu’ils n’attendent qu’une chose, voir cesser l’injustice et/ou la non-sens
      du système actuel, perdant peut-être de vue l’amplitude des dommages que l’effondrement pourrait avoir sur le tout.

      Certains le disent à la légère (parfois en se donnant des airs de nihilistes). Ce sont des gens qui ne veulent pas fournir l’effort de s’intéresser à la réalité fort complexe que nous avons mise en place.

      Certains le disent mais le pensent-ils vraiment ? C’est pas dit.

      La seule solution pour ne pas sombrer dans le désepoir:
      La nécessité d’un diagnostic clair, sincère, et sans concession de la situation présente pour que les opinions publiques sachent à quoi s’en tenir, que les individus soient confrontés à leur responsabilité et que l’on puisse lancer la révolution industrielle 2 tous ensemble. Il faut se donner le moyens de hiérarchiser les priorités car il y a beaucoup bcp bcp de travail à faire.
      Qu’est-ce qui compte les plus pour garantir le maximum de bien commun présent et futur ?

    3. Pour prendre une comparaison avec la guerre 40, je dirais que le dictateur est là, ce sont les marchés financiers et que nous sommes sur ce blog les résistants de la première heure.
      D’autre part, dans les camps de concentration, la mort y était industrialisée et les condamnés y allaient comme des moutons formatés par le système mis en place.

    4. Pic à huile

      « La nécessité d’un diagnostic clair, sincère, et sans concession de la situation présente »

      Ce diagnostic c’est le nombre d’hommes, de femmes et d’enfants qui sont morts aujourd’hui à cause de la situation présente.

      En cas d’effondrement il est possible qu’il y ait des morts, mais ceux qui sont morts aujourd’hui, hier, ceux qui mourront demain, ne sont pas « possibles » ils sont, un point c’est tout.

  2. la rigueur ? le serrage de ceinture ? le peuple français ne sait pas ce que c’est.
    Depuis 1974 c’est des déficit en cascade, des assistés je vous dis et quand ça ne va pas on fait grève. C’est lamentaqble et à l’image d’une grande Rome en pire des décadences. Il suffit de regarder secret storyet on obtient un reflet de la société actuelle.
    On démotive ceux qui sont productifs et on allourdit le coût de fonctionnement de l’Etat….
    comme dirait marc Faber on est tous foutu !

    1. Ce problème vous le retrouvez dans tous les pays du monde, quoi, nous sommes tous pourris?
      Du temps de la décadence de Rome on parlait déjà ainsi, cela ne nous a pas empêché d’aller sur la lune 2000ans après.
      Il faut comprendre que c’est le systàme financier qui nous fait vivre audessus des moyens de la planète et par de là audessus des moyens de ceux qui viendront après.
      http://ploutopia.over-blog.com/article-nous-les-esclaves-modernes-54129531.html
      Je n’ai pas encore regardé les vidéos.

  3. Je pense que si le mot rigueur est apparu ce n’est pas bon signe car auparavant c’était  » nous sortons gentiment de la crise…. »
    Pas d’accord pour dire que NOUS avons vécu au dessus de nos moyens..Discours classique de nos experts o la TV qui change au grès des circonstances . Je n’ai pas vécu au dessus de mes moyens et pourtant j’ai bossé toute ma vie..Mais dès 82 ou 83 j’ai commencé à vivre les salaires bloqués et la fonte des effectifs…

    Cette réforme des retraites que l’on veut nous vendre à tout prix est une absurdité évidemment sauf si le but est de nous mettre au niveau des pays émergents , question salaires…

    De quoi est-il question ? Faites attention aux publicités dans les journaux , à la TV , sur le net dans votre boite aux lettres : partout on vous propose des prêts , avec cadeaux sur trois mois, des assurances complémentaires , des compléments retraites en attendant les fonds de pension…Et qui va driver tout ça ? je vous laisse deviner .

    La finance nous a coulé mais je suis désolé de rappeler que c’est la conséquence du système néolibéral qui s’est mis en place avant M.Thatcher…Dérégulation et surtout casse de la production industrielle et délocalisations..Voilà comment on paupérise une population malgré quelques niches : commerce international, entendez importations et fortune de la grande distribution…

    Désolé , je nous sens mal barré , mais je ne m’y reconnais aucune responsabilité là dedans :jamais eu les moyens de m’offrir une voiture neuve japonaise ou française ,ni de renouveler mon ameublement et électroménager tous les trois ans , lequel vient pour la plupart d’Emmaus ou que récupéré sur le trottoir lors des  » encombrants « …Je me suis offert une TV neuve il y a douze ans , un réfrigérateur il y a dix ans, et un PC il y a quatre ans de série et en promo… .

    J’essaie de vivre modestement , surtout sans emprunter et d’aider comme je peux mes enfants et SDF quand ils ne sont pas trop nombreux…Je me fiche de la mode et rejette la publicité sauf pour m’indiquer les promotions . Et ne vais sans doute pas prendre de vacances : les péages , les radars , les campings me sont devenus hors de portée…

    Et par dessus tout si j’ai de réelles angoisses par rapport à l’avenir , car je suis redevenu un Gaulois qui a peur que le ciel sarkozyste lui tombe sur la tête , pour l’instant je m’en sors et pense que d’autres sont beaucoup plus en difficulté .

    Pardonnez ce commentaire d’humeur mais quand j’entends « nous »avons vécu au dessus de nos moyens j’ai envie de baffer ….Surtout quand je réalise ceux qui se gavent en permanence avec leur mentalité d’escrocs ou de seigneurs .

    Quand on songe au miracle qu’est la vie , je me demande comment et pourquoi certains passent la leur à empoisonner celle des autres , tout cela pour nous retrouver confronté un jour seul et nu devant la mort .

  4. Pour éclaircir la situation je voudrais dire que je ne suis pas agriculteur et n’ai aucune formation en la matière, mais fils d’ancien agriculteur.
    Je serai prochainement retraité et je me passionne pour l’agriculture et le développement durable.
    J’aimerais parcourir ma dernière ligne droite en assayant de laisser le monde un peu meilleur que ce que je ne l’ai trouvé, au vu de ce qui se passe cela va être dur.
    Si je peux laisser des concepts qui pouront être adoptés plus tard alors je serai satisfait.
    Ne voyez là aucune prétention de ma part, j’estime que c’est mon devoir.
    Toutes les propositions que j’ai pu faire dans mon commentaire sont bien entendu évolutives et cela peut aboutir à leur abandon si elles s’avèrent caduques.
    Sans les avoir expérimentées nous ne pouvons pas le savoir.
    En ce qui concerne le BRF, il ne s’agit pas bien entendu de détruire la forêt pour développer l’agriculture, je vois mal comment on pourrait développer cette technique au Mali.
    En Wallonnie où j’habite, d’après des études réalisées au CTA, par l’ingénieur agronome Benoit Noël il y a 4 millions de m3 par an de disponible qui pourraient soit être utilisés pour l’agriculture ou la forêt. De plus, 600000m3 de déchets compostés traînent sur les dalles de compostage des déchetteries, encore un coup de règlementations non adaptées.
    A mes yeux, tout cela devrait pouvoir être développé et utilisé. Je pense aussi que si le BRF peut se développer là où c’est possible, il y aura un plus grand intérêt pour la protection et la sauvegarde de la forêt et développer l’agrofaresterie comme dans le lien suivant.
    http://www.aggra.org/
    En fait, la lignine en décomposition dans le sol crée une chaine de vie qui met en symbiose la vie bactérienne et les plantes, entre 40 et 70 % de la photosynthèse des plantes sert à fournir de l’énergie à la vie bactérienne du sol pour décomposer la lignine qui en échange fourni les minéraux nécessaires à leur croissance. Tout cela est très bien expliqué dans le lien.
    La vie avait inventé la coopération bien avant nous.
    D’autre part dans son livre L’homme Renaturé, Jean Marie Pelt suggère que l’économie doit s’inspirer du système vivant pour évoluer, je pense que c’est une bonne chose, et qu’on ne peut pas dissocier les deux.

    @loic

    Vous dites ceci:
    « Il nous faut revenir au local et abonadonner nos delires technilogiques et urbains, c’est une revolution culturelle et organisationnelle qui prendra des annees , c’est un efort de guerre gigantesque pour sortir de notre dependance tout en cassant la societe de consommation et donc toute lastructure de la societe et de l’industrie »

    C’est exactement à quoi je veux participer. Mais pour en revenir au local il faudra passer par la case rigeur et austérité, les gens ne comprendront pas sans cela, d’ailleurs qu’elles nous soient imposées par le pouvoir ou le pic pétrolier ou les deux ensemble n’a à mes yeux aucune importance

    A propos d’urbanisation, je fais partie d’un jardin communautaire où je réalise ces essais de BRF, je viens d’apprendre qu’il serait (c’est toujours au conditionnel) bientôt vendu par la ville à un promoteur immobilier.
    Pourvu que l’austérité passe par là et que le projet capote.

  5. @ Pierre-Yves D. dit : 19 juillet 2010 à 01:27

    Sincèrement, je crois que vous faites une fixation stérile sur les inégalités. Je m’étais donné la peine de vous faire part d’une expérience personnelle sur le même sujet que peut-être vous n’avez pas vue ou pas voulu entendre. Les inégalités sont naturelles et quoi qu’on fasse elles existeront jusqu’à la fin des temps.

    Ça n’est pas en appelant à supprimer les inégalités qu’on peut rendre les gens heureux, car il y aura toujours des inégalités. Il vaut mieux supprimer l’envie, la jalousie et la convoitise qui finissent par engendrer des haines et des conflits pour le malheur de tous et surtout des plus faibles. Pour cela il faut investir dans l’enseignement moral. Or vous allez à l’encontre de cet enseignement lorsque vous vous employez à chaque occasion à monter les gens les uns contre les autres.

    Notre monde est confronté à de multiples crises ; mais les principales sont morales et énergétiques.

    Notre devoir d’hommes modernes est de faire en sorte que les plus défavorisés puissent disposer d’un minimum en les incitant à se donner la peine de l’obtenir dignement, par leur travail et leur volonté d’intégration dans leur communauté d’appartenance. Il convient pour cela de les armer en leur inculquant de bonnes attitudes et de saines basses morales dispensées très jeune. Il est nécessaire, à mon sens, de cultiver la tolérance à l’égard des autres et l’intransigeance à l’égard de sa propre responsabilité, ses propres obligations. Car chacun est appelé à surmonter sa résistance naturelle à fournir des efforts, lesquels ne sont pas tous aussi gratifiants les uns que les autres.

    La vie est en effet un combat qui nécessite de dépenser de l’énergie pour capter celle qui nous est nécessaire à la prolonger et à la faire survivre dans notre descendance.

    Or, tous les individus ne sont pas sur un pied d’égalité pour le faire. Sur le plan individuel, certains qui sont plus doués ou mieux pourvus que d’autres se trouvent être des « machines » qui fonctionnent avec de meilleurs rendements que celles de leurs congénères. Chacun, ne vous en déplaise, fonctionne en capitaliste, même le plus pauvre. Il met en œuvre un capital qu’il associe à un travail, pour en tirer un profit de telle sorte qu’il aura au bout d’un temps capté plus d’énergie qu’il en aura dépensé.
    Les plus basiques, mettent en œuvre leur seul capital génétique constitué et transmis par leurs ancêtres et y ajoutent peu de travail intellectuel assorti d’une bonne dose de volonté pour fournir un travail principalement physique. Ce type d’activité n’est en général ni le plus gratifiant ni le plus rémunérateur à moins d’être un champion sportif. Le rendement de « leur machine » est faible, mesuré au niveau du revenu.

    La majorité des autres, dans nos pays développés, mettent surtout en œuvre un plus ou moins grand capital de connaissances générales et professionnelles acquises par l’enseignement, si l’effort nécessaire a été fourni. Cela leur permet d’atteindre des rendements nettement supérieurs, en associant leur travail, plus intellectuel que physique, à un autre capital parfois gigantesque selon l’organisation dans laquelle il exerce leur activité.

    Qu’il s’agisse d’individus basiques ou plus cultivés, tous ont besoin de guider l’ensemble de leurs actions selon un schéma de fonctionnement global qui les relient entre eux de telle sorte que la
    « machine pays » ou la « machine continent » ait un bon rendement au regard de ce que font leurs congénères dans d’autres pays ou d’autres continents.
    Ce schéma de bon fonctionnement individuel et collectif se structurait, pour les gens de ma génération, sur un socle de valeurs morales partagé par les individus constituant chaque communauté d’appartenance. Ce socle conduisait à ce que chacun, malgré ce qui le différenciait des autres, se sente en harmonie avec ces concitoyens plus riches ou plus pauvres, parce que chacun respectait l’autre pour ce qu’il était quelle que soit la position occupée.

    Malheureusement, durant les 50 dernières années ce socle c’est complètement délité du fait de l’individualisme et de hédonisme qui ont conduit chacun à ne plus considérer que sa propre personne et, pour ce donner bonne conscience, à désigner les autres comme responsables de ce qui nous arrive de néfaste collectivement.

    Ce serait une erreur d’imputer les pertes enregistrées, plus aux uns qu’aux autres. Tout le monde y a contribué parce que tous les individus de la planète ont été tentés, riches ou pauvres, par ce que le monde moderne offrait à leurs envies. Nous sommes tous coupables d’avoir plus que jamais renoué avec le pêché originel.

    Le plus terrible serait maintenant de nous entredéchirer alors qu’il va falloir faire survivre nos
    « machines » avec de moins en moins d’énergie bon marché. Si nous pouvons être égaux quant aux possibilités de nous armer individuellement et collectivement en forces morales indispensables, il faudra bien se contenter de ce que la nature délivre, de manière inégalitaire, en matière de ressources naturelles. A moins que vous réussissiez à persuader les pays possesseurs de réserves énergétiques, d’avoir une attitude de partage égalitaire entre tous les hommes de la planète.
    A Copenhague ils n’ont pas montré qu’ils y étaient prêts.

    1. Bravo jducac,
      votre analyse est pertinenete et tres lucide, je suis pleinement d’accord avec cette vision morale (valeurs) plutot qu’ideologique (principes rigides)

      L’inegalite n’est pas seulement universelle elle est necessaire pour motiver l’etre humain, sinon c’est la deprime du monde communiste qui se veut egalitaire mais n’est qu’injustice et desinteret pour la chose commune.

      Quant a la lutte pour les resources elle va etre terrible et nous aurons bien besoin de valeurs solides pour que survivent des communautes dignes et organisees.

    2. Ça n’est pas en appelant à supprimer les inégalités qu’on peut rendre les gens heureux, car il y aura toujours des inégalités. Il vaut mieux supprimer l’envie, la jalousie et la convoitise qui finissent par engendrer des haines et des conflits pour le malheur de tous et surtout des plus faibles. Pour cela il faut investir dans l’enseignement moral. Or vous allez à l’encontre de cet enseignement lorsque vous vous employez à chaque occasion à monter les gens les uns contre les autres

      Est ce que vous vous relisez? Si oui, vous êtes vraiment pire que ce que je pensais! Pas besoin de m’expliquer, vos mots sont suffisants! Lisez au moins Tocqueville, vous aurez l’air moins niais avec quelques citations…En voilà un au moins qui me fera gagner du temps. Jducac? Je saute!

      Bonsoir chez vous.

    3. @loîc

      L’inegalite n’est pas seulement universelle elle est necessaire pour motiver l’etre humain, sinon c’est la deprime du monde communiste qui se veut egalitaire mais n’est qu’injustice et desinteret pour la chose commune.

      Je constate effectivement que l’inégalité peut être très bien supportée. En tout cas la pire de toute peut-être, celle devant l’intelligence, ne semble pas vous troubler le moins du monde…Ni d’ailleurs vous motiver pour en réduire la mesure. Réduire l’infini est tâche désespérée, même pour un Dieu. Einstein l’avait dit d’une autre manière.

    4. @ vigneron dit : 20 juillet 2010 à 14:58

      Ce que j’écris, je le pense et n’en ai pas honte. Je ne l’impose à personne, mais m’oblige à en faire part à chaque fois que je me sens le devoir de le faire pour être utile aux autres.

      C’est le fruit d’une expérience de 75 ans de vie commencée au plus bas de l’échelle sociale et qui, grâce à l’enseignement moral reçu de ma mère, servante de ferme dès 13 ans, m’a permis jusqu’alors de connaître une vie heureuse. Désolé, mais je n’ai lu ni Tocqueville ni beaucoup d’autres qui d’après ce je constate n’ont pas dispensé que des valeurs de tolérance et de respect mutuel, si j’en juge par la tonalité de votre intervention.

      Vous trouverez un exemple vécu que j’ai livré à Pierre Yves D. le 8 avril 2010 à 14:18 http://www.pauljorion.com/blog/?p=9807#comment-70123
      Lui qui s’exprime avec beaucoup d’aisance n’y a pas répondu. Peut-être manque-t-il d’arguments.

    5. @jducac

      Je vais finir par croire que cette accusation intempestive de « monter les uns contre les autres » est une marotte chez vous. Après Michel Serres c’est donc au tour de Pierre-Yves D de s’en voir accusé.
      Fichtre, double fichtre.

      Je pourrais pointer votre paradoxe en vous rétorquant : mais où donc est le problème ? Si la vie est un combat comme vous dites, pourquoi Pierre-Yves D. n’aurait-il pas le droit de mener le sien ? Mais comme vous faites ingénument l’erreur de confondre inégalité de fait et inégalité de principe, je crois que je vais plutôt tenter de rafraîchir votre mémoire républicaine.

      Liberté…
      Okay.
      Maintenant le deuxième…
      Ega…
      Ega… li…
      Egali…té
      Yeeeeesssss !!! !!!
      Fraternité.
      C’est tout bon.
      Bra-vo.

      😉

    6. « Ce serait une erreur d’imputer les pertes enregistrées, plus aux uns qu’aux autres. Tout le monde y a contribué parce que tous les individus de la planète ont été tentés, riches ou pauvres, par ce que le monde moderne offrait à leurs envies. Nous sommes tous coupables d’avoir plus que jamais renoué avec le pêché originel. »

      Pas « tous » monsieur du CAC.
      Vous êtes dans quel état de conscience vous qui savez « lire » et « compter »?
      Tousses ensemble?
      Namasté.

    7. @ jducac

      vous écrivez:

      — Ce schéma de bon fonctionnement individuel et collectif se structurait, pour les gens de ma génération, sur un socle de valeurs morales partagé par les individus constituant chaque communauté d’appartenance. Ce socle conduisait à ce que chacun, malgré ce qui le différenciait des autres, se sente en harmonie avec ces concitoyens plus riches ou plus pauvres, parce que chacun respectait l’autre pour ce qu’il était quelle que soit la position occupée.–

      ma grand-mère, orpheline, ne m’a pas du tout raconté ça.

      sinon vous confondez l’acte de capitaliser et le fait de l’ériger en système; et de toutes façons je me méfie de ceux qui ont des grands projets pour ‘la jeunesse’ tout en réfutant une action résolument positive dans la lutte contre les inégalités, qui certes ne seront jamais abolies, mais vous enfoncez là une porte ouverte.

    8. @ Martine Mounier dit : 20 juillet 2010 à 19:52

      Vous n’y allez pas de main morte en utilisant des termes provocants : « accusation intempestive » « marotte » « accusé » et jusqu’au rappel à notre devise républicaine que je connais et chéris autant que tous ceux qui savent bien la comprendre.

      Quel sentiment profond vous anime lorsque vous réagissez ainsi ?

      La volonté de nous voir nous opposer et en final nous tourner le dos en constatant un désaccord de fond ? Ou la volonté d’opérer ne serait-ce qu’un petit rapprochement de sorte que, au moins sur un point, nous nous confortions l’un l’autre et formions une union plus qu’une division ?

      J’ai développé, à l’attention de PYD, ces questions de machines, d’énergie et de rendement au plan individuel et collectif pour montrer qu’il nous faut plus que jamais arriver à nous mettre en phase si l’on veut aider à la survie de l’humanité, laquelle n’existe que parce qu’elle peut consommer de l’énergie.

      Or, plus nous nous opposons de manière stérile, c’est-à-dire pour rien, plus le rendement de notre machine collective est mauvais. Plus nous passons du temps à vivre en épuisant mutuellement nos forces, donc à consommer de l’énergie stupidement, et plus nous hypothéquons la survie de notre communauté, notre raison d’être supérieure.

      Pour éviter cette déperdition inutile d’énergie, il est nécessaire de faire preuve, au moment opportun, c’est-à-dire le plus tôt possible, d’un minimum l’humilité, certains diraient d’honnêteté intellectuelle, pour reconnaître à l’autre le bien fondé de son argumentation quand d’évidence des éléments indiscutables le prouvent. Il n’y a pas de déshonneur à changer d’avis au contraire. C’est ce que je n’ai pas hésité à faire par égard pour vous d’abord et pour mon honneur ensuite, lorsque je me suis rangé à votre avis concernant le care.
      Puisque vous revenez sans cesse sur l’analyse que j’ai faite des propos tenus par Michel Serres en 2006 au moment des manifestations anti CPE, il me semble qu’il vous faut reconnaître que nous ne divergeons que sur la signification du texte sur lequel vous m’avez demandé un avis. J’ai condamné le texte avec des arguments, à mon avis indiscutables, que j’aurais pu invoquer tout autant si le texte n’émanait pas de ce grand philosophe. Là où il me semble que votre raisonnement est spécieux, c’est quand vous dites en substance : étant donné que le texte émane du grand philosophe Michel Serres, on ne doit pas le lire tel qu’il est écrit. Mon raisonnement s’appuie sur le texte tel qu’il est et tel que l’auteur a voulu qu’il soit lu, sans quoi, il lui était tout à fait possible de l’écrire autrement.

      Pouvez-vous le reconnaître, sans qu’il vous en coûte trop ?

      C’est en m’appuyant sur le devoir de Fraternité que j’incite chacun à ne pas « monter les uns contre les autres ». Mes parents autant que mon instituteur, m’ont appris à voir en l’autre un frère, non pas de la dernière génération mais de la première, celle qui nous lie tous par le sang de nos origines. Depuis nous nous sommes très diversifiés et sommes arrivés à être différents de par nos parcours collectifs et individuels. Bien que nous soyons tous frères et que dans notre pays nous soyons égaux en droits et en devoirs, nous ne sommes pas en Egalité de situation, laquelle résulte en grande partie de l’exercice de notre Liberté.

    9. @jducac

      Je crois au contraire que le désaccord est profond.

      La question est donc : acceptez-vous de faire montre d’un peu plus de lucidité quant à ce qui nous oppose sur le fond, ou bien préférez-vous vous contenter de juger mes argumentations spécieuses en me demandant de remballer les arguments qui vous contrarient ?

      Parce que de deux choses l’une : soit vous ne voyez réellement pas la cohérence qui m’anime, auquel cas, j’en suis chagrinée mais la discussion reste possible, soit vous la mettez en cause et je serais effectivement plus avisée de suivre les conseils de Crapaud Rouge.

    10. @Martine Mounier

      Il est des cas où il faut se souvenir de Jules Renard:

      « Si d’une discussion pouvait sortir la moindre vérité, on discuterait moins. »

    11. @ Peak.Oil.2008 dit : 20 juillet 2010 à 22:53

      Merci également pour ce que vous apportez.

      Je me demande ce que j’ai bien pu vous apprendre hormis une certaine façon de présenter l’alimentation de la vie par l’énergie. Notre problème, dans les pays développés, vient de ce que pour vivre comme nous vivons, chacun de nous a besoin en moyenne de l’équivalent de plus de 100 assistants esclaves tels que les définit J.M. Jancovici. Nous risquons d’être contraints de devoir les mettre au chômage rapidement et, dans cette affaire, c’est nous les employeurs, qui souffrirons plus qu’eux.

    12. @ Martine Mounier dit : 21 juillet 2010 à 20:47

      Vous faites preuve d’une patience d’ange, et je vous en remercie. Entre personnes sincères et de bonne volonté il n’y a pas de raison de ne pas arriver à un accord ou tout au moins à un compromis.

      Démarrons au début. C’est vous qui m’avez demandé mon avis sur des propos que Michel Serres a livrés au Parisien à l’époque des manifestations anti CPE. Quel était votre objectif à ce stade ?

      Je ne pense pas que c’était pour nous conduire à entrer dans une opposition stérile. J’imagine que votre intention était bonne. Alors, pour sortir de l’impasse où nous nous trouvons, le mieux ne serait-il pas d’oublier ce que chacun de nous a dit et que nous repartions en inversant les rôles ?

      Dites-moi ce que vous pensez des propos de Michel Serre et j’y réagirai. Qu’en pensez-vous ?

    13. @Jducac

      La déclaration de Michel Serres est significative mais pas essentielle.
      Je m’en suis expliquée avec vous et Jean-Luc en long en large et en travers. Laissons.

      Interrogez-vous plutôt sur le fait que vous reconnaissiez avoir eu la chance d’avoir un excellent instituteur. Sur le fait que l’école laïque et gratuite n’a pas toujours existé. Qu’il a fallu, pour que vous bénéficiez de son enseignement, que des défenseurs acharnés de l’égalité d’instruction pour tous – je pense en particulier à Louise Michel, peu citée sur ce blog – remettent en cause l’ordre établi, quitte à « monter des gens contre d’autres » (comment faire autrement ?), pour battre en brèche ce qui, planqué derrière un soi-disant état naturel d’inégalités, n’était en réalité qu’un répugnant système à fabriquer de l’injustice.

      Après nous pourrons discuter.

    14. RESUME DE LA SITUATION (pour le lecteur pressé):

      En ce moment sur le terrain, les deux équipes qui s’affrontent sont composées de:
      – jducac, Loïc et Peak.Oil.2008 (ils reçoivent);
      – Martine Mounier, Pierre et methode (ils sont visiteurs).

      C’est jducac qui, d’une passe en profondeur très puissante, a donné le coup d’envoi. Par une jolie parade dont elle sait nous régaler, Martine à renvoyé la balle, qui semblait pourtant foncer droit dans les filets, et s’est ruée seule sur le but adverse …BUUUT!
      Score: 0-1
      Jducac a alors contesté, avec des arguments recevables, cette action hors-jeu. En l’absence d’arbitrage, Martine lui a fait comprendre que ce serait à présent coup pour coup ou zut! (elle est comme ça Martine, y a des moments où ça-suffat-comme-ci!). Jducac, avec fairplay mais plein d’autorité (et après avoir repris de l’énergie auprès d’un de ses coéquipiers), à donc proposé de remettre la balle en jeu, et les compteurs à zéro.

      (Pendant ce temps, vigneron, après deux « tacles » un peu limites, s’est auto-exclus en s’administrant lui-même en carton de rouge …Pardon (faute de frappe): un carton rouge. Pressentant le match archi-nul, il est allé voir ailleurs.)

      Nous attendons le début de la deuxième mi-temps.
      En espérant voir du beau jeu car, sinon, autant aller tout de suite à la buvette du stade où vigneron doit nous attendre.

      ———-
      – Allo? Je reprends le micro car au moment d’envoyer mon commentaire, je m’aperçois que Martine a remis la balle en jeu …et je vais arrêter de faire le mariole car les arguments qu’elle vient d’apporter me semblent très justes.

    15. @ jducac ( Cc: Martine Mounier, vigneron),

      Vous le savez, jducac, j’apprécie que, contrairement à certains d’entre nous qui viennent parfois aligner ici des certitudes livresques (certainement ce que Loïc appelle plus haut une vision « idéologique ») vous apportiez vos réflexions issues d’une pensée forgée par l’expérience d’une « vie honnête », selon vos propres mots. Je respecte infiniment cette honnêteté que vous dites, et les questionnements éthiques que vous mettez souvent en avant.
      Je respecte d’autant plus cela que, comme de plus en plus de monde aujourd’hui, je constate que le matérialisme conquérant de la deuxième moitié du XXème siècle a été une voie sans issue, un leurre pour les foules perdues, qui suivaient les sirènes du libéralisme-libertaire comme les enfants ont suivi le joueur de flûte de Hamelin dans la vieille légende allemande, jusqu’au gouffre.

      Les réflexions acerbes de vigneron à votre endroit m’ont obligé à m’interroger. Non seulement parce que vigneron est quelqu’un dont j’apprécie souvent les observations, mais surtout parce qu’aujourd’hui il vient de nous écrire ce commentaire .
      Que nous dit vigneron?
      Essentiellement ceci: la césure politico-philosophique faite par les Lumières a, en partie, entraîné le développement du cartésianisme, du positivisme et du relativisme moral, CONTRE les questionnements politiques, éthiques et religieux anciens que nous avaient transmis les grecs.
      Vous pourriez je suis sûr signer cette mise au point. Alors pourquoi vigneron décide-t-il dans le post ci-dessus de ne plus perdre de temps à vous lire?

      C’est Martine Mounier qui me donne la réponse ci-dessus . En dehors de la querelle des anciens et des modernes, il y a une société qui avance. Martine nous parle de Louise Michel et cela me touche. La société pour avancer doit toujours marcher sur deux jambes. D’un côté le spirituel, le religieux, la moralité bien structurée, l’enchantement du monde. De l’autre côté le positivisme, la laïcité, la remise en cause de l’ordre MAL établi, le désenchantement du monde. L’un marche avec l’autre.
      Ce n’est pas parce que les dernières années du XXème siècle, marchant sur une seule jambe, ont été si maladivement « positivistes », qu’il faut couper cette jambe. Il nous faudra toujours les deux. Et c’est peut-être ce que Martine Mounier, qui n’est pas ennemie de votre vision de la vie, essaie sans se lasser de vous faire accepter.
      Vigneron, lui, a déjà renoncé.

      (Je sais qu’il n’y a pas que cet aspect-là dans votre texte initial -où vous interpelliez Pierre-Yves D.-, mais il me semble que ce que je dis fait partie des points de blocages (points de blocages qui font que certaines conversations tournent parfois à vide sur le blog). Vous me direz si je me suis trompé.)

    16. @ Martine Mounier dit : 22 juillet 2010 à 14:06

      D’accord, je suis long à la détente. J’ai quand même fini par comprendre que les questions c’est vous et seulement vous qui avez le droit de les poser. C’est surtout vrai dans les rapports entre maître et esclave, mais beaucoup moins lorsqu’il s’agit des rapports entre le maître d’école (on disait encore cela de mon temps) et son élève. Plusieurs parmi mes proches ont fait leur carrière dans l’enseignement publique en France, je connais un peu ce monde particulier, essentiel, mais probablement un peu trop centré sur lui-même.

      Donc, je dois me livrer à une dissertation sur un sujet imposé : l’égalité en l’élargissant jusqu’à l’anarchisme.
      Je crois être homme de bonne volonté et vais donc faire de mon mieux en donnant sincèrement ce que je crois bon de dire en espérant que même si nous avions des points de désaccord, il y en aura au moins une part sur laquelle nous pourrons nous conforter mutuellement.

      L’anarchisme n’est pas mas tasse de thé. Je suis un homme d’ordre, de respect, de devoir, de responsabilité. Je trouve qu’à notre époque, des êtres sur lesquels on a investi suffisamment en éducation, s’ils sont responsables, c’est-à-dire s’ils ont conscience de la part qui leur revient dans l’évolution d’une communauté, se doivent de la faire évoluer par la concertation, la confrontation d’arguments, si possibles validés par l’expérience, plutôt que par l’obstruction, le chahut, la violence verbale ou autre qui ne sont pas dignes de notre temps. Aussi, les mouvements récents d’anarchisme rencontrés à Strasbourg, Poitiers ou autres ne me semble pas être défendables au 21ème siècle.

      Quant à l’égalité, je suis pour une égalité des droits et des devoirs telle qu’on me l’a enseignée, ce qui ne veut pas dire que cela conduise à une absence d’inégalité de situation entre les individus. La liberté de chacun d’agir comme il l’entend, conduit à ce qu’il puisse y avoir des disparités de situation à terme, ce qui à mon sens n’est pas injuste étant donné que chacun non seulement est soumis aux hasards de la vie, mais récolte en général les fruits de ses choix et de ses efforts. J’ai de très bons exemples vécus avec mon frère et ma sœur, de 16 ans plus jeunes que moi (de vrais 68tards) jumeaux et pourtant très différents, inégaux entre eux et avec moi.

      Oui, je dois reconnaître (vous aussi) avoir eu de la chance de naître là ou je suis né, à l’époque ou je suis né et d’avoir bénéficié comme beaucoup d’autres de ce que certains de nos ancêtres se sont démenés pour faire évoluer leur communauté de telle sorte que leurs successeurs connaissent une existence meilleure que celle qu’ils ont connue eux-mêmes. C’est dans ce sens que marche l’histoire en dépit de ce qu’écrit Michel Serres, y compris pour les pères d’aujourd’hui et d’hier.

      Mais œuvrer pour le progrès ne veut pas dire qu’il faille se conduire comme se sont conduits nos lointains ancêtres barbares, révolutionnaires ou communards quand on est à notre époque. Voyez-vous les peuples du nord stagner parce qu’ils ne recourent pas aux mouvements révolutionnaires ou anarchiques ? Non ils négocient, ils ne cassent pas, ils ont un bon rendement au regard de ce que j’ai voulu faire comprendre ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=13967#comment-96907

      Je dis aussi, que notre devoir d’hommes modernes est de faire en sorte que les plus défavorisés puissent disposer d’un minimum en les incitant à se donner la peine de l’obtenir dignement, par leur travail et leur volonté d’intégration dans leur communauté d’appartenance. Autrement dit, je pense qu’il vaut mieux apprendre à pêcher que de donner du poisson. Ou alors, plutôt que de laisser entendre aux enfants qu’ils valent beaucoup mieux qu’un métier manuel, les inviter à viser plus bas plutôt que trop haut. Il ne faut surtout pas les conduire à connaître l’aigreur qui les pousserait à faire partie de ces cohortes toutes désignées pour nourrir les désordres.
      De mon temps on entrait en apprentissage à 14 ans. Il faudra peut-être y revenir quand nous devrons nous passer d’énergie bon marché si les progrès des sciences et techniques n’en développent pas de nouvelles rapidement.

    17. @jean luc

      Vous nous faites le spectateur, le commentateur, l’arbitre, un peu le joueur, mine de rien, et même le président de la FIFA! Pourriez faire un effort et nous jouer les hymnes! Non mais sans blague!

      Chapeau l’homme orchestre. Joli boulot.

    18. @ Jean-Luc dit : 22 juillet 2010 à 17:45

      Merci pour ce message pacificateur, plein de bienveillance à l’égard de tous.

    19. « Je dis aussi, que notre devoir d’hommes modernes est de faire en sorte que les plus défavorisés puissent disposer d’un minimum en les incitant à se donner la peine de l’obtenir dignement, par leur travail et leur volonté d’intégration dans leur communauté d’appartenance. »

      Tout un programme.

    20. @jducac

      Les égalités dont nous bénéficions, vous comme moi, ont été acquises au prix de maints combats.
      Si je vous pose des questions, c’est parce que je garde espoir que vous aperceviez un jour la contradiction qu’il y a à louer, d’un côté, les avancées sociales acquises, et de l’autre, à ne rien vouloir entendre des coups de butoirs que la cupidité et le désir de puissance donnent chaque jour à ce précieux édifice.

      Si je m’insurge contre votre jugement des motivations de Pierre-Yves D., c’est parce que Pierre-Yves D. est certainement le meilleur allié, le meilleur défenseur, de ce qui fût possible pour vous et risque de ne plus l’être pour vos petits-enfants : un avenir d’homme honnête dans un monde encore un peu honnête.

      Et peu importe que vous ne me compreniez pas.

    21. @Jean-Luc

      On pourrait peut-être prendre un verre à Paris à la rentrée. On parlerait séries télé (je suis incollable!).
      Ça nous changerait de l’économie politique !

    22. @ jducac,

      Pacificateur? pourquoi pas, mais ce n’était pas mon idée de départ. En fait, j’aime plutôt bien la bagarre. Avec de l’enjeu et des arguments bien balancés, les controverses font toujours passer un bon moment. Et pour peu qu’on en ressorte un peu plus intelligent, le Pérou n’est pas loin.
      C’est plutôt l’ennui qui m’a fait me remuer.

      Hier c’était l’anniversaire de Paul Jorion, et ça rigolait dans la cuisine . Tout le monde venait serrer la louche ou claquer une bise à l’anthropologue mais néanmoins économiste. Les copains avaient allumé la boîte à crincrin. Je voyais arriver le moment où les filles allaient venir me tirer par la manche: « Allez Jean-Luc! viens danser! (j’aime pô les boums!). Avec un morceau de kouign amann et un reste de mousseux que j’avais réussis à sauver et qui tiédissais au fond de mon verre, je suis allé faire un tour dans les autres pièces. Blabla par ci, blabla par là…

      Ambiance d’anniversaire aidant, hier j’avais envie de rigoler sans trop me prendre la tête et les discutions m’ennuyaient (à part peut-être un échange un peu rigolo entre Moi et vigneron pour savoir qui, des pays pauvres ou des pays riches, étaient les plus dégueulasses avec la jolie nature naturelle). J’errais dans les « posts » comme une âme en peine. Voilà.
      J’ai vu que vous étiez encore en train de tricoter sur Michel Serres. Je pensais pourtant que le chandail qu’on lui avait offert était à la bonne longueur, et qu’il était depuis longtemps habillé pour l’hiver. Et puis, parce que certains des copains vous relançaient, voilà que les mots respect, morale, inégalité, et tout le toutime recommençaient à tourner en boucle. Des choses très intéressantes, mais qui ne trouvent plus beaucoup d’écho chez vos contradicteurs. J’ai pensé qu’on n’était plus très loin du cercle vicieux.

      Je me souviens que quelques fois Paul Jorion est intervenu par le passé dans des échanges qui patinaient dans la semoule et qui viraient à l’aigre. Un petit commentaire intercalé qui disait: « Passez à autre chose S.V.P.! ». Il intervenait pour simplement rappeler que le plus important dans les débats d’idées est d’avancer.

      Chez Jorion on cause, on cause, et je ne suis pas le dernier à m’embarquer dans des circonlocutions à tendance patinante, voire soporifique. Il est arrivé même que le plaisir d’aligner des mots passe chez moi avant l’intérêt de le faire. Je m’en veux souvent après coup.
      Ne croyez vous pas que si le blog de Paul Jorion se met à ressembler au salon de la marquise de Rambouillet, un Molière risque de revenir dans les parages pour nous peindre en « Précieuses ridicules »?
      On aurait l’air de quoi?!

    23. @ Fab dit : 23 juillet 2010 à 08:29
      Vaste programme, certes. Mais aux hommes de bonne volonté, rien n’est impossible et vous vous situez certainement parmi ceux là. Même si les idées apparaissent parfois un peu folles lorsqu’elles naissent, il en est qui méritent d’être prises au sérieux surtout quand elles sont portées par de bonnes intentions.

      Vous n’avez pas pris au sérieux la réponse que j’ai faite à une de vos sollicitations, pensant peut-être à une plaisanterie de ma part : http://www.pauljorion.com/blog/?p=13299#comment-93027

      Pourtant quand je vois la débauche d’énergie dépensée en ce moment sur les routes du tour de France, je pense à cette idée complètement farfelue de centrale électrique à génération humaine. Je pense aussi à ces centres de remise en forme ou de jeunes personnes paient pour dépenser de l’énergie accumulée en trop.
      On peut penser également au besoin qu’ont les foules de vénérer des champions et se s’identifier à eux dans des jeux vidéo. Alors n’y aurait il pas une possibilité de faire œuvre utile en combinant tout ce que nos moyens modernes autorisent. Il existe bien des moyens de simulation pour former les pilotes d’avion ; pourquoi ne pas envisager une simulation du tour d’Europe, ou du Monde ayant pour but de générer une énergie utilisable.
      On pourrait imaginer des compétitions permanentes 24hsur 24, 7j sur7 afin de mieux assurer la rentabilité de l’investissement. Le nombre de compétiteurs pourrait être très grand. Des retransmissions TV et pourquoi pas des caravanes publicitaires virtuelles au profit des économies d’énergie pourraient être envisagées.
      Il est probable que cette élucubration, va m’attirer les sarcasmes de certains, voire des critiques, peu m’importe. Si par exemple un tel projet pouvait être lancé avec le concours de divers ministères intéressés pour permettre à des jeunes d’œuvrer dans une bonne direction, j’en serais heureux pour eux.

      A la précédente grande crise on a bien endoctriné des nations entières pour qu’elles s’entre tuent, alors tout ce que l’on fera pour l’éviter cette fois-ci, même si c’est dérisoire, est très respectable ; surtout si cela contribue à donner du travail à ceux qui le souhaitent.

    24. Oups ! Désolé : je n’avais pas « vu » ceci :

      « Oui, je dois reconnaître (vous aussi) avoir eu de la chance de naître là ou je suis né, à l’époque ou je suis né et d’avoir bénéficié comme beaucoup d’autres de ce que certains de nos ancêtres se sont démenés pour faire évoluer leur communauté de telle sorte que leurs successeurs connaissent une existence meilleure que celle qu’ils ont connue eux-mêmes. »

      Ça, c’est du lourd ! Et je suis certain que nous pourrons trouver un terrain d’entente. Que pensez-vous de rémunérer certains de nos « successeurs » à hauteur de 1$ par jour : ils se sentiront moins seuls !.

      Ô grand danger ! Le voyez-vous poindre jducac ? A force de parler de problèmes et de solutions économiques, on pourrait facilement se laisser convaincre que les problèmes et les solutions sont nécessairement d’ordre économique. Et ne parler plus que de ça !!! Aussi ne comptez plus sur moi pour aller dans ce sens ! Deux précisions cependant :

      1/ Tant que l’on ne cherchera pas se convaincre qu’il existe au moins une autre possibilité que la seule alternative Marat-Sade on risque de ne pas beaucoup avancer !!! (A votre avis elle est économique cette possibilité ?)

      2/ Sans rien vouloir enlever aux efforts que vous avez fournis durant votre vie pour être heureux, réussir et être droit, les esclaves de Jancovici que vous avez déjà mentionnés ne sont pas tous fictifs. Cachés oui, mais pas fictifs. Et attention : ils se reproduisent. Pardon : ils se multiplient.

    25. @ Martine Mounier,

      Hé! ça me donne une idée! En prenant un verre tous les deux, on s’amuserait à inventer une série télé, une « sitcom » économico-politique!

      Ce serait par exemple un mélo super drameux où une mère de famille, cadre dans une agence de notation, et en instance de divorce, essaierait, après une escapade grecque où elle aurait touché du doigt la vraie-vie-des-gens-vrais, de reconquérir l’amour de son mari, chef de produit d’un groupe d’agro-alimentaire, revenu, lui, d’une communauté « décroissantiste » activiste où il serait allé noyer son chagrin. Des problèmes financiers les auraient obliger à rester vivre sous le même toit (économie de décor -ça plaît toujours aux producteurs!). Bien sûr le mari serait tombé sous le charme d’une jolie décroissantiste de vingt ans sa cadette, ex-copine de son fils adoptif, et dépressive. Le fils adoptif, lui, serait un filou, mais joli garçon, qui aurait monté un business international de vente de T-shirts « Bonjour, on est vendredi… », fabriqués en Chine, après s’être fait passé à l’INPI pour Grégory Maklès. On glisserait dans l’histoire la comptable d’une riche propriétaire du CAC40, un traducteur d’une commission économique du Conseil Européen, une orpheline, la maquilleuse (vénale) d’une présentatrice vedette du journal télévisé, et un ou deux ratons-laveurs. Il y aurait aussi un ancien amour de lycée de la femme du début, et père véritable du fils sus-cité, qui profiterait de sa qualité de psychanalyste de la nouvelle petite amie du futur ex-mari, pour obtenir des informations sur les objectifs des décroissantistes, afin de vendre un contrat de réassurance à la société d’agro-alimentaire du père adoptif de son fils…

      Bon, c’est une débauche …pardon: une ébauche …mais…HIPS! …je suis sûr qu’après quelques v…verts …heu…verres, on arriverait à un truc bien tordu pour faire la pige à « Plus belle la vie ». Quelques mois plus tard on irait chercher notre chèque à la SACD, et on payerait une tournée gén…génial…générale à tous les copains du blog de Paul Jorion!

      Je vous prends aux mots. Commençons-donc par boire un verre. Je vais écrire à Paul Jorion pour l’autoriser à vous transmettre, si vous lui demandez, mon adresse mail. Vous la glisserez dans un coin de l’agenda pour un rendez-vous à la rentrée au moment qui vous conviendra.

    26. @ Paul Jorion,

      Non bien sûr; j’attends que vous m’envoyiez Martine pour négocier la chose. Ceci dit je préfère vos idées à votre argent alors …vous viendrez boire un verre avec nous?

  6. monsieur jducac Merci …On dirait un pastiche. Vous humanisez la Nature puisque selon vous bien qu’inégalitaire comme seul savent l’être les hommes…. elle nous délivre les ressources nécessaires. C’est tout de même préférable à une Nature bonne comme les écologistes se l’imaginent mais Chose c’est à dire ne dépendant pas des hommes, Comme LOI…. Comme Marx a pensé l’Economie … ou comme le Dieu de lAncien Testament

    1. Kabouli
      Les écologistes ne pensent pas que la nature est bonne. La nature EST et est la base de toute vie. On doit donc la respecter par simple sens de la survie.

      Maintenant, on peut aussi la trouver esthétique, la ressentir comme apaisante (même si le tigre ou le virus vous attend derrière le prochain tournant…). Mais vous n’êtes pas obligé… Vous pouvez même préférer vous rouler sur le macadam que sur l’herbe fraiche et respirer l’odeur de la super mêlée d’ozone au parfum d’humus ou de fleurs. Les goûts et les couleurs, cela ne se discute pas n’est-ce pas. Mais le respect pour votre mère-Terre , il est vrai que les écologistes souhaitent que vous en ayez.

    2. « Mais le respect pour votre mère-Terre , il est vrai que les écologistes souhaitent que vous en ayez. »

      Grands Dieux de la nature! On dirait une mère supérieure qui s’adresse à une novice un peu rétive… Je rêve!

    3. Ca il y certainement quelquechose qui est mais certainement pas la Nature. Surtout comme vous la décrivez comme base. Il y a de la vie mais pas de base à la vie. S’il a une base il y a donc aussi un sommet et la société que vous revendiquez n’est pas loin de celle de monsieur Jducac avec ses inégalités anciennes trop voyantes que vous remplacez par des experts écologistes et le petit peuple comme décor authentique des décisions prises en haut.
      Je ne m’inquiète pas qu’il y ait des hauts et des bas mais ce qui m’inquiète ce sont des hauts écologistes. Ce qu’il y a de détestable dans notre monde ce n’est pas la pollution de la soit-disant nature mais la pollution de l’esprit c’est à dire de l’aspect proprement humain de notre monde. La dévastation actuelle de la Nature n’est qu’un résultat de cette abscence.
      L’Ecologie n’est qu’un des derniers aspects des théories matérialistes et utilitaristes du siècle dernier, on a simplement remplacé le mot matérialisme par nature et l’optimisme de la progression matérialiste infinie par le pessimisme du tout n’est plus possible, il faut être raisonnable.
      Il est vrai aussi que je n’ai aucun goût pour la survie, c’est elle la vraie mère de la misère . Je n’ai pas la prétention de savoir comme vous ce qu’il y a , mais je sais ce qu’il n’y a pas

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