L’actualité de la crise: Grèce: qui veut démontrer quoi ? , par François Leclerc

Billet invité.

GRECE: QUI VEUT DEMONTRER QUOI ?

Il est en train de se jouer dans les coulisses une partie acharnée à propos de la Grèce. Dans un premier temps, les marchés – dont on aimerait bien connaître l’identité des acteurs qui mènent leur danse – ont exercé une pression maximale et se préparent à la reporter sur le Portugal et l’Espagne. Des agences de notation leur prêtant main forte d’une manière douteuse. Des voix se lèvent pour s’alarmer de l’avenir de la zone euro.

Dans un second, tout le monde s’y étant mis, le gouvernement grec est finalement venu à résipiscence, n’ayant pas d’autre choix. Il a accepté d’appliquer un plan drastique de réduction de son déficit.

Dans un troisième où nous sommes, l’annonce d’une aide sous une forme ou sous une autre, venant des pays européens de la zone euro, se fait toujours attendre. Les jours passent et la satisfaction des besoins de financement de la Grèce coûtent de plus en plus cher (et sont de plus en plus profitables pour certains), rendant la situation encore plus tendue.

Depuis Athènes, et de manière dramatique, le ministre grec des finances a dit hier attendre cette décision de façon pressante. Le directeur général du FMI, prêt à intervenir, suggère ce matin aux gouvernement européens de le faire. Que se passe-t-il ? Qui fait obstacle à ce qu’un accord soit trouvé  ? Que cherche-t-on à démontrer ou à susciter  ? Quel exemple veut-on donner ?

Est-il acceptable que l’avenir d’un pays membre de l’Union européenne, et de ses habitants, soit traité de cette façon, dans le silence de cabinets que l’on va finir par appeler noirs  ? La vision que cela donne de l’Europe, et de tous ceux qui prétendre parler en son nom, n’augure rien de bon pour son avenir. Est-il possible de s’en réjouir ?

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121 réflexions sur « L’actualité de la crise: Grèce: qui veut démontrer quoi ? , par François Leclerc »

  1. Deux poids, deux mesures …
    « On ne laissera personne abandonné, mais la solution n’est pas dans la multiplication des aides de toutes sortes », avait déclaré la semaine dernière le chef de l’Etat, concernant le million de chômeurs en fin de droits qu’escompte Pôle emploi cette année. Il y à des priorités dans la vie d’un politique
    Les taux proposés pour la dette grecque à 6 % semblent intéressants. Si l’hypothèse de la déflation (sic) « la déflation constitue avant tout un enchaînement dépressif où les entreprises réduisent leur activité, leur masse salariale et leurs prix », le capital pourrait donc logiquement quitter les marchés boursiers qui ne peuvent que baisser en déflation et aller s’investir sur la dette d’état à 8% 9 où 10%.
    Parallèlement, les gouvernements d’Europe occidentale devront emprunter cette année sur les marchés quelque 2.200 milliards d’euros, pour financer leurs déficits publics qui ont explosé avec la crise des actifs pourris DONC, les obligations d’états ont de l’avenir C’est pourquoi, plus il y aura de bruit autour des PIGS plus les spreads vont monter. A Davos, par exemple le Premier ministre grec a dénoncé les attaques spéculatives contre son pays, qui a vu son taux obligataire à 10 ans passer de 6,22% à 7,14% en deux jours. Pas mal pour un début. Et comme le dit si bien Philippos Sahinidis, le secrétaire d’État aux Finances, «beaucoup d’investisseurs institutionnels hors de l’Union européenne pourraient placer leur argent sur des obligations grecques » Goldman bien sur …
    Depuis, les VRP sont à la manœuvre pour appuyer un peu Exemple ROUBINI La montée des déficits budgétaires et de l’endettement public fait peser un risque sur nombre d’économies avancées. Les investisseurs, les autorités de surveillance des marchés obligataires et les agences de notation pourraient encore durcir leur position. A moins, qu’ils assainissent leurs finances publiques. Moi je dis
    Ou encore FABER, qui bouffe à tous les râteliers voit la faillite des états à 5 10 ans (sic) mais ajoute t’il avec un portefeuille classique, on doit pouvoir générer un rendement de 5% à 6% par année pour les dix prochaines années. Mais je suis loin d’être optimiste sur les marchés actions.
    Il peut car désormais il va se jeter sur les obligations. De fait, le meilleur placement à 10 ans c’est bien sur de miser sur un état car lui ne fera JAMAIS faillite, il portera le poids de la dette sur le bon peuple et basta. Dans ce contexte, pour revenir aux marchés actions, nous avons eu les Subprimes en Mars 2007. Avec la crise, nous risquons de voir les crédits ALT-A et les ARM. Vous savez ces emprunteurs qui doivent supporter des dettes très supérieures à la valeur de leurs biens dont les prix ont été fortement rectifiés à la baisse touchés eux aussi par le défaut de paiement.
    Parallèlement, si la monétisation des déficits budgétaires se prolonge, l’augmentation des taux sur les bons du Trésor à long terme étouffera une reprise économique déjà très, très fragile pour ne pas dire inexistante.

    Si j’étais cynique je dirai que les « Porcs », font bien les affaires de certains pays comme l’Allemagne et l’Italie par exemple En effet, depuis la forte hausse de l’euro, le problème de compétitivité se pose avec davantage d’acuité, réduisant la croissance et renforçant les déséquilibres fiscaux face à un Yuan hyper compétitif. De la à dire que l’on frappe le petit pour faire baisser l’euro, faire monter les spreads, relancer les CDC, la vente à découvert et massacrer la population par des reformes ultra libérale à vous de voir ???
    Donc, si la question de Nouriel est de savoir si les membres de la zone euro souhaitent entreprendre une correction budgétaire très douloureuse, doublée d’une dépréciation réelle interne par le biais de la déflation et ajuster des réformes structurelles pour augmenter la croissance de la productivité la réponse est OUI.
    Ils vont le faire Nouriel ! En clair, ils vont profiter du boxon organisé pour harmoniser durablement. Pour cela, ils vont prendre exemple sur les bons élèves, les pays tels que la Lettonie, la Lituanie et la Hongrie. L’Espagne sera sans doute le meilleur élève ENCORE un socialiste à LA MANÅ’UVRE … Le Portugal, l’Italie, l’Irlande et d’autres membres de la zone euro suivront pour le plus grand bonheur du capital. Le scénario est en place, les acteurs aussi, il l reste les pigeons à plumer !
    « On ne laissera personne abandonné, mais la solution n’est pas dans la multiplication des aides de toutes sortes », avait déclaré la semaine dernière le chef de l’Etat, concernant le million de chômeurs en fin de droits.
    Les banques, bientôt les assurances mais aussi les multinationales qui font désormais du chantage ouvertement à l’image de Fiat
    Les syndicats de Fiat observeront une grève générale de quatre heures pour défendre l’emploi dans l’usine sicilienne de Termini Imerese et pour protester contre le chômage technique d’une semaine annoncé pour 30 000 salariés italiens du groupe Fiat fin février … Grand seigneur, «Fiat est prêt au dialogue», répond le président du groupe automobile, Luca Cordero di Montezemolo. Le constructeur de Turin justifie ces mesures en invoquant la fin de la prime à la casse. Certes, le gouvernement envisage de la proroger, mais de manière ciblée, pour une période courte (six mois sans doute) et probablement au quart de son montant. Or l’impact de cette prime est réel En cas d’abandon, cela se traduirait par 300 000 immatriculations en moins.
    D’ailleurs, la nouvelle stratégie « le décret » mis en place par DSK qui lui pense toujours à 2012 Je cite « Nous avons 12 ou 24 mois pour pouvoir mettre en place quelque chose qui ne sera probablement pas entièrement sûr (…) mais du moins plus sûr pour éviter le genre de problèmes que nous avons rencontrés”, a-t-il expliqué. Et puis en plus, il nous donne le Timing de la prochaine vague. Dans la foulée sur le site de la BCE, Jean-Claude Trichet écrit ceci :
    « Il y a lieu de maintenir la confidentialité des informations portant sur les prêts ou les autres facilités de liquidité accordés par une banque centrale à un établissement de crédit particulier, y compris l’aide d’urgence en cas de crise de liquidité, afin de contribuer à la stabilité du système financier dans son ensemble et de préserver la confiance du public en période de crise ». Et un peu plus loin : « Le bon fonctionnement du système financier impose une exception claire, étant donné qu’une évaluation de la nécessité de divulguer l’information au cas par cas est susceptible de mener à une impasse lorsqu’une réaction rapide s’impose ». Nous sommes désormais en république bananière. Vous comprenez, c’est indispensable, et pour aussi longtemps que nécessaire. Tant qu’il n’y a pas de solide reprise de la demande privée,
    J’espère simplement, que nous ne sommes pas dans un schéma à la Japonaise car Oliver Blanchart rajoute « Si cela crée des bulles ici ou là, il faudra agir par différents moyens, mais l’essentiel est que l’activité reparte A ce rythme là, les banques centrales devront consentir directement des crédits à Taux 0 aux multinationales Il n’est pas du tout exclu que la BCE à déjà cette idée en tête …
    Les multinationales pour l’instant, elles licencient en masse pour embaucher plus tard à -40% De fait, la privatisation des états appuyée par une déflation salariale européenne est en route pour le plus grand profit des actionnaires.

  2. @Paul

    Vos interlocuteurs de ce soir savent que vous représentez plus de 60 000 lecteurs ( +/- une famille/250 ) toutes tendances confondues et répartis sur toute la France…fréquentation du blog près de 200 000, les élections ne sont pas loin…ils savent que Obama doit son élection au moins en partie à internet ,je ne crois pas qu’ils vont vouloir décevoir tous ces lecteurs….et je ne crois pas que ça sera votre dernière invitation à ce niveau …

  3. Dans ce genre de situation …

    Tout le monde regarde (la pulsion scopique de Lacan) et se dit :

    … ça (le ça de Freud) va finir par craquer quelque-part, pourvu que cela ne soit pas chez moi (le moi de Freud) !

    Après on dira … Je vous l’avait bien dit (les parlêtres de Lacan) qu’il ne fallait pas faire ceci ou cela (le surmoi de Freud) !

    Maintenant c’est tan-pis pour vous. (la castration de Freud)

    Ne recommencez plus jamais cela (la répétition de Lacan).

    Et avec tout (le tout de Lacan) cela, si vous continuez à penser que la crise vient de l’argent facile (le signifiant qui annule tous les signifiants de Lacan) c’est que vous n’avez rien suivi. (Le déni de Lacan)

    C’est pour rire un peu …

  4. Question!

    Ok, la grece accepterais une tutelle dont on ne vois pas bien sur quel base constitionnelle elle s’apuye, mais quelle aide l’UE lui fournit t’elle?

    La mise sous tutelle Et l’aide de l’UE me semblent impossible en vertu des traites actuels et de la mission de la BCE.

    Donc on as encore une fois le spectacle habituel de numero de claquettes.

    De la com, toujours de la com…

  5. ce matin je discutais du naufrage du titanic avec mon amie ,je trouve le parallel très efficace .au début de l’accident on cherche une solution collective et quand on touche au paroxysme de la crise ,chacun fait ce qu’il peut pour sauver sa peau .pourquoi croire que la nature humaine est changée depuis .

    1. Et si la métaphore du Titanic faisait aussi partie du spectacle?

      Les eaux froides et déchaînées qui claquent aux flancs du navire, les icebergs menaçants qui s’approchent, tout pourrait n’être que mise en scène.
      Si il nous venait à l’esprit de déchirer l’écran qui entoure le bateau Europe, et sur lequel est projeté un film catastrophe, il se pourrait bien que nous découvrions que nous tout n’est qu’illusion, et que nous sommes posés sur la terre ferme dans un Titanic en carton-pâte.

      “Le spectacle est le capital à un tel degré d’accumulation qu’il devient image.”
       “Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n’exprime finalement que son désir de dormir.”
      Deux citations extraites de “La société du Spectacle” (Guy Debord 1967)

    2. @ Jojo

      Dont acte.
      Une pensée en entraînant une autre, je me suis laissé emporter. Il m’arrive de râler contre la tendance à faire parler les disparus par des citations sorties de leur contexte, et voilà que je m’en rend coupable.
      Pour avoir lu “La société du Spectacle” en détail, je sais que Debord évoque quelque chose de plus complexe qu’un écran “orwellien” (Orwell étant lui même un auteur plus complexe que l’on croie).

      D’ailleurs, après avoir cité De Gaulle et Debord dans la même journée, il est temps que je referme le dictionnaire à faire parler les morts.

      (Merci du lien)

  6. Je vais encore passer pour un bizarre, mais j’ai perdu un de mes commentaires.
    En réponse à Moi. Enfin, pas moi, mais Lui. Que j’appelle Teuze. Non, Toi.
    Pour résumer, j’appelle Moi, Toi, et non Teuze.

    Quelqu’un aurait-il une piste pour le retrouver..??

    1. A l’hôpital chambre 12 avec les psychotiques.
      Il y a un gars qui s’appelle Toi et qui veut qu’on l’appelle YvanTeuze.
      LOL

    2. Alors là : bravo, chers confrères!!!
      Je reconnais que vous vous moquez de Moi, enfin, pas Lui, mais même Lui ne m’a pas aidé d’un iota.

      Refoulé, Moi, ça me ferait mal. Mais cela ne me donne toujours pas où se trouve mon commentaire.

  7. Bonjour,

    Cela semble admis, ici comme ailleurs que les maux qui accablent la Grèce, que j’appellerais avec affection la belle Hellène en souvenir de mes mauvaise note en version, sont d’ordre purement économique, Hellène la mauvaise élève.
    Bref tout semble indiquer, à cause de sa très mauvaise gestion, que le pays se trouve au bord de la faillite, conséquence de la crise financière qui l’affecte tant.
    Une petite remarque, tout candide que je suis, j’aurais mis l’Irlande au numéro un des pays susceptible de tomber, du fait de sa grande dépendance à la finance. Je n’ai pas le souvenir d’une Grèce championne de la finance, son économie d’ordinaire atone la préservant des soubresaut de la mondialisation comme les médias nous l’expliquait il y a encore quelques semaines.

    Avant de continuer, permettez moi de poser une hypothèse:
    la spéculation de grande ampleur, même si elle aussi sert des intérêt particuliers, est avant tout un instrument de l’hégémonie américaine, que le pentagone soit le bras armée de Wall Street ou Wall Street le bras économique du pentagone, je le laisse à votre discrétion.

    Continuons de planter le décor, quels sont les grandes affaires du pentagone actuellement?

    Premièrement le retrait d’Irak, opération logistique monstrueuse mais qui risquent de coûter des sommes astronomiques, et durer de nombreux mois, il est donc impératif de sécurisé ce retrait.
    Deuxièmement l’approvisionnement et le renfort en Afghanistan, qui aujourd’hui coûte aussi très cher aux américains, financièrement d’abord par le versement de dessous de table estimés a plusieurs millions de dollars par jours aux ‘combatants’, diplomatiquement aussi, contraignant Washington à être conciliant avec la Russie qui contrôle les voies d’accès à Kaboul qu’emprunte l’US army.

    Rentrons dans le vif du sujet, qui peut aujourd’hui aider les USA sur ces deux points?
    La Turquie semble être le meilleur candidat, pouvant servir de tête de pont en Asie Mineure au Pentagone.
    Encore faut il trouver une monnaie d’échange pour obtenir le soutient d’Ankara.
    J’émets donc l’hypothèse que Washington amène la tête de notre Belle Hellène comme ‘cadeau’ à la Turquie pour les futures service rendu à l’Oncle Sam, Pourquoi?
    Je pense qu’il est inutile d’étayer les différents qui opposent la Grèce et la Turquie, rappelons tout de même Chypre. De plus Ankara s’est vue poliment remerciée par l’UE, ce qui n’a pas vraiment été du goût de nos voisins ottomans qui se sont sentis humiliés, ceci sonnerait comme la réponse du berger à la bergère.

    La Turquie fait contrepoids à l’influence russe dans la région pour le contrôle des matières premières.
    Ce n’est pas les raisons qui manquent à Washington pour soutenir la Turquie dans la région, voir le projet NABUCCO qui doit passer par le pays et plus généralement Ankara convoite le contrôle des ressource de la Caspienne.
    Tout ceci dans le contexte de la construction du gazoduc reliant la Russie et l’Allemagne, par la Mer du Nord, évitant ainsi passer par l’Ukraine fidèle parmi les fidèles du Pentagone.

    C’est donc une bataille extraordinaire se déroule sous nos yeux pour le contrôle de l’approvisionnement énergétique de l’Europe de l’ouest.
    De plus les USA semblent adopter la politique du ‘surge’ tous azimut en ce moment (Chine, Iran, Venezuela), peut être veulent ils reprendre la main et ne pas abandonner leur leadership à si bon compte.
    L’affaire de la Grèce n’en est peut être que la partie visible de tout cela.

    Bien entendu je ne prétend pas par la tout expliquer de ce qui advient à la Grèce, je m’exprime au conditionnel , néanmoins je trouve intéressant d’avoir ces éléments à l’esprit.

    Le Turkménistan réserve ses fournitures de gaz à la Chine, la Russie et l’Iran:
    http://www.voltairenet.org/article163791.html

    Obama, la Grèce, la Turquie, Obama…
    http://pressealagrecque.cafebabel.com/fr/post/2009/04/09/Obama,-la-Gr%C3%A8ce,-la-Turquie,-Obama

    1. “La Turquie semble être le meilleur candidat, pouvant servir de tête de pont en Asie Mineure au Pentagone.”
      Cette hypothèse ne semble plus plausible.
      La Turquie d’Erdogan entreprend un changement politique d’envergure avec une détermination surprenante: rapprochement avec l’Iran, position très ferme vis à vis d’Israël.
      Ainsi Erdogan menaçant à mots couverts Israël de représailles, de l’ordre d’un “tremblement de terre”, en cas de mission aérienne par icelle sur l’Iran.
      L’eau coule sous les ponts, dans le Bosphore particulièrement…

    2. Claude,
      J’entends vos objections, cependant la Turquie vient de prendre la tête de l’OTAN en Afghanistan, de plus une réunion de l’OTAN se tenait hier à Istambul, si volte face il y a, ce n’est pas vis à vis de l’OTAN en tous cas.
      D’autre part, pour compléter vos propos, il est vrai que le discours change, mais il est surtout destiné à la politique interne.
      Erdogan s’attaque au pouvoir militaire, laic, et utilise le chiffon rouge iranien pour donner le change à sa clientelle islamiste. Rappelons nous de tensions qu’il existe entre l’armée qui dit prétend être le garant de la république et Erdogan qui drague l’électorat religieux.
      D’autre part il est naturel que Erdogan fasse monter les enchères, il sait que les USA ont besoin de lui, Obama s’est d’ailleurs empressé d’arrondir les angles lors de leur dernière entrevue.
      La Turquie et les USA gardent des intérêts communs quand au contrôle de la Caspienne face aux Russes.
      Les USA ne change pas leur stratégie sur l’intégration de la Turquie à l’Europe qui en redemande. Je ne vois pas de changements majeur dans cette alliance, à part des postures de circonstance.

  8. Grèce : Attention aux interprétations faciles
    Les décisions récentes: stratégie de remise en ordre des finances publiques avec les programmes sectoriels correspondants, notamment au niveau de la fonction publique; placement du pays sous la tutelle de l’union; lancement d’une procédure en infraction; changement du statut d’Eurostat; etc, donnent lieu aux analyses les plus diverses qui pour autant renouent presque toutes avec la vieille idée du complot.
    Bien évidemment ces analyses, partent de l’idée peu contestable, que le plan de rétablissement est irréaliste. Il est vrai qu’en Grèce plus qu’ailleurs les entrepreneurs politiques fonctionnent sur la base d’un clientélisme gourmand en déficit public, l’achat de voix se faisant plus facilement qu’ailleurs en termes de créations d’emplois publics. le plan est simplement politiquement irréaliste. Ce fait n’est guère contestable.
    Par contre les analyses qui évoquent l’idée d’un complot financier ou d’un complot bruxellois ne semblent guère résister à l’analyse.
    Complot financier tout d’abord.
    On entend que les marchés se seraient attaqués à la dette grecque en sous entendant que derrière ces marchés il y aurait de gros acteurs décideurs…les quels seraient en connivence avec les agences de notation qui auraient données le signal de l’attaque. Ces attaques permettant aussi à certains de tirer avantage de la montée du spread. Pour être juste, cette thèse devrait aussi devoir démontrer que ces quelques gros décideurs (mégabanques ou mégahedge funds) disposeraient d’un bilan coûts/avantages très favorables à la sortie de la Grèce de l’eurozone, voire à l’implosion de la zone elle-même. Or ce bilan est impossible à réaliser tant les externalités issues de la stratégie de l’attaque, sont nombreuses et surtout inconnues. C’est que la sortie de la Grèce ressemblerait fort à l’insolvabilité des ménages américains qui dès 2007 vont – sans le vouloir- par le jeu de la titrisation, contaminer nombre d’actifs et déboucher, par mimétisme, sur la crise financière. La dette grecque se trouve comme les crédits hypothécaires, partout dans les produits financiers. Les méga banques américaines ont d’autres soucis aujourd’hui, et vont éviter l’histoire de l’arroseur arrosé.
    Complot bruxellois ensuite.
    On entend ici une affaire plus complexe, certains pays souhaitant la sortie de la Grèce, ou d’autres souhaitant donner l’exemple par la contemplation du supplicié. Là aussi, il faudrait apporter des démonstrations convaincantes. Bruxelles n’est pas une entité homogène. Si tous les pays bénéficient d’un affaissement de l’euro vis à vis du dollar, aucun ne souhaite sérieusement voire la Grèce quitter la zone. Non pas par solidarité avec la Grèce, mais tout simplement par peur de voir redémarrer une crise financière de grande ampleur qui sonnerait aussi le glas de l’euro, et probablement de nombre d’entrepreneurs politiques. Et même si aujourd’hui, les coûts associés au statut si enviable de passager clandestin, sont devenus très élevés, le temps n’est pas encore venu, chez les entrepreneurs politiques, de prendre la décision de quitter le navire. Le navire prend l’eau, mais il vaut mieux encore colmater les fissures et déchirures. D’où la création du statut de supplicié, que l’on met en place, tout en le redoutant, en ce qu’il pourrait entrainer la mort de celui que l’on veut conserver en vie, au moins pour quelque temps encore.
    La Grèce n’est pas victime d’un complot clairement organisé.
    L’attaque, celle des marchés, est le fait de comportements individuels- bien sûrs intéressés- mais très probablement sans cartellisation. Le statut présent de la grèce, en proie avec le spread considérable de sa dette douveraine est un fait social émergent qui n’est voulu par aucun acteur.
    La mise sous tutelle par Bruxelles, n’est pas un complot, mais bien plutôt le produit d’une panique- non pas pour quitter le navire- mais pout tenter de le maintenir à flot, tant que cela est encore politiquement jouable. Les acteurs de l’eurogroupe et de la BCE marchent ainsi sur la pointe des pieds

    1. C’est amusant que nos deux billets tombent en même temps, le vôtre contredisant complètement le mien, j’amène donc quelques précisions pour ne pas être taxé de complotiste.

      1. Que des manœuvres géopolitiques soient en cours ne signifient pas complot, même si bien évidement elles ne font pas la une du 20h de TF1. C’est de l’ordre du ‘buisness as usual’
      2. Il ne faut pas négliger l’interdépendance des trois pouvoirs à Washington, la finance, le pentagone et la maison blanche. La finance tire très souvent profit des ‘conquettes’ du pentagone, de même que Wall Street peut être vu comme la continuation de la diplomatie américaine là ou l’option militaire n’est pas envisageable. La maison blanche servant de coordinateur à tout ce joli monde.

      Je ne crois pas verser dans le complot en disant cela.

    2. Tres bonne analyse, as usual, jean claude, mais la mise sous tutelle qu’on evoque ici ou la me semble un voeux pieux et de l’agitation destinee a donner l’ilusion de l’action, en gros de la com, nom moderne de la propagande.

      Et si la grece dit merde a tout le monde? Pas de maniere politique mais par son incapacite, que vous soulignez, a passer sous les fourches caudines d’une UE qui sait tres bien qu’elle ne peut, dans les faits, quasiment rien imposer.

      Bref, ca jase, mais c’est tout!

    3. Sans qu’il y ait de complot financier ou bruxellois, on sent quand même qu’il y a une très forte bataille idéologique autour de l’euro, de sa pertinence, de la viabilité d’une monnaie unique en Europe, des conditions dans laquelle elle peut/doit exister, etc. C’est pour ça que l’ “affaire grecque” est si importante.

    4. Monsieur Werrebrouck,

      A défaut d un complot, choses auxquelles je ne crois guère, ne peut-on pas y voir une conséquence non intentionnelle de l action de la communication anglo-saxonne, aveugle dans ses propres réflexes idéologiques ?

    5. [ Je tiens à signaler ici que votre blog mérite une large diffusion-
      souhait : que Paul l’ inscrive sur son “blog-roll” …]

      J’ approuve. Les complots vont de pair avec la paresse intellectuelle
      et une sous-information.
      Concernant Bruxelles, “panique” sonne juste. “Ils” sont dépassés
      et à bout de solutions. La mise sous tutelle est-elle conforme au traité
      européen ou une base juridique existe-elle ?. Si la réponse est non,
      cela ressemble à un acte impérialiste , comme la mise sous tutelle
      des finances égyptiennes ou ottomanes au siécle passé, par la France
      et la Grande-Bretagne. ( Smirne était une bonne villégiature
      pour ces fonctionnaires des finances et nous a donné au moins
      1 prétendant à la présidence de la république).
      Il serait curieux que Bruxelles, qui a peur de son ombre dans les relations
      internationales, se résoud à un acte d’autorité vis-à-vis d’un des membres
      de l’ Eurozone. La crainte de la finance “les” transforme en apparence de lion,
      et ce d’ autant plus que le pays est petit, et sans beaucoup d’intérêt
      sinon de servir d’avertissement et d’exemple. Pauvre laboratoire…

      La rigidité idéologique est toujours là. Au constat que le libéralisme
      est la cause des malheurs grecs, “ils” ne sont capables que de répondre par
      plus de soumission aux diktats de la finance.
      L’ autonomie d’un pays est gravement remise en cause. C’est à souhaiter
      que les grecs n’aient pas perdu la fierté qui les a maintenu au cours
      d’une histoire difficile.

    6. “L’attaque, celle des marchés, est le fait de comportements individuels- bien sûrs intéressés- mais très probablement sans cartellisation.”

      Je pense exactement l’inverse.

      “Pour être juste, cette thèse devrait aussi devoir démontrer que ces quelques gros décideurs (mégabanques ou mégahedge funds) disposeraient d’un bilan coûts/avantages très favorables à la sortie de la Grèce de l’eurozone, voire à l’implosion de la zone elle-même.”

      Ces quelques gros décideurs servent les intérêts US, c’est-à-dire leurs intérêts. Leur objectif est de sauver la suprématie du dollar en affaiblissant l’euro, seule devise concurrente sérieuse. Le bilan coûts/avantages favorable me semble évident. Je ne parle pas ici de profits suite à une opération sur le marché des changes mais au maintien du dollar comme devise de référence et aux profits bien plus colossaux et durables qui en découlent.
      On les voyait d’ailleurs venir de très loin, certains journalistes dont on sait pour qui ils bossent, tels Evans-Pritchard, martelaient le sujet depuis déjà des mois.

    7. Une explication à la campagne internationale qui est menée à propos des déficits, est me semble-t-il nécessaire, et je propose la suivante:

      1/ Cette campagne résulte d’une anticipation de la très forte demande sur les marchés obligataires qui s’annonce, qui va susciter sur ceux-ci des tensions (des hausses importantes des taux). En raison de la présence simultanée et en position de demandeur des établissements financiers (banques, mais aussi assurances), des grandes entreprises et…des Etats.

      2/ La conséquence en a été selon moi tirée sans attendre: moins les Etats seront présents sur le marché, mieux cela vaudra pour les autres  ! Pour obtenir cela, il est donc impératif qu’ils se consacrent prioritairement à la réduction de leurs déficits. CQFD.

      3/ La crise grecque actuelle n’est que le résultat de cette analyse appliquée à l’Europe. Elle est aussi, sans être l’expression d’un complot ou d’une panique, le fruit de désaccords masqués entre les principaux partenaires de la zone euro qui prennent ainsi le risque d’être des arroseurs arrosés. Continuant d’exercer une pression maximale sur le gouvernement grec, sans que lui soit encore proposé en contrepartie de son allégeance un soutien financier, qui est, comme vous le soulignez, nécessaire pour que l’ensemble de l’opération soit crédible.

      4/ Les discussions engagées à ce propos n’ont semble-t-il pas abouties. Sans que l’on puisse dire si cela est ou non provisoire. Elles ont certainement porté sur les modalités d’une aide financière éventuelle, ainsi que sur les conditions dans lesquelles celle-ci pourrait être accordée.

      5/ Quant aux banques, vous leur attribuez la crainte d’être arrosés pour les disculper de leur intervention concertée, au profit de comportements individuels, « très probablement sans cartellisation ». Ce qui vous permet de trouver comme raison à cette crise dans la crise « des comportements intéressés », sans plus d’explication.

      A suivre avec attention ce qui se passe dans le domaine de la régulation – que ce soit à propos des différents projets de taxation et de restrictions de leur périmètre d’activité, ou bien encore de la perspective de durcissement de leurs fonds propres – je constate que les banques défendent leurs intérêts avec opiniâtreté et non sans succès, se retrouvant globalement rangés derrière une même stratégie qu’elles appliquent. Davos en a été une claire expression.

      Il en est de même à propos de la bulle financière privée, pour laquelle ces mêmes banques (terme utilisé par convention de langage) ont un remède, qui est donc proposé non sans insistance aux gouvernements. Alors qu’elles en sont dépourvus à propos de celle de la bulle financière privée, grâce à laquelle elles pensent pouvoir se tirer d’affaire.

    8. Francois, mais comment les memebres encores valides, ou plutot pas trop eclopes vont bien pouvoir aider la grece, si cela est possible, ce que je ne pense pas, sans eux meme encore plus creuser leur propre deficit.

  9. Dans les Echos de ce jour.

    Ce n’était pas là que j’attendais la panique suivante, mais l’un des rares intérêts d’une crise est qu’elle recèle sa dose d’inattendu.

  10. Le comble c’est que la France s’en sort mieux que la Grande-Bretagne ,l’Irlande….puisqu’elle n’avait pas encore tout privatisé ,le rôle de l’état est encore significatif et elle avait protégé ses secteurs stratégiques…bref, tout ce que le gouvernement actuel voulait changer au moment de son entrée en fonction…Entretemps il a changé de discours et de cap….mais cela reste encore très loin de ce que préconise Paul Jorion.

    1. Il y a deux sortes d’inertie : celle de translation et celle de rotation. Elles sont la limite actuelle de la théorie d’Einstein.

      Ainsi, la rotation libérale de la signature de l’ “accord” AGCS de 1994, s’est opposée naturellement à la translation conservatrice de la société française…

      C’est lorsque ces deux mouvements se lient que l’on peut dire qu’il y a privatisation des profits et nationalisation des dettes.

    2. La question n’est pas de realiser un classement de qui s’en sort le mieux, comme on realisais il n’y a pas si longtemps un classement des mauvais eleves maastrichiens, classement ou la france n’etais pas tres bien placee.

      Tout cela est risible face a la realite que vivent nombre de nos concitoyens.

      Quels secteurs sont strategiques? Les as t’on vraiment proteges? J’avoue que je ne sais pas trop quoi en penser tant la politique industrielle suivie me semble eratique.

    3. Non non le discours Sarkozyque consiste toujours à affirmer que la privatolibéralisation des actifs publics est urgente.
      Ceci afin de libérer l’état de ses poids lourds …censément mieux gérés par le privé.
      Les conditions scandaleuses de cession de ces actifs évoquent la période Eltsine avec la naissance des oligarchies.
      Au passage soupçonnons le pouvoir actuel de prendre des commissions occultes au passage sur des comptes off-shore.
      Comptes inattaquables dans des paradis plus ou moins fiscaux malgré les rodomontades de nos chefs…

  11. je voudrais savoir au niveau individuel ,que faite vous en dehors de savoir si l’eau rentre dans le bateau par devant ou par derrière ,pour sauver votre peau l’or de la chute final .tout le monde réfléchit sur tout,mais personne n’explique ce qu’il fait

  12. Un tournant est pris actuellement:
    . les causes de la crise, sont désormais euphémisées. Trois petits tours de Davos et puis s’en vont.
    . les expériences de laboratoire sont terminées: paillasses rangées, éprouvettes remises dans leurs râteliers: les “planches pourries” doivent payer, c’est aujourd’hui le mot d’ordre.
    . appels démagogiques tendant à stigmatiser les peuples. Ceux du “Club Méd” en avaient pris l’habitude. Appels qui ont des relents de ratonnades. L’abject est à l’horizon.

    Qui veut démontrer quoi… pour démonter quoi?
    Qui ? Exercice difficile pour qui cherche à identifier ce “qui est qui”.
    S’agit-il de nos pusillanimes politiques se défaussant sur Bruxelles, d’abouliques institutions européennes déguisées en chien de garde, d’une aveugle commission qui n’a toujours pas rencontré le moindre bulletins de vote, de lobby riches en fins et en moyens ?

    Quels que soient les membres de cette sinistre oligarchie, un point d’inflexion se dessine aujourd’hui.
    Nous voyons apparaître, chose pressentie et déjà illustrée dans un passé récent, le renforcement du syndrome de déni de la réalité politique.
    D’autant plus fort qu’il entre en synergie avec celui qui a déjà atteint la sphère financière. De l’ordre d’une hallucination coopérative.

    Pour revenir au sujet qui nous préoccupe, “Qui veut démontrer quoi ?”, nous assistons aujourd’hui à la mise en place d’une démonstration de force que rien ne fera faiblir.

    1. Tout a fait d’accord avec vous claude, cette force s’accompagne habituellement de purée de pomme de terre, en tout cas en France.

  13. Sur ce blog, à 17h08, l’économiste Jean-Claude Werrebrouck écrit à propos du soi-disant “plan de rétablissement” que vient de dévoiler le gouvernement grec :

    “Bien évidemment, ces analyses partent de l’idée peu contestable que le plan de rétablissement est irréaliste. Il est vrai qu’en Grèce plus qu’ailleurs, les entrepreneurs politiques fonctionnent sur la base d’un clientélisme gourmand en déficit public, l’achat de voix se faisant plus facilement qu’ailleurs en termes de créations d’emplois publics. Le plan est simplement politiquement irréaliste. Ce fait n’est guère contestable.”

    Je suis entièrement d’accord avec cette phrase.

    Nous le savons tous ici.

    Nous le savons tous ici, sur ce blog, qu’il est impossible de passer de presque 12,7 % de déficit aujourd’hui, à 3 % en 2012.

    Et toute la tragédie grecque est là, justement.

    Je compare la Grèce à un bateau. Le bateau “Grèce” a déjà percuté l’iceberg. L’eau s’engouffre de plus en plus vite. Le commandant du bateau “Grèce” vient de présenter son plan à tous les passagers. Il leur a dit :

    “Voici ce que nous allons faire : nous allons reboucher toutes les voies d’eau, et nous allons ensuite poursuivre notre croisière. Au travail, tout le monde. Nous allons travailler jour et nuit, sans manger, pour reboucher toutes les voies d’eau.”

    Les passagers ont compris que ce plan était un mauvais plan. Les passagers ont compris qu’il était inutile de perdre du temps à essayer de reboucher les voies d’eau. Les passagers ont compris qu’il fallait stocker des vivres dans les canots de sauvetage, monter dans les canots de sauvetage, puis quitter le bateau.

    Le commandant et son équipage donnent des ordres : ce sont de mauvais ordres.

    Les passagers ne veulent pas obéir à ces ordres : les passagers veulent faire autre chose.

    Voilà où en est le bateau “Grèce” aujourd’hui : le bateau “Grèce” va couler. Le plan du commandant grec est irréaliste : il est impossible à atteindre. Il est impossible de passer de presque 12,7 % de déficit aujourd’hui, à 3 % en 2012.

  14. Compte tenu du fait que cette crise grecque semble préfigurer une possible “crise systémique”pour l’Eurozone, vu ses effets immédiats à court terme sur le Portugal et l’Espagne, ( dans le souvenir de G.Soros et la livre, rappelé par Paul Jorion ) et, malgré la position très claire du président de la BCE, qui a temporisé et relativisé cet après-midi, y-a-t-il une possibilité selon vous Francois Leclerc, de voir ressurgir l’idée de G.Verhofstadt / Jean Claude Juncker du ‘common eurozone bond’ pour soulager la pression sur l’ euro et les nombreux pays de l’UE ‘délinquants’?

    1. L’hypothèse de l’émission d’euro-obligations traîne depuis quelque temps dans les couloirs, comme vous ne l’ignorez pas, mais elle a fait l’objet de déclarations publiques opposées des Allemands.

      La possibilité que des Etats de la zone euro se groupent pour aider la Grèce, ou bien que la Banque européenne d’investissement (BEI) intervienne ont été aussi évoquées.

      Un autre problème rencontré pourrait être que la solution adoptée fera jurisprudence au sein de la zone euro ! Car, je suis d’accord, Trichet n’a pas fermé la porte, et d’ailleurs cette question n’est pas de ses prérogatives formellement. C’est pourquoi j’avais titré mon billet précédent sur la recherche d’un mécanisme en général.

  15. Le président Portugais défend son pays, et c’est tout à sont honneur.
    http://www.boursorama.com/forum-gold-index-en-quoi-la-situation-du-portugal-ou-395685403-1

    Le président Obama boude le prochain sommet européen ou il était attendu.
    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/02/02/barack-obama-boude-le-sommet-europe-etats-unis-a-madrid_1300055_3222.html

    Mr Obama se sentirait il gêné par les notes de ses agences de notations?
    J’ai l’impression que tout le monde sur ce blog attendait ca, l’instant ou les évènements s’emballent, justifiant même l’existance de ce bog.
    Cependant je trouve étonnant que ce mouvement de panique ne touche que les pays du sud de l’Europe, cibles un peu faciles, alors que comme ne note le président portugais d’autres états n’ont rien à leur envier.
    Et quand à nous Français, nous n’avons pas la réputation d’être très rigoureux question déficit, avons nous peut-être la chance d’avoir encore quelques arguments.
    Tout cela me laisse quand même perplexe.

  16. Ne vous inquiétez pas…
    J’ai écouté le journal télévisé sur France2 ce soir.
    Furent évoqués : Cyclone sur Tahiti, problèmes de la Toyota Prius, Haiti… et un reportage très intéressant sur la sexualité des Français. Savez-vous qu’il s’est vendu l’an passé 3 millions de sextoys en hausse de 12% par rapport à l’an passé ?
    Tout ceci pour vous dire que la chute des marchés mondiaux de ce jour est sans importance car même pas évoquée.
    A moins que ce ne soit tellement grave qu’il est préférable de censurer le sujet.

  17. l’article 123…l’article 123 …!!!???

    On ne pas m’a pas demandé mon avis pour l’élaborer .( comme tant d’autres…)… à vous ..peut _être..si ?

  18. Le programme d’assainissement de ses finances publiques présenté par la Grèce est encourageant et il est important qu’Athènes prenne toutes les mesures nécessaires pour atteindre ces objectifs, a déclaré jeudi le président de la Banque centrale européenne.
    Le gouvernement grec a remis à la Commission européenne une nouvelle mise à jour de son programme de stabilité et de croissance prévoyant de ramener le déficit public à 2,8 % du PIB en 2012, et l’exécutif européen l’a approuvé mercredi.

    Reuters

    Récapitulons :

    1- La Grèce a aujourd’hui un déficit de 12,7 % du PIB.

    2- Le gouvernement grec a remis à la Commission européenne son plan de rigueur : en 2012, le déficit ne sera plus que de 2,8 % du PIB ! Je vous jure qu’il l’a promis ! Le déficit grec sera à 2,8 % en 2012 !

    3- La Commission européenne a aussitôt répondu : “Alors là, bravo ! Passer de 12,7 % à 2,8 % en 2012, mais c’est un plan magnifique ! C’est un plan formidable ! Nous sommes sûrs que vous allez y arriver ! Les marchés devraient être rassurés !”

    4- Le président de la Banque Centrale Européenne a renchéri : “Je dirais même plus : c’est un plan vachement crédible ! Nous sommes sûrs que vous allez vachement y arriver ! Les marchés devraient être vachement rassurés !”

    5- Résultat : sur toutes les places boursières européennes, ça a été la panique. Les Bourses européennes se sont effondrées.

  19. A tout ceux qui se demandent comment va réagir le peuple grec, il ne faut pas oublier l’insurrection de fin 2008.

    Depuis, la tension sociale est très élevée avec de constantes actions directes prenant pour cible banques, politiciens, journaux.

    Pour se tenir un peu au courant de cet aspect du pays, il vaut la peine de visiter ce site: http://www.occupiedlondon.org/blog/

    Comme l’a dit un autre intervenant du blog, pousser la Grèce à des mesures “d’ajustement” c’est ouvrir la boîte de Pandore. Athènes risque de se transformer en Buenos Aires de 2001 ou – étant donné la situation politique locale – en Barcelone de 1936.

  20. Bon, pour détendre un peu l’atmosphère, moi, ça me fait marrer qu’on reproche aux Grecs leur manque d’orthodoxie!! (budgétaire of course).
    Les Grecs et les Portugais sont des peuples fiers et j’espère que ces petits pays “laboratoires” vont exploser aux visages des puissants qui tirent les ficelles. C’est de cet électrochoc que notre Europe momolle et plus assez sociale à besoin. Bientôt, vous allez voir renaître de leurs cendres des tas de petits mouvements tres à gauche. Esperons qu’ils utilisent l’attentat patissier version Legloupier plutôt que la dynamite.

  21. @François Leclerc
    Merci pour le mécanisme de coercition.
    Si je vous suis bien les ‘marchés’ pour se protéger de taux d’intérêts trop forts on liquidés la Grèce.
    Mais la Grèce devait emprunter à qui, aux marchés? aux autres Etats? la je bloque, qui prête à qui?
    à qui paierais ses forts taux d’interêts la Grèce?
    Et si la Grèce avait pu emprunter à un menbre de l’euro groupe? Oui mais eux emprunte aussi?
    Qui est le bailleur de fond dans tout ca?
    Aux Edges funds, gavés de dollards par la FED? (qui comble du cynisme se prénomment black-machin) dollar qui soit dit en passant se sont appréciés de 10% dans l’opération (coup double).
    C’est ce que j’appelle une attaque. Une attaque contre un état souverain qui ne pourras plus financer la misère de sa population à si bon compte. Misère provoquée par ces mêmes prêteurs, ces mêmes censeur qui prônent la bonne gestion.

  22. Ne me faites pas dire ce que je ne veux pas dire, quoique …
    Quand ils imaginent à quels ajustement structurels “leurs” peuples vont être mangés, ils n’en croient pas leurs orbites énuclées.
    Par ordre d’entrée en cène:
    . Geórgios Papadópoulos, Grec
    . Francisco Paulino Hermenegildo Teódulo Franco y Bahamonde, Espagnol
    . António de Oliveira Salazar, Portugal.

    Ils n’en demandaient pas temps, c’était à des années lumières d’aujourd’hui: Papadópoulos est mort en prison en 1999.

  23. Pouvez vous me répondre.

    Je je vous lis bien, nous sommes donc en guerre ? l’attauqe de pays de l’EU et non d’entités économiques était la ligne à ne pas franchir, non ?

    Alors pourquoi ne pas faire comme tsaal et liquider quelques maîtres du marché ? Obama n’a t- il pas dit qu’il était prêt à se battre.

    Merci

  24. Ca veut rien démontrer du tout, c’est une ignoble arnaque.
    Il est assez peu imaginable que la Grece, l’Espagne et le Portugal coulent sous nos yeux sans que Trichet et le couple franco-allemand se tournent les pouces. Déja qu’ils aident la Livre Sterling en sous main…
    Reflechissez! C’est absurde! Ce serait la mort de l’Europe et de l’Euro.
    Donc? Eh bien c’est de la propagande alarmiste pour justifier un “spread trés élevé” que veulent imposer les marchés à ces pays. Pourque cela soit justifiable, il faut déclarer qu’ils sont à la ruine, ce qui est assez vrai, mais surtout il faut faire croire au danger et au risque pris par les banques en poussant ces pays à prendre des mesures contre la population. La BCE complice du crime, envisage meme la sortie de la Grece de la zone euro, ce qui est de la propagande lamentable et une aide pour la réussite du plans des banksters.
    Ca prouve que…Ca justifie que…Que les banquiers fassent l’opération suivante: 6%-0,5% (0,5% taux de la BCE) ça fait 5,5% inthepoket pour pas un rond! Ca vaut bien que le marché fasse cette propagande non?
    En plus Trichet (Quel nom pléonastique!) et le couple franco-allemand sont ben content comme tout: Vont pas sortir un rond dans l’opération les enfoirés…
    Bref: Arnaque et ignominie des gourverneux de droite.

  25. Izarn écrit : “Il est assez peu imaginable que la Grece, l’Espagne et le Portugal coulent sous nos yeux sans que Trichet et le couple franco-allemand se tournent les pouces.”

    Jean-Claude Trichet a la particularité d’avoir la même opinion que les banquiers de la Bundesbank avaient au moment du passage à l’euro.

    Citation du journal Le Monde :

    Mais il y a aussi dans l’attitude intransigeante de l’Allemagne une vraie conviction économique, résumée sèchement par Axel Weber, le patron de la Bundesbank : “Il est impossible de justifier auprès des électeurs qu’on aide un autre pays afin que ce dernier puisse s’épargner les douloureux efforts d’adaptation qu’on a soi-même endurés.”
    Les dirigeants allemands avaient accueilli, on s’en souvient, avec beaucoup de réserve l’idée de faire entrer dans l’euro des pays d’Europe du Sud, “les pays du Club Med”, “les cueilleurs d’olives”. Ils avaient fini par accepter mais, précisément, en obtenant l’ajout d’une clause de no bail out, de non-assistance financière à pays en danger.
    La Bundesbank, notamment, considérait que ces pays n’étaient pas assez solides et vertueux pour partager la même monnaie qu’eux.

    Fin de citation.

    Concrètement, l’Allemagne n’a accepté les “cueilleurs d’olives” dans la zone euro qu’en obtenant l’interdiction du sauvetage d’un Etat membre en faillite.

    Cette interdiction du sauvetage d’un Etat membre en faillite a été gravée dans le marbre des traités de Maastricht, puis d’Amsterdam, puis de Lisbonne.

    Il y a 18 ans, les dirigeants politiques allemands avaient parfaitement prévu ce qui est en train de se passer aujourd’hui même.

    Lors des négociations pour rédiger le traité de Maastricht, l’Allemagne avait annoncé la couleur : l’Allemagne avait prévenu ses partenaires que les “cueilleurs d’olives” (c’est comme ça qu’elle surnomme la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie) étaient incapables de la moindre rigueur budgétaire, et incapables de fournir des statistiques fiables.

    L’Allemagne avait prévenu ses partenaires que “les pays du Club Med” ne pourraient pas être suffisamment vertueux, suffisamment rigoureux pour rester dans la zone euro.

    D’où son obsession de se protéger elle-même grâce à l’article 123 du traité de Lisbonne (c’est l’ancien article 104 du traité de Maastricht).

    L’Allemagne a obtenu grâce à cet article que la Banque Centrale Européenne ne prêtera pas des milliards d’euros à un Etat membre en difficulté.

    Je recopie l’article 123 du traité de Lisbonne :

    “Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ciaprès dénommées «banques centrales nationales», d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. ”

    Dernière chose : cette semaine, nous venons d’apprendre que la situation économique et sociale de l’Allemagne elle-même était dramatique.

    Allemagne : de nombreuses communes au bord de la ruine.
    Les communes allemandes ont une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme sur leur situation financière désespérée mardi, et prévenu qu’un certain nombre d’entre elles étaient “au bord de la ruine”.
    La fédération allemande des communes table sur un déficit cumulé de 12 milliards d’euros cette année, le plus élevé de l’après-guerre.
    La crise économique et financière a sérieusement amputé leurs revenus, dont la taxe professionnelle, proportionnelle aux bénéfices des entreprises, représente le plus gros. Les recettes fiscales de la taxe professionnelle ont chuté de plus de 18 % sur un an en 2009.
    En parallèle les dépenses des communes, auxquelles incombe notamment une partie de l’indemnisation des chômeurs, ont augmenté.
    Et cette tendance devrait nettement s’aggraver cette année alors que le marché du travail allemand, pour le moment relativement épargné par la crise, va se dégrader.
    “Nous allons devoir faire face à la deuxième vague de la crise”, a prévenu Petra Roth, présidente de la fédération et maire de la capitale financière du pays, Francfort (ouest), lors d’une conférence de presse.

  26. En refusant toujours une aide financière de l’Allemagne, “des députés allemands ont appelé la Grèce à vendre des îles pour aider à financer sa dette, rapporte jeudi 4 mars le quotidien populaire allemand Bild, qui résume l’idée en ces termes : “On vous donne du fric, vous nous donnez Corfou.” “L’Etat grec doit renoncer à sa participation dans des sociétés, et vendre des propriétés foncières, comme par exemple des îles inhabitées”, a affirmé au journal le député libéral Frank Schäffler, du parti FDP au pouvoir. Pour le député du parti CDU d’Angela Merkel, Marco Wanderwitz, “si l’Union européenne et donc l’Allemagne venait à aider financièrement la Grèce, il faudrait qu’elle consente des garanties en échange”. “Quelques îles pourraient ainsi faire l’affaire”, selon le député. (Le Monde). Depuis 3 semaines on assiste à un acharnement inimaginable de la presse allemande envers le peuple grec. Un parlementaire européen (FDP) à même comparé la “mise en tutelle” de la Grèce avec l’occupation sous les turcs, tout en concluant que l’âme grecque serait habitué à ce genre de situations.

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