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Dans « manipulation » il y a « main », comme dans « main invisible »

Certains d’entre vous s’étonnent qu’alors que la panique s’est emparée aujourd’hui des marchés en raison de l’effondrement du rouble, le CAC 40 réalise en clôture un gain de 2,19 %.

Miracle

© Dow Jones Company

Bon d’accord, on a peut-être forcé un peu sur la « pompe à optimisme » et ces 2,19% sont un peu voyants. Mais que voulez-vous, tout cela, c’est une mécanique très délicate, et plutôt que de hurler à la manipulation (pour la bonne cause, bien entendu), souvenez-vous que dans « manipulation » il y a « main », comme dans « main invisible » et la véritable héroïne de la journée d’aujourd’hui (croyez-moi), c’est la « main invisible » de l’autorégulation (croix de bois, croix de fer…) !

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L’effondrement du rouble : réaction en chaîne

Si l’effondrement du cours du rouble qui a lieu en direct sous nos yeux, se poursuit, les détenteurs de dette souveraine russe verront atteinte la cote d’alerte qu’ils se sont fixée à la baisse et revendront les obligations russes « à la casse » pour limiter les dégâts. Celles-ci se retrouvant en quantités énormes sur le marché, c’est leur prix à elle qui s’effondrera, catapultant les taux d’intérêt plus haut qu’ils ne sont déjà, grippant entièrement l’économie, en plus de la finance.

Selon le Wall Street Journal :

Tatiana Ryabina, à la tête du département des prêts interbancaires à la banque Lanta à Moscou : « Les devises étrangères ne pourront pas être acheminées demain du fait que tous les avions de fret [pour les devises] sont pleins ».

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VENDREDI 24 JANVIER : DES MARCHÉS SECOUÉS

Une semaine difficile
Une semaine difficile © Dow Jones

Quand un « flash crash », un krach instantané, eut lieu aux États-Unis le 6 mai 2010, je me distinguais de la quasi-totalité des commentateurs en mettant l’accent sur les facteurs objectifs ayant conduit à la baisse brutale de la Bourse constatée ce jour là, expliquant la moitié au moins des 10% du plongeon. Dans ma vidéo du lendemain : Le temps qu’il fait le 7 mai 2010, j’attirais en effet l’attention sur le rôle joué dans la baisse des marchés au comptant et à terme américains par les émeutes à Athènes la veille et par le refus, réaffirmé par Jean-Claude Trichet, alors à la tête de la Banque centrale européenne, d’accepter le principe d’un Quantitative easing (planche à billets) à l’européenne.

Prendre en compte la dynamique purement interne des marchés, la capacité des prix passés à générer les prix à venir (facteurs intrinsèques), c’est certainement une très bonne chose mais les marchés financiers ne vivent pas en monde clos et l’état de la planète (facteurs extrinsèques) ne leur est pas indifférent.

Aussi pour expliquer la baisse brutale des Bourses dans la journée d’hier, je ne me contenterai pas de l’attribuer, comme le fait le Financial Times (recourant à la savoureuse langue de bois propre à la finance), à une soudaine « aversion au risque », comparable à la virtus dormitiva de l’opium chère au docteur Diafoirus, mais plutôt au discrédit du parti au pouvoir en Turquie, aux situations quasi-insurrectionnelles en Thaïlande et en Ukraine, à la dépréciation de 15% en une semaine du peso argentin, à la très petite forme d’autres devises comme le rouble et la roupie, et à la combinaison en Chine d’une bulle du crédit poursuivant souterrainement son parcours dans la finance de l’ombre locale et du discrédit là aussi du parti au pouvoir à la suite des révélations OffshoreLeaks relatives aux comptes détenus dans des havres fiscaux par les dignitaires du Parti communiste et leurs proches.

Une telle accumulation de causes de souci risque de rendre la journée de lundi fertile en rebondissements sur les marchés financiers.

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