Archives par mot-clé : sécurité sociale

Un coup de pouce pour la taxe Sismondi

Ouvert aux commentaires.

Ma suggestion d’une « taxe Sismondi » sur la valeur ajoutée par les machines date d’une chronique que j’avais publiée en 2014 dans Le Monde : La grande transformation du travail. Benoît Hamon avait repris la proposition dans son programme de campagne présidentielle. Depuis, il avait aussi été question d’en débattre au Parlement européen mais après moult roulements de tambour, le moment venu, la rapporteuse de la proposition l’avait retirée, en raison du tollé qu’elle aurait causé, avait-elle alors déclaré.

Dans une tribune libre du quotidien financier belge L’Écho, l’économiste belge Étienne de Callataÿ en reparle. Il écrit ainsi, le 8 février, dans Assurer la sécurité sociale :

Le financement du futur pour la sécurité sociale devra incorporer une taxe Sismondi sur la valeur ajoutée non humaine, une responsabilisation des employeurs pour les métiers pénibles et le reclassement des employés remerciés, l’internalisation du coût de la pollution et un ajustement fiscal aux frontières pour empêcher la course au moins-disant social et environnemental.

« Petit à petit, l’oiseau fait donc son nid… »

Partager :

VERS UNE CIVILISATION DE L’IMMATÉRIEL, par Valentin Przyluski

Billet invité. Le contexte de la réflexion de Valentin Przyluski peut être appréhendé par la lecture des articles suivants : Le cinquième suicide européen, par Jacques Attali, et un papier du Wall Street Journal sur Matthieu Pigasse.

À la suite de ces lectures, il m’est apparu qu’il fallait reconsidérer les stabilisateurs sociaux à l’aune d’une nouvelle analyse. Par stabilisateurs sociaux, terme emprunté au jargon économique, j’entends toutes les politiques assurantielles : vieillesse, maladie, accident du travail, handicap, chômage. Les politiques du logement et de la famille, par leur impact sur le mécanisme de prix (indirectement par le revenu), m’apparaissent moins concluantes pour cet exemple. À l’inverse, j’inclus l’éducation dans ces stabilisateurs sociaux. Bref, un mix entre la sécurité sociale, et les services publics, pris en compte de manière économique.

Ils sont intégrés dans le débat politique et économique du modèle dominant, soit :

– comme une charge pour l’offre, un coût à la compétitivité ;

– comme une nécessité pour le maintien de la demande par une diminution subséquente du taux d’épargne des ménages désormais assurés, ou par un maintien du revenu dans le cas des impôts négatifs ou de l’assurance chômage ;

– comme du salaire indirect, pour les syndicats et partis de « la gauche de la gauche » selon l’expression consacrée.

Ces trois points lient ces stabilisateurs sociaux au coût du travail (offre), ou à la rareté matérielle et au concept de valeur des choses (revenu, salaires indirects). De fait, le mécanisme de gouvernance principale demeure le prix, et la méthode d’arbitrage, le cadre marginaliste.

Continuer la lecture de VERS UNE CIVILISATION DE L’IMMATÉRIEL, par Valentin Przyluski

Partager :