VERS UNE CIVILISATION DE L’IMMATÉRIEL, par Valentin Przyluski

Billet invité. Le contexte de la réflexion de Valentin Przyluski peut être appréhendé par la lecture des articles suivants : Le cinquième suicide européen, par Jacques Attali, et un papier du Wall Street Journal sur Matthieu Pigasse.

À la suite de ces lectures, il m’est apparu qu’il fallait reconsidérer les stabilisateurs sociaux à l’aune d’une nouvelle analyse. Par stabilisateurs sociaux, terme emprunté au jargon économique, j’entends toutes les politiques assurantielles : vieillesse, maladie, accident du travail, handicap, chômage. Les politiques du logement et de la famille, par leur impact sur le mécanisme de prix (indirectement par le revenu), m’apparaissent moins concluantes pour cet exemple. À l’inverse, j’inclus l’éducation dans ces stabilisateurs sociaux. Bref, un mix entre la sécurité sociale, et les services publics, pris en compte de manière économique.

Ils sont intégrés dans le débat politique et économique du modèle dominant, soit :

– comme une charge pour l’offre, un coût à la compétitivité ;

– comme une nécessité pour le maintien de la demande par une diminution subséquente du taux d’épargne des ménages désormais assurés, ou par un maintien du revenu dans le cas des impôts négatifs ou de l’assurance chômage ;

– comme du salaire indirect, pour les syndicats et partis de « la gauche de la gauche » selon l’expression consacrée.

Ces trois points lient ces stabilisateurs sociaux au coût du travail (offre), ou à la rareté matérielle et au concept de valeur des choses (revenu, salaires indirects). De fait, le mécanisme de gouvernance principale demeure le prix, et la méthode d’arbitrage, le cadre marginaliste.

Puis, je me suis remémoré un article qui m’avait été transmis par l’un des auteurs (disclaimer : du CIRED, où je travaille actuellement). Il m’est apparu dans toute sa pertinence comme le cadre central d’une remise en cause à la fois du centralisme du mécanisme de prix et du cadre marginaliste, et une possible réponse à la fameuse quête d’un modèle fondé sur l’immatériel prônée par Jacques Attali dans son article cité en préambule.

En effet, les politiques de santé et d’éducation financées par les charges sociales (salariales et patronales) sont une redirection forcée vers l’immatériel (ou en tout cas devrait l’être, c’est bien pour cela que la surconsommation médicamenteuse pose problème). C’est-à-dire des politiques qui ne consomment que peu de ressources matérielles et tendent au bien-être de tous. Les supprimer ou les éroder revient à remettre ce stock d’immatériel en arbitrage avec des consommations matérielles. C’est un retour en arrière sur le plan de notre dépassement du matériel ; ce qui est plutôt intéressant dans le sens où elles ont été conçues pour permettre plus de production (naissance de l’assurance-maladie) et un maintien de la demande. Sur ce compromis matérialiste doit naitre une civilisation de l’immatériel qui se départit progressivement du concept de valeur. Vous me direz que la politique reste la même : oui, mais la direction change (je ne suis pas conséquentialiste).

Peu importe donc que le PIB d’une nation soit consacré essentiellement à ces politiques. Peu importe qu’elles pèsent autant économiquement : ce sont des secteurs infinis au sens d’immatériel.

Il est temps à ce niveau d’introduire, ou de se réapproprier la notion de besoins primaires, de justice sociale et d’égalité – socle d’essence « communiste ». Ces besoins primaires, en respectant à la fois leurs évolutions dans le temps, et la nécessité de différenciation, recoupent le besoin matériel indispensable avant d’espérer parler d’immatériel. C’est le nécessaire à vivre sans lequel tout immatériel est opium du peuple (« les rutabagas c’est bon pour vous »). Ce nécessaire à vivre doit s’accommoder à mon sens d’une possibilité de différenciation voire de distinction et d’une évolution dans le temps (internet devient probablement une part du nécessaire moderne tendant à l’appropriation de l’immatériel par exemple) et d’une liberté de choix.

Un rapide passage par l’INSEE peut nous montrer qu’en ce qui concerne ces besoins primaires, pour plus ou moins les huit premiers déciles ils ne sont pas comblés plus facilement aujourd’hui qu’en 1970. À l’inverse bien sûr, les revenus et patrimoines supérieurs ont siphonné abondamment ces ressources. Ceci essentiellement pour montrer que, définir en besoins primaires, c’est d’ores et déjà le cas pour une bonne partie de la population, et ce n’est pas régressif ni liberticide (en tout cas pas automatiquement). Ceci nous ramène à une idée de justice, comme proposé par Sen, tendant à l’objectivité de son dessein et non à une quête potentiellement terrible (en tout cas historiquement) du bonheur pour tous par les politiques.

À ce stade, nous avons donc :

– les stabilisateurs sociaux (y compris l’éducation) comme composante actuelle de l’immatériel : c’est-à-dire une redirection forcée de la consommation vers des secteurs nécessaires pour l’homme et non-matériels ;

– les besoins primaires offrant une définition du stock matériel nécessaire permettant le choix ultérieur de l’immatériel.

Ces deux blocs partagent par ailleurs une différence fondamentale qui porte implication commune. Les besoins primaires sont régis par le concept de valeur comme mécanisme d’échange nécessaire mais ils ont d’une certaine façon une valeur infinie pour la société au final, car c’est le but d’une économie (ou ça devrait être) que de permettre leur satisfaction à tous (avec encore une fois une évolution dans le temps). In fine, il faudra donc payer, par l’impôt ou par la charité. Le plus simple serait bien dans ce cas de limiter leurs fluctuations et le mécanisme spéculatif sur sa valeur. En effet, tout le surplus généré sur ces besoins primaires par la spéculation devra être accaparé par l’État pour permettre l’accès a ces besoins primaires par ailleurs. On voit bien ici l’unique condition qui génère spéculation sur ces besoins, la croyance que l’État ne peut pas se réapproprier le surplus, notamment à cause de l’évasion fiscale… C’est essentiellement pour ces besoins primaires que l’État doit se poser en répartiteur du patrimoine : justice et ordre sont ces seuls mots d’ordre (je rejette ici travail et mérite, qui sont de la poudre aux yeux).

« Ordre », ceci nous renvoie à l’article du Wall Street Journal sur Matthieu Pigasse : le chaos social n’est pas bon pour l’économie. À ce stade donc, certains investisseurs doivent se demander combien ils sont prêts à payer pour maintenir des structures sociales et des institutions constructives. L’État n’est plus répartiteur à cause de la crise de la dette et d’un abandon absolu d’ambition des politiques : les besoins primaires ne sont plus satisfaits. Cette question s’étend bien évidemment aux stocks immatériels : combien l’économie est-elle prête à payer ? Pas par altruisme pur, mais bien par externalité positive : ne plus avoir de sans-abris partout, éviter les épidémies, vivre dans une société de gens éduqués, ouverts aux autres. Tenez, par exemple, moi je suis prêt à payer pour en finir avec le débat éternel et son utilisation politique sur les retraites (pour diverses raisons, c’est une autre histoire). Je suis prêt à payer beaucoup, en tout cas plus que le papier et l’encre de mon bulletin de vote, pour ne plus avoir de ministre condamné pour injures raciales, etc.

Les conclusions

  1. L’immatérialité et le chaos social doivent évoquer chez nos dirigeants et élites économiques certains éléments de compréhension du rôle des institutions sociales
  2. La sortie de crise se fait par les modes de vie. C’est essentiellement une structuration de la demande
  3. La structuration en besoins primaires et stock immatériel (d’un certain type) infini offre une perspective autre que la croissance infinie basée sur les services financiers et l’extraction de ressources pour la production matérielle et la consommation destructrice.
  4. Le concept de valeur doit être suspendu (voire « Le prix » de Paul Jorion) pour poser ce modèle car de toutes les manières il est inopérant. Le poids de la santé ou de l’éducation dans le PIB n’est pas un problème mais une solution. La spéculation sur les besoins primaires ne génère pas de valeur mais conduit à une inflation purement monétaire
  5. Ces réflexions impliquent de concevoir les stabilisateurs sociaux en fonction de la qualité de bien-être par procuration, et non plus en fonction de leurs impacts sur l’offre et la demande ;
  6. La seule question qui demeure est combien sommes-nous prêts à ponctionner sur l’économie, ou combien de points de PIB sommes-nous prêts à consentir pour atteindre ces ambitions ciblées (plutôt que pousser de manière indifférenciée offre et demande)

Ces première conclusions sont transitoires dans ma réflexion. Des obstacles demeurent :

  1. Quelle place pour le travail et le pacte productif ?
  2. Comment générer le matériel de manière à acquérir l’immatériel ?
  3. Comment concilier le cadre présenté ici et différenciation, mécanisme de marginalité, et revenus infinis pour qui veut ? Des points qui ne sont des problèmes que dans la mesure où ils atteindraient au cadre général.
Partager :

79 réflexions sur « VERS UNE CIVILISATION DE L’IMMATÉRIEL, par Valentin Przyluski »

    1. – les besoins primaires offrant une définition du stock matériel nécessaire permettant le choix ultérieur de l’immatériel.

  1. En résumé comment on fait faire passer l’être humain des temps modernes à un autre temps?Comment fait on pour sortir de la conception monnaie = échange commercial et passer à la conception monnaie = aussi échange culturel et social.? Comment tire t on l’homme de son Neandertal mercantilisme pour en faire autre chose qu’un marchand de foire ? Nicht mehr

      1. Oui, en remplaçant l’argent par le temps de bonnes actions accomplies !!
        Finies les mauvaises actions.. Tu fais des bonnes actions, tu manges, sinon, tu jeûnes !!
        Quand le mal ose toutes les audaces, le bien se dresse avec tous les courages..

        Pour ceux qui sont perdus dans le monde cynique hypocrite actuel:
        Une bonne action est celle qui fait du bien et augmente la vie, c’est l’Amour
        Une mauvaise action est celle qui fait du mal et diminue la vie.

    1. Réponse (liervol) :

      Par un changement des temps :

      – Explosion CO2 réchauffant, accompagnant une raréfaction du Dieu pétrole (c’est normal, le carbone qui était dessous est passé dessus).

      – Contraction de l’espace et du temps par un hyperdéplacement généré par le pétrole facile
      (trop de voyage tue le voyage).

      – Atteinte massive aux éléments air, terre, eau, conséquence d’une énergie artificiellement facile.

      – Substituts au pétrole fumeux : hydrogène, chimie verte (algues), atome…

      Dans un monde limité (ayant des limites), le néandertal mercantilisme perd ses carburants, ses raisons d’être et donc son aura.

      . Le mercantilisme néandertalien a remplacé le féodalisme néandertalien, parce que le déplacement pouvait techniquement exploser.

      Le raisonnable judicieux qui s’annonce dans la douleur aura lui aussi ses tares. Pourquoi des générations seraient-elles privilégiées ?

      Amicalement,

      Delphin

    1. En effet, sujet de bac. Mais le titre est trompeur … ce texte ne s’intéresse pas à l’immatériel mais au mécanisme de prix.

      Je n’aurai ni l’intérêt, ni l’envie pour m’intéresser à l’immatériel en soi.

      1. dommage l’immatériel à mon sens a plus d’intérêt que les mécanismes des prix ….enfin peut être que si l’homme survit en 5000 de notre ère on en sera enfin là…

  2. Bonjour,
    J’ai du mal avec la notion d’immatériel concernant la santé ! c’est un service (au) public qui par beaucoup d’aspects est matériel. La partie « immatérielle » est faible en France; l’éducation à la nourriture, la prévention etc. Seule la médecine curative est reconnue et elle est matérielle.

    Sinon les trois derniers obstacles le sont pour quels objectifs?

      1. @Wildleech,
        En dehors d’une régression vers des sociétés primitives, les phalanstères qui correspondent à la réunion de ces pôles ont eu leur petite heure de gloire, notamment avec l’expérience de Godin, mais ils n’ont pas réussi.
        La question de la liberté individuelle est centrale dans ce choix.

  3. Mélange de jargon, de néologismes, et de tournures de phrases défaillantes, qui semble receler quelques idées.
    Mais en français ça donne quoi ?
    En l’état j’ai l’impression que cet « immatériel » est creux.

    1. La question n’est pas l’immatériel, mais le mécanisme de marché et leur intérêt selon une « typologie », donc artificielle, de secteurs.

      Pour les questions textuelles, désolé.

  4. Je me demande s’il est bien raisonnable de vouloir acquérir de l’immatériel. Certaines choses ne s’achètent pas.

    Vous ne pouvez pas à la fois vouloir suspendre la notion de valeur, et vous référer au PIB qui est une valeur.

    1. @ Lisztfr 7 décembre 2011 à 00:26

      Je me demande s’il est bien raisonnable de vouloir acquérir de l’immatériel. Certaines choses ne s’achètent pas.

      Il ne faut pas se demander, ni même s’interroger. Il faut seulement admettre et en reconnaître la nécessité.

      Pour un être de notre espèce, l’immatériel a pris une place essentielle dans notre existence. Le problème auquel nous sommes confrontés vient de ce que malgré tous les progrès réalisés, nous ne sommes pas encore parvenus à ce que l’immatériel se libère totalement de tout support matériel, lequel vient de ce que nous sommes des êtres vivants.

      En tant qu’êtres vivants, nous avons besoin d’alimenter nos vies avec l’énergie que nous consommons en nous alimentant ou que nous faisons consommer par toutes nos machines conçues pour nous soulager des contraintes matérielles, mais sans nous en affranchir totalement.

      Nous avons, avec l’argent, poussé l’exercice jusqu’à transformer l’argent matériel en une entité immatérielle, une idée, un artéfact dans l’esprit de chacun d’entre nous où, malgré tout, il nous faut consommer de l’énergie pour en conserver la conscience.

      Et, puisque notre esprit est faillible et peut devenir pervers, nos communautés d’échanges n’ont pas, malgré leur ingéniosité, réussi à inscrire la trace de leurs échanges immatériels de cet ordre, sur des supports autres que matériels ; que ce soit sur des tablettes d’argile ou des supports magnétiques, les uns comme les autres demandant de consommer de l’énergie, c’est-à-dire du temps de vie humaine, pour les utiliser.

      Comme l’accès à l’immatériel, dont nous pourrions nous satisfaire, ne peut se faire sans le concours du matériel, nous sommes donc condamnés à acquérir l’un comme l’autre par une dépense d’énergie. Nous sommes contraints de prélever cette énergie par du travail de transformation de notre environnement.

    2. Dans toutes les analyses transitoires, il est complexe de ne plus du tout se référer au cadre d’analyse habituel. Votre première phrase est très juste, je propose dans ce texte de ne plus considérer l' »acquisition » de l’immatériel, ce qui pour une analyse standard donne (une part toujours plus grande du PIB mais on s’en fout).

      Sinon, il s’agit d’un texte sur la métaphysique ou le mécanisme de prix. Et pour ca André Orléan et Paul Jorion font ca très bien.

  5. http://lafaillitedeletat.com/2011/12/03/noel-en-decembre/
    Une équipe de chez nous a visite l’usine Panasonic a Osaka qui fabrique 10 % du volume mondial des écrans plats pour tv de 42 pouces; Chiffre d’affaires $ 2 milliards / mois

    Plusieurs dizaines d’hectares et….15 , je dis bien 15 employés en tout et pour tout

    Les Japonais sont en train de faire des progrès foudroyants dans la robotique

    Il y a 10 ans les robots de Fanuc ou de Panasonic pouvaient remplacer un travailleur paye $ 50 dollars de l’heure (GM)

    Nous en sommes apparemment à un seuil de $ 2 par heure (inferieur au cout du travail en Chine);Foxton (qui fabrique les Apple etc en Chine ) à 1 million d’employés (plus gros employeur du monde).Ils devaient passer à 2 millions dans les 3 ans

    Ils vont passer a … 500000 Les autorités Chinoises sont paniquées.Les responsables de Panasonic nous ont dit que d’ici 10 ans toutes les voitures du monde seraient construites par 100000 gars au plus, quant aux tv, cela emploiera 5000 personnes à tout casser

    Les usines vont de ce fait quitter l’Asie et retourner près des points de consommation, et mettre des droits de douane ne servira à rien, les usines seront chez nous et n’embaucheront personne.Avoir un cout du travail bas ne sert plus a rien.

    1. La fin du capitalisme est bien là, l’ensemble des biens et services seront bientôt produit automatiquement, dès lors il n’y aura plus de système de répartition de ces biens et services car plus personne n’aura de salaire… Il faudra bien inventer autre chose.

    2. @yoananda & jck

      Merci d’évoquer la réalité, sans vouloir refaire du matérialisme historique, on comprend ici ce que cela veut dire : l’outil de production évolue, une fois ds plus et le monde n’est pas stable, défiant toute les théories cycliques ! Et cette même évolution force à modifier les rapports de productions, il n’y a aucun doute.

      Le blog de Charles Gave

      Il va arriver a l’industrie ce qui est arrive a l’agriculture, les boulots vont disparaitre complètement et la production augmenter.

      Les gars qui ont écrit ce discours raisonnent dans le cadre d’une économie industrielle alors que celle ci n’existe plus et va disparaître.

      C’est atterrant. On peaufine avec soin les sous ventrières pour les chevaux en 1914

      Ces andouilles parlent de la menace du travail à bon marche et de TVA sociale et sont en fait retard de 2 guerres au moins.Il y a un Tsunami qui arrive et ils barbotent dans les flaques d’eau au bord de la plage en discutant de la marée prochaine.

    3. Yoananda,
      C’est vraiment impressionnant. 24 Mds $ de CA avec 15 employés, cela veut dire plus d’un milliard d’€ avec un seul employé. Un mur qui approche, on en parle beaucoup moins de celui la, même sur ce blog.

      Cependant, l’auteur écrit que les usines – sans employés donc – vont se rapprocher des lieux de consommation, l’Europe par exemple. Ok, mais avec un bémol: les usines iront la où la fiscalité est faible.

  6. Quand une théorie est exprimée de façon aussi peu claire, on peut se demander si celui qui l’expose se comprend lui-même.
    Pouvez-vous, monsieur Julien Alexandre, reformuler votre pensée de manière plus limpide ?

      1. La question est donc posée à Valentin Przyluski.
        Étrange réflexion qui ne comporte pas le mot magique « Impôt ».

        L’immatériel l’est toujours beaucoup moins lors qu’on l’analyse, la santé ne l’est pas vraiment, de même que les technologies numériques.
        Ce qui s’imposera à tous, à plus ou moins long terme, sera la sobriété matérielle, et celle-ci ne sera acceptable par le plus grand nombre que si elle est partagée par tous, d’où la notion d’impôt qui est étrangement absente de cette démonstration.

    1. Malheureusement, impossible, faute de temps. C’est des éléments bruts sur une progression de réflexion, dont j’ai voulu partager la progression autant que l’arrivée.

      Il s’agit d’une réflexion en trois blocs :

      – les besoins primaires
      – le marché de différenciation
      – l’immatériel contraint (c’est à dire les stabilisateurs sociaux).

      L’intérêt est de combiner ceci avec la réflexion sur le prix:
      – les besoins primaires doivent avoir soit le prix bloqué soit un Etat puissant pour redistribuer par l’impot. In fine, le but est soit par la taxe, soit par le blocage de ne pas permettre de couteux prise de profits
      – l’immatériel, tel que sommairement défini ici, n’a pas de prix et sa part dans le PIB ne doit pas être minimisé (voire meme calculé mais c’est un autre sujet). C’est une consommation, si elle demeure attachée a quelques objets, qui se rapproche le plus d’un rapport prix/matériau intéressant.
      – le reste ou le mécanisme de prix peut jouer.

      J’espère que c’est un peu plus clair.

      1. Cela reste abscons, il faut parler clair (comme dans La Mouise), même si beaucoup feront semblant de comprendre votre discours
        J’aperçois ce que vous voulez dire, mais c’est trop partiel d’une part, et, d’autre part, la solution, si on la trouve, sera plus politique que gestionnaire.
        Trivialement, ceux qui bénéficient du système actuel agiront sur toutes les manettes à leur disposition pour subordonner les foules ; on défend tous notre cassette, fût-elle minuscule.

        Quel que soit les solutions, les bonnes et les autres, pour qu’elles puissent convaincre, il est indispensable qu’elles soient présentées de manière limpide, facilement compréhensible par le plus grand nombre.

  7. BNP Pébereau et Prot partis en catimini , explosion proche.
    Belgique gouvernement sans NVA = pas viable.
    France = pas impactée par perte AHAHAHAHAH!

  8. le néocortex est une surcouche neuronale ajoutée au cerveau « recemment » ,

    tous les mécanismes biologiques ont tendance à se complexifier et à lisser les fonctions archaiques et rendre transparent certaines taches de fond :

    on ne pense pas vraiment à marcher quand on marche , la thyroide et le pancreas se demerdent plus ou moins bien tout seuls dans leur rétrocontrole hormonal …

    bah pour le pognon ,ça va etre pareil mais cela va se faire au dela de l’individu et malgré les archaismes cerebraux qui sont stimulés par l’accumulation de l’argent ..

    attendons encore 20 à 30 000 ans , l’humain a encore du mal avec les representations picturales , c’est pas en 2012 qu’il cessera de croire en la monnaie fiduciaire .

    1. Beuh bah oui, mais avec ce néocortex, on a « sublimé » et « adopté » pas mal de techniques à un point stupéfiant (in the hindside certes) :

      -Langage (le cerveau n’était pas fait pour le subjonctif, se avessimmo saputo(*))
      -Ecriture (vous me lisez)
      -Windows (le cerveau n’était pas fait pour windows, se avessimmo saputo, putain(*))
      -Jouer du violon

      Pour la sublimation, certains concepts ont eu leur heure de gloire, comme la nation. Mais la lecture de Todd ces temps-ci (sur la matri et patri-linéarité au travers des âges, ça va finir par me faire relir Delbos et Jorion) me fait douter de la pertinence du concept de nation, ainsi que les carnages de 14-18 etc.
      (*) Si nous avions su

  9. Ce qui est bien ds les textes hermétiques c’est qu’on peut y trouver ce qu’on aimerait voir écrit .
    Ce que j’ en comprends :
    Il y a des besoins essentiels physiologiques (manger , boire , chauffage , vetements toiture ..etc) .
    Notre civilisation a fait suffisemment de gain de productivité sue la production de biens satisfaisant ces besoins , qu’ils sont un « DU » non négociable .
    Ce gain de productivité permet la production de biens non essentiels et/ou « immatériels » : besoin de reconnaissance , de valorisation , de plaisirs , d’éducations , de confort , de sécurisations …)
    Les « stabilisateurs seraient la redistributions des biens puisque l’individu esclave du « gain de productivité  » est condamné a passer 8h a faire des chaussures gauches, 3h ds les transports et autant a se décerveler .

    Pour moi , c’est la caricature de notre échec que l’auteur préconise .
    Le passage de l’animal sauvage a l’animal social (dt les sapiens), produit ce premier gain de productivité par le nombre (pour la chasse et la protection :Le nombre procure force plus grande et procédures plus complexes . le gain est une sécurisation alimentaire et physique augmentée.Le gain est aussi du temps « libéré » et réinvestit ds la production …de biens culturels servant a renforcer les interactions du groupe .
    Délocaliser l’ education, les droits et devoirs régaliens n’est apparu que plus tard et de façon outranciere , a notre époque ou les enfants font des procès aux parents et ou on retire la sécu aux parents de délinquants …
    Je ressorts le deal du « flic ds la tete contre le car de crs .
    On n’échappe pas a une aliénation sans tomber ds une autre …Je ne sais si nous sommes qualifiés pour comparer les vertus -défauts des deux modèles .

    1. @kercoz
      Moi aussi j’avais cru deviner ce que vous trouvez dans ce texte hermétique. Mais si le but de Valentin est de remettre à l’honneur la pyramide de Maslow, il aurait pu le dire bien plus simplement (relire Boileau: « Ce qui se conçoit bien… »).

      PS: la sécurité est un besoin primaire, assez bas dans l’échelle.

  10. @Valentin Przyluski

    Je ne me lasserai jamais de le répéter, quoi que:

    L’analyse du marché de l’emploi selon les termes issus de la théorie de Smith n’a aucun sens telle que vous – à l’instar de la plupart des économistes – l’utilisez.

    N-ième rappel donc:

    Selon Smith, sur un marché donné, l’offre est constituée de l’ensemble du potentiel de ventes d’une marchandise tandis que la demande est constituée de l’ensemble du potentiel d’achats de cette marchandise.

    Dans le cadre du marché de l’emploi tel que vous le décrivez au contraire, on parle d’offre pour désigner le potentiel d’achats de la marchandise-travail, tandis qu’on parle de demande pour désigner le potentiel de ventes de cette même marchandise.

    Une inversion des termes aussi grossière – quoi que dramatiquement commune – fait tomber votre article plus ou moins à plat, puisqu’il repose sur des prémisses invalides, et ce indépendamment de vos bonnes intentions affichées.

    Tant qu’on ne comprend pas l’essence de cette erreur, on ne peut par exemple pas envisager clairement qu’on ait en fait à faire à une crise de surproduction – phénomène odieusement banal de l’économie de marché – appliquée à la marchandise-travail, soit une offre (au sens nouvellement défini) excédentaire par rapport à la demande (toujours dans ce même sens), et qu’il convient donc soit de booster la demande – en accordant des aides aux entreprises voulant se développer (et on sait d’expérience que ça ne marche presque jamais puisque ces aides sont thésaurisées par le couple dirigeants/actionnaires) – soit de diminuer l’offre, en réduisant par exemple drastiquement le temps de travail individuel (c’est à dire à peu près le strict opposé de ce que, tous partis confondus, notre classe politique a en tête).

    Soit encore, et c’est là un point qui rejoint l’analyse de Jorion, admettre que cette crise de surproduction de travail est feinte, à savoir que la demande (donc les employeurs et derrière eux les investisseurs) dispose en fait d’un matelas pécuniaire suffisant pour absorber le surplus, au moins en partie, et qu’il convient donc de l’en délester promptement en contraignant fortement toute forme de concentration de richesse excessive.

    1. Croissance est morte, productivité potentielle est grande si on décline toutes les possibilités techniques encore en jachère. Booster les entreprises pour qu’elles se développent mène donc à l’impasse.
      Le but de l’économie devrait être de produire des biens et services nécessaires et pas de produire de l’emploi (travail (tripalium) salarié). (voir mon post de 11h23 ci-dessous).

    2. Très bien, mais l’analyse par la surproduction a été faite sur tous les supports sérieux par des économistes de toute tendance.

      J’ai juste essayé mais ca peut vous paraitre vain, je le conçois, d’organiser une réflexion sur le mécanisme de prix comme gouvernance du marché et les domaines dans lequel il peut ou ne peut pas fonctionner.

      1. @ Przyluski,

        Bonjour, ako se mate (phonétique sorry)

        Diviser les modes de prix pour mieur régner avec et dans l’amour, réhabiliter l’appréciation du faire et du non-faire par sectorisation inductive sur les besoins pyramidaux, le transfert massif vers l’immatériel est une évidence et une urgence tant affective sociale qu’écologique..bas les masques d’orgueil de l’égo en liasses d’égalité ? Sauf à but éducatif, de courtes expériences d’extrême individuelles programmées devraient suffire dans un cadre ludique de formation morale à l’avenir..trop de perte en ligne des trésors humains par solitude obligée, combien de jésus, combien de mohammed, combien de boudha passé à la trappe des intérêts focalisé sur des richesses d’usure de tout et tous, culte dominatif plus ou moins bien fagotté.

        Comme le philo oublié de sophie, contraint au champ d’expression mythique « pur » au réel scientifique du subjectif axiomatique. Les paradigmes sont des paradoxes vivants et actifs au sensible des acteurs-objets.

        Le souci de transformation transfiguration vient de la gravité d’exigence des puissances, prisonnières de leur histoire et de la force performative d’affect discrète ou affichée.

      2. @Przyluski

        Très bien, mais l’analyse par la surproduction a été faite sur tous les supports sérieux par des économistes de toute tendance.

        Ce qui est d’autant plus surprenant quand on intervertit offre et demande, vous ne trouvez pas?

        Votre démarche ne me semble pas vaine a priori, mais ne me semble pas pouvoir aboutir dans ces conditions: Votre texte conserve-t-il son sens si vous remettez dans l’ordre que j’ai indiqué les notions d’offre et de demande? Ça me paraîtrait très étonnant, à moins qu’elles n’aient en fait aucun rôle à jouer dans votre démonstration.

        Je constate d’ailleurs à ce propos que vous changez subtilement de pied ici:

        Ils sont intégrés dans le débat politique et économique du modèle dominant, soit :

        – comme une charge pour l’offre, un coût à la compétitivité ;

        Dans ce premier bloc, il est question de l’offre d’emploi (soit en réalité la demande de marchandise-travail, dont le modèle dominant considère que le prix soit excessif).

        – comme une nécessité pour le maintien de la demande par une diminution subséquente du taux d’épargne des ménages désormais assurés, ou par un maintien du revenu dans le cas des impôts négatifs ou de l’assurance chômage ;

        Dans ce second bloc, il n’est plus question du marché de l’emploi mais de la consommation des ménages, laquelle n’est jamais qu’une conséquence de la capacité pour les travailleurs d’écouler leur marchandise, à savoir le travail lui-même.

        Ainsi nous nous retrouvons avec deux demandes antagonistes qui se font face (dans un rapport de forces serais-je tenté d’ajouter). D’un côté, celle des employeurs d’obtenir une marchandise-travail moins chère pour pouvoir produire des biens ou des services de même, de l’autre celle des consommateurs qui, pour pouvoir consommer ces biens et services, doivent pouvoir écouler leur marchandise-travail plus cher.

        Or dans ces conditions le rapport de forces n’est qu’apparent, puisque l’incapacité à consommer des consommateurs rend de fait inopérante la baisse du prix des marchandises. En d’autres termes, la baisse des salaires invalide la baisse des prix à la consommation.

        Le gros problème de l’économie capitaliste libérale apparaît ici, en ce que ce mécanisme joue à l’échelle globale, c’est à dire qu’une entreprise qui choisirait seule d’augmenter les salaires et d’embaucher ne pourrait suffire à assurer sa propre pérennité. C’est une démarche qui pour être efficace doit être commune à l’ensemble du tissu économique, et doit donc être contrainte par l’État, seul organe à avoir l’autorité légale pour ce genre de choses (Ce que disait déjà Lordon à propos de la réaction bancaire à la crise de 2008).

  11. Il est remarquable que la mise en cause des retraites par repartition soit la première mesure de rigueur mise en place. C’est celle qui marque le plus les esprits : elle touche au coeur de l’immateriel, c’est à dire le besoin primaire de sécurité pour l’age avancé.
    Les larmes d’Elsa Fornero en Italie accompagnaient justement l’annonce du passage à 42 ans des annuités, du recul à 66 ans en 2018 (67 ans en 2027) de l’age de depart, du calcul de la pension sur l’ensemble de la carrière, et en plus de la desindexation des pensions sur la hausse des prix….cela illustre ce qui nous attend.
    Le rendement financier de telles mesures est immédiat (diminution des engagements court et moyen termes de l’état).
    Besoin primaire ? Oui, si on sait que dans beaucoup de pays les parents pratiquent l’avortement preventif pour privilegier les naissances de garçons, pour s’assurer qu’ils s’occuperons de leur parents plus tard.
    Oui, si on s’aperçoit que les structures sociales s’assurant l’obeissance des enfants envers leurs parents (Asie) visent en premier lieu à s’assurer que les enfants prendront soins de leur vieux parents
    Le désir (la pulsion) de sécurité est monétisée comme l’ont été toutes les autres (désirs de consommation, d’amour, etc). Le rempart immateriel de la mutualisation des ressources au service de tous (don, contre don) est détruit au bénéfice du profit de quelques uns.

  12. Ce qui m’apparait central dans ce texte, souvent fort hermétique, est la question des stabilisateurs sociaux devenus défaillants et bien trop complexes (par ajouts successifs sur 70 ans).
    La solution, déjà évoquée sur ce blog, n’est-elle dès lors pas le revenu inconditionnel d’existence (ou allocation universelle dans d’autres travaux)? Vu l’augmentation de la productivité, vu l’inévitable arrêt de la croissance de la production suite aux limites physiques de notre Planète, il est évident qu’il n’y aura plus de travail UTILE pour tous (on peut toujours faire casser des cailloux à la masse…).
    Dissocier travail et revenu minimum qui permette une vie digne et libre est donc la solution qui s’impose d’elle même. Hélas, elle a un très grave défaut: elle met fin à la logique de rareté voulue qui est la base de la domination capitaliste sur nos existences.
    Sortir du travaillisme et du capitalisme à la fois, ce serait tentant pour beaucoup d’entre nous, non?
    Évidement, si on présente cette avancée sociétale essentielle cela avec la brutalité de Xian, on est sur de rater les fenêtres d’opportunité pendant encore au moins 5 siècles. 🙁

    1. J.M. Colombani : l’Allemagne vient de perdre son triple A, il se pourrait bien que ce soit foutu cette fois-ci, le modèle économique capitaliste ? Car à part le Luxembourg et Monaco et un peu la Suisse, il ne reste personne pour sauver le monde et il semble que Monaco soit un peu petit, voire minuscule. J’oublie le Lichtenstein, qui n’a pas de dettes et qui pourrait sauver… bref… les îles Caimans aussi…

      Ah l’Allemagne et ses magnifiques PME, son modèle social du dialogue syndical, tout ça c’est déjà fini ? cette petite musique…

    2. La solution est en partie le revenu inconditionnel d’existence. Toutefois, les solutions ne peuvent être présentées d’elles mêmes. Elles ont besoin d ‘un contexte, d’un développement et d’une insertion dans un cadre de pensée pour être mise en place de manière adéquate.

      N’oubliez pas que Milton Friedman était pour l’allocation universelle/revenu d’existence. Mais pour des raisons très différentes des votres probablement.

      Le fait que ce texte soit hermétique est un peu abordé dans ma réponse a un premier commentaire. Ce texte est un élément d’analyse brut, sur les mécanismes de prix différenciés selon les biens…

      1. Passer du « moyen de subsistance » au « revenu de subsistance « , est un changement complet de paradigme civilisationnel tres fort , et qui n’est pas évident .
        On risque de glisser vers le midèle espagnol : des individus qui s’ennuient a fuler ds pétards en bas d’immeubles en attendant l’ alloc (30% de chomeurs) nourris par des immigrés clando sans papiers …
        Il me semble que le « moyen de subsistance » respecte plus l’individu .

      2. @kercoz
        Ne plus obliger les gens au salariat par nécessité est certes un risque. Selon que l’on est:
        – soit un peu optimiste sur la nature humaine, on pense que la majorité d’entre nous aimera agir de façon utile par sens social et besoin de se réaliser personnellement avant de mourir;
        – soit pessimiste sur la nature humaine, on pensera que la majorité d’entre nous ne pensera qu’à fumer des pétards en bas de l’immeuble (tiens, pourquoi pas dans le jardinet du pavillon de banlieue? Y aurait-il un biais classiste dans votre approche de la nature humaine? ).

        Il y a des des dizaines de textes qui essaient de répondre rationnellement à cette pertinente question. Je vous propose celui-ci : http://www.peripheries.net/article326.html qui est titré Revenu garanti, « la première vision positive du XXIe siècle » Et vous, quel travail feriez-vous si votre revenu était assuré ? de Mona Chollet, avec Thomas Lemahieu.

        @Valentin Przyluski
        Certes, la version libertarienne du RIE n’aide pas à rendre crédible sa version anti-monétariste (pour ne pas dire immatérielle)…

      3. @Alain A:
        Le problème est le terme « travail » . Je pense qu’une vie bien menée ne laisse pas de place a un « travail » (ou alors tres peu) ..
        Je pense aux petits paysans des années 30/50 pour qui c’etait un « mode de vie » et non un « travail » .
        Les activités liés aux nécessités premieres ne sont pas un travail mais une nécessité , qui , avec un minimum de modernité peuvent etre plaisantes .
        Si c’est la valorisation et l’optimisation de l’individu que l’on recherche , ça ne peut se faire que par la polyactivité et un minimum d ‘autonomie. Le potager aide bien a la philosophie, un minimum de charpente oblige a une vision ds l’espace de l’objet …Mais pour celà ,il ne faut pas a mon sens qu ‘ un revenu soit assuré . Il faut une contrainte pour se bouger le cul . (je sais de quoi je parle!) .
        C’est la raison pour laquelle il faut un acces a un moyen de subsistance et non des allocs .
        En caricaturant , ce ministre Iranien disait qu’un misereux est un pauvre a qui on a oté ses moyens de subsistance …la caricature c’est 3 000m2 et un mulet .

    3. @ Alain A
      Nous avons plus que les même initial mon chère Alain A, je partage avec vous l’essentiel de vos idées.
       »le revenu inconditionnel d’existence (ou allocation universelle dans d’autres travaux)? » où encore le http://le-revenu-de-base.blogspot.com/
      Nous sommes à l’échelle de la planète en phase d’épuisement des ressources (surconsommation, explosion démographique,etc.) et les fenêtres d’opportunités vont rapidement se refermer avec les discontinuités (manque)qui s’annoncent.
      C’est pendant qu’il y a encore de bonne disponibilités (relatif) qu’il faut agir et il est certain qu’au rythme actuelle de l’économie capitaliste nous n’avons pas 5 siècles pour agir.

      Pour moins travailler il faut moins transformer de ressources pour satisfaire nos besoins primaires, la seule façon c’est de fabriquer des objets avec une durée de vie décuplé (efficience) ce qui fixerait à la fois la façon de satisfaire ces besoins et le volume de ressources nécessaire pour combler ces mêmes besoins si bien appliquer cette mesure, techniquement simple, amènerait à terme une diminution de la demande en ressources. .

      Le revenu de base appliquer dans le contexte économique actuel est à mon avis voué à une réussite plutôt difficile.
      L’économie doit faire un virage à 180 degrés où la satisfaction ne viendra pas de ce que vous accumulez mais de ce que vous pérennisez en terme de capacité renouvellement des ressources pour maintenir une qualité de vie optimal.
      Faudra, plus tard, évidemment, élaborer sur le concept très simple de l’efficience

      1. Cher AA, homonyme en initiales
        Certes, dans le système actuel, le RIE n’a guère de chances, d’abord de s’imposer ni peut-être réussir. Mais puisque Valentin nous dit « les solutions ne peuvent être présentées d’elles mêmes. Elles ont besoin d ‘un contexte, d’un développement et d’une insertion dans un cadre de pensée pour être mise en place de manière adéquate, essayons de présenter un éventail de projets où les idées s’articulent de manière cohérente (ce blog est un excellent outil dans ce travail de Bénédictin…).
        Pour ce qui est du RIE, des petits pas (qui font au final une longue marche) peuvent se faire en social démocratie: par exemple des allocations familiales droit de l’enfant, identiques quel que soit le range de l’enfant (et plus des pousse à la natalité comme aujourd’hui), des mesures d’individualisation des droits sociaux (et plus une minorisation de la femme comme aujourd’hui)…
        Bav

      2. @alain audet,
        Votre « Revenu de Base » se finance par la TVA. C’est ce que vous appelez d’ailleurs la « TVA sociale« , à grand renfort de propagande via le Figaro, le Point et l’Express, etc..

        Le dernier joker d’Eric Besson? Quand est-ce que les banquiers Suisses vont nous l’imposer, puisque vous avez l’air d’être tellement au courant?

  13. @ alain a

    refuser la semaine de trois jours malgré les gains de productivité ,les pertes de temps dans les transports etc c’est d’une rare stupidité mais que c’ets dur de remplir sa vacuité avec autre chose que des heures supp ou des primes pour ces amputés du brain .

    « le travail » serait une valeur centrale de l’existence , le voir disparaitre comme l’argent semble poser d’insondables problemes à certains intoxiqués .c’en est ridicule !

  14. La réflexion à laquelle vous nous invités , après et avec d’autres , est effectivement une de ces bifurcations qui peuvent nous amener à  » autre chose » .

    Elle est cruciale , car elle peut nous permettre d’échapper à la marchandisation de tout et de tous , et à l’analyse transactionnelle de ce cher Eric Berne .

    Elle revient , pour faire plus simple que vous ( pardon de mon outrecuidance !), à définir ce que gratuit veut dire pour une société humaine .

    Je note au travers des premiers commentaires qui vous ont été opposés , que l’accord n’est pas naturellement unanime sur ce qu’il faudrait mettre dans les concepts de besoins primaires et d’immatériel . A ce détail près , qui peut ne pas en être un , mais qui peut s’arbitrer au moins provisoirement par le vote universel ( sorte de vote sur un cahier de doléances) , l’exercice vaut la peine , et je l’assimile de mon côté aux débats sur la notion de SIG ( services d’intérêt général ).

    J’ai un peu buté moi même , en l’état , sur cette question , dans ma tentative « d’utopie réaliste » telle que François Leclerc nous y a invités .

    Dans la mesure où ces « biens  » seraient rendus fondamentaux et prioritaires par les ou la Constitution , comme ça devrait être le cas pour une société civilisée , qui précède le marché au lieu de le suivre , une des questions suivantes est  » comment assurer cette gratuité « :

    – en la finançant par un prélèvement opéré par la puissance publique , sorte de préciput sur la richesse au sens marchand du terme (cf débats sur la fonction publique , fiscalité ) ?

    – par la « micro-finance » ( prêt de longue durée à taux très faibles) .Fonds propres : comment? Qui comme micro-financeur ?

    – par la délégation aux associations à but non lucratif ( voire « fondations  » sous contrats ) ?

    – par un mix de toutes ces voies , avec le risque de perte de lisibilité du pilotage ?

    – Autre ….

    Une autre question , que je n’ai encore pas vraiment arbitrée pour mon propre compte , est :

    Compte tenu de la diversité des individus ( égaux en droits et en devoirs , mais pas « de nature » ) , la gratuité doit elle être sans condition ?

    Ne doit elle pas être « accompagnée » soit pour parer aux dérives par fainéantise ou bêtise souvent mises en avant par Jducac ( gaspi -tonneau des Danaïdes) , soit pour être l’occasion « d’enrichir » ,  » d’éduquer » en savoir , en esprit critique et de mesure , et en degré d’autonomie , celui ou celle qui reçoit cet apport  » gratuit » , telle qu’évoquée ( sauf si je l’ai mal lu et compris) par Jean Luce Morlie ?

    Il me semble que pour répondre à toutes ces questions , nous ne partons pas de rien et que l’expérience de ce que l’on appelle le « modèle social français » , nous donne des applications numériques nombreuses de toutes ces pistes .

    Ce serait une belle suite à la révolution de 1789 , si la réflexion sur ce modèle social ( si les agences de notation ne l’ont pas enterré vivant dans les mois qui viennent) ,pouvait offrir les bases de cette utopie réaliste qui mériterait que nous descendions dans la rue , ici et de par le monde , au delà de l’indignation .

    PS : Gratuit a ausi le sens « d’irrationnel » . Je me demande souvent si , contrairement à ce que prétend mon dictionnaire , ce sens n’a pas précédé celui de « sans contrepartie marchande » .

    La philia , le don , l’empathie , l’irrationnel ,l’intemporel , l’immatériel , la gratuité … pour faire pendant à la raison , la norme , le calcul , l’échange marchand , la maitrise stricte du temps présent et futur proche , la matière ressource …

    Deux plateaux de la balance avec la terre , la vie biologique et l’humanité , pour mesurer la position du fléau et donner des chances à la poursuite de l’aventure .

    Mais aujourd’hui , seul le deuxième plateau est chargé , et , comble de l’ironie , dans ce plateau , l’échange marchand est devenu irrationnel , quoi qu’en disent les agences de notation .

    1. Merci pour votre remarque.

      Je dirai que j’ai travaillé sur un seul point dans cette réflexion : a quel moment doit on quitter le raisonnement marginaliste et la fondation du prix (et de son corollaire abscon la valeur).

      De fait, pour les besoins primaires, comme au final il faut payer si on se fixe comme but collectif des les atteindre, toute création de profit a titre privé va devoir être capté dans des proportions équivalentes par l’Etat pour financer ces besoins primaires car leurs prix aura augmenté (a cause du surplus a caractère privé). Il apparait donc indispensable dans ce cas d’aller dans le sens d’un encadrement de ce surplus, donc du mécanisme de prix, donc du cadre marginal…

      C’est donc un surplus zéro… une gratuité sur la marge… donc pas nécessairement une gratuité complète.

      Ensuite, la question de la différenciation est évidemment cruciale comme vous le notez justement. Il faut donc prévoir des possibilités pour la différenciation ca semble primordial pour la viabilité du modèle. La question est de savoir si cette différentiation rentre dans les besoins primaires ou si elle est laissée au mécanisme marginal de prix qui gère mieux l’individualisation

      La définition des besoins primaires est moins facile et moins bien faite a ce jour que la consommation immatérielle forcée qu’est le modèle social français. S’agit il de permettre la réalisation de ces besoins en assurant des marchés sans spéculation et en donnant l’équivalent nécessaire (revenu de subsistence) ou s’agit il d’inciter à la réalisation des ces besoins, voir d’administrer… Faut il juste donner de l’argent ou inciter son usage?

      Les solutions que vous évoquez ont trait a trois points différents :
      – le financement
      – l’acquisition
      – l’implémentation

      Le financement nécessite une puissance publique assise sur une délibération collective, levant impôts mais également régulant le dividende monétaire de l’allocation universelle… un peu une banque centrale (démocratique etc etc )… (comme il faudrait une fondation des biens communs pour un tirage sur le capital naturel)…

      L’acquisition relate la discussion précédente sur le mécanisme de prix et de coordination de ces biens. Il peut être décidé que ceci est lié à leur financement et à leurs implémentations (dans une sorte d’intégration) mais ce n’est pas obligé.

      L’implémentation est une phase que j’avoue ne pas avoir pensé, mais qui apparait devoir être décentralisé au maximum si elle demeure institutionnel. Car suspendre le mécanisme de prix et centraliser … ca devient vite une démocratie du guichet du formulaire et du droit de type DALO (ca ne marche pas). Incitations et décentralisations sont des pistes…

  15. Bonjour,
    j’ai moi aussi quelques problémes de compréhension avec la notion « d’immateriel ». Ce ne serait pas un terme de technique économique concréte pour dire dans un même sac « humain » ? « vie biologique » (ou « survie biologique ») ? valeure morale et sociale, ethique de l’individu, qualité de vie .

    L’immaterialité ce serait alors le concept de la promotion de la Vie individuelle (animale et végétale) à prendre comme socle d’une future refondation de nos sociétes, sociétés fondées sur la vie,tel l’harmonie d’un ecosystéme durable et pas comme jusqu’à présent fondées sur l’economie productiviste dont la faune, la flore et les élements telluriques n’ont été jusqu’à présent que objets d’exploitation pour accumulation de richesses d’argent.

    Voilà ce que je comprends de ce concept, si plusieurs tentatives d’explications successives arrivaient par ailleurs, alors peut êre arriverons nous pour la pluspart à comprendre mieux ce concept.

    Y a t’il des sinonymes à « immateriel » … : « virtuel »

    Cordialement

    1. Il est vrai qu’il faudrait travailler cette notion plus en amont.

      J’ai essayé la de prendre des choses concrètes approchantes pour le besoin de l’analyse, et pour éviter le nihilisme.

      De fait, dans ce texte immatériel recoupe imparfaitement :

      – qui ne consomme pas de ressource matérielle (ou moins) et
      – a pour matériau principal l’homme et non l’objet
      – n’est pas fondé automatiquement sur l’économie capitaliste : rendement, productivité, etc
      Et de fait, j’essaie d’expliquer pourquoi le cadre marginaliste est inopérant sur ces secteurs mais pas par « essence » mais bien par intérêt structurel pour l’organisation des hommes (consomme moins de ressources, génère du bien être, a un intérêt quasi infini).

      Toutefois tout l’enjeu est de recouper avec cet immatériel, le matériel nécessaire, le progrès technologique et le besoin de différenciation.

      Virtuel peut recouper une partie de l’immatériel si on pense « civilisation numérique, information » mais n’est en aucun cas un synonyme. Je ne pense pas que le but soit de l’économie de la connaissance et d’en faire un secteur marchand. Mais bien de continuer à augmenter la consommation de l’immatériel sans le rapport marginal à la valeur. C’est bien tout l’enjeu, il me semble, si on souhaite une refondation sur de nouvelles bases, en partant du réel (d’ou l’enchainement peut être un peu long depuis les charges sociales, qui ne sont pas cruciales à la démonstration).

      1. Partant d’une intention louable, vous aimeriez faire rentrer dans une toute petite catégorie, celle des relations mesurables, ce qui a une dimension non finie et ne se quantifie pas.

    2. @babypouf

      Economie immatérielle = économie non consumériste donc peu impactante sur les ressources et l’écologie et tournée vers l’humain:
      Education, loisir, santé, culture, recherche, mais aussi tissu associatif etc…
      A priori il est peu probable que ce type d’économie s’échauffe et surproduise (cerise sur le gâteau)

      Bref, passer d’une économie mortifère à une économie à visage humain, tournée vers l’humain, en s’appuyant sur la productivité des besoins primaires.

      1. Bonsoir,

        merci toutouadi,
        trés clairs pour definir une economie immaterielle c’est en fait une economie à développement extrêmement durable … reste à parler du cadre : une société de droit immateriel et surtout surtout d’un modéle de transition; c’est peut être là que un stabilisateur social institutionnel trés fort devrait avoir de l’importance, d’où l’interêt immédiat d’en parler en priorité !

        cordialement

  16. Ce que suppose la notion de « stabilisateur social » c’est l’idée d’un coussin de sécurité dont la fonction est de garantir la pérennité d’une situation : que cette situation ne change pas malgré l’évolution des facteurs qui influent sur cette situation. Si ces facteurs restent durablement dégradés qu’advient-il de la stabilisation ?. D’autant qu’une partie significative je suppose des flux redistribués au sein de la société sont financés par la puissance publique, donc en France depuis les années 70 de plus en plus par du déficit budgétaire, de la dette. Qu’une partie importante du stock de dette soit constituée d’intérêts composés (la rente du prêteur) et non d’argent frais injecté dans le circuit n’enlève rien au fait que le circuit de la redistribution n’est pas autosuffisant (les besoins sont par nature infinis) et qu’il lui faut trouver des ressources ailleurs, précisément pour que la situation ne change pas (l’épargne elle-même, ponctionnée, finit par s’évanouir). Dans le sens que vous évoquez ce serait plutôt le don qui pourrait constituer cette partie immatérielle des échanges entre individus, don de son temps, de son argent, tout ce qui est transféré sans retour de signes monétaires, même sans aucun retour si ce n’est une meilleure santé de la société dans son ensemble. Le corollaire c’est la garantie donnée à chacun d’une rémunération minimale et de diverses protections de base permettant de conserver à chacun une dignité humaine acceptable.

    Chercher à donne un contenu à la notion d’immatériel est gênant puisque c’est une dimension par nature définie par défaut : est immatériel ce qui n’est pas … matériel. L’ « encapsulation » par le concept d’un phénomène naturel (ici l’immatériel) n’a d’intérêt que si l’on cherche à contrôler, manipuler, ce phénomène. Serait-ce vraiment un progrès ? Est-ce même possible ? Ce qui définit l’homme est qu’il a fondé une civilisation de l’immatériel. Celle d’aujourd’hui précisément. Aucun objet n’existe en soi, rien, strictement rien, n’existe de lui-même, du moins dans le monde des humains. Un objet n’entre dans le réel, ne devient perceptible, qu’à raison du ou des liens qu’il entretient avec d’autres objets (un objet seul, coupé de tout lien, n’a aucune existence). Ces liens sont immatériels et la somme de ces liens, infinie, constituent sans doute la quasi-totalité du réel. Un exemple tiré de la vie des entreprises. Le groupe Inditex (Zara, Bershka, etc..), fondé par M. Ortéga, est devenu un « cas » étudié dans les meilleures écoles dites de commerce. Ce qui a fait son succès est analysé et disséqué. Pourtant, impossible pour ses concurrents de reproduire ce modèle. Ce « modèle » exclut en réalité, parce que cette dimension n’est tout simplement pas appréhendable, les liens que ce groupe a crée avec son environnement depuis 1975. En conceptualisant, le modèle rompt les liens qui faisaient la présence, l’originalité, de l’objet.

    1. L’économie qu’elle soit publique ou privée qu’elle soit matérielle ou immatérielle aura bientôt besoin d’un financement public et uniquement public.
      Cela ouvre d’énormes perspectives surtout pour les économies à développement humain.

  17. Economiquement je ne fais pas de différence entre matériel et immatériel, le premier ayant un caractère plus permanent et le second plus récurrant. L’un comme l’autre peuvent être ou non marchands.
    C’est l’accaparement progressif de la valeur ajoutée par le capital qui étouffe les marchés en réduisant la solvabilité de la masse des clients finaux laquelle repose sur les salaires et les ponctions pour redistribution à ceux qui ne peuvent travailler (quelle qu’en soit le motif).
    Faute de régulation c’est l’ensemble du système qui s’écroule.
    Les seules questions qui se posent sont au nombre de deux: qui peut réguler? comment?
    Il semble que les états comme les entreprises ou les marchés financiers aient failli à cette tâche.

Les commentaires sont fermés.